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Qu'est-ce qu'avoir du goût ? Qui a bon goût, mauvais goût ? Le goût est-il un héritage, le produit d'une éducation, le signe d'une appartenance sociale ? Ou au contraire, le fruit d'une construction personnelle, une mise en scène de soi ? Comment devient-il, au final, inséparable de ce que nous sommes ?
Chaque vendredi, "Le goût de M" part à la rencontre d'une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine, et lui demande de raconter son histoire personnelle du goût. Comment elle l'a constitué, en continuité ou en rupture avec son milieu d'origine, comment il a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences, du goût de l'époque aussi.
"Le goût de M" est le podcast de M, le magazine du Monde, produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal)
Préparé avec l'aide de Diane Lisarelli et Imène Benlachtar
Réalisation : Guillaume Girault et Emmanuel Baux
Musique : Gotan Project"
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- 231 - REDIFF Léa Drucker, actrice : « Aujourd’hui, il y a des rôles superbes pour les femmes passé 40 ans »
Léa Drucker est à l’affiche de La Vie d’une femme, actuellement en salle. A cette occasion, nous vous proposons d’écouter ou de réécouter l’actrice césarisée en 2019 pour son rôle dans Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand, et en 2026 pour Dossier 137, de Dominik Moll. Elle était l’invitée de Géraldine Sarratia dans cet épisode du « Goût de M », paru en 2022.
Cet épisode a été publié pour la première fois le 10 juin 2022. Crédit photo : Arno Lam.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Mélissa Phulpin.
Réalisation : Guillaume Girault
Musique : Gotan Project
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Fri, 25 Sep 2026 - 44min - 230 - PROPOSÉ PAR VISIT DENMARK : Les saveurs de l’automne au Danemark
Les saveurs de l’automne au Danemark » vous invite à découvrir un pays qui se distingue aujourd’hui par une scène gastronomique de haut niveau, de Copenhague à Aarhus, en passant par les vignobles de Fionie.
Pour nous guider, deux passionnés : le chef Francis Cardenau, fondateur du premier restaurant deux étoiles Michelin du Danemark, et le vigneron Jacob Stokkebye, qui produit ses vins sur l’île de Fionie.
Au fil de leurs échanges, ils partagent leur regard sur la gastronomie danoise, leur goût pour la nature et leur grain de folie, et dévoilent quelques-unes de leurs meilleures adresses au Danemark. Une immersion dans les saveurs de l’automne, entre produits de saison, cuisine nordique et vendanges danoises.
En savoir plus : https://aarhus-l-echappee-danoise.lemonde.fr/
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Thu, 24 Sep 2026 - 18min - 229 - REDIFF Ibeyi, musiciennes : « La musique, ça a toujours été un moyen de se soigner et de se faire plaisir »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, le duo Ibeyi.
Après une parenthèse de quatre années, Ibeyi a sorti, fin juin, son quatrième album, Offering, où les rythmes afro-cubains s’entourent de sonorités électroniques, pour un résultat plutôt réussi. Les sœurs jumelles, dont le père était le percussionniste cubain Anga Diaz, membre des groupes Irakere et Buena Vista Social Club, interpréteront ce nouvel opus le 9 novembre à Paris, le 19 novembre à Strasbourg, le 20 novembre à Villeurbanne et le 21 novembre à Marseille. « Le Goût de M » les avait rencontrées en 2022 lors de la sortie de leur troisième album, Spell 31.
Cet épisode a été publié la première fois le 17 juin 2022. Crédit photo : Lisandra Alvarez.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge laformation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Mélissa Phulpin
Réalisation : Guillaume Girault
Musique : Gotan Project
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Thu, 27 Aug 2026 - 31min - 228 - REDIFF Panayotis Pascot, comédien : « J’ai commencé à écrire mon spectacle en pensant que j’étais hétérosexuel, je suis vraiment le pire enquêteur de tous les temps »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, Panayotis Pascot.
Après une petite pause estivale, Panayotis Pascot retourne sur les planches avec son deuxième seul-en-scène, où il aborde avec sensibilité des questions de filiation, de sexualité, de paternité, le métier de vivre et le désir de durer. Le stand-upeur jouera Entre les deux du 16 au 18 septembre à Paris au Théâtre Fontaine et se produira ensuite à Bordeaux le 19 septembre, à Brest le 2 octobre, à Lyon les 16 et 17 octobre, à Roubaix le 3 novembre. L’humoriste, acteur-réalisateur et écrivain avait reçu « Le Goût de M » à l’occasion de la sortie de son premier roman, La prochaine fois que tu mordras la poussière, en 2023, devenu un best-seller et vendu à plus de 330 000 exemplaires, tous formats confondus. La pièce du même nom, montée par son frère Paul Pascot en 2024, avait même été au programme au Festival d’Avignon en 2025.
Cet épisode a été publié la première fois le 20 octobre 2023. Crédit photo : Robbie Lawrence pour M Le magazine du Monde.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Johanna Seban
Réalisation : Emmanuel Baux
Musique : Gotan Project
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Thu, 20 Aug 2026 - 40min - 227 - REDIFF Camille Cottin, actrice : « L’expression de la puissance féminine me plaît »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, Camille Cottin.
Après s’être fait connaître en 2013 avec la pastille « Connasse », diffusée sur Canal+, Camille Cottin a touché un public plus large avec la série Dix pour cent, en interprétant Andréa Martel, agente de comédiens dépassée par les événements. On retrouvera son personnage sur Netflix le 10 septembre, dans une adaptation en long-métrage de la série. En 2025, après avoir enchaîné les rôles au cinéma, Camille Cottin s’était lancée dans unseule-en-scène adapté du roman Jewish Cock, de Katharina Volckmer, au sujet d’une femme désireuse de se faire greffer un pénis circoncis. « Le Goût de M » l’avait rencontrée début 2021, l’année où sortait Stillwater, de Tom McCarthy, dans lequel elle partageait l’affiche avec l’acteur américain Matt Damon.
Cet épisode a été diffusé la première fois le 8 janvier 2021. Crédit photo : Otman Qrita pour M Le magazine du Monde.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit par Géraldine Sarratia (Genre idéal)
Réalisation : Sulivan Clabaut
Musique : Gotan Project
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Thu, 13 Aug 2026 - 46min - 226 - REDIFF (LA)HORDE, collectif d’artistes et de chorégraphes : « Grâce à TikTok, grâce à ses challenges, on n’a jamais vu autant de jeunes danser, c’est génial »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, (LA)HORDE.
Depuis sa création, en 2013, le collectif d’artistes et chorégraphes (LA)HORDE imprime sa patte artistique dans la danse contemporaine. En février, il dirigeait les artistes Rosalia et Björk dans leur prestation commune aux Brit Awards 2026. Cette année, le trio de jeunes artistes multimédia Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel a collaboré à deux reprises avec la chanteuse belge Angèle. D’abord pour le clip de What you Want, puis pour celui de Dis-le, sorti en juin, qui met en scène une free-party alors que les autorités françaises veulent s’attaquer à ces rassemblements non déclarés de teufeurs. Cet été, le collectif, qui dirige depuis 2019 le Ballet national de Marseille, présente son Après moi le déluge en Allemagne, du 12 au 15 août à Kampnagel et du 20 au 22 août à Berlin. « Le Goût de M » avait rencontré le trio en 2025 à l’occasion des représentations d’Age of Content,une de leurs pièces qui interroge l’absence de frontières entre le réel et le virtuel.
Cet épisode a été publié pour la première fois le 20 juin 2025. Crédit photo : Benjamin Malapris.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard, enregistré par Malo Williams. Réalisé en alternance par Guillaume Girault, Emmanuel Baux et Benoît Thuault.
Musique : Gotan Project
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Thu, 06 Aug 2026 - 51min - 225 - REDIFF Laurent Lafitte, acteur : « L’ennui est l’ennemi ultime »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, Laurent Lafitte.
Le pari était risqué. Les représentations ont fait le plein. De décembre 2025 à janvier 2026, Laurent Lafitte a incarné avec maestria une magistrale Zaza Napoli, dans La Cage aux folles, comédie musicale mise en scène par Olivier Py au Théâtre du Châtelet. Le spectacle s’est vu remettre cette année le Molière du spectacle musical et celui du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre public pour Laurent Lafitte. Une véritable consécration puisque, quelques mois plus tôt, il avait reçu le César du meilleur acteur pour sa performance de photographe déluré dans La Femme la plus riche du monde. Laurent Lafitte, qui fera en septembre une apparition dans le film Dix pour cent sur Netflix, avait reçu chez lui « Le Goût de M » en 2020, juste avant le confinement lié au Covid-19. Il répétait alors l’adaptation par Christophe Honoré duCôté de Guermantes,de Marcel Proust, à la Comédie-Française.
Cet épisode a été publié la première fois le 27 mars 2020. Crédit photo : Mathieu Richer Mamousse pour M Le magazine du Monde.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit par Géraldine Sarratia (Genre idéal)
Réalisation : Sulivan Clabaut
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Thu, 30 Jul 2026 - 40min - 224 - REDIFF Thomas Jolly, metteur en scène : « Plus il y a de maquillage, de costumes, de perruques, de lumières, de décors, plus je me sens protégé »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, Thomas Jolly.
Le 26 juillet 2024, sous une pluie battante, avait lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Débordante de créativité, diverse et inclusive, elle avait offert aux spectateurs l’image d’une France contemporaine, joyeuse et ouverte sur le monde. En souvenir de ces festivités, on peut voir jusqu’au 14 septembre la vasque olympique s’élever au-dessus du jardin des Tuileries. A proximité, jusqu’au 31 juillet, la Comédie-Française interprète La Tour de Nesles, d’Alexandre Dumas, dont le metteur en scène n’est autre que Thomas Jolly, directeur artistique des cérémonies des JO de Paris 2024. Celui qui vient d’être nommé avec Laëtitia Guédon à la direction du TNP de Villeurbanne était l’invité du « Goût de M » en 2024.
Cet épisode a été diffusé pour la première fois le 31 janvier 2025. Crédit photo : Anthony Dorfmann.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 23 Jul 2026 - 56min - 223 - REDIFF Prune Nourry, artiste plasticienne : « Pour sculpter ces “Vénus”, je me suis inspirée de l’histoire de ces femmes victimes de violence autant que de leur corps »
En juillet en et août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, Prune Nourry.
Avec son exposition « Défense de rien toucher », l’artiste plasticienne Prune Nourry investit jusqu’au 6 septembre un lieu classé monument historique. Dans le Palais idéal du facteur Cheval, à Hauterives (Drôme), elle propose un parcours où les mains ont autant le droit de se promener sur les œuvres que le regard. Les doigts peuvent y effleurer des timbres tactiles tout comme ses Terracotta Daughters, inspirées de l’armée de guerriers chinois en terre cuite de Xi’an. Se dressent également quelques-unes de ses Vénus, le projet pour lequel elle avait été invitée dans « Le Goût de M » en janvier 2025. Elle expliquait alors la genèse de ces sculptures qui évoquent les représentations de la femme au paléolithique et qui seront visibles à la fin de l’année 2026 dans le hall de la gare Saint-Denis - Pleyel.
Cet épisode a été diffusé pour la première fois le 31 janvier 2025. Crédit photo : Laurent Edeline.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 16 Jul 2026 - 44min - 222 - REDIFF Souheila Yacoub, actrice : « On m’a plusieurs fois demandé si je ne pouvais pas être un peu plus arabe »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, Souheila Yacoub.
Sorti le 8 juillet, Evil Dead Burn, réalisé par le Français Sébastien Vanicek (Vermines, 2023), met Souheila Yacoub aux prises avec des forces démoniaques. L’actrice suisse, ancienne gymnaste, avait été l’invitée du « Goût de M » en 2024 pour évoquer deux films dans lesquels elle jouait : Les Femmes au balcon et Planète B.Pour son rôle dans ce dernier, Souheila Yacoub avait été nommée dans la catégorie meilleure révélation féminine aux Césars 2025. Depuis, on l’a également vu en combattante kurde dans la deuxième saison de la série No Man’s Land.
Cet épisode a été diffusé pour la première fois le 13 décembre 2024. Crédit photo : Arno Lam.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
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Thu, 09 Jul 2026 - 45min - 221 - REDIFF Julien Gosselin, metteur en scène : « C’est ma mission de faire un art qui échappe aux demandes du public telles qu’elles sont formulées par HBO ou Netflix »
En juillet et en août, le podcast « Le Goût de M », présenté par Géraldine Sarratia et en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, se met à l’heure d’été en rediffusant des épisodes des saisons passées. Cette semaine, Julien Gosselin.
Le metteur en scène Julien Gosselin revient en 2026 au Festival d’Avignon avec une nouvelle création qui reflète son sens de la démesure. Du samedi 4 juillet au dimanche 12 juillet, Maldodor, d’une durée de cinq heures, sera interprété dans la Cour d’honneur du palais des Papes. Le metteur en scène y fait dialoguer les œuvres de l’écrivain chilien Roberto Bolaño avec le poète français du XIXe siècle Lautréamont. Une captation de ce spectacle sera diffusée sur Arte le 18 juillet à 22 h 40, avant d’être accessible sur sa plateforme, Arte.tv. « Le Goût de M » avait rencontré le directeur de l’Odéon - Théâtre de l’Europe en novembre 2025, à l’occasion de la présentation de son Musée Duras, aux Ateliers Berthier.
Cet épisode a été publié la première fois le 21 novembre 2025. Crédit photo : Simon Gosselin.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge laformation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son et à la réalisation.
Musique : Gotan Project
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Thu, 02 Jul 2026 - 54min - 220 - #185 Harry Gruyaert, photographe : « Dans la rue, je suis comme un pickpocket, je vole des trucs à gauche, à droite, je photographie des gens sans demander leur permission »
Harry Gruyaert, membre de l’agence Magnum depuis 1982, est l’une des stars des Rencontres d’Arles, qui débutent le 6 juillet. Le photographe belge de 84 ans y présente, jusqu’au 4 octobre, «A Sense of Place », une exposition qui rassemble des images réalisées à travers le monde depuis la fin des années 1960, dans des décors urbains.
Sa signature visuelle, extrêmement forte, est marquée par une intensité chromatique inspirée du pop art et par de vibrants morceaux de jazz – genre musical qu’il adore –, dans lesquels l’humain ne semble jamais occuper la première place. Ce coloriste de la photographie, qui a toujours voulu être libre, se définit comme un flâneur, un observateur passionné, un voleur d’instants et d’émotions.
Dans ce dernier épisode de la saison 7 du « Goût de M », le photographe nous accueille dans son atelier du 11e arrondissement parisien, une petite pièce en rez-de-chaussée sur rue, remplie d’archives, de classeurs, de livres, d’affiches de ses expositions en cours… et d’un lit de camp. Symbole d’une personnalité hyperactive et voyageuse, que la longue carrière a amené à rencontrer de grandes figures de la photographie dans la seconde moitié du XXᵉ siècle : William Klein, Jeanloup Sieff, Robert Delpire, Henri Cartier-Bresson…
Il raconte son enfance près d’Anvers, auprès de parents catholiques très pratiquants : « A la maison, la hiérarchie, c’était Dieu, le pape, mon père. » Ce dernier, qui aimait beaucoup la photo, l’a pourtant dissuadé d’en faire son métier en l’envoyant dans une école de manutention. Rien n’y fait : Harry Gruyaert a commencé à prendre ses premières photos à l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles. Dans cette même ville, il se passionne pour le cinéma de Bergman, de Truffaut et d’Antonioni. Il a récemment regardé un long-métrage, plus contemporain, qui le passionne : « J’ai revu pour la troisième ou quatrième foisLa Vie d’Adèle, un film absolument formidable, et moi qui ne comprend pas tellement la jeunesse, j’ai l’impression de comprendre ces filles. »
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Cet épisode a été publié le 26 juin 2026. Crédit photo : Roger Szmulewicz.
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Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Marjorie Murphy, avec Emmanuel Baux au son et Benoît Thuault à la réalisation.
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Thu, 25 Jun 2026 - 42min - 219 - #184 Villa Médicis 2/2 « La Villa Médicis est un lieu où un certain nombre d’idées de demain s’inventent, tout en rappelant qu’on ne construit que sur des maisons déjà bien bâties »
Pour ce second épisode consacré à la Villa Médicis, splendide demeure du XVIe siècle qui abrite depuis 1803 l’Académie de France à Rome, « Le Goût de M » promène son micro dans le vaste jardin de 7 hectares, à la rencontre du personnel et des pensionnaires de l’institution. Cette oasis de verdure ressemble encore, à peu de chose près, à ce qu’avait imaginé le cardinal Ferdinand de Médicis lorsqu’il avait acquis la Villa, à la fin du XVIIe siècle : quatre espaces distincts, le parterre et le piazzale, les 16 carrés, la braccheria et le bosco.
Cette déambulation commence dans le fameux bosco, une petite forêt en plein cœur de la capitale italienne, lieu préféré de nombre de résidents et source de mystères. Notre première guide est l’architecte Françoise Laurent, responsable des travaux et des jardins depuis le début des années 2000 et qui en a pensé le virage écologique – elle nous raconte notamment le retour des lucioles, après plusieurs années sans utilisation de pesticides. A ses côtés, nous croisons les paons qui ont élu domicile parmi les plantes et les arbres « il y a une dizaine d’années » et nous observons les chênes verts « dans un état de sénescence totale »,qui souffrent du changement climatique.
Du haut de la colline du Parnasse, qui domine Rome et le bosco, nous apercevons le jardin des agrumes, récemment réhabilité sous la houlette de Sam Stourdzé, directeur de l’Académie de France à Rome depuis six ans, qui nous raconte ce projet. Vingt variétés de citronniers, qui étaient cultivées à la Villa Médicis au XVIᵉ siècle, ont été réintroduites dans des pots travaillés par l’artiste céramiste Natsuko Uchino et accompagnés d’un poème de Laura Vazquez : vingt mots inscrits sur vingt pierres disséminées dans le jardin.
Dans cet épisode du « Goût de M », nous écoutons l’artiste plasticien Pol Taburet expliquer l’exposition qu’il a conçue pour la Villa, « Paranoia as a Method » ; mais aussi la romancière Diaty Diallo, révélée en 2022 par Deux secondes d’air qui brûle, développer son projet d’écriture autour des symptômes physiques sans cause apparente. La compositrice Giulia Lorusso nous reçoit dans sa « caverne », parmi de nombreux livres sur le mythe de Circé et nous joue « un set de piano, avec un peu de guitare électrique et quelques dispositifs électroniques », pour nous montrer sa manière d’« explorer ».
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Cet épisode a été publié le 19 juin 2026. Crédit photo : Assaf Shoshan.
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Thu, 18 Jun 2026 - 44min - 218 - #183 Villa Médicis 1/2. « A la Villa Médicis, on sait qu’on a un pouvoir magique, très français, un pouvoir de sidération. Parce que la beauté sidère »
Ses murs abritent depuis 1803 la plus vieille résidence française d’artistes, l’Académie de France à Rome, installée par Napoléon Bonaparte dans un monument d’architecture surplombant la capitale italienne : la Villa Médicis. C’est ce lieu mythique, qui a accueilli des milliers d’artistes, dont les célèbres Berlioz, Debussy et Balthus, que le « Goût de M » propose de découvrir au cours de deux épisodes, en visitant ses recoins, en racontant son histoire et, surtout, en sondant son goût.
Dans cette déambulation, notre premier guide est le directeur de l’Académie de France à Rome, Sam Stourdzé, qui, depuis sa nomination en 2020, impulse un goût nouveau à la Villa, en faisant notamment dialoguer design contemporain et patrimoine. L’ancien directeur des Rencontres de la photographie d’Arles nous conduit dans le long escalier en colimaçon, jusqu’à la loggia, une terrasse intérieure ouverte sur les parterres et leur obélisque ; puis dans les chambres, rénovées par de jeunes architectes dans le cadre du vaste programme « Réenchanter la Villa ». C’est l’occasion pour lui d’évoquer son intention de « décloisonner les disciplines », pour s’adresser tant aux métiers d’art, qu’aux artistes travaillant sur la réalité virtuelle et aux chefs cuisiniers.
Un rêve, une étape marquante dans la vie d’un créateur : la Villa Médicis offre à ses pensionnaires douze mois pour développer un projet créatif. Ainsi, chaque année, 16 artistes élisent résidence dans cette immense demeure. On croise dans ses couloirs l’écrivain Hugo Lindenberg, révélé en 2020 par le bouleversant Un jour ce sera vide et qui travaille ici sur sa prochaine fiction. Le romancier nous conduit à la bibliothèque et, installé près d’une fenêtre, fait la lecture d’une page de son futur livre, écrite le matin même. Dans les cuisines, nous rencontrons la cheffe Valentine Desmoulins, en pleine préparation d’une vignarola, « la recette printanière par excellence dans le Latium ». Sa présence dans cette institution est l’illustration même du renouveau voulu par Sam Stourdzé. Sa mission est double : nourrir les pensionnaires et le personnel et poursuivre un projet de recherche.
Dans le second épisode de ce « Goût de M » consacré à la Villa Médicis, nous nous tournerons vers le jardin et ses 7 hectares, où se déploie le Festival des cabanes, jusqu’au 28 septembre. Nous irons encore à la rencontre de pensionnaires, pour entendre leurs expériences, leurs projets.
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Cet épisode a été publié le 12 juin 2026. Crédit photo : Daniele Molajoli.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Marjorie Murphy, et avec Guillaume Girault au son.
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Thu, 11 Jun 2026 - 45min - 217 - #182 Manu Payet, humoriste et acteur : « Sur scène, je ne me moque que de moi-même, je suis en totale liberté »
Humoriste, acteur, réalisateur, animateur de radio, Manu Payet – Emmanuel, de son vrai prénom – s’interroge dans ses stand-up sur le temps qui passe, ce qu’il transforme dans nos goûts, comme dans son dernier spectacle, Emmanuel 2. L’acteur de 50 ans, qui a joué dans nombre de comédies, est à l’affiche de Deviens génial, de Léo Grandperret, en salle le 17 juin, où il incarne un professeur d’espagnol qui, pour se rapprocher de sa fille, se fait passer pour un professeur d’allemand et se retrouve embarqué dans un voyage scolaire.
Manu Payet nous reçoit en fin de matinée, chez lui, un duplex à la vue dégagée, situé dans le 8ᵉ arrondissement de Paris, non loin de la gare Saint-Lazare. La journée s’annonce caniculaire. C’est dans cet appartement et son salon sobrement meublé que le comédien revient sur son enfance « pimentée », à La Réunion. Cette enfance dont il raconte aujourd’hui volontiers des fragments, pourvu qu’ils suscitent le rire.
Dans cet épisode du « Goût de M », Manu Payet évoque sa mère, qui lui a transmis le goût du travail bien fait, et son père, directeur du fret d’Air France Océanie, qui préférait voir son fils reproduire les scènes drôles des films – souvent de Louis de Funès – plutôt que de les visionner à nouveau. Il se rappelle les cinq salles de cinéma de Saint-Denis et les films qui l’ont marqué, dont Greystoke(Hugh Hudson, 1984), avec un Christophe Lambert « génial ».
L’humoriste liste les objets de son admiration, sous le signe du rock, de son « obsession » pour Kurt Cobain, chanteur et guitariste de Nirvana (« J’ai rencontré en Kurt Cobain le McCartney que j’attendais depuis que mon père m’avait fait découvrir les Beatles ») à son récent émerveillement face à la chanteuse espagnole Rosalia (« Son concert est, paradoxalement, le plus rock que j’ai vu dernièrement ») en passant par les comédiens qui l’ont inspiré, comme l’Afro-Américain Richard Pryor (1940-2005) ou le Français Albert Dupontel.
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Cet épisode a été publié le 5 juin 2026. Crédit photo : Arno Lam/Charlette studio.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, de Marjorie Murphy et de Juliette Savard, et avec Emmanuel Beau au son.
Musique : Gotan Project
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Thu, 04 Jun 2026 - 50min - 216 - REDIFF Spécial musique (3/3) Charlotte Gainsbourg : « Enfant, je n’avais pas le droit d’écouter certaines choses, Annie Cordy, Dorothée »
A la veille d’un été riche en festivals, « Le Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, rediffuse trois épisodes consacrés à la musique et à celles et ceux qui la font vivre. Troisième et dernière invitée : Charlotte Gainsbourg.
Charlotte Gainsbourg, actrice et aussi chanteuse, a signé des albums de pop-rock marquants tels que 5 :55(2006), IRM (2009) ou Rest (2017). La fille de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin explore également d’autres formes d’expression artistique. Passionnée de photographie, elle propose cet été un rendez-vous aux 57ᵉˢ Rencontres d’Arles, du 6 juillet au 4 octobre. L’exposition « 5bis » est constituée des images intimes qu’elle avait prises au Hasselblad de la maison de son père, au 5 bis, rue de Verneuil, à Paris, avant de l’ouvrir au public et d’en faire un musée dédié au chanteur. « Le Goût de M » l’avait rencontrée en bas de chez elle en 2022, à proximité de ce lieu.
Cet épisode a été publié la première fois le 29 avril 2022. Crédit photo : François Halard.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 28 May 2026 - 53min - 215 - REDIFF Spécial musique (2/3) Pomme : « Je ne comprendrai jamais rien de ce qui passe à l’intérieur de moi »
A la veille d’un été riche en festivals, « Le Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, rediffuse trois épisodes consacrés à la musique et à celles et ceux qui la font vivre. Deuxième invitée : Pomme.
« Le Goût de M » poursuit sa série de rediffusion consacrée à la musique avec, cette semaine, Pomme. La chanteuse s’illustre par un univers singulier entre folk et chanson française, comme en témoignent ses albums Les Failles (2019) et Consolation(2022). Son dernier disque, Saisons(2024), qui explorait une veine plus orchestrale, a figuré sur la liste des 20 albums de musique de 2024 plébiscités par les lecteurs du Monde. Depuis la parution de cet épisode, en avril 2023, Pomme a également fait une incursion remarquée au cinéma la même année, dans La Vénus d’argent, de la réalisatrice Héléna Klotz. Pomme sera cet été sur la route des festivals, comme à Europavox, à Clermont-Ferrand (le 26 juin), puis à Sœurs jumelles, à Rochefort (le 27 juin), où elle partagera notamment l’affiche avec Sébastien Tellier.
Cet épisode a été publié la première fois le 14 avril 2023. Crédit photo : Elizabeth Landry.
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Thu, 21 May 2026 - 47min - 214 - REDIFF Spécial musique (1/3) Sébastien Tellier : « Le perfectionnisme, c’est quelque chose dont j’essaie de me libérer »
A la veille d’un été riche en festivals, « Le Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, rediffuse trois épisodes consacrés à la musique et à celles et ceux qui la font vivre. Premier invité : Sébastien Tellier.
Le septième album de cet auteur-compositeur-interprète est paru le 30 janvier. Avec Kiss The Beast, Sébastien Tellier exprime de nouveau toute sa sensibilité et son sens de la mélodie. L’artiste sera en tournée cet été, notamment au festival We Love Green, à Paris (le 5 juin), aux Nuits de Fourvière, à Lyon (le 19 juin), au Festival de Nîmes avec Charlotte Cardin (le 18 juillet) ou encore au festival Cabaret vert, à Charleville-Mézières (le 21 août). « Le Goût de M » l’avait rencontré chez lui en mars 2022.
Cet épisode a été publié la première fois le 18 mars 2022. Crédit photo : Kelly Koffi pour M Le magazine du Monde.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Mélissa Phulpin, avec Guillaume Girault à la réalisation.
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Thu, 14 May 2026 - 42min - 213 - #181 Ugo Bienvenu, réalisateur et auteur de BD : « L’IA est nourrie de fragments de la réalité qui n’ont rien à voir avec l’expérience du monde »
Réalisateur du splendide long-métrage d’animation Arco (2025), cette année nommé aux Oscars et récompensé par le César du meilleur film d’animation, Ugo Bienvenu, 38 ans, continue de construire son œuvre. Déjà auteur d’une dizaine de bandes dessinées, parmi lesquelles Paiement accepté (Denoël Graphic, 2017) et Préférence Système (Denoël Graphic, 2019), il interroge la relation que l’homme entretient avec la machine. Il façonne aussi sa réflexion sur le futur et l’enfance dans son exposition de dessins, « Futur antérieur », visible à la Galerie Martel, à Paris, jusqu’au 25 juillet.
Ugo Bienvenu nous accueille un vendredi matin, dans le XXe arrondissement de Paris, dans les locaux de sa société de production, Remembers, cofondée avec le réalisateur Félix de Givry, qui avait cosigné le scénario d’Arco. C’est une petite factory à leur goût, sorte de maison où travaillent une dizaine de personnes. Dans son bureau, deux tables : l’une pour dessiner avec un ordinateur, l’autre avec du papier. Les objets qui lui sont les plus chers ? Son carnet et un stylo. « Si je ne dessine pas, je ne respire pas » : Ugo Bienvenu vit avec un crayon dans la main quand il mange, quand il est en rendez-vous, quand il fait de la comptabilité.
Dans cet épisode du Goût de M, le créateur d’Arco revient sur son enfance, du Tchad au Mexique en passant par le Guatemala, accompagnant un père dont le métier de diplomate contraignait la famille à changer de pays tous les trois ans. « J’étais toujours “l’étranger” là où j’étais », confie-t-il. Il passe alors de longues heures à lire – il fait l’éloge des livres « qui donnent l’impression d’avoir vécu une vie de plus » – et à s’ennuyer. Il conseille d’ailleurs de « ne pas oublier de s’ennuyer un petit peu » : « C’est un facteur important d’accès à l’imaginaire. »
De l’imaginaire, de la fiction et du futur, il est grandement question dans les propos d’Ugo Bienvenu. Ces obsessions transpirent dans ses inspirations littéraires – la légende arthurienne, les récits d’un des pères fondateurs de la science-fiction moderne Clifford D. Simak –, dans ses révélations narratives et imagées – les longs-métrages d’animation d’Hayao Miyazaki et Dragon Ball Z diffusé par le Club Dorothée – et dans ses inspirations philosophiques – la pensée du philosophe spécialiste du monde numérique Eric Sadin. Ainsi, Ugo Bienvenu s’est trouvé le médium idéal : « La science-fiction sera ma manière de penser le monde. »
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Cet épisode a été publié le 8 mai 2026. Crédit photo : Eric Garault.
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Thu, 07 May 2026 - 48min - 212 - #180 Arthur Teboul, chanteur et poète : « A l’époque, j’écoutais Gala et les Spice Girls. Mon père mettait Depeche Mode et Radiohead, il y a une sorte de dissonance qui apparaît »
D’Arthur Teboul, 38 ans, on connaît les saillies et les fulgurances : son recueil de poèmes Le Déversoir, son interprétation d’un poème de Louis Aragon, L’Affiche rouge, mise en musique par Léo Ferré, lors de l’inhumation de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon en 2024, et surtoutles refrains qu’il a écrits au sein du groupe Feu! Chatterton depuis 2011. Le groupe remontera sur scène cet été, où il interprétera des morceaux de leur dernier album Labyrinthe, sorti en 2025. Il se produira dans de nombreux festivals dont We Love Green, à Paris, aux Francofolies d’Esch-sur-Alzette, aux Arènes de Nîmes et aux Eurockéennes de Belfort, avant d’enchaîner les Zénith à l’automne.
Arthur Teboul donne rendez-vous à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), à POUSH, un lieu d’exposition et de création pour artistes contemporains. Parmi eux figure son jeune frère, Sacha, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et de La Fémis. « J’avais envie qu’on aille dans un endroit qui présente le travail de gens que j’aime. » Son père et son frère, présents le jour de l’entretien, ont ainsi créé les pochettes des albums L’Oiseleur (2018) et Palais d’argile (2021), de Feu! Chatterton.
Le chanteur se souvient avec plaisir de son « enfance heureuse » au sein de sa famille, avec ses deux frères. « Il y avait une grande intensité chez nous, qui vient à la fois de cet équilibre entre mes deux parents : la force de ma mère, son énergie très grande, sa joie de vivre, et mon père, un peu plus en retenue, mais qui diffuse un regard poétique sur le monde. » Après des années de collège en ZEP, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, des amitiés fortes avec deux camarades marquent les prémices du groupe Feu! Chatterton, et sont source de découvertes littéraires.
Dans cet épisode, Arthur Teboul confie son admiration pour des poètes comme Arthur Rimbaud, et surtout Guillaume Apollinaire. Il revient d’ailleurs longuement sur son processus d’écriture des « poèmes minute », qui ont alimenté son recueil Le Déversoir, publié chez Seghers en 2023.« Ce qui me plaît dans cette pratique, c’est de laisser la prose venir, sans préoccupation esthétique ou morale ; sa plus grande valeur est simplement de me rappeler un instant. »
Cet épisode a été publié le 1ᵉʳ mai 2026. Crédit photo : Julien Mignot.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son et Benoît Thuault à la réalisation.
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Thu, 30 Apr 2026 - 46min - 211 - #179 Swann Arlaud, acteur : « Cette société de consommation m’épuise. J’ai le bonheur de parfois jouer des personnages qui ont des costumes, dont je rachète une partie »
Pendant la tournée promotionnelle américaine du film Anatomie d’une chute, Palme d’or 2023, et nommé cinq fois aux Oscars, Swann Arlaud avait été surnommé « Sexy Lawyer » (« l’avocat sexy ») par les Américains. L’acteur français, nommé dans la catégorie meilleur acteur dans un second rôle aux César 2025 pour L’Inconnu de la Grande Arche, estime pourtant avoir longtemps eu une « tête bizarre » — voire de « vieil enfant » —, qui attirait l’attention des réalisateurs. Ceux qui ont nourri sa filmographie exigeante et recherchée s’appellent notamment Justine Triet, François Ozon, Jérôme Bonnell, Claire Simon ou encore Stéphane Demoustier.
C’est Vladimir de Fontenay qui le dirige dans son adaptation du best-seller de David Vann, Sukkwan Island, en salle le 29 avril. Swann Arlaud y interprète un père qui emmène son fils de 13 ans vivre une année sur une île isolée du sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion. Ils se connaissent mal, le climat va vite se tendre et les défaillances de ce père vont se révéler au grand jour.
Swann Arlaud, 45 ans, nous reçoit chez lui, à Paris, au septième étage d’un immeuble Art déco, à proximité du canal Saint-Martin. Dans son appartement décoré de bric et de broc, il dit assumer « avoir un goût parfois pour des choses qui peuvent être kitsch ou moches, les trucs un peu dépareillés ». Il nous raconte une adolescence rythmée par le rap (« NTM bien sûr, puis IAM, 113, Time Bomb, Mafia K’1 Fry »), le mur de cassettes vidéo où il se construit une culture cinématographique (« Je m’étais tout tapé, les Blier, les Pialat »), et la liberté acquise lors d’études aux Arts déco de Strasbourg, où il prend l’habitude de récupérer des meubles dans la rue.
Dans cet épisode du « Goût de M », l’acteur triplement césarisé évoque aussi l’un des rôles qui a marqué un tournant sa carrière, celui de Petit Paysan, le long-métrage d’Hubert Charuel, en 2017. Pour ce fils d’une directrice de casting et metteuse en scène et d’un chef décorateur, les premiers souvenirs de cinéma remontent à l’enfance, à deux expériences intenses de tournage, sur Le Brasier, d’Eric Barbier (1991), et surtout, en Afrique, avec Les Caprices d’un fleuve, de Bernard Giraudeau (1996).
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Cet épisode a été publié le 24 avril 2026. Crédit photo : Vincent Desailly.
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Thu, 23 Apr 2026 - 54min - 210 - #178 Michel Bras, chef : « Je me lève tous les jours à 6 heures pour écouter mes abeilles, observer les papillons et commencer la cueillette »
En 2016, 528 chefs étoilés du monde entier ont élu Michel Bras meilleur chef du monde. Cette légende, autodidacte, de la gastronomie est l’un des premiers à avoir déconstruit les normes de la cuisine française en en proposant une version vivante, résolument tournée vers la nature et le végétal. Le septuagénaire s’est rendu célèbre grâce à l’un de ses plats phares, le gargouillou, une composition de légumes de saison, d’herbes et de pousses. Il s’est aussi illustré avec son coulant au chocolat, un dessert réconfortant imaginé un hiver, autour d’une table, pour ses enfants transis de froid après une excursion à ski.
Aujourd’hui, Michel Bras est moins présent en cuisine et travaille en collaboration avec son fils, Sébastien. Tantôt au Suquet, à 1 225 mètres d’altitude sur le plateau de l’Aubrac, dans un bâtiment aux allures de vaisseau spatial qu’il a fait construire en 1992 en pleine campagne. Tantôt dans son adresse parisienne, La Halle aux grains, située à l’étage de la Bourse de commerce. C’est là qu’il a donné rendez-vous au « Goût de M », un matin ensoleillé, alors que les cuisiniers s’activent autour de lui pour préparer le menu du midi.
Dans cet épisode, ce fils aîné d’une fratrie de trois, né d’une mère au foyer et d’un père maréchal-ferrant, raconte son enfance frugale dans le village de Laguiole (Aveyron), au milieu de ce qu’il nomme un « désert vert ». C’est là que sa mère a ouvert un restaurant modeste, fréquenté par « des ouvriers, des représentants de commerce, des agriculteurs, des buronniers ».
Lui qui rêvait d’une carrière scientifique reconnaît avoir d’abord abordé le métier de cuisinier « par dépit », en reprenant l’établissement familial. Il se sentait complexé de ne pas avoir pu se former auprès de grands chefs. En 1978, une distinction accordée par le Gault et Millau au « Mémé Bras » lui offre à la fois une reconnaissance et une clientèle plus importante. Il est soulagé de ne pas avoir « fait fausse route ». Grâce à son « âme de jardinier », ce passionné cultive plus de 200 variétés d’herbes. Un travail de cueillette qui rythme son quotidien. Il évoque aussi dans cet épisode sa passion pour la photographie et la course en pleine nature, un moyen de méditer et d’inspirer ses prochains plats.
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Cet épisode a été publié le 17 avril 2026. Crédit photo : Maxime Tetard/Bourse de Commerce - Pinault Collection.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 16 Apr 2026 - 43min - 209 - #177 Annette Messager, artiste : « J’ai remplacé Dieu par l’art. C’est un peu la même chose, c’est une croyance »
Annette Messager aime subvertir la tradition : « Ça m’amuse toujours », glisse celle qui, au cours d’une carrière artistique de plus de cinquante ans, a exposé dans le monde entier ses œuvres brodées, tricotées, dessinées, sculptées, ses photographies et ses objets collectionnés. Reconnue comme une figure majeure de l’art contemporain, Annette Messager déploie son travail sur les murs et les sols, y mêlant souvent écrits, jouets, oiseaux empaillés, peluches, cordes, fils, photos. Et interroge les identités, les rôles et les mythologies attribués aux femmes et au féminin, ainsi que la place de l’enfance.
A partir du 14 avril, des installations et des œuvres d’Annette Messager dialogueront avec les collections du Musée de la chasse et de la nature, à Paris, pour l’exposition « Une hirondelle ne fait pas le printemps », construite autour de l’animal, motif qu’elle explore depuis le début de sa carrière artistique, dans les années 1970. La plasticienne y a élaboré un parcours conçu comme une fable, pour « s’immiscer au milieu des bestioles ».
Dans cet épisode du « Goût de M », Annette Messager revient sur son enfance à Berck (Pas-de-Calais), en bord de mer, dont elle garde le souvenir d’un père architecte amoureux de l’art et de la peinture. Un père un peu « original », raconte-t-elle, qui, pour masquer d’éventuelles traces de peinture sur ses habits, « avait peint des taches partout sur son costume, de haut en bas ». Elle se rappelle qu’il a eu à cœur de lui transmettre sa passion et lui a appris le goût de l’art brut, ces œuvres réalisées par des créateurs autodidactes. Elle apercevait d’ailleurs, de temps en temps, Jean Dubuffet, théoricien de cette notion : « Mon père me disait, “tu vois, là-bas, ce monsieur ? C’est Dubuffet”. »
Annette Messager nous reçoit en début d’après-midi, chez elle, dans une ancienne usine de Malakoff (Hauts-de-Seine), réaménagée, où elle habite depuis les années 1980. Elle nous guide, par le jardin, de la « base 1 » à la « base 2 », noms donnés à ses ateliers. Elle confie ce qui a marqué sa vie et son œuvre, à une époque où, en tant que femme artiste, « c’était assez dur » : ses études à Paris, à l’école des arts décoratifs de la rue d’Ulm, à deux pas de la Cinémathèque française, sa découverte – mi-admirative, mi-médusée – de Sleep (1964), d’Andy Warhol, un concours Kodak, qu’elle remporte et qui la mène au Japon…
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Cet épisode a été publié le 10 avril 2026. Crédit photo : Vincent Lemaire.
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Thu, 09 Apr 2026 - 49min - 208 - #176 Yamê, rappeur et chanteur : « Je suis un geek, j’accueille l’intelligence artificielle à bras ouverts. Même si l’artiste en moi se dit que c’est dangereux »
Yamê, c’est une voix impressionnante, façonnée par le jazz, la musique africaine et le rap, une voix mélodieuse qui peut s’envoler dans les aigus, comme sur le refrain de Bécane. « J’tourne la poignée, j’froisse le temps/ J’roule comme si quelqu’un m’attend », chantait-il dans cet hymne à la liberté qui l’a fait connaître dans le monde entier en 2023. Depuis, il a été consacré révélation masculine des Victoires de la musique 2024 et a sorti Ebem, son premier album, en 2025. A bientôt 33 ans et en pleine ascension, l’artiste, de son vrai nom Emmanuel Sow, se produira en concert sur la scène du Zénith de Paris le 9 avril.
Nous le rencontrons chez lui, à Clichy, en proche banlieue de Paris. Il nous convie dans son studio, son « antre », une petite pièce de 10 mètres carrés avec un énorme écran, un bureau et le clavier d’un piano sur lequel il improvise des accords au hasard, jusqu’à trouver une mélodie qui lui plaise, sur laquelle poser sa voix si singulière.
Dans cet épisode du « Goût de M », il revient sur son enfance, à Douala, capitale économique du Cameroun, avec sa mère, professeure d’informatique, et son père, chanteur, guitariste et arrangeur. « Les week-ends, la musique tournait toujours à la maison, c’était de la chanson française, du Meiway ou du Papa Wemba, ça se mélangeait. »
Aujourd’hui, Yamê se définit comme un « geek », passionné par les nouvelles technologies et curieux de ce qu’elles peuvent apporter à sa pratique. Il parle de son amour toujours intact pour les jeux vidéo. Il passait des après-midi entiers à jouer avec ses amis pour s’échapper de la petite chambre de bonne parisienne où il habitait avec sa famille à son retour en France – où il est né –, à 10 ans.
Le chanteur raconte comment la musique le rattrape lors de ses études d’histoire, grâce aux jam-sessions du quartier Saint-Michel. En 2020, le confinement marque un tournant : « Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose de ces jam-sessions. Et paf, j’ai écrit. » Publiées sur les réseaux sociaux, ses premières chansons rencontrent un certain succès et tout s’enchaîne. Rapidement, il sort un premier EP, en 2023, baptisé Elowi, où il ose « mélanger » les styles, chanter et rapper à la fois.
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Cet épisode a été publié le 3 avril 2026. Crédit photo : Fifou.
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Thu, 02 Apr 2026 - 42min - 207 - REDIFF Spécial réalisatrices (4/4) Alice Diop : « Je refuse d’être le symbole de la réalisatrice noire qui réussit »
C’est la dernière semaine de rediffusion des épisodes du « Goût de M » consacrés aux femmes réalisatrices. Aux Césars 2026, Alice Diop, montée sur scène pour remettre le prix du court-métrage documentaire, avait rendu hommage à l’un de de ses modèles en cinéma, le documentariste américain Frederick Wiseman, mort quelques jours plus tôt. Elle avait remporté le César du meilleur premier film pour l’éblouissant Saint Omer, en 2023, long-métrage inspiré par un fait divers, un infanticide. Alice Diop a également mis en scène au théâtre, en 2025, Le Voyage de la Vénus noire, un texte de la poétesse afro-américaine Robin Coste Lewis qui interroge les représentations, tronquées ou stéréotypées, de corps de femmes noires dans l’art.
Cet épisode a été publié une première fois le 25 novembre 2022. Crédit photo :Zen Lefort pour M Le magazine du Monde.
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Thu, 26 Mar 2026 - 49min - 206 - REDIFF Spécial réalisatrices (3/4) Rebecca Zlotowski : « Dans les textes et au cinéma, je recherchais de l’amour, de la libido, de l’érotisme »
« Le Goût de M » poursuit sa série consacrée aux femmes réalisatrices, avec Rebecca Zlotowski. Elle a notamment réalisé Belle Épine(2010), Grand Central (2013), ou Les Enfants des autres(2022), et marqué le cinéma français avec ces portraits de femmes complexes. Dans son dernier film, Vie privée, sorti en 2025, elle met en scène Jodie Foster en psychiatre obsédée par la mort suspecte de l'une de ses patientes. Zlotowski y filmait avec sensibilité et humour les doutes et le basculement d'une femme qui perd pied.
Cet épisode a été publié une première fois le 11 novembre 2022. Crédit photo : Maxime La pour M Le magazine du Monde.
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Thu, 19 Mar 2026 - 46min - 205 - REDIFF Spécial réalisatrices (2/4) Géraldine Nakache : « Le sens de l’humour, c’est la plus jolie forme des politesses »
« Le Goût de M » poursuit sa série de rediffusions consacrée aux femmes réalisatrices, tout au long de ce mois de mars. Cette semaine, nous vous proposons de réécouter l’épisode avec Géraldine Nakache, actrice, scénariste et réalisatrice. On se souvient évidemment de Tout ce qui brille, comédie irrésistible avec Leïla Bekhti, qui la révèle en 2010. Elle a également signé Nous York en 2012, et J’irai où tu iras en 2019.
Cet épisode a été publié une première fois le 11 décembre 2020. Crédit photo : Benoît Peverelli.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, avec Sulivan Clabaut à la réalisation
Musique : Gotan Project.
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Thu, 12 Mar 2026 - 43min - 204 - REDIFF Spécial réalisatrices (1/4) Valeria Bruni Tedeschi : « Le baiser est le thermomètre de l’amour »
Cette année aux Césars, qui se sont déroulés le 26 février, on comptait deux femmes parmi les cinq nommés de la catégorie de la meilleure réalisation : Hafsia Herzi pour La Petite Dernière et Carine Tardieu pour L’Attachement. Si aucune n'a remporté le prix, Carine Tardieu est toutefois repartie avec le César du meilleur film. Dans le cinéma français, la parité est encore loin d'être atteinte, même si les femmes réalisent environ un quart de la production cinématographique française. Ce mois-ci, « Le Goût de M » a décidé de mettre en avant des femmes cinéastes, en leur consacrant une série de rediffusions. Pour la première, l'invitée est Valeria Bruni Tedeschi, actrice (elle est d’ailleurs à l’affiche de L'Attachement) et réalisatrice : elle a signé cinq films très personnels ces vingt dernières années, dont Les Amandiers, en 2022.
Cet épisode a été publié une première fois le 5 novembre 2021. Crédit photo : Christophe Brachet.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Mélissa Phulpin, avec Guillaume Girault à la réalisation.
Musique : Gotan Project
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Thu, 05 Mar 2026 - 39min - 203 - #175 Karl Fournier et Olivier Marty, architectes de Studio KO : « Le Maroc a été un laboratoire extraordinaire pour nous. Première maison, premier hôtel, premier musée… »
« Le Goût de M » se met cette semaine au diapason d’un duo : Karl Fournier et Olivier Marty, fondateurs de Studio KO, agence d’architecture et d’architecture intérieure. Tous deux appartiennent à la « French Touch », cette nouvelle scène française qui s’est imposée ces dernières années avec des personnalités comme Pierre Yovanovitch, Joseph Dirand ou Noé Duchaufour-Lawrance.
Fondé au début des années 2000, Studio KO se fait d’abord remarquer en concevant, au Maroc, une villa au style épuré, privilégiant des matériaux bruts et locaux — la terre, notamment, qu’ils associent au béton et au verre. Leur reconnaissance internationale survient en 2017, lorsqu’ils signent le Musée Yves Saint Laurent Marrakech : un bâtiment aux courbes sensuelles, enveloppé d’un tressage de briques, dont la forme s’inspire d’une visite des archives de la maison Yves Saint Laurent, et plus précisément de l’emmanchure d’un vêtement.
Depuis, ces quinquagénaires ont multiplié les réalisations à travers le monde : des hôtels comme le Chiltern Firehouse à Londres, le restaurant Ischia pour Cyril Lignac, ainsi que des appartements au Chateau Marmont à Los Angeles. En France, on leur a récemment confié l’aménagement du Musée Fragonard de la mode & du costume, inauguré en 2025 à Arles.
Ce printemps, on redécouvrira leur travail dans un temple du rock parisien, le Bus Palladium, dans le 9ᵉ arrondissement de Paris. Cette salle mythique, fermée en 2022, renaît aujourd’hui sous une forme augmentée : après trois ans de travaux, elle abrite désormais un hôtel, une salle de concert, un bar et un restaurant.
Karl Fournier et Olivier Marty reçoivent « Le Goût de M » dans leur spectaculaire appartement du 2ᵉ arrondissement, près du Théâtre du Palais-Royal, où ils vivent avec leur fils. Le premier a grandi à Beauvais, puis à Avignon ; le second aux Ulis, dans l’Essonne. Ils se sont rencontrés au cours de leurs études aux Beaux-Arts, lors d’une soirée costumée à La Loco, ancienne boîte de nuit parisienne. Dans cet épisode, ils reviennent sur leurs débuts, leurs joies et leurs angoisses, évoquent leurs mentors – Gae Aulenti et Jean-Louis Froment – et détaillent leur méthode de travail.
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Cet épisode a été publié le 27 février 2026. Crédit photo : Mathieu Salvaing.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son.
Musique : Gotan Project
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Thu, 26 Feb 2026 - 57min - 202 - #174 Bastien Bouillon, acteur : « Le cinéma dans lequel je joue, le cinéma que j’aime et le cinéma que j’ai l’ambition de faire sont totalement différents »
Bastien Bouillon est l’un des visages marquants du cinéma français : une silhouette caméléon, un corps élastique, aussi juste en flic rentré qu’en transfuge de classe ou en beau gosse peroxydé. C’est aussi une voix, une diction, avec une manière singulière de détacher chaque mot, chaque syllabe.
L’acteur et metteur en scène enchaîne depuis quelques années les nominations aux Césars. En 2023, il reçoit le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans La Nuit du 12. En 2025, il est nommé au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Comte de Monte-Cristo. Et en 2026, il peut prétendre au César du meilleur acteur pour son rôle dans Partir un jour.
Il est en ce moment à l’affiche d’A pied d’œuvre, le nouveau film de Valérie Donzelli. Bastien Bouillon joue Paul Marquet, un ancien photographe qui a tout lâché, au grand dam de son entourage, pour devenir écrivain. Adieu la vie bourgeoise et l’appartement parisien. Afin de rester fidèle à lui-même et à son désir, Paul assume un statut de précaire. Il écrit et multiplie les petits boulots d’appoint chez des particuliers. « C’est un personnage qui devient radical parce qu’il essaye de s’approcher au plus près de sa vérité, à lui. Sa vérité, c’est écrire. Et donc, effectivement, si écrire, c’est manger des pois chiches en conserve et des sardines à l’huile, eh bien c’est ce qu’il fera », détaille Bastien Bouillon depuis les bureaux de sa production, situés dans le 5e arrondissement de Paris, où il prépare son prochain rôle, celui d’un grand avocat.
Né en 1985 à Châteauroux dans une famille d’artistes, il a passé sa jeunesse entre Paris et la banlieue. Scolarisé dans une école Steiner, il passe un baccalauréat scientifique, puis accomplit sac au dos de lointains voyages avec ses copains. Il suit le Cours Florent, puis intègre le Conservatoire national supérieur d’art dramatique. C’est son père, metteur en scène, qui lui a donné le goût du théâtre : « J’ai pu traîner dans les coulisses, dans les loges, sentir l’ambiance, voir les comédiens se maquiller. »
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Cet épisode a été publié le 20 février 2026. Crédit photo : Doreen Kennedy/Alamy
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard, avec Guillaume Girault au son.
Musique : Gotan Project
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Thu, 19 Feb 2026 - 49min - 201 - #173 Andrea Laszlo De Simone, musicien : « Je chante pour aider la musique à dire ce qu’elle est déjà en train de dire »
Andrea Laszlo De Simone, 39 ans, a signé ces dernières années quelques-uns des plus beaux disques venus de son pays, l’Italie : Ecce Homo (2012), Uomo Donna (2017), Immensità(2019). Inutile cependant de surveiller l’agenda des concerts pour espérer le voir sur scène : ce grand timide refuse, depuis 2021, de se produire en public. Il esquive également les interviews télévisées et ne recherche pas la célébrité. Il souhaite juste mener une vie normale et assumer ce qu’il considère comme sa fonction la plus importante : être père, en élevant ses deux enfants avec sa compagne.
Sa musique tient du petit miracle, quelque part entre pop symphonique et grande tradition de la chanson italienne — des mélodies que l’on a envie de chanter à tue-tête, au volant d’une voiture ou au fond d’un café — et des vertiges plus existentiels, capables de toucher en plein cœur. En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, sa chanson Immensità fut le titre le plus diffusé de l’année sur l’antenne de France Inter. En 2024, sa bande originale pour Le Règne animal, de Thomas Cailley, lui a valu le César de la meilleure musique originale.« Une expérience très émouvante. Je n’avais jamais pensé gagner, sinon je ne serais peut-être pas venu », explique cet homme qui fuit les feux des projecteurs. Son dernier album, sorti en 2025, s’intitule d’ailleurs Una lunghissima ombra (« Une très longue ombre »).
Andrea Laszlo De Simone nous reçoit à Turin, dans le sous-sol de sa maison : un vaste studio de 80 mètres carrés, recouvert de tapis orientaux, où s’éparpillent claviers, guitares et sa chère batterie de 1964. Elevé par une mère professeure d’italien et un père photographe et communicant, le musicien parle longuement de son rapport à la création. A l’entendre, il serait presque devenu artiste par accident et dit avoir appris la musique de manière empirique. Fan de l’AS Roma et de Francesco Totti — « pas le plus technique, pas le meilleur, mais le plus intelligent » — il partage son goût pour les choses les plus simples : « les lasagnes, les pizzas et les longues promenades au bord de la mer ».
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Cet épisode a été publié le 13 février 2026. Crédit photo : Richard Dumas.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son.
Musique : Gotan Project
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Thu, 12 Feb 2026 - 53min - 200 - #172 Mika, chanteur : « Physiquement, je peux vomir face à la violence. Je n’aime pas ça »
L’album s’intitule Hyperlove. C’est le septième disque de Mika, que l’on a découvert il y a presque vingt ans avec Life in Cartoon Motion, un premier opus qui contenait des tubes planétaires comme Relax, Take It Easy ou Grace Kelly. Des titres aux mélodies entêtantes, empruntant autant aux Beatles qu’à la musique classique. Adolescent tourmenté devenu chanteur surdoué, Mika, 42 ans, s’interroge dans ce disque électropop et dansant – son premier entièrement en anglais depuis My Name Is Michael Holbrook (2019) – sur la manière de trouver une croyance positive dans le monde moderne et sur la façon d’aimer mieux.
Nous sommes allés à sa rencontre dans les locaux de son label, Universal, près de la place du Panthéon à Paris. Il y raconte la genèse de son album, ponctué d’interludes assurés par le réalisateur John Waters, qu’il décrit comme le « roi des freaks, roi de l’alternatif, là où le trash devient sublime et le doux devient terrifiant ». Dans son panthéon d’artistes figurent aussi Prince, Queen et Nina Simone, et surtout l’Américain Harry Nilsson, dont l’album Pandemonium Shadow Show (1967) l’a fasciné par ses accents pop psychédéliques. La même année sortait aussi Bobino 1967,disque d’une chanteuse française qu’il adule : Barbara, qui, selon lui, « métabolise sa tristesse avec la mélodie ».
Dans cet épisode du Goût de M, le chanteur, de nationalités libanaise, américaine et britannique, évoque les lieux de son enfance : une grande maison à Paris, dans le 16ᵉ arrondissement, où sa mère, couturière, travaillait au milieu des machines à coudre, « avec des tissus de toutes les couleurs venant du monde entier : de la soie, de la Chine, des cotons de Damas, des laines de Côme ». Un environnement qui a nourri son goût pour le textile.
Contraints de quitter Paris en raison de difficultés financières, la famille s’installe à Londres, où elle vit dans un bed and breakfast « à laFawlty Towers », dans le quartier de Pimlico. Rare objet à ne pas avoir été saisi par les huissiers, le piano sur lequel Mika écrit ses premières chansons les suit. Un objet fétiche qu’il possède encore aujourd’hui, tout comme une mallette en cuir où il conservait ses cassettes étiquetées, ses premières compositions, soigneusement classées selon ses émotions.
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Cet épisode a été publié le 6 février 2026. Crédit photo : Sasha Cohen.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge laformation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son.
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Thu, 05 Feb 2026 - 42min - 199 - #171 Hélène Darroze, cheffe : « Au milieu des années 1980, la cuisine, c’était une voie de garage. Ce n’était pas un métier qu’on faisait par passion »
C’est l’une de nos cheffes les plus étoilées, même si elle n’aime pas ce mot et lui préfère celui de cuisinière. A 58 ans, Hélène Darroze comptabilise six précieuses étoiles Michelin, décernées aux tables qu’elle dirige : Jòia et Marsan, à Paris, et le restaurant du palace The Connaught, à Londres. Elle est aussi, grâce à l’émission « Top Chef », sur M6, où elle officie comme jurée, l’un des visages les plus populaires de la gastronomie française.
Elle nous reçoit au Marsan, son restaurant gastronomique situé rue d’Assas dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, qui est baptisé du nom d’un territoire des Landes où elle est née. Un établissement qui rend hommage à ses racines, à son terroir et surtout à sa famille. Ayant grandi dans une famille qui tenait une auberge à Villeneuve-de-Marsan, Hélène Darroze nous parle de son enfance. Elle évoque ses souvenirs de vendanges, de chasse à la palombe et ce défilé quotidien de producteurs, de chasseurs, de pêcheurs et d’éleveurs. « L’un arrivait avec son saumon de l’Adour, l’autre avec des agneaux de lait, un autre encore avec des cageots de cèpes ou des bidons de lait. »Elle se souvient du potager, de la cage avec des ortolans, de la terrasse recouverte de chèvrefeuille – « ça sentait tellement bon » – et, dans le jardin, du hangar à charbon. Chaque matin, elle allait y chercher de quoi alimenter la cuisinière qui servait aussi à chauffer la maison.
Elle ne songeait pas pour autant à faire de la cuisine son métier. Bonne élève, plus à l’aise avec les matières scientifiques que littéraires, elle décroche un baccalauréat scientifique. Elle s’inscrit d’abord en architecture, en médecine, avant d’intégrer une école de commerce. Ce parcours la mène dans les bureaux du chef Alain Ducasse. Le destin la rattrape : quelques mois plus tard, elle est en cuisine.
Cliente régulière des puces, admiratrice de la plasticienne Prune Nourry et grande lectrice, Hélène Darroze cite La Vie devant soi,de Romain Gary,parmi ses livres marquants. « Je le trouve tellement contemporain, sur l’inclusion, le racisme, l’acceptation de l’autre et l’amour — l’amour filial sans lien de sang. Et ça, ça me parle énormément, moi qui ai adopté deux petites filles. »
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Cet épisode a été publié le 30 janvier 2026. Crédit photo : Matias Indjic.
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Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard, avec Guillaume Girault et Benoît Thuault au son.
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Thu, 29 Jan 2026 - 42min - 198 - #170 Miki, chanteuse : « On passe notre vie à oublier qui on est. Je pense que la mission de la musique, c’est de se reconnecter à soi »
A 27 ans, Mikaela Duplay, plus connue sous le nom de Miki, s’impose comme l’une des révélations musicales de l’année et l’un des phénomènes les plus fulgurants de la jeune scène pop française. En seulement trois ans, grâce à une poignée de singles percutants (Echec et mat, Cartoon sex, Particule…), des clips inventifs et un premier album abouti, Industry Plant, elle s’est affirmée comme une pop star en devenir. La critique est unanime, et les salles se remplissent en un clin d’œil : après trois dates à guichets fermés à l’Elysée-Montmartre, du 18 au 20 mars, elle se produira au Zénith de Paris le 18 novembre.
Avec des chansons qui s’écoutent comme on lirait des autofictions contemporaines, Miki séduit par son propos cash et sans détour, inspiré de sa vie, de ses expériences et d’un univers riche, mêlant manga, jeux vidéo et une culture musicale éclectique, entre faite de rap, de chanson française et et d’électro.
Nous la rencontrons dans son appartement du nord de Paris, où elle vit depuis un an. L’immeuble, moderne, offre de grandes baies vitrées donnant sur des arbres, une touche de nature qui lui tient à cœur. Au sol, des tatamis, un futon, une table basse et des coussins. Autour, des figurines de Neon Genesis Evangelion, une collection de casquettes - elle témoigne aussi de sa passion pour les maillots de foot, les vêtements à poches et de randonnée (« Mon magasin préféré, c’est Decathlon : c’est stylé et fonctionnel ! »). Dans sa bibliothèque, Albert Camus et David Foenkinos côtoient les mangas Boy’s Abyss et Nausicaä de la vallée du vent. Dans son home studio, des synthétiseurs Nord Wave et Korg SV2 renvoient à son admiration pour Vangelis et Ryuichi Sakamoto.
Dans cet épisode du Goût de M, Miki évoque avec passion son rapport à la musique, de ses écoutes de rap américain (Nas, Mobb Deep, A Tribe Called Quest, J Dilla, Joey Badass, MF Doom) à la musique latine et sud-américaine, comme la bossa nova. Elle cite Vinicius de Moraes et João Gilberto, des artistes qu’elle a découverts grâce à son père, ingénieur en aéronautique. Sa mère, chargée de communication et d’origine coréenne, lui a transmis l’amour du pays du Matin-Calme et de sa culture. Elle se souvient des étés passés en Corée du Sud, bercée par le chant des cigales, et des heures passées dans le pyeonuijeom (épicerie) de ses grands-parents, un lieu qu’elle décrivait comme un « Disneyland ».
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Cet épisode a été publié le 23 janvier 2026. Crédit photo : Kelly A. Koffi.
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Thu, 22 Jan 2026 - 55min - 197 - [REDIFFUSION] #46 ANNE BEREST
Dernière semaine de rediffusion pour la « Spéciale Littérature » du « Goût de M ». Et pour clore cette série, nous vous proposons de réécouter l’épisode d’Anne Berest qui a publié en août 2025, Finistère, un roman avec lequel elle poursuit l’exploration de sa généalogie et des transmissions intergénérationnelles. C’est cette fois de la lignée paternelle qu’il s’agit, militante de gauche et paysanne, en Bretagne. Elle a également cosigné le scénario de « Vie privée », le dernier long-métrage de Rebecca Zlotowski avec Jodie Foster.
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Thu, 15 Jan 2026 - 38min - 196 - [REDIFFUSION] #109 ERIC REINHARDT
Jusqu’au 23 janvier, « Le Goût de M » vous propose une série de rediffusions « Spéciale Littérature ». Cette semaine on vous propose de réécouter l’épisode d’Eric Reinhardt, dont l'ouvrage « L’imparfait » vient de sortir. Dans ce livre, l’écrivain dédie sa « nuit au musée », passée à la Galerie Borghèse de Rome, à la figure d’Hermaphrodite.
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Thu, 08 Jan 2026 - 51min - 195 - [REDIFFUSION] #12 EDOUARD LOUIS
Jusqu’au 23 janvier, « Le Goût de M » vous propose une série de rediffusions « Spéciale Littérature ». On commence cette nouvelle année avec la rediffusion de l’épisode d’Edouard Louis, auteur de l’essai Que faire de la littérature ? Méditations et Manifeste, publié en octobre 2025. Une traversée de l’histoire de la littérature et une réflexion sur les impensées de l’Histoire à partir d’entretiens avec Mary Kairidi.
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Thu, 01 Jan 2026 - 33min - 194 - [REDIFFUSION] #22 LOLA LAFON
Jusqu’au 23 janvier, « Le Goût de M » vous propose une série de rediffusions « Spéciale Littérature ». Cette semaine, comme un écho à l’épisode de Pénélope Bagieu, on vous propose de réécouter l’épisode de Lola Lafon. Elles ont ensemble imaginé le roman graphique « La nuit retrouvée » sorti en novembre 2025. L’histoire d’une mère de famille qui confie à sa fille une histoire qui change totalement la perception qu’elle avait d’elle. Un livre vibrant sur la transmission, la liberté, les normes qui pèsent encore sur les désirs et les corps des femmes.
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Fri, 26 Dec 2025 - 40min - 193 - [REDIFFUSION] #9 PENELOPE BAGIEU
Jusqu’au 23 janvier, « Le Goût de M » vous propose une série de rediffusions « Spéciale Littérature ». Et on commence avec Pénélope Bagieu, illustratrice de la BD La nuit retrouvée, co-écrite avec Lola Lafon, sortie en novembre. L’histoire, au cœur de la forêt des Landes, d’une mère de famille apparemment sans histoires qui se révèle en confiant un secret à sa fille… Un livre vibrant sur la transmission, la liberté, les normes qui pèsent encore sur les désirs et les corps des femmes.
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Fri, 19 Dec 2025 - 37min - 192 - #169 Jean-Paul Rouve, acteur : « Je ne comprends pas que la comédie soit un plaisir honteux pour certaines personnes »
Jean-Paul Rouve a le goût, depuis trente ans, d’incarner des personnages très différents. La comédie reste son registre de prédilection et celui qui l’a révélé : les sketches des Robins des Bois, dans « Nulle part ailleurs », émission populaire de Canal + dans les années 1990, puis le premier volet desTuche,sorti au cinéma en 2011. Mais il s’est aussi montré marquant dans des rôles plus dramatiques, comme en 2023, lorsqu’il interprète un Gabriel Matzneff glaçant, dans Le Consentement (adapté du livre de Vanessa Springora) réalisé par Vanessa Filho. Chaque soir et jusqu’au 1er février, il retourne sur les planches, dans une adaptation pop, moderne et virevoltante du Bourgeois gentilhomme de Molière, signée Jérémie Lippmann, au Théâtre Antoine.
Les œuvres du dramaturge du XVIIe siècle sont un exemple de ce que le comédien appelle le « stade ultime » d’une pièce ou d’un film : des histoires qui transcendent les générations et les classes sociales. « Molière, tous les soirs, quatre cents ans après, ça fait rire. Il est fort, ce mec », s’extasie-t-il. Mi-candide, mi-ahuri, Jean-Paul Rouve fait un formidable Monsieur Jourdain, ce bourgeois qui donnerait tout pour acquérir les codes des gens de qualité. « [Avec Jérémie Lippmann,le metteur en scène], on voulait que ce soit distrayant et accessible. Notre but absolu était de travailler le texte pour qu’il soit le plus parlé possible, pour qu’on comprenne. »
Pour cet épisode du « Goût de M », il nous reçoit chez lui, dans une petite maison sur la butte Montmartre, dans le 18e arrondissement, où il habite depuis une vingtaine d’années. Dans le grand salon, où il reçoit ses amis, il y a une cheminée, une bibliothèque et plusieurs symboles de ses admirations : une photo de Romy Schneider (« Pour moi, c’est l’actrice ultime »), Patrick Deewaere et Miou-Miou, des constructions en Lego en tout genre (« les Lego, c’est des œuvres »), des CD des Beatles…
Il nous raconte le goût de son enfance dans le Nord, à Dunkerque, son père qui travaillait aux chantiers navals et qui a rencontré sa mère au bal, ses mercredis après-midi à regarder la télévision chez sa grand-mère, où il découvre les grands films en noir et blanc, sa fascination pour Jean Gabin, Louise Brooks… Ilrêve, très jeune, de devenir acteur. Pour payer son inscription au cours Florent, on lui propose d’en être le gardien pendant sa formation : « Ouvrir le matin, fermer le soir. »Il revient aussi sur la méthode qu’Isabelle Nanty, sa professeure,enseignait aux premières années et qu’il continue d’appliquer : « Vous n’allez pas essayer de jouer le personnage, vous allez juste essayer d’être vrais. »
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Cet épisode a été publié le 12 décembre 2025.
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Thu, 11 Dec 2025 - 55min - 191 - #168 Christian Lacroix, designer : « Je déteste coudre. Je n’ai rien inventé, je n’ai fait que des jeux de découpage et de réassemblage »
Designer, couturier, styliste, illustrateur… Bien que Christian Lacroix se reconnaisse dans ces étiquettes, il préfère celle de « costumier ». La mode et la haute couture qui l’ont fait connaître lui ont assuré un succès fulgurant à la fin des années 1980, lorsqu’il fonde sa propre maison. Ses collections célèbrent la couleur, la Provence et Arles, où il a grandi. Après avoir perdu le contrôle de sa maison pour des raisons financières en 2009, il crée tous azimuts : des illustrations pour Le Petit Larousse, les décors d’intérieur du TGV Méditerranée et de plusieurs hôtels. Et bien sûr… des costumes.
Il s’épanouit aujourd’hui dans leur conception pour l’opéra et le théâtre – il a notamment habillé, cette année, les personnages de La Fille du régiment, à Versailles, et ceux du Soulier de satin. Son univers flamboyant est au cœur de l’exposition « Christian Lacroix en scène » au Centre national du costume et de la scène, à Moulins, dans l’Allier, jusqu’au 4 janvier : 150 costumes réalisés pour la scène, entre 2007 et 2024.
Dans cet épisode du Goût de M, il évoque sa mère, arlésienne et coquette, le souvenir encore vif de son premier dessin – « Moi qui essaye de faire des mains, mais je fais que des ronds » – puis ceux, plus tard, qu’il griffonne sur les nappes en papier des restaurants parisiens. Il raconte son enfance dans ce Sud gorgé de soleil qu’il décrit pourtant avec nostalgie comme avare en lumière, avec ses maisons « où, justement, il y avait tous les fantômes du passé ». Il se souvient de sa fascination pour la scène du bal du Guépard et pour les revues de mode illustrées du XIXe siècle.
Il nous reçoit à l’Hôtel Jules César, à Arles, dans une suite qu’il a imaginée à son goût : dominée par le rouge et une association de couleurs vives – jaune, fuchsia, or –, chaleureuse en imprimés byzantins et espagnols. A l’image de sa maxime : « Trop n’est jamais assez. »
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Cet épisode a été publié le 5 décembre 2025.
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Thu, 04 Dec 2025 - 59min - 190 - #167 P.R2B, chanteuse : « J’ai un goût pour le mot dans ce qu’il a de plus physique, le flow, comment les mots sont dans la bouche, quel effet ça fait »
C’est un des nouveaux noms qui compte dans la chanson française, Pauline Rambeau de Baralon, alias P.R2B, qui sort Presque punk. Ce deuxièmealbum succède à Rayon gamma, sorti en 2021, une œuvre qui avait donné la mesure de son talent entre chanson, influences rap et électronique, rage et romantisme. P.R2B a également signé des bandes originales de film, comme celles de Les Meutes, de Kamal Lazraq (2023), et de La Mer au loin, de Saïd Hamich (2024). Au sein du collectif DRAGA, elle a aussi mis cette année en musique Les Guérillères,de Monique Wittig, texte porté par la voix de l’actrice Anna Mouglalis.
Pour écrire Presque punk, P.R2B a quitté la ville et son appartement pour s’isoler dans les Cévennes. Elle a alors pris une position de bouffon, dit-elle, qui lui a permis de regarder le monde avec plus d’acuité et de composer ce disque manifeste qui nous engage tous à vivre une vie plus libre et à quitter notre bullshit job, comme le titre de la chanson qu’elle interprète en duo avec Philippe Katherine.
Pour cet épisode du « Goût de M », elle nous reçoit chez Artistic Palace, un des gros studios parisiens où elle a enregistré son album. Elle raconte son enfance dans une maison à Bourges, avec son père guitariste blues, mort lorsqu’elle avait 10 ans, et sa mère, qui travaillait dans la culture, secrétaire générale et programmatrice du cinéma de la Maison de la culture à Bourges. Sa mère lui ayant « transmis l’amour du cinéma », elle s’oriente d’ailleurs vers le septième art après le lycée, avec une licence de cinéma et de théâtre à la Sorbonne, puis des études comme réalisatrice à la Femis.
Mais la musique va la rattraper. Adolescente, elle s’était acheté un petit micro « à 20 balles »qu’elle avait branché sur la tour de son PC et chantait aussi bien « sur la mort de[son]père ou sur[ses] cours de latin » en utilisant le logiciel gratuit Audacity. Elle se souvient d’avoir été impressionnée par la chanson Champagne, de Jacques Higelin, avant de découvrir Brigitte Fontaine, « une figure extrêmement importante ». Mais, à l’époque, elle écoutait Alizée comme Eminem. A la fin de cet épisode, P.R2B gratifie les auditeurs d’une surprise, en chantant et en jouant sur un piano Fender Rhodes un morceau de son dernier album : Amnésie.
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Cet épisode a été publié le 28 novembre 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge laformation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, de Marjorie Murphy et Juliette Savard, avec Guillaume Girault au son et à la réalisation.
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Thu, 27 Nov 2025 - 58min - 189 - #166 Julien Gosselin, metteur en scène : « C’est ma mission de faire un art qui échappe aux demandes du public telles qu’elles sont formulées par HBO ou Netflix »
Julien Gosselin, metteur en scène, dirige l’Odéon Théâtre de l’Europe, à Paris, depuis le 15 juillet 2024. Avec sa compagnie Si vous pouviez lécher mon cœur, il a connu le succès très jeune grâce à ses adaptations fleuves de textes littéraires. Les Particules élémentaires, de Michel Houellebecq, le révèle en 2013 à Avignon. S’ensuivent une adaptation de 2666, roman inachevé de Roberto Bolaño, puis Joueurs, Mao II et Les Nomsadaptés de Don DeLillo.
Dans ses spectacles, les décors se déconstruisent au fil du récit, des écrans géants décalent la représentation. Ces mises en scène sont des expériences physiques et engageantes, exigeantes. Jusqu’au 30 novembre, il présente aux Ateliers Berthier Musée Duras, un spectacle total, dix heures de plongée et de corps à corps avec onze textes de Marguerite Duras. Soit cinq performances de deux heures interprétées par les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris.
Dans cet épisode du « Goût de M » , Julien Gosselin nous reçoit dans un petit appartement qu’il habite depuis deux ans, à Paris, dans le 11e arrondissement, avec un chat, un bureau et une bibliothèque en bois confectionnée par son frère. Un duplex très sobrement meublé, presque vide. Il précise :« Je ne possède quasiment rien, juste des bouquins. Mais sinon je n’ai rien. Je n’ai pas d’iPad. Je n’ai pas d’appareil qui coûte cher. Je n’ai pas le permis. Je n’ai pas de voiture… » Pendant des années, on lui a reproché de « s’habiller toujours pareil ». Alors il a bien dû troquer son sweat bleu à capuche contre des costumes pour incarner ses fonctions de directeur d’une institution théâtrale.
Longtemps, le théâtre n’a pas fait partie de la vie de Julien Gosselin, qui a passé son enfance à Oye-Plage (« un village de la France périphérique »), entre Dunkerque et Boulogne. Né en 1987, il a été élevé avec son frère par une mère institutrice et un père éducateur spécialisé, dans une atmosphère familiale qu’il qualifie volontiers de « raisonnable, douce, avec une constante générosité ». Il se souvient de son premier choc sur scène, un concert de Dominique A. Sans ressentir l’envie de jouer, il prépare toutefois un bac option théâtre, puis intègre l’école du Nord, une école supérieure d’art dramatique. Le voilà lancé dans une carrière hors norme.
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Cet épisode a été publié le 21 novembre 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge laformation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 20 Nov 2025 - 54min - 188 - #165 Isabelle Carré, actrice, réalisatrice et écrivaine : « On prend davantage au sérieux un jeune garçon quand il dit qu’il va mal. Alors que les filles… c’est ses hormones, c’est une drama queen, ça peut être ses règles… »
Pour sa première réalisation, Les Rêveurs, sorti en salle le 12 novembre, Isabelle Carré a adapté au cinéma son roman autobiographique. Paru chez Grasset en 2018, il avait remporté un énorme succès et apporté un nouvel éclairage sur cette actrice souvent cantonnée aux rôles de femmes discrètes et lumineuses. Ce film, qui raconte l’internement à l’hôpital Necker, au début des années 1980, d’une adolescente après sa tentative de suicide, veut aussi alerter sur la forte détérioration de la santé mentale constatée ces dernières années chez les jeunes.
Isabelle Carré, 54 ans, nous reçoit dans un lieu qui lui est cher, notamment pour y avoir souvent accueilli sur scène Sarah Bernhardt. Il s’agit du Théâtre de la Renaissance, dans le 10e arrondissement de Paris, où elle est à l’affiche, jusqu’en janvier 2026, d’Un Pas de côté, une pièce écrite et mise en scène par Anne Giafferi. Elle joue aux côtés de Bernard Campan, « un ami cher, un frère et un partenaire de jeu idéal », et confie : « Tous les soirs, j’ai envie de pleurer quand je vois cette salle si pleine, avec tous ces visages, c’est magique. »
Dans cet épisode du « Goût de M », elle se souvient d’abord d’avoir grandi dans un grand appartement parisien avec ses deux frères et ses parents très attentifs. Son père était designer de tissus et d’imprimés chez Pierre Cardin, grand amateur d’arts plastiques et du Japon, et sa mère lui « rappelle Mia Farrow ». Ils l’ont soutenue dans ses choix de carrière, devenir danseuse classique, puis comédienne.
Au cinéma, elle a été récemment touchée par La Trilogie d’Oslo – Rêves, Amour, Désir, de Dag Johan Haugerud, ainsi que par les deux derniers films de Joachim Trier, Julie (en 12 chapitres) et Valeur sentimentale. Côté littérature, on retrouve son même goût pour les analyses psychologiques fines, comme dans les romans de l’autrice américaine Joyce Carol Oates. Elle admet aussi éprouver une attirance pour les fortes personnalités telles que la chanteuse Björk et pour la culture du Pays basque.
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Cet épisode a été publié le 14 novembre 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge laformation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault et Marlo Williams au son et à la réalisation.
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Thu, 13 Nov 2025 - 52min - 187 - #164 Pedro Winter, producteur, DJ et compositeur : « Les Daft Punk m’ont appris la patience, à ne pas brûler les étapes »
Personnage-clé de la musique électronique française depuis trente ans, Pedro Winter, 50 ans, est l’invité du « Goût de M » cette semaine. Son parcours commence par être lié à celui de Daft Punk, dont il accompagne l’ascension à la fin des années 1990. Quelques années plus tard, il sera, avec son label, Ed Banger, une des rampes de lancement de ce qu’on appellera la French Touch 2.0 portée par des groupes tels que Justice, Mr Oizo, SebastiAn, DJ Mehdi ou Cassius. Aujourd’hui, Pedro Winter partage son temps entre son label, devenu influent dans le monde entier, des missions de direction artistique et des sets de DJ en tant que Busy P. Il a d’ailleurs mixé, fin octobre, lors de la soirée Because Beaubourg, une fête organisée au Centre Pompidou, avant que le musée ferme pendant cinq ans. Il vient également de lancer ED – pour Exclusively Digital –, qui lui permet de sortir des titres plus rapidement.
Pedro Winter nous reçoit dans les locaux historiques d’Ed Banger, rue Ramey, dans le 18ᵉ arrondissement, tout près de Montmartre. Un lieu aux allures de boutiques de disques avec des bacs remplis de 33-tours. Un lieu qui, selon lui, ressemble plutôt à une « chambre d’ado » avec des peluches, des jouets Daft Punk, des disques d’or, un flipper à son effigie et des planches de skateboard, une passion héritée de sa jeunesse, « une des cultures les plus bienveillantes et les plus inclusives qui soit ».
Dans son bureau, à côté d’un portrait de lui que viennent récemment de faire Pierre et Gilles pour la couverture du numéro d’automne du magazine Zeweed,il confie avoir voulu être avocat quand il était jeune. Il abandonne la fac lorsqu’il rencontre les Daft Punk, Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter. Sur les conseils du père de ce dernier, Daniel Vangarde, Pedro Winter devient le manageur du duo pendant douze ans. Dans cet épisode du « Goût de M », il confesse aimer la techno minimale, l’album Rest, d’Isolée, demeurant dans son« panthéon de la musique électronique », et continue de s’enthousiasmer pour les jeunes talents, comme la chanteuse et compositrice française Oklou. Intéressé par la mode, il s’assume caméléon : « Je suis autant à l’aise quand c’est bien coupé chez Dior Homme qu’un peu plus ample avec les Japonais d’A.Presse. »
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Cet épisode a été publié le 7 novembre 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge laformation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 06 Nov 2025 - 49min - 186 - #163 Rebecca Marder, actrice : « C’était inouï d’entrer à la Comédie-Française à 20 ans, après seulement un an d’école »
C’est l’un des nouveaux visages du théâtre et du cinéma français. Ancienne prodige de la Comédie-Française, qu’elle intègre en 2015 à 20 ans, elle ne tarde pas à être courtisée par le cinéma, qui raffole de son ardeur, de son magnétisme et de son énergie. Elle est Simone Veil jeune, pour Olivier Dahan, Irène, la jeune actrice éprise d’absolu d’Une jeune fille qui va bien, de Sandrine Kiberlain, ou encore l’avocate combative de Mon crime, pour François Ozon. Un réalisateur qu’elle retrouve pour L’Etranger, qui vient de sortir en salles. Dans cette adaptation du chef-d’œuvre d’Albert Camus, Rebecca Marder interprète Marie Cardona – un des seuls rôles féminins du film –, la fiancée de Meursault , qui est jugé et condamné pour le meurtre d’un Arabe.
Rebecca Marder, 30 ans, nous reçoit dans un immeuble haussmannien, un deux-pièces du 11e arrondissement, une « zone de transit », dit-elle, puisqu’elle s’apprête à déménager. Comme ses livres ne sont pas encore tous encartonnés, sa bibliothèque témoigne de ses goûts : Fou de Vincent,d’Hervé Guibert, La Cloche de détresse, de Sylvia Plath… « J’aime les livres. Même quand je pars en voyage, j’en emporte beaucoup trop », s’amuse-t-elle.
Dans cet épisode du « Goût de M », elle revient longuement sur ses aspirations à monter sur scène, depuis qu’elle a joué au cinéma pour la première fois à l’âge de 5 ans dans Ceci est mon corps, de Rodolphe Marconi, au côté de Louis Garrel. Mais aussi depuis que sa mère, journaliste, l’emmenait voir des pièces dans des théâtres de banlieue, au-delà du 13ᵉ arrondissement où elles habitaient. Elle accompagnait également son père au cinéma aussi bien pour voir un Indiana Jones que des longs-métrages« pas du tout appropriés » comme La Femme des sables (1964), de Hiroshi Teshigahara. « Un film traumatisant », en rit-elle aujourd’hui.
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Cet épisode a été publié le 31 octobre 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Anaïs Reinhardt au son et à la réalisation.
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Thu, 30 Oct 2025 - 45min - 185 - #162 Pierre Hermé, pâtissier : « La pâtisserie rassemble les gens. Il y a quelque chose de social et de culturel autour du gâteau, parce que c’est la célébration, l’anniversaire, le mariage… »
Ispahan, Mogador, tarte Infiniment vanille, Plénitude ou confitureSatine figurent parmi les créations les plus connues de l’invité du « Goût de M » cette semaine. Pierre Hermé, élu meilleur pâtissier au monde par l’académie des World’s 50 Best Restaurants en 2016, a contribué à faire sortir sa discipline de l’ombre de la cuisine dans laquelle elle est longtemps restée. Son génie, c’est d’avoir compris très tôt que le goût est un langage, et que ses œuvres pouvaient être assemblées chacune comme une architecture. Il s’est ainsi emparé d’un petit biscuit un peu oublié, le macaron, qu’il a réinventé en produit de luxe, en symbole de l’art à la française, et qu’il vend dans des boutiques écrins à travers le monde entier.
Pierre Hermé nous accueille dans son vaisseau amiral, un hôtel particulier, boulevard Malesherbes à Paris, où sont conçues et pensées toutes les créations maison. Au premier étage, un bureau et un showroom, où l’homme de 63 ans reçoit et fait goûter lesinventions mises au point dans l’atelier au rez-de-chaussée. L’ensemble, qui forme un lieu sobre et chaleureux, a été conçu avec la participation de Sanjit Manku et Patrick Jouin, deux spécialistes du design, un domaine qu’apprécie beaucoup le pâtissier. « J’aime beaucoup cet endroit car la lumière y est très douce, très bien étudiée », précise-t-il, en ajoutant qu’il adore le travail de Philippe Starck.
Dans cet épisode résolument sucré, Pierre Hermé fait part de son goût pour la photo, avec des artistes comme Jean-Louis Bloch-Lainé et Irving Penn, et de son admiration pour le chanteur Alain Bashung. Il raconte aussi son enfance dans la boulangerie familiale, à Colmar, quand l’odeur du pain lui flattait les narines au réveil. Son arrivée à Paris, à 14 ans, chez Lenôtre, lui apprend « la rigueur, l’attention aux détails et l’importance de l’organisation pour produire de la qualité ». Après 1986, il débarque chez Fauchon avec le titre de « chef pâtissier », à la tête d’une équipe d’une trentaine de personnes, et commence à travailler sur ces « associations de saveurs » qui vont faire sa renommée.
Cet épisode a été publié le 24 octobre 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), avec Guillaume Girault et Benoît Thuault à la réalisation sonore, préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, Marjorie Murphy et Juliette Savard.
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Thu, 23 Oct 2025 - 50min - 184 - #161 Rebeka Warrior, écrivaine et musicienne : « A la guitare classique, je chantais des poésies. J’avais Baudelaire, Rimbaud sous la main, j’ai chanté tout ce que je trouvais dans la bibliothèque familiale »
L’autrice de « Toutes les vies », en lice pour le prix de Flore, en tournée dans toute la France avec son groupe Kompromat, est l’invitée du « Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes.
Il s’agit d’une première et remarquable incursion de la musicienne dans la littérature. Dans Toutes les vies,roman d’autofiction, Rebeka Warrior raconte une histoire d’amour, celle qui lie la narratrice à Pauline, atteinte d’un cancer. L’histoire d’amour devient celle d’un deuil impossible puis d’une quête spirituelle. Le titre du livre, que la chanteuse de Kompromat a tatoué sur la peau, est tiré de La Mouette, d’Anton Tchekhov.
Rebeka Warrior nous reçoit à proximité du parc de Belleville, dans son appartement parisien au décor minimaliste. C’est un mini-duplex, avec des tatamis et une omniprésence du bois, comme celui du petit bureau où elle aime travailler. Celle qui a étudié aux Beaux-Arts à Nantes après avoir grandi à Saint-Nazaire confie avoir été une lectrice sur le tard : « Je me suis mise à la littérature quand il y a eu beaucoup de livres audio, je suis audiolectrice. »
Après les groupes Mansfield.TYA et Sexy Sushi, cette fan de Bérurier noir, des Cure et des compilations Thunderdome (« de la techno hardcore que j’écoutais au réveil ») forme le duo Kompromat avec le musicien français Vitalic. Pour composer, elle dispose, dans son appartement, d’un petit studio avec beaucoup de synthés, où elle a entreposé un taishōgoto, dont elle nous fait écouter quelques notes, et son insigne de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.
Elle revient sur la genèse de son roman. Pour son écriture, elle confie s’être entretenue avec son « coup de foudre artistique » : Brigitte Giraud, Prix Goncourt 2022. Toutes les vies figure parmi les cinq titres sélectionnés pour le prix de Flore 2025, remis le 5 novembre. Ce jour-là, elle sera sur la scène du Zénith Paris - La Villette avec Kompromat.
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Cet épisode a été publié le 17 octobre 2025.
Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 16 Oct 2025 - 48min - 183 - #160 Philippe Starck, designer : « Si on est un peu honnête avec soi-même, autour de soi, on a 85 % d’objets inutiles »
C’est un esprit singulier, iconoclaste, ultra-prolifique, souvent en avance sur son temps, un homme qui a totalement repensé le goût de son époque et celui de sa discipline, au point d’en devenir l’incarnation la plus évidente. Cet homme, c’est Philippe Starck, designer, qui a œuvré, depuis le début des années 1980, à rendre le design plus démocratique et plus accessible. « Il me paraît inacceptable que des gens dans une famille ne puissent pas s’acheter quelque chose de qualité dont ils ont besoin. L’élégance, c’est le nombre, et grâce au nombre, on peut descendre les nombres du prix », estime-t-il dans ce premier épisode de la septième saison du « Goût de M ».
Aujourd’hui âgé de 76 ans, il semble avoir tout inventé, ou presque, avec à son actif plus de 10 000 créations et objets, du plus trivial au plus sophistiqué : brosses à dents, presse-agrumes, robinets, vélos, yachts, et beaucoup de chaises, comme la transparente Louis Ghost… Il a contribué au relooking du Pass Navigo, mais aussi à celui de nombreux lieux, comme le café Costes, ou plus récemment, en 2014, du Caffè Stern, passage des Panoramas à Paris, où il nous accueille.
Volubile et malicieux, le designer se confie longuement sur sa jeunesse qu’il qualifie de « terrifiante »,tellement il se sentait seul. Elevé seul par sa mère, il se rappelle avoir dormi à même le sol dans sa chambre, et de s’être amusé avec des jouets d’une manière prémonitoire : « Ils ne me satisfaisaient pas, alors je les limais, je les rectifiais, je les cassais. » Plus tard, il fait des rencontres déterminantes dans son choix de carrière, d’abord avec le styliste français Jean-Charles de Castelbajac, puis avec l’agent italien Arturo Del Punta Cristiani, à qui il présente des des projets sous forme de dessins et qui le met rapidement en relation avec des éditeurs de meubles.Acharné de travail (« 12 heures par jour »), il raconte également sa méthode : « Tout nu devant ma table, devant ma feuille blanche ». Une tenue d’Adam en conformité avec son précepte : « Plus il y a de matérialité, moins il y a d’humanité.»
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Cet épisode a été publié le 10 octobre 2025.
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Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, Marjorie Murphy et Juliette Savard, enregistré par Guillaume Girault et réalisé par Benoît Thuault.
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Fri, 10 Oct 2025 - 46min - 182 - #159 (LA)HORDE, collectif d'artistes et chorégraphes : « Grâce à TikTok, grâce à ses challenges, on n’a jamais vu autant de jeunes danser, c’est génial »
Rien que leur nom témoigne de la diversité de leurs inspirations puisqu’il fait à la fois référence à l’écrivain Alain Damasio et à son chef-d’œuvre, « La Horde du Contrevent », ainsi qu’à l’univers du jeu vidéo « World of Warcraft ». Le dernier épisode de la saison du « Goût de M » interroge cette semaine le goût du collectif (LA)HORDE, qui secoue la danse contemporaine depuis une dizaine d’années et dirige, depuis 2019, le Ballet national de Marseille. Composé d’un trio de jeunes artistes multimédia, Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel, (LA)HORDE a déjà collaboré avec Christine and the Queens, Madonna, Sam Smith, et a marqué les esprits avec des pièces fortes comme « Room with a View », dont la musique était composée par Rone.
On fait leur connaissance au Théâtre de la Ville, à Paris, où ils dirigeaient « Age of Content », une de leurs pièces qui interroge l’absence de frontières entre le réel et le virtuel. Cet après-midi, fin mai, la vingtaine de danseurs du Ballet national de Marseille, de 16 nationalités différentes, et le trio de cofondateurs débriefent la représentation de la veille, avant d’entamer les répétitions. Ce lieu leur tient à cœur puisqu’ils y étaient des « spectateurs assidus » : « Au Théâtre de la Ville, il y a les artistes les plus underground comme les plus célèbres. On a fait beaucoup de notre éducation théâtrale et chorégraphique ici. »
Ceux qui désignent l’artiste italien Romeo Castelluci comme leur « maître ultime », reviennent sur leur rencontre au début des années 2010, où, ils passaient « beaucoup de temps dans les milieux queers, notamment à danser ensemble dans des soirées », à côtoyer de jeunes stylistes qui allaient se faire une notoriété quelques années plus tard. Former un trio leur apparaît comme une force puisque « les choses positives sont multipliées par trois et tout ce qu’il y a de plus difficile on le divise par trois ». Dans cet épisode, ils racontent leur méthode pour travailler de concert, leur attrait pour la danse « post-Internet », leur défense des personnes en marge et leur découverte de Bassiani, night-club de Tbilissi, qui a nourri leur spectacle « Marry Me in Bassiani », en y inscrivant des mouvements de danses géorgiennes.
(LA)HORDE, collectif à la tête du Ballet national de Marseille, et ses danseurs se produiront au Théâtre des Salins, à Martigues, le 22 janvier 2026, puis à Paris, au Centquatre, du 2 au 4 avril, et à La Villette, du 16 au 25 avril.
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Cet épisode, le dernier de la saison, a été publié le 20 juin 2025.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard, enregistré par Malo Williams. Réalisé en alternance par Guillaume Girault, Emmanuel Baux et Benoît Thuault.
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Thu, 19 Jun 2025 - 51min - 181 - #158 Yoa, chanteuse : « Sur dix ans de castings, je n’ai eu que des rôles pour des filles qui s’appelaient Lila ou Leïla, des filles qui viennent de banlieue et veulent se réapproprier leur corps par leur sexualité »
Son premier album, La Favorite, sorti en janvier, l’a positionnée comme l’une des figures montantes de la chanson française. En février, Yoa remportait le prix Révélation scène aux Victoires de la musique. Ses chansons mélangent des rythmes urbains et électroniques qui accompagnent des paroles nourries de littérature et évoquent sans détour les relations, les sentiments qui se délitent et les violences sexuelles – comme lorsqu’elle confronte son agresseur dans Le Collectionneur, dernier morceau de l’album.
Elle nous reçoit dans son appartement, où elle vient d’emménager, une « petite grotte un peu chaleureuse » aux confins du 5e arrondissement de Paris. Un deux-pièces où cohabitent un grand canapé en velours blanc et un fauteuil livré sans notice de montage, des lampes Ikea et ses références culturelles : l’album How I’m Feeling Now de Charli XCX, un recueil de poèmes d’Arthur Teboul (vocaliste et parolier du groupe Feu ! Chatterton), Clôture de l’amour, de Pascal Rambert – un « livre de chevet » –, et « Guillaume Dustan, qui est là, dans [s]a chambre ».
Dans cet épisode du « Goût de M », Yoa parle de son père, suisse, et de sa mère, camerounaise, qui l’ont fait grandir à Paris au milieu de films, de livres et de musique. A 26 ans, elle mêle allègrement références pop (« Lana del Rey, oh mon Dieu ! »), littérature féministe (Virginie Despentes, bell hooks, Valerie Solanas) et philosophie (Georges Bataille). Elle s’est d’ailleurs imaginée philosophe, puis actrice de théâtre, avant que ses chansons postées sur les réseaux sociaux ne soient repérées par des professionnels de la musique. Elle achève sa tournée cet été et participera à de nombreux festivals.Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Thu, 12 Jun 2025 - 56min - 180 - #157 Thomas Lévy-Lasne, peintre : « S’il n’y a plus de futur, à quoi cela sert-il de peindre ? La peinture, c’est pour s’inscrire dans le temps »
Cette semaine, « Le goût de M » raconte l’histoire d’un peintre qui représente sur toile ce qui l’entoure : les fêtes, les corps qui dansent, les cendriers qui débordent… Thomas Lévy-Lasne, grand défenseur de la peinture figurative, aime « représenter ce qu’il se passe quand il ne se passe rien ». Puis il prend conscience de la « dérive climatique », que le monde autour de lui s’écroule. « Est-ce que je continue de peindre, alors qu’il n’y a plus de futur ? » Ses tentatives de réponse se trouvent dans « La Fin du banal » (éd. Beaux-Arts de Paris, 35 €), paru en avril, sa première monographie, préfacée par Justine Triet, réalisatrice et scénariste, sa grande amie. Il y compile ses œuvres réalisées depuis une vingtaine d’années.
Lui qui voulait faire des peintures « simples, très premier degré », nous reçoit chez lui, dans un immeuble ouvrier situé au cœur des puces de Saint-Ouen. Un lieu « pas très confortable, entre la bâche plastique et la lumière de parking ». Au mur de la cuisine ouverte, un grand poster d’un tableau de Titien, « Bacchus et Ariane », son œuvre préférée, où « tout a l’air harmonieux, sain » mais qui cache une certaine violence.
Dans cet épisode, Thomas Lévy-Lasne nous raconte sa conscience de la catastrophe à venir et ce que cela soulève chez lui, en tant que peintre. Il revient sur son enfance « privilégiée », son entrée aux Beaux-Arts de Paris à 17 ans, « les doigts dans le nez », évoque son insensibilité à l’art moderne. Il mêle anecdotes biographiques – lorsqu’il « baladait » Clément Rosset, philosophe du rapport au réel, dans des bars malfamés – et piques adressées au monde de l’art, qu’il décrit comme classiste, violent et sexiste.Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Thu, 05 Jun 2025 - 55min - 179 - #156 Claire Marin, philosophe : « Il manque à nos sociétés quelque chose qui nous permette d’accepter la fin d’une relation qui soit de l’ordre du rituel »
Claire Marin s’intéresse aux épreuves de la vie : une rupture, un deuil, une maladie, ou encore la sensation tout à coup de ne plus être à sa place. Elle a signé aux éditions de L’Observatoire Rupture(s) en 2019, devenu un best-seller, Etre à sa place en 2022, puis Les Débuts, édité en 2023 aux éditions Autrement : trois livres qui forment une trilogie des identités mouvantes, sans cesse recomposées. A partir de juin, « In Silentio », une exposition au Lieu unique, à Nantes, entremêlera ses textes aux sculptures tricotissées de Jeanne Vicerial, « un monologue sur ce que c’est que d’être touché par une œuvre ».
Elle nous reçoit chez elle, dans le 14e arrondissement de Paris, pas loin de la place Denfert-Rochereau. Au fond d’une cour, au dernier étage, son appartement est lumineux, mais pas suffisamment pour son « côté héliotrope ». Dans sa bibliothèque où, « à peu de choses près [elle s’]y retrouve », se mêlent livres de philosophie, littérature, psychanalyse, art…
Cette semaine, dans Le Goût de M, Claire Marin évoque son grand-père agriculteur qui collectionnait en secret des livres de philosophie, cachés dans de vieux placards de cuisine. De sa voix légèrement fêlée, elle liste les auteurs qui nourrissent son prochain ouvrage – Anni Albers, Henri Focillon, Sergio del Molino… –, ceux qui l’ont vue grandir – Maupassant, Steinbeck –, les philosophes qui l’ont marquée, et prolonge sa réflexion sur les ruptures, la peur d’être remplacé et la place de la femme dans le monde universitaire.
Cet épisode a été publié le 30 mai 2025.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard, enregistré par Malo Williams.
Réalisation : Benoît Thuault
Musique : Gotan ProjectHébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Thu, 29 May 2025 - 1h 01min - 178 - #155 Michel Gaubert, illustrateur sonore : « La musique est une espèce de mémoire collective, elle est parfois plus facile à saisir que des collections de vêtements »
De ses débuts comme acheteur pour Champs Disques, disquaire culte de l’avenue des Champs-Elysées dans les années 1970-1980, à la dernière fashion week parisienne, où il a créé les bandes-son pour les collections de pas moins de six marques, Michel Gaubert s’est imposé comme l’un des illustrateurs sonores les plus célèbres de la planète. Cet expert du son a mis en musique plus de 1 800 défilés Chanel, aux côtés de son ami Karl Lagerfeld, et collaboré avec de nombreuses grandes maisons. Il retrace cette odyssée musicale dans une autobiographie, « Remixed » (Fayard, 22,90 €), qui vient de sortir.
Il nous reçoit chez lui, dans son appartement-studio du 16e arrondissement de Paris, avec vue sur la rue, où se côtoient une œuvre du plasticien Cyprien Gaillard, un fauteuil d’Harry Bertoia, « trop confortable » avec son ottoman, et une photographie de Willy Vanderperre pour Margiela. L’illustrateur sonore nous fait découvrir sa bibliothèque et son « bureau secret » : sa « caverne d’Ali Baba », où s’empilent CD et vêtements, où il écoute de la musique et commence les montages.
Dans cet épisode du « Goût de M », Michel Gaubert raconte ses nuits à mixer derrière les platines du Palace, club mythique des nuits parisiennes des années 1980, son admiration pour David Bowie et son personnage de Ziggy Stardust, ou encore cette drôle de nuit de 1990, où Karl Lagerfeld l’appelle et lui demande de changer la musique pour le défilé du lendemain alors qu’il a « un somnifère dans les gencives ». Au cœur d’un monde où musique et mode sont intrinsèquement liées, les souvenirs de Michel Gaubert voient défiler les grands de ces deux univers.
Cet épisode a été publié le 23 mai 2025.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard
Réalisation : Anaïs Reinhardt
Musique : Gotan ProjectHébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Thu, 22 May 2025 - 56min - 177 - #154 Théo Pourriat et Bertrand Grébaut, créateurs de Septime : « On voulait faire un lieu qui va rassembler nos copains et qui va nous ressembler, un restaurant où on a envie d’aller, tout simplement »
Cette semaine, « Le Goût de M » raconte le goût d’un lieu. Et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Septime, l’un des meilleurs restaurants au monde : le 11e en 2024, selon le classement 50 Best. Septime, c’est un bistrot à la cuisine d’auteur, auréolé d’une étoile au Guide Michelin. Situé dans le 11e arrondissement de Paris, il est devenu, depuis son ouverture en avril 2011, une des tables les plus convoitées de la capitale.
Septime, dont le nom fait référence au patronyme de Louis de Funès dans le film « Le Grand Restaurant », a été pensé et créé par deux amis : Bertrand Grébaut, le chef, ancien graphiste passé entre autres par L’Arpège d’Alain Passard après avoir fait l’école Ferrandi, et Théo Pourriat, qui s’occupe de tout ce qui ne se mange pas. Tous deux avaient le désir de monter un lieu à l’atmosphère bistrot, loin des nappes blanches, de la moquette épaisse et des carafes en cristal. Un restaurant dans l’esprit du Chateaubriant d’Iñaki Aizpitarte, chez qui ils allaient régulièrement dîner.
Ils nous reçoivent à l’intérieur de leur restaurant lumineux, au style industriel, autrefois lieu de réparation pour machines à écrire et magasin de luminaires. Dans ce lieu intime et chaleureux, avec cuisine ouverte, ils reviennent sur les difficultés qu’ils ont rencontrées au début de leur aventure : la pression liée au succès du restaurant comme les hésitations avant de trouver un style unique dans les assiettes, une cuisine fraîche, incisive, épicurienne et engagée.
Cet épisode a été publié le 2 mai 2025.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
Musique : Gotan ProjectHébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Thu, 01 May 2025 - 56min - 176 - #153 Roman Frayssinet : « C’est un objet trop mystique, une blague. C’est bizarre, c’est une suite de mots dans un timing, un ordre précis qui déclenche un réflexe très positif »
On le découvre tout d’abord sur Canal+, chez l’animateur Mouloud Achour en 2018. Chaque dimanche, Roman Frayssinet enflamme les dernières minutes de « Clique » avec sa chronique. Sur scène, son talent se confirme, il pousse encore d’un cran ses élucubrations métaphysiques. Roman cherche le sens de sa vie avec son son seul-en-scène « Ô dedans », où le ton se fait plus poétique, un poil absurde à la Devos. Il est aujourd’hui de retour avec la suite « Ô delà », qu’il commence à roder et avec lequel il se rend en tournée en France à partir du mois de septembre et à l’Olympia, à Paris, pour dix-huit dates à la fin de l’année.
Le jeune homme de 30 ans nous accueille dans une petite rue commerçante typique de Montorgueil, à Paris, dans son espace de travail, « un atelier de sieste et d’écriture », traversé par d’étranges colonnes : « Il n’y a rien qui est droit ici, c’est biscornu, étrange, donc c’est un bon endroit pour être créatif », confie l’humoriste, désignant aussi un tapis sur lequel il fait « des allers-retours en marchant et en parlant tout seul ». Il ajoute : « Le vendeur du tapis était extrêmement désagréable. Et c’est là que j’ai compris qu’il avait de la qualité. Parce que pour être aussi désagréable et avoir encore sa boutique, c’est que tu as de bons produits. »
Roman Frayssinet a grandi à Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, au côté de son père touche-à-tout, de sa mère fonctionnaire et de son grand frère. Les deux premiers manifestaient une curiosité et une ouverture sur le monde, et le troisième était « tellement marrant » : « Le rire avait une place très importante dans la famille. » Après son bac scientifique, il s’envole pour le Canada, à Montréal, où vit une de ses tantes, directrice de casting, la seule personne dans son entourage proche du milieu artistique. Il commence à travailler bénévolement comme assistant de production pour le festival Juste pour rire. C’est la révélation. Il s’inscrit à l’Ecole nationale de l’humour. Dans cet épisode du « Goût de M », il évoque son admiration pour Zinédine Zidane et Gad Elmaleh, ainsi que ses obsessions passées ou du moment : les chiffres, les vidéos de gens qui réparent les voitures, les guitares, les meubles et les léopards.
Cet épisode a été publié le 25 avril 2025.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 24 Apr 2025 - 53min - 175 - #152 Jeanne Cherhal, chanteuse : « J’ai l’impression que la musique qu’on aime adolescent, ça fait notre identité, c’est pour la vie »
Dans les hauts de Belleville, à Paris, dans un immeuble des années 1960, Jeanne Cherhal habite un appartement « sans moulures ni fioritures ». Dans son « cocon en étage élevé », la chanteuse nous accueille parmi ses « objets bienveillants ». Dans la cuisine, une affiche du film « Jules et Jim », avec l’actrice Jeanne Moreau qu’elle adule, et une autre de David Bowie, Ziggy Stardust étant un de ses albums de chevet. Dans une autre pièce, elle s’amuse d’une tasse blanche qu’elle a volée dans un hôtel de Bretagne et qui lui rappelle un bon concert qu’elle avait fait la veille. Au milieu de valises éparpillées en vue d’un prochain voyage, Jeanne Cherhal raconte la formation de son goût.
Elle a grandi près de Nantes avec ses deux sœurs, son père plombier, « attentif à ne pas gaspiller l’eau », et une mère institutrice, « passionnée de théâtre, de cinéma et de littérature ». Dans l’enfance, Jeanne Cherhal pratiquait la danse classique, mais c’est finalement la musique qui l’a emporté. Elle apprend le piano en autodidacte, en reprenant note à note l’album « Sheller en solitaire », sorti en 1991. Parmi les figures qui ont marqué son adolescence, elle désigne aussi Alain Souchon, Patricia Kaas, Kurt Cobain, Véronique Sanson…
C’est après avoir assisté à la prestation émouvante d’un chanteur de bar avec accordéon qu’elle se décide à écrire elle-même ses propres chansons sur un petit clavier électronique, alors qu’elle étudiait la philosophie à l’université. Jeanne Cherhal évoque aussi son septième album, « Jeanne », qu’elle a écrit et réalisé avec son complice Benjamin Biolay. Après avoir percé dans la chanson française au début des années 2000, l’artiste de 47 ans continue, au piano, d’aborder des thèmes comme la vie, la féminité, le temps qui passe, l’époque post-MeToo, les rapports homme-femme, le couple et le désir.
Cet épisode a été publié le 18 avril 2025.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 17 Apr 2025 - 50min - 174 - #151 Iñaki Aizpitarte, chef : « Au Chateaubriand, j’étais encore jeune en cuisine, du coup il y avait forcément des ratés, mais on osait faire des choses, on s’amusait »
C’est l’un des chefs les plus influents de ces vingt dernières années. Iñaki Aizpitarte a chamboulé le monde de la gastronomie avec un restaurant, Le Chateaubriand, qu’il ouvre en 2006, à Paris. A table, c’est un festival, avec des petites assiettes, iconoclastes et irrévérencieuses, déroutantes et délicieuses. L’établissement, auquel un beau livre rend hommage (« Le Château », de François Chevalier et Stéphane Peaucelle-Laurens, Entorse Editions, 440 p., 55 €.), marque le début de ce qu’on appellera la bistronomie, une cuisine d’auteur ambitieuse mais accessible, loin des moquettes épaisses des restaurants étoilés.
Loin de la capitale, Iñaki Aizpitarte nous reçoit à Saint-Jean-de-Luz, dans les Pyrénées-Atlantiques, où il a repris Petit Grill basque il y a près d’un an. Le chef autodidacte raconte son parcours hors des sentiers battus. Fils d’une mère professeur d’espagnol et d’un père ingénieur thermicien mort prématurément, il se rappelle, adolescent, de sa passion pour le skate, des concerts de reggae, de punk hardcore. Il n’obtient pas son bac, se cherche, galère… Il devient brièvement tailleur de pierre chez Les Compagnons du devoir. « J’ai été pris un peu en main par ma famille parce qu’ils me voyaient dériver, glisser… », confie-t-il.
Son premier contact avec la restauration a lieu en 1999, à Tel-Aviv, lorsqu’il est embauché comme aide cuisinier. Puis, au cours d’un voyage en Amérique centrale, il s’intéresse à la gastronomie des pays, prend des notes. Son aventure culinaire commence alors.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
Musique : Gotan Project
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 10 Apr 2025 - 53min - 173 - #150 Camille Chamoux, actrice : « Moi, je pense que j’ai pécho essentiellement parce que je suis drôle »
L’actrice, scénariste et metteuse en scène est à l’affiche de la série « Ghosts : Fantômes en héritage », disponible sur Disney + le 9 avril, et sur scène avec « Ça va ça va ». Camille Chamoux nous accueille dans son appartement du 11e arrondissement, à Paris, qu’elle décrit comme « un studio d’enregistrement de musique californien des années 1970 ». Car il y a plein de bois partout, deux guitares, un mange-disque et un piano sur lequel elle joue quelques notes. Et même si elle fredonne « On écrit sur les murs », de Kids United, la Prix Molière 2022 de l’humour (pour « Le Temps de vivre ») s’est moins illustrée dans la chanson que sur les écrans et sur scène. Son goût pour l’interprétation remonte d’ailleurs à son enfance, où elle jouait des textes de Sylvie Joly, Pierre Desproges et Raymond Devos, devant un public constitué de ses deux grands-mères.
Fille d’un père expert dans le secteur de la communication et d’une mère juriste, Camille Chamoux a grandi à Paris, dans une famille de droite, libérale, « où il y a toujours eu de l’espace pour le dialogue ». Un dialogue qui s’est intensifié de ses 8 à 15 ans, jusqu’au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, où les instructeurs jésuites ont dû s’armer de patience pour lui démontrer l’existence d’un Dieu en lequel elle ne croyait pas. A cette époque, elle lit « tout Roald Dahl » et s’entiche des personnages de « La Comédie humaine » et des « Misérables ».
Après des classes en cours préparatoires pour passer le concours de l’Ecole normale supérieure, elle s’oriente vers le théâtre et s’extasie devant les films de Patrice Chéreau et de John Cassavetes. Dans cet épisode du « Goût de M », Camille Chamoux évoque aussi son rapport à la psychanalyse, qui « a décuplé [ses] ressources et [ses] capacités d’invention », sa recherche de l’empathie et son absence d’« obsession du matériel », même si elle adore l’architecture et aime prendre soin de l’aménagement de son intérieur.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 03 Apr 2025 - 54min - 172 - #149 Jeanne Friot, créatrice : « Dans la mode, le fait d’avoir un parti pris politique, ça veut dire qu’on va se couper de certains acheteurs, d’une certaine économie »
Porteuse d’une mode inclusive et écoresponsable, Jeanne Friot a été révélée au monde entier à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, en juillet 2024. Pendant plus d’un an, elle a imaginé et réalisé l’armure, avec l’artisan Robert Mercier, de la cavalière en argent qui traverse la Seine, semblant presque voler sur son cheval métallique. Une des scènes les plus marquantes de la cérémonie d’ouverture.
La créatrice, qui a fondé sa propre marque il y a cinq ans, nous donne rendez-vous à La Caserne, une ancienne caserne de pompiers reconvertie en incubateur de mode responsable, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris, où sont installés ses bureaux et atelier. Jeanne Friot parle de son enfance, dans une famille « non patriarcale », entre une mère directrice artistique dans la musique et un père artiste-peintre. Mais c’est sa grand-mère paternelle qui l’élève, qui lui apprend « à faire la cuisine, à manger, à se mettre à table ».
C’est grâce à elle aussi qu’elle découvre sa vocation : « Je ne comprenais pas pourquoi je voulais le faire, mais c’était une évidence pour moi et j’ai travaillé toute mon adolescence pour pouvoir rentrer dans les bonnes écoles de mode. » Elle étudie à Duperré puis à l’Institut français de la mode, où elle rencontre son mentor, le Néerlandais Josephus Thimister, ancien directeur artistique de Balenciaga, mort en 2019. « Quelqu’un qui m’a montré comment on déconstruit et on reconstruit un vêtement. »
Elle revient sur sa découverte des autrices lesbiennes, vers l’âge de 17 ans, qui a agi « comme un boulet de canon ». « Je me suis dit : “Mais si elles ont cette place dans la littérature, ça veut dire qu’elles peuvent avoir une place dans d’autres industries et dans d’autres arts. Et moi, je peux peut-être faire la mode dont j’ai envie.” »
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 27 Mar 2025 - 48min - 171 - #148 Blandine Rinkel, écrivaine : « Dans “La Faille”, c’est la première fois que j’emploie un “je” qui est vraiment le mien »
L’autrice et musicienne trentenaire vient de sortir « La Faille », aux éditions Stock, son quatrième livre, « qui s’intéresse aux vies instables, aux vies qui vacillent ou qui vont vaciller, ou aux vies qui composent avec la crise », glisse-t-elle dans cet épisode du « Goût de M ». Fille unique, originaire de Rezé, commune voisine de Nantes, Blandine Rinkel nous reçoit dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, dans son petit appartement avec un piano et une bibliothèque contenant « beaucoup de livres qui parlent de livres ». Mais pour écrire, elle préfère à la capitale les bords des mers.
C’est d’ailleurs dans les vagues de l’océan Atlantique qu’elle a appris à nager avec son père, ancien militaire. Sa mère, professeure d’anglais au collège, issue d’une famille paysanne, l’a encouragée à lire. Elle évoque longuement son rapport très fort et intime à la lecture (« Comme je n’avais pas une grande famille, ça m’a donné envie d’en trouver une ailleurs »), qu’elle pratique assidûment depuis l’enfance, se souvenant notamment de « Quatre Filles et un jean », un roman à succès pour jeunes adultes publié par Ann Brashares en 2001.
A 18 ans, après le bac, elle part vivre à Paris, où elle essaie de s’insérer culturellement et « gobe des pages Wikipedia toutes les nuits à n’en plus finir ». Puis elle s’installe quelque temps à Londres. Dans cet épisode, elle raconte son admiration pour l’écrivain Henry Miller, son plaisir à faire des ateliers en prison, l’affiche évoquant la Révolution française devant laquelle elle aimait se réveiller.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 06 Mar 2025 - 51min - 170 - #147 India Mahdavi, designer : « A cause des réseaux sociaux, tout se copie beaucoup plus. C’est difficile de trouver des univers très particuliers »
India Mahdavi dessine des endroits dans lesquels on se sent bien, plein de rondeurs, de couleurs, de sensualité, de chemins de traverse aussi. A l’image de son Bishop, ce tabouret inspiré par la pièce du fou au jeu d’échecs, qui est devenu une de ses signatures. Cette architecte d’intérieur et designer est parmi les plus reconnues de notre époque. Elle a notamment créé les décors de l’Hôtel Townhouse à Miami et de The Gallery at Sketch à Londres et les espaces de boutiques Ladurée.
Parmi ses réalisations récentes, la rénovation des chambres de la Villa Médicis, à Rome, ou encore les intérieurs du Musée PoMo, qui, à Trondheim, en Norvège, vient d’ouvrir ses portes. Au sujet de cet ancien bureau de poste, elle explique : « J’ai beaucoup travaillé sur des fragments du bâtiment qui sont des lieux interstitiels, comme une salle de lecture où on a voulu renouer avec la tradition de l’ornementation folklorique norvégienne. »
Elle accueille « Le Goût de M » rue Lacaze, dans le 7e arrondissement à Paris, où elle a recréé tout un écosystème : un studio de création, une boutique, un showroom et deux espaces d’exposition. Celle qui est née en Iran a connu plusieurs domiciles dans son enfance, aux Etats-Unis, en Allemagne, mais aussi en France. A Saint-Paul-de-Vence, elle goûte à la pédagogie libre de l’école Freinet et s’émerveille de l’architecture contemporaine de la Fondation Maeght. En allant au cinéma, elle découvre des réalisateurs comme Stanley Kubrick, Federico Fellini, Luchino Visconti, pour qui les décors sont des personnages à part entière. Elle confie aussi son admiration pour le chef décorateur britannique Ken Adam, qui a œuvré sur de nombreux James Bond.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 27 Feb 2025 - 46min - 169 - #146 Vanessa Springora, autrice : « Mon père est mort quelques jours après la parution du “Consentement”, et j’ai pensé que c’était le livre qui l’avait tué »
En 2020, l’écrivaine et éditrice Vanessa Springora signe « Le Consentement », un livre d’une grande puissance où elle raconte la relation abusive et la prédation qu’elle avait subies adolescente avec l’auteur Gabriel Matzneff. Pendant qu’elle assure la promotion de son livre, elle apprend subitement la mort de son père, avec lequel elle n’avait plus de relation depuis son enfance. En triant des objets lui appartenant, elle découvre des photographies de son grand-père avec des insignes nazis. C’est le début d’une enquête qu’elle va mener sur ses origines. Et qui aboutira, cinq ans plus tard, à son deuxième roman, « Patronyme ».
Vanessa Springora nous accueille chez elle, une ancienne confiserie transformée en habitation, à Belleville, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. Elle raconte sa scolarité, avec une institutrice pittoresque et ses découvertes de « livres-témoignage » « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée et prostituée », « L’Herbe bleue » de Beatrice Sparks, « Le Pavillon des enfants fous » de Valérie Valère.
Ayant vécu à Mexico, l’autrice donne ses impressions de ce pays d’Amérique du Nord où elle a ressenti un fort tremblement de terre et d’où elle a ramené un objet fétiche : un autel portatif… Elle s’amuse aussi du point commun entre son mémoire de maîtrise sur la notion de trouble dans les romans de Georges Bataille et le nom de la collection qu’elle dirige actuellement chez l’éditeur Julliard : Fauteuse de trouble.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 20 Feb 2025 - 51min - 168 - #145 Michel Pastoureau, historien : « C’est une erreur de vivre dans des couleurs tapageuses quand on les aime. Ça finit par vous en dégoûter »
« Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. » Cet épisode du « Goût de M » démontre tout le contraire en compagnie de l’érudit et jovial Michel Pastoureau. L’historien médiéviste de 77 ans, qui a publié « Rose. Histoire d’une couleur au Seuil » en 2024, a exploré durant sa carrière toute une palette du spectre visible. L’homme, dont la couleur préférée est le vert, nous reçoit parmi ses 35 000 livres, dans son appartement qui surplombe un court de tennis de Roland-Garros aux portes de Paris.
Né d’une mère pharmacienne, férue de botanique, et d’un père proche des surréalistes, Michel Pastoureau se rappelle des visites d’André Breton, un homme qui lui faisait un peu peur, mais qui lui a appris à dessiner. Dans l’immeuble qu’il habitait avec ses parents sur la butte Montmartre, il avait aussi pour voisins les écrivains Raymond Queneau et Léopold Sédar Senghor.
Dans cet épisode, il confie sa passion pour les échecs, le sport ou le chocolat, son péché mignon. Il déclare son amour pour le tableau « La Ruelle » de Vermeer et pour le roman « La Méprise » de Vladimir Nabokov. Outre les couleurs, l’historien, que Jacques Le Goff et Georges Duby ont encouragé dans sa carrière, s’est aussi intéressé aux animaux et à leur symbolique. Durant son enfance, qu’il qualifie de « choyée et dorlotée », le petit garçon s’était d’ailleurs épris des cochons du fermier, voisin de la maison de campagne familiale en Basse-Normandie.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 13 Feb 2025 - 55min - 167 - #144 Anna Mouglalis, actrice : « J’ai grandi en ayant intériorisé une misogynie redoutable »
Elle est actuellement en tournée avec « Phèdre », mis en scène par Anne-Laure Liégeois, et au cinéma dans « La Mer au loin », de Saïd Hamich, qui retrace le parcours d’intégration d’un jeune immigré marocain. Anna Mouglalis nous reçoit à cette occasion dans son appartement parisien du 9e arrondissement. L’actrice, à la voix grave et singulière, raconte sa jeunesse à Nantes, où chaque mercredi, elle se rendait au cinéma.
Révélée au grand public dans « Merci pour le chocolat », de Claude Chabrol en 2000, Anna Mouglalis a incarné des destins de femmes qui ont marqué leur époque, de Coco Chanel à Juliette Gréco, en passant par Simone de Beauvoir. Elle a aussi été une figure de la série politique « Le Baron noir », pendant trois saisons, où elle devient présidente de la République.
Dans cet épisode du « Goût de M », elle se confie sur son amitié avec le couturier Karl Lagerfeld et son engagement pour les droits des femmes. En décembre 2024, elle a ainsi témoigné devant la commission d’enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel à l’Assemblée nationale.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 06 Feb 2025 - 54min - 166 - #143 Prune Nourry, artiste plasticienne : « Pour sculpter ces “Vénus”, je me suis inspirée des corps de ces femmes victimes de violence »
Jusqu’au 1ᵉʳ mars, à la galerie Templon, à Paris, l’artiste Prune Nourry expose son dernier projet, une série de Vénus en terre et bronze qui rejoindront en 2026 l’atrium de la nouvelle gare Saint-Denis Pleyel. Dans cet épisode du « Goût de M », elle revient sur la genèse de ces sculptures qui évoquent les représentations de la femme au paléolithique.
Mais ce sont de vrais modèles avec lesquels elle a travaillé : huit femmes victimes de violences, qui ont été prises en charge par la Maison des femmes de Saint-Denis, et qui ont accepté de poser pour elle dans leur intimité. « Je sculptais autant grâce à leur histoire, à leurs mots, à leur confiance que par rapport à leur corps », précise l’artiste qui vient d’avoir 40 ans et qui nous reçoit dans son atelier parisien du 12e arrondissement.
Si le thème de la femme imprègne son œuvre et son admiration pour les artistes féminines (Artemisia Gentileschi, Germaine Richier, Louise Bourgeois, Kiki Smith…), Prune Nourry manifeste aussi une curiosité pour le corps humain, l’hybridation, « cette possibilité d’une symbiose entre les espèces, cette idée de l’interdépendance », que lui avait révélée plus jeune les cours de biologie. Dès l’enfance, celle qui a vécu entourée de textiles – ses parents travaillaient dans le tissu – s’est passionnée pour les formes et la sensualité des matières. La terre et l’argile sont rapidement devenues ses matériaux de prédilection.
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 30 Jan 2025 - 44min - 165 - #142 : Arnaud Desplechin, réalisateur : « Nous les spectateurs, qui avons l’air de gens passifs, on change le monde »
Dans « Spectateurs ! », actuellement en salle, son long métrage hybride, entre l’essai, le documentaire et la fiction, Arnaud Desplechin revient sur la manière dont s’est forgé son intérêt pour le cinéma. Dans ce nouvel épisode du « Goût de M », le réalisateur français de 64 ans prolonge l’exercice lorsqu’il décrit son enfance passée à Roubaix. Dans leur « maison bourgeoise », que son père, représentant de commerce, remplissait de livres et d’objets chinés, il demandait à sa mère de lui raconter les films qu’ils allaient voir et aussi les critiques parues.
Aujourd’hui, le cinéaste qui se qualifie à la fois de « critique raté » et de « bon spectateur » se nourrit des discussions avec les autres pour se forger un avis sur une œuvre cinématographique. C’est une conversation sur « Miséricorde », d’Alain Guiraudie, qui lui a permis de mieux apprécier le film. Ses cinéastes fétiches français « n’ont rien à voir » avec son univers. Il s’agit Abdellatif Kechiche et Leos Carax.
Bon spectateur, Arnaud Desplechin est aussi un lecteur compulsif, comme en témoigne la bibliothèque de son appartement parisien, où les livres de psychanalyse et les lectures talmudiques d’Emmanuel Levinas, côtoient l’intégrale de Shakespeare traduite au XIXᵉ siècle par François-Victor Hugo. Il conserve d’ailleurs des souvenirs puissants de « La Tempête », mise en scène par Peter Brook, ou de « Hamlet », par Patrice Chéreau.
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Thu, 23 Jan 2025 - 45min - 164 - #141 Thomas Jolly, metteur en scène : « Plus il y a de maquillage, de costumes, de perruques, de lumières, de décors, plus je me sens protégé »
#141 Thomas Jolly, metteur en scène : « Plus il y a de maquillage, de costumes, de perruques, de lumières, de décors, plus je me sens protégé »
Thomas Jolly nous reçoit dans son appartement parisien du 16ᵉ arrondissement, un lieu qu’il a investi il y a deux ans, dans la précipitation, tandis qu’il préparait la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024. Les meubles ne lui appartiennent pas, mais le metteur en scène a personnalisé l’endroit en apportant des objets provenant de représentations qu’il a données au cours d’une carrière dans le théâtre déjà bien remplie à 42 ans. « Des petits totems », précise-t-il.
C’est quand il était au collège qu’il s’est aperçu que la scène pourrait devenir un espace où exprimer sa « singularité ». Ses parents, une infirmière et un imprimeur, ne lui avaient-ils pas tôt accordé leur confiance ? Aussi a-t-il profité de cette liberté pour explorer, quand il était enfant, les alentours de La-Rue-Saint-Pierre, village logé dans la campagne en Seine-Maritime. Un peu plus tard, adolescent et animateur dans une radio locale, le voilà qui s’exprime dans le micro, et apprend déjà à réunir des inconnus autour de ses passions.
De Shakespeare à Kesha, de Hervé Guibert à Super Mario, de Kate Winslet aux Spice Girls, ses goûts ont pour vocation de rassembler les gens, sans « mépris de classe ». Mais sans vouloir être pour autant être consensuel. Thomas Jolly glisse dans la conversation « Je suis ce que je suis », en écho au « I am what I am » que chantait triomphalement Gloria Gaynor. Instinctif, frondeur et chaleureux, il résume ses goûts : « Faut que ce soit brillant, dans les deux sens du terme. »
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Fri, 17 Jan 2025 - 56min - 163 - #140 : Souheila Yacoub, actrice : « On m'a plusieurs fois demandé si je ne pouvais pas être un peu plus arabe »
L'actrice, âgée de 32 ans, nous reçoit chez elle, dans le 11e arrondissement, à Paris, à l'occasion de la sortie des films « Les Femmes au balcon » et « Planète B ».
Souheila Yacoub évoque son enfance dans la banlieue de Genève, en Suisse, auprès d'une mère belge infirmière de nuit. Ses parents étant séparés, elle voit peu son père tunisien. Très vite, elle est happée par la gymnastique qu'elle pratique à un très haut niveau sans y trouver de plaisir, frustrée par les heures d'entraînement et le contrôle de son alimentation. Ne se qualifiant pas pour les JO de Londres, en 2012, elle arrête tout. Elue l'année suivante Miss Suisse romande, elle se rend après à Paris pour suivre des cours de théâtre. Elle travaille avec le metteur en scène Wajdi Mouawad et les réalisateurs Gaspar Noé, Rebecca Zlotowski ou Philippe Garrel, mais fait le constat d'être beaucoup renvoyée lors des castings à ses origines tunisiennes. Souheila Yacoub raconte ses deux nouveaux films à l'affiche et ce qui l'a attirée dans chaque projet.
Elle revient, enfin, sur sa passion pour les jeux de rôle : « On fait beaucoup d’enquêtes avec des amis. On reçoit un dossier et là, il y a la feuille du médecin, des procès-verbaux, une histoire, des photos, des fois on a des blogs. Et ensuite, il faut retrouver le meurtrier ou la meurtrière. Ça dure au moins quatre heures. On commande des pizzas et des bières. On se pose, on réfléchit. On est en groupe, on rigole. C’est fou, mais c’est génial. »
Le Goût de M marque une pause hivernale, prochain épisode : le 17 janvier.
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Thu, 12 Dec 2024 - 45min - 162 - #139 Maylis de Kerangal : « Il y a des livres qui sont comme des palais, on est étonnés que le langage puisse produire ça »
L'autrice, âgée de 57 ans, nous reçoit dans la chambre de bonne dans le Marais, à Paris, où elle écrit ses livres, à l'occasion de la publication ces derniers mois de son roman, « Jour de Ressac ».
Maylis de Kerangal évoque son enfance dans les immeubles Perret, au Havre, auprès d'un père navigateur et d'une mère prof puis au foyer à s'occuper de ses cinq enfants. La télé occupe une place centrale, même si ses parents aiment organiser de nombreuses sorties en extérieur. Elle s'intéresse très vite à des livres empreints d'une certaine noirceur, des contes de fées à Emile Zola. Puis elle rejoint Paris pour ses études, se tournant vers les sciences humaines. Elle travaille à la confection de guides de voyage, doit s'arrêter pour des raisons de santé ét écrit son premier roman. L'écriture deviendra très vite alors le centre de sa vie. Maylis de Kerangal parle longuement de son travail littéraire, de son rapport au lieu, à la langue, aux sentiments et de son dernier livre « Jour de ressac ».
Elle revient, enfin, sur son rapport à la mode : « J’ai une passion pour des vêtements que je ne peux pas porter. J’aime beaucoup la haute couture, mais je n’ai pas forcément les moyens de m’en acheter. J’aime l’idée de l’exclusivité, de la perfection, aussi. L’idée d’un vêtement qui soit issu d’ateliers où les gestes et les matières relèvent d’un certain savoir-faire. J’admire énormément ça. »
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 05 Dec 2024 - 52min - 161 - #138 Clara Luciani, chanteuse : « J’ai eu très vite besoin d’un monde parallèle parce que j’étais moquée à l’école »
La chanteuse, âgée de 32 ans, nous reçoit chez elle, dans le 9e arrondissement à Paris, à l'occasion de la sortie de son troisième album, « Mon sang », et de ses grands débuts au cinéma dans la comédie musicale « Joli Joli ».
Clara Luciani évoque son enfance provençale auprès d'un père employé de banque et passionné de musique et d'une mère très dévouée aux autres. Elle raconte sa passion précoce pour l'univers de Michel Legrand et de Jacques Demy, Paul McCartney et ses « chansons de grand-mère » ou Chrissie Hynde des Pretenders qui la pousse à se mettre à la guitare électrique… Vers l'âge de 11 ans, elle commence à composer, puis, jeune adulte, tente de faire carrière à Paris et rencontre le succès avec « La Grenade ». Elle parle de son rapport à son travail, de l'importance de l'amitié, de ses emprunts inconscients et de ses débuts de comédienne. Clara Luciani dit aussi son admiration pour l'écrivaine Anaïs Nin ou le groupe de rock Fontaines DC.
Elle revient, enfin, sur celles dont elle apprécie particulièrement l'écriture : « “L’Amant”, de Marguerite Duras, ça a été une révolution. J’avais l’impression d’avoir accès à une sensualité que je ne connaissais pas, que je ne pouvais que fantasmer. Et puis elle a écrit comme personne et ça me bouleverse, ce rythme. J’aime les écritures très directes, comme une flèche dans le cœur. C’est pour ça que j’ai aimé Françoise Hardy et, plus tard, Annie Ernaux. »
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 28 Nov 2024 - 47min - 159 - #137 Malik Djoudi, chanteur : « J’ai écrit les paroles de la chanson de l’émission “Loft Story” en dix minutes, ça a été un carton total »
L'auteur-compositeur-interprète, âgé de 45 ans, nous reçoit chez lui dans le 18e arrondissement à Paris, à l'occasion de la sortie de son nouvel album « Vivant » et d'une tournée dans toute la France.
Malik Djoudi évoque son enfance à Béziers puis dans un manoir, à la campagne, à Lusignan, près de Poitiers, auprès d'une mère avocate d'origine algérienne et vietnamienne qui aimait la fête. Très vite, il s'intéresse à la musique. Il découvre « Thriller » de Michael Jackson, écoute du hip-hop, du rock anglo-saxon et de la chanson française. A 19 ans, il compose la chanson de l'émission « Loft Story » puis repart vivre chez ses parents et monte finalement le groupe Moon Palace. Après la mort de sa grand-mère, il part en voyage au Vietnam puis compose un premier album solo en français qui donne une nouvelle direction à sa carrière. Malik Djoudi confesse son admiration pour Etienne Daho, Philippe Zdar, James Blake, Salt, Sébastien Tellier ou Rick Rubin.
Il revient également sur son goût pour le cinéma : « Dans mon salon, j’ai deux petits tableaux de deux films que j’adore : “Metropolis” de Fritz Lang et “Les Guerriers de la nuit” de Walter Hill, dont j’ai été marqué par la sauvagerie. Quand je l’ai découvert, c’était une des premières fois que je voyais de la science-fiction. La musique est incroyable. J’adore le cinéma. Je vais souvent en salle voir des films seul le matin. »
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Thu, 21 Nov 2024 - 43min - 158 - #136 Kev Lambert, écrivaine : « Enfant, je me suis beaucoup senti comme un monstre, on m’a fait savoir que j’étais anormal »
L'écrivaine non-binaire canadienne, âgée de 32 ans, nous reçoit à Paris au cœur du cimetière de Montmartre, non loin de la tombe de Dalida, puis dans un appartement du 19e arrondissement, à l'occasion de la sortie de son nouveau roman « Les Sentiers de neige ».
Kev Lambert évoque son enfance à Chicoutimi au Québec auprès de parents séparés. Plus jeune, elle cherche à fuir la réalité dans laquelle elle vit en s'intéressant aux animaux, aux gnomes ou à « Harry Potter ». Elle se passionne pour les romans policiers, la fantasy et développe une fascination pour « Kill Bill » de Quentin Tarantino. La lecture de Virginie Despentes constitue un premier choc littéraire qui lui permet de se questionner sur le genre. Elle poursuit son exploration de la culture queer avec les livres de Jean Genet ou d'Hervé Guibert, puis se met à l'écriture. Elle aborde son travail sur « Querelle », « Que notre joie demeure » ou « Les Sentiers de neige ». Et son admiration pour Christine Angot ou Joyce Carol Oates.
Elle revient également sur son goût pour les jeux vidéo : « Ça m’a toujours fasciné. Aujourd’hui, j’y joue moins, mais j’ai une attirance pour la beauté des décors. Ça m’émeut, ces grands espaces déserts construits par des hommes et des femmes, cet artisanat-là. Dans certains jeux, tu marches sans savoir où tu vas, c’est complètement vide et tu as l’impression d’être la dernière personne sur Terre. »
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 14 Nov 2024 - 55min - 156 - #135 Sandrine Bonnaire : « Actrice, c’est un métier fragile. On ne sait pas pourquoi tout d’un coup vous n’êtes plus désirable. Ça tient à un fil »
La comédienne, âgée de 57 ans, à l'affiche de « L'Amante anglaise », au théâtre de l'Atelier à Paris, adapté de Marguerite Duras, nous reçoit chez elle, dans un logement entre l'appartement, la maison et l'atelier.
Sandrine Bonnaire évoque son enfance dans l'Allier, puis à Grigny, dans l'Essonne, auprès de dix frères et sœurs, dont Sabine, autiste, d'un père ouvrier ajusteur et d'une mère au foyer très fantasque. Enfant, elle s'initie au cinéma via la télévision, se passionne pour Claude François, le disco, puis le funk. Elle se remémore sa rencontre avec Pialat qui lui offre le rôle principal du film A nos amours et lance sa carrière de comédienne. De Gaël Morel à Marion Laine ou Caroline Bottaro, elle rend hommage aux jeunes cinéastes avec qui elle a travaillé au fil des années. Elle-même passe plusieurs fois avec joie derrière la caméra. Elle vante son goût du rangement, de la poésie, du sommeil, de la coriandre, de la mer et de la nuit.
Sandrine Bonnaire revient également sur ses derniers coups de cœur musicaux : « J'écoute beaucoup Clara Ysé que j'adore profondément parce que je trouve ses textes incroyables. Elle m'inspire beaucoup pour écrire. Et j'aime beaucoup Arthur Teboul pour les mêmes raisons. J'ai besoin que les textes soient forts quand c'est chanté en français. L'écriture est importante. »
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Thu, 07 Nov 2024 - 51min - 155 - #134 Hubert Blanc-Francard : « Faut que je sois en paix avec ma mémoire pour reprendre Cassius d’une nouvelle manière »
Le musicien et producteur, âgé de 56 ans, nous reçoit chez lui, dans un appartement à la décoration minimaliste au cœur du quartier de Montmartre, à Paris, à l'occasion de la sortie d'un best of de Cassius, un des fleurons de la French Touch.
Hubert Blanc-Francard évoque son enfance dans les Yvelines du côté de La Celle-Saint-Cloud et Marly-le-Roi auprès d'un père ingénieur du son et producteur à la carrière prestigieuse et d'une mère qui écoute aussi beaucoup de musique. A 12 ans, il s'amuse à faire de fausses émissions de radio avec son frère et se met à la batterie. Il commence sa carrière professionnelle comme assistant dans un studio et se passionne pour la musique électronique venue d'Angleterre. Il évoque ses premières expériences avec DJ Mehdi ou Philippe Zdar, avec qui il fonde Cassius. Une longue aventure qui s'est terminée en 2019 avec le décès de son comparse. Il parle de leur amitié, de leur musique, de deuil et de sa volonté de poursuivre l'aventure Cassius différemment aujourd'hui.
Il revient également sur ses goûts littéraires de Philip Roth à Céline : « J’avais des livres partout, ça rendait fou Philippe Zdar. Je dois lire six livres en même temps. J’adore tout ce qui est classique : XVIIIe, XIXe siècles. Là, je suis dans Proust, mais je vais lire dix pages par jour quand j’ai le temps. Je trouve ça complètement fabuleux. Je lis Montaigne aussi. Je suis pris de passion par ça. »
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Thu, 31 Oct 2024 - 52min - 154 - #133 François Civil : « Chez l’acteur, il y a la quête de l’erreur magique, ce moment de sérendipité où tu es au-dessus de ce qui est écrit »
Le comédien, âgé de 34 ans, nous reçoit au cinéma du Panthéon, au cœur du 5e arrondissement, à Paris, à l'occasion de la sortie en salle du film "L'Amour Ouf" de Gilles Lellouche.
François Civil évoque son enfance à Paris dans le 12e arrondissement auprès de parents professeurs de faculté, amoureux des livres, et d'une grande sœur qui lui fait découvrir Radiohead. Il aborde sa passion pour la photographie et, plus largement, son obsession pour tous les appareils qui capturent des moments. Il pratique la basse en autodidacte et, très jeune, s'essaie au théâtre où il « prend un pied monstre ». Il court les castings, décroche ses premiers rôles. François Civil se remémore le tournage du film "Elles” où il est subjugué par Juliette Binoche, qui joue sa mère, l'aventure "Five" avec Pierre Niney. Il dit son admiration pour le travail de Philip Seymour Hoffman, Paul Thomas Anderson, Al Pacino, Jacques Audiard ou Cédric Klapisch. A côté de son activité d'acteur, il continue de pratiquer l'escalade. Il a le goût des épices et de la nourriture asiatique et le dégoût de tous les fromages.
Il revient également sur sa fascination pour les activités manuelles : « J'aime bien voir les gens faire des choses de leurs mains. Et je trouve que le geste, la main, c'est un truc qui nous appartient à nous, les humains. Ça peut être bouleversant. Autant un mec qui étend des nouilles dans une devanture de resto japonais qu'un horloger qui va poser la petite vis dans une montre et ça c'est beau. »
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Thu, 24 Oct 2024 - 48min - 153 - #132 Charlotte Le Bon : « Jouer la jolie fille un peu joyeuse et raisonnable, c’est chiant »
La comédienne, réalisatrice et artiste-plasticienne, âgée de 38 ans, nous reçoit chez Idem, un atelier de lithographie situé à Paris dans le 14e arrondissement, à l'occasion de la sortie en salle du film « Niki », signé Céline Sallette, dans lequel elle incarne Niki de Saint Phalle.
Charlotte Le Bon évoque son enfance à Montréal, au Canada, auprès d'une mère et d'un beau-père comédiens. Elle évoque le décès de son père alors qu'elle avait 10 ans et sa passion précoce pour le dessin et le plongeon. Elle commence à la fin de l'adolescence une carrière de mannequin dont elle garde un souvenir assez sombre puis pendant une année joue les Miss Météo sur Canal +, une expérience libératrice qui la mènera ensuite à faire du cinéma. C'est aujourd'hui dans la réalisation qu'elle s'épanouit le plus, regrettant la passivité attendue souvent des comédiens. Charlotte Le Bon aborde également son travail de plasticienne, son attrait pour les aspérités et son admiration pour le travail de Stanley Donwood, Carl Gustav Jung, David Lynch, Claire Tabouret ou Christo et Jeanne-Claude.
Elle revient longuement sur son admiration pour le travail de Jane Campion : « J’ai découvert récemment ses deux premiers films, “Sweetie” et “Un ange à ma table”. Ce sont de grands films. C’est tellement risqué, tellement audacieux. Et puis il y a un truc qui est génial aussi avec Jane Campion, c’est qu’on ne s’ennuie jamais. Je sens vraiment ce désir chez elle. C’est tout sauf prétentieux. »
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Thu, 17 Oct 2024 - 46min - 152 - #131 Agnès Jaoui : « Très tôt, j’ai été angoissée par notre court passage sur Terre »
La comédienne et chanteuse âgée de 59 ans nous reçoit dans les locaux du « Monde », à l'occasion du Festival organisé en septembre par le quotidien, alors qu'elle est au cœur d'une triple actualité. Toujours à l'affiche du film de Sophie Fillières « Ma vie, ma gueule », Agnès Jaoui sort un nouvel album, « Attendre que le soleil revienne », et un livre autobiographique, « La Taille de nos seins ».
Elle évoque son enfance à Sarcelles puis à Paris autour d'un père passionné de musique et d'une mère amatrice de littérature, un couple de juifs tunisiens qui ont vécu un temps en Israël. Très jeune, Agnès Jaoui apprend à observer les autres, fréquente les expositions, baigne au milieu des livres et de la musique avant de prendre des cours de théâtre. Sa rencontre avec Jean-Pierre Bacri est alors déterminante. Elle développe ensuite son rapport au goût, son coup de foudre amical avec Sophie Fillières, la vulnérabilité qu'elle trouve dans la chanson ou son amour des romans de Leonardo Padura.
Agnès Jaoui revient longuement aussi sur ce qu'elle attend d'une œuvre d'art : « Ce qui me passionne c'est ce moment où tout à coup, on voit les choses différemment. Il y a des artistes qui vous font trouver de la beauté là où vous n'en voyiez pas avant. Le déterminisme socio-culturel et psychologique est tel que souvent on n'arrive pas à imaginer les choses d'un autre point de vue. L'amour permet ça, la rencontre, l'art évidemment. »
Depuis six saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Juliette Savard
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 10 Oct 2024 - 39min - 151 - #130 Hervé Le Tellier : « Il faut résister à la xénophobie, au narcissisme, au repli sur soi »
L'écrivain âgé de 67 ans, prix Goncourt en 2020 pour « L'Anomalie », nous reçoit chez lui dans le dix-huitième arrondissement à Paris, à l'occasion de la sortie de son nouveau roman « Le Nom sur le mur ».
Hervé Le Tellier évoque son enfance solitaire à Paris, dans un environnement dans lequel il ne se sent pas à sa place. Très jeune, il se réfugie dans les livres, notamment de science-fiction, avant d'intégrer successivement le Front homosexuel d'action révolutionnaire, le Parti communiste puis la Ligue communiste révolutionnaire. Il garde de ces années d'engagement le goût du débat, de la pensée et du collectif. Il se remémore sa carrière de journaliste puis son basculement vers la littérature nourri par son adhésion à l'Oulipo. Et développe son rapport au langage, aux formes et à la création. Il détaille la genèse de son nouveau livre centré autour des questions de résistances et de fraternité, deux thématiques qui résonnent fort avec l'actualité.
Il revient aussi longuement sur la nécessité de se confronter à des opinions différentes des siennes : « Être amoureux de quelqu'un qui a des goûts très différents des vôtres, c'est très intéressant. Ça crée du frottement. Ça crée de la joie parce qu'on se fout l'un de l'autre. On sort de sa bulle de confirmation. J'ai très peur d'être enfermé dans mes biais de conservation. J'ai peur de moins bien penser, de me tromper, tout le temps. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Johanna Seban
Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 20 Jun 2024 - 54min - 148 - #129 La peintre Claire Tabouret : « Etre artiste demande l'humilité d'accepter une imperfection permanente et l'ego suffisant pour la montrer aux autres »
L'artiste peintre âgée de 42 ans nous reçoit à la Manufacture de Sèvres avec qui elle collabore pour la première fois.
Claire Tabouret évoque son enfance dans la banlieue de Montpellier auprès de parents qui enseignaient la musique. Très jeune, elle assiste à des concerts et se rend dans des musées. Elle lit aussi beaucoup et va au cinéma. L'envie de peindre lui vient devant les toiles de Monet. Après un bac option arts plastiques, elle réalise quelques séries de toiles qui la font peu à peu connaître. Elle détaille ce parcours, le sens de sa recherche nourrie par son environnement ou ses lectures, le travail effectué pour la Manufacture de Sèvres.
Elle revient aussi sur sa propre collection de peinture : « J’ai quelques œuvres qui sont assez drôles, assez sexuelles. Par exemple, des toiles de Marlene Dumas qui peint la sexualité comme seulement une femme pourrait le faire. La représentation des hommes, je l’ai beaucoup vue. Dans ma collection, j’ai plutôt des femmes qui s’amusent avec le sexe. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 13 Jun 2024 - 48min - 147 - #128 Marion Mailaender : « En décoration, c’est comme en musique, on fait du sample, on prend des morceaux qu’on assemble pour créer quelque chose de nouveau »
Au bord de la mer, dans le quartier de la Vieille-Chapelle à Marseille, Marion Mailaender nous ouvre les portes de sa maison au jardin lumineux et à la salle de bain spacieuse – « [s]a pièce préférée ». Après vingt-trois ans à Paris, la designer et architecte d’intérieur a vendu tous ses meubles et quitté son appartement pour un retour aux sources.
Dans le 8e arrondissement de la cité phocéenne, elle a grandi dans une famille où « personne n’est artiste ». Son père comptable et sa mère dermatologue lui transmettent toutefois un goût pour le design et les objets. De son enfance, elle garde des souvenirs d’espaces qui l’entourent : l’architecture singulière de la Cité radieuse, les tomettes au sol de sa maison d’enfance, la salle de bain kitsch aux robinets vert pomme de sa tante…
Ado, sa passion pour le dessin, la peinture et la fabrication d’objets la mène en stage au Musée d’art contemporain de Marseille. Elle y découvre une exposition consacrée au mouvement Fluxus qui la marque « à tout jamais ». Encouragée par un professeur, elle réussit le concours de l’école Boulle à 18 ans et s’installe à Paris, un monde fantastique et cosmopolite où elle étudie auprès « d’esprits libres et créatifs ».
A l’origine du Tuba Club, restaurant de plage niché au-dessus des calanques marseillaises, et de l’ancienne boutique de chaussures parisienne d’Amélie Pichard, Marion Mailaender aménage également des logements de particuliers, un travail au cœur de l’intime où l’architecte observe comment vivent les gens.
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Johanna Seban
Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 23 May 2024 - 50min - 146 - #127 Rachida Brakni : « Je me suis dit qu’il est peut-être temps aussi pour nous, Français issus de l’immigration, de commencer à investir le champ littéraire »
Rachida Brakni, comédienne, metteuse en scène, ancienne pensionnaire de la Comédie Française et chanteuse (avec Gaëtan Roussel), vient d’ajouter une corde à ses arts en publiant son premier livre « Kaddour (Stock), un récit autobiographique en hommage à son père disparu en août 2020. Elle en parle en nous recevant à Paris, dans le 5ᵉ arrondissement, chez une amie, puisqu’elle habite depuis quelques années à Lisbonne.
Son amour des mots s’est d’abord manifesté par une passion précoce pour la littérature : les grands auteurs classiques français, puis ceux de théâtre. Aujourd’hui, elle cite parmi ses lectures marquantes « La Place », d’Annie Ernaux, « L’Etabli », de Robert Linhart, « Ma double vie », les mémoires de Sarah Bernhardt, et surtout « L’Art de perdre », d’Alice Zenitzer.
Assise à même le sol, près d’une table basse, Rachida Brakni raconte aussi son enfance dans une barre d’immeuble à Athis-Mons, en région parisienne, les repas familiaux du dimanche – avec semoule au lait chaud et kefta frites –, les vacances d’été en Algérie, et son souvenir de faire « tache » dans la cité avec un look et des goûts musicaux (The Smiths, The Cure, New Order…) empruntés outre-Manche.
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Thu, 16 May 2024 - 53min - 145 - #126 Adeline Grattard : « A Hong Kong, mais combien de fois j’ai comaté devant les stands de tofu »
Que ceux qui n’ont jamais entendu le son rauque d’un puissant wok prêtent l’oreille. Dans le restaurant Yam’Tcha qu’Adeline Grattard a fondé en 2009, la cheffe fait entendre ce prélude à une symphonie culinaire. Une partition qui se joue dans son établissement étoilé en 2010, entre influences asiatiques et européennes. Celle qui possède désormais trois adresses dans Paris confie dans cet épisode du « Goût de M » qu’elle est aussi en train de concocter la carte du Monaka, un nouveau restaurant à Beaune.
Il s’agit presque d’un retour aux sources puisqu’Adeline Grattard a vécu à proximité, à Barges, dans une maison sombre et chauffée par un feu dans la cheminée, avec sa sœur, sa mère infirmière de nuit, et son père cadre commercial. Elle se rappelle que ce dernier l’avait emmenée dîner au Pré-aux-Clercs, une institution dijonnaise où elle avait été éblouie par le cadre et les plats. Elle se souvient aussi des feuilletés au piment, du poulet boucané et de la sauce chien, dont elle se délectait en Guadeloupe, où sa famille passait l’hiver.
Adeline Grattard ne se destinait pourtant pas à la cuisine, mais à devenir professeur d’allemand. Après avoir découvert, lors d’un petit job à Mayence, une appétence pour la préparation des aliments, elle s’inscrit à l’école de gastronomie Ferrandi, à Paris. Commence alors une période d’apprentissage, marquée par sa formation à L’Astrance, auprès de Pascal Barbot. Un séjour de deux ans à HongKong lui donne le goût des saveurs chinoises. L’aventure Yam’Tcha peut débuter.
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Thu, 09 May 2024 - 48min - 144 - #125 Zaho de Sagazan : « En seulement trois minutes, une chanson peut raconter un milliard de choses »
Au premier étage d’une maison d’Alfortville, en banlieue parisienne, l’autrice-compositrice- interprète récompensée cette année par quatre Victoires de la musique, joue des notes au piano et fredonne. Entre deux dates de concert, Zaho de Sagazan, 24 ans, nous reçoit au siège de son label Disparate, au domicile de sa manager et complice. Avec elle, une valise dont elle veut bien dévoiler le contenu, tout comme elle se livre sur cette hypersensibilité qui l’a mené jusqu’à un succès fulgurant.
Originaire de Saint-Nazaire, dont elle goûte l’alliance de « la mer et du béton », la jeune artiste a baigné dans la culture en grandissant dans une « maison loufoque », entre ses sœurs, son père artiste et sa mère institutrice. Au moment de l’adolescence, elle traverse une phase difficile, se sent à fleur de peau. Fascinée par les prestations du musicien britannique Tom Odell, elle se met au piano pour apprendre à décompresser et gérer ses émotions.
Puis Zaho de Sagazan, découvre la chanson française à textes – Jacques Brel et Barbara – et la musique électronique, notamment à travers l’artiste Koudlam. Elle précise aimer Anne Clark, Soulwax, LCD Soundsystem, Daft Punk et Kraftwerk, groupe qui lui a donné « le plus beau concert de [sa] vie ». Une fois qu’elle a terminé d’écrire le morceau « La Symphonie des éclairs », elle sait qu’elle tient la pièce maîtresse de son album, la clé de la délivrance. Elle qui rêvait de travailler dans l’univers du soin – urgentiste ou chirurgienne – , fait une croix sur ses études de médecine. Devant son instrument, elle entre en hypnose et consulte ses boucles musicales.
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Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 02 May 2024 - 42min - 143 - #124 Karim Rissouli : « Mon objectif, c’est qu’on soit plus intelligent à la fin de l’émission qu’au début »
Parquet qui grince, moulures et cheminée. Karim Rissouli, présentateur de « C ce soir », « En société » et « En terres opposées » sur France 5, nous reçoit chez lui, un appartement dans le 9e arrondissement de Paris, qu’il qualifie de « bourgeois ». Presque gêné, comme lorsqu’il a reçu à dîner Nicolas Mathieu. Avec le prix Goncourt 2018 pour « Leurs enfants après eux », le journaliste de 42 ans, né d’un père marocain et d’une mère française, partage le sentiment d’être « transclasse ».
Karim Rissouli évoque son enfance à Brain-sur-l’Authion, en périphérie d’Angers, une zone périurbaine qui accueille les salariés à la recherche de logements moins chers. Ses parents travaillaient dans le secteur social, lui rêvait d’être « journaliste ou footballeur ». Une passion du ballon rond transmise par son père. Ses origines maghrébines lui valaient des vacances annuelles au Maroc qui l’ont fait apprécier la diva Fayrouz et le groupe Nass El Ghiwane. Booba et Damso sont venus après.
Désormais animateur, Karim Rissouli refuse de se plier au costard-cravate, il veut « parler de la société avec ceux qui la font, mélanger les registres de paroles et des invités ». Il raconte avec la même intensité son départ de Canal+ avec l’arrivée de Vincent Bolloré que sa nostalgie pour « Top Gun » dont il connaît les dialogues par cœur.
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 25 Apr 2024 - 52min - 142 - #123 Antoine Reinartz : « J'ai été marqué par les reportages sur des gens dont les rêves ont été balayés »
Le comédien âgé de 38 ans, césarisé en 2018 pour son interprétation dans « 120 battements par minute » et remarqué récemment dans « Anatomie d'une chute », nous reçoit au sein de l'école Duperré, à l'occasion de la première édition du festival Le Goût de M.
Antoine Reinartz évoque son enfance en Lorraine auprès de parents vétérinaires et de six frères et sœurs. Il pratique le judo, écoute Starmania, dévore Agatha Christie et consacre du temps aux jeux de société. Très jeune, il se passionne pour la connaissance et pour le cinéma après sa découverte du magazine « Studio ». A 10 ans, il rêve d'être acteur mais ses études le mène vers la comptabilité et la finance jusqu'au déclic des « Chansons d'amour » de Christophe Honoré. Il se forme au conservatoire des arts dramatiques et obtient un des rôles principaux de « 120 battements par minute » de Robin Campillo. Le cinéma de Pedro Almodovar ou d'Arnaud Desplechin le passionne. Il s'enthousiasme pour les conversations qui ont accompagné la sortie d'« Anatomie d'une chute » et l'intelligence de l'objet qu'a su créer Justine Triet. Et, lui qui déteste faire la cuisine, défend son goût du sucre.
Il revient aussi sur son amour pour Diane Keaton : « Elle est géniale dans “Le Parrain 2”. Après j'ai vu “Simples secrets” [1998], que personne ne connaît, avec Meryl Streep, Leonardo DiCaprio et Robert De Niro. Diane Keaton, elle y est bouleversante d’amour et de générosité. »
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Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 04 Apr 2024 - 50min - 141 - #122 Rebecca Manzoni : « Ecrire avec du son, c’est vraiment ce qui me passionne »
La journaliste et chroniqueuse âgée de 51 ans, qui anime depuis quelques mois « Le Masque et la plume » sur France Inter, nous reçoit chez elle à Saint-Ouen, à deux pas des puces.
Rebecca Manzoni évoque son enfance en Lorraine auprès d'un père proviseur et d'une mère institutrice. Elle s'intéresse très tôt à la musique et à la radio, qui façonnent sa sensibilité et fantasme d'aller vivre à Paris où elle part faire ses études. Elle étudie ensuite le journalisme à Bordeaux puis fait un stage à RTL avant de rejoindre France Inter. Elle se confie sur les différentes émissions qu'elle a animée jusqu'au « Masque et la plume ». Elle livre ses derniers coups de cœur culturels, fait le lien entre Michel Delpech et Annie Ernaux et proclame l'influence qu'a eu pour elle King Kong Theory de Virginie Despentes.
Elle revient aussi sur son goût pour l'écriture radiophonique et quelques créations qui l'ont marquée : « J’adore le podcast de Sophie Simonot construit à partir de ses messages de répondeur qui s’appelle “Vous êtes bien chez Sophie”. C’est fantastique de construire un objet à partir des messages qu’elle a conservés de ses proches, ses parents, ses grands-parents, ses amants, son fils, ses potes… Ça raconte une histoire, une génération. C’est le son dans toute sa splendeur. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 28 Mar 2024 - 47min - 140 - #121 Paolo Roversi : « Il y a beaucoup d’images qui ne servent à rien aujourd’hui, je trouve ça dangereux »
Le photographe âgé de 76 ans, dont le travail est exposé jusqu'au 14 juillet au Palais Galliera, à Paris, nous reçoit dans son studio au sein d'un immeuble moderne du 14e arrondissement, à deux pas de la porte d'Orléans.
Paolo Roversi évoque son enfance heureuse à Ravenne en Italie auprès d'un père médecin et d'une mère au foyer qui lui transmet le goût de la beauté. Très jeune, il s'intéresse au football puis à la poésie, de Pétrarque à Montale, se passionne pour Pasolini, Antonioni et les écrivains de la Beat Generation. Après avoir monté son studio, il se met à la photo de mode sous l'influence d'Helmut Newton ou Guy Bourdin. Il parle de son rapport poétique aux images et à la réalité et de l'importance d'avoir une émotion au moment du déclic. Et des artistes et modèles qui l'ont inspiré.
Il revient ainsi sur son enthousiasme pour Verdi, Johnny Cash, Rothko et récemment l'exposition Vermeer à Amsterdam : « C’était sublimissime ! Ses tableaux sont assez photographiques finalement, avec cette recherche de la lumière qui rentre par la fenêtre et ses poses, comme des petits instantanés. Les voir les uns après les autres comme cela, c’était incroyable. C’est comme s'il m’avait suggéré certaines photos. Je me suis dit : “Voilà pourquoi j'ai fait cette photo-là”. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 21 Mar 2024 - 44min - 139 - #120 Alain Chamfort : « L’idée c’est d’accompagner les choses plutôt que de s’y opposer, de se mettre à disposition de ce qui doit arriver »
Le chanteur âgé de 75 ans qui sort ce mois-ci son dernier album « L'Impermanence », nous reçoit chez lui, dans la campagne normande, non loin de Deauville.
Alain Chamfort évoque son enfance à Clichy puis à Enghien-les-Bains auprès d'un père travailleur autodidacte et d'une mère qui s'est beaucoup occupée de ses enfants. Il commence à jouer au piano dès 4 ans et s'intéresse aux mélodies et aux orchestrations plus qu'aux textes. Adolescent, il a un choc en écoutant « What I'd Say » de Ray Charles puis en découvrant James Brown. Il tourne avec Jacques Dutronc puis travaille aux côtés de Claude François et de Serge Gainsbourg avec qui il compose « Manureva ». Sa musique s'accorde progressivement avec ce qu'il est dans la vie. Jusqu'à son dernier album, « L'Impermanence », inspiré de la philosophie bouddhiste, et de la nécessité d'accompagner un monde toujours en mouvement.
Il revient aussi longuement sur son admiration pour Yves Saint Laurent : « C’est quelqu’un à qui je me suis intéressé en lui consacrant un disque. J’ai lu des biographies et j’ai constaté l’importance de ce qu’il a donné. Indépendamment d’avoir une vie romanesque et créative, il a eu un impact fort sur l’évolution des mentalités. Il a ouvert des portes pour la société. Et il avait du goût pour renouveler ses collections. »
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Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 14 Mar 2024 - 44min - 138 - #119 Nicolas Mathieu : « Je suis déjà tombé amoureux de personnes qui avaient des goûts qui m’humiliaient, c’est le problème des relations transclasses »
Le romancier, âgé de 45 ans, qui vient de sortir « Le Ciel Ouvert », une collection de textes initialement postés sur son compte Instagram, nous reçoit chez lui à Nancy.
Nicolas Mathieu évoque son enfance à Golbey dans les Vosges auprès d'un père électromécanicien passionné de sport et d'une mère comptable qui aimait la lecture, le temps privilégié des vacances d'été. Très jeune, il se passionne pour Sherlock Holmes et les films d'action des années 1980 ou James Bond. Adolescent, il lit Oscar Wilde, Sartre et Céline et s'identifie à la figure de l'écrivain. Pour ses études d'histoire de l'art, il gagne Paris et se plie aux codes de la capitale. Il aborde le changement de statut lié à son prix Goncourt et la légitimité accordée à sa parole, sa volonté de défendre des formes populaires. Il parle de sa mélancolie du temps qui passe et des moments de joie, de son admiration pour Giono, Colette, Miley Cyrus, Benjamin Biolay ou Juliette Armanet.
Il revient aussi longuement sur son amour de la série de cette « Les Soprano » : « C’est structurant dans ma vie. Je l'ai vue deux fois, y a 80 épisodes, ça prend du temps dans une vie. Il y a un premier niveau : la jouissance du genre. C’est une histoire de mafieux, un polar. Ça accroche tout le monde. Il y a du récit. Derrière ça, il y a la peinture d’une société et du fonctionnement familial. Les structures. Puis, il y a une troisième couche, la plus planquée et la plus grande : c’est une réflexion presque métaphysique sur notre condition. Et, ça, c’est vertigineux. »
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Thu, 07 Mar 2024 - 49min - 137 - #118 La créatrice de mode Marine Serre : « Je veux habiller la rue, pas faire des pièces de musée »
La créatrice de mode, âgée de 32 ans, qui présente sa nouvelle collection le 4 mars, nous reçoit dans son bureau dans un grand entrepôt du 19e arrondissement à Paris.
Marine Serre évoque son enfance entourée d'animaux dans un hameau en Corrèze auprès d'un père passionné de sport et d'une mère connectée à la nature. Très jeune, elle joue au tennis à un haut niveau. Vers 13 ans, elle part en internat faire des études d'arts appliqués puis bifurque vers la mode, elle qui depuis l'adolescence achète des pièces vintage. Pour sa première collection, elle plébiscite les tissus techniques de sport, des choses plus quotidiennes et anciennes, adoptant massivement la seconde main. Et séduit rapidement des stars comme Beyoncé ou A$ap Rocky. Elle développe longuement les contraintes techniques et économiques liées à sa pratique de l'upcycling.
Elle revient aussi sur ses goûts culturels : « Le film que j’ai dû voir le plus, c'est “Matrix” [1999]. Pour son côté à la fois philosophique et déconstruit. Il y a aussi toutes ces histoires de choix, de sens, d’oracles. C’est hyper futuriste et mystique. Quelque part, moi aussi je vadrouille entre ces deux mondes. »
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Thu, 29 Feb 2024 - 48min - 136 - #117 Le chef étoilé Pierre Gagnaire : « Enfant, j'avais les ailes coupées, je ne comprends pas comment j'ai pu m'en sortir »
Le chef, âgé de 73 ans, qui dirige aujourd'hui une vingtaine d'établissements, dont trois à Paris, nous reçoit chez lui dans le 16e arrondissement à Paris.
Pierre Gagnaire évoque une enfance contrariée à Apinac dans la Loire puis à Val-d'Isère auprès de parents restaurateurs. Très jeune, il s'intéresse au jazz et à la lecture. Il commence à travailler la cuisine sans aimer véritablement ce qu'il fait et reprend difficilement l'adresse de son père avant de se lancer seul. Il développe alors sa propre approche avec un souci du geste et la volonté de proposer une assiette généreuse et sincère. Et rencontre le succès. Il continue de se passionner pour de nouvelles saveurs et aborde la situation complexe des campagnes aujourd'hui, encourageant au dialogue entre des gens qui ne pensent pas pareil.
Il revient longuement sur son amour de la photo. « J’ai pris le parti de collectionner des œuvres qui tournent autour de la table. C’est un univers où il n’y a pas tant de choses que ça. Chez les photographes, j’aime Sarah Moon, William Klein, Robert Doisneau – que j’ai rencontré –, Marc Riboud. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 08 Feb 2024 - 44min - 135 - #116 Clara Ysé
La chanteuse âgée de 31 ans, nommée pour son titre « Douce » aux Victoires de la musique qui ont lieu le 9 février, nous reçoit chez elle à Paris, dans le 10e arrondissement, non loin du Canal Saint-Martin.
Clara Ysé évoque son enfance à Paris auprès d'un père peintre et de sa mère, la psychanalyste et écrivaine Anne Dufourmantelle. Elle se souvient des musiques qui ont bercé cette période, de Lhasa à Manu Chao en passant par Alain Souchon. Mais c'est par des cours de chant lyrique avec Yva Barthélémy qu'elle s'initie très jeune à la pratique. Extrêmement timide, elle apprend à s'exprimer par son art et s'ouvre aux autres à l'occasion de longs voyages en solitaire. Elle y développe un amour des musiques traditionnelles qui nourrit ses premiers titres puis son premier album « Oceano Nox ». Elle parle de son rapport complexe à la douceur, à la grâce et à la poésie, elle qui a déjà publié un roman « Mise à feu ».
Elle revient, enfin, sur son admiration pour la philosophe Cynthia Fleury, les auteurs Lola Lafon et Antoine Wauters, la chanteuse Barbara, les poétesses Marina Tsvetaïeva et Anna Akhmatova ou encore pour la peintre Frida Kahlo. « J’ai une photo d'elle chez moi. Elle fait partie des artistes qui m’ont pas mal inspirée. Déjà, j’adore ses œuvres, je les trouve magnifiques. Puis pour moi, c’est une figure très puissante de quelqu’un qui a eu un rapport très réel à une forme de résilience, même si je me méfie de ce mot. Elle a su réinventer un univers plus fort que celui qui a été détruit. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Johanna Seban
Réalisation : Emmanuel Baux
Musique : Gotan ProjectHébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Thu, 01 Feb 2024 - 42min - 134 - #115 Constance Guisset
La designeuse âgée de 47 ans nous reçoit dans son studio, au cœur de la Goutte-d'or à Paris, où elle travaille avec son équipe.
Constance Guisset évoque son enfance au sein d'une famille nombreuse en région parisienne auprès d'un père entrepreneur obsédé par le travail et d'une mère au foyer pleine de fantaisie intéressée par les questions d'éducation. Très jeune, elle se passionne pour le personnage de Fantômette et la question du regard. A 10 ans, elle part vivre dans un internat de filles où elle goûte à une forme de liberté et pratique beaucoup de sport. Pendant longtemps, elle rêve d'être chirurgienne mais s'oriente finalement vers l'Essec où elle fabrique notamment les décors de soirée. En parallèle de ses études de design ensuite, elle travaille secrètement avec les frères Bouroullec et dessine ses premiers objets. Elle se confie longuement sur son rapport à la création, à l'industrie, au mouvement, à la douceur, à l'imagination.
Elle revient, enfin, sur son amour de la littérature : « J’aime voyager quand je lis. Ces derniers temps, je suis prise dans des lectures islandaises. J’ai aussi adoré Paul Auster, Nancy Huston. J’ai lu Nastassja Martin, Vinciane Despret, le Médicis, le Goncourt. J’aspire tout ce qui arrive. On m’offre tout le temps des livres et je les mange. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Johanna Seban
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Thu, 25 Jan 2024 - 46min - 133 - #114 Agnès b.
La styliste âgée de 82 ans nous reçoit à La Fab, sa galerie du treizième arrondissement à Paris, où elle expose jusqu'en avril une partie de sa collection de photographies.
Agnès b. évoque son enfance à Versailles dans une belle maison proche du château puis dans un grand appartement auprès d'un père bâtonnier et d'une mère au foyer passionnés de culture. Elle-même s'intéresse très tôt à la musique puis au dessin. Mais agressée sexuellement par son oncle, elle garde un goût amer de ces premières années où elle a « été très peu protégée ». Elle se marie à 17 ans et travaille dans une galerie où elle commence à fréquenter le milieu artistique parisien puis devient styliste. Elle se confie sur sa conception de la mode depuis le lancement de sa marque à son nom et sur son envie de mettre en avant les artistes qu'elle aime comme Basquiat, Nan Goldin ou plus récemment Dennis Morris. Des personnalités auxquelles elle trouve une certaine hardiesse.
Elle revient longuement sur sa relation avec Quentin Tarantino : « Il a envoyé son habilleuse à ma boutique à Los Angeles pour “Reservoir Dogs” et ensuite il y a eu “Pulp Fiction”. Figurez-vous que j'ai vu il y a deux semaines “Django Unchained”. Ça m’a bouleversée, ça m’a obsédée. C’est un scénario magnifique qu’il a écrit. Il a vraiment fait des recherches sur l’esclavage et sur cette période. Leonardo DiCaprio joue génialement dans ce film. Ses images m’imprègnent. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Réalisation : Emmanuel Baux
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Thu, 18 Jan 2024 - 43min - 132 - #113 Nora Hamzawi
L’humoriste et actrice, âgée de 40 ans, nous reçoit chez elle, au cœur du onzième arrondissement à Paris, à l'occasion du lancement de son tout nouveau one woman show.
Nora Hamzawi évoque son enfance dans le seizième arrondissement, auprès d'une mère branchée férue d'art et d'une frère et d'une sœur dont elle se sent proche. Son père, Syrien, est décédé quand elle était très jeune. Très vite, elle est fascinée par les femmes, leurs dysfonctionnements, leur liberté et fantasme sa vie d'adulte. Elle se passionne pour la figure de l'extraterrestre, E.T. notamment, Britney Spears, la série « Beverly Hills » ou les vêtements moulants et plus tard Sophie Calle et « Seinfeld » qui lui ouvrent la possibilité de se raconter. Elle aborde sa manière d'aborder l'écriture et la scène, sa volonté de se confronter aux normes et aux injonctions. Côté cinéma, elle loue « Anatomie d'une chute » de Justine Triet, son « film préféré des dix dernières années », « Jeanne Dielman » de Chantal Ackerman et Olivier Assayas avec qui elle adore tourner. Nora Hamzawi, qui a pris très tôt des antidépresseurs, se confie également sur son attraction pour les médicaments.
Elle revient, enfin, longuement sur son amour de la bande dessinée : « J’ai une bibliothèque sur mesure chez moi pour les ranger. J’adore les mangas “Histoires de Kisaeng” ou “Chiisakobe”. J’aime beaucoup les livres de Pénélope Bagieu, de Taniguchi. Et ça, “Hyperbole”, d’Allie Brosh. Elle raconte ses névroses, son rapport à son chien, à la vie, la dépression. C’est génial. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Johanna Seban
Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 11 Jan 2024 - 41min - 131 - #112 Antoine de Caunes
L’animateur de l’émission « Faut voir ! », sur Canal+, et auteur de « Pixi, une douce addiction », âgé de 70 ans, nous reçoit dans son bureau dans le centre de Paris, au cœur d'un petit immeuble situé entre l'Opéra et les Tuileries.
Antoine de Caunes évoque son enfance parisienne auprès de deux personnalités de la télé française qui mènent une vie de saltimbanque. Il se remémore le bain culturel dans lequel il a grandi, lié au plaisir et au divertissement, sa découverte de Cyrano et des Beatles sur scène. Il aborde son admiration pour Laurel et Hardy, Johnny Cash, Frédéric Dard, Bruce Springsteen, Jean Rochefort, Nicolas Mathieu ou le dessinateur Riff Reb's ainsi que sa passion pour les Pixi, auxquels il a consacré un livre. Et s'épanche sur sa conception de son travail à la télévision.
Il revient longuement sur l'importance de Trouville dans sa vie. « C’est un lieu fondamental. J’ai commencé à y aller, je devais avoir 3 ans et j’y retournais tous les étés dans la même maison. La mer, la lumière de toute la baie de Seine… C’est un endroit assez unique. Chaque fois que j’y retourne j’ai le même genre d’émotions. Quand vous vous promenez en fin d’après-midi sur la plage à l’automne, le temps est aboli. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal) préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Johanna Seban
Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 14 Dec 2023 - 45min - 130 - #111 Sonia Devillers
L'intervieweuse de la matinale de France Inter et autrice âgée de 48 ans nous reçoit chez elle dans le 13e arrondissement de Paris.
Sonia Devillers évoque son enfance à Vincennes (Val-de-Marne) auprès de parents architectes et de grands-parents roumains du côté de sa mère et français du côté de son père de milieux sociaux très contrastés avec qui elle passe beaucoup de temps. Elle revient sur son rapport à la parole et à l'écrit, son amour des contes et de tout ce qui ouvre l'imaginaire, son attachement aux livres et sa passion pour le film “L'Histoire sans fin” de Wolfgang Petersen ou le roman “Dalva” de Jim Harrison. Après des études de philosophie, elle commence sa carrière au “Figaro” avant de basculer vers la radio où elle s'épanouit. Elle se confie sur l'art de l'interview, qu'elle voit comme une manière de raconter une histoire avec un début, un milieu et une fin.
Elle revient longuement sur sa passion pour la variété. « Adolescente, je passais des heures devant mon poste radio. J’avais cinq stations différentes préenregistrées : Nostalgie, Chérie FM, Europe 2, RTL 2 et RFM. Et je passais de l'une à l'autre de manière hystérique. Dès qu’il y avait de la publicité ou qu’un animateur avait le malheur de parler, je zappais de manière compulsive jusqu’à ce que je trouve un tube. En voiture, j'ai failli provoquer des carambolages monstrueux. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 07 Dec 2023 - 44min - 129 - #110 Mehdi Kerkouche
Le danseur et chorégraphe âgé de 37 ans, dont le spectacle « Portrait » est actuellement en tournée, nous reçoit à Créteil, dans une des dépendances du Centre chorégraphique qu'il dirige depuis quelques mois.
Mehdi Kerkouche évoque son enfance dans une petite cité de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) auprès d'une mère employée de maison. Très jeune, il se plaît à chanter et danser dans le salon et commence à prendre des cours. Dans la cour de récréation, il monte ses premiers spectacles. Ce fan des Spice Girls et de Britney Spears vit très mal ses années collège dans un établissement privé non-mixte. Le danseur et metteur en scène Kamel Ouali le repère en audition et le pousse à perfectionner sa formation. Il découvre l'œuvre de Bob Fosse et apparaît dans des comédies musicales puis devient chorégraphe pour de grosses émissions de télévision. Il fonde plus tard sa propre compagnie. Mehdi Kerkouche se confie sur ses inspirations et déclare son admiration pour Beyoncé.
Il revient longuement sur ses petits rituels bien-être : « J’amène des bougies parfumées partout où je vais. C’est ma passion. Mes amis se moquent de moi. Mon plaisir, c’est que ça sente toujours bon. J’en fais la collection, il y a un mur de bougies chez moi. Je suis fan aussi de produits pour la peau. Mon petit kif, c’est de me mettre toutes ses crèmes sur le visage avant de me coucher, de la plus liquide à la plus épaisse. »
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Réalisation : Guillaume Girault
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Thu, 30 Nov 2023 - 36min - 128 - #109 Eric Reinhardt
L'auteur âgé de 58 ans, qui a publié à l'occasion de cette dernière rentrée littéraire son neuvième roman, « Sarah, Susanne et l'écrivain », nous reçoit chez lui, au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, une rue bordée d'immeubles rouges en brique.
Eric Reinhardt évoque son enfance ballottée entre Nancy, Marseille, Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), une période heureuse, puis Corbeilles-Essonnes (Essonne), où il s'est ennuyé, auprès d'un père ancien pilote radié reconverti dans la bureautique puis l'informatique et d'une mère au foyer. Il hérite de sa grand-mère son goût des beaux vêtements, de son grand-père celui du sport et relie sa vocation littéraire à un enseignant de CM2. Parmi ses premiers coups de cœur : Jules Verne, Marcel Pagnol, Jean Giono ou Antoine de Saint-Exupéry. Il a le sentiment de renaître en arrivant en 1983 à Paris. Il lui faut une quinzaine d'années pour débuter une œuvre dont chaque livre dialogue avec les autres avec un souci très fort de la forme, inspiré parfois de l'architecture.
Il revient longuement sur la musique qu'il écoute avant d'écrire pour nourrir son travail : « Pour Sarah, Susanne et l'écrivain, j’écoutais en boucle tous les matins Fountains D.C. J’écoute aussi pas mal de rap américain. J’ai une vénération pour Kendrick Lamar, pour Kid Cudi. Ça bastonne, ils sont là. Et donc il y a une vérité. Quand j'écris, j’ai besoin de cette intensité-là. »
Depuis cinq saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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Thu, 23 Nov 2023 - 51min
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