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C'est dans ta nature

- 309 - Fraudeurs, imposteurs, manipulateurs… qui sont les animaux qui trichent?
La sélection naturelle a favorisé dans le monde animal certains comportements que la morale humaine réprouve. Des oiseaux, des insectes ou des mammifères ont développé au cours de l'évolution des tactiques déloyales pour se nourrir et se reproduire.
C'est la stratégie du coucou : pondre dans le nid d'autres oiseaux. Le coucou gris, un oiseau migrateur présent en Afrique durant l'hiver de l'hémisphère nord, et en Europe et en Asie le reste de l'année, pond des œufs de la même couleur que ceux des oiseaux dont il utilise le nid. Ni vu ni connu, le coucou ne s'embarrasse pas à construire un nid, à élever ses petits. Il n'est d'ailleurs pas le seul animal à pratiquer le parasitisme de couvée.
Une espèce de bourdon est ainsi appelée le bourdon coucou. Il s'introduit dans le nid de bourdons ordinaires en se frottant d'abord contre les alvéoles, pour s'imprégner de l'odeur de la colonie et passer ainsi inaperçu. Il pond, et s'en va, laissant les ouvrières élever ses larves. Lui aussi se fiche bien des joies de la maternité.
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Brouteurs
C'est de la triche, mais chez les animaux, il n'est pas question de morale, un concept très humain. C'est la sélection naturelle qui a favorisé ces comportements : tricheurs, usurpateurs, dissimulateurs… et vrais faux séducteurs.
Chez une espèce de mouche, le mâle offre une proie cachée dans un cocon, suffisamment gros pour que la copulation se termine avant que la femelle n'ait le temps de défaire entièrement le paquet cadeau. Parce que, bien souvent, il n'y a rien à l'intérieur.
Usurpation d'identité
Chez la mouche-scorpion, on s'offre aussi des proies, mais certains mâles se font passer pour des femelles, pour recevoir un cadeau, avant de s'envoler très vite, avec le cadeau bien sûr, qu'il utilisera pour séduire une femelle.
Il y a des voleurs, et des imposteurs : en mer, la blennie se fait passer pour un poisson nettoyeur, sauf qu'au lieu d'enlever les parasites, elle mord carrément les nageoires et la peau, sans oublier d'injecter un venin qui décourage la victime de se défendre.
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Vol à l'étalage
Mention spéciale pour les geais, de la famille des corvidés, parmi les plus intelligentes du monde animal. En Amérique, le geai bleu imite le cri d'un rapace pour faire fuir d'autres oiseaux qui étaient en train de manger, et se faire un festin pour lui tout seul. En Europe, le geai des chênes est connu pour espionner un congénère en train d'enterrer un gland, avant d'aller le récupérer dès que l'autre a le dos tourné. Mais on a vu aussi des geais, se sachant observés, simuler l'enterrement d'un gland, pour mieux tromper l'adversaire.
Le mensonge est dans la nature, les escrocs aussi parfois. Mais les animaux tricheurs ne finissent jamais en prison.
La question de la semaine
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Sun, 04 Oct 2026 - 308 - Comment les chèvres ont séduit les humains
Il y a environ 12 000 ans, les humains ont domestiqué un bouquetin, pour les nombreuses ressources qu'offrait l'animal (sa peau, sa viande ou son lait). Les chèvres les plus dociles ont été sélectionnées pour accompagner la sédentarisation de l'espèce humaine.
Et si c'était elle, la meilleure amie de l'Homme ? La chèvre est le deuxième animal domestiqué par les humains, bien après le chien (ou le loup), et à peu près au même moment que le mouton. C'était il y a environ 12 000 ans, au Moyen-Orient, où vivait et vit encore son ancêtre, l'égagre.« C'est un petit bouquetin qui vit dans les montagnes entre l'est de la Turquie et l'ouest de l'Iran. On est en marge du Croissant fertile et on a toujours des populations actuellement », précise François Pompanon, professeur à l'Université Grenoble Alpes.
La chèvre était une proie
Mais avant d'accompagner la sédentarisation des humains, rendue possible au Néolithique par l'agriculture, la chèvre sauvage était chassée. « L'animal était déjà à l'état sauvage en contact avec l'espèce humaine, simplement parce que c'était une proie pour les humains. Les troupeaux auraient été ensuite gérés à l'état semi-sauvage. Et petit à petit, certains individus auraient été pris à partir de ce stock-là pour commencer à habiter avec les humains. Et on se serait resserré sur des troupeaux de plus en plus contrôlés », poursuit le chercheur au Laboratoire d'Écologie Alpine qui a participé au séquençage à grande échelle du génome de la chèvre.
Chassée, puis domestiquée, la chèvre a su séduire Homo sapiens en raison de la grande diversité de ressources qu'elle offrait. La chèvre, à cet égard, est comme le cochon : tout est bon ! « Tout était déjà utilisé, depuis les excréments qui pouvaient être séchés pour faire du combustible, par exemple, jusqu'aux os, aux cornes, aux peaux. La viande était utilisée, ainsi que le lait. C'était une ressource importante, comme ça l'est encore dans de nombreux pays. » La chèvre a conquis le monde, en accompagnant les migrations humaines. Elle s'est adaptée à tous les climats. Il y aurait dans le monde aujourd'hui 1 milliard de chèvres.
Grande brouteuse
La domestication, c'est de la sélection. Et les humains ont choisi les chèvres les plus dociles : c'est inscrit aujourd'hui dans leurs gènes. « On a un déterminisme génétique de la distance de fuite, précise François Pompanon, spécialiste de la génétique de l'évolution et de la domestication. Pour l'expérimentation, on prend un animal, soit sauvage, soit domestique, on fait s'approcher une personne et on regarde à partir de quelle distance l'animal va fuir. Et on se rend compte, effectivement, que plus on a certains gènes présents chez les animaux domestiques, plus cette distance de fuite va être courte. »
Docile, la chèvre a pourtant parfois son petit caractère, comme la chèvre de Monsieur Seguin, qui s'était échappée, pour revenir à la vie sauvage, éprise de liberté – mais la liberté a un prix, celui de se faire dévorer par le loup. « Vous pensez si votre chèvre était heureuse, écrivait Alphonse Daudet dansLes Lettres de mon moulin. Plus de corde, plus de pieu, rien qui l'empêchait de gambader, de brouter à sa guise. » Brouter, elle sait faire, à tel point que les chèvres aujourd'hui sont aussi utilisées pour désherber et lutter contre les incendies. La chèvre a toujours le feu sacré.
La question de la semaine
Sun, 27 Sep 2026 - 307 - Pourquoi les animaux voient ce que l'humain ne voit pas?
La vision des animaux est-elle en noir et blanc, comme on le croit souvent ? Voient-ils le monde différemment des humains ? À quoi leur sert la vue ?
Vous pensez que l'herbe est verte et que le ciel est bleu (sauf en cas de sécheresse ou de pic de pollution) ? C'est vrai, pour vous, mais pas pour tout le monde. L'humain distingue trois couleurs principales, le jaune, le rouge et le bleu, les couleurs primaires. Mais le chien, par exemple, ne voit pas le rouge. Beaucoup de carnivores repèrent surtout les mouvements et font davantage confiance à leur ouïe et leur odorat. Les pigeons, à l'inverse, qui sont souvent méprisés, possèdent l'une des visions les plus élaborées parmi tous les animaux : ils distinguent des millions de couleurs.
Vision nocturne
La vision, chez un animal, a deux fonctions principales. Elle sert d'abord à repérer les proies. Le serpent a deux paires d'yeux, et l'une agit comme une caméra thermique pour distinguer sa cible même dans le noir total. Le chat chasse la nuit et dans l'obscurité il voit six fois mieux que nous, humains. Les insectes, et notamment les abeilles, distinguent les rayons ultraviolets ; elles voient ce qu'on ne voit pas, les signaux fluorescents des fleurs qui leur indiquent où se trouvent le nectar et le pollen.
Un regard d'aigle
Mention spéciale aux rapaces, aux yeux disproportionnés, comme si nous, humains, avions des yeux de la taille d'une orange. La rétine du faucon pèlerin, qui détient déjà le record de vitesse (350 km/h en piqué), contient 50 fois plus de cellules que la nôtre, ce qui lui permet de distinguer, à 18 mètres de haut, un objet de 2 millimètres seulement. Il voit aussi les ultraviolets et détecte ainsi les traces d'urine d'une souris dans les champs.
Des yeux de côté
Mais voir permet aussi de repérer les prédateurs. Il ne s'agit pas de fixer un seul point (la proie) mais d'avoir la vision la plus large possible. Les yeux sont bien en face des trous, mais les trous sont sur les côtés. C'est le cas du cheval, du mouton, ou du lapin qui possède un champ de vision de 360 degrés. En revanche, ils ne voient rien de près. Ils ne voient pas l'herbe (verte) qu'ils broutent dans le pré.
La question de la semaine
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Sun, 13 Sep 2026 - 306 - Journée mondiale du chat noir: pourquoi certains animaux nous rendent-ils superstitieux?
Corbeaux, hyènes ou araignées... depuis des siècles, de nombreuses superstitions sont liées aux animaux, au risque d'entraîner des dégâts sur la biodiversité lorsqu'elles sont négatives.
Une journée rien que pour lui. Tous les 17 août, les chats noirs ont droit à leur journée mondiale, comme n'importe quelle espèce menacée tel l'éléphant (chaque 12 août) ou l'orang-outan (tous les 19 août). S'ils ne sont pas à proprement parler menacés d'extinction, les chats noirs - accusés de porter malheur ou d'être le diable incarné - subissent toutefois une forme de discrimination parmi toute la gente féline. Une superstition qui remonte au Moyen-Âge...
« On raconte que les sorcières s'entouraient de chats noirs parce que c'était le symbole de Satan. Elles empruntaient la physionomie de l'animal pour se rendre à leur sabbat [les réunions de sorcières]. Pendant le Moyen-Âge, il y a eu de nombreuses chasses aux sorcières, mais aussi des chasses aux animaux », raconte Denise Crolle-Terzaghi, auteur de l'ouvrage Les animaux fabuleux, légendes et superstitions, paru aux éditions Rustica.
Mise à l'index papale
La chasse aux hérétiques et aux chats noirs : des milliers, voire des millions, de chats noirs ont été massacrés en Europe après la publication d'une bulle papale, un texte du pape Grégoire IX, qui associait le chat noir à Satan. Et 800 ans après, les chats noirs restent des mal-aimés : dans les refuges pour animaux, personne ne veut les adopter. Mais tout est question de culture : en Angleterre ou en Asie, le chat peut aussi porter bonheur. « En Chine et au Japon, il y a le chat qui bouge sa petite patte et qu'on doit absolument avoir dans sa maison », poursuit Denise Crolle-Terzaghi.
Au-delà du chat noir, la couleur noire fait l'objet de superstitions : le noir étant la couleur de la mort, malheur aux animaux noirs... « Le corbeau, s'il volait pas loin d'une maison, annonçait la mort, rappelle Denise Crolle-Terzaghi. La chauve-souris, noire elle aussi, qu'on ne voit que la nuit, on la clouait sur les portes. C'est une pratique bien sûr cruelle, qui servait soi-disant de protection magique contre les mauvais sorts », ajoute-t-elle.
Charognards et sorcières
Nombreux sont les animaux à faire l'objet de superstitions négatives, comme tous les charognards, pourtant fort utiles pour nettoyer la nature : les vautours, ou les hyènes associées aux sorcières dans certains coins d'Afrique. Mais dans une région d'Éthiopie, la hyène est au contraire réputée éloigner les mauvais esprits.
Oui, des animaux portent aussi bonheur, sur tous les continents, comme le gecko, la coccinelle ou l'araignée mais seulement le soir. « “Araignée du matin, chagrin ; araignée du soir, espoir !” : c'est un petit dicton qu'on entend encore aujourd'hui. Quand on voyait une araignée qui courrait ou qui filait, cela voulait dire qu'on allait avoir de l'argent ». « L'argent ne fait pas le bonheur », dit un autre dicton. Mais le bonheur est dans la nature, et ce n'est pas une superstition !
La question de la semaine
Sun, 16 Aug 2026 - 305 - Éloge de la lenteur chez des animaux: pourquoi ce handicap est un avantage
Tortue, escargot ou paresseux… Certaines espèces ne se déplacent que de quelques centimètres à l'heure. Il s'agit d'une adaptation à une nourriture pauvre ou à des conditions extrêmes. Mais ces animaux risquent d'être rattrapés par le climat qui change à toute vitesse.
C'est la glorieuse incertitude du sport, même dans la nature. « Il laisse la tortue aller son train de sénateur / Elle part et se hâte avec lenteur », écrit Jean de La Fontaine dans sa fable Le Lièvre et la Tortue. Face au lièvre bondissant, la tortue remporte la course, alors qu'elle n'était pas favorite, handicapée par la maison, la protection, qu'elle porte sur son dos. Une tortue se déplace en moyenne à 300 mètres à l'heure, voire à 1 km/h quand elle sprinte…
L'escargot, qui porte aussi sa coquille, est encore plus lent : pour faire 1 kilomètre, il lui faut une centaine de jours en moyenne. Chez les mammifères, l'animal le moins rapide est le paresseux, en Amérique latine : 0,5 km/h en vitesse de pointe. Si bien que la mousse pousse sur ses poils. Et quand il s'accouple, ça peut durer 48 heures !
À écouter dans Autour de la questionQue nous enseignent les tortues marines ?
La vitesse, de l'énergie dépensée
Comme chez le paresseux, le métabolisme du koala, sa capacité à transformer en énergie les aliments qu'il ingurgite, est aussi très lent. Lui aussi vit dans les arbres et lui aussi se nourrit exclusivement de feuilles, pas très caloriques et très longues à digérer. Il faut donc s'économiser parce que la vitesse, c'est de l'énergie dépensée.
Ralentir pour vivre mieux : les humains appellent ça la slow attitude. Chez les animaux, la lenteur est un avantage évolutif, notamment face aux prédateurs. Presque immobile, on est presque invisible. On ne fait pas de bruit, on n'émet pas non plus d'odeurs.
Le climat change plus vite
En mer, l'étoile de mer, malgré ses milliers de petits pieds sous ses branches, n'avance que de quelques centimètres par minute, mais c'est suffisant pour attraper des proies encore plus lentes comme les oursins. Le requin du Groenland se déplace à moins de 1 km/h pour s'économiser dans l'eau glacée. Il est lent et vieillit lentement : il peut vivre jusqu'à 400 ans.
Mais la lenteur risque d'être un handicap face au changement climatique. Face aux flammes d'un incendie, on n'a pas le temps de fuir. Et quand se déplacer prend autant de temps, pas facile d'aller coloniser de nouveaux territoires plus cléments, alors que le climat, lui, change à toute vitesse.
La question de la semaine
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Sun, 09 Aug 2026 - 304 - Les pins, des arbres résineux hautement inflammables mais aussi résistants
Pourquoi les pins brûlent-ils ? Et pourquoi certains ont besoin du feu pour se reproduire ? Comment ces conifères se protègent-ils de la sécheresse mais aussi du froid ? Découvrez les secrets de ces arbres parmi les plus anciens sur Terre.
Il suffit d'une étincelle, parfois, pour qu'un pin prenne feu, comme on l'a vu ces derniers jours dans le sud-ouest de la France, dans les Landes et en Gironde. Les pins sont un véritable combustible, en particulier à cause de leur résine, hautement inflammable, qui est en fait un médicament. « Cette résine est prête à s'écouler en cas de blessure ; elle bouche le trou. C'est un moyen de se défendre pour éviter l'entrée des pathogènes. La résine contient des substances hautement inflammables qui, au moment de l'incendie, vont produire de surcroît des substances volatiles qui vont augmenter l'inflammabilité de l'arbre », explique Catherine Lenne, enseignante chercheuse à l'université de Clermont-Ferrand et au laboratoire PIAF (Physique et physiologie intégratives de l'arbre en environnement fluctuant).
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Besoin du feu
Les pins ont un rapport ambivalent au feu, puisque certaines espèces en Méditerranée, comme le pin d'Alep, ont besoin du feu pour se reproduire. « Il faut que l'arbre voie périodiquement le feu pour pouvoir libérer les graines de ses cônes, poursuit Catherine Lenne. Le pin disparaît, mais sa banque de graines contenues dans les cônes peut germer sur le sol, qui est enrichi par les cendres des arbres qui viennent de disparaître. »
Des aiguilles pour ne pas transpirer…
Les pins sont parmi les plus vieux arbres. Apparus sur Terre il y a 300 millions d'années, il y a deux fois plus longtemps que les feuillus. Ce sont leurs feuilles, leurs aiguilles, qui les rendent particulièrement résistants à la sécheresse. « Les aiguilles sont des feuilles très étroites, elles ont donc des surfaces d'évaporation assez faibles, précise Catherine Lenne. Les stomates, les bouches d'aération qui sont sur toutes les feuilles de n'importe quel arbre, sont enfouis sur les aiguilles dans des espèces de puits qui les protègent de l'air sec. »
... ou pour ne pas geler
Ces aiguilles permettent aussi de résister au froid. Mais certains pins ont un truc en plus. « Les pins qui sont très résistants au froid sont des arbres capables de produire des antigels, donc des petites substances sucrées qui sont injectées dans les tuyaux de l'eau et qui vont en fait abaisser les points de congélation de l'eau », explique encore Catherine Lenne. Finalement, les pins, c'est une histoire sans fin.
La question de la semaine
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Sun, 02 Aug 2026 - 303 - Face à la chaleur et aux canicules, des animaux très ingénieux
Certaines espèces animales se sont adaptées à des températures élevées. Voici leurs « trucs et astuces » pour rester au frais.
Dans la nature, il n'y a pas la clim. Face au soleil écrasant, alors que la chaleur affecte l'ensemble du vivant, les animaux font avec les moyens du bord, qui sont en réalité le fruit de millions d'années d'évolution.
L'invention de la ventilation
Les termites ont inventé la ventilation. Leur nid, les termitières, est construit autour d'une cheminée centrale avec tout un système de conduits plus ou moins poreux. Au fil de la journée, les termites bouchent et débouchent certaines galeries, un peu comme nous, humains, quand nous fermons les fenêtres la journée pour ne les rouvrir que le soir.
Fermer sa porte, c'est ce que fait l'escargot. En période de sécheresse, il bouche l'entrée de sa coquille avec sa bave et peut survivre ainsi des semaines sans une goutte d'eau.
À coups d'ailes et d'oreilles
Face aux ruptures de stock de ventilateurs, faites comme les abeilles. En période de canicule, des centaines d'ouvrières se mettent à l'entrée de la ruche et battent des ailes pour la rafraîchir. L'éléphant, lui, agite ses oreilles, mais ce n'est pas un éventail ; il s'agit de rafraîchir ses nombreux vaisseaux sanguins, ce qui fait baisser la température de tout le corps.
Pipi rafraîchissant
Certains animaux pratiquent aussi l'urohydrose : autrement dit, ils se font pipi dessus. Cela n'a rien à voir avec une golden shower, au contraire : uriner sur ses pattes fait baisser la température. C'est ce que font des vautours d'Amérique, les cigognes ou encore les dromadaires. Chez le mâle, le pénis (qui mesure tout de même une cinquantaine de centimètres) est dirigé vers l'arrière, de manière à pouvoir atteindre les pattes arrière.
Économies de sueur
Les camélidés ont d'autres trucs et astuces pour affronter la chaleur du désert : en agissant notamment sur leur transpiration. Nous, humains, suons beaucoup pour maintenir le corps à 37°C, alors que la température corporelle des chameaux peut varier de plusieurs degrés. Ce n'est qu'au-delà de 40°C qu'ils se mettent à transpirer, ce qui leur permet jusque-là d'économiser de l'eau. Mais la chaleur est telle, aujourd'hui, jusqu'à 50°C, que même les dromadaires en souffrent et la mortalité explose.
Câlin naturel
On termine avec le koala, qui fait des câlins aux arbres. Il se serre contre le tronc. Rafraîchissant, et tellement mignon.
La question de la semaine
Sun, 26 Jul 2026 - 302 - Infanticides dans la nature: les animaux ne sont pas psychopathes
Lion, singe ou souris : près de la moitié des mammifères peuvent tuer la progéniture d'un autre. Les mâles éliminent la concurrence. Mais les femelles développent des stratégies pour éviter de perdre leurs petits.
Le danger n'est pas au coin de la rue, mais à chaque coin de nature, ou presque. Voici le genre de fait divers qui ne fait pas les gros titres rouge sang des journaux, et pourtant, il y en a tellement : près de la moitié des espèces de mammifères pratiquent l'infanticide et peuvent tuer la progéniture d'un autre. Un phénomène observé surtout chez les carnivores – mais il n'y a rien d'alimentaire – et surtout chez les primates et tous les animaux qui vivent en groupe, sous la coupe d'un mâle dominant. Les tueurs ne sont pour autant pas psychopathes. L'infanticide, dans la nature, n'est pas une anomalie mais une stratégie évolutive.
Quand un lion ou un chimpanzé tue les petits d'un rival, il élimine la concurrence. Il s'agit de transmettre ses propres gènes. Un quart des lionceaux qui meurent la la première année sont ainsi victimes d'infanticides. Une femelle qui allaite n'est pas fertile et en la privant de son petit, on la rend très vite disponible à la reproduction.
Les ruses des femelles
Mais du point de vue des femelles, la maternité représente un investissement coûteux : pour fabriquer un ovule, il faut bien plus d'énergie qu'un spermatozoïde. Les femelles de certaines espèces ont ainsi développé des stratégies pour éviter les infanticides. Chez les mangoustes – où c'est une femelle qui domine –, les naissances sont synchronisées. Tous les petits naissent en même temps pour éviter la tentation de l'infanticide : dans un terrier partagé, difficile de savoir qui est qui.
Chez les bonobos, les femelles multiplient les partenaires. Chaque mâle pensera qu'il peut être le père, et dans le doute, il s'abstiendra. Ce qui a une conséquence inattendue : la sélection génétique passe alors par la taille des testicules, 15% plus gros que ceux des chimpanzés.
Des loups jusqu'aux souris, des phoques jusqu'aux dauphins, l'infanticide n'est pas un crime : c'est dans la loi de la nature. Et jamais un mâle ne tuera son propre petit. Une seule espèce fait exception : l'espèce humaine.
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Sun, 19 Jul 2026 - 301 - Les plantes «parlent», mais vous ne les entendez pas
De nombreux végétaux communiquent entre eux, et même avec des animaux. Un langage chimique destiné surtout à se défendre.
Méfiez-vous des apparences. Les plantes, enracinées, immobiles, ont été longtemps sous-estimées, alors que la science a montré qu'elles possédaient des capacités de communication particulièrement inattendues. « C'est une idée très ancienne, la passivité des plantes, souligne François Bouteau, biologiste et professeur à l'université Paris-Cité. Il y a plein de mots qui sont utilisés, comme "l'état végétatif", mais en fait, on observe l'inverse. »
Alerte générale
Et ce qu'on observe notamment, c'est qu'une plante, attaquée par un prédateur, un insecte, un brouteur, peut émettre des molécules chimiques pour prévenir ses voisines du danger. « Ces autres plantes, avant même d'être attaquées par un prédateur, peuvent mettre en place des réponses de défense, c'est-à-dire qu'elles vont percevoir ce signal et elles vont synthétiser des molécules, des tanins qui vont être désagréables lorsque le brouteur va consommer la plante, ce qui donc va abaisser le taux de broutage et donc l'impact sur la plante », explique François Bouteau.
À écouter dans Autour de la questionÀ quoi pensent les plantes ?
Leurre sexuel
Mais les plantes peuvent aussi communiquer avec des animaux. C'est le cas, par exemple, du maïs, quand il est attaqué par une chenille. « Pour avoir une réponse de défense, il faut déjà percevoir qu'on est agressé. Donc, ça, c'est une démonstration de la sensibilité de la plante,relève François Bouteau. Elle va émettre la phéromone sexuelle du prédateur de la chenille, une odeur qui va attirer une guêpeen l'occurrence, laquelle va venir pensant trouver un partenaire sexuel. Elle n'en trouve pas, mais elle va finalement tomber sur la chenille dont elle peut se nourrir ou pondre dedans. La guêpe va donc débarrasser la plante de la chenille après avoir été appelée par la plante. »
Communication performative
Les plantes seraient donc capables de parler ? « Ce n'est pas un langage avec des mots, des concepts, etc., répond François Bouteau.C'est un mode de communication. Les plantes sont capables d'émettre un signal qui va être perçu par un autre organisme. Dans ce sens-là, c'est donc une communication performative puisqu'elle permet de modifier le comportement de l'organisme qui reçoit le signal. » Dans la nature, on parle, et on agit.
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Sun, 07 Jun 2026 - 300 - Ruse, force et nombre: comment les animaux défendent leurs nids et leurs petits
De nombreuses espèces animales, après s'être reproduites au printemps, utilisent des tactiques parfois étonnantes pour éloigner ou tromper les prédateurs attirés par des proies sans défense.
Pour naître heureux, vivons cachés. Pour espérer perpétuer son espèce, à l'abri des prédateurs, rien ne vaut le camouflage, la première des défenses. Une expérience menée sur des diamants mandarins – des oiseaux – en captivité l'a montré : parmi toutes les bandelettes de papier de différentes couleurs mises à leur disposition, les oiseaux choisissent celles de la même couleur que leur cage ; le nid se confond avec le paysage.
Les animaux sont rusés. La chevêche des terriers, une chouette qui niche au sol, imite le son strident du serpent à sonnette pour éloigner de son nid les prédateurs. La ruse encore, chez des oiseaux limicoles, qui vivent en bord de mer : la ruse de l'aile brisée. L'adulte feint d'avoir une aile blessée, s'éloigne du nid en boitant de l'aile, pour attirer le prédateur vers une proie plus facile. Avant de s'envoler dès que le danger pour ses petits semble écarté.
Vomi et coups de bec
Quand un prédateur s'attaque à nid, il peut s'exposer à une réplique parfois féroce, ou dégoûtante. Le fulmar, un oiseau marin, projette jusqu'à un mètre son vomi, des poissons en partie digérés, une gerbe visqueuse et odorante, si on s'approche trop près de son petit.
Il arrive aussi que des corneilles attaquent des humains qui se trouvent là, sans savoir, sous l'arbre où elles ont niché. De la même manière, on déconseille de s'approcher de la tanière d'une ourse, ou d'un sanglier avec ses petits.
Chaleur mortelle
Moins impressionnant pour l'espèce humaine : les moineaux. Pour défendre leur territoire, leur zone de nidification, ils sont capables d'attaquer plus de 70 espèces. Les mâles attaquent les mâles, et les femelles les femelles : c'est la guerre en non-mixité.
Pour protéger leur descendance, les loups sont prévoyants : ils préparent plusieurs terriers avant les naissances. Des solutions de repli si l'on est découvert.
Et puis, souvent, l'union fait la force, par exemple chez les abeilles. Quand un intrus, un frelon, pénètre dans la ruche, elles s'agglutinent autour de lui. Leur nombre et leurs vibrations produisent une telle chaleur que le prédateur finit par mourir, cuit à point. C'est chaud de s'attaquer aux abeilles.
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Sun, 24 May 2026 - 299 - Hantavirus, rats et oiseaux: il y a de la vie dans nos poubelles
Les décharges publiques abritent, paradoxalement, de la biodiversité et des écosystèmes qui peuvent aussi attirer des ornithologues, comme l'a montré l'enquête sur les origines de la crise du hantavirus en Argentine.
Une décharge publique, à Ushuaïa en Argentine : c'est là que conduit l'enquête sur l'origine de la crise du hantavirus, parce que plusieurs passagers de la croisière infernale s'y étaient rendus, avant d'embarquer, pour y observer des oiseaux. Une équipe scientifique est envoyée dans le sud de l'Argentine pour y détecter la présence éventuelle du virus chez des rats d'Ushuaïa, même s'il semble plus probable que le hantavirus ait été transmis au patient 0 dans les forêts des Andes. Quoi qu'il en soit, il y a de la vie dans les décharges.
Déchets recyclés
Là où finissent nos déchets, un nouvel écosystème se met en place. Il y a d'abord des bactéries, qui décomposent la matière organique. À une plus grande échelle, toute une faune est attirée : des mouches, des vers, des chiens errants, des sangliers, et surtout des rats et des oiseaux. « Il y a des oiseaux qui viennent directement chercher la nourriture. Et puis il y en a d'autres, les rapaces et en partie les goélands, qui peuvent venir se nourrir des animaux qui eux-mêmes sont attirés par la nourriture : les rats, pour ne pas les nommer. Il y a donc déjà un début de chaîne alimentaire sur les décharges du même nom », explique Frédéric Malher, ornithologue à la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux.
Des nuées de mouettes, ou de vautours, selon les régions du monde, signalent à coup sûr un garde-manger géant à ciel ouvert. En Europe, les cigognes sont devenues les reines des décharges, jusqu'à arrêter de migrer. « On a une décharge qui contribue à fixer jusqu'à 80 cigognes en hiver, a observé Frédéric Malher en Lorraine, dans l'est de la France. Le climat lorrain, malgré le réchauffement, est quand même connu pour être un petit peu frisquet en hiver. Avant, les cigognes partaient classiquement en migration, mais désormais, elles restent sur place en hiver en profitant de la décharge. Il y a une année où ils ont fermé la décharge et effectivement, les cigognes sont parties en migration avant de revenir au printemps suivant. Et depuis que la décharge a rouvert, elles passent de nouveau l'hiver en Lorraine. »
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Nourriture plastique
On trouve de tout dans les décharges, du bon (le reste de votre repas), ou du beaucoup moins bon. « Les cigognes peuvent se faire avoir par ce qu'elles trouvent, parce qu'on a remarqué qu'elles avalaient des bracelets élastiques, qu'elles prenaient sans doute pour des vers de terre. J'en ai trouvé dans les fientes de cigognes de ma bonne ville, raconte Frédéric Malher. Ces élastiques, ou des morceaux de plastiquedes sacs en plastique, peuvent faire des bouchons dans l'estomac. Des cigognes meurent l'intestin encombré de ces matières plastiques. »
Les décharges à ciel ouvert ont un bilan finalement contrasté ; il y a bien du bon et du mauvais. « Évidemment, par principe, les décharges à l'air libre, ce n'est pas terrible, ce n'est pas bon et on est contre, convient Frédéric Malher. Mais d'un autre côté, cela favorise certaines espèces. C'est un petit peu comme la nourriture en ville : pour les oiseaux en ville, ce n'est pas de la bonne nourriture, c'est clair, cela a des conséquences sur l'état de santé. Et d'un autre côté, le fait qu'il y ait de la nourriture facile, cela maintient en ville un certain nombre d'espèces. »
La question de la semaine
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Sun, 17 May 2026 - 298 - [Trésors cachés du Muséum d'histoire naturelle 1/3] L'Herbier national, une réserve botanique bien gardée
Avec plus de huit millions de spécimens de plantes accumulés depuis quatre siècles, le Muséum national d'histoire naturelle à Paris abrite l'une des plus importantes collections végétales au monde. Un outil précieux pour la science.
C'est un long bâtiment qui s'étend en bordure du Jardin des plantes, à Paris, et n'y entre pas qui veut. Après avoir gravi des escaliers art déco, et « avant de rentrer dans ce qui est le cœur de notre réacteur », Germinal Rouhan nous fait pénétrer dans un sas ultra-moderne, « avec une lumière verte pour détecter les insectes qui sont des ravageurs potentiels de nos collections ».
Responsable scientifique de l'Herbier national, au sein du Muséum national d'histoire naturelle, Germinal Rouhan veille sur huit millions de spécimens de plantes récoltés au fil des siècles partout sur la planète. Certains ont400 ans, l'âge du Muséum ou plutôt de son ancêtre, le Jardin royal des plantes médicinales, créé par Louis XIII en 1626.
Quarantaine obligatoire
« On va rentrer dans un espace dont les conditions sont contrôlées, poursuit notre guide. La température est maintenue entre 19 et 22°C, avec une humidité relative de 50% pour éviter l'installation de champignons qui sont des ravageurs du papier et des plantes. » L'Herbier est un trésor bien gardé qu'il faut préserver, pour le partager. Tout nouvel arrivant est placé en quarantaine.
C'est le rôle du grand frigo qui se dresse devant nous. « Tous les spécimens qui nous arrivent, que ce soient les dons ou les spécimens qu'on ramène nous-mêmes du terrain, doivent passer par la chambre froide pour désinsectisation, explique Germinal Rouhan. On peut lire -19,4°C, ce qui permet de tuer les insectes et les larves qui pourraient être sur certains spécimens. »
Plus de la moitié des espèces végétales
La visite se poursuit au milieu d'immenses rayonnages coulissants : l'Herbier est sous nos yeux. C'est une bibliothèque de la nature où il n'y a pas de livres, seulement des feuilles – des feuilles mortes conservées précieusement dans des pochettes.
Chaque planche possède une partie de plante, le plus souvent la feuille, parfois des fleurs ou des graines, ainsi que la date, le lieu et le nom de celle ou de celui qui l'a récoltée, sans oublier toute observation utile à son identification. Chaque planche a son histoire. « On a plus de la moitié des espèces qui sont connues aujourd'hui dans le monde,se félicite Germinal Rouhan. On peut voir dans les rayonnages de nombreuses chemises cartonnées rouges. Ce sont les spécimens qui ont servi aux botanistes à décrire pour la première fois une espèce nouvelle pour la science. »
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Prélèvements ADN
Aujourd'hui encore, l'herbier continue de faire progresser la science. « On voit que nos collections sont des plantes sèches, apparemment mortes, mais elles ont encore une vitalité scientifique importante », souligne le responsable de l'Herbier.
Grâce à la numérisation de plus de six millions de planches, les chercheurs du monde entier – et n'importe quel amoureux des plantes – peuvent désormais accéder à distance à l'Herbier sur un site internet dédié. Certains scientifiques choisissent aussi de venir sur place, notamment pour effectuer des prélèvements ADN. La génétique a révolutionné la botanique.
Génomes et virus
« Ici, on a un spécimen qui n'est pas forcément très joli, mais on voit qu'un morceau de feuille a été enlevé, montre Germinal Rouhan. Il s'agit d'une espèce proche du manioc qui a été récoltée en Afrique en 1928. Et pourquoi a-t-on fait ce prélèvement ? Parce qu'on a vu un symptôme d'une pathologie de la plante qui est un fléau dans les cultures africaines. Il a été possible de séquencer entièrement le génome de ce virus-là, pour mieux le combattre. »
Dans cette collection où le moindre ravageur est persona non grata, on peut donc traquer sur les plantes des virus et même des insectes morts il y a parfois des siècles, grâce àl'ADN environnemental. « Même si on ne retrouve pas l'insecte lui-même, on passe un petit coton-tige et on va pouvoir retrouver l'identité de l'insecte qui a pu être hébergé par cette plante », révèle Germinal Rouhan. La nature n'est jamais tout à fait morte.
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Sun, 26 Apr 2026 - 297 - Une guerre sans pitié: ces plantes qui éliminent leurs rivales
Dans la nature, pour vivre et survivre, tous les coups sont permis : empoisonnement, parasitisme, invasion, mercenaires... Découvrez les stratagèmes du monde végétal pour éradiquer la concurrence.
Que le meilleur gagne et que les autres crèvent. Bienvenue dans un monde où règne une concurrence effrénée, sans pitié, où Margaret Thatcher et Javier Milei passeraient pour de tendres agneaux pacifistes. Bienvenue dans la nature.
Armes chimiques
Dans cette guerre pour la vie, certaines plantes ont des armes chimiques. C'est le cas de l'arbre à créosote qui pousse dans les déserts d'Amérique du Nord, où l'eau est rare et le sol pauvre. La plante, aux jolies fleurs jaunes, contient de la créosote, une toxine si puissante que rien ne pousse autour. Un désherbant XXL. La plante s'assure ainsi le monopole de l'eau et des nutriments. Et c'est efficace : dans le désert californien, un arbre à créosote a dépassé les 11 500 ans – ce serait la plus vieille plante au monde.
Plante vampire
Il y a parfois des câlins mortels : ceux que prodiguent les cuscutes, qui s'enroulent autour d'une plante après avoir détecté ses composants chimiques volatils. Les cuscutes n'ont quasiment pas de feuilles ; elles n'ont pas besoin de faire de photosynthèse puisqu'elles se nourrissent en plantant des espèces de suçoirs dans les tiges de leurs victimes pour en aspirer l'eau et les nutriments. La cuscute est un parasite.
Très cher envahisseur
Une autre plante grimpante ne fait pas non plus dans le détail : le kudzu, qui recouvre tout, étouffe tout sous ses feuilles et ses lianes, rendant la vie impossible. Introduit aux États-Unis pour lutter contre l'érosion des sols, le kudzu y a très vite été interdit. L'envahisseur coûte chaque année à la société des centaines de millions de dollars. La plante est tellement coriace que ses graines peuvent germer plusieurs années après alors qu'on croyait s'en être débarrassé.
Fourmis mercenaires
D'autres plantes recrutent des mercenaires, en l'occurrence, des armées de fourmis : l'acacia leur offre le gîte et le couvert (le nectar de ses fleurs), pendant que les fourmis dévorent la moindre pousse autour de l'arbre – la concurrence est éliminée. Les fourmis attaquent aussi les herbivores qui viendraient manger les feuilles de l'acacia. Leurs morsures font fuir les éléphants. Même un milliard de fois plus lourd, face à la fourmi, l'éléphant ne fait pas le poids.
La question de la semaine
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Sun, 19 Apr 2026 - 296 - Manchots, éléphants de mer: comment le réchauffement climatique menace la vie en Antarctique
Le manchot empereur est désormais en danger d'extinction, selon la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, l'UICN. La crise climatique affecte la banquise et les sources d'alimentation des animaux du pôle Sud.
C'est l'un des endroits les plus reculés de la Terre et les plus froids, mais où le réchauffement climatique est deux fois plus important. L'Antarctique subit de rapides bouleversements, ce qui affecte les animaux qui y vivent : le manchot empereur, le plus grand et le plus lourd de toutes les espèces de manchots, est désormais considéré « en danger » d'extinction, selon la nouvelle liste rouge de l'UICN, l'Union internationale pour la conservation de la nature, publiée cette semaine. De nombreuses colonies ont perdu 20 % de leurs effectifs en quinze ans.
Le réchauffement climatique a des effets sur la banquise, qui se rétrécit, ainsi que sur l'alimentation des animaux. L'eau devient plus chaude et le krill, ces petites crevettes à la base de la chaîne alimentaire marine, vit désormais dans des eaux plus profondes où il fait davantage froid. Ses prédateurs – mammifères, oiseaux et poissons – doivent ainsi plonger plus profondément. « Ils doivent consacrer plus de temps à descendre pour atteindre la profondeur où se trouvent les proies, plus à remonter à la surface pour respirer. Cela va diminuer le temps efficace de pêche, qui est le temps passé au fond de la plongée », explique Christophe Guinet, directeur de recherche au CNRS.
Voyager plus pour plonger moins
Certaines espèces préfèrent alors voyager plus pour plonger moins. C'est le cas des éléphants de mer. « Les femelles éléphants de mer que l'on équipe de balises vont s'alimenter en moyenne 350 kilomètres plus au sud qu'elles ne le faisaient il y a vingt ans, précise Christophe Guinet, qui travaille à la station scientifique des îles Kerguelen. Cela veut donc dire six jours passés en plus à voyager sur un voyage de sept mois. Ce n'est pas majeur. Surtout si, à l'endroit où vous allez, vous trouvez beaucoup de nourriture, ce qui semble être le cas. »L'UICN vient pourtant de classer « vulnérable » l'éléphant de mer austral, mais c'est à cause de la grippe aviaire, transmissible aux mammifères. Dans certaines colonies, le taux de survie des nouveau-nés n'a pas dépassé les 10 %.
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Course contre-la-montre
Mais la migration du krill provoquée par le réchauffement climatique est un problème pour les manchots. Pendant que l'un des parents couve l'unique œuf pondu, ou protège le poussin du froid, l'autre doit aller pêcher plus loin, faire le plein de nourriture (non digérée) pour revenir nourrir le petit resté sur terre – enfin sur glace. Une vraie course contre-la-montre. « Cent kilomètres de plus pour accéder à la nourriture, cela veut dire pratiquement deux jours de plus pour accéder à la zone de pêche, deux jours de plus pour revenir sur un voyage qui doit faire dix ou quinze jours au maximum. Si vous voulez revenir avant que le poussin meure, cela commence à avoir un effet énorme », souligne Christophe Guinet.
Les jeunes manchots sont aussi menacés par la fonte de la banquise, avant que leur plumage ne soit imperméable. Des colonies sont aujourd'hui régulièrement décimées, quand la glace se brise et que les oiseaux se noient dans l'eau froide.
La question de la semaine
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Sun, 12 Apr 2026 - 295 - Découvrez le conseil-santé d'Entabu, chimpanzé et médecin
Dans la forêt d'Ouganda, la primatologue Sabrina Krief observe depuis des années une communauté de grands singes et nous partage ses découvertes : comment les chimpanzés de Sebitoli se soignent ou évitent de tomber malades.
C'est l'histoire d'Entabu, un chimpanzé du parc national de Kibale, en Ouganda, qu'observe plusieurs mois par an la primatologue française Sabrina Krief. Et ce jour-là, « après une espèce de combat avec beaucoup d'effusions, de cris, etc., je le suis et je me rends compte qu'en fait, il a la lèvre vraiment ouverte, avec une blessure profonde, raconte la codirectrice de la station de recherche du Sebitoli Chimpanzee Project. Il se dirige vers un arbre, monte, récupère des feuilles, en descend avec une sorte de boule de feuilles qu'il va presser sur sa lèvre avant d'aller se reposer dans un nid pendant plusieurs heures. »
Entabu fait-il un gros dodo pour soigner son gros bobo ? Pas tout à fait. Lors de sa sieste, il forme une nouvelle boule avec les feuilles qu'il avait cueillies dans l'arbre et qu'il applique encore sur sa lèvre.« Quand j'ai vu la blessure, je me suis dit qu'il n'allait pas être capable de manger pendant plusieurs jours tellement la blessure était impressionnante,poursuit Sabrina Krief. Le lendemain, c'était quasiment cicatrisé, et deux jours après rien, ne paraissait plus. J'ai regardé dans les articles scientifiques et j'ai vu que c'était une plante qui avait des propriétés pour les problèmes d'hémorragie, pour limiter les saignements. »
Les chimpanzés, qui partagent 99% de leur ADN avec les humains, n'ont pas besoin d'aller sur internet pour se soigner. Non seulement la pression du cataplasme a permis d'arrêter les saignements, mais les feuilles choisies ont aussi agi comme un médicament. À l'instar d'autres animaux, les chimpanzés font de la médecine de terrain, et ils apprennent les uns des autres. « Ce n'est pas inné, ce n'est pas instinctif. Il y a de l'apprentissage de type essai-erreur, mais c'est dangereux quand même de faire des erreurs en forêt tropicale parce que certaines plantes sont extrêmement toxiques. La curiosité des chimpanzés est ce qui permet de dépasser cette peur. Quand un individu utilise ou consomme quelque chose de différent de ce qui est habituel, cela suscite vraiment l'intérêt des autres », explique Sabrina Krief. Chaque communauté de chimpanzés possède ainsi une culture, comme on a aussi pu le constater avec l'utilisation d'outils.
Parmi les autres découvertes médicales que la primatologue partage dans son livre Infiniment proches aux éditions Grasset : l'invention d'un lit anti-moustique. « Les chimpanzés font un nid différent tous les soirs. Ils ont vraiment un très vaste choix d'espèces dans la forêt tropicale. Or, quand on a enregistré plus d'un millier de nids, on s'est rendu compte que pratiquement 80% des nids étaient concentrés autour de dix espèces seulement. On a alors testé les propriétés aromatiques de ces feuilles et on s'est rendu compte que certaines d'entre elles avaient des actions répulsives contre les moustiques. » Les chimpanzés de Sebitoli savent se soigner, et mieux encore, ils font de la prévention.
La question de la semaine
Sun, 05 Apr 2026 - 294 - Les derniers secrets des oiseaux migrateurs
De récentes études scientifiques nous en apprennent un peu plus sur un phénomène fascinant, mais encore parfois mystérieux : pourquoi, et comment, chaque année, des dizaines de milliards d'animaux à plumes se lancent dans de (très) longs voyages pour trouver chaleur et nourriture. (Rediffusion du 26 janvier 2025)
Ils sont, chaque année, plus de 50 milliards à s'envoler vers ailleurs, pour passer l'hiver au chaud, se reproduire ou trouver une nourriture plus abondante. Une espèce d'oiseau sur cinq appartient ainsi à la grande famille des migrateurs.
Préparation physique
Mais au sein d'une même espèce, tous les oiseaux ne sont pas migrateurs. C'est par exemple le cas du merle qui possède l'un des plus beaux chants d'oiseau en Europe. On le voit gratter le sol en hiver à la recherche de quelques vers. Mais un quart d’entre eux, environ, préfère s'exiler plusieurs mois, là où il fait plus chaud et où il y a plus à manger, en Espagne ou en Afrique du Nord. Un voyage de 800 kilomètres en moyenne. Ce n'est pas rien, et ça se prépare, comme l’ont constaté des scientifiques allemands en équipant des merles d'une forêt du sud de l'Allemagne des mêmes capteurs qu'utilisent les sportifs pour mesurer leurs performances. Un mois avant le grand départ, le rythme cardiaque diminue la nuit, avant que la température corporelle, la nuit aussi, ne se mette également à baisser. L'heure est aux économies d'énergie.
Phénomène social
À l'image de l'autoroute des vacances qu'empruntent les humains, les oiseaux migrateurs parcourent souvent les mêmes chemins, et ils ne sont pas tout seuls. Sur la longue route, dans l’air ou sur les aires de repos, on socialise, et pas qu’avec les siens, comme viennent de le montrer de récentes études réalisées notamment grâce aux progrès de l'intelligence artificielle, en s'appuyant sur des enregistrements sonores d'oiseaux en vol ou au repos. Ce sont en moyenne trois espèces différentes qui voyagent ensemble (2,7 exactement, selon une étude publiée ce mois-ci aux États-Unis). Il y a une dimension sociale dans la migration et elle est liée au plumage : puisque la vitesse en vol dépend de la taille des ailes, les oiseaux aux ailes similaires voyagent ensemble. Qui se ressemble s’assemble.
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Cocaïne et déforestation
Pendant ces longues migrations, les oiseaux affrontent de nombreux périls dont les humains sont souvent responsables – la chasse, la pollution lumineuse, les constructions, le changement climatique... Et il y a aussi, plus inattendue, la cocaïne. Non, les oiseaux n’en consomment pas pour tenir le coup sur ces longues distances. Mais la coca les menace indirectement. C'est l'un des effets pervers de la lutte antidrogue en Amérique latine, mise en lumière l'an dernier par une étude de chercheurs aux États-Unis. Pour échapper à la surveillance, les narcotrafiquants s'enfoncent toujours plus dans les forêts tropicales et sont responsables, au Guatemala ou au Nicaragua, de près d'un tiers de la déforestation. Précisément là où viennent passer l'hiver, 20% des oiseaux migrateurs nord-américains.
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Le plein de caca
Dernière révélation : la migration encourage la coprophagie, le fait d'avaler des excréments. Le caca, c'est caca, mais c'est surtout plein d'énergie. Des chercheurs australiens ont observé que le pétrel géant, avant la traversée de l’océan Austral, se nourrissait d'excréments de phoques, pour s'envoler le ventre plein. Chez tous les oiseaux migrateurs coprophages, il s'agirait aussi d'enrichir leur microbiote intestinal, pour que le système digestif s'adapte sans problème aux nouveaux types de nourritures rencontrées tout au long de la migration. Chez les oiseaux, la tourista, on ne connaît pas.
La question de la semaine
Sun, 29 Mar 2026 - 293 - Certaines plantes ne perdent jamais la boule
Dans des milieux arides, comme dans le Haut Atlas au Maroc, des végétaux poussent en forme de sphère. Une adaptation aux conditions extrêmes qui leur procure de nombreux avantages.
Avez-vous déjà vu un hérisson se mettre en boule ? Ou un cloporte ? C'est pour se protéger. Des plantes ont la même tactique. Dans des zones arides, presque désertiques, comme dans les montagnes du Haut Atlas marocain, des boules vertes ponctuent les paysages, « des paysages magnifiques », témoigne Thierry Gauquelin, qui les arpente pour leur beauté, et pour son travail à l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie de Marseille. Des plantes poussent donc en forme de boule parce que cette architecture sphérique offre de nombreux avantages.
Dans une région aux étés marqués par la sécheresse, il s'agit d'abord de perdre le moins d'eau possible et de limiter l'évapotranspiration (lorsque les feuilles rejettent dans l'atmosphère de l'eau sous forme gazeuse). « On sait que la sphère est la structure qui présente le rapport surface/volume le plus faible. Pour les végétaux qui doivent lutter contre la sécheresse, l'idée est donc de présenter une surface de contact avec l'atmosphère la plus faible possible et donc des possibilités de transpiration les plus faibles possibles », explique l'écologue.
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Microclimat
Ces touffes de feuilles limitent aussi l'érosion du sol. Ce sont des boules vivantes qui forment « vraiment un coussin plaqué contre le sol, poursuit Thierry Gauquelin, professeur émérite à l'Université d'Aix-Marseille. On a ainsi un sol bien différent de celui qu'on a à l'extérieur, plus riche en matière organique, plus épais, qui présente une biodiversité plus importante. Un certain nombre d'insectes, des coléoptères, etc., vont se développer au sein de la touffe en y trouvant des conditions optimales pour leur développement. »
Ces boules abritent aussi un formidable microclimat, comme l'a mesuré Thierry Gauquelin en plein été : alors que « la température était à l'extérieur de 30°C ou 35°C, elle n'était plus que de 20°C à l'intérieur de la touffe et l'humidité y restait beaucoup plus importante. On a effectivement une sorte de microclimat qui affranchit un petit peu la plante du climat général. »Et c'est aussi utile pendant les hivers rigoureux à 2 500 mètres d'altitude.
Cette architecture sphérique est le fruit de millions d'années d'évolution, au Marocmais aussi dans les Alpes ou même en Alaska. À des milliers de kilomètres, des plantes ont trouvé la même stratégie. Depuis, elles n'ont jamais perdu la boule.
La question de la semaine
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Sun, 22 Mar 2026 - 292 - Dix choses que vous ignorez peut-être sur les chats
Comment les chats se soignent et nous soignent, comment nous manipulent-ils, qui sont les chats les plus célèbres, pourquoi sont-ils si performants ? Voici quelques secrets de vos animaux de compagnie préférés.
Ils sont plus de 600 millions sur la planète, et cela fait plus de 9 000 ans qu'ils vivent aux côtés des humains. Les chats ont mille secrets ; en voici quelques-uns.
1. Mini-tigre
Dieu a-t-il inventé le chat pour qu'on puisse caresser un tigre ? En tout cas le chat possède 95 % de l'ADN des grands félins. Leur ancêtre commun vivait il y a 10 millions d'années.
2. Astronaute
En 1962, un chat est allé dans l'espace. La télé était en noir et blanc, et le chat aussi était noir et blanc. C'était une chatte, qui s'appelait Félicette, au service du programme spatial français, et qui décolla à bord de Véronique, le nom de la fusée. Un vol de 10 minutes jusqu'à 157 kilomètres d'altitude. Félicette était revenue vivante. « Ah ! Félicette va bien, assurait à la télévision un responsable du programme. Elle se porte parfaitement, elle mange bien. Je crois qu'elle va très bien. » Deux mois plus tard, pour étudier son cerveau, elle était euthanasiée.
3. Chute libre
Quand ils chutent d'un toit ou d'un balcon, les chats ne retombent pas toujours sur leurs pattes, mais leur taux de survie est de 90 %. Grâce à leurs 30 vertèbres (les humains n'en ont que 24), une partie de leur colonne vertébrale est flexible et l'autre rigide, ce qui leur permet de se redresser pendant la chute, quand leur moustache et leurs yeux évaluent la distance jusqu'au sol.
4. La meilleure façon de marcher
Les chats ont aussi le sens de l'équilibre, sur des passages étroits. C'est grâce à leur queue et à leur façon de marcher. La patte arrière se pose exactement où était la patte avant. Et c'est aussi utile face aux prédateurs : ils laissent deux fois moins de traces sur le sol.
5. Doyen
Le plus vieux chat du monde, Creme Puff, est mort au Texas en 2005. Il venait d'avoir 38 ans. Il est entré dans leLivre Guinness des records.
À écouter dans Autour de la questionQue se passe-t-il dans la tête d'un chat?
6. Doyenne
Kitty, doyenne des mamans-chats, a donné naissance au Royaume-Uni à deux petits chats quand elle avait 30 ans.
7. Mère à chats
Quand le chat tête un humain, cela lui rappelle sa mère, et s'il le fait, c'est parce qu'il est stressé. Quand il ronronne, cela lui rappelle encore sa mère – ici c'est un signe de confiance. Nous sommes tous des mamans-chats.
8. Médecin
Le ronronnement lui sert aussi à se soigner. Sa fréquence, entre 50 et 150 hertz, accélère la cicatrisation des plaies et la guérison des fractures. Et nous, humains, en profitons aussi : la médecine s'est inspirée des chats et utilise ces fréquences pour soigner des blessures musculaires.
9. Le ronron du bonheur
Le ronronnement du chat entraîne aussi chez les humains la production d'endorphine et de sérotonine, les hormones du bonheur.
10. Manipulateur
Si le chat miaule, c'est presque toujours avec un humain. Et il varie le ton et l'intensité en fonction de ses besoins. Il a appris au fil du temps ce qui marchait avec vous, et avec vous, ça marche toujours. Vous caressez un chat, mais c'est le chat qui vous manipule.
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Sun, 15 Mar 2026 - 291 - Comment les mouettes, les goélands et les cormorans ont colonisé la Seine à Paris
Mouettes, goélands et cormorans ont fait de la Seine leur lieu de villégiature hivernale, avant qu'un certain nombre d'entre eux décide de s'y installer à l'année.
On les voit et on les entend. Des milliers de mouettes, qui piaillent ou qui pleurent en bord de Seine, le long de la voie rapide qui traverse Paris, sont posées sur le sable. Ce n'est pourtant pas Paris-Plage, on est alors en plein hiver, au mois de janvier. Le soleil s'est couché et les mouettes se sont rassemblées sur les barges remplies de sable amarrées au quai, qu'elles transforment chaque soir en immenses dortoirs.
« Les mouettes sont des oiseaux d'eau douce qui vont se reproduire sur les étangs. Entre le 15 février et le 1er mars tout le monde fout le camp ! Donc à partir de cette période, si vous voyez des oiseaux blancs sur la Seine, il y a neuf chances sur dix que ce soit des goélands, qui sont plus gros d'ailleurs », précise Frédéric Malher, ornithologue à la LPO Île-de-France, la Ligue pour la protection des oiseaux. Les Parisiens (et les touristes) prennent souvent des goélands pour des mouettes, « et dans le filmVos gueules les mouettes !, ce qu'on entend, ce sont des goélands, pas des mouettes ! »
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Goélands parisiens
En cet après-midi du mois de mars 2026, Frédéric Malher nous a donné rendez-vous en bord de Seine, face à Notre-Dame à la pointe de l'île de la Cité, où des goélands, reconnaissables à leur bec jaune, se reposent au soleil de cette fin d'hiver. « Ce sont des espèces essentiellement marines qui, en hiver, se répartissent un peu n'importe où, et en particulier remontent les fleuves. Cela faisait très longtemps qu'on en voyait en hiver à Paris. Puis, comme un certain nombre d'espèces, ils se sont aperçus que finalement, la ville, c'était quand même bien sympathique. Il y a à manger toute l'année, en général des poubelles et des fins de marché, et éventuellement des poissons dans l'eau. Et puis, les humains leur foutent la paix. Ils ont beau avoir un paysage touristique que le monde entier nous envie, là, ils n'en ont rien à faire ! »
En contrebas du quai, sur la Seine boueuse, un couple de canards colverts barbote au gré des vaguelettes. Un cormoran, ce grand oiseau marin au plumage noir et au long bec crochu apparaît. « C'est un jeune cormoran qui vient de plonger ! », remarque Frédéric Malher. L'oiseau disparaît une dizaine de secondes avant de ressortir un peu plus loin, un poisson dans le bec. Le grand cormoran est un oiseau migrateur. Il vient d'Europe du Nord et passe l'hiver à Paris, où on compte un millier d'individus. Certains restent même à l'année parce que la pêche est bonne.
« Le cormoran est un grand pêcheur qui a la particularité d'avoir un plumage qui se mouille, à la différence de la plupart des autres oiseaux, explique Frédéric Malher. Quand on fait tomber de l'eau sur le dos d'un oiseau, l'eau ruisselle. Évidemment, il ne faut pas y aller au jet d'eau ! C'est en particulier très utile pour les canards qui flottent, parce qu'en plus, cela leur procure une couche d'air qui les maintient au chaud. Mais ça les empêche de plonger, ils remonteraient comme un bouchon. »
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Plongée sous-marine
Le cormoran, lui, n'a pas ce problème et peut plonger « jusqu'à dix ou vingt mètres assez facilement, poursuit Frédéric Malher. Après, il va aller se poser et prendre la posture classique avec laquelle on représente souvent les cormorans, les ailes écartées qu'ils remuent éventuellement.Tiens, ça y est, il s'envole, il en a assez ! », s'interrompt l'ornithologue alors que le son d'un battement d'ailes bien spécifique s'élève de la Seine : celui d'un cormoran qui redouble d'efforts pour faire décoller de l'eau ses quelques trois kilos.
Écarter les ailes au repos, « on a longtemps pensé qu'il faisait ça pour se sécher, ce qui est sûrement vrai au moment où il sort de l'eau. Puis on s'est aperçu que pour avoir cette position-là, les muscles travaillent, donc ils se réchauffent. Cela a donc une double utilité ». Sur la dalle qui leur sert de reposoir, au-dessus du Mémorial des martyrs de la déportation, goélands et cormorans continuent de prendre le soleil. Un héron les a rejoints. La Seine est un paradis.
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Sun, 08 Mar 2026 - 290 - Au Salon de l'agriculture, un salon de beauté pour chiens de berger
Le Concours général agricole récompense chaque année à Paris les plus beaux chiens de berger, choyés par leurs propriétaires. Reportage dans les allées du Salon de l'agriculture 2026.
Une petite foule commence à se presser autour du « ring » où se déroule l'une des épreuves du Concours général agricole, qui récompense chaque année, au Salon de l'agriculture à Paris, les meilleurs animaux de la ferme. Veaux, vaches, cochons… et chiens. « Mes amis ne savaient pas que les chiens étaient au Salon de l'agriculture tous les ans. Pour eux, c'était cette année exceptionnellement parce que les vaches, qui ne sont pas là [à cause de l'épidémie de dermatose, NDLR], ont été remplacées par les chiens. Alors que non, les chiens sont présents tous les ans », rappelle Lætitia Cabrol, venue spécialement de Béziers, dans le sud de la France, avec Twister, son berger des Pyrénées à face rase.
Comme l'explique Elodie Dormoy, en train de toiletter, dans son box, Sony des Anges, son corgi pembroke âgé de quatre ans, tous les chiens du concours « sont des chiens de berger », des races initialement destinées à garder les animaux de la ferme. « Les juges vérifient la conformité du chien par rapport aux standards de sa race », explique-t-elle.
Démêlant pour cheveux
Des critères subjectifs peuvent aussi entrer en compte. « On ne peut pas oublier le petit coup de cœur, parce qu'un chien, quand vous le voyez, il y en a qui vraiment vous prennent le cœur. On ne va pas l'empêcher, c'est un jugement humain », précise le speaker du concours, qui commente inlassablement la compétition au micro, du bord du ring.
Surtout, « il faut que le chien courre avec élégance. C'est un concours de beauté », sourit Françoise Lauer, venue de Strasbourg, dans l'est de la France, avec un bearded collie, ou colley barbu, aux longs poils. Ou plutôt « une », car « c'est une fille, elle s'appelle Ti Amo », comme la chanson d'Umberto Tozzi.
Au milieu des cages qui accueillent les chiens, au milieu des aboiements, le Salon de l'agriculture a des allures de salon de beauté, et Françoise Lauer prépare Ti Amo pour qu'elle soit la plus belle : « Ça demande de l'organisation. Il faut laver le chien au préalable. Il faut qu'elle ait le poil qui tombe très bien. C'est toute une technique pour que les cheveux tiennent en arrière. Pas de la laque, mais du gel, et un démêlant pour ne pas lui tirer sur les cheveux, pour que ça ne fasse pas mal. » Dans les concours canins, les « filles » ont des cheveux, pas des poils.
Tous les candidats, ou plutôt leurs propriétaires, donnent coups de peigne ou coups de ciseaux avant de passer sur le ring et d'être jugés. Dorothée Baraton est ainsi affairée sur un berger australien, le chien d'une amie, « pour qu'il soit plus présentable ». « Je pense que la maîtresse est plus stressée que le chien », rit-elle.
Deux testicules sinon rien
Ici, pas d'épreuve de dressage ou de travail. « On est dans de la beauté, donc on n'arrive pas tout crotté, s'exclame Bernadette Frogier, éleveuse de berger blanc, un descendant du berger allemand. Il faut que le chien se présente bien, accepte qu'on lui regarde les dents – parce qu'on vérifie que le chien a bien toutes ses dents. Le juge va vérifier aussi pour les mâles s'il a bien ses deux testicules, sinon c'est éliminatoire. Ah oui ! Pour se reproduire, il faut que le mâle ait ses deux testicules. Sinon, ça fait des problèmes après au niveau des chiots... »
« Oui, vous avez le droit d'applaudir les chiens !, encourage au bord du ring le speaker, alors que les spectateurs sont de plus en plus nombreux. Je dirais qu'ils sont cabots, sans mauvais jeu de mot ! » Les chiens défilent devant les juges, qui les examinent un par un. « Et après, poursuit Bernadette Frogier, on fait un tour de ring en trottant parce qu'on recherche l'allure bergère du berger : le trot allongé, un beau port de queue qui descend, des belles oreilles... » « Vous voyez bien les oreilles, commente le speaker auprès d'un public souvent profane. Vous voyez bien la distance entre les deux oreilles et le bout du nez. » Un peu plus loin, en attendant son tour, Dorothée Baraton commente : « Ils sont gentils, vous savez, parce qu'ils sont patients... »
La question de la semaine
Sun, 01 Mar 2026 - 289 - L'alcool, une histoire de plantes et d'animaux
L'alcool est dans la nature. Des végétaux produisent naturellement de l'éthanol dont raffolent certaines espèces : des singes, des oiseaux ou des chauves-souris.
Il n’y a rien de plus naturel que l’alcool. L’éthanol, son nom scientifique, est apparu sur Terre il y a une centaine de millions d’années, quand les plantes ont produit des fleurs, et donc des fruits, qui finissent par pourrir : ils fermentent, un processus chimique mêlant sucre et levure.
L'humain n'a pas le monopole de l'alcool, mais chez les autres animaux, on mange de l’alcool plutôt qu’on en boit. C’est le cas des singes, qui seraient tombés dedans il y a 10 millions d’années, lors d’une longue période de sécheresse, contraints de se rabattre sur des fruits pourris tombés au sol, des fruits fermentés.
L'alcool tue en volant
Le chimpanzé, notre cousin le plus proche, consomme chaque jour en fruits l’équivalent d’une pinte de bière. Une expérience menée sur d’autres singes, des vervets, a aussi montré leur penchant pour l’alcool. Ils avaient le choix entre un verre de jus de fruit et un verre d’éthanol ; seulement 15 % ont choisi le jus de fruit.
Certains animaux consomment avec modération. Une chauve-souris africaine choisit des fruits à faible teneur en alcool, 1 % au maximum, sans doute pour éviter de voler en état d’ivresse. Ce qui n’est pas le cas d’une espèce d’oiseau d’Amérique, le jaseur. Il ne tient pas l’alcool, percute régulièrement des obstacles, et certains en meurent. Parfois l’alcool tue en volant.
Un drame lié à l'alcool a eu lieu en Inde quand un éléphant a tué quatre personnes dans leur sommeil, en les écrasant, attiré par un stock d’alcool frelaté. Mais vu le poids de l’éléphant, peu de risque qu’il s’enivre : il lui faudrait boire au moins 40 litres d’alcool, soit manger près de 1 500 fruits fermentés.
Source d'énergie
Un autre animal tient très bien l’alcool, malgré son petit poids, à peine 50 grammes. Il s’agit du ptilocerque, un mammifère d’Indonésie de la taille d’un rat. Il peut absorber l’équivalent de neuf verres de bière, sans le moindre signe d’ébriété.
Mais les animaux recherchent-ils l’ivresse comme les humains ? Plutôt de l’énergie, et l’alcool est particulièrement calorique. Une espèce de mouche ferait, elle, exception. Les femelles alcoolisées ont tendance à multiplier les partenaires sexuels – l’alcool désinhibe. Alors que les mâles rejetés par leur partenaire font le plein d’éthanol – on boit pour oublier.
La question de la semaine
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Sun, 22 Feb 2026 - 288 - La Saint-Valentin des plantes, fidèles ou polyamoureuses
Si les végétaux offrent des fleurs pour séduire, ce sont leurs propres fleurs, pour attirer les pollinisateurs. Certains ne jurent que par la fidélité quand d'autres pratiquent l'amour libre.
C'est le massacre de la Saint-Valentin. Deux cents millions de roses sont coupées en quelques jours chaque année dans le monde juste pour la fête des amoureux. Des fleurs mortes pour célébrer l'amour... Oui, ça sent la rose, mais aussi les pesticides.
La Saint-Valentin des plantes, dans leur milieu naturel, a un tout autre parfum. Les plantes aussi offrent des fleurs, mais ce sont leurs fleurs (leurs couleurs, leurs parfums et leur nectar), pas à d'autres plantes mais à des insectes, en général, qui jouent les entremetteurs, pour qu'il y ait pollinisation. Un triangle amoureux, où la séduction ne sert qu'à la reproduction.
Figue féconde
Certaines plantes sont particulièrement fidèles ; elles dépendent d'une seule espèce pour se reproduire. C'est le cas du figuier, un symbole de fécondité dans l'Antiquité, à cause de la sève blanche qui s'écoule quand on coupe une figue – pas besoin de faire un dessin...
Depuis la nuit des temps, le figuier a fait alliance avec une espèce unique pour être fécondé : une guêpe. Elle entre dans la figue pour y pondre ses œufs et transporte ainsi le pollen. La plante et l'animal ont co-évolué pendant des millions d'années. Résultat : pas de guêpe, pas de figue, et sans figue, pas de guêpe non plus. C'est l'amour exclusif, mais c'est l'amour du risque : une seule guêpe vous manque et tout est dépeuplé.
L'amour à l'aveugle
Mais la plupart des plantes pratiquent le polyamour, multiplient les contacts pour multiplier leurs chances de se reproduire. La fleur de colza, par exemple, est pollinisée par plus de cent espèces d'insectes.
Il y a aussi des plantes qui font l'amour à l'aveugle : les plantes anémophiles qui sèment à tout vent, tels les conifères. Comme un amoureux sur Tinder qui fait répondre à tous. À ce jeu de l'amour et surtout du hasard, sur des millions de graines, il y en aura bien une pour qui ça va matcher.
Enfin, des plantes n'ont besoin de personne et pratiquent l'autofécondation. C'est le cas des céréales, le blé ou le riz. Certes, ce n'est pas terrible pour la diversité génétique, mais pas de déception amoureuse, ni rupture, ni jalousie. On n'est parfois jamais si bien servi que par soi-même.
La question de la semaine
Sun, 15 Feb 2026 - 287 - Des insectes nettoyeurs au service de l'humanité
Des mouches, des vers ou des scarabées sont de véritables agents de ménage en se nourrissant de nos déchets.
Vous en avez assez de faire le ménage ? Voici l'armée silencieuse, ou presque, des petites mains qui nous débarrassent des déchets. Ici, ce sont plutôt les petites bouches de petites mouches : la mouche soldat noire pond ses œufs dans les poubelles et le compost. Elle valorise nos déchets et les transforment en engrais.
Mouches cicatrisantes
Les mouches nettoient aussi les plaies, depuis l'Antiquité, quand il n'y avait pas d'antibiotiques. On appelle ça l'asticothérapie, pratiquée aussi à Diên Biên Phu par l'armée française à court de médicaments. Les larves, pour se nourrir, détruisent les tissus infectés, et leurs sécrétions ont une action antiseptique. Aujourd'hui, en France ou aux États-Unis, les asticots sont officiellement reconnus comme des médicaments.
Main-d'œuvre immigrée
Au milieu du XXe siècle, l'Australie a dû faire appel à des champions du nettoyage, parce qu'il n'y avait, dans l'immense territoire, aucun insecte capable de décomposer les bouses des vaches importées. Les insectes coprophages présents sur place se contentaient des petites crottes des kangourous. À cause des bouses de vache – 300 millions par an –, plus d'un million d'hectares de pâturages étaient ainsi perdus chaque année. L'Australie a donc fait venir des bousiers, ces petits scarabées célèbres pour rouler des boules de bouse dont ils se régalent. Mais aujourd'hui, les vermifuges qu'on donne au bétail menacent les populations de bousiers.
Nourriture plastique
Face à la pollution plastique qu'il génère, l'humain aurait pu avoir un allié : le ver de cire, la chenille d'un papillon qui peut vivre plus d'un an nourrie uniquement de polyéthylène. Lors d'une expérience, une soixantaine de larves ont mis une semaine à dévorer un sac plastique. Pas mal, mais ce ne sera pas suffisant vu l'ampleur de la tâche et les 400 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année. On ne peut pas toujours compter sur les autres animaux.
La question de la semaine
Sun, 08 Feb 2026 - 286 - Près de 27 ans après la marée noire, l'Erika continue de tuer des oiseaux marins
Des oiseaux ont été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, et le coupable a été identifié : du fioul du pétrolier Erika, naufragé fin 1999 et affrété par Total, qui continue de s'échapper. Le pétrole est l'ennemi des oiseaux de mer.
En mer, on fait parfois de mauvaises rencontres. Comme une flaque de pétrole, flasque et gluante. Une quinzaine d'oiseaux marins ont ainsi été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, dans l'ouest de la France, souillés par le mazout de l'Erika, plus de 26 ans après que le pétrolier affrété par Total s'est coupé en deux, le 12 décembre 1999. Entre 150 000 et 300 000 oiseaux avaient été tués à l'époque par la marée noire.
Mais il y a aussi le Tanio, un autre pétrolier naufragé il y a 46 ans, toujours au large de la Bretagne. « Le Tanio est un bateau très connu de nous, ornithologues, et à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), parce que chaque année, ou quasi chaque hiver, le bateau libère des nappes de fioul, et les oiseaux se souillent dans ces nappes, raconte Cédric Marteau, le directeur de la LPO. Ce qui est nouveau, aujourd'hui, c'est l'Erika. On a pour la première fois retrouvé sur des oiseaux marins des traces de ce fioul Erika. »
Peu de chances de survie pour un oiseau souillé
Les oiseaux marins et le pétrole, issu des marées noires ou des dégazages, ne font évidemment pas bon ménage. « Ils vivent à 100% en mer à part pour se reproduire, ce qui est très différent des oiseaux côtiers, explique Cédric Marteau.Et donc, ils s'alimentent en mer, ils dorment en mer, ils se posent sur l'eau et ils sont souillés. »
Les chances de survie sont alors très minces. « À partir du moment où les oiseaux ont ingéré du fioul, en se nourrissant ou en voulant se nettoyer, on considère qu'il est très difficile de les sauver,poursuit Cédric Marteau.Il suffit parfois qu'il n'y ait que quelques plumes pour que l'oiseau soit simplement handicapé, n'arrive plus à vivre seul et donc vienne s'échouer. » À cause du pétrole, les plumes ne sont plus imperméables, et pour un oiseau de mer, c'est quand même un problème.
Les oiseaux marins parmi les espèces les plus menacées
Les oiseaux marins sont le deuxième groupe d'oiseaux le plus menacé au monde, à cause des marées noires, des dégazages mais aussi de la pêche, juste après les perruches et les perroquets en raison de la déforestation. Et on risque de perdre les oiseaux marins à tout jamais, parce qu'il est impossible de mettre en place des programmes de réintroduction.
« La spécificité de ces oiseaux marins, c'est qu'évidemment, on ne peut pas les élever, souligne Cédric Marteau, de la LPO. Parfois, avec des oiseaux terrestres, on peut espérer les faire se reproduire, et quand les conditions s'améliorent, les réintroduire dans leur milieu. Les oiseaux marins, c'est impossible. Si on perd une espèce ou si une espèce d'oiseau marin est en danger, on ne peut malheureusement rien faire. »
À lire aussiFrance: 27 ans après le naufrage de l'Erika, du fioul identifié sur des oiseaux en Bretagne
La question de la semaine
Sun, 01 Feb 2026
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