Nach Genre filtern

C'est dans ta nature

C'est dans ta nature

RFI

C'est dans ta nature, le rendez-vous hebdomadaire de RFI avec la biodiversité. Reportages et infos sur les végétaux et les animaux, leurs comportements, leurs secrets, leurs rôles dans les écosystèmes et dans la mondialisation. Tout ce dont on parle ici, C'est dans ta nature !

309 - Fraudeurs, imposteurs, manipulateurs… qui sont les animaux qui trichent?
0:00 / 0:00
1x
  • 309 - Fraudeurs, imposteurs, manipulateurs… qui sont les animaux qui trichent?

    La sélection naturelle a favorisé dans le monde animal certains comportements que la morale humaine réprouve. Des oiseaux, des insectes ou des mammifères ont développé au cours de l'évolution des tactiques déloyales pour se nourrir et se reproduire.

    C'est la stratégie du coucou : pondre dans le nid d'autres oiseaux. Le coucou gris, un oiseau migrateur présent en Afrique durant l'hiver de l'hémisphère nord, et en Europe et en Asie le reste de l'année, pond des œufs de la même couleur que ceux des oiseaux dont il utilise le nid. Ni vu ni connu, le coucou ne s'embarrasse pas à construire un nid, à élever ses petits. Il n'est d'ailleurs pas le seul animal à pratiquer le parasitisme de couvée.

    Une espèce de bourdon est ainsi appelée le bourdon coucou. Il s'introduit dans le nid de bourdons ordinaires en se frottant d'abord contre les alvéoles, pour s'imprégner de l'odeur de la colonie et passer ainsi inaperçu. Il pond, et s'en va, laissant les ouvrières élever ses larves. Lui aussi se fiche bien des joies de la maternité.

    À lire aussiLes animaux squatteurs

    Brouteurs

    C'est de la triche, mais chez les animaux, il n'est pas question de morale, un concept très humain. C'est la sélection naturelle qui a favorisé ces comportements : tricheurs, usurpateurs, dissimulateurs… et vrais faux séducteurs.

    Chez une espèce de mouche, le mâle offre une proie cachée dans un cocon, suffisamment gros pour que la copulation se termine avant que la femelle n'ait le temps de défaire entièrement le paquet cadeau. Parce que, bien souvent, il n'y a rien à l'intérieur.  

    Usurpation d'identité

    Chez la mouche-scorpion, on s'offre aussi des proies, mais certains mâles se font passer pour des femelles, pour recevoir un cadeau, avant de s'envoler très vite, avec le cadeau bien sûr, qu'il utilisera pour séduire une femelle.

    Il y a des voleurs, et des imposteurs : en mer, la blennie se fait passer pour un poisson nettoyeur, sauf qu'au lieu d'enlever les parasites, elle mord carrément les nageoires et la peau, sans oublier d'injecter un venin qui décourage la victime de se défendre. 

    À lire aussiLes poissons vont-ils manquer d'oxygène dans l'océan? 

    Vol à l'étalage

    Mention spéciale pour les geais, de la famille des corvidés, parmi les plus intelligentes du monde animal. En Amérique, le geai bleu imite le cri d'un rapace pour faire fuir d'autres oiseaux qui étaient en train de manger, et se faire un festin pour lui tout seul. En Europe, le geai des chênes est connu pour espionner un congénère en train d'enterrer un gland, avant d'aller le récupérer dès que l'autre a le dos tourné. Mais on a vu aussi des geais, se sachant observés, simuler l'enterrement d'un gland, pour mieux tromper l'adversaire. 

    Le mensonge est dans la nature, les escrocs aussi parfois. Mais les animaux tricheurs ne finissent jamais en prison. 

    La question de la semaine

    À lire aussiFace à la chaleur et aux canicules, des animaux très ingénieux

    Sun, 04 Oct 2026
  • 308 - Comment les chèvres ont séduit les humains

    Il y a environ 12 000 ans, les humains ont domestiqué un bouquetin, pour les nombreuses ressources qu'offrait l'animal (sa peau, sa viande ou son lait). Les chèvres les plus dociles ont été sélectionnées pour accompagner la sédentarisation de l'espèce humaine. 

    Et si c'était elle, la meilleure amie de l'Homme ? La chèvre est le deuxième animal domestiqué par les humains, bien après le chien (ou le loup), et à peu près au même moment que le mouton. C'était il y a environ 12 000 ans, au Moyen-Orient, où vivait et vit encore son ancêtre, l'égagre.« C'est un petit bouquetin qui vit dans les montagnes entre l'est de la Turquie et l'ouest de l'Iran. On est en marge du Croissant fertile et on a toujours des populations actuellement », précise François Pompanon, professeur à l'Université Grenoble Alpes.

    La chèvre était une proie

    Mais avant d'accompagner la sédentarisation des humains, rendue possible au Néolithique par l'agriculture, la chèvre sauvage était chassée. « L'animal était déjà à l'état sauvage en contact avec l'espèce humaine, simplement parce que c'était une proie pour les humains. Les troupeaux auraient été ensuite gérés à l'état semi-sauvage. Et petit à petit, certains individus auraient été pris à partir de ce stock-là pour commencer à habiter avec les humains. Et on se serait resserré sur des troupeaux de plus en plus contrôlés », poursuit le chercheur au Laboratoire d'Écologie Alpine qui a participé au séquençage à grande échelle du génome de la chèvre.

    Chassée, puis domestiquée, la chèvre a su séduire Homo sapiens en raison de la grande diversité de ressources qu'elle offrait. La chèvre, à cet égard, est comme le cochon : tout est bon ! « Tout était déjà utilisé, depuis les excréments qui pouvaient être séchés pour faire du combustible, par exemple, jusqu'aux os, aux cornes, aux peaux. La viande était utilisée, ainsi que le lait. C'était une ressource importante, comme ça l'est encore dans de nombreux pays. » La chèvre a conquis le monde, en accompagnant les migrations humaines. Elle s'est adaptée à tous les climats. Il y aurait dans le monde aujourd'hui 1 milliard de chèvres.

    Grande brouteuse

    La domestication, c'est de la sélection. Et les humains ont choisi les chèvres les plus dociles : c'est inscrit aujourd'hui dans leurs gènes. « On a un déterminisme génétique de la distance de fuite, précise François Pompanon, spécialiste de la génétique de l'évolution et de la domestication. Pour l'expérimentation, on prend un animal, soit sauvage, soit domestique, on fait s'approcher une personne et on regarde à partir de quelle distance l'animal va fuir. Et on se rend compte, effectivement, que plus on a certains gènes présents chez les animaux domestiques, plus cette distance de fuite va être courte. »

    Docile, la chèvre a pourtant parfois son petit caractère, comme la chèvre de Monsieur Seguin, qui s'était échappée, pour revenir à la vie sauvage, éprise de liberté – mais la liberté a un prix, celui de se faire dévorer par le loup. « Vous pensez si votre chèvre était heureuse, écrivait Alphonse Daudet dansLes Lettres de mon moulin. Plus de corde, plus de pieu, rien qui l'empêchait de gambader, de brouter à sa guise. » Brouter, elle sait faire, à tel point que les chèvres aujourd'hui sont aussi utilisées pour désherber et lutter contre les incendies. La chèvre a toujours le feu sacré.

    La question de la semaine

    Sun, 27 Sep 2026
  • 307 - Pourquoi les animaux voient ce que l'humain ne voit pas?

    La vision des animaux est-elle en noir et blanc, comme on le croit souvent ? Voient-ils le monde différemment des humains ? À quoi leur sert la vue ?

    Vous pensez que l'herbe est verte et que le ciel est bleu (sauf en cas de sécheresse ou de pic de pollution) ? C'est vrai, pour vous, mais pas pour tout le monde. L'humain distingue trois couleurs principales, le jaune, le rouge et le bleu, les couleurs primaires. Mais le chien, par exemple, ne voit pas le rouge. Beaucoup de carnivores repèrent surtout les mouvements et font davantage confiance à leur ouïe et leur odorat. Les pigeons, à l'inverse, qui sont souvent méprisés, possèdent l'une des visions les plus élaborées parmi tous les animaux : ils distinguent des millions de couleurs. 

    Vision nocturne

    La vision, chez un animal, a deux fonctions principales. Elle sert d'abord à repérer les proies. Le serpent a deux paires d'yeux, et l'une agit comme une caméra thermique pour distinguer sa cible même dans le noir total. Le chat chasse la nuit et dans l'obscurité il voit six fois mieux que nous, humains. Les insectes, et notamment les abeilles, distinguent les rayons ultraviolets ; elles voient ce qu'on ne voit pas, les signaux fluorescents des fleurs qui leur indiquent où se trouvent le nectar et le pollen.

    Un regard d'aigle

    Mention spéciale aux rapaces, aux yeux disproportionnés, comme si nous, humains, avions des yeux de la taille d'une orange. La rétine du faucon pèlerin, qui détient déjà le record de vitesse (350 km/h en piqué), contient 50 fois plus de cellules que la nôtre, ce qui lui permet de distinguer, à 18 mètres de haut, un objet de 2 millimètres seulement. Il voit aussi les ultraviolets et détecte ainsi les traces d'urine d'une souris dans les champs. 

    Des yeux de côté

    Mais voir permet aussi de repérer les prédateurs. Il ne s'agit pas de fixer un seul point (la proie) mais d'avoir la vision la plus large possible. Les yeux sont bien en face des trous, mais les trous sont sur les côtés. C'est le cas du cheval, du mouton, ou du lapin qui possède un champ de vision de 360 degrés. En revanche, ils ne voient rien de près. Ils ne voient pas l'herbe (verte) qu'ils broutent dans le pré.

    La question de la semaine

    À lire aussiBiodiversité: plus de la moitié des oiseaux migrateurs en déclin, selon un rapport de l'ONG BirdLife

    Sun, 13 Sep 2026
  • 306 - Journée mondiale du chat noir: pourquoi certains animaux nous rendent-ils superstitieux?

    Corbeaux, hyènes ou araignées... depuis des siècles, de nombreuses superstitions sont liées aux animaux, au risque d'entraîner des dégâts sur la biodiversité lorsqu'elles sont négatives.

    Une journée rien que pour lui. Tous les 17 août, les chats noirs ont droit à leur journée mondiale, comme n'importe quelle espèce menacée tel l'éléphant (chaque 12 août) ou l'orang-outan (tous les 19 août). S'ils ne sont pas à proprement parler menacés d'extinction, les chats noirs - accusés de porter malheur ou d'être le diable incarné - subissent toutefois une forme de discrimination parmi toute la gente féline. Une superstition qui remonte au Moyen-Âge...

    « On raconte que les sorcières s'entouraient de chats noirs parce que c'était le symbole de Satan. Elles empruntaient la physionomie de l'animal pour se rendre à leur sabbat [les réunions de sorcières]. Pendant le Moyen-Âge, il y a eu de nombreuses chasses aux sorcières, mais aussi des chasses aux animaux », raconte Denise Crolle-Terzaghi, auteur de l'ouvrage Les animaux fabuleux, légendes et superstitions, paru aux éditions Rustica.

    Mise à l'index papale

    La chasse aux hérétiques et aux chats noirs : des milliers, voire des millions, de chats noirs ont été massacrés en Europe après la publication d'une bulle papale, un texte du pape Grégoire IX, qui associait le chat noir à Satan. Et 800 ans après, les chats noirs restent des mal-aimés : dans les refuges pour animaux, personne ne veut les adopter. Mais tout est question de culture : en Angleterre ou en Asie, le chat peut aussi porter bonheur. « En Chine et au Japon, il y a le chat qui bouge sa petite patte et qu'on doit absolument avoir dans sa maison », poursuit Denise Crolle-Terzaghi. 

    Au-delà du chat noir, la couleur noire fait l'objet de superstitions : le noir étant la couleur de la mort, malheur aux animaux noirs... « Le corbeau, s'il volait pas loin d'une maison, annonçait la mort, rappelle Denise Crolle-Terzaghi. La chauve-souris, noire elle aussi, qu'on ne voit que la nuit, on la clouait sur les portes. C'est une pratique bien sûr cruelle, qui servait soi-disant de protection magique contre les mauvais sorts », ajoute-t-elle. 

    Charognards et sorcières

    Nombreux sont les animaux à faire l'objet de superstitions négatives, comme tous les charognards, pourtant fort utiles pour nettoyer la nature : les vautours, ou les hyènes associées aux sorcières dans certains coins d'Afrique. Mais dans une région d'Éthiopie, la hyène est au contraire réputée éloigner les mauvais esprits.

    Oui, des animaux portent aussi bonheur, sur tous les continents, comme le gecko, la coccinelle ou l'araignée mais seulement le soir. « “Araignée du matin, chagrin ; araignée du soir, espoir !” : c'est un petit dicton qu'on entend encore aujourd'hui. Quand on voyait une araignée qui courrait ou qui filait, cela voulait dire qu'on allait avoir de l'argent ». « L'argent ne fait pas le bonheur », dit un autre dicton. Mais le bonheur est dans la nature, et ce n'est pas une superstition !

    La question de la semaine

    Sun, 16 Aug 2026
  • 305 - Éloge de la lenteur chez des animaux: pourquoi ce handicap est un avantage

    Tortue, escargot ou paresseux… Certaines espèces ne se déplacent que de quelques centimètres à l'heure. Il s'agit d'une adaptation à une nourriture pauvre ou à des conditions extrêmes. Mais ces animaux risquent d'être rattrapés par le climat qui change à toute vitesse.

    C'est la glorieuse incertitude du sport, même dans la nature. « Il laisse la tortue aller son train de sénateur / Elle part et se hâte avec lenteur », écrit Jean de La Fontaine dans sa fable Le Lièvre et la Tortue. Face au lièvre bondissant, la tortue remporte la course, alors qu'elle n'était pas favorite, handicapée par la maison, la protection, qu'elle porte sur son dos. Une tortue se déplace en moyenne à 300 mètres à l'heure, voire à 1 km/h quand elle sprinte…

    L'escargot, qui porte aussi sa coquille, est encore plus lent : pour faire 1 kilomètre, il lui faut une centaine de jours en moyenne. Chez les mammifères, l'animal le moins rapide est le paresseux, en Amérique latine : 0,5 km/h en vitesse de pointe. Si bien que la mousse pousse sur ses poils. Et quand il s'accouple, ça peut durer 48 heures !

    À écouter dans Autour de la questionQue nous enseignent les tortues marines ?

    La vitesse, de l'énergie dépensée

    Comme chez le paresseux, le métabolisme du koala, sa capacité à transformer en énergie les aliments qu'il ingurgite, est aussi très lent. Lui aussi vit dans les arbres et lui aussi se nourrit exclusivement de feuilles, pas très caloriques et très longues à digérer. Il faut donc s'économiser parce que la vitesse, c'est de l'énergie dépensée. 

    Ralentir pour vivre mieux : les humains appellent ça la slow attitude. Chez les animaux, la lenteur est un avantage évolutif, notamment face aux prédateurs. Presque immobile, on est presque invisible. On ne fait pas de bruit, on n'émet pas non plus d'odeurs. 

    Le climat change plus vite

    En mer, l'étoile de mer, malgré ses milliers de petits pieds sous ses branches, n'avance que de quelques centimètres par minute, mais c'est suffisant pour attraper des proies encore plus lentes comme les oursins. Le requin du Groenland se déplace à moins de 1 km/h pour s'économiser dans l'eau glacée. Il est lent et vieillit lentement : il peut vivre jusqu'à 400 ans. 

    Mais la lenteur risque d'être un handicap face au changement climatique. Face aux flammes d'un incendie, on n'a pas le temps de fuir. Et quand se déplacer prend autant de temps, pas facile d'aller coloniser de nouveaux territoires plus cléments, alors que le climat, lui, change à toute vitesse. 

    La question de la semaine

    À lire aussiDes millions de victimes: pourquoi les animaux paient-ils un lourd tribut lors des incendies?

    Sun, 09 Aug 2026
Weitere Folgen anzeigen