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Le choix musical de RFI

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Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.

Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

735 - Avec ses «chansons d'humeur», Philippe Katerine vole au secours de la «Planète bleue»
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  • 735 - Avec ses «chansons d'humeur», Philippe Katerine vole au secours de la «Planète bleue»

    Le plus attachant des chanteurs français est de retour pour éclairer le début de l'automne. Philippe Katerine vient de dévoiler son dix-neuvième album, Planète bleue. Pour ce nouveau disque, l'artiste explore des territoires à la croisée de l'électro et du hip-hop, sans oublier de cultiver sa gentille bizarrerie et de porter un regard lucide sur le monde.

    Comment être fidèle à soi-même tout en n'étant jamais là où on l'attend ? S'il existe une réponse à cette question, c'est très probablement Philippe Katerine qui la détient. Avec dix-neuf albums à son actif, le chanteur français ne cesse de se réinventer, de surprendre et de se surprendre, mu par une inépuisable créativité et un bouillonnement d'idées incessant. On l'attendait du côté d'une pop maximaliste, comme celle qu'il livrait dans son précédent disque, Zouzou ? Avec Planète bleue, Philippe Katerine prend un chemin de traverse et nous retrouve sur le terrain de l'électro et du hip-hop.

    Une alliance fructueuse avec NkF

    « Je n'aime pas trop l'idée de faire toujours le même disque, sourit cet éternel joueur. Donc je change toujours de méthode, et de personnes avec qui je travaille. » Cette fois-ci, son acolyte principal fut NkF, Nikola Feve à la ville, qui était déjà intervenu sur le mixage de Zouzou. Le producteur, connu notamment pour avoir travaillé avec Damso, Zaho de Sagazan ou PNL, avait envoyé plusieurs pistes instrumentales au chanteur.

    « Je suis parti de ces pistes pour imaginer des mélodies. Je n'ai pas d'envie au préalable : je me lance dans quelque chose, sans savoir où je vais ! C'est la vie qui dirige, pas tellement vos envies », souligne encore le chanteur. Après une première phase d'écriture et de composition, ce dernier a enregistré de premières maquettes dans un studio non loin de chez lui (le bien nommé « Dites-le en musique »), avant de s'envoler pour Montréal où, chapeauté par NkF, le chanteur a finalisé son travail.

    Résultat : une douzaine de chansons riches en nappes de synthétiseurs et en instrumentations planantes. Un univers presque entièrement électronique, très loin de ce que compose habituellement le chanteur. « Il n'y a quasiment pas de "vrais" instruments, hormis le piano à pouces dont je joue sur "Paris 2025". En fait, NkF fait essentiellement de la programmation avec une petite tablette qui tient dans la main. » Un changement radical de processus pour Philippe Katerine, dont il s'est « réjoui », s'enthousiasme-t-il, d'autant que « cela donne un son très particulier, une ambiance assez sombre – des choses que, moi, je n'aurais jamais composées ! »

    Climat, capitalisme, numérique : la « Planète bleue » va mal

    Cet univers froid a eu, en tout cas, le mérite de correspondre aux préoccupations du chanteur. « J'étais dans un moment où j'avais vraiment besoin de créer. Je me sentais oppressé, aussi bien par ce qui se passait à l'intérieur de moi que par ce que je voyais à l'extérieur. » Pêle-mêle, Philippe Katerine évoque donc le changement climatique (« ​​​​​​​Planète bleue »), la toute-puissance du numérique (« Ils nous sucent »), ou le règne du capitalisme (« ​​​​​​​Les enfants sont de droite »).

    « ​​​​​​​Ce sont des chansons d'humeur, admet le chanteur et compositeur. Je suis énervé, j'avais besoin de faire cet album. Le monde était dans un tel état – il est encore pire aujourd'hui d'ailleurs –​​​​​​​que tout se répercutait en moi de façon négative. Dans ces cas-là, mon remède, c'est de faire des chansons pour mettre de l'ordre dans tout ça. »

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    Pour autant, ce drôle d'oiseau ne perd rien de l'étrange poésie qui est la sienne, et chacun de ses messages est livré sans naïveté, mais avec candeur ​​​​​​​–​​​​​​​ ​​​​​​​« ​​​​​​​j'essaie de cultiver mon innocence » confie-t-il d'ailleurs. Ainsi, pour aborder la confiscation de la démocratie, part-il d'une histoire en apparence innocente : celle de la disparition de son banc parisien préféré, où il aimait s'installer pour observer les passants. « ​​​​​​​Un jour, je suis arrivé, et il n'y avait plus de banc. Il ne restait plus que des traces, sur le bitume, d'un banc qui avait été là autrefois. » Une situation qui l'a mis hors de lui, pour lui-même, et surtout pour ceux pour qui un banc représente parfois un chez-soi, « ceux qui n'ont pas de maison notamment : on supprime des bancs sans nous prévenir, et en fait, sans notre consentement. Tout se décide sans nous. Il y a de quoi être furieux. »

    Au cynisme et à la noirceur, Philippe Katerine oppose une fois de plus la sincérité et l'innocence : ​​​​​​​Planète bleue, c'est donc un antidote à la morosité ambiante – un remède, qu'on se rassure, sans risque de surdosage.

    Philippe Katerine, Planète bleue (Cinq 7 / Wagram Music)2026

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    Fri, 06 Nov 2026
  • 734 - «Cancel Me (I’m Tired), deuxième album du groupe Fat Dog, sans filtre

    Fat Dog (« Gros chien ») publie Cancel Me (I’m Tired), deuxième album pour le groupe londonien, toujours mordant.

    Cancel Me (I’m Tired), dix titres, pied au plancher, voix énervée et refrains façon rock héroïque sur des synthétiseurs implacables et dansants. Réputés pour leurs concerts enflammés, les Londoniens se font connaître sur scène en 2020. Mais c’est surtout quatre ans plus tard que tout bascule, avec un premier album à la cacophonie post-punk génialement maîtrisée, intitulé Woof. Il les place illico sur le devant de la scène rock mondiale, grâce notamment au tubesque « Running ».

    En à peine six ans, le succès de Fat Dog est tel que les sollicitations pleuvent de partout. À commencer par cette proposition improbable de représenter le Royaume-Uni à l’Eurovision 2027. Et ils avaient un titre déjà prêt, « England Is My City ». Mais le projet tombe à l’eau, par crainte de récupération du morceau par l’extrême droite anglaise, et parce qu’il n’est pas question de s’associer au célèbre concours de la chanson, devenu un enjeu géopolitique.

    Dans la foulée, Fat Dog publie donc le 2 octobre 2026 son deuxième album, Cancel Me (I’m Tired) (« Annulez-moi, je suis fatigué »). Ça sent la déprime, ce titre. Mais fatigué, marre de quoi au juste ? Réponse de Chris Hugues, l’une des têtes pensantes du collectif de passage a Paris pour une session promo :

    « Le nom de cet album vient d’abord de la fatigue de notre longue tournée américaine. Mais il fait aussi allusion à la "cancel culture", cette mauvaise habitude qu’on a d’effacer facilement l’existence des autres pour une parole ou une position, sous la pression des réseaux sociaux. On a l’impression de marcher sur des œufs en permanence. Sur le plan créatif, c’est déprimant quand on voit la culture prise en étau entre le diktat virtuel et la peur de la transgression. Alors on aborde ces sujets sérieux avec l’humour, ce second degré très britannique. Et que les choses soient claires : on aime les États-Unis. C’est l’un des plus beaux pays de la planète. Mais si Donald Trump n’était pas président et animait une télé-réalité, les gens l’aimeraient plus, parce que ce mec est un vrai clown. Une sitcom lui irait beaucoup mieux. »

    Humour anglais, donc, et pas de langue de bois. Et la France dans tout ça, avec toute la crise sociale, Il en pense quoi ? Beaucoup de bien. Avec un nom pareil, Chris Hugues est déjà à moitié français. Il lui manque juste le jambon-beurre. Et justement, il en parle aussi :

    « J’aime tellement la France. Je sais qu’en ce moment c’est agité, avec les étudiants qui manifestent pour leurs droits, mais c’est génial, parce que je n’ai jamais vu une mobilisation étudiante de cette ampleur. Je ne vis pas en France, certes. Mais ma mère est alsacienne et je viens ici depuis tout petit, toujours avec le même plaisir. On y mange bien, la musique et l’art sont partout. Et on est au pays des droits de l’homme. Ici, vous existez. En Angleterre, c’est moins sûr. Et quand j’arrive à Paris, je me dis : "Oh mon Dieu, le meilleur jambon-beurre du monde !" Alors que le sandwich de rue est dégueulasse et plus cher à Londres (rires). »

    Cancel Me (I’m Tired), un album sans filtre, entre rage et provocation, à l’image de la chanson « Go Fuck Urself ». Sur scène, c’est encore plus explosif. Samedi 31 octobre 2026, à l’Élysée Montmartre, à Paris, ils ont même enfilé symboliquement des gilets jaunes pour soutenir la France en colère, comme leur rock'n'roll de chien fou.

    Cancel Me (I’m Tired)de Fat Dog, en concert à Tourcoing dans le nord de la France, le 3 novembre 2026.

    Tue, 03 Nov 2026
  • 733 - «Fudge»: la soul boulversante de Michael Kiwanuka, victime d'un AVC

    Le prodige de la soul britannique revient avec Fudge, son cinquième album. Ce disque de ballades épurées était très attendu, mais prend une résonance bouleversante : quelques mois après son enregistrement, Michael Kiwanuka a été frappé par un grave AVC.

    C’est l’un des auteurs-compositeurs les plus doués de sa génération. Guitariste de 39 ans à la voix sans âge, si gracieuse, Michael Kiwanuka a placé quatre albums dans le top 10 britannique. Il a aussi décroché un Mercury Prize et une nomination aux Grammy. Il y a bientôt dix ans, sa chanson Cold Little Heart propulse sa notoriété bien au-delà du Royaume-Uni,le titre ayant servi de générique à la série Big Little Lies. 

    Alors qu'il enregistre son précédent album «Small Changes» (2024) et prépare une tournée mondiale, l’artiste s'installe dans un petit studio de Southampton avec ses fidèles musiciens de scène, son quatuor à cordes et ses choeurs. Ensemble, ils jamment et improvisent dans une ambiance introspective. Faire de la musique, pour le plaisir... c'est la genèse de l'album Fudge.

    Un disque en toute liberté

    Teinté de folk et de blues psyché, Fudge laisse entendre les timbres nus, les instruments tout proches, le crépitement des bandes, avec de longues plages instrumentales propices à la méditation.

    Inspiré par une citation du jazzman Chick Corea qui ouvre le disque – « fais ce que tu trouves beau et pas ce que les autres attendent de toi » – l'album se veut libre et instinctif. Pour la toute première fois, Michael Kiwanuka s'est affranchi de ses producteurs fétiches (Danger Mouse et Inflo) pour assurer lui-même la production de ses morceaux, avant d'en confier les finitions à Dom Monks.

    Mais l'album sonne forcément autrement quand on sait l’épreuve que traverse cet artiste solaire.

    Le chant comme thérapie

    Car depuis plus d’un an, c’était silence radio. Michael Kiwanuka avait annulé des concerts pour raisons de santé, sans donner plus de détails. Jusqu'à la sortie de ce disque, il y a quelques semaines.

    À lire aussiAvec «Small Changes», l'Anglo-ougandais Michael Kiwanuka touche les étoiles

    Dans la seule interview qu'il a accordé au journal The Guardian, le musicien d’origine ougandaise révèle avoir été victime d’un grave accident vasculaire cérébral en juillet 2025,  juste après avoir l'enregistrement de Fudge.

    Encore en rééducation, il a toujours du mal à parler près d'un an après l'AVC. Pour lui, le chant est devenu littéralement une thérapie qui l'aide à retrouver le souffle et l'usage de ses cordes vocales. 

    Père de deux enfants, Michael Kiwanuka n'avait que 38 ans au moment de l'AVC. Il tient donc à passer un message : les hommes noirs sont beaucoup plus exposés à l’hypertension. S’il l’avait su, il aurait consulté et aurait pu se soigner.

    Son cinquième disque Fudge est sorti le 23 octobre 2026 (Polydor Records/Greffen Records). À écouter aussi sur YouTube.

    Mon, 02 Nov 2026
  • 732 - Nouvelle Vague revisite Depeche Mode: la new wave en version bossa

    Plus de vingt ans après avoir passé la new-wave au filtre de la bossa nova ou du jazz, le collectif français Nouvelle Vague consacre un album entier à Depeche Mode. Enregistré à Rio de Janeiro avec des musiciens brésiliens, puis achevé à Paris, A Date with Depeche Mode réinvente treize morceaux de ce groupe britannique culte, portés comme toujours par des voix féminines. 

    « Personal Jesus », « Enjoy the Silence », « Never Let Me Down Again »… Nouvelle Vague enfile son gant de velours pour explorer le répertoire de Depeche Mode. Formé en banlieue de Londres, dans le sillage du punk, ce groupe anglais a rempli les stades des années 1980 et 1990 avec ses machines et ses sons synthétiques.

    Une époque qui fascine depuis toujours Marc Collin, claviériste et cofondateur – avec Olivier Libaux, disparu en 2021 – de Nouvelle Vague, pour qui c'était une période très ouverte, portée par les progrès technologiques et un foisonnement de courants musicaux.  

    De Joy Division à Depeche Mode, 20 ans de reprises réinventées

    Le projet est né il y a un peu plus de 20 ans sur une envie : « On voulait écouter autrement ces chansons qu’on adore de The Cure, New Order, Depeche Mode», raconte Marc Collin. 

    « À la base, le concept c’était de prendre des chansons écrites dans les années 1980 par des hommes anglais en colère, et d’imaginer un voyage dans le temps, dans les années 1950-1960, au Brésil. C’est une relecture totale, qui permet d’avoir une autre écoute de ces chansons». Ce sera donc « Nouvelle Vague », en clin d’œil à la « new wave » en anglais, « bossa nova » en portugais, et au cinéma français de Godard et Truffaut. 

    Le premier album, en 2004, contenait déjà une reprise de Depeche Mode : « Just Can't Get Enough ». Il s’est écoulé depuis à plus d’un million d'exemplaires dans le monde et a révélé des voix comme Camille, Mélanie Pain ou Phoebe Killdeer.

    « Des paysages sonores » enregistrés à Rio et Paris

    Comme un retour aux sources, A Date with Depeche Mode a été enregistré à Rio de Janeiro, dans le studio du producteur Liminha, figure du groupe culte Os Mutantes. Les textes sombres de Depeche Mode et la mélancolie new wave raisonnent avec la « saudade » de la bossa nova jouée par des musiciens brésiliens.  

    À Rio, place aux basses, guitares, percussions et à une touche de cuivres. Puis retour à Paris, où claviers, accordéons et voix viennent achever l'édifice.  

    Le résultat n'a plus grand-chose à voir avec les originaux. L'idée, explique Marc Collin, est de « déshabiller les chansons » tout en leur donnant une atmosphère, « comme un paysage sonore ».

    Des voix féminines et un succès mondial

    Fidèle à sa formule, Nouvelle Vague confie presque chaque titre à une interprète différente. Onze artistes cosmopolites se partagent le micro, parmi lesquelles la Britannique Skye Edwards (la voix de Morcheeba), la Brésilienne Flavia Coelho, la Franco-Mexicaine Eva de Marce ou encore la Turque Nedime Girisken. 

    Nouvelle Vague, collectif à géométrie variable, enchaîne les tournées au long cours, presque plus connu à l’international qu’en France. En streaming, plus d'une dizaine de ses morceaux affichent entre 10 et 130 millions d'écoutes chacun, un succès un peu fou, qui surprend toujours Marc Collin.  

    Nouvelle Vague A Date with Depeche Mode (Play It Again) 30 octobre 2026.

    Nouvelle Vague sera en tournée européenne à partir de mi-novembre. 

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    Fri, 30 Oct 2026
  • 731 - Traverser l'orage jusqu'aux éclaircies, avec «La Foudre» d’Aloïse Sauvage

    La chanteuse française Aloïse Sauvage est de retour avec La Foudre, son troisième disque, né dans l'abysse d'une rupture amoureuse. Artiste pluridisciplinaire issue de la danse et du cirque, également actrice, elle revient sur le devant de la scène musicale après trois années de travail en binôme avec le musicien et producteur Mathieu Epaillard. Retour sur ce nouvel album dont l'un des titres, « Tomboy », est mis à l'honneur dans la playlist RFI du mois d'octobre. 

    Native de Seine-et-Marne, Aloïse Sauvage pratique la musique depuis l'enfance : d'abord la flûte traversière, puis la batterie et le saxophone. En parallèle, la danse occupait aussi une place immense dans sa vie, entre les cours de hip-hop et de breakdance à la Maison des jeunes et de la culture de son quartier. Toute la pluralité de ce qui la passionnait dès l'enfance se retrouve aujourd'hui dans La Foudre.

    Elle raconte : « J'ai toujours voulu créer un mariage, un équilibre entre ce que j'aime dans le hip-hop et ce pourquoi j'ai cette musicalité-là, cette scansion, ceflow presque rappé, cette rythmique. Et l'équilibrer avec une musique plus électronique, plus profonde, avec des couches, plusdeep. Je crois que ça vient vraiment de quand j'étais enfant. J'ai commencé à écrire des slams, des raps sur des bandes originales de films très dramatiques, très épiques(rires). J'ai l'impression de toucher du bout des doigts ce que je faisais, un peu inconsciemment, à 10 ou 11 ans. »

    La rupture comme point de départ 

    Ce phrasé brut et haletant, tout comme le côté cinématographique des instrumentales et de l'écriture, traverse tout l’album. La Foudre raconte d'abord une rupture amoureuse et la reconstruction qui suit, mais aussi une rupture professionnelle et la fin de la vingtaine : bref, l'ouverture d'un nouveau chapitre.

    « Cet album parle d'amour, vraiment, il parle beaucoup d'amour. Mais c'est comme un prétexte pour parler de plein d'autres choses qui m'ont traversée : le rapport à la solitude, à l'affirmation de soi, l'identité, le rapport au collectif. Ce sont des thématiques que je tricote et détricote depuis le début de mon parcours musical. Mais en tout cas, c'est un album de retour à soi. Et puis, c'est le premier album que j'auto-produis et que je partage au monde en totale indépendance. Je crois que tout cela est imbriqué : artistiquement, ce que j'ai voulu et ce que j'ai pu faire en étant totalement libre, mais aussi ce que cela implique politiquement de recommencer presque à zéro. Comme si c'était un nouveau premier album, celui d'une nouvelle Aloïse Sauvage », estime-t-elle.

    Musicalement, la chanteuse expérimente. Son style, entre pop et chanson française, évolue notamment grâce à une rencontre marquante : celle avec Mathieu Epaillard, compositeur et co-producteur de La Foudre, avec qui elle s'est enfermée en studio pour s'offrir du temps de création. Ensemble, ils se sont inspirés des aigus de la chanteuse ghanéenne-américaine Amaarae, des nappes électroniques du producteur britannique Fred Again et du groove du chanteur britannique Blood Orange.

    De la tempête aux éclaircies

    Après un passage par le syndrome de la page blanche, Aloïse Sauvage a complètement changé son processus créatif. Elle raconte : « Avant ce projet, j'écrivais d'abord. J'emmagasinais des bribes de textes, puis la magie, la grâce de la création arrivait et je trouvais des mélodies sur le texte déjà existant. Sur cet album, j'ai fait complètement le contraire. Déjà parce que j'en avais besoin : je ne savais plus trop comment écrire. Je ne savais plus trop quoi écrire, si ce n'est sur cette rupture que j'étais en train de vivre, mais qui peinait à être digérée. Donc je ne pouvais pas encore écrire sur tous les aspects de cette histoire. Alors, à la fois par incapacité à écrire et par envie de continuer à créer, j'ai chanté. J'ai beaucoup, beaucoup chanté. Cela m’a aussi permis de me dérider sur ma façon d'écrire, de voir que dans les toplines, il y avait déjà tout le texte qui criait : "Aloïse, regarde, c'est ça qui est dit !"» 

    Tout au long des douze titres du disque, une progression se dessine : de la fin de l'amour à la redécouverte de soi, jusqu’au moment où on sort la tête de l'eau, où tout recommence, où la vie reprend.

    Aloïse Sauvage : en tournée à partir de janvier 2027, avec deux dates parisiennes à la Cigale, les 2 et 3 février 2027.

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    Thu, 29 Oct 2026
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