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Accents d'Europe

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RFI

Tous les aspects de la vie quotidienne des Européens avec les correspondants de RFI. Une émission réalisée par Françoise Greleau. Émission présentée par Juliette Gheerbrant et Frédérique Lebel . *** Diffusions vers toutes cibles, du lundi au jeudi à 19h10 TU (21h10 heure de Paris).

749 - Élections «test» pour Rishi Sunak au Royaume-Uni
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  • 749 - Élections «test» pour Rishi Sunak au Royaume-Uni

    Des millions d’électeurs votent, ce 3 mai 2024, pour des locales partielles qui devraient confirmer la très mauvaise posture des conservateurs au pouvoir.

    Dernier test grandeur nature avant les législatives au Royaume-Uni

    À l'occasion des élections locales, les travaillistes espèrent bien confirmer la tendance qui leur prédit la victoire et le retour au pouvoir au niveau national. À Londres, le maire travailliste Sadiq Khan, en poste depuis 2016, brigue un troisième mandat. Ce serait une première, et il est donné favori malgré l’usure du pouvoir. De fait, à part 8 années passées sous la houlette de Boris Johnson, Londres vote en général travailliste. Mais la capitale britannique est-elle toujours une ville de gauche ? Éléments de réponse dans ce reportage de Marie Billon. 

     

    De l'autre côté de la Manche, ce sont les Européennes qui se préparent

    L'Italie vient de boucler ses listes électorales et une figure provoque la polémique : celle du général Roberto Vannaci.Ancien chef d'état-major de l'armée de terre, il est l'un des plus hauts gradés du pays, il est candidat aux élections européennes sur la liste de la Ligue, parti d'extrême-droite. Il s'est d'ailleurs fait connaître pour ses positions particulièrement radicales. Les précisions à Rome d'Olivier Bonnel.

     

    Une forte poussée de l'extrême-droite est attendue au scrutin du 9 juin

    Faut-il craindre une déstabilisation de l'Union européenne ? Aujourd’hui, la grande majorité de ces partis ont intégré l'appartenance à l'UE et ne disent plus vouloir la quitter. S'agit-il d'une convictionou d'une volonté de modeler l'union à leurs valeurs ? Frédérique Lebel a posé la question à Giuliano da Empoli,professeur à Sciences Po, écrivain, auteur du Mage du Kremlin. Il a coordonné le dernier numéro de la revue Le Grand Continent  « Portrait d’un monde cassé, l’Europe dans l’année des grandes élections ».

     

    Natalité en berne

    Depuis une trentaine d'années, la population de Hongrie baisse et le Premier ministre Viktor Orban a fait du redressement de la natalité une priorité politique. Le taux de fécondité est passé de 1.2 en 2010 à 1.5, il y a quelques années. Et même s'il stagne désormais, les aides financières du gouvernement permettent à de nombreuses familles d’améliorer leur niveau de vie. Petronella Hoffstetter, 37 ans, vit près de Budapest. Comptable, mère de deux enfants, elle apprécie ce soutien. 

    Un portrait à retrouver intégralité et en vidéo sur les réseaux sociaux de notre partenaire Entr.

     

    Le choix musical de Vincent Théval : Open Doorsde Scarlett O’Hanna.

    Thu, 02 May 2024
  • 748 - Une Europe de 27 à 36 États?

    C’est un anniversaire à haute charge symbolique ! Voilà 20 ans que l’Europe s’est élargie à dix pays, de l’Estonie à Chypre, en passant par la Pologne... Un anniversaire en forme de bilan alors que neuf pays sont toujours dans la salle d’attente, dont les plus récents et non des moindres, l’Ukraine, pays envahi et en guerre avec la Russie, et la Moldavie et la Géorgie deux pays soumis à une forte pression et une ingérence russe. L’urgence est là, mais l’Europe qui doit déjà batailler dur avec certains membres frondeurs comme la Hongrie, qui doit relancer son industrie à l’heure des nouveaux défis de la défense, de l’intelligence artificielle et du climat, l’Europe peut-elle se le permettre ? 

    Notre invitée est Sylvie Goulard

    Elle a été députée européenne, conseillère du président de la Commission européenne et ministre de la Défense en France, et signe un petit livre incisif aux éditions Tallandier intitulé « L’Europe enfla si bien qu’elle creva ».

    Le miracle économique polonais

    Économiquement, l’Europe a un vrai pouvoir d’entraînement pour les pays qui la rejoignent. Exemple la Pologne qui est le pays de l’est de l’Europe qui enregistre le meilleur taux de croissance. Un développement fulgurant dû aux fonds européens, dont le pays est le premier bénéficiaire net. Le reportage d'Adrien Sarlat dans une start-up polonaise qui doit son succès à l’UE.  

    L’Europe puissance, l'Europe de la défense

    Ce sont des objectifs défendus, la semaine dernière, par le président de la République lors de son discours de la Sorbonne. La guerre menée par la Russie en Ukraine a, bien sûr, remis la question en haut de l’agenda. Les pays baltes mettent en garde depuis longtemps contre cette menace russe sans avoir vraiment été entendus par le passé. Pour Marielle Vitureau, notre correspondante à Vilnius, la victoire de l’Ukraine est considérée ici comme le meilleur garant pour la sécurité de la région. 

    Wed, 01 May 2024
  • 747 - En Géorgie, l'inquiétude face au retour du projet de loi sur les agents de l'étranger

    Lundi soir (29 avril 2024), en réaction à la mobilisation des opposants au texte, le parti au pouvoir a organisé une contre manifestation devant le Parlement. 

    À Tbilissi, le Parlement géorgien a commencé l'examen du très controversé projet de loi sur les agents de l'étranger

    Ressorti des cartons après une tentative avortée l'an dernier (2023), le texte prévoit que les organisations de la société civile dont plus de 20% des financements viennent de l'étranger doivent se déclarer aux autorités en tant que « poursuivant les intérêts d'une puissance étrangère ». Après les manifestations de l'opposition ces derniers jours, lundi soir (29 avril 2024), c'est le parti du Rêve Géorgien au pouvoir qui a organisé un rassemblement pour défendre la loi au nom,je cite, de la défense contre l'argent sale, les attaques contre l'Église, la propagande LGBT ou encore la drogue ; donnant l'image d'une société clivée- une image qui ne correspond pas vraiment à la réalité du pays, nous explique Thorniké Gordadzé, ancien ministre, professeur à Sciences-Po et chercheur à l'institut Jacques Delors.

    2024, année électorale chargée en Roumanie 

    Avec pour commencer, les municipales et les Européennes en juin 2024, et la campagne est bien entamée. Dans ce pays qui vient de rejoindre - partiellement - l'espace Schengen, l'extrême-droite monte, comme chez de nombreux voisins. Le parti AUR, qui a obtenu 9% des voix aux dernières législatives, pourrait arriver en tête aux européennes. Il mise sur la frustration et le ressentiment d'une partie de la population, sur fond d’inquiétude et de désinformation. Reportage dans le sud des Carpates, Benjamin Ribout.

    En un mot : Securonomics

    Les Britanniques votent eux aussi cette année (2024) etl'opposition travailliste est bien installée en tête des intentions de vote aux prochaines législatives. Conscient malgré tout d'avoir une image encore fragile sur certains sujets, comme l'économie, le Labour peaufine son programme. Rachel Reeves, qui deviendra ministre des Finances si la gauche est majoritaire, a inventé un mot - à défaut du concept lui même - securonomics. Décryptage, Marie Billon. 

    Culture : la Belgique fête un anniversaire emblématique

    Le Fuse a 30 ans cette année !Le Fuse, c’est LA boîte de nuit techno de Bruxelles. Elle a vu passer Daft Punk, Carl Cox ;  Un lieu connu et reconnu dans toute l’Europe, situé en plein centre-ville. Son histoire a été marquée par quelques soubresauts, comme une fermeture partielle l'an dernier (2023) suite aux plaintes d'un voisin. Depuis, le Fuse a rouvert, et les pouvoirs publics semblent prêts à protéger la vie culturelle nocturne de la capitale belge. Reportage sur le dance floor, Jean-Jacques Héry.

    Tue, 30 Apr 2024
  • 746 - Entre corruption et espionnage, l’Europe au défi de l’ingérence étrangère

    Accents d’Europe prend d’abord la direction de Strasbourg. La semaine dernière, le Parlement européen y a voté à une écrasante majorité une résolution sur les « ingérences étrangères », à quelques semaines seulement des élections européennes du 9 juin. Cette résolution appelle à « la vigilance et à la fermeté » face à la multiplication des scandales.

    Entre corruption, opérations d’influence et espionnage, Accents d’Europe a voulu faire le point Jean-Jacques Héry, l’un de ses correspondants à Bruxelles, sur les accusations visant le Qatar, la Chine, des lobbys industriels, mais aussi et surtout la Russie.

     

    La Moldavie, ce petit État de deux millions et demi d’habitants coincé entre l’Union européenne et l’Ukraine, candidat à une adhésion prochaine à l’UE est une terre de prédilection pour les opérations de propagande et de déstabilisation auxquelles est habituée la Russie.

    Dans cette ancienne République soviétique en effet, on trouve de nombreux partis pro-russes, mais aussi une région indépendantiste, la Transnistrie, et une région autonome, la Gagaouzie, toutes deux dans la sphère d’influence russe. Ajoutez à cela des campagnes de désinformation multiformes sur Internet et un bouquet de chaînes de télévision favorables à Moscou, et vous avez un cocktail explosif. C’est un reportage en Moldavie de Frédérique Lebel.

    Au retour de son reportage en Moldavie,Frédérique Lebelexplique par ailleurs pourquoi le pays est devenu une cible privilégiée pour la Russie.

    À l’approche des élections européennes du 9 juin, Accents d'Europe propose chaque semaine une série de portraits de jeunes Européens. Ils ont été rencontrés par nos partenaires du média 100% vidéo EntR, qui est le fruit d'une collaboration entre France Médias Monde et Deutsche Welle, ainsi que d'une dizaine de médias européens. Cette semaine, on fait la connaissance de Laurens, un jeune Allemand de 17 ans. Il est très engagé dans la société civile écologiste et il s'inquiète de la place importante du parti d'extrême-droite AfD, qui est aux prises avec de nombreux scandales mais qui reste malgré tout assez haut dans les sondages.

    Mon, 29 Apr 2024
  • 745 - Révolution des œillets : le Portugal fête 50 ans de démocratie

    Le 25 avril 1974, un coup d’État mettait fin à 48 ans de dictature et ouvrait la voie de la démocratie et de la construction européenne.

    Le 25 avril 74 est resté dans l’Histoire et les mémoires comme le jour de la Révolution des œillets. Une révolution dont les racines et les conséquences s’inscrivent au-delà des frontières du pays, de l’Afrique à l’Europe. En 1974, le dictateur Salazar est mort depuis 4 ans déjà. Sa succession n’a pas permis au pays de revenir à l’État de droit, et les militaires, usés par les guerres coloniales, renversent le régime totalitaire et ouvrent le pays à la démocratie.

    Avec l’historien Yves Léonardprofesseur à Sciences Po, spécialiste de l’histoire contemporaine du Portugal. 

    Parmi ses nombreux ouvrages : Sous les œillets la révolution (Chandeigne, Paris, 2023), Salazar, le dictateur énigmatique (Perrin, Paris, 2024), Histoire de la nation portugaise (Taillandier, Paris, 2022).

    Et les témoignages recueillis par la rédaction de RFI en portugais

    Trois questions à Carina Branco, journaliste de la réaction lusophone :

    Juliette Gheerbrant : Àl’occasion de l’anniversaire de la Révolution des œillets RFI en portugais publie une riche série de podcasts, « Revoluçao dos Cravos » pour laquelle vous êtes allée à la recherche, de Lisbonne à Paris, de résistants à la dictature ; pouvez-vous partager quelques-unes de ces rencontres ?

    Carina Branco :  Il y a d’abord Domingos Abrantes, 80 ans, et son épouse Conceição Matos, qui se sont mariés quand lui était en prison. Il y est resté 11 ans, elle un an et huit mois. Ils ont été torturés par la police politique. Comme tous les opposants au régime dictatorial, ils étaient accusés d’atteinte à la sécurité nationale pour appartenance au Parti Communiste Portugais, interdit. Mais lui a aussi commis « un autre crime » : il a fait partie d’une des évasions collectives les plus spectaculaires de cette époque. C’était en 1961 et avec sept camarades, ils ont forcé le portail principal de la prison de Caxias à bord d’une voiture de luxe, pas n’importe laquelle comme il le raconte : « C’est une histoire digne d’un film. Elle est entrée dans l’histoire. C’était une évasion à connotation politique, d’une prison privée de la PIDE, la police politique, à bord d’un véhicule blindé du dictateur ! On dit que Salazar n’a plus jamais voulu remettre les pieds dans la voiture car elle avait été souillée par des communistes ! Il a fallu 19 mois pour préparer l’évasion, rendue possible grâce à la complicité du mécanicien chargé de ces véhicules, qui avait réussi à gagner la confiance des gardiens. Un pari risqué pour les fugitifs : La voiture a foncé vers le portail et la grande inconnue était : que va-t-il se passer ?… C'est le moment décisif. Si la voiture ne passe pas, nous sommes tous morts. C'est le moment décisif de toute l'histoire, de nos vies. La voiture est passée, elle a défoncé une partie du portail et on a vu le bois voler dans les airs. Elle a été complètement cabossée à l’avant. L'évasion a duré 60 secondes. Il a fallu 19 mois pour atteindre 60 secondes. Mais ces 60 secondes semblent avoir arrêté le temps. »

    Sous la dictature, vous l’évoquiez la torture était très répandue, que vous ont rapporté les témoins ?

    Domingos Abrantes est resté des jours et des nuits debout sans pouvoir s’asseoir ni dormir, il a subi des chocs électriques, le « trou » - une cellule où n’entraient ni lumière ni son et où il sentait enterré vivant). « Le rôle de la police,explique-t-il, était de détruire la lutte organisée car le fascisme ne pouvait être renversé que par la lutte. Il n'y avait pas d'autre moyen. Les gens étaient des pauvres, exploités, mais ils étaient capables de tout risquer pour améliorer leur vie et celle des autres. » Son épouse, Conceiçao Matos a, elle aussi, été soumise à la privation de sommeil, à l’interdiction d’aller aux toilettes, humiliée et battue par les gardiennes, comme elle le raconte : « L'une d’elles m'a attrapée, elles m'ont déshabillée et elle a commencé à me donner des coups de pied dans les tibias, à me frapper au visage, à frapper... C'était terrible et je suis tombée par terre. Elles m'ont relevé, et ont continué. Et à un moment donné, au bout de nombreuses heures, la femme a dit : Partons, car cette merde ne parlera pas et si je reste plus longtemps, je vais lui faire la peau ! »  En 1973, Conceiçao Matos et Domingos Abrantes ont pu s’exiler à Paris pour continuer leur lutte. Ils sont retournés au Portugal juste après la révolution à bord ce qu’on a appelé l’avion de la liberté, qui a ramené beaucoup d’exilés politiques de Paris à Lisbonne.

    Malgré la violence de la répression, la résistance était donc très active ?  

    Beaucoup des gens que j’ai rencontrés savaient que tôt ou tard, ils iraient en prison, mais ils agissaient chacun à leur niveau, comme le prêtre Francisco Fanhais, qui a soutenu la LUAR, Ligue d’Union et Action Révolutionnaire et qui faisait aussi de la résistance en musique. Il a enregistré, aux côtés du musicien Zeca Afonso, la chanson qui allait devenir le symbole de la révolution : Grândola Vila Morena. Certains s’en prenaient à l’appareil militaire destiné aux guerres coloniales. La résistance était aussi active dans les rédactions et le monde de l’édition. La journaliste Helena Neves m’a expliqué comment il fallait constamment jouer avec la censure dans les journaux pour réussir à raconter le pays entre les lignes. La police politique interdisait les livres considérés comme subversifs. L’un des plus célèbres s’intitule Nouvelles lettres portugaises, aussi connu comme le livre des trois Maria, il raconte la condition des femmes et a été écrit en 1972 par trois d’entre elles, dont Maria Teresa Horta, âgée aujourd’hui de 86 ans, que j’ai rencontrée : « C’est un livre politique, essentiellement politique, écrit dans un pays fasciste par trois femmes. À cette époque, au Portugal, il n’est pas étonnant que ce livre ait fait l’effet d’une bombe. Il a provoqué un scandale. Pour moi, et pour les autres, c’était une lueur car on vivait dans ce pays fasciste avec une tristesse intrinsèque, et aussi un immense sentiment de révolte intérieure et extérieure. En fait, nous avons seulement compris que ce livre pouvait être « dangereux » pour nous quand il a été interdit. »  La dictature a considéré le livre comme « pornographique et offensant pour la morale publique » et les autrices ont été menacées d’une peine allant de six mois à deux ans de prison, parce qu’il y était question sans tabou de sexe, de désir, mais aussi de violence, de viol, d’inceste, d’avortement clandestin, d’oppression domestique, sociale et politique sur les femmes. Mais aussi des guerres coloniales, de la pauvreté, de l’émigration. Publié dès 74 en français, aux éditions du Seuil, c’est un témoignage fort de ce qu’était la société portugaise sous la dictature.

    Thu, 25 Apr 2024
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