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RFI

Chaque samedi, Bruno Faure ouvre les grands dossiers de l’actualité économique internationale avec les spécialistes du service Économie de RFI et les meilleurs experts. La globalisation et ses enjeux, l’émergence du continent africain, les mutations technologiques, les crises internationales, leur impact sur les situations économiques locales et sur les populations sont au programme d’Éco d’Ici, Éco d’Ailleurs. *** Diffusions le samedi (vers toutes cibles), à 10h10 TU et 23h10 TU.

294 - Cybersécurité : l'intelligence artificielle, amie des entreprises?
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  • 294 - Cybersécurité : l'intelligence artificielle, amie des entreprises?

    Rançons, vols de données, interruptions d’activité, assurances et investissements dans la protection : le coût des cyberattaques explose. Comment fonctionnent ces réseaux criminels ? Comment les entreprises et les États peuvent-ils se défendre ? Dans le monde entier, la cybersécurité est désormais un enjeu de souveraineté et de croissance. Une problématique augmentée par le développement de l'intelligence artificielle, à la fois alliée et ennemie des acteurs économiques.

    NOS INVITÉS

    Matthieu Wallich-Petit, membre du comité exécutif de KPMG France, auteur du Global CEO Outlook 2026

    Andréanne Bergeron, professeure associée au Département de criminologie de l'Université de Montréal (Canada), spécialiste de la criminalité numérique

    Clément Domingo, hacker éthique (cofondateur de l’ONG Hackers Sans Frontières), entrepreneur et conférencier en cybersécurité

    Franck Kié, président-fondateur de Ciberobs et commissaire général du Cyber Africa Forum les 16 et 17 novembre 2026 à Cotonou (Bénin)

    Le risque cyber, priorité n°1 des entreprises

    Matthieu Wallich-Petit commente l'étude Global CEO Outlook 2026 du cabinet de conseil international KPMG. Il a interrogé près de 1.400 dirigeants de grandes entreprises dans le monde. La cybersécurité s'impose désormais comme une préoccupation majeure des dirigeants, devant d'autres risques économiques et géopolitiques. Les attaques menacent la continuité de l'activité, la réputation des entreprises et la protection des données. Elles obligent les organisations à investir dans leurs systèmes de défense, à recruter des spécialistes et à former leurs salariés.

    Clément Domingo rappelle que le risque ne concerne plus uniquement les grands groupes : « Absolument tout le tissu économique est touché », des TPE aux grandes entreprises.

    Le coût économique des cyberattaques : pertes, rançons et interruptions d'activité

    Au-delà des rançons, une cyberattaque peut entraîner des pertes de chiffre d'affaires, des dépenses de remise en état, des licenciements et parfois la fermeture d'une entreprise. Les conséquences dépassent largement les seuls dégâts informatiques.

    Franck Kié insiste sur l'importance de prendre en compte toutes les conséquences économiques : « La cybersécurité aujourd'hui est devenue un risque majeur pour les économies africaines. Elle ne doit plus être appréhendée uniquement comme une dépense informatique, mais comme un risque financier en tant que tel à anticiper. »

    Les cybercriminels : une économie organisée et professionnalisée

    Loin de l'image du pirate informatique isolé, la cybercriminalité repose sur des écosystèmes dans lesquels les rôles sont répartis : développement d'outils, recherche de failles, revente de données, commercialisation d'accès aux systèmes et blanchiment de l'argent. Andréanne Bergeron explique que les acteurs sont très diversifiés : « Ils ont leur modèle d'affaires et pour qu'ils fonctionnent bien, ça dépend de plein de choses. »

    La chercheuse distingue notamment les spécialistes techniques, les opérateurs et les intermédiaires. Certains groupes ciblent des organisations précises ; d'autres exploitent massivement les vulnérabilités accessibles. Clément Domingo observe également la montée en puissance de jeunes cybercriminels, parfois motivés par la recherche de reconnaissance autant que par le gain financier.

    Des réseaux internationaux et des circuits financiers opaques

    Les frontières physiques protègent peu contre des groupes criminels capables de coordonner leurs opérations depuis plusieurs pays. Les réseaux peuvent répartir les compétences, exploiter les différences de législation et chercher refuge dans des juridictions où le risque de sanction est moindre.

    Après une attaque, les gains peuvent être transférés entre plusieurs banques, convertis en cryptomonnaies ou acheminés par des intermédiaires. Le blanchiment complique le travail des enquêteurs, tandis que certaines personnes impliquées ignorent qu'elles participent à une organisation criminelle. Andréanne Bergeron rappelle toutefois que les données scientifiques permettant de mesurer précisément ces circuits, notamment le rôle des cryptomonnaies, restent limitées.

    Le Royaume-Uni, révélateur de l'ampleur du risque

    La correspondante de RFI à Londres, Émeline Vin, présente les chiffres britanniques : deux entreprises sur cinq auraient connu un incident cyber entre avril 2025 et avril 2026, et trois sur cinq parmi les plus grandes entreprises. Les incidents comprennent notamment le hameçonnage, le vol d'identité et les rançongiciels. Leur coût cumulé pour l'économie britannique est estimé à plus de 15 milliards d'euros par an.

    Le gouvernement britannique a engagé des programmes de sensibilisation et de renforcement de la résilience. Mais la prévention ne suffit pas à garantir une protection totale : les autorités elles-mêmes reconnaissent que les systèmes de défense pourront être compromis.

    L'Afrique face à la montée de la cybercriminalité

    Le continent africain n'est pas épargné par les cyberattaques. Des institutions publiques, des entreprises et des services numériques sont touchés, tandis que les investissements dans la protection restent insuffisants. La numérisation rapide des économies n'a pas toujours été accompagnée de mesures de sécurité adaptées. Les attaques visant des services publics au Sénégal, ainsi que des incidents signalés en Côte d'Ivoire, au Maroc et en Afrique du Sud, interrogent la capacité des États à protéger leurs données et leurs infrastructures.

    Franck Kié constate une prise de conscience progressive, mais juge que celle-ci ne se traduit pas encore suffisamment en actions concrètes. Clément Domingo souligne également les risques liés aux failles techniques et aux mises à jour négligées. Il rappelle que les cybercriminels exploitent souvent des vulnérabilités faciles d'accès, plutôt que de viser systématiquement les entreprises les plus rentables.

    L'intelligence artificielle, accélérateur des attaques et outil de défense

    L'intelligence artificielle bouleverse les équilibres de la cybersécurité. Elle permet de repérer plus rapidement certaines failles, mais offre aussi à des acteurs peu expérimentés des moyens d'attaquer des systèmes informatiques. Clément Domingo s'inquiète de cette nouvelle capacité : « Elles vont forcément trouver de plus en plus de vulnérabilités. Mais comment nous aussi, côté humain, on peut utiliser ces IA pour se protéger. »

    L'émission revient sur la découverte de failles dans des logiciels très utilisés et sur la mise hors ligne préventive de nombreux sites Internet. Elle aborde aussi les différences entre les modèles d'IA, leurs garde-fous et les risques liés aux outils ouverts. L'enjeu consiste à exploiter les possibilités de l'IA pour renforcer les défenses, sans ignorer les capacités nouvelles qu'elle offre aux cybercriminels.

    Souveraineté numérique : protéger les données et développer des solutions locales

    La dépendance à des technologies étrangères soulève des questions de contrôle des données, de sécurité des infrastructures et d'autonomie stratégique. Pour les pays africains, il s'agit aussi de développer des compétences locales et de renforcer la coopération entre pouvoirs publics et entreprises. Franck Kié défend une approche pragmatique de la souveraineté : pouvoir choisir ses partenaires, développer ses propres solutions et organiser des transferts de compétences. Il cite notamment les initiatives d'incubation de start-up au Bénin. Clément Domingo insiste sur la nécessité de savoir où vont les données et sur l'importance d'une coordination publique plus forte pour prévenir les attaques.

    Cyberassurance, régulation et émergence d'un nouveau marché

    Face à l'accroissement des menaces, la cybersécurité représente un marché en expansion, porté par les entreprises de protection, les consultants, les investisseurs et les assureurs. La cyberassurance peut aider à absorber une partie des pertes, même si sa diffusion reste limitée dans plusieurs pays africains. Franck Kié se montre optimiste quant à la structuration progressive du marché africain : « On va vers une meilleure protection », grâce à l'émergence d'acteurs locaux, à davantage de régulation et à la mise en conformité des entreprises.

    Clément Domingo nuance cette perspective en soulignant que la réglementation doit aussi tenir compte de la concurrence technologique internationale et de la capacité des entreprises à innover. L'enjeu final est double : mieux protéger les économies et faire émerger une véritable industrie de la cybersécurité, créatrice d'emplois et de compétences.

    🎵 NOS CHOIX MUSICAUX

    « We Won't Let Them In / Cyberattack song » - Nico Knows Tech / Tazzy

    « Agolo » — Angélique Kidjo

    💻 Réalisation : Anja Pied

    Fri, 23 Oct 2026
  • 293 - Éducation: l’avenir de la jeunesse, à quel prix?

    Comment financer une école de qualité sans creuser les inégalités ? Alors que lycéens et étudiants français dénoncent bruyamment le manque de moyens, alors que les systèmes éducatifs sont à la peine dans de nombreux pays, nous explorons les choix budgétaires, les modèles existants et les solutions envisagées pour mieux former les jeunes. Formations, insertion dans l’emploi et partage gratuit des connaissances : investir dans l’éducation, est-ce une dépense ou un moteur de croissance ?

    NOS INVITÉS

    Élise Huillery : professeure d’économie à l’université Paris-Dauphine et à l’École normale supérieure, spécialiste de l’éducation, des inégalités et de la pauvreté en Europe et en Afrique. Elle est co-autrice d’une étude sur le financement de l’éducation en France et dans le monde avec Romane Paris, économiste au Public Finance Lab. 

    Simon Kaldjob : président du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun

    Dylan Ayissi : fondateur et délégué général de l’association Une voie pour tous

    Perrine de Coëtlogon : présidente d’Open Education Global Francophone, organisation internationale à but non lucratif qui soutient les ressources éducatives libres

    Karim Zéribi : dirigeant d’entreprises, ancien député européen. Découvrez l'entretien complet en vidéo ici

    Lycéens et étudiants en colère : le système éducatif français manque-t-il de moyens ?

    Des lycéens et des étudiants manifestent depuis deux semaines pour dénoncer des établissements délabrés, des professeurs absents non remplacés et un avenir incertain. Pour Élise Huillery, les données confirment un sous-financement ancien : pénuries d’enseignants liées au manque d’attractivité des salaires, classes plus chargées que dans les quinze pays européens les plus riches, et baisse de 20 % de l’investissement par étudiant en dix ans. Elle l’explique par la conjonction d’un petit baby-boom dans les années 2000 et de budgets qui n’ont pas suivi la hausse du nombre d’élèves.

    « C’est quelque chose de chronique depuis au moins 20 ans » – Élise Huillery

    La baisse des naissances : une opportunité à condition de maintenir les postes

    La démographie recule, mais l’économiste met en garde : sans investissement supplémentaire, la seule marge de progrès est la réduction de la taille des classes, et seulement si les postes d’enseignants sont maintenus au lieu d’être supprimés au même rythme que la baisse des effectifs. Même ainsi, il faudrait dix à quinze ans pour rattraper le niveau européen. Elle plaide aussi pour des salaires plus attractifs, davantage de formation continue, du tutorat et un meilleur accompagnement des élèves handicapés.

    Bourses, logement et étudiants étrangers : le modèle d’enseignement supérieur est-il tenable ?

    Les bourses (environ 250 euros par mois sur dix mois, 400 euros avec les APL) ne suppriment pas la barrière financière pour les étudiants éloignés de leur famille. L’économiste défend un complément logement pouvant porter la bourse à 900 euros dans une grande ville universitaire comme Paris. Sur les frais d’inscription des étudiants étrangers, elle distingue la logique économique (le service public est financé par l’impôt) et l’attachement à l’accueil et à l’ouverture.

    « Il faut aller jusqu’à 900 ​​​​​​​€ pour que véritablement la barrière financière soit aplanie » – Élise Huillery

    Finlande, Canada, Irlande, Portugal, Royaume-Uni : ce qui fonctionne ailleurs

    Ces cinq pays obtiennent de bons résultats aux tests PISA tout en limitant l’influence de l’origine sociale sur les apprentissages. Ils combinent un investissement important par élève, de bons salaires et une formation des enseignants centrée sur la pédagogie et la psychologie, pour éviter le découragement des élèves en difficulté. Hors Royaume-Uni, leurs systèmes sont essentiellement publics, ce qui montre que le privé n’est pas une condition de réussite. Pour comparer les systèmes, la dépense par élève est un meilleur indicateur que la part du PIB, qui masque les différences démographiques.

    « Ces pays payent bien leurs enseignants » – Élise Huillery

    Japon : l’enseignement supérieur à la charge des familles, mais une insertion record

    Depuis avril 2025, l’école primaire et secondaire publique est gratuite au Japon, même si les familles supportent encore les uniformes, les fournitures et les transports. Dans le supérieur, les deux tiers des étudiants sont dans des universités privées entièrement payantes, et la dépense publique par étudiant est moitié moindre que la moyenne de l’OCDE. Le pays affiche pourtant l’un des meilleurs taux d’emploi des jeunes diplômés, avec 92 % de contrats déjà signés à la remise des diplômes. Élise Huillery en tire une idée pour la France : afficher dans Parcoursup les taux d’insertion et les salaires par formation, à partir des données de l’INSEE.

    Cameroun et Sahel : quand la démographie et l’informalité étranglent l’éducation

    Simon Kaldjob décrit des familles qui peinent à payer les études, des enseignants mal payés qui multiplient les petits emplois, la prolifération des établissements privés et des grèves liées aux salaires et aux primes impayés. Beaucoup d’enseignants partent aussi chercher de meilleures conditions au Canada ou en Europe. Élise Huillery identifie deux obstacles majeurs au Sahel : une natalité très élevée et une forte part d’activité informelle qui ne finance pas les services publics. Les classes sont surchargées et des enfants terminent le primaire sans bien lire, écrire ni compter. L’économiste appelle à enclencher un cercle vertueux : des ressources publiques pour des services de qualité, donc du capital humain, puis de la croissance.

    Lycée professionnel : transformer une orientation subie en voie d’avenir

    Dylan Ayissi (Une voie pour tous) raconte son propre parcours : un collège difficile, une orientation en lycée pro non choisie, puis la création d’une association pour changer les choses. Il dénonce une orientation subie, très liée aux origines sociales, et un lycée pro où se concentrent précarité et décrochage, avec un coût économique massif. Il appelle les entreprises à assumer une triple responsabilité, éducative, sociale et prospective, et à garantir une vraie mobilité interne. Selon lui, le lycée pro doit aussi mener vers des métiers de conception, jusqu’à l’ingénierie et au numérique.

    « Il n’y a pas de perspective de souveraineté sans formation professionnelle de qualité » – Dylan Ayissi

    Éducation ouverte : partager le savoir pour réduire les coûts

    Perrine de Coëtlogon présente le mouvement des ressources éducatives libres : des cours partagés gratuitement, avec des droits réglés en amont. L’exemple du MIT (Massachusetts Institute of Technology), avec ses MOOC suivis par des centaines de millions de personnes, montre l’ampleur du phénomène, y compris pour le recrutement de boursiers. En Afrique, des mini-serveurs Raspberry alimentés par des panneaux solaires donnent accès à des bibliothèques numériques sans Internet ni électricité. Les entreprises peuvent s’en servir pour former et recruter, et la Chine s’est appuyée sur ce modèle pour massifier l’accès à l’éducation. Cela suppose des investissements dans la documentation, la maintenance et un changement de mentalité sur les droits d’auteur.

    « C’est vraiment une façon de démocratiser l’accès à l’éducation » – Perrine de Coëtlogon

    Fracture sociale, fracture territoriale : la colère des jeunes dans le débat politique

    À quelques mois de la présidentielle, Karim Zeribi relie fracture sociale et fracture territoriale : lycées délabrés en banlieue, éloignement des zones rurales, enfants dont les parents n’ont pas de réseau. L'ancien député européen rapporte les propos de lycéens d’Henri IV qui manifestent par solidarité avec les jeunes des banlieues, moins bien lotis. Il juge que le thème de la cohésion est absent du débat politique et plaide pour un projet qui s’adresse à tous les Français.

    « Les Français ont besoin de faire France ensemble » – Karim Zeribi

    🎵 NOS CHOIX MUSICAUX

    « No title » – Nodey

    « Le monde ne tourne pas rond » – Dinaa

    « Sahara » – Felukah / Lana Loubani / Tara

    💻 Réalisation : Guillaume Munier

    Fri, 16 Oct 2026
  • 292 - IA, une course aux milliards : qui paiera la facture?

    L’intelligence artificielle transforme l’économie, bouleverse le travail et soulève des questions majeures de sécurité et de démocratie. Mais cette révolution a un coût : les géants du secteur investissent des centaines de milliards de dollars dans les centres de données, les puces et l’énergie, sans garantir leur rentabilité. Entre risques de bulle financière, régulation insuffisante et recherche de souveraineté numérique, voici une large réflexion sur cette technologie qui redessine le monde.

    NOS INVITÉS

    Docteur Alfred Bewindin Sawadogo — expert en gouvernance de l’intelligence artificielle et auteur de Où va l’intelligence artificielle ? Quand les pères de l'IA moderne Yoshua Bengio, Stuart Russell et Geoffrey Hinton tirent la sonnette d'alarme

    Axelle Arquié — économiste au CEPII, cofondatrice de l’Observatoire des emplois menacés et émergents

    Julien Pillot — enseignant-chercheur à l’INSEEC Grande École, spécialiste des questions économiques liées aux entreprises et aux technologies

    Campbell Harvey — professeur de finance à l’université de Duke (Caroline du Nord, États-Unis)

    Alexandre Zapolsky — président et cofondateur de Linagora, entreprise spécialisée dans les logiciels libres et la souveraineté numérique.

    Découvrez l'entretien vidéo avec Alexandre Zapolsky ici.

    Réguler l’intelligence artificielle : l’autorégulation suffit-elle ?

    Aux États-Unis, Donald Trump a réuni les dirigeants des grandes entreprises technologiques autour d’un pacte volontaire d’autorégulation. Pour Alfred Sawadogo, cette démarche est insuffisante face à la puissance des nouveaux systèmes. Il plaide pour des règles contraignantes, assorties de sanctions, et pour une gouvernance internationale capable de dépasser les rivalités entre puissances. Les risques concernent aussi bien la cybersécurité que les libertés individuelles, les manipulations de l’information et les usages malveillants de l’IA. L’enjeu est également géopolitique : les États-Unis entendent conserver leur avance face à la Chine, ce qui complique la mise en place d’un cadre mondial commun.

    « Il faut que la régulation soit stricte, c’est-à-dire assortie de sanctions lorsqu’elle n’est pas respectée » - Alfred Sawadogo

    Intelligence artificielle et emploi : les jeunes en première ligne ?

    L’IA va-t-elle détruire davantage d’emplois qu’elle n’en créera ? Axelle Arquié apporte des éléments de réponse. Si les effets globaux sur l’emploi restent encore difficiles à mesurer, plusieurs études montrent un ralentissement des embauches de jeunes dans les métiers les plus exposés à l’automatisation. L’arrivée de systèmes dits agentiques, capables d’utiliser des outils et d’enchaîner des tâches de manière plus autonome, pourrait accentuer ces transformations. Mais le coût réel de ces technologies, leur fiabilité et les économies qu’elles permettent restent incertains.

    L’émission aborde également les coûts indirects pour les entreprises : formation, cybersécurité, vérification des résultats et gestion des erreurs. Une automatisation n’est pas nécessairement moins chère qu’un travail humain.

    « Pour le moment, on n’a pas encore d’impact mesuré au niveau macroéconomique » - Axelle Arquié.

    Les cyberattaques : l’IA devient une arme à double tranchant

    L’intelligence artificielle peut contribuer à renforcer les systèmes de défense informatique, mais elle permet aussi aux attaquants de repérer plus rapidement les failles et d’industrialiser leurs opérations. Celio Fioretti, correspondant de RFI à Séoul, évoque des cyberattaques ayant visé des institutions financières sud-coréennes et des vols de données personnelles. Pour Alfred Sawadogo, ces menaces mettent en évidence le manque de coordination internationale. Les recommandations d’organisations telles que l’OCDE ou l’UNESCO ne remplacent pas, à elles seules, un dispositif juridiquement contraignant. L’expert appelle à investir davantage dans la sécurité des systèmes d’IA, alors que les efforts se concentrent largement sur l’augmentation de leurs capacités.

    « L’IA permet d’industrialiser les cyberattaques » - Alfred Sawadogo.

    Les géants de l’IA brûlent des milliards : où trouver la rentabilité ?

    OpenAI et Anthropic investissent massivement dans les centres de données, les processeurs spécialisés et l’énergie nécessaire au fonctionnement de leurs modèles. Pourtant, leurs recettes ne couvrent pas encore l’ensemble de leurs coûts. Julien Pillot, enseignant-chercheur à l’INSEEC Grande École, analyse les stratégies envisagées pour améliorer leur rentabilité : abonnements, facturation à l’usage et, potentiellement, publicité intégrée aux réponses des assistants conversationnels. Cette dernière option soulève des questions éthiques. Des recommandations sponsorisées pourraient influencer les réponses proposées aux utilisateurs et fragiliser la neutralité attendue des outils d’IA.

    « Ces acteurs restent structurellement déficitaires. La recherche de nouvelles recettes devient un enjeu central » - Julien Pillot.

    Introductions en Bourse : faut-il craindre une bulle de l’IA ?

    Pour financer leur développement et offrir des possibilités de liquidité à certains investisseurs, les entreprises de l’IA envisagent des introductions en Bourse. Mais ces opérations ne garantissent pas que les capitaux levés financeront directement de nouvelles infrastructures. Campbell Harvey, professeur de finance à l’université de Duke aux États-Unis, distingue les besoins de financement des entreprises de la possibilité, pour les investisseurs historiques, de réaliser leurs plus-values. Il rappelle aussi que les actions introduites en Bourse ne constituent pas nécessairement une bonne affaire pour les particuliers. Il estime néanmoins que la situation actuelle diffère de celle de la bulle Internet de 1999-2000 : l’IA touche désormais de nombreux secteurs et les grandes entreprises disposent, dans l’ensemble, d’une rentabilité plus solide que les sociétés technologiques de l’époque.

    « C’est une erreur de considérer 2026 comme l’équivalent à 1999 » - Campbell Harvey.

    L’Europe et l’Afrique peuvent-elles trouver leur place dans la course à l’IA ?

    Face aux investissements américains et chinois, l’Europe et l’Afrique disposent de moyens plus limités pour développer des modèles généralistes de grande ampleur. Alfred Sawadogo propose une autre voie : concevoir des IA spécialisées, adaptées à des besoins précis et moins gourmandes en ressources.

    Pour l’Afrique, les perspectives sont réelles, notamment dans les services publics, les infrastructures et les langues locales. Mais les difficultés d’accès à l’électricité, à Internet et à la puissance de calcul constituent des obstacles importants.

    En Europe, la recherche universitaire et les compétences scientifiques sont des atouts. La difficulté consiste à transformer ces avancées en produits et services capables de s’imposer commercialement.

    « Ce que l’Afrique et l’Europe peuvent faire, c’est lancer des IA ciblées » - Alfred Sawadogo.

    Souveraineté numérique : le pari des logiciels libres

    Fondateur de Linagora, Alexandre Zapolsky défend une stratégie européenne fondée sur les logiciels libres, la mutualisation des moyens de recherche et le développement de solutions alternatives aux plateformes américaines. Il conteste l’idée selon laquelle seuls des investissements colossaux permettraient de rivaliser avec les géants de la tech. Selon lui, les infrastructures publiques de calcul et la coopération entre chercheurs, entreprises et universités peuvent soutenir l’émergence de modèles européens. La question est aussi politique : une dépendance accrue aux plateformes étrangères risque de renforcer le verrouillage technologique et de rendre les utilisateurs captifs de quelques acteurs dominants.

    « Il faut faire de ce sujet de la souveraineté numérique une des grandes causes nationales » - Alexandre Zapolsky

    Démocratie, citoyens et avenir de la jeunesse

    Au-delà des entreprises et des gouvernements, l’émission interroge la place des citoyens dans les choix technologiques. Alfred Sawadogo reprend les alertes de chercheurs qui soulignent les dangers potentiels de systèmes dont le fonctionnement reste difficile à expliquer et à maîtriser. Il défend l’idée d’un contrôle démocratique de l’IA, dans lequel l’opinion publique peut peser face aux intérêts privés et au lobbying des grandes entreprises. La situation des jeunes occupe également une place importante dans la conclusion. Les inquiétudes concernant l’emploi, les conditions d’études et l’avenir professionnel appellent, selon lui, une réponse des pouvoirs publics.

    🎵 NOS CHOIX MUSICAUX

    « Ça va beaucoup trop vite » — Bigflo & Oli

    « Pixxxie » — Magi Merlin

    💻 Réalisation : Guillaume Munier.

    Fri, 09 Oct 2026
  • 291 - RDC, Ukraine, Sénégal, France : trois regards sur des économies sous tension

    Guerres, dépendances, dette publique : trois problématiques mais un même enjeu de souveraineté et de financements. En RDC, les banques accompagnent la diversification d’une économie tirée par le secteur minier. En Ukraine, la guerre fragilise agriculteurs et ports, menaçant les marchés alimentaires mondiaux. Au Sénégal et en France, la dette pose la question : jusqu’où un État peut-il emprunter et assumer ses choix ? Plusieurs acteurs ou observateurs de ces enjeux livrent leurs analyses.

     

    République démocratique du Congo : financer la transformation de l’économie

    Avec Kadija Sango Keïta, directrice exécutive de Rawbank, chargée des finances et de la trésorerie

    L'émission en vidéo ici

    Diversifier une économie encore dépendante des mines

    Première banque commerciale de RDC, Rawbank revendique un modèle de banque universelle, présent auprès des ménages, des PME et des grandes entreprises. L’enjeu est désormais de diversifier les sources de revenus et de financer davantage les infrastructures, les télécommunications et les PME, ainsi que les entreprises qui gravitent autour des grands groupes.

    Inclusion financière et révolution du mobile money

    La digitalisation transforme rapidement les usages bancaires en RDC. Avec son application Illico Cash, Rawbank cherche à toucher une clientèle plus large, notamment grâce aux paiements et aux transactions numériques. Pour les personnes jusque-là éloignées du système bancaire, l'historique des transactions peut également permettre de constituer un « score de crédit » et d'accéder progressivement à l'épargne, au crédit ou encore à l'assurance.

    Du cash à la traçabilité financière

    La réduction de l'utilisation du cash est également présentée comme un moyen de mieux tracer les flux financiers et de contribuer à la lutte contre la fraude et la corruption.

    Mines : financer toute la chaîne de valeur

    Le secteur minier demeure au cœur de l'économie congolaise. Pour Rawbank, l'enjeu ne consiste pas seulement à financer les grandes compagnies minières, mais aussi leurs fournisseurs, leurs sous-traitants et les ménages concernés par cette activité. La banque entend privilégier les entreprises répondant à certains standards internationaux et contribuer à structurer des financements de taille importante avec des partenaires internationaux.

    Énergie, infrastructures et contenu local

    Mines, énergie et infrastructures sont étroitement liées. L'enjeu est notamment de financer des projets capables de créer davantage de valeur ajoutée en RDC, tout en mobilisant, lorsque les montants dépassent les capacités d'une banque locale, des capitaux et des partenaires financiers internationaux.

    Dette souveraine : le retour de la RDC sur les marchés

    Rawbank a participé, avec une banque internationale, à la structuration d'une levée de fonds de l'État congolais. Selon Khadija Sango Keïta, cette opération constitue un signal de retour de la RDC sur les marchés internationaux des capitaux et illustre le rôle que peut jouer une banque locale dans la mobilisation de financements internationaux.

    Franc congolais : réduire la dépendance au dollar

    Autre enjeu majeur : la place du dollar dans l'économie congolaise. Khadija Sango Keïta évoque les réformes engagées par la Banque centrale et la volonté de réduire progressivement l'utilisation du dollar en espèces, au profit du franc congolais dans les transactions quotidiennes.

    Ukraine : la guerre frappe les céréales et les ports

    Avec Dmytro Barinov, président de l’Association des ports ukrainiens, entretien réalisé à Odessa par Nathanaël Vittrant, journaliste au service économie de RFI.

    Des ports quasiment à l'arrêt

    Le conflit touche directement les infrastructures portuaires de la mer Noire. Selon Dmytro Barinov, le trafic dans la région d'Odessa est fortement perturbé par les risques encourus par les équipages et les navires. La menace ne concerne plus seulement les infrastructures à quai : les navires étrangers entrant ou sortant des ports ukrainiens sont eux aussi exposés.

    Les agriculteurs pris dans une guerre d'attrition

    Dans la région d'Odessa, les agriculteurs doivent faire face à des silos et infrastructures céréalières frappés par des drones ou des missiles. Le reportage de Nathanaël Vittrant décrit une situation dans laquelle les exploitants disposent parfois de récoltes, mais plus de capacités suffisantes pour les stocker.

    Exporter ou stocker : le dilemme des producteurs

    Pour les agriculteurs ukrainiens, l'impossibilité d'exporter entraîne une baisse des prix et complique l'écoulement des récoltes. Les négociants hésitent à acheter des productions qu'ils ne peuvent ensuite charger sur des navires. L'effet se répercute ainsi sur l'ensemble de la chaîne agricole.

    Une menace qui dépasse les frontières ukrainiennes

    L'Ukraine exporte traditionnellement vers l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et la Turquie. Dmytro Barinov souligne également le rôle de la production ukrainienne dans l'approvisionnement du Programme alimentaire mondial. La perturbation des exportations constitue donc, selon lui, un enjeu qui dépasse largement les frontières de l'Ukraine.

    Quelles alternatives aux ports de la mer Noire ?

    Le transport fluvial a été développé comme solution de remplacement depuis 2022, avec un record de transbordement annoncé à 32 millions de tonnes en 2023. Mais cette solution ne permet pas, selon Dmytro Barinov, de remplacer les capacités des ports en eaux profondes de la mer Noire. Le ferroviaire présente lui aussi des limites, notamment liées aux différences de normes entre les réseaux ukrainien et européen et aux capacités de transport.

    Sénégal : que signifie réellement le « traitement » de la dette ?

    Mor Thiam, chercheur associé en finances publiques à l’Université de Poitiers (France)

    L'émission en vidéo ici

    Un nouvel accord avec le FMI

    Le Sénégal est engagé dans un processus de réduction de sa dette publique. Un accord avec le FMI portant sur un nouveau programme d'aide de 2,2 milliards de dollars prévoit notamment un cadre budgétaire sur trois ans, un assainissement des finances publiques, des mesures correctrices et des réformes destinées à accroître les recettes de l'État.

    Restructuration, reprofilage, ajustement : les mots comptent

    Pour Mor Thiam, le vocabulaire utilisé pour qualifier le traitement de la dette n'est pas neutre. Le périmètre retenu, le recours au cadre du G20 et l'objectif de modifier le profil de la dette conduisent, selon son analyse juridique et financière, à parler de restructuration. Le gouvernement privilégie pour sa part l'expression de « plan de traitement » ou de « reprofilage ».

    Quel rôle pour le Parlement ?

    La question de la dette est également institutionnelle. Mor Thiam souligne le rôle du Parlement dans les opérations portant sur la dette publique sénégalaise et cite notamment les dispositions de la loi organique relative aux lois de finances et du règlement général sur la comptabilité publique.

    Redonner de l'air au budget et au secteur privé

    L'objectif d'une restructuration est, selon l'analyse développée dans l'entretien, de modifier la relation avec les créanciers afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires. L'apurement des créances de l'État envers les entreprises privées est présenté comme un autre enjeu immédiat du programme.

    Relance économique et pouvoir d'achat

    Le financement du secteur privé apparaît comme une condition de la relance économique, alors que les investissements publics et les investissements directs étrangers ont reculé. Mais le programme soulève également la question des mesures d'économies et des subventions énergétiques, avec un enjeu central : restaurer les marges budgétaires tout en préservant le pouvoir d'achat des ménages.

    France : la dette publique au cœur du débat politique

    Une dette élevée, mais pas sans précédent historique

    La dette publique française dépasse les 3 000 milliards d'euros. Mor Thiam rappelle toutefois que la France a déjà connu historiquement des niveaux d'endettement très élevés. Il souligne aussi que la comparaison entre États ne peut pas reposer uniquement sur le ratio dette/PIB, chaque économie présentant des caractéristiques différentes.

    Le coût de la dette et les nouvelles transitions à financer

    L'entretien aborde la remontée des taux d'intérêt, le poids croissant de la charge de la dette et les besoins de financement liés notamment aux transitions écologique, démographique et numérique.

    L'annulation de la dette détenue par l'Eurosystème

    Le débat français porte notamment sur la proposition de Jean-Luc Mélenchon concernant la dette détenue par la Banque de France via la BCE. L'entretien examine cette proposition sous deux angles : son acceptabilité politique au niveau européen et ses implications juridiques au regard des traités européens.

    Les obstacles juridiques et européens

    Mor Thiam distingue notamment les dispositions relatives au financement direct et celles concernant le renflouement des États. Il souligne que la Banque de France appartient à l'Eurosystème et que la question ne peut donc pas être traitée uniquement à l'échelle française.

    Qui doit avoir le dernier mot sur la dette ?

    L'entretien se termine sur une question commune au Sénégal et à la France : qui décide lorsqu'un État est confronté à une dette importante ? Pour Mor Thiam, la gestion de la dette relève d'une expertise technique, mais son remboursement a des conséquences sociales et politiques. Il insiste donc sur la responsabilité des pouvoirs publics et sur le contrôle exercé par les Parlements et les citoyens, tout en soulignant la responsabilité des créanciers.

    🎵 Notre choix musical : No One like you - Alune Wade / Hindi Zahra

    🖥️ Réalisation : Guillaume Munier

    Fri, 02 Oct 2026
  • 290 - Pétrole, cuivre, terres rares : qui contrôlera les ressources stratégiques ?

    Économie et géopolitique : les deux dimensions sont désormais indissociables. La crise au Moyen-Orient, les tensions autour du détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine révèlent la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement. Pétrole, gaz, cuivre, aluminium, lithium, graphite ou terres rares sont devenus des enjeux de puissance. Des États-Unis à la Chine, de l’Europe à l'Afrique (RDC en tête), les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs ressources et affirmer leur domination.

    NOS INVITES

    - Anne Bialkowski, responsable de l'unité Intelligence minérale au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), établissement public français de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol.

    - Emmanuel Hache, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) 

    - Yves Jégourel, professeur titulaire de la chaire « Économie des matières premières et transitions durables » au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), professeur associé à Mines Paris – PSL et auteur du podcast @commo_talks_matieres_premieres

    - Jonathan Muya, chercheur en macroéconomie financière et en géostratégie à l’Université de Kinshasa (RDC)

    - Ottilia Férey, correspondante de RFI dans les pays scandinaves

    Une émission enregistrée dans le cadre des Ecopol 2026 à Tours. 

     

    LES TEMPS FORTS DE L'EMISSION

    Ormuz : quand la géopolitique fait flamber les prix

    La crise autour du détroit d’Ormuz illustre la fragilité des marchés mondiaux de l’énergie. La hausse du pétrole se transmet aux carburants et à l’ensemble des chaînes de valeur, tandis que les anticipations de pénurie entretiennent la volatilité des prix.

    Pétrole, gaz, carburants : les nouvelles vulnérabilités européennes

    La question énergétique ne se résume plus à l’accès au pétrole. Stocks stratégiques, capacité de raffinage, importations de gazole et diversification des fournisseurs sont devenus des enjeux majeurs pour la sécurité économique européenne.

    Métaux stratégiques : le nouveau front de la rivalité sino-américaine

    Aluminium, cuivre, lithium, graphite, terres rares : ces ressources sont indispensables à l’industrie, à la transition énergétique mais aussi aux secteurs numériques et de défense. États-Unis et Chine cherchent à sécuriser leurs approvisionnements et à réduire leurs dépendances.

    Europe : peut-on réduire la dépendance aux matières premières ?

    L’Europe cherche à renforcer ses capacités d’approvisionnement, d’exploration et de recyclage. La Scandinavie dispose notamment de ressources importantes, mais leur exploitation pose une question centrale : comment concilier souveraineté minérale, transition énergétique et protection de l’environnement ?

    RDC : comment transformer la richesse minière en développement ?

    La République démocratique du Congo dispose d’importantes ressources en cuivre, cobalt, étain et coltan. Pour Jonathan Muya, l'enjeu est de transformer la rente minière en investissements structurants et de développer davantage la transformation locale. La rivalité entre partenaires peut aussi modifier le pouvoir de négociation de Kinshasa.

    Recyclage, sobriété, transformation : peut-on échapper à la course aux ressources ?

    La transition énergétique accroît la demande en matières premières. Face à cette pression, les invités soulignent trois leviers : développer le recyclage, conserver les matières sur les territoires européens et interroger la consommation de ressources. Le cuivre, notamment, devient un enjeu central des infrastructures électriques et numériques.

    POUR INFOS

    - le projet OFREMI (Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles)

    - Emmanuel Hache - Géopolitique des matières premières (Eyrolles)

    - Le rapport annuel du cercle CyclOpe

    NOTRE CHOIX MUSICAL

    Jetski (Friki) - Moliy, Yailin la Mas Viral, Theodora

    Fri, 25 Sep 2026
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