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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de ces années d'or : de la folie yéyé aux légendes de la chanson française et internationale comme Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Jacques Brel, Daniel Balavoine, les Beatles, les Rolling Stones, les Kinks, Françoise Hardy, Dutronc, Annie Cordy, les Shadows, Ray Charles, Dave, Sheila, Alain Delon, Nicoletta, Michèle Torr, et bien d'autres. Ce podcast explore le rock and roll, le twist, le punk, le disco, le funk, ainsi que les concerts mythiques, le cinéma et les séries TV cultes de l’époque, la télévision, sans oublier les découvertes scientifiques et les actualités marquantes en Belgique. Raconté comme un album souvenir des jours heureux, chaque épisode de Happy Days vous invite à revivre des moments positifs et joyeux, pour un voyage nostalgique unique au cœur des playlists des années 60 et 70, de 1960 à 1980.
- 532 - Happy Days : quand la pub des années 70 chantait la purée et le couscous
Dans ce nouvel épisode de Happy Days, Cédric Godart ouvre une gigantesque page de publicité et vous replonge dans les spots télé qui ont marqué les années 70, ces réclames diffusées à la télévision française, sur RTL et sur les chaînes belges bien avant que la RTBF n'introduise sa propre publicité à la fin des années 80.
Mousseline : la purée qui chantait sur nos écrans (1976)Nous sommes le 13 juin 1976. La marque Mousseline, purée de pommes de terre en flocons lancée en 1963 et produite à Rosières-en-Santerre dans la Somme, diffuse sur nos écrans un spot publicitaire qui deviendra mythique. Une mère de famille confiante chante pour présenter son plat, inspirée par Do-Re-Mi tiré de La Mélodie du bonheur. Interprétée par les petits écoliers chantants de Bondy, la chanson devient un véritable hit des cours de récréation.
Richard Gotainer et le couscous Saupiquet : la pub qui se chante (1979)Le 11 mars 1979, le publicitaire Richard Gotainer révolutionne le genre avec un spot pour le couscous Saupiquet. Ancien rédacteur renvoyé de la J. Walter Thompson pour mauvais esprit, il fonde en 1974 avec son associé l'agence 4 Caisses, spécialisée dans les spots radio et télé chantés. On lui doit aussi les slogans de Banga, de Danette et bien d'autres. Avec Saupiquet, il signe un morceau d'anthologie : on chante, on danse, et le couscous entre dans la légende publicitaire.
Please et Marie-Pierre Casey : la ménagère la plus drôle de France (1980)Pour incarner le produit d'entretien Please, la marque fait appel à Marie-Pierre Casey, figure incontournable du boulevard parisien. Son personnage de Renée, glissant sur une table parfaitement nettoyée avec une réplique culte, fait l'effet d'une bombe. Le spot remporte un Lion d'argent au Festival international du film publicitaire de Cannes et le prix Minerve de la meilleure actrice dans une publicité télévisée à Hollywood. Une carrière lancée dès Jeux interdits de René Clément, puis confirmée aux côtés d'Isabelle Adjani et d'Alain Souchon dans L'Été meurtrier en 1983.
Retrouvez Nos Années Happy Daystous les dimanches matin à 11h sur Nostalgie+.Sun, 20 Sep 2026 - 531 - Elvis en concert à Las Vegas : pourquoi l'album "On Stage" de 1970 ne ressemble à aucun autre
Nous sommes le 1er juin 1970 et Elvis Presley publie « On Stage », un album live enregistré à l'International Hotel de Las Vegas entre le 16 et le 19 février 1970.
Un disque atypique dans la discographie du King. Là où son album précédent, From Memphis to Vegas, mettait en avant ses grands tubes comme Hound Dog, All Shook Up ou Suspicious Minds, « On Stage » s'ouvre sur CC Rider et fait la part belle aux reprises.
Elvis y reprend Neil Diamond, les Beatles avec un medley associant Yesterday et Hey Jude, et même Gilbert Bécaud avec Let It Be Me, reprise de Je t'appartiens, un titre datant de 1955. Paul McCartney confiera plus tard avoir été profondément ému d'apprendre qu'Elvis reprenait ses morceaux.
Sur scène, Elvis s'appuie sur le TCB Band, formation musicale d'exception considérée comme la crème des musiciens de l'époque.
L'album atteint la 13e place aux États-Unis et rencontre un très grand succès en Belgique. Un objet unique dans la carrière d'Elvis : jamais le King n'avait autant chanté les chansons des autres.
Happy Days, le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70, est présenté par Cédric Godart sur Nostalgie+.Fri, 18 Sep 2026 - 530 - Les Bidasses s'en vont en guerre : le film culte de Claude Zidi qui a conquis... l'URSS !
11 décembre 1974 : Claude Zidi assiste à la première des Bidasses s'en vont en guerre, la suite des Bidasses en folie (1971). Cédric Godard vous raconte les coulisses d'un tournage mémorable : Jean-Guy Fechner qui laisse repousser sa barbe, Jean Sarrus qui tourne avec une jambe cassée, et la célèbre scène du mazout reconstituée avec du café soluble et de l'huile de ricin. Tourné en Côte-d'Or durant l'été 1974, le film cumule plus de 4 millions d'entrées en France. Mais c'est en Union soviétique que le vrai carton se produit : plus de 50 millions de spectateurs. Un triomphe inattendu derrière le rideau de fer, sur une musique des Charlots. Happy Days, la chronique qui fait revivre la musique et les souvenirs des années 60 et 70, sur Nostalgie+.
Thu, 17 Sep 2026 - 529 - FN Herstal 1966 : la grève des femmes-machines qui a changé la Belgique
Dans les années 60, la Fabrique Nationale de Herstal tourne à plein régime. Parmi son personnel, des milliers d'ouvrières que l'on surnomme alors les « femmes-machines ». Un travail ingrat, payé bien en-deçà de celui des hommes pour un poste pourtant équivalent.
Douze semaines de grève pour l'égalité salarialeTout commence le 16 février 1966 : 3 800 travailleuses de Herstal entament une grève pour réclamer un salaire égal à celui des hommes. La direction, pas du tout décidée à capituler, tente de faire pression en coupant certaines primes au logement et en mettant 5 000 ouvriers, des hommes cette fois, au chômage technique. Mais la solidarité tient bon : les hommes soutiennent largement le mouvement, et des comités d'action se forment dans tout le pays pour récolter des fonds et venir en aide aux familles financièrement fragilisées.
Après 84 jours de résistance face à la direction, un protocole d'accord de conciliation est signé le 4 mai 1966. Les ouvrières obtiennent une augmentation immédiate de 2 francs par heure, suivie d'une hausse supplémentaire de 75 centimes programmée pour l'année suivante. La direction accepte également unerévision des barèmes: l'égalité salariale totale n'est pas atteinte du jour au lendemain — les femmes touchaient jusque-là environ 73 % du salaire d'un homme — mais l'écart se réduit alors de façon spectaculaire. Le 10 mai 1966, c'est la reprise du travail.
Au-delà des chiffres, le dénouement de cette grève a provoqué un véritable séisme en Belgique et en Europe. Ce conflit de douze semaines est aujourd'hui considéré comme la toute première grande mobilisation européenne pour l'égalité salariale entre les hommes et les femmes.Wed, 16 Sep 2026 - 528 - François Valéry en 1975 : la naissance du tube Lady Music
En ce début d'année 1975, Disc'AZ croit dur comme fer en son nouveau poulain. Le label sort coup sur coup trois titres qui vont lui ouvrir les portes des radios et du succès : une chanson d'été, Le Prince d'amour, et puis... Lady Music, avec son entrée devenue culte, « Toutes les filles que je croise ».
De Jean-Louis Mougeot à François ValéryCar jusqu'en 1974, l'artiste ne s'appelle pas encore François Valéry, mais Jean-Louis Mougeot. Le nom de scène, il le doit à une voyante, Jacqueline Tordjman, secrétaire de Marcel Amont, en pleine élection présidentielle opposant Mitterrand à Giscard. De ce duel politique naît un pseudonyme.
Son parcours, lui, est tout sauf un conte de fées facile. Cadet d'une famille de sept enfants, il perd son père dès l'âge de trois ans. Direction l'Algérie, puis Paris à huit ans, dans un petit trois-pièces. Il rêvait de football, sa mère lui offre une guitare : le ballon rond attendra. Il joue alors dans les bals, reprend les tubes yéyé et cumule les petits boulots pour aider sa mère. À 19 ans, il fait ses premiers pas à la radio en participant à l'émission de radio-crochet de Philippe Bouvard sur RTL. Puis, en 1974, la rencontre qui change tout : Jean-Pierre Barkoff, l'agent de Mike Brant.
Quelques mois avant Lady Music, une chanson d'été était déjà sortie. Mais c'est bien Lady Music, publiée chez Disc'AZ, une entité du groupe Europe 1, qui lance véritablement la carrière de François Valéry. En Belgique, le titre entre au classement dès juin 1975, à la vingt-neuvième place, et y reste une bonne partie de l'été. François Valéry se produit alors pour la première fois à la télévision, dans une émission de Michel Drucker. En 1976, il est choisi pour assurer la première partie de la tournée de Mireille Mathieu. Sa carrière, cette fois, va vraiment décoller.Tue, 15 Sep 2026 - 527 - Johnny Hallyday en 1963 : le roi du hit-parade ?
En ce dernier jour de l'année 1963, direction le grand bilan du hit-parade. Et sur ce terrain-là, un nom revient sans cesse : Johnny Hallyday. Rien qu'au mois de janvier, il avait déjà sorti quatre disques : La Bagarre, I Got A Woman, Chérie fais-moi peur et Sirius, plus méconnu du grand public. De quoi donner le ton d'une année particulièrement prolifique.
Johnny, l'artiste le plus présent de l'annéeSur le Top 15 de l'année, personne ne fait mieux que Johnny Hallyday : il y place cinq titres, un record absolu. Tes tendres années, Elle est terrible, Les bras en croix, Pour moi la vie va commencer et L'idole des jeunes composent ce palmarès impressionnant. Et si l'on regarde la présence cumulée dans le Top 10 de l'année, tous titres confondus, Johnny caracole également en tête avec 73 semaines de classement. Claude François suit avec 46 semaines, tandis que Sylvie Vartan, la nouvelle compagne de Johnny, en totalise 39.
La couronne du numéro 1 de l'année ne lui revient pourtant pas. C'est Claude François qui s'installe en tête du classement grâce à Belles belles belles, juste devant Sylvie Vartan et I'm watching you. Et l'année réserve encore un dernier rebondissement : en novembre, c'est l'Américain Trini Lopez qui domine avec If I Had A Hammer. Un mois plus tard, c'est la version française du titre qui grimpe à son tour en tête... signée Claude François, avec Si j'avais un marteau.
1963 n'a peut-être donc pas un seul roi. Mais au rayon des chiffres, l'idole des jeunes n'est pas en reste : Johnny Hallyday se hisse en 4e, 5e et 6e position du classement de fin d'année, juste devant... les Beatles.Mon, 14 Sep 2026 - 526 - Nos Années Happy Days : Ford Mustang, Mini et Renault 5, des voitures symboles de liberté dans les années 60-70Quand les petites voitures ont changé le mondeLes années 1960 et 1970 marquent bien plus qu'une simple évolution technologique. Elles incarnent le passage de l'euphorie insouciante des Trente Glorieuses à une ère nouvelle : celle de la rationalisation de l'automobile. La voiture se démocratise massivement, partout dans le monde. Elle devient liberté. Émancipation. Symbole d'une génération qui refuse d'attendre.
De la Mustang à la Mini : l'ère de la démocratisation automobileEntre les routes de vacances et les autoroutes qui explosent, entre la jeunesse dorée et les familles de classe moyenne, trois voitures vont marquer cette époque. Trois petites voitures qui vont devenir des icônes. Pas des bolides de luxe. Des voitures pour TOUT LE MONDE.
La Ford Mustang (1964) : le rêve américain devient abordableEn 1964, à l'Exposition Universelle de New York, Ford dévoile une voiture qui va faire rêver le monde entier. La Mustang. Pas chère. Performante. Élégante. C'est LA voiture du jeune Américain. Du couple qui veut s'échapper le week-end. Du musicien qui chante « Mustang Sally » en boucle.
La Mustang symbolise l'Amérique optimiste des années 60. La liberté. La route. L'inconnu.
La Mini (1959) : la révolution compacte venue de Grande-BretagneMais en traversant la Manche, en prenant la malle à Ostende, on découvre une autre révolution. Plus subtile. Plus ingénieuse. La Mini.
Annoncée en août 1959, pile avant l'explosion du voyage en voiture, la Mini est compacte, économique, innovante. Elle va devenir l'icône de la jeunesse britannique. George Harrison en conduit une. Elle unit sur ses sièges la jeunesse dorée et les familles de classe moyenne. Elle est petite, mais elle change tout.
La Renault 5 (1972) : l'exception françaiseEn 1972, les rues de l'Hexagone fourmillent d'une nouvelle étoile. La Renault 5. Renault mise TOUT sur elle. La marque veut changer l'image de la bonne vieille voiture familiale. Elle réussit. La R5 devient une icône française. Simple. Accessible. Jeune.
Trois voitures, trois univers, une même quête : la libertéCes trois petites voitures ne sont pas que des moyens de transport. Elles sont des symboles. Des rêves mécaniques. La Mustang incarne l'Amérique optimiste. La Mini, l'innovation britannique intelligente. La Renault 5, la France populaire et ingénieuse.
Ensemble, elles racontent l'histoire d'une époque où l'automobile cesse d'être un luxe pour devenir un droit. Une clé. Une porte ouverte vers les routes de vacances.
Nos Années Happy Days,chaque dimanche à 11h sur Nostalgie+. À tout moment sur l'application Nostalgie+ ou Nostalgie-plus.be.Sun, 13 Sep 2026 - 525 - 31 décembre 1963 : Eddy Mitchell quitte Les Chaussettes Noires pour embrasser son destin de rocker solo
Le 31 décembre 1963, sur la scène d'un ultime gala lyonnais, Eddy Mitchell referme pour de bon le chapitre des Chaussettes Noires. Après avoir mené de front les tournées du groupe pionnier du rock français et les contraintes de son service militaire jusqu'en août, Claude Moine réclame son indépendance. Il avait d'ailleurs déjà posé les fondations de son aventure solo quelques mois plus tôt avec le disque « Voici Eddy… c'était le soldat Mitchell », enregistré au studio Charcot et porté par le morceau « Si tu penses ».
Le virage du rock londonien contre les dérives yé-yéDésireux de s'éloigner des modes superficielles pour revenir à l'essence du rock 'n' roll, Eddy Mitchell publie dans la foulée un second opus fondateur, « Eddy in London », gravé avec les musiciens britanniques du London All Star emmenés par Big Jim Sullivan. Cette émancipation soudaine suscite la colère des autres membres des Chaussettes Noires, en particulier William Benaïm, qui l'attaquent pour rupture de contrat. Il faudra cinq longues années de procédures judiciaires pour qu'Eddy Mitchell gagne son procès en 1968, obtenant enfin la pleine maîtrise de son destin artistique.Fri, 11 Sep 2026 - 524 - « L'Horloger de Saint-Paul » (1974) : Bertrand Tavernier sublime Simenon avec Philippe Noiret et Jean Rochefort
Le 16 janvier 1974, les cinémas parisiens accueillent avec curiosité « L'Horloger de Saint-Paul », le premier long-métrage réalisé par Bertrand Tavernier. À 35 ans, le cinéaste réussit un coup de maître en adaptant le roman « L'Horloger d'Everton » de Georges Simenon. Avec l'accord de l'auteur belge, l'action quitte le continent américain pour s'enraciner dans les ruelles pavées du quartier Saint-Paul à Lyon, sur une bande originale poignante signée par le compositeur Philippe Sarde.
Un face-à-face inoubliable entre Philippe Noiret et Jean RochefortL'intrigue met en scène Michel Descombes, un artisan horloger veuf incarné par Philippe Noiret, dont le quotidien bascule quand deux policiers lui révèlent que son fils a commis un homicide. Confronté au silence de son enfant, qui se borne à qualifier sa victime d'ordure, le père prend conscience de l'abîme qui les séparait. Aux côtés d'un commissaire humain et nuancé joué par Jean Rochefort, Noiret livre une interprétation magistrale de la culpabilité paternelle et de la fidélité filiale, installant durablement l'œuvre au Panthéon du septième art.Thu, 10 Sep 2026 - 523 - The Four Tops : l'histoire de « Reach Out I'll Be There », le chef-d'œuvre Motown de Holland-Dozier-Holland
Le 18 août 1966 marque l'avènement d'un monument de la soul américaine avec la sortie de « Reach Out I'll Be There » par le groupe The Four Tops. Mis en boîte au sein du mythique Studio A de Hitsville U.S.A. à Detroit, le morceau s'impose instantanément comme l'un des titres les plus rentables et les plus emblématiques de l'écurie Motown. Une consécration immédiate qui conduit le groupe sur le plateau du prestigieux Ed Sullivan Show, devant des millions de téléspectateurs conquis.
Le génie créatif du trio d'orfèvres Holland-Dozier-HollandDerrière l'énergie dramatique et les arrangements percutants du morceau opère le trio incontournable Brian Holland, Lamont Dozier et Eddie Holland. Déjà responsables des triomphes planétaires des Supremes, ces compositeurs stars façonnent un hit classé numéro un aux États-Unis comme au Royaume-Uni. Le raz-de-marée traverse l'Atlantique au point d'inspirer Claude François, qui en tirera son propre succès avec l'adaptation française « J'attendrai », prouvant la puissance mélodique intemporelle de cette création.Wed, 09 Sep 2026 - 522 - Gilbert Montagné : comment Johnny Hallyday a relancé sa carrière au Pavillon de Paris en octobre 1979
Le 18 octobre 1979, la salle du Pavillon de Paris devient le décor d'un grand moment d'émotion : Gilbert Montagné effectue son retour surprise sur la scène française. Invité d'honneur de Johnny Hallyday, le musicien s'installe au piano pour accompagner le taulier du rock durant la séquence finale du spectacle. Pendant une vingtaine de minutes et quatre morceaux intenses, dont l'incontournable « Fils de personne », cette collaboration fraternelle redonne vie à la trajectoire musicale d'un artiste en retrait.
De l'exil américain à la consécration retrouvéeHuit ans plus tôt, à 20 ans à peine, Gilbert Montagné dominait les hit-parades internationaux avec son tube « The Fool », enregistré à Londres aux côtés des choristes d'Elvis Presley. Cependant, le manque de succès des disques suivants et la pression de l'industrie l'avaient poussé à fuir vers l'Amérique du Nord, trouvant refuge dans l'anonymat des clubs de jazz canadiens. La main tendue par Johnny Hallyday en cet automne 1979 brise cet isolement et relance sa carrière, inspirant en 1981 son morceau de gratitude sobrement baptisé « Johnny ».Tue, 08 Sep 2026 - 521 - Coupe du Monde 1970 : qualification historique de la Belgique pour l'aventure mexicaine face au Brésil de Pelé
Le 31 mai 1970 marque une date historique pour le football belge : les Diables Rouges s'envolent pour la Coupe du Monde au Mexique. Portée par l'hymne officiel des Hermanos Zavala, « Futbol Mexico 70 », la sélection nationale valide son ticket pour la compétition reine après un parcours sans faute lors des éliminatoires. En terminant en tête du groupe 6 devant la Yougoslavie, l'Espagne et la Finlande, la Belgique prouve sa solidité et rejoint l'élite planétaire du ballon rond.
Le défi mexicain face aux géants du footballSur le sol mexicain, l'atmosphère est électrique, marquée par l'émergence des premières sélections africaines et le jeu flamboyant du Brésil de Pelé. Malgré un climat international alourdi quelques mois plus tôt par la guerre de Cent Heures entre le Salvador et le Honduras, la fête sportive s'installe dans les stades. Les Belges abordent la compétition avec modestie dans le groupe 1. Si leur parcours s'achève face au Mexique sur un penalty controversé, cette campagne mondiale reste gravée comme un temps fort du sport belge, à l'aube du sacre final de la Seleção le 21 juin 1970.Mon, 07 Sep 2026 - 520 - Nos années Happy Days : Brigitte Bardot, 10 ans au soleil de sa vie (1963-1973)
Chaque dimanche à 12h, Nos années Happy Days prend le temps d'explorer une grande figure ou une thématique culte à travers ses plus belles séquences et ses souvenirs musicaux. Pour ce premier numéro, cap sur l'une des stars les plus fascinantes du XXe siècle : Brigitte Bardot. À travers dix années de sa vie, de 1963 à 1973, replongez dans la décennie où l'icône du cinéma français a fait chanter et vibrer le monde entier.
1963 : L'hymne de Saint-Tropez avec La Madrague1964 : Les 30 ans de BB vus par Marguerite Duras & Moi je joue1968 : Le duo mythique avec Serge Gainsbourg (Bonnie & Clyde)1973 : Les retrouvailles sentimentales avec Sacha Distel (Tu es le soleil de ma vie)
De la douceur insouciante de La Madrague au cap symbolique de ses 30 ans en 1964 — commenté avec une ironie piquante par la plume de Marguerite Duras —, BB incarne l'été, la liberté et le désir. Alors qu'elle chante Moi je joue, la star prépare déjà en coulisses son retrait futur du monde des paillettes pour se consacrer au grand combat de sa vie : la cause animale.
Des studios de Gainsbourg aux refrains complices de Sacha Distel
L'année 1968 marque un tournant majeur avec sa rencontre au sommet avec Serge Gainsbourg. De leur passion éclair naît le mythique Bonnie & Clyde, où la musique devient du grand cinéma et propulse le phrasé unique de Brigitte Bardot au rang de légende.
Cinq ans plus tard, en 1973, son duo avec Sacha Distel sur Tu es le soleil de ma vie vient clore en beauté cette décennie d'intensité pop et sentimentale, juste avant qu'elle ne dise adieu au 7e art. Un voyage nostalgique et intime au cœur de l'album souvenir d'une femme inoubliable.
Au programme de cet épisode :Sun, 06 Sep 2026 - 519 - Citroën Ami 6 : l'histoire de la mythique berline des années 60 et sa touche belge
Le 24 avril 1961, Citroën crée l'événement à Amsterdam en dévoilant l'Ami 6, affirmant d'emblée ses ambitions européennes. À une époque où les familles découvrent les joies des grands départs en vacances et des nouvelles autoroutes, le constructeur comble un grand vide commercial dans sa gamme. Positionnée exactement entre la modeste 2 CV et la luxueuse DS, l'Ami 6 vise directement la classe moyenne en pleine expansion. Elle reprend la mécanique robuste de la 2 CV tout en proposant des finitions inspirées de la DS, comme ses sièges moelleux et son célèbre volant monobranche.
Lunette inversée, assemblage belge et succès phénoménalDessinée par le génial Flaminio Bertoni, l'Ami 6 choque et séduit par son innovation esthétique majeure : une lunette arrière inversée. Ce choix de design permet d'offrir un vrai confort de garde au toit pour les passagers arrière tout en préservant un vaste volume de coffre. Côté stratégie commerciale, Citroën casse les codes de l'époque en présentant le modèle comme la seconde voiture idéale pour les femmes — une proposition validée dans les faits par Yvonne de Gaulle qui en fera sa voiture personnelle.
Assemblée en France mais aussi à Forest, près de Bruxelles, l'Ami 6 rencontre un succès populaire fulgurant. Emmenée par son moteur bicylindre capable de pousser jusqu'à 105 km/h, elle s'écoule à plus d'un million d'exemplaires. Portée par le lancement de sa version break en 1964, très prisée des familles, elle devient même la voiture la plus vendue en France en 1966.Fri, 04 Sep 2026 - 518 - Jean Ferrat : l'histoire de « Ma Môme », son tout premier succès populaire
En décembre 1960, celui que le grand public ne connaît pas encore sous le pseudonyme de Jean Ferrat touche enfin au succès. Un an après la signature de son premier contrat chez Decca, Jean Tenenbaum sort « Ma Môme », une chanson composée par ses soins sur des paroles de Pierre Frachet. Loin du glamour et des paillettes de l'époque, le morceau dresse le portrait tendre d'une jeune ouvrière d'usine de la banlieue parisienne, à Créteil. Cette simplicité résonne profondément chez le chanteur : né d'un père ouvrier joaillier et d'une mère ayant travaillé en usine de fleurs artificielles, Ferrat ne joue pas un rôle, il chante le monde dont il est issu.
Du succès radio au cinéma de Jean-Luc GodardPorté à ses débuts par le soutien décisif de l'animateur Daniel Filipacchi, le titre envahit les ondes radio et séduit immédiatement les auditeurs par sa sincérité brute. Deux ans plus tard, le destin de la chanson franchit un nouveau cap. En 1962, le réalisateur Jean-Luc Godard choisit d'intégrer « Ma Môme » à la bande originale de son film phare de la Nouvelle Vague, Vivre sa vie, incarné par Anna Karina. Séduit par l'authenticité et le réalisme désarmant de Jean Ferrat, le cinéaste contribue à ancrer définitivement cette chanson dans le patrimoine de la musique française.Thu, 03 Sep 2026 - 517 - RSC Anderlecht 1965 : l'histoire du premier doublé mythique contre le Standard
Le 26 mai 1965, le Stade du Heysel à Bruxelles accueille un choc au sommet joué à guichets fermés : la finale de la Coupe de Belgique opposant le Royal Sporting Club d’Anderlecht au Standard de Liège. Déjà sacrés champions de Belgique après avoir dominé la saison, les Mauves visent un exploit encore jamais réalisé dans l'histoire du football belge : décrocher le tout premier doublé coupe-championnat. Dans les travées du stade, la rivalité entre Bruxelles et Liège rend l'atmosphère électrique.
Une finale sous haute tension et le sacre de Paul Van HimstSur la pelouse, la rencontre prend une tournure dramatique. Porté par son jeune prodige Paul Van Himst, auteur de réalisations clés, le club bruxellois se heurte à la ténacité des Liégeois et de Roger Claessen. Les deux équipes se rendent coup pour coup et le match bascule en prolongations dans une tension insoutenable.
Au terme d'un suspense haletant, Anderlecht s'impose finalement 3 buts à 2, déclenchant le délire parmi les supporters. En soulevant le trophée sur la pelouse du Heysel, le RSC Anderlecht entre définitivement dans la légende et consacre une génération dorée menée par le génial Paul Van Himst.Wed, 02 Sep 2026 - 516 - L'Aile ou la Cuisse : les coulisses du duo mythique Louis de Funès - Coluche
Le 27 octobre 1976, le cinéma français connaît un moment d'anthologie avec la sortie en salles de L'Aile ou la Cuisse, réalisé par Claude Zidi. Ce film signe avant tout le grand retour sur écran géant de Louis de Funès après trois ans d'absence forcée due à de graves problèmes de santé. Alors que les assureurs refusent de couvrir un acteur jugé trop fragile, le jeune producteur Christian Fechner se bat pour imposer le projet. Le tournage se déroule sous la canicule de l'été 1976 près de Paris, avec une attention de chaque instant portée à l'état de santé du comédien.
Face au maître de la grimace, un jeune humoriste en pleine ascension opère un tournant majeur : Coluche. En incarnant le fils du personnage principal, il fait ses premiers pas marquants au cinéma hors de son personnage de scène. Ce duo père-fils rassemble deux générations de l'humour français dans une alchimie parfaite.
La vraie gastronomie contre la malbouffe industrielleSous ses airs de comédie grand public détournant les codes du guide Michelin, le film propose une critique avant-gardiste de la France des années 1970. L'intrigue oppose Charles Duchemin, fervent défenseur de la cuisine traditionnelle, à Jacques Tricatel, patron sans foi ni loi d'une chaîne de « restoroutes » prônant la nourriture industrielle synthétique. Une charge satirique et efficace contre les débuts de la malbouffe de masse.
Porté par la bande originale mémorable de Vladimir Cosma et son célèbre Concerto gastronomique, L'Aile ou la Cuisse devient un véritable phénomène populaire. Avec 5,8 millions d'entrées, le film se hisse à la deuxième place du box-office français en 1976, juste derrière Les Dents de la Mer, tout en remportant un immense succès en Belgique. Un classique indémodable qui a relancé la carrière de Louis de Funès et confirmé le talent de Coluche.Tue, 01 Sep 2026 - 515 - Marilyn Monroe et JFK : les coulisses du mythique « Happy Birthday, Mr. President »
9 mai 1962, Madison Square Garden de New York. Devant plus de 15 000 personnes et un parterre de célébrités, le président John F. Kennedy célèbre son 45e anniversaire avec dix jours d'avance. Un an à peine après son célèbre discours d'investiture, JFK s'apprête à vivre un instant qui marquera à jamais la culture pop et l'histoire américaine.
Soudain, une icône s'avance sous les projecteurs : Marilyn Monroe. Habillée de sa fameuse "JFK Dress" — une robe fourreau en soie moulante incrustée de 2 500 strass créant l'illusion d'une nudité parfaite —, elle fait tomber son manteau d'hermine blanche sous le regard médusé du public.
Une sérénade présidentielle entrée dans la légendeAprès une introduction pleine d'esprit du comédien Peter Lawford, jouant sur la réputation de l'actrice à toujours arriver en retard, le silence se fait. Accompagnée au piano par Hank Jones, Marilyn Monroe entonne d'une voix sensuelle, murmurée et profondément intime le célèbre « Happy Birthday, Mister President », agrémenté d'un extrait du morceau Thanks for the Memory.
En rejoignant la scène, le président Kennedy réagit avec humour, déclarant qu'il peut désormais quitter la vie politique après un hommage aussi doux et sincère. Derrière les rires et l'éclat de cette nuit new-yorkaise, ce moment reste l'une des toutes dernières apparitions publiques de Marilyn Monroe. Redécouvrez les coulisses de cette séquence culte qui a forgé le mythe.Mon, 31 Aug 2026 - 514 - [BEST OF] Surf City de Jan & Dean : comment un brouillon des Beach Boys est devenu le premier numéro 1 du surf au Billboard
Le 20 juillet 1963, le duo américain Jan & Dean entre dans l'histoire de la musique en plaçant Surf City au sommet du Billboard Hot 100. C'est la toute première chanson de surf music à atteindre la première place du classement américain.
Mais l'histoire de ce titre commence bien avant son enregistrement. C'est Brian Wilson des Beach Boys qui en a écrit le premier jet, un brouillon qu'il appelait alors Goody Gooney, Won't You Come Back Home. Convaincu de ne jamais le terminer, il le joue un soir au piano pour Jan Berry et Dean Torrance lors d'une soirée à Los Angeles, et leur propose simplement de le garder.
Jan Berry s'empare du morceau, réécrit les paroles et réarrange la mélodie. L'enregistrement a lieu le 20 mars 1963 à Hollywood. Le résultat dépasse toutes les attentes : Surf City cartonne aux États-Unis, puis en Belgique et dans toute l'Europe, exportant la surf music sur le vieux continent tout au long de l'été 1963.
Un détail savoureux : Murray Wilson, le père de Brian et manager des Beach Boys, est furieux. Il estime que son fils a offert un potentiel numéro 1 à la concurrence. Trop tard, le succès est déjà là.
Happy Days, c'est chaque jour une date, un hit et une histoire. À retrouver sur Nostalgie+ avec Cédric Godart.Fri, 28 Aug 2026 - 513 - [BEST OF] 1965 : quatre semaines de vacances pour les travailleurs belges
Nous sommes le 12 avril 1965. Happy Day pour les travailleurs belges. Une nouvelle loi garantit aujourd'hui le paiement de leur pécule de vacances. Mais surtout, elle cristallise un acquis social majeur : quatre semaines de congés payés par an.
UN MOIS. Entier. Pour respirer.
12 avril 1965, disais-je. Pour comprendre l'importance de cette date, il faut remonter à 1936.
1936. Les grèves historiques. Le mouvement populaire. La Belgique se lève. Et obtient les premiers congés payés : 6 jours seulement.
Dix ans plus tard, en 1946, c'est 12 jours. Deux semaines.
En 1950, le système du pécule de vacances est institué. Une prime pour financer le repos. Une petite révolution.
1955 : on passe à 18 jours. Trois semaines.
Et voilà qu'en 1965, le travailleur belge obtient ENFIN ses 24 jours de congé. Quatre semaines complètes.
"Le ciel, le soleil et la mer, La Panne, tout ça pour mon plaisir..."
François Deguelt chante cet été l'hymne de son temps. L'époque où la Belgique se porte bien.
Thérèse Jeunejean, historienne, écrira plus tard : "Dans ces années-là, que l'on appelle les années d'or, le pays va bien. On croit que ce temps-là durera toujours."
Et c'est vrai. En 1965, la Belgique est en pleine prospérité. Les usines tournent. Les salaires augmentent. Et les travailleurs, pour la première fois, peuvent prendre de véritables vacances. Un mois entier. Pour eux.
Pour profiter du ciel. Du soleil. Et de la mer du Nord...
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décenniesThu, 27 Aug 2026 - 512 - [BEST OF] Oh Happy Day : quand le gospel devient tube de l’été 69
Nous sommes le 7 avril 1969. Happy Day, vraiment, pour un chœur californien dirigé par un jeune musicien de 25 ans. Il s'appelle Edwin Hawkins. Ce jour-là, une version métamorphosée de "Oh Happy Day" débarque officiellement en radio. Elle va enflammer l'Amérique, évidemment, mais aussi l’Europe tout l’été… et devenir l’un des plus grands tubes gospel de tous les temps.
Tout commence en 1967. Hawkins dirige une chorale à Oakland, en Californie, et décide de réarranger un vieux cantique anglais datant de 1755 : Oh Happy Day, When Jesus Washed My Sins Away.
Mais ici, le gospel ose se confronter à son époque. Hawkins modernise l'hymne avec un piano jazzy inspiré de Sérgio Mendes, des harmonies flamboyantes, et surtout la voix improvisée d'une certaine Dorothy Morrison, influencée par James Brown.
Le résultat ? Une chanson parfaitement spirituelle, mais totalement ancrée et assumée dans l’air du temps.
À l’origine, ce n’est qu’un enregistrement assez sommaire, réalisé avec peu de moyens. Mais le bouche-à-oreille est fulgurant. À la surprise générale, le titre est repéré par un DJ de San Francisco, puis diffusé sur les radios américaines, et bientôt sur les ondes européennes.
En Belgique, "Oh Happy Day" explose dès le mois de mai. Le public, croyant ou non d'ailleurs, est séduit par cette ferveur communicative. La chanson devient numéro 1 dans plusieurs pays européens pendant l’été 1969. Elle s’écoulera à plus de 7 millions d’exemplaires dans le monde, ce qui en fait la deuxième chanson gospel la plus vendue de tous les temps.
L'année suivante, les Edwin Hawkins Singers remportenront le Grammy Award du Meilleur enregistrement gospel soul, et entreront définitivement, pas encore au paradis, mais déjà dans l’histoire des tubes de l’été désacralisés…Wed, 26 Aug 2026 - 511 - [BEST OF] Simon & Garfunkel : quand le condor des Andes survole l’été 70
Nous sommes le 10 avril 1970. Happy Day pour deux New-Yorkais à la barbe soignée et aux harmonies parfaites, absolument perfect.
Simon & Garfunkel sortent ce jour-là un 45 tours original sur le fond et sur la forme.
"El condor pasa (If I Could)", c’est une mélodie ancestrale péruvienne, réarrangée en folk moderne.
Soyons honnêtes… Personne n'a l'air d'y croire. Pourtant, quelques semaines plus tard, cette chanson deviendra l’un des slows de l’été 1970 en Europe.
L’histoire est étonnante. La mélodie originale a été composée en 1913 par un musicien péruvien. Presque 60 ans plus tard, Paul Simon découvre cet air grâce à un groupe folklorique péruvien installé à New York.
Séduit par cette mélodie, il décide de l’adapter. Il y ajoute des paroles, pleines de regrets et de rêves impossibles : “I’d rather be a sparrow than a snail…” Traduction ? « Je préfère être un moineau qu'un escargot... »
La chanson traditionnelle devient alors une ballade mélancolique sur les choix de vie et sur la liberté, telle qu'on la conçoit (évidemment) en 1970.
Dès le mois de mai, le titre entre dans les hit-parades européens. Et en Belgique, il devient l’un des morceaux les plus diffusés durant tout l’été. Dans les bals, il trouve sa place entre les tubes pop et disco, à une époque où le slow ne compte pas pour des prunes.
El condor pasa touchera un public bien plus large que prévu. Il est l’un des tout premiers succès mondiaux à populariser la musique des Andes en dehors de l’Amérique du Sud.
Et tout l’été 70, cette flûte de pan imaginaire, cette guitare douce, et cette voix mélancolique vont permettre au duo de promouvoir leur plus grand album à ce jour "Bridge over troubled water"…Tue, 25 Aug 2026 - 510 - [BEST OF] 1970 : Joe Dassin et "L'Amérique", les secrets de fabrication du tube de l'été
Happy Day pour Joe Dassin. Son nouveau 45 tours fait une entrée fulgurante en 2e place au hit parade.
Un titre qui sent bon les vacances. L'Amérique !
Le 13 juin 1970, Joe Dassin fait une entrée fracassante en deuxième place du Hit Parade avec L'Amérique, son nouveau 45 tours qui sent bon les vacances et le soleil. Cédric Godard vous raconte l'histoire fascinante de ce titre devenu l'incontournable tube de l'été 1970.
Né à New York en 1938, Joe Dassin connaît bien l'Amérique. Il y a grandi avant de rejoindre Los Angeles, bercé par l'univers artistique de son père réalisateur et de sa mère violoniste. Son nom même est un héritage de l'immigration : son grand-père Samuel, arrivé de Russie à la fin du XIXe siècle, aurait déclaré venir d'Odessa à son arrivée aux États-Unis. Joe Dassin, c'est donc Joe d'Odessa, fils du Nouveau Monde.
Mais L'Amérique n'est pas une création originale. C'est l'adaptation française de Yellow River, un titre du groupe anglais Christie, écrit en 1970 et qui raconte le retour d'un soldat chez lui après la guerre. Derrière cette chanson se cache encore une autre histoire : en 1920, à Londres, un compositeur anglais avait écrit une partition intitulée In a Persian Market. Cette mélodie allait dormir cinquante ans dans les archives avant d'inspirer Jeff Christie pour Yellow River.
C'est en entendant le titre dans un magasin de Londres que Joe Dassin a l'idée d'en proposer une version francophone. Il n'est pas le seul à avoir flairé le bon plan : Richard Anthony, Hugo Fray, Petula Clark, Sheila et Sacha Distel lorgneraient également sur le titre. Mais c'est Dassin qui remporte la mise. L'adaptation française est confiée à Pierre Delanoë.
Résultat : L'Amérique reste 30 semaines au Hit Parade, devient la meilleure vente de l'année 1970 et s'impose comme l'un des tubes estivaux les plus mémorables de la décennie.Mon, 24 Aug 2026 - 509 - [BEST OF] 1972 : le Grand Prix de F1 de Belgique à Nivelles-Baulers
Le 4 juin 1972, le Brabant Wallon vit un moment historique et inattendu : le Grand Prix de Belgique de Formule 1 se dispute sur le tout nouveau circuit de Nivelles-Baulers. Loin, très loin de Spa-Francorchamps.
Comment en est-on arrivé là ? À la fin des années 1960, la Formule 1 traverse une crise profonde. Trop de pilotes perdent la vie sur des circuits jugés trop rapides et trop peu sécurisés. Le champion écossais Jackie Stewart et le syndicat des pilotes pointent du doigt Spa-Francorchamps : 14 kilomètres à travers les Ardennes, des vitesses folles, des forêts denses, aucun dégagement. Après un boycott en 1969 et une ultime édition avec des chicanes provisoires en 1970, Spa disparaît du calendrier de la F1.
La Belgique refuse pourtant de perdre son Grand Prix. Un compromis très belge est trouvé : une année en Wallonie, une année en Flandre, à Zolder. C'est dans ce contexte qu'un promoteur bruxellois, Yvan Doriac, imagine un circuit neuf, avant-gardiste et ultra-sécurisé. Le 4 juin 1972, c'est l'inauguration officielle avec la course au programme.
Emerson Fittipaldi sur Lotus domine de la tête et des épaules : pole position et victoire. Mais le drame national, c'est l'abandon de Jacky Ickx, héros belge qualifié quatrième sur sa Ferrari rouge, contraint à l'abandon au 47e tour.
Le circuit est révolutionnaire sur le plan de la sécurité, mais il souffre d'un défaut rédhibitoire : il est vide. Les spectateurs ne voient rien, les voitures ressemblent à des miniatures. Les pilotes, eux, trouvent le tracé plat et sans intérêt technique. Nivelles, c'est l'anti-Spa.
En 1974, Fittipaldi s'impose à nouveau, mais l'organisateur fait faillite. Le circuit ne peut pas être rentabilisé. En 1976, l'asphalte se dégrade trop rapidement et Nivelles disparaît définitivement du calendrier. Zolder récupère l'exclusivité belge pendant quelques années.
La fin de l'histoire est heureuse : le 22 mai 1983, le Grand Prix de Belgique retrouve enfin le mythique tracé de Spa-Francorchamps, après 13 ans d'exil loin des Ardennes.Fri, 21 Aug 2026 - 508 - [BEST OF] Eddie Wally : l'été 1966 avant le triomphe de "Chérie"
Nous sommes le 25 mai 1966. En Flandre, un petit événement se prépare. Happy Day pour Eddy Wally. Son immense tube "Chérie" n'est pas encore sorti de presse, mais son album en dessine déjà un peu les contours.
Avec son accordéon et son sens du tango, il choisit donc de rester dans son registre, l'amour des femmes, avec une chanson torride, "Rood Is Je Mond". Rouge est ta bouche...
En 1966, Eddy Wally rencontre le producteur néerlandais Johnny Hoes. Sous sa direction, il enregistre plusieurs titres et, surtout, un album qui deviendra un immense succès en Belgique et même au-delà.
Ce n'était pas gagné d'avance, non. Son premier disque, Oh Gitana, en 1964 bénéficie d'une petite notoriété locale, mais pas encore de grand soir.
Ses droits d'auteur lui permettent de réaliser un rêve, ouvrir un café dancing à Ertvelde, qui s'appelle d'abord "Eddy Wally's Texas Bar" puis "Paris-Las Vegas". L'endroit va, petit à petit, devenir LE temple flamand du spectacle.
On le sait, c'est la chanson "Chérie" qui deviendra sa signature vocale, atteignant le 24 octobre 1966, son premier numéro dans les classements.
La chanson s'exporte. Elle arrive aux Pays-Bas grâce à Radio Veronica. Le 45 tours est vendu à 100 000 exemplaires en trois mois. Pour Eddy, c'est un peu Paris Las Vegas.
Mais en cet été 1966, ce rêve éveillé est encore un peu loin... Pour l'instant, Eddy se contente de décrire la bouche pulpeuse peinte en rouge d'une dulcinée imaginaire...
Je rêve de toi jour et nuit
Depuis que tu es apparue sur mon chemin
Je veux être heureux avec toi
Ta bouche est rouge, tes yeux bleu ciel
Et un jour tu me diras doucement
Que je peux t'embrasser
Bon, avouons-le, “Rood is je mond”, c'est tout de même mieux en version originale...Thu, 20 Aug 2026 - 507 - [BEST OF] Elton John & Kiki Dee : un duo pop pour l’été 76 avec Don’t Go Breaking My Heart
Nous sommes le 21 juin 1976. L'été commence, Happy Day pour Elton John. Ce jour-là, il sort un titre pop entraînant et léger. Particularité : il n'est pas seul pour l'incarner. À sa côté, une chanteuse britannique au look androgyne : Kiki Dee. Leur chanson, "Don’t Go Breaking My Heart" va devenir le tube de l’été. Et, aussi curieux que cela puisse paraître... le tout premier numéro 1 d’Elton John au Royaume-Uni.
La chanson est écrite par Elton John et Bernie Taupin, sous les pseudonymes Ann Orson et Carte Blanche. À l’origine, le morceau doit être enregistré avec Dusty Springfield, mais elle est trop malade pour entrer en studio.
La solution ? Elton se tourne vers Kiki Dee, première chanteuse britannique signée (précisément) par la Motown.
"Don’t Go Breaking My Heart" évoque un faux duo d’amoureux, sorte de pastiche de Tamla Motown, avec une ligne de basse funk et un refrain en forme de crème solaire. Traduction : facile à appliquer
La chanson est un carton immédiat. Numéro 1 dans plusieurs pays, dont la Belgique, la France, le Canada, les États-Unis. Elle est partout : à la radio, dans les transistors sur la plage, dans tous les bons juke-boxes qui se respectent...
Les plus drôle ? Elton et Kiki ne comptent pas remettre le couvert, d’ailleurs Elton ne mange pas de ce pain là. De plus, ils ne la chanteront ensemble en live… qu’une seule fois 20 ans plus tard !
En 1976, pas de tournée conjointe, juste quelques apparitions télé. Mais, au fond, pas besoin d'en faire beaucoup : "Don’t Go Breaking My Heart" est sur toutes les lèvres.
Et tout l'été 76, de Douvres à Morlanwez, on prête à Elton John et Kiki Dee une passion amoureuses flamboyante... Pour Elton John, on l'a dit, c'est surtout le souvenir de son premier numéro 1 à domicile, au Royaume-Uni, un exploit qu'il mettra 14 ans à dépasser, avec "Sacrifice" en 1990…Wed, 19 Aug 2026 - 506 - [BEST OF] Lle festival Sfinks de Boechout fête ses débuts le 31 juillet 1976
Nous sommes le 31 juillet 1976, lors de l'été le plus chaud jamais enregistré en Belgique. À Boechout, non loin d'Anvers, un tout nouveau festival ouvre ses portes pour la toute première fois : le festival Sfinks.
Dans cet épisode de Happy Days, Cédric Goddard vous raconte les origines intimistes et profondément humaines de ce rassemblement folk et alternatif, né de l'impulsion d'un collectif de jeunes bénévoles locaux.
Pour cette première édition officielle, les concerts ne se déroulent pas sur des scènes gigantesques, mais autour du kiosque du parc du collège Saint-Gabriel, à l'ombre des arbres. La villa du parc fait office de quartier général. Le nom Sfinks ? Une référence directe aux deux grandes statues de sphinx en pierre qui gardaient l'entrée du parc de l'école.
La programmation musicale s'articule autour de deux axes : le folk traditionnel anglo-saxon et une curiosité naissante pour le folk d'Amérique latine, préfiguration de ce que l'on appellera plus tard la world music. Parmi les artistes présents, le groupe américain Jesse Winchester Band représente le gros coup des organisateurs, et la scène flamande est représentée par Laven Coppieters, figure culte qui vient tout juste de sortir son album Jus d'orange.
Mais Sfinks 1976, c'est bien plus qu'un festival musical. En marge des concerts, les organisateurs ouvrent un magasin d'alimentation naturelle et proposent des ateliers de tissage, de poterie et de photographie. Une véritable utopie mêlant culture, écologie et engagement social, qui posera les bases d'un événement appelé à traverser le temps.Tue, 18 Aug 2026 - 505 - [BEST OF] The Rolling Stones : “Satisfaction”, l’explosion rock de l’été 65
Nous sommes le 6 juin 1965. Happy Day pour un groupe britannique tout jeune mais déjà redouté : ils se font appeler les Rolling Stones. Ce jour-là, sort aux États-Unis un 45 tours rugissant, porté par une guitare saturée et une voix nerveuse. Certains disent même enragée.
Ah oui, son titre : (I Can’t Get No) Satisfaction.
Au départ, tout part d’un rêve. Keith Richards se réveille en pleine nuit avec trois accords en tête. Il les enregistre à moitié endormi sur un magnétophone. Le matin, sobre, il découvre la base d’un riff qui deviendra l’un des plus célèbres de l’histoire du rock.
Le 6 juin, la version américaine sort sans tambour ni trompette. Et pourtant, en quelques jours, c’est l’emballement : le single devient numéro 1 aux États-Unis pendant plusieurs semaines. Ce sera est la première chanson du groupe classée numéro un aux États-Unis.
La presse parle d’une révolution. Quant au fond de la chanson, nous sommes en 1965 et, pourtant, il n'étonne personne : les paroles de la chanson font référence à la frustration sexuelle et au mercantilisme.
Mais en Europe, le calendrier de sortie est un peu curieux.
La chanson n’est commercialisée au Royaume-Uni que le 20 août 1965, mais les radios pirate ont fait leur boulot. C'est déjà un très grand tube.
Jagger dira, quelques années plus tard :
« C'est la chanson qui a vraiment fait les Rolling Stones, nous sommes passés d'un simple groupe de plus à un groupe énorme, monstrueux... Il a un titre captivant. Il a un riff de guitare captivant. Il a un super son de guitare, ce qui était original à l'époque. Et ça capture l'esprit de l'époque, ce qui est très important dans ce genre de chansons... c'était l'aliénation. »
En Belgique, Satisfaction devient le tube inattendu de l’été 65. C’est un cri, une promesse, et un tournant. Le rock devient plus brut, plus libre, plus moderne. Et les Stones, eux, entrent dans la légende…Mon, 17 Aug 2026 - 504 - [BEST OF] Le Sud de Nino Ferrer : l'histoire tumultueuse du tube de l'été 1975
Février 1975. Un 45 tours glisse discrètement dans les bacs des disquaires. Personne ne se doute encore qu'il va dominer les classements pendant des mois. Ce titre, c'est Le Sud de Nino Ferrer, et derrière lui se cache une histoire aussi tumultueuse que la musique elle-même est apaisante.
Dans ce nouvel épisode de Happy Days, Cédricremonte le fil d'une chanson née dans la douleur. Au départ, South, un morceau en anglais que Nino Ferrer compose en 1974, après plusieurs années de galères commerciales et d'expérimentations artistiques jugées trop déconcertantes par le grand public. Rock progressif, opéras de 40 minutes, albums psychédéliques... Nino vise la reconnaissance des musiciens, pas les hit-parades.
Mais CBS a d'autres ambitions. L'artiste est contraint d'accepter une version française. L'enregistrement vire au drame : expulsé du studio par le producteur Estradi, Nino Ferrer part à Londres enregistrer sa propre version avec un arrangeur de renom. Résultat ? Il la déteste encore plus. Les bandes sont détruites. Il revient finalement à la première version, celle qu'il abhorre le plus.
Et pourtant. Le Sud devient numéro 1 en France dès le printemps 1975, reste au sommet des classements tout l'été et se vend à plus de 600 000 exemplaires. Nino Ferrer dira lui-même : « Une chanson comme ça, on n'en écrit qu'une dans une vie. » Le plus grand succès de sa carrière. Et son dernier.Fri, 14 Aug 2026 - 503 - [BEST OF] Août 1965 : "Pierrot le fou" de Godard présenté à la Mostra de Venise
Nous sommes le 29 août 1965. En plein été, l'Italie assiste à une avant-première au cinéma. Happy Day pour Jean-Luc Godard. Son film Pierrot le Fou est présenté à la Mostra de Venise. Et cette histoire est incroyable...
C’est une histoire VRAIE. Celle d'un bandit. Pierre Loutrel. Le vrai "Pierrot le Fou".
Nous sommes en 1945. La guerre vient de finir. La France se reconstruit.
Et voilà que Pierre Loutrel, ancien collaborateur de la Gestapo pendant l'occupation, devient chef de bande. Le gang des Traction Avant. Ils braquent, ils tuent, ils terrorisent.
Et qui pour camper ce personnage ?
Jean-Paul Belmondo... évidemment !
Pierre Loutrel devient l'ennemi public numéro 1. Nous sommes à la fin des années 1940. La police le traque.
Jean-Luc Godard est fasciné par le récit. Il en fait un film de grand chemin. Avec (je l'ai dit) Belmondo en bandit amoureux. Avec Anna Karina en femme fatale.
Mais attendez. Écoutez bien ce que le réalisateur dit de son film :
"C'était complètement inconscient. Je n'avais rien, absolument rien."
Rien. Pas de scénario complet. Pas de plan. Il tourne comme il respire. Il invente. Il crée. Sans filet.
Et c'est ça qui donne ce film complètement dingue. Incontournable. Violent. Tendre. Anarchiste.
Le 29 août 1965, la Mostra de Venise découvre "Pierrot le Fou".
Quelques mois plus tard, le 5 novembre 1965, le film arrive en Belgique.
En France, il y a un problème. Les autorités sont paniquées. "Pierrot le Fou" ? C'est de l'anarchie morale et intellectuelle !
Interdit aux moins de 18 ans.
Et c'est vrai que c'est anarchiste. C'est vrai que c'est immoral. Mais c'est aussi... un chef-d'œuvre.
Musique signée... Antoine Duhamel.Thu, 13 Aug 2026 - 502 - [BEST OF] C’est ma fête : Richard Anthony pleure et chante le tube de l’été 63
Nous sommes le 1er juillet 1963. Drôle de date pour sortir un titre entraînant. À croire que ses producteurs veulent en faire un tube de l'été. Bref, happy Day pour Richard Anthony, crooner au sourire sage et à la diction parfaite. Ce jour-là sort "C’est ma fête", une chanson qui n'a rien de très original.
Et pour cause, c'est l'adaptation en français d’un tube américain signé Lesley Gore : "It’s My Party".
Et comme souvent à l’époque, c’est grâce à Richard Anthony qu’un hit venu des États-Unis franchit les frontières de la langue et s’invite sur les ondes belges.
En version française “c’est ma fête et je pleure si je veux…” devient "C'est ma fête Je fais ce qui me plaît". Oui, tous les coups sont permis pour y mettre de la joie.
Un texte simple, une histoire d’amour contrariée en plein jour de fête. L’adolescence résumée en trois minutes.
La chanson est traduite par Georges Aber, fidèle traducteur de l’époque yéyé. Mais Richard Anthony y ajoute sa patte : une interprétation retenue, douce, un peu triste. Et cette justesse-là touche à peu près tout le monde. Car l'été, ce qui importe, c'est de trouver l'amour. Et ensuite de noyer son chagrin...
En Belgique, la chanson arrive très vite en tête des classements francophones. Dans les juke-boxes des cafés de Dinant à Mouscron, elle tourne à plein régime !
Richard Anthony est au sommet de sa popularité. L’année suivante, il passera au twist, puis au rock plus sérieux. Mais "C’est ma fête" reste l’un de ses titres les plus légers, mais aussi les plus tendres, les plus universels.
Parce que parfois, pleurer un bon coup… c’est encore la meilleure façon de danser. Et de passer l'été...Wed, 12 Aug 2026 - 501 - [BEST OF] Summer in the City : le coup de chaud rock de l’été 66 signé Lovin’ Spoonful
Nous sommes le 4 juillet 1966. C'est la fête nationale à New York. Ville où un jeune groupe va percer, quelques mois après sa création. Certains sont canadiens, d'autres purs américains. Ils se sont rencontrés à Greenwich Village et se font appeler les "Lovin’ Spoonful".
Les Lovin' Spoonful enregistrent « Summer in the City » en deux sessions dans un studio de Columbia Records à New York en mars 1966.
Tous les ingrédients sont réunis pour créer un tube. D'ailleurs, c'est leur ambition. Grâce à lui, un an après leur formation, les Lovin’ Spoonful vont décrocher leur premier carton planétaire.
Dès les premières secondes, on entend les bruits de klaxons, des marteaux-piqueurs. L’ambiance est posée : c’est l’été dans la ville de l'Est américain, et ça chauffe, dans tous les sens du terme.
La chanson, nerveuse, raconte précisément ces journées étouffantes, où tout est lent, poussiéreux… Mais dès que le soleil se couche, la ville s’électrise : place à la musique et à la drague.
Ce contraste jour/nuit se retrouve aussi dans la musique : des couplets sombres et une envolée plus pop-rock dans le refrain. Une structure peu banale à l’époque, qui donne évidemment toute sa force à la chanson.
Avec ses bruitages urbains, Summer in the City est aussi l’une des premières chansons à capturer l’ambiance sonore. C’est totalement cinématographique. On est loin des plages californiennes de l'époque et de la dolce vita italienne : ici, c’est New York et ses trottoirs brûlants.
Numéro 1 aux États-Unis pendant trois semaines en août, le morceau séduit aussi l’Europe. En Belgique, il tourne tout l’été 66 dans les juke-box.
Le groupe ne survivra pas au succès : ils finiront pas se séparer en 1968.
La chanson, elle, sera reprise par plusieurs artistes, notamment par Quincy Jones, dont la version de 1973 remportera le Grammy Award du meilleur arrangement instrumental…Tue, 11 Aug 2026 - 500 - [BEST OF] Sapore di sale : le goût d’été venu d’Italie par Gino Paoli
Nous sommes le 15 juillet 1963. Happy Day pour une figure discrète de la variété italienne. Ce jour-là, Gino Paoli sort un 45 tours qui ne paye pas de mine et qui est un peu lent au démarrage. Son titre : Sapore di sale. En français, ça veut dire “Goût de sel”.
Le texte est rudimentaire. Il raconte une histoire de vacances un peu banale : un homme regarde une femme sortir de l’eau, bronzée, salée, légère, belle sans le savoir. Un instant volé, déjà en train de s’effacer, sous les vagues.
La mélodie est signée Ennio Morricone, tout juste au début de sa carrière. Oui, le futur maître des musiques de western spaghetti a commencé quelque part. Ici, il pose une orchestration douce, discrète, presque jazzy.
Résultat ? Quelques semaines plus tard, en Italie, Sapore di sale connaît un succès totalement inattendu.
En Belgique, quelques semaines plus tard, la chanson passe en boucle dans toutes les maisons de vacances, dans les bars et à la radio. Il se dit même que les vacanciers italiens ramènent le 45 tours original dans leurs valises après un séjour à Rimini ou San Remo.
C’est une époque où l’Italie est à la mode. Les Fiat 500 envahissent les routes européennes, les Vespa longent les plages, et la dolce vita fait rêver toute une génération.
Gino Paoli, lui, signe un tel succès qu'il va alors devenir l'un des chanteurs et compositeurs italiens les plus courus des années 60.
igne qui ne trompe pas : il a participé à cinq reprises au Festival de Sanremo.
Tout l’été 63, des côtes ligures à la baraque de Fraiture, on danse ce slow imparable... et on se dit que Gino a de l chance, il vient d'épouser la magnifique actrice Stefania Sandrelli. Avec… un petit goût salé…Mon, 10 Aug 2026 - 499 - [BEST OF] 1977 : quand la Belgique passe à l'heure d'été pour la première fois
Happy Day pour les Belges. Ils gagnent une heure de clarté en plus !
On appelle ça l'heure d'été. Et les Français en profitent déjà depuis le 27 mars 1976. Un an plus tôt.
Le 2 mars 1977, la Belgique vivait une petite révolution du quotidien : le tout premier passage à l'heure d'été. Cette nuit-là, à 1h du matin exactement, les Belges ont avancé leurs montres de 60 minutes, gagnant ainsi une heure de clarté supplémentaire chaque soir pendant six mois.
Un an après la France, qui avait adopté ce changement dès le 27 mars 1976, la Belgique rejoignait ses voisins européens dans cette démarche d'harmonisation des horloges au sein des pays de la Communauté européenne.
La raison de ce changement ? L'économie d'énergie. Après le choc pétrolier de 1973, les prix de l'électricité avaient flambé. En retardant d'une heure l'arrivée de la nuit, on réduisait la demande en éclairage artificiel et donc la consommation électrique, alors produite en grande partie à partir de produits pétroliers.
Pour marquer l'événement, une grande cérémonie avait été organisée non pas à Bruxelles, mais à Lier, au sud d'Anvers, au pied de la célèbre horloge astronomique.
Un souvenir d'époque à retrouver dans Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70, sur Nostalgie+.Fri, 07 Aug 2026 - 498 - [BEST OF] La Plage Romantique de Pascal Danel : le tube de l'été 1966 qui a marqué la France et la Belgique
Nous sommes le 1er juin 1966 et Pascal Danel, avec la complicité de son label AZ, s'apprête à offrir l'un des tubes les plus emblématiques de l'été : La Plage Romantique.
Une recette simple et efficace : du sable, des mouettes, la mer et une belle histoire d'amour. La musique est signée Danel lui-même, les paroles sont l'œuvre de Jean-François Maurice. Résultat ? Un succès immédiat en France et en Belgique, qui se hisse jusqu'à la septième meilleure vente de l'année 1966.
Mais qui est vraiment Pascal Danel ? Sa carrière débute en 1962 en tant que guitariste et chanteur dans le groupe de rock Les Panthères. Il se lance en solo dès 1963, enchaîne les succès dès 1965 avec Je m'en fous et Hop là tu as vu, qui lui ouvrent les portes de l'Olympia et d'une première tournée.
L'année 1966 marque un tournant décisif : La Plage Romantique s'impose en tête des hit-parades des deux côtés de la frontière. La chanson ressortira en 1979, se classant de nouveau dans les charts, puis en 2007 dans une nouvelle version enregistrée avec Laurent Voulzy, 40 ans après l'original.
Dans Happy Days, Cédric Goddard vous replonge chaque jour dans la musique et les souvenirs des années 60 et 70, sur Nostalgie+.Thu, 06 Aug 2026 - 497 - [BEST OF] Claude François fait danser l’été 77 avec Je vais à Rio
Nous sommes le 23 avril 1977. Happy Day pour Claude François. Il sort ce jour-là un 45 tours qui ressemble beaucoup à une invitation de vacances... prématurée. Un morceau qui sent bon le sable chaud, la morue, le foot, les chemises à fleurs… et les vacances de l'autre côté de l'Atlantique. Direction : le Brésil.
Comme souvent, ce n’est pas Cloclo qui a inventé cette mélodie. Même si c'était un formidable musicien, là n'est pas la question. À l’origine, la chanson s’appelle "I Go to Rio". Elle a été écrite par Peter Allen, chanteur australien.
La chanson, c’est une promesse d’évasion. Les paroles évoquent le Brésil, la fête, le soleil, et un besoin urgent de changer d’air. Musicalement, c’est une déferlante de percussions, de cuivres et de rythmes exotiques. Un son parfait pour les platines de l’été 77.
Et pour cause, Eddy Marnay a fait du bon travail pour adapter la chanson au public francophone. Ce n'est pas très original, mais ça sonne vacances. L'esprit du texte de départ est respecté en trouvant les bons mots.
Le titre reprend même l'intro au piano et conserve les choeurs féminins, pour le plus grand bonheur de Cloclo.
Le rythme a été légèrement accéléré par rapport à la version de Peter Allen. Et c'est parti ! En Belgique, en France, Je vais à Rio grimpe dans les classements en ma puis en juin, pour culminer tout l’été. Un succès immédiat, appuyé par les passages télé de Claude François. Pourtant, Claude François n’est jamais allé à Rio à cette époque, ce qu’il reconnaîtra avec humour.
Avec "Je vais à Rio", c'est un peu de Copacabana qui s'installe dans les campings de l'Ardenne et dans les discothèques bondées du Hainaut. D'ailleurs, le tube de l'été 77 ne s'arrêtera pas là. Quelques années plus tard, "I Go to Rio" deviendra un hit international, repris par Peggy Lee... il sera même chanté dans un épisode du Muppet Show avec Diana Ross...Wed, 05 Aug 2026 - 496 - [BEST OF] Johnny Hallyday chante ses premiers souvenirs d’été en 1960
Nous sommes le 21 juin 1960. Happy Day pour un jeune chanteur français très séduisant, mais encore mineur : Johnny Hallyday. Il a tout juste 17 ans. Ce jour-là sort son deuxième 45 tours. “Souvenirs, souvenirs”. Une chanson qui va faire de lui l’idole des jeunes.
Mais contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n’est pas une chanson écrite pour lui au départ, mais une adaptation...
Petit retour en arrière. Souvenirs, c’est d’abord une chanson américaine. Une rumba discrète, interprétée en 1959 par Barbara Evans.
La version originale ne rencontre qu’un succès d’estime, mais elle traverse vite l’Atlantique.
Dès l’été 1959, c’est un chanteur allemand, Bill Ramsey, qui transforme le morceau en succès commercial : il atteint la première place des ventes en Allemagne avec sa reprise.
C’est CE carton allemand qui attire l’attention du label français Vogue, le label de Johnny.
Et comme personne ne la connait chez nous, Johnny peut très bien se l’apprioprier. Johnny la chante avec sa voix encore fragile. Le refrain est simple et parfaitement yeye.
La légende raconte que Vogue présente la chanson comme “créée pour Johnny”. Mais en réalité, on l’a compris, le morceau avait déjà connu plusieurs vies avant lui. Reste que c’est bien sa version qui deviendra un classique.
En Belgique, dès juillet 1960, la chanson s’impose dans les hit-parades.
Souvenirs, souvenirs reste comme le tout premier vrai succès francophone de Johnny... et, ce qui ne gâche rien, son premier vrai tube de l'été…Mon, 03 Aug 2026 - 495 - Popcorn de Hot Butter : l'histoire du tout premier tube dance électronique de l'histoire (été 1972)
En juillet 1972, Hot Butter transforme deux simples mesures de synthétiseur Moog en numéro 1 mondial : Popcorn, considéré aujourd'hui comme le tout premier tube dance électronique de l'histoire. Numéro 1 en Belgique et dans plusieurs pays, ce titre estival inattendu est né trois ans plus tôt, en 1969, sous la plume du compositeur germano-américain Gershon Kingsley, sur son album Music to Moog by. C'est Stan Free, ancien collaborateur de Kingsley et membre de Hot Butter, qui réarrange le morceau et déclenche l'explosion. Depuis 1972, plus de 540 reprises ont vu le jour dans tous les styles : techno, jazz, ska, disco, rock, punk. Cédric Goddard raconte l'histoire incroyable de cette révolution musicale née de deux mesures staccato.
Fri, 31 Jul 2026 - 494 - Happy Days : 1er avril 1960, TIROS 1 et l'été le plus catastrophique de la météo belge
Le 1er avril 1960, le satellite météorologique TIROS 1 est lancé et la Belgique y a accès pour la première fois. La promesse : prévoir les tempêtes, maîtriser les caprices du ciel et offrir enfin un bel été aux Belges.
Sauf que l'été 1960 sera l'un des pires de l'histoire météorologique du pays. Cédric Goddard retrace, sur fond de tubes des années 60, une saison cauchemardesque : un bloc de glace de 3 kg s'écrase sur un atelier au quai de Huilebroek à Bruxelles, 90 mm de pluie tombent en juin, le thermomètre descend à 0,7°C à Rochefort en juillet, des tornades frappent entre Châtelet et Dossou, les cultures du Limbourg sont dévastées par la grêle et les inondations envahissent la Basse-Belgique en septembre.
TIROS 1 a tout observé depuis l'espace. Mais pour les Belges, le Happy Day en pantalon court attendra l'été 1961.
Happy Days, c'est le rendez-vous musique et souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+. Chaque épisode, Cédric Goddard remonte le temps pour raconter la grande et la petite histoire, accompagné des plus belles chansons de ces décennies inoubliables.Thu, 30 Jul 2026 - 493 - Johnny Hallyday reprend Elvis : "Amour d'été", le tube soul de l'été 1967
Le 2 juillet 1967, Johnny Hallyday sort l'album Johnny 67 avec une reprise aussi audacieuse qu'inattendue : « Amour d'été », adaptation française de « Love Me Tender », la balade mythique d'Elvis Presley parue en 1956.
Mais Johnny ne se contente pas de traduire l'original. Il s'inspire de la version soul et rythmée de Percy Sledge pour donner à ce titre une toute nouvelle énergie : cuivres, orchestration généreuse, groove estival. L'adaptation française est signée Georges Humbert, les arrangements sont confiés à Mick Jones et Tommy Brown, avec une orchestration de Georges Aber. Tout est produit en interne.
Résultat : Johnny transforme une vieille balade en monstre de l'été 67, sorti juste avant une tournée de 50 dates. Lui-même n'y croyait pas. Et pourtant, « Amour d'été » devient l'un des plus grands succès de l'été 1967.
Dans cet épisode, on écoute et on compare les trois versions : Elvis Presley, Percy Sledge et Johnny Hallyday.
Happy Days, c'est le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70, sur Nostalgie+.Wed, 29 Jul 2026 - 492 - 30 juin 1970 : "Sierra Torride" avec Clint Eastwood et la musique d'Ennio Morricone débarque dans les salles belges
Nous sommes le 30 juin 1970 et les salles de cinéma belges accueillent un western qui va faire sensation : « Sierra Torride » (Two Mules for Sister Sarah en version originale), réalisé par Don Siegel.
Clint Eastwood campe Hogan, un mercenaire solitaire qui sauve une religieuse, Sarah, d'une tentative de viol par trois bandits au Mexique du XIXe siècle, en pleine intervention française. Ensemble, ils vont tenter de percer les défenses du fort français.
Action, humour, romance et surtout une bande originale fabuleuse signée Ennio Morricone, le compositeur légendaire des westerns spaghetti. Tourné en Technicolor et en Panavision, ce film américano-mexicain est un véritable cinéma de rêve, parfait pour l'été 1970.
Retrouvez chaque jour un Happy Day des années 60 et 70 dans le podcast Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70, sur Nostalgie+.Tue, 28 Jul 2026 - 491 - Ma Baker de Boney M : l'histoire vraie derrière le tube disco de l'été 1977
Le 2 mai 1977, Boney M enregistre Ma Baker, futur tube incontournable de l'été disco. Cédric Goddard vous raconte l'histoire vraie et surprenante derrière ce classique : Kate Barker, surnommée Ma Baker, était une véritable criminelle américaine des années 1920, à la tête d'un gang composé de ses enfants. Boney M s'empare de ce personnage légendaire et le transforme en hymne disco, avec rythme, paillettes et paroles volontairement romancées.
Mais ce n'est pas tout : la mélodie elle-même a une origine inattendue. Elle s'inspire de Sidi Mansour, une chanson folklorique tunisienne dont une version disco avait été produite en Allemagne dès 1975. Un morceau tunisien, une criminelle américaine, et le disco pour tout assembler : c'est la recette d'un hit.
Sorti en juin 1977 comme premier single de l'album Love for Sale, Ma Baker entre au Hit Parade belge le 9 juillet 1977 à la 17e place, avant d'atteindre la première position en Belgique.
Happy Days, c'est le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+, présenté par Cédric Goddard.Mon, 27 Jul 2026 - 490 - Sheila, "L'Étoile du Berger" et les secrets de Happy Days : l'histoire surprenante d'un tube de 1971
En 1971, Sheila cartonne avec « L'Étoile du Berger », une chanson folk aux accents bibliques. Mais Cédric Godard révèle dans cet épisode de Happy Days l'histoire méconnue de ce tube : à l'origine, il s'agit de « Tweedledee Tweedledum », une chanson sur les clans écossais signée Middle of the Road, un groupe écossais qui avait fui vers l'Italie faute de succès au Royaume-Uni. Numéro 2 au Royaume-Uni et carton en Belgique, le morceau est repris dans une publicité automobile italienne tournée dans le désert. C'est là que le producteur Claude Carrère la découvre et l'adapte en français pour Sheila, avec un texte inspiré des rois mages... mais truffé d'inexactitudes historiques. Un voyage musical de l'Écosse à l'Italie, jusqu'au sommet des charts belges. À découvrir sur Nostalgie+.
Fri, 24 Jul 2026 - 489 - [BEST OF] Il était une fois… le slow de l’été 75 signé Joëlle et Richard
Nous sommes le 15 avril 1975. Happy Day pour un jeune groupe français dont l'histoire fait penser à un conte de fée. Leur nom ? "Il était une fois".
Ce jour-là, ils sortent un 45 tours au refrain un brin naïf : "J’ai encore rêvé d’elle".
Particularité de cette chanson de 3 minutes 39 secondes : elle est toute simple, lyrique et sans refrain.
Personne ne s’attend alors à ce que cette ballade devienne LE slow de l’été 75.
L’histoire du groupe, elle, commence deux ans plus tôt, autour de Joëlle, une chanteuse au sourire désarmant. Dans le chanson, la Franco-américaine donne la réplique à un certain Richard.
"J’ai encore rêvé d’elle" est écrit par le guitariste du groupe, qui raconte un amour perdu, une nuit sans sommeil, et l’espoir (un peu vain) de revoir celle qui s’est éloignée. Bref, ça ressemble beaucoup à une amourette de vacances, mais en version dramatique...
La mélodie est dépouillée, presque fragile, portée par un piano. Problème : la maison de disques hésite à mettre en avant ce titre, notamment pour cette phrase : « Je l'ai rêvée si fort que les draps s'en souviennent », mais la responsable de la programmation musicale de RTL, Monique Le Marcis, va convaincre la production que c'est un énorme TUBE en puissance. Et elle aura raison, la Monique !
Le 45 tours sort en avril, grimpe doucement dans les classements… puis explose à l’arrivée des beaux jours. En Belgique, le titre devient numéro 1 dès la mi-juin.
Tout l'été, c’est un succès énorme : plus d’un million d’exemplaires vendus, des passages télé à la chaîne, la chanson accompagne les amours de vacances, les départs en train, et les premiers chagrins.
Il existe aujourd'hui soixante-cinq versions de la chanson, par vingt-neuf artistes, dont évidemment une parodie gestuelle des frères Taloche, datant de... 1993.Fri, 24 Jul 2026 - 488 - Le festival Teenagers de Châtelet en 1963 : Eddy Mitchell, Adamo et la naissance du rock belge
Le 7 septembre 1963, le parc communal de Châtelet, près de Charleroi, accueille la deuxième édition du festival Teenagers. Au programme : Eddy Mitchell en tête d'affiche avec son tube Maybelline, Salvatore Adamo sous les tomates, Lucky Blondo, 25 orchestres amateurs en compétition et l'animateur Michel Lemaire aux commandes. Un week-end fondateur pour la scène rock belge francophone des années 60, organisé avec la complicité des émissions Les moins de 20 ans sur la RTB et Salut les Copains en France. Cédric Goddard vous raconte tout dans Happy Days, le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+.
Thu, 23 Jul 2026 - 487 - Bad Girls de Donna Summer : l'histoire vraie derrière le tube de l'été 1979
23 juin 1979 : Donna Summer s'apprête à tout rafler avec Bad Girls, deuxième single de son album éponyme produit par Giorgio Moroder et Pete Bellotte. Dans ce nouvel épisode de Happy Days, Cédric Goddard retrace l'histoire vraie derrière ce tube légendaire : une assistante de Donna prise à tort pour une prostituée sur Sunset Boulevard à Los Angeles, une chanson que le label Casablanca voulait offrir à Cher, deux ans d'attente et un ingénieur du son providentiel. Résultat : 5 semaines au sommet des charts américains, un remix de 6 minutes 55 pour les boîtes de nuit et un album multi-platine. Un monument de l'été 1979 raconté avec passion sur Nostalgie+.
Wed, 22 Jul 2026 - 486 - Emmanuelle (1974) : le film qui a révélé Sylvia Kristel et bouleversé le cinéma français
26 juin 1974 : Emmanuelle sort dans les salles françaises et devient aussitôt un phénomène. Dans ce nouvel épisode de Happy Days sur Nostalgie+, Cédric Godard revient sur la genèse de ce film culte : l'adaptation du roman à succès par le producteur Yves Rousset-Rouard, la mise en scène confiée au photographe Just Jaeckin, et le choix de Sylvia Kristel, mannequin néerlandais à peine connue, pour incarner le rôle d'une vie. Tournée entre Bangkok et les Seychelles de décembre 1973 à février 1974, cette œuvre érotique et chic, musicalement signée Pierre Bachelet, récolte 9 millions de spectateurs en France et 150 millions dans le monde. Interdit aux moins de 18 ans, le film fait scandale et tout le monde veut le voir. Une salle parisienne le programme pendant plus de 10 ans. Sylvia Kristel devient l'icône des années 70. Happy Days, c'est la musique et les souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+.
Tue, 21 Jul 2026 - 485 - Sylvie Vartan, "La Plus Belle pour Aller Danser" : le tube de 1964 né à Nashville avec les choristes d'Elvis
Mars 1964 : Sylvie Vartan sort « La Plus Belle pour Aller Danser », un 45 tours enregistré à Nashville avec un producteur américain, des musiciens américains et les choristes d'Elvis Presley. Le résultat ? Un son à la Phil Spector qui n'a rien à voir avec la production yéyé française de l'époque.
Les paroles, signées Charles Aznavour, cachent une métaphore audacieuse : derrière la jeune fille sage qui veut aller danser se dessine un féminisme discret, presque de l'érotisme, qui fait largement débat. Johnny Hallyday, alors fiancé à Sylvie, lit les paroles et voit rouge. Mais Sylvie ne lâche pas prise.
Le succès est mondial : numéro 1 au Japon, numéro 2 en France et en Espagne, numéro 3 en Belgique francophone. Ce titre lance sa carrière internationale et devient aussi la bande originale du film « Cherchez l'Idole » (1964).
Cédric Godard vous raconte toute l'histoire dans Happy Days, le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+.Mon, 20 Jul 2026 - 484 - Aretha Franklin enregistre "Respect" le 14 février 1967 : la naissance d'un hymne féministe
Le 14 février 1967, Aretha Franklin entre en studio chez Atlantic Records à New York. Elle a 25 ans, aucun hit derrière elle, mais une idée qui va changer l'histoire de la musique : s'approprier « Respect », la chanson d'Otis Redding sortie en 1965, et la transformer de fond en comble.
Elle réarrange la mélodie, invite ses sœurs Erma et Carolyn aux chœurs, et ajoute l'épellation culte R-E-S-P-E-C-T. Autour d'elle, King Curtis au saxophone, Spooner Oldham à l'orgue et les musiciens de Muscle Shoals. Le producteur Arif Mardin dira n'avoir jamais vécu une telle journée en studio.
Sorti le 10 avril 1967, le titre est numéro 1 aux États-Unis dès juin, deux semaines au sommet. En Belgique, c'est l'un des plus grands tubes de l'été 1967. Et partout en Europe, même triomphe. « Respect » devient un hymne féministe, le symbole d'une génération de femmes qui réclament l'égalité. Politique, révolutionnaire, intemporel.
Cédric raconte cette histoire dans Happy Days, le podcast Nostalgie+ dédié à la musique et aux souvenirs des années 60 et 70.Fri, 17 Jul 2026 - 483 - 4 juin 1972 : le Grand Prix de Belgique de F1 se court à Nivelles, pas à Spa-Francorchamps
Le 4 juin 1972, le Grand Prix de Belgique de Formule 1 se dispute à Nivelles-Baulers, dans le Brabant Wallon. Spa-Francorchamps, jugé trop dangereux, a été banni du calendrier de la F1 après un boycott des pilotes mené par Jackie Stewart. Un promoteur bruxellois, Yvan Doriac, fait construire un circuit neuf, ultra-sécurisé, pour accueillir la course. Emerson Fittipaldi remporte la victoire sur Lotus, mais Jacky Ickx, le héros belge, abandonne au 47e tour. Le circuit de Nivelles ne fera pas long feu : déserté par les spectateurs, boudé par les pilotes, il disparaît après la faillite de son organisateur. Ce n'est que le 22 mai 1983 que la Formule 1 retrouve enfin Spa-Francorchamps, après 13 ans d'exil. Cédric raconte cette page méconnue du sport automobile belge dans Happy Days, le podcast souvenirs de Nostalgie+.
Thu, 16 Jul 2026 - 482 - Happy Days : le festival Sfinks de Boechout fête ses débuts le 31 juillet 1976
31 juillet 1976. L'été le plus chaud en Belgique. À Boechout, près d'Anvers, naît le festival Sfinks, un rassemblement intimiste ancré dans la mouvance folk, hippie et alternative de l'époque.
Dans cet épisode de Happy Days sur Nostalgie+, Cédric Goddard retrace les origines de ce festival pas comme les autres : des concerts autour d'un kiosque dans le parc du collège Saint-Gabriel, une programmation folk anglo-saxonne et déjà tournée vers l'Amérique latine, et en tête d'affiche, le Jesse Winchester Band.
Sur scène également, Laven Coppieters, figure culte de la scène flamande, venu présenter son album Jus d'orange. Et en marge de la musique, un magasin d'alimentation naturelle, des ateliers de tissage, de poterie et de photographie.
Sfinks 1976, c'est une utopie communautaire mêlant culture, écologie et engagement social. Le début d'une longue aventure.
Happy Days, musique et souvenirs des années 60 et 70, à écouter sur Nostalgie+.Wed, 15 Jul 2026 - 481 - Le Sud de Nino Ferrer : l'histoire tumultueuse du tube de l'été 1975
Février 1975. Nino Ferrer sort Le Sud, une chanson qu'il a enregistrée contre son gré, dont il a été expulsé du studio, et dont il a fait détruire une version alternative enregistrée à Londres. Un morceau qu'il déteste profondément... et qui va devenir le tube numéro 1 de l'été 1975, avec plus de 600 000 exemplaires vendus.
Dans cet épisode de Happy Days sur Nostalgie+, Cédric Godard retrace les coulisses houleuses de la création du plus grand succès de Nino Ferrer : les ambitions artistiques contrariées, la bataille avec le producteur Estradi, le voyage à Londres, les bandes détruites, et la capitulation finale devant une version qu'il n'a jamais aimée.
Nino Ferrer dira lui-même : « Une chanson comme ça, on n'en écrit qu'une dans une vie. » Le Sud est son plus grand succès. Et son dernier.
Happy Days, c'est le podcast de Nostalgie+ qui vous replonge chaque jour dans la musique et les souvenirs des années 60 et 70.Tue, 14 Jul 2026 - 480 - Août 1965 : "Pierrot le fou" de Godard présenté à la Mostra de Venise
Le 29 août 1965, la Mostra de Venise présente en avant-première Pierrot le fou de Jean-Luc Godard. Derrière ce film culte de la Nouvelle Vague se cache une histoire vraie : celle de Pierre Loutrel, ancien collaborateur de la Gestapo devenu chef du gang des tractions avant après la Libération, ennemi public numéro un de la France de la fin des années 1940.
Godard tourne sans scénario, sans plan, comme il respire. Il offre à Jean-Paul Belmondo le rôle d'un bandit amoureux et à Anna Karina celui d'une femme fatale. Le résultat est violent, tendre, anarchiste et surréel. La musique est signée Antoine Duhamel.
Le film arrive en Belgique le 5 novembre 1965. En France, il est interdit aux moins de 18 ans pour anarchie morale et intellectuelle. Un chef-d'œuvre censuré, aujourd'hui considéré comme l'un des sommets du cinéma français.Mon, 13 Jul 2026 - 479 - 1974 : David Bowie sort "1984" et transforme George Orwell en funk soul
Le 1er juillet 1974, David Bowie sort 1984, extrait de Diamond Dogs, un titre directement inspiré du roman de George Orwell publié en 1949. À l'origine, Bowie voulait adapter l'œuvre en comédie musicale, mais la veuve d'Orwell a refusé les droits. Plutôt que d'abandonner, il transforme son projet en album concept : Winston Smith, O'Brien, l'interrogatoire, l'emprisonnement, tout est condensé dans cette chanson.
Musicalement, 1984 s'inscrit dans un registre funk soul rock, influencé par le Theme from Shaft d'Isaac Hayes. La guitare est signée Alan Parker, une des rares fois sur Diamond Dogs où Bowie ne joue pas lui-même de son instrument. Écrit pour la scène, le morceau s'impose aussi brillamment sur les plateaux de télévision de l'époque.
Cédric Godard raconte l'histoire de ce titre nerveux et littéraire dans Happy Days, le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70, sur Nostalgie+.Fri, 10 Jul 2026 - 478 - Mireille Mathieu : l'histoire d'«Acropolis adieu», le tube de l'été 1971
Nous sommes à l'été 1971. Mireille Mathieu sort l'album «Bonjour Mireille» chez Barclay, un disque à contre-courant de l'industrie musicale de l'époque, mais qui séduit le public et cartonne dans les ventes. Parmi les titres de cet album, l'un va s'imposer comme le tube incontestable de la saison : «Acropolis adieu», une chanson inspirée de la célèbre colline athénienne qui culmine à 156 mètres d'altitude.
Pour concevoir cet album, la chanteuse originaire d'Avignon s'entoure d'une équipe d'auteurs et compositeurs fidèles. On retrouve Pierre-André Doucet et Christian Gobert, mais aussi Patricia Carli, qui lui avait déjà offert l'immense succès «Pardonne-moi ce caprice d'enfant» l'année précédente. Au générique figure également Jean-Loup Dabadie, auteur des paroles de «C'était dimanche» sur une musique de Paul de Senneville, ainsi qu'Eddy Marnay, qui signe «Toi que j'aimerais» et qui est notamment connu pour avoir écrit «Le mal-aimé» pour Claude François.
«Acropolis adieu» connaît un succès fulgurant bien au-delà des frontières françaises. En Allemagne, la chanson passe 25 semaines au hit-parade et atteint la 3e place. Le titre est également décliné en version anglaise sous le nom «Goodbye My Love», sans les références à la Grèce antique, et en version espagnole sous le titre «Acropolis adios».
Cet album marque une étape importante dans la carrière de Mireille Mathieu : c'est le dernier publié sous le label Barclay. En 1973, elle rejoint Philips et sort une compilation dont le titre, sans grande surprise, est «Acropolis adieu».
Cédric Godard vous raconte cette belle page de l'histoire musicale dans Happy Days, le podcast Nostalgie+ dédié à la musique et aux souvenirs des années 60 et 70.Thu, 09 Jul 2026 - 477 - Eddie Wally : l'été 1966 avant le triomphe de "Chérie"
Nous sommes le 25 mai 1966, et Eddie Wally n'est pas encore la star que la Belgique va bientôt adorer. Son tube légendaire "Chérie" n'a pas encore quitté les presses, mais les prémices de son succès se dessinent déjà.
Fidèle à son accordéon et à son sens du tango, Eddie Wally reste dans son registre de prédilection : l'amour des femmes. Il chante Rode Lippen, littéralement« lèvres rouges », une chanson tendre qui décrit la bouche pulpeuse peinte en rouge d'une dulcinée imaginaire.
En 1966, il rencontre le producteur néerlandais Johnny Hoes. Sous sa direction, il enregistre plusieurs titres et un album qui deviendra un immense succès en Belgique et au-delà. Pourtant, rien n'était joué d'avance : son premier disque, Ojitana, sorti en 1964, n'avait bénéficié que d'une modeste notoriété locale.
Grâce à ses droits d'auteur, Eddie Wally ouvre un café dancing à Herzele, d'abord baptisé Eddie Wally's Texas Bar, avant de devenir le célèbre Paris Las Vegas, temple flamand du spectacle.
C'est Chérie qui fera basculer sa carrière : le 24 octobre 1966, le titre atteint la première place des classements. Diffusée aux Pays-Bas par Radio Veronica, la chanson se vend à 100 000 exemplaires en trois mois.
Mais en cet été 1966, ce triomphe est encore à venir. Eddie Wally chante simplement, avec sincérité, une bouche rouge et des yeux bleus ciel.
Happy Days, musique et souvenirs des années 60 et 70, à retrouver sur Nostalgie+.Wed, 08 Jul 2026 - 476 - Eté 1971 : Jacques Brel tourne le film "Franz" à la mer du Nord
En juin 1971, Jacques Brel embarque une équipe de tournage sur la Côte belge pour réaliser son premier film. Blankenberge, La Panne, Le Coq-sur-Mer : des lieux emblématiques où la mer du Nord devient un personnage mélancolique à part entière.
Le film s'appelle« France ». Co-écrit avec Paul-André Otta, ce drame suit six convalescents dont la vie bascule à l'arrivée de deux femmes. Brel joue Léon, ancien mercenaire traumatisé par la guerre au Katanga, fasciné par Léonie, incarnée par Barbara. Danièle Evenou complète ce trio sous tension.
La musique, composée par Jacques Brel et François Rauber, est enregistrée par l'Orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. Wagner y côtoie les mélodies de Brel dans une valse lente et mélancolique.
Sorti en février 1972,« Franz » n'a pas rencontré son public, mais il reste un témoignage unique sur l'univers artistique de Jacques Brel. Cédric Godard vous raconte cette page méconnue dans Happy Days, le podcast nostalgie de Nostalgie+.Tue, 07 Jul 2026 - 475 - 1979 : le premier album américain de Sylvie Vartan et les paillettes disco
20 septembre 1979 : Sylvie Vartan sort« I Don't Want The Night To End », son 20e album studio enregistré aux États-Unis et entièrement chanté en anglais.
Retour sur la parenthèse disco de la star française, de la reprise« Disco Queen » (adaptée de Claudia Barry, ex-choriste des Boney M) jusqu'à cet album mêlant disco, ballades et rock.
Un épisode signé Happy Days, le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+.Mon, 06 Jul 2026 - 474 - La Plage Romantique de Pascal Danel : le tube de l'été 1966 qui a marqué la France et la Belgique
1er juin 1966 : Pascal Danel lance La Plage Romantique, l'un des tubes les plus inoubliables de l'été, avec des paroles signées Jean-François Maurice et la complicité de son label AZ. Numéro 1 en France et en Belgique, septième meilleure vente de l'année, ce titre devient rapidement un classique des années 60.
Cédric Goddard retrace la carrière de Pascal Danel : ses débuts en 1962 avec le groupe de rock Les Panthères, son envol en solo dès 1963, ses premiers succès en 1965 avec Je m'en fous et Hop là tu as vu, puis l'apogée de 1966. La Plage Romantique ressortira en 1979 et fera à nouveau parler d'elle en 2007 dans une version inédite enregistrée avec Laurent Voulzy, 40 ans après l'original.
Happy Days, c'est chaque jour un voyage dans la musique et les souvenirs des années 60 et 70, présenté par Cédric Goddard sur Nostalgie+.Fri, 03 Jul 2026 - 473 - 1977 : quand la Belgique passe à l'heure d'été pour la première fois
Le 2 mars 1977, la Belgique vivait son tout premier passage à l'heure d'été.
Cette nuit-là, à 1h du matin, les Belges avançaient leurs montres de 60 minutes pour gagner une heure de clarté et économiser de l'énergie. Un an après la France, et dans le contexte du choc pétrolier de 1973, cette décision gouvernementale marquait une petite révolution du quotidien.
La cérémonie officielle s'était tenue à Lier, au sud d'Anvers, au pied de la fameuse horloge astronomique. Retour sur ce moment historique dans Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70, le podcast nostalgie de Nostalgie+.Thu, 02 Jul 2026 - 472 - 1970 : Joe Dassin et "L'Amérique", les secrets de fabrication du tube de l'été
Le 13 juin 1970,« L'Amérique » de Joe Dassin entre en deuxième place du Hit Parade belge et français.
Cédric Godard retrace l'histoire de ce tube légendaire de l'été 1970 : les origines new-yorkaises de Joe Dassin, le nom Dassin hérité d'un grand-père immigré d'Odessa, et les secrets d'une chanson adaptée de« Yellow River » du groupe anglais Christie. Une mélodie dont les racines remontent à une partition londonienne de 1920...
Trente semaines au Hit Parade, meilleure vente de l'année 1970 : l'histoire d'un tube intemporel racontée dans Happy Days sur Nostalgie+.Wed, 01 Jul 2026 - 471 - 1965 : quatre semaines de vacances pour les travailleurs belges
Nous sommes le 12 avril 1965. Happy Day pour les travailleurs belges. Une nouvelle loi garantit aujourd'hui le paiement de leur pécule de vacances. Mais surtout, elle cristallise un acquis social majeur : quatre semaines de congés payés par an.
UN MOIS. Entier. Pour respirer.
12 avril 1965, disais-je. Pour comprendre l'importance de cette date, il faut remonter à 1936.
1936. Les grèves historiques. Le mouvement populaire. La Belgique se lève. Et obtient les premiers congés payés : 6 jours seulement.
Dix ans plus tard, en 1946, c'est 12 jours. Deux semaines.
En 1950, le système du pécule de vacances est institué. Une prime pour financer le repos. Une petite révolution.
1955 : on passe à 18 jours. Trois semaines.
Et voilà qu'en 1965, le travailleur belge obtient ENFIN ses 24 jours de congé. Quatre semaines complètes.
"Le ciel, le soleil et la mer, La Panne, tout ça pour mon plaisir..."
François Deguelt chante cet été l'hymne de son temps. L'époque où la Belgique se porte bien.
Thérèse Jeunejean, historienne, écrira plus tard : "Dans ces années-là, que l'on appelle les années d'or, le pays va bien. On croit que ce temps-là durera toujours."
Et c'est vrai. En 1965, la Belgique est en pleine prospérité. Les usines tournent. Les salaires augmentent. Et les travailleurs, pour la première fois, peuvent prendre de véritables vacances. Un mois entier. Pour eux.
Pour profiter du ciel. Du soleil. Et de la mer du Nord...
Le podcast Happy Days vous replonge dans les années 60 et 70, revisitant la folie musicale, les icônes comme Johnny, Brel ou les Beatles, et les grands événements culturels et scientifiques de l'époque. Chaque épisode propose un voyage nostalgique à travers les souvenirs marquants de ces 2 décenniesTue, 30 Jun 2026 - 470 - Georges Brassens à Bobino en 1976 : cinq mois de récital et des adieux sans le savoir
Le 19 octobre 1976, Georges Brassens monte sur la scène de Bobino à Paris pour cinq mois de récital complet chaque soir. Accompagné de son guitariste Joël Favreau et de ses fidèles compagnons, il ouvre avec « Trompe la mort », titre de son dernier album, presque un aveu sans le savoir. En première partie, Marie-Thérèse Orain et Pierre Louki. Ce tour de chant attire de nombreux Belges, trois ans après sa dernière tournée en Belgique. Le 20 mars 1977, lors de la dernière représentation, Brassens déclare depuis la scène : « C'est pas demain la veille, bon Dieu, de mes adieux. » Personne ne imagine alors que ce sont ses véritables adieux à la scène. Des douleurs abdominales l'amènent à consulter et, en novembre 1980, le diagnostic tombe : un cancer de l'intestin. Georges Brassens décède le 29 octobre 1981, peu après avoir fêté ses 60 ans. Un épisode émouvant à revivre dans Happy Days, le podcast musique et souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+.
Fri, 26 Jun 2026 - 469 - The Logical Song de Supertramp : l'histoire personnelle derrière le plus grand succès du groupe (29 mars 1979)
Le 29 mars 1979, Supertramp sort The Logical Song, premier single de l'album Breakfast in America. Ce titre devient instantanément le plus grand succès du groupe britannique fondé à Londres en 1969.
Derrière ce tube se cache une histoire très personnelle. Roger Hodgson, chanteur et auteur, a vécu dix ans en internat, dix ans à apprendre à être raisonnable, présentable, convenable… tout sauf lui-même. De cette expérience naît une question universelle : « Please tell me who I am ».
Cédric Goddard vous révèle aussi un détail méconnu de la composition, vous retrace le parcours du titre dans les charts (numéro 9 en Belgique, numéro 1 au Canada) et vous rappelle pourquoi Paul McCartney l'a élue chanson de l'année. En 1980, Roger Hodgson reçoit l'Ivor Novello Award, la plus haute distinction britannique pour l'écriture musicale.
Happy Days, la musique et les souvenirs des années 60 et 70, avec Cédric Goddard sur Nostalgie+.Thu, 25 Jun 2026 - 468 - Huy 1967 : Johnny Hallyday enflamme le Festival Parapluie des Vedettes
Juin 1967, Huy accueille pour la quatrième année consécutive le Festival Parapluie des Vedettes. 48 heures de musique live, retransmises sur la RTB, avec un plateau exceptionnel : Enrico Macias, Nancy Holloway, Udo Jürgens, Michel Delpech, André Brasseur, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, et un certain Cat Stevens, alors inconnu du grand public à seulement 18 ans. Mais la vedette absolue de ce week-end historique, c'est Johnny Hallyday, 24 ans, déjà adulé de tout un pays, qui fait vibrer la cité mosane avec « Noir c'est Noir », son adaptation de Black is Black des Los Bravos. Cédric Godard vous replonge dans ce moment mythique de la musique des années 60. Happy Days, musique et souvenirs des années 60 et 70, sur Nostalgie+.
Wed, 24 Jun 2026 - 467 - Surf City de Jan & Dean : comment un brouillon des Beach Boys est devenu le premier numéro 1 du surf au Billboard
Le 20 juillet 1963, Jan & Dean atteignent le sommet du Billboard Hot 100 avec Surf City, la première chanson de surf music à décrocher la première place du classement américain. Mais cette histoire commence dans un salon de Los Angeles, autour d'un piano et d'un brouillon que Brian Wilson des Beach Boys pensait ne jamais terminer. Il le propose à Jan Berry et Dean Torrance, qui s'en emparent, réécrivent les paroles, réarrangent la mélodie et l'enregistrent le 20 mars 1963 à Hollywood. Le succès est immédiat et mondial : Surf City cartonne en Belgique et dans toute l'Europe, exportant la surf music sur le vieux continent durant tout l'été 1963. Anecdote savoureuse : Murray Wilson, père de Brian et manager des Beach Boys, est furieux, persuadé que son fils a bradé un futur numéro 1. Cédric Godart raconte cette histoire dans Happy Days, le podcast Nostalgie+ qui revisite chaque jour une date et un hit des années 60 et 70.
Tue, 23 Jun 2026 - 466 - Stéphanie Mills : l'histoire de "Never Knew Love Like This Before", hymne inattendu d'une génération
Nous sommes à la fin de l'année 1979. Stéphanie Mills entre en studio pour enregistrer son quatrième album, Sweet Sensation. Un titre va s'en échapper pour devenir l'hymne d'une génération :« Never Knew Love Like This Before ».
Écrite par Reggie Lucas à la naissance de sa fille, cette chanson intime dépasse rapidement son contexte original. Dès août 1980, elle touche tout le monde et devient notamment un hymne d'espoir pour la communauté gay américaine.
Résultat : deuxième place en Belgique, numéro 1 aux Pays-Bas en 1981, et deux Grammy Awards remportés face à Aretha Franklin, Diana Ross et Roberta Flack.
Quarante ans plus tard, la série Pose lui offre une seconde vie bouleversante. Cédric Godard raconte toute l'histoire dans ce nouvel épisode de Happy Days sur Nostalgie+.Tue, 23 Jun 2026 - 465 - "Un peu de soleil dans l'eau froide", le film de Sagan avec Depardieu et la musique de Michel Legrand
29 octobre 1971 : Françoise Sagan fait l'événement à Paris et à Bruxelles. Son roman« Un peu de soleil dans l'eau froide », paru chez Flammarion, est adapté au cinéma par Jacques Deray. La musique du film est confiée à Michel Legrand, qui fait appel à Nana Mouskouri.
L'histoire : Gilles, journaliste parisien brillant et dépressif, fuit Paris pour le Limousin. Il y rencontre Nathalie, une femme mariée qui tombe amoureuse de lui, quitte tout pour le rejoindre à Paris... avant qu'il ne se lasse. Une histoire d'amour qui fait mal, non par la violence, mais par l'indifférence
Claudine Auger joue Nathalie, Marc Porel incarne Gilles. Et dans un tout petit rôle, un jeune inconnu de 22 ans : Gérard Depardieu.
Interrogée par Jacques Chancel dans Radioscopie, Sagan expliquait avoir voulu raconter l'histoire d'un homme qui empêche de vivre celle qui l'a aidé à vivre. Le film aborde la dépression et les idées suicidaires avec une justesse rare pour l'époque.
Sans récompense majeure,« Un peu de soleil dans l'eau froide » demeure une œuvre incontournable du cinéma français des années 70
Happy Days, c'est chaque jour la musique et les souvenirs des années 60 et 70 sur Nostalgie+, avec Cédric Godart.Mon, 22 Jun 2026 - 464 - 1974 : Mort Shuman, de Brooklyn à la Bourgogne sur des « musiques sentimentales »
Nous sommes le 1er octobre 1974. Happy Day pour une petite commune de l'Yonne, en France. Dans la mairie, on célèbre aujourd'hui le mariage de Mort Schuman et Élisabeth Moreau. Une histoire d'amour. Une histoire de collaboration musicale. Et aussi de chansons sentimentales..
Mort Shuman. Un gamin de Brooklyn, juif polonais, qui a grandi dans un quartier pauvre et métissé de New York. La rue lui donne son éducation musicale. À 18 ans, il commence à écrire des chansons. En 1958, il s'associe à Doc PomuS. Lui les musiques, Doc les paroles. Ensemble, ils vont composer plus de 500 chansons. Vendues à plus de 30 millions d'exemplaires.
Pour qui ? Pour Elvis Presley. "Viva Las Vegas". "His Latest Flame". “Suspicion”. Pour les Drifters. Pour Janis Joplin. Pour Marvin Gaye.
Et puis un jour, Mort Shuman tombe sur Jacques Brel. C'est le déclic. Il monte à Londres une comédie musicale autour de l'œuvre du Belge "Jacques Brel Is Alive and Well and Living in Paris". Traduction : Jacques Brel est bien vivant et il vit à Paris…
Succès immédiat. Il enchaîne à Broadway. Entre deux voyages, il pose ses valises à Paris. Il y rencontre Élisabeth Moreau. Ils composent ensemble. Ils tombent amoureux. Et ce 1er octobre 1974, ils se marient dans un petit village de Bourgogne.
La même année, il sort "des musiques sentimentales". Une ballade mélancolique écrite par Étienne Roda-Gil et composée par Mort Shuman lui-même.
Véritable poème nostalgique, cette chanson raconte la douceur des souvenirs partagés à travers la musique et la poésie urbaine, peut-être celle de New York transposée à Paris.
En 1976, après deux ans de mariage, Élisabeth donne naissance à leur fille, Barbara Shuman. Après leur divorce en 1979, il épousera Maria-Pia Vezia en secondes noces, une nouvelle fois, sur des musiques sentimentales...Fri, 19 Jun 2026 - 463 - 1971 : La disquette IBM, la petite galette qui a enterré les cartes perforées
Nous sommes au début de l'année 1971. Happy Day pour l'informatique personnelle. IBM lance aujourd'hui un petit objet de 20 centimètres qui peut stocker des informations.
Allez, on allume l'ordinateur et on entend ceci : on peut introduire la disquette…
Mais revenons en arrière. Avant la disquette, comment faisait-on pour transmettre des informations à un ordinateur ? Avec des cartes perforées. Des centaines, parfois des milliers de petites cartes cartonnées trouées, qu'il fallait transporter, classer, ne surtout pas faire tomber.
Lourdes. Encombrantes. Bruyantes. Et si vous faisiez tomber votre paquet dans le couloir… bonne chance pour remettre tout ça dans l'ordre.
En 1967, IBM charge un ingénieur de trouver mieux. Quatre ans de travail. Et voilà : une fine galette de plastique souple, 8 pouces de diamètre, glissée dans une enveloppe de protection. Elle tourne à 360 tours par minute. Elle peut stocker l'équivalent de 3 000 cartes perforées. Dans un sac !
Ah oui, la disquette peut alors contenir 80 000 caractères. Ce qui représente à peu près… une journée entière de frappe d'une secrétaire. Sur un objet qu'on tient entre deux doigts.
Dans l'industrie, l'air de rien, c'est la révolution. Au lieu de passer par 6 ou 8 départements, l'information est accessible directement, comme on peut l'entendre avec cette opératrice qui retrouve les informations client grâce aux nouveaux supports de stockage...
Revenons sur le nom "Floppy disk". Floppy parce qu'il est souple, flasque. En français, par analogie avec la cassette audio, on dira "disquette".
Ce petit objet va d'abord servir à mettre à jour les gros ordinateurs IBM. Mais très vite, il va envahir tous les bureaux, toutes les écoles, tous les foyers. Dix ans plus tard, en 1981, l'IBM PC en est équipé. Il faudra attendre 1986 pour qu'arrive la version 3,5 pouces, plus petite, dans un boîtier rigide.
Elle deviendra, des années plus tard, l'icône "enregistrer" sur les ordinateurs.Thu, 18 Jun 2026 - 462 - 1959 : Marcel Amont, l'éclat de « Bleu, blanc, blond »
Nous sommes fin 1959. Happy Day pour un Bordelais venu conquérir Paris. Après avoir fait le tour des cabarets, il sort un 45 tours qui va changer sa vie et lui ouvrir les portes du succès durant toutes les années 60. Il s'appelle Marcel Amont et il est "bleu blanc blond"...
En 1953, il fait la première partie de la tournée de Jean Nohain. Il frôle la mort après le spectacle de Bordeaux et doit passer un an en sanatorium. Après une longue convalescence, c'est en 1956 que le succès va commencer à lui sourire. Son premier disque, "Escamillo" tourne bien.
Il passe à l'Olympia en première partie d'Édith Piaf : il est d'abord « supplément au programme », puis il est révélation de l'année. Cinq semaines plus tard, il est en deuxième position sur l'affiche. On le voit au cinéma aux côtés de Brigitte Bardot dans "La mariée est trop belle." Et puis arrive, fin 1959... ce fameux "bleu blanc blond".
Ah oui, dernier détail : "Bleu, blanc, blond" n'est pas une chanson originale. Il s'agit d'une adaptation d'un succès américain, "True, true happiness".
C'est lors d'un voyage à New York qu'il entend cette chanson à la radio, dans un taxi. Pour obtenir des paroles françaises, Marcel Amont engage Jean Dréjac, qui prend pas mal de liberté sur le sens du texte original. Marcel Amont l'enregistre en 1959. Début 1960, le succès du titre est renforcé dans le Sud de la France par le texte, qui évoque le ciel de Provence, et par l'accent méridional du chanteur...
12 ou 13 ans plus tard arrivera une version un peu belge. En fait, ce n'est pas tout à fait la même chanson, mais peu importe. Marcel Amont modifie la recette et le disque devient "Bleu Blanc Rouge Et Des Frites "Wed, 17 Jun 2026 - 461 - 1966 : Les Beatles au Candlestick Park, le clap de fin de la Beatlemania
Nous sommes le 29 août 1966. Happy Day privilégié pour les fans des Beatles en Californie. Ils vont assister à un moment historique. Personne n’est vraiment au courant, surtout pas les fans. Mais c’est le tout dernier concert public du groupe britannique. Une décision… radicale !
La chaîne KTVU est sur place et diffuse les images.
Ce soir-là, au Candlestick Park de San Francisco, 42 mille personnes hurlent. Comme à chaque concert depuis 1963. Si fort que les quatre musiciens sur scène ne s'entendent pas jouer. Littéralement.
Trois semaines plus tôt, les Beatles ont sorti "Revolver". Un album révolutionnaire (cordes, sitars, bandes inversées, expérimentations en studio). Pas une seule de ces chansons ne sera jouée ce soir. Impossible à restituer sur scène. Alors ils jouent leurs classiques depuis 1963. Trente minutes. Onze titres. Et c'est terminé. Oui oui, ils ont vraiment donné un concert d'une demi heure !
Paul McCartney le sait. Il prend des photos depuis la scène. Il demande au manager presse, Tony Barrow, d'enregistrer le concert avec un simple magnétophone portable. PAS pour la postérité officielle. Juste pour garder une trace.
En quatre ans, les Beatles auront donné 1 400 concerts. Ce soir, c'est le dernier.
Les Pom Pom Girls sont prêtes sur le tarmac !
Libérés de la scène dès 1966, ils entrent en studio et signent "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band" en juin 1967. Puis Abbey Road. Puis Let It Be. 1 400 concerts. Et une révolution qui commence vraiment… quand ils arrêtent la scène.
Cela dit… Dernier concert ? C'est mal connaître les artistes. Non, ce n'est pas tout à fait leur dernière prestation. Le 30 janvier 1969, sur le toit de leur label Apple à Londres, les BeatlesTue, 16 Jun 2026 - 460 - 1975 : Annie Cordy et l'irrésistible ascension de « La Bonne du curé »
Nous sommes le 15 mars 1975. Happy Day pour Annie Cordy. Son nouveau disque entre au hit parade et il ne fait pas dans la dentelle. Titre choisi : "La Bonne du curé". Annie ne le sait pas encore, mais le succès va dépasser TOUTES les prévisions.
Vu le début de la chanson, ce n'était certainement pas gagné d'avance....
Parlons de l'histoire de cette chanson. Tout commence par une invitation à prendre le café. Annie a une amie belge, chanteuse, qui vit à Paris avec un garçon, Tony Roval, guitariste totalement inconnu. L'amie insiste : viens écouter ce qu'il a composé. Annie y va en se disant : "C'est bien pour elle que je fais ça."
Tony prend sa guitare. Pas de texte. Il joue ça… comme un Espagnol. Annie trouve ça pas mal. Elle appelle, séance tenante, le parolier Charles Level. Il écoute. Et il écrit le texte en une heure. Annie n'aura pas à changer la moindre virgule.
Le 45 tours sort en 1974. Il passe inaperçu... Et puis... 3 mois plus tard... la machine s'emballe. En Belgique, la chanson entre dans le classement le 15 mars 1975, grimpe jusqu'au top 3, et n'en ressort que le 21 juin. Trois mois dans les sommets belges. Le titre s'écoule à plus d'un million d'exemplaires.
La chanson a tout pour déranger. Une bonne d'église qui fait des bêtises derrière le lieu saint. Un accent campagnard assumé. Et une petite pique à un grand ami :
"Car les cantiques, ça ne vaut pas Claude Françoué !"
En 1975, Sacha Distel décide d'en faire sa propre version dans une émission télé où il partage l'affiche avec Annie Cordy...
Ce ne sera d'ailleurs pas la seule reprise dans l'histoire de ce titre qui, à ce jour, reste le 45 tours le plus vendu d'Annie Cordy. Mieux que cela : "La Bonne du curé" ouvre une décennie dorée pour Annie Cordy. Jeanne la Tarzane en 1975. Nini la chance en 1976. La Madam' en 1978. Et surtout… Tata Yoyo en 1980.Mon, 15 Jun 2026 - 459 - 1979 : « Émilie Jolie », le chef-d’œuvre de Philippe Chatel qui a enchanté une génération
Émilie Jolie, d'abord l'album en 1979
Nous sommes le 2 décembre 1979. Happy Day pour Philippe Chatel. Aujourd'hui a lieu la première promotion télé du conte musical qui va faire sa renommée.
Alain Souchon et Laurent Voulzy interprètent "La Chanson du coq et de l'âne" dans l'émission Les Rendez-vous du dimanche.
Mais revenons quelques mois en arrière. Tout commence avec une petite fille de 4 ans. Émilie. La fille de Philippe Chatel. Un soir, elle demande à son père de lui jouer une chanson avec un lapin bleu. Puis une chanson de hérisson. Philippe Chatel s'exécute. Et quelque chose se met en marche dans sa tête….
De cette demande, toute simple, naît un conte musical. L'histoire d'une petite fille seule dans le noir qui plonge dans un livre d'images et rencontre des lapins bleus, une sorcière qui attend l'amour, un hérisson que personne ne veut caresser, un prince charmant un peu débutant... et puis.. un grand oiseau !
Pour donner vie à tout ça, Chatel réunit un casting absolument dingue pour l'époque. Georges Brassens. Henri Salvador. Françoise Hardy. Julien Clerc. Sylvie Vartan. Eddy Mitchell. Louis Chédid. Alain Souchon. Laurent Voulzy. (Je l'ai dit) Et... Robert Charlebois.
Le double 33 tours sort en 1979. Sans le moindre 45 tours en magasin. Pas de radio, pas de promotion classique. Juste le bouche-à-oreille. Et pourtant... Le succès est tel qu'il va jusqu'à influencer les registres d'état civil.
En 1979, en France, 5 000 petites filles s'appellent Émilie. En 1980, elles sont presque 12 000.
Bien sûr, Émilie est un conte musical qui s'écoute, mais ce sera bien plus encore. Premier lever le rideau le 20 février 1985 au Cirque d'Hiver Bouglione à Paris.
En 1997, une Belge, Maurane, participera d'ailleurs à sa réédition et à son nouvel envol…Fri, 12 Jun 2026 - 458 - 1969 : John Lennon et Yoko Ono, le mariage devenu manifeste pour la paix
John et Yoko se marient en 1969
Nous sommes le 20 mars 1969. Happy Day pour John Lennon. Aujourd'hui, il prend pour épouse une fille trois fois divorcée déjà. Elle s'appelle Yoko Ono.
La cérémonie a lieu à Gibraltar, au consulat britannique. Un seul témoin : un photographe.
Yoko porte une mini-robe en crêpe blanc, un grand chapeau immaculé, des chaussettes hautes et des tennis blancs.
John, une veste et un pull à col roulé blanc.
Sur le tarmac de l'aéroport, ils posent avec leur certificat de mariage bien en évidence. La photo fait évidemment le tour du monde.
Cinq jours après le mariage, le couple débarque à Amsterdam. Ils s'installent dans la suite présidentielle du Hilton et envoient un carton d'invitation à toute la presse mondiale : "Venez au voyage de noces de John et Yoko. Un bed-in.." Traduction : nous sommes dans un lit.
La presse néerlandaise n'en revient pas et file à l'hôtel...
Les journalistes se précipitent. Ils s'attendent à tout. Après la couverture de leur album "Two Virgins" où le couple apparaissait nu, la presse pensait qu'ils allaient faire l'amour en public. Ils ont trouvé deux personnes en pyjama, assises dans un lit, qui parlaient de paix.
De 9h à 21h, chaque jour pendant une semaine, ils reçoivent la presse du monde entier. Lennon explique : "On voulait vendre notre produit, la paix. Et pour vendre un produit, il faut un gimmick. Le gimmick, c'était le lit. On a choisi le lit parce que c'est facile. On est un peu paresseux."
Les manchettes du monde entier ( y compris en Belgique) parlent du lit de noces pendant une semaine.
Deux mois plus tard, à Montréal, lors d'un deuxième bed-in, Lennon écrira "Give Peace a Chance" sur un bout de carton. Il l'enregistre dans la chambre d'hôtel avec les journalistes présents comme chœur.
Ces deux-là ne feront JAMAIS rien comme les autres...Thu, 11 Jun 2026 - 457 - 1970 : Teledis et la révolution du câble dans la région liégeoise
1970 : Teledis câble la région de Liège
Nous sommes le 1er janvier 1970 dans la région de Liège. Happy day pour les foyers équipés d'un téléviseur. Ils vont pouvoir capter beaucoup, beaucoup de chaînes grâce à ce que l'on appelle la télédistribution.
10 ans après la création de Coditel dans la région de Namur, une nouvelle entreprise publique voit le jour dans la cité ardente : TELEDIS. Télédis pour télédistribution, évidemment !
Avec, déjà, une page de publicité..
Donc, en janvier 1970, TELEDIS lance officiellement les abonnements à la télédistribution. Toute la région est câblée (les villes, puis les villages). Des prises sont installées dans les maisons, les appartements, sur les façades. C’est une révolution : on reçoit beaucoup plus de chaînes qu'avant, avec la bonne vieille antenne "râteau" sur le toit.
Et on reçoit notamment les chaînes françaises, qu’on ne captait pas du côté de Liège, parce qu'on était évidemment... trop loin de la frontière française, contrairement à Namur…
On peut, par exemple, regarder "Le mot le plus long" sur l'ORTF...
Le câble dispose donc d’une certaine « place », pour diffuser des fréquences (on peut avoir des chaînes TV ou radio). Une dizaine de chaînes à l’époque, le choix du programme est encore assez facile.
Le câble va tisser sa toile partout en Wallonie et à Bruxelles à une vitesse fulgurante, faisant de notre pays l'un des plus câblés du monde, juste derrière les Pays-Bas.
Un an plus tard, une émission fera date en Belgique. Premier programme diffusé en couleurs via le câble via Coditel et Teledis, par ce qui était encore la RTB. Pour ne pas se laisser distancer, la première chaîne francophone belge diffusera "Le Jardin extraordinaire" en couleurs avec, à sa tête, la délicieuse Arlette Vincent…
En un peu plus de dix ans, Teledis aura gagné une poignée de nouvelles chaînes, allemandes, flamandes, françaises... et même régionales, avec la création en 1977 de RTC Liège...Wed, 10 Jun 2026 - 456 - 1968 : « Bonnie et Clyde », le film choc qui a enfanté le Nouvel Hollywood
Bonnie and Clyde au cinéma (1968)
Nous sommes le 8 novembre 1968. Happy Day pour les cinéphiles de Tournai à Coxyde. Le très attendu "Bonnie et Clyde" d'Arthur Penn débarque dans les salles belges. Et c'est un événement.
Le film est sorti aux États-Unis un an plus tôt. Un an de rumeurs, d'interdictions, de polémiques. Interdit aux moins de 18 ans en France à sa sortie. En Belgique, on attendait ça avec impatience.
Arthur Penn met en scène Warren Beatty et Faye Dunaway dans les rôles du couple de braqueurs le plus célèbre des années 1930.
Le scénario avait d'abord été proposé à François Truffaut, puis à Jean-Luc Godard. C'est finalement Beatty lui-même qui rachète les droits (pour 7 500 dollars de l'époque, soit un peu moins de 70 mille euros aujourd'hui). Tant qu'à faire, il prend le rôle principal.
Le résultat ? Une claque. La scène finale, le couple criblé de balles, est à l'époque l'une des scènes de mort les plus violentes jamais tournées. La MGM tremble. Les critiques sont partagées. Mais le public… adore. Et l'académie des Oscars... aussi !
Deux Oscars en 1968. Un statut de film culte pour l'éternité. Et quelque part, la naissance du Nouvel Hollywood.
Mais avant même que le film ne débarque chez nous, Serge Gainsbourg avait déjà tout compris. En janvier 1968, dix mois avant la sortie belge, il dévoile, avec Brigitte Bardot, un 45 tours qui porte le même nom.
Ce que peu de gens savent : Gainsbourg n'a pas inventé les paroles. Il les a puisées dans un poème écrit par Bonnie Parker elle-même, quelques semaines avant d'être abattue.
Quelle importance qu'ils me fassent la peau
Moi Bonnie je tremble pour Clyde BarrowTue, 09 Jun 2026 - 455 - 1970 : Mike Brant, l'ascension foudroyante de « Laisse-moi t’aimer »
Mike Brant "Laisse moi t'aimer" en 1970
Nous sommes le 25 janvier 1970. Happy Day pour un artiste israélien venu conquérir Paris. Mike Brant chante pour la première fois devant un VRAI grand public, à Cannes, au MIDEM. Il ne se doute pas, à cet instant… quelle carrière fulgurante l'attend en France.
Tout commence quelques mois plus tôt, à Téhéran. Sylvie Vartan et son ami Carlos sont en concert.
Ils se détendent dans le club de l'Hôtel Hilton après le concert.
Soudain, une voix leur coupe le souffle. Sur scène, un jeune homme de 22 ans. Sylvie est subjuguée. Elle l'invite à sa table. Et elle lui dit : tu dois tenter ta chance en France.
Deux mois plus tard, Mike Brant débarque à Paris. Il ne parle pas un mot de français.
Carlos lui arrange une rencontre avec Jean Renard, le parolier de Johnny Hallyday et de Sylvie Vartan. Autour d'un piano, Mike chante "Summertime". Jean Renard n'en revient pas.
Il sort du tiroir une chanson qu'il avait déjà proposée sans succès à Dick Rivers… puis à Johnny Hallyday. Ni l'un ni l'autre n'en avait voulu.
Cette chanson, c'est "Laisse-moi t'aimer".
Le texte est traduit en hébreu et en phonétique. Une semaine d'enregistrement. Et le tour est joué.
Le 25 janvier 1970, les professionnels et le public du MIDEM découvrent Mike Brant depuis Cannes. La salle est électrisée.
Résultat ? Le 45 tours s'écoule à près d'un demi-million d'exemplaires. Numéro un en France. Numéro un en Israël. Numéro un chez nous, en Belgique.
En cinq ans, Mike Brant vendra 15 millions de disques. Davantage que Johnny Hallyday, Michel Sardou, Claude François ou Joe Dassin à la même époque.
Une étoile filante qui nous quittera 5 ans plus tard, le 25 avril 1975...Mon, 08 Jun 2026 - 454 - 1964 : Sheila, le retour triomphal avec « Vous les copains »
"Vous les copains" : Sheila de retour en 1964
Nous sommes le 17 octobre 1964. Happy Day pour Anny Chancel. Celle qu'on appelle désormais Sheila est devenue une véritable égérie. Son nouveau 45 tours est l'atout majeur de sa maison de disques. Titre choisi : *Vous les copains, je ne vous oublierai jamais*. Symboliquement, on tourne la page de *L'école est finie*… sorti un an et demi plus tôt.
Mais derrière ce titre joyeux, il y a une histoire que peu de gens connaissent. Le 10 avril 1964, Sheila s'effondre sur scène. Épuisement total, dérèglement hormonal. Elle a dix-huit ans et elle disparaît des radars pendant plusieurs mois.
Sa maison de disques laisse courir des rumeurs. La presse s'emballe. Et pendant ce temps, Sheila se repose, loin des projecteurs.
Quand elle revient, elle a un message à faire passer. Pas un tube calculé. Une lettre. "Vous les copains, je ne vous oublierai jamais". Elle s'adresse directement à son public. Ceux qui ont attendu. Ceux qui sont restés.
Bon, faisons tomber un mythe.
La chanson est en réalité une adaptation française du tube des Manfred Mann, "Do Wah Diddy Diddy"..
Et oui... encore une adaptation !!!
Même énergie. Même impulsion. Mais Sheila en fait autre chose, quelque chose de plus intime, de plus personnel.
Le résultat ? Numéro un en France. Troisième en Wallonie. Le 45 tours s'écoule à plus de 400 000 exemplaires. La chanson deviendra une sorte de gri-gri. Elle l'interprétera dans tous ses spectacles pendant des décennies.
"Vous les copains" sera repris par une foule de prétendants : Alice Donna, Génération 60, Richard Gotainer et même Vanessa Paradis...Fri, 05 Jun 2026 - 453 - 1971 : Michael Jackson, l’envol en solo avec « Got to Be There »
1971 : "Got to be there", le premier titre de Michael Jackson
Nous sommes le 7 octobre 1971. Happy Day pour un gamin de 13 ans qui, ce jour-là, cesse d'être seulement le petit prodige des Jackson 5. En ce jour d'automne, Michael Jackson sort son premier single en solo. Il s'appelle "Got to Be There".
Allez, je vous rappelle donc qu'il a... 13 ans !
Derrière cette décision, une rivalité. Depuis 1970, une autre fratrie américaine truste les sommets des classements : les Osmonds. Une concurrence saine, presque fraternelle, jusqu'à l'été 1971, quand MGM propulse le cadet, Donny Osmond, dans une carrière solo.
Son single "Go Away Little Girl" monte directement en tête du Billboard. Berry Gordy, le patron de la Motown, n'apprécie pas. Il faut dire que c'est bien fichu...
La réponse à l'offensive Osmonds ? Michael. 13 ans. Déjà une voix, déjà une présence. Déjà tout.
La chanson est une ballade soul douce, lumineuse. Michael chante l'attente amoureuse avec une maturité absolument folle. Cette combinaison "étrange", comme l'écrit le magazine Rolling Stone à l'époque, d'innocence et de professionnalisme.
Le résultat ? Quatrième au Billboard. Numéro un au Cashbox. Et le lancement d'une des carrières solos les plus extraordinaires de l'histoire de la musique.
"Got to Be There" va faire mieux que la fratrie d'en face. Donny Osmond n'a qu'à bien se tenir. Car onze ans plus tard, Michael signera l'album le plus vendu de TOUS LES TEMPS !Thu, 04 Jun 2026 - 452 - 1968 : « 2001, l’Odyssée de l’Espace », le chef-d’œuvre visionnaire de Stanley Kubrick
1968 : le film "2001, L'Odyssée de l'Espace"
Nous sommes le 5 septembre 1968. Happy Day pour les cinéphiles belges. Aux Variétés, à Bruxelles, projection d'un film qui fait sensation : "2001, l'Odyssée de l'Espace". Un film signé Stanley Kubrick.
Un an avant Apollo XI, le monde entier ne parle que d'une chose : la conquête spatiale. La Lune est à portée. Et Kubrick, lui, se dit : il faut en finir avec les décors en carton-pâte. Je vais montrer ce que sera VRAIMENT l'an 2001.
Il met quatre ans à tourner le film. Des décors qui coûtent une fortune. Des effets spéciaux d'une précision absolue. En 1968, personne ne peut détecter le trucage à l'écran.
Et, petite nouveauté, presque pas de dialogues. À la place… une valse de Strauss pour accompagner des vaisseaux en orbite.
La première a lieu à Washington, dans une salle gigantesque avec un système sonore comme personne n'en avait jamais entendu. Et là… catastrophe. Enfin, presque. 250 personnes quittent la salle avant la fin. Les critiques sont féroces. Incompréhensible. Prétentieux. Ennuyeux. La MGM panique, le film a coûté une fortune. La production presse Kubrick d'expliquer ce qui se passe à la fin. Ce sera NON !
Quelque chose d'inhabituel se produit. Semaine après semaine, le bouche-à-oreille fait son travail. Ceux qui ont été fascinés par l'esthétique, par la musique, par les décors, en parlent autour d'eux. Chacun a son explication sur le final. Et c'est précisément ça, la force du film, cette fin ouverte que personne ne comprend vraiment, mais que tout le monde s'approprie.
Kubrick refuse, longtemps, de peur que les mots ne banalisent la puissance des images. PUIS… un journaliste japonais insiste lourdement. Et Kubrick va lâcher le morceau
Alors, voici l'explication :
Pour faire simple : l'astronaute est placé dans un "zoo humain" par des entités divines, des créatures de pure énergie. Dans cette chambre hors du temps, ils l'étudient jusqu'à sa fin, avant qu'il ne renaisse sous la forme de ce célèbre fœtus astral, prêt pour une nouvelle étape de l'évolution
À la sortie du film, personne ne sait tout cela.
Résultat ? "2001" deviendra le plus grand succès du box-office américain de l'année 1968.Wed, 03 Jun 2026 - 451 - 1964 : Le Festival de la Guitare d'Or à Ciney, quand le Condroz est devenu le temple du rock
1964 : le 3e Festival de la guitare d'or à Ciney
Nous sommes le dimanche 12 juillet 1964. Happy Day pour une petite commune du Condroz. Ciney accueille la troisième édition de son Festival de la Guitare d'Or. Avec aujourd'hui quatre invités vedette : Hugues Aufray, Hector, Long Chris… et les Surfs.
Mais comment Ciney, petite ville de quelques milliers d'habitants, s'est-elle retrouvée à organiser l'un des festivals les plus courus de Belgique ?
Derrière tout ça, un homme. Joseph Lambert, bourgmestre de Ciney, particulièrement dynamique. Il a très vite compris l'engouement des jeunes pour la musique. En 1962, il installe sur la grand-place un chapiteau géant de 150 mètres. Il y invite des dizaines d'orchestres amateurs belges. Il cherche un nom. Ce sera : le Festival de la Guitare d'Or.
Pour vous en parler, il faut un peu fouiller dans les archives de Jean Jième sur son site Mémoires 60 et 70.
Ce dimanche de juillet 1964, douze mille personnes envahissent la place. Dès neuf heures du matin, 1500 jeunes attendent l'ouverture. À dix heures, la première formation monte sur scène. À onze heures, la salle tape des mains. À midi… ça chauffe.
Car en 1964, réunir des amateurs et des pros, c'est une idée de génie... Après les Surfs, place à Hugues Aufray !
Pour en revenir à nos orchestres amateurs, ceux-ci jouent trois morceaux chacun, dont certains tentent leurs meilleures imitations des Beatles, avant que le jury ne délibère. Le prix ? La fameuse Guitare d'Or. Et surtout des contrats assurés par le secrétariat des artistes à Bruxelles, qui leur feraient gagner 155 000 francs belges. Une magnifique publicité.
Cette année-là, ce sont les Serpents Noirs, originaires d'Andenne, qui remportent la mise.
Les présentateurs de la journée ? Jean Martin et Michel Lemaire, les correspondants belges de l'émission française "Salut les Copains".
Ils lancent, en quelque sorte, la carrière des Serpents Noirs...avec “Exciting Twist” !Tue, 02 Jun 2026 - 450 - 1976 : TéléCoo et l'aventure du télésiège mythique de la cascade de Coo
Nous sommes au printemps 1976. Happy Day pour les familles belges. Non loin de Stavelot s'ouvre aujourd'hui un petit parc à l'attraction naturelle : une cascade. Laissez-moi fouiller dans mes souvenirs. Ah oui, il y a aussi un télésiège. Bienvenue à TéléCoo.
L'histoire commence bien avant 1976. En 1955, un professeur d'histoire et de géographie de Spa, Gaston Dugardin, a une idée un peu folle. Installer un télésiège sur un terrain marécageux au pied de la cascade de Coo. Il faudra huit procès contre un agriculteur local pour obtenir la fameuse autorisation tant attendue.
Huit procès, rien que ça. Pour un télésiège.
Il les gagne TOUS.
Le télésiège monte jusqu'à 460 mètres d'altitude, au cœur de la colline du Bois d'Ancre. De là-haut, le village de Coo, les hameaux, la centrale hydroélectrique, et la cascade : quinze mètres de dénivelé, creusée au XVIIIe siècle par les moines de l'abbaye de Stavelot pour protéger le village.
En 1976, le fils de Gaston, Didier Dugardin, reprend le flambeau. Il crée la société TéléCoo. Trois hectares. Une cascade. Un télésiège. Et des milliers de familles belges qui vont faire le voyage.
Gamin, au début des années 80, j'ai pris le train depuis la Vallée du Geer, avec ma grand-mère. Le train puis un bus, je crois. C'était une expédition. Et en arrivant à Coo, il y avait ce télésiège. Terrifiant ! Ma grand-mère montait avec moi quand même. Et là-haut, la cascade semblait gigantesque. Quinze mètres. Mais quand on a six ou sept ans, c'est le Niagara.
Le parc était gratuit au départ. Quelques dizaines de francs belges pour le télésiège. Pas de manèges, pas de personnages en peluche. Juste la nature, l'Amblève, et ce télésiège qui faisait battre le cœur de tous les petits Wallons comme moi, là bas, à Coo, près de ma rivière...Fri, 29 May 2026 - 449 - 1971 : Bill Withers et le génie accidentel de « Ain't No Sunshine »
Nous sommes le 17 juin 1971. Happy Day pour un musicien américain de 33 ans (pour quelques jours encore). Sur son premier album, "Just As I Am", figure un titre qui va changer sa vie. "Ain't No Sunshine". Traduction ? Pas de soleil…
Au début des années 70, Bill Withers n'est pas encore une légende. La journée, il travaille dans une usine à Los Angeles. Il fabrique des sièges de toilettes pour le fameux Boeing 747. Le soir, il écrit des chansons, presque en secret.
L'étincelle vient du cinéma. Il vient de voir "Days of Wine and Roses" / "Le Jour du vin et des roses", avec Jack Lemmon et Lee Remick. Deux êtres qui s'aiment et se détruisent.
Ce qui le frappe dans ce film, ce n'est pas le drame. C'est l'usure. Le silence. L'absence qui s'installe sans bruit.
Il rentre. Il prend sa guitare, enchaîne quelques accords mineurs. Et une phrase sort. C’est le titre de la chanson…
Mais arrive le pont. Et là… plus rien. Withers ne sait pas quoi écrire. Alors il laisse venir ce qui lui traverse l'esprit.
"I know."
Il le répète. Encore. Et encore. Vingt-six fois au total.
En studio, on lui suggère de remplacer ça par de vraies paroles. Il refuse. Parce que cette répétition, c'est exactement ça que ressent quelqu'un qui souffre d'une absence.
On ne formule pas un discours. On rumine. On tourne en rond. On répète la même pensée, incapable d'avancer.
Ce blocage devient la signature du morceau.
La chanson dure à peine deux minutes. Pas d'arrangement excessif, pas de démonstration vocale. Une ligne de basse, une guitare sobre, une voix grave qui ne cherche jamais à impressionner.
Elle grimpe troisième au Billboard américain. Elle remporte le Grammy de la meilleure chanson R&B en 1972. Et elle s'impose chez nous, en Belgique, bien avant de percer au Royaume-Uni, où il lui faudra des décennies pour entrer dans les classements....Thu, 28 May 2026 - 448 - 1974 : Michel Jonasz, l’éclosion de « Dites-moi » et de « Super Nana »
Nous sommes le 1er septembre 1974. Happy Day pour Michel Jonasz. Après des débuts difficiles, il va connaître (coup sur coup) deux très grands succès. Le premier, le tout premier de cordée, a pour titre "Dites-moi".
Drancy, 1947. Une famille d'immigrants juifs hongrois. Un grand-père cordonnier à Budapest qui chantait des opérettes. Un père violoniste amateur devenu représentant de commerce. La musique, c'est dans le sang… mais pas dans les gènes seulement. C'est une histoire de survie aussi. La mère de Michel et sa sœur ont échappé de peu à la Shoah.
Il quitte l'école à quinze ans. Peinture, théâtre, musique : il cherche sa voie dans la création. C'est finalement le piano qui lui met le pied à l'étrier. En 1966, il fonde le groupe King Set avec son ami Alain Goldstein.
Les débuts sont lents. Un 45 tours en 1968 sous le nom de Michel Kingset. Un single en 1970. La Rose d'or d'Antibes en 1972.
Et puis, septembre 1974. "Dites-moi"
Les paroles sont de Franck Thomas. La musique de Jonasz, lui-même. Enregistré aux studios CBE de Paris.
Il y a dans ce refrain quelque chose d'une simplicité déchirante...
"Dites-moi, même qu'elle est partie pour un autre que moi. Mais pas à cause de moi."
Sur la face B du 45 tours, une autre chanson. Signée Jean-Claude Vannier. Elle s'appelle "Super Nana".
"Super Nana" deviendra sur scène le titre fétiche de Jonasz. Celui qu'on attend. Celui qu'il garde pour la fin. Deux chansons sur un même disque. Et une carrière qui décolle ENFIN en 1974.
Michel Jonasz a 27 ans. Il vient de trouver son public. Et son public va désormais partager sa mélancolie et son amour du jazz...Thu, 28 May 2026 - 447 - 1968 : Max la Menace, l’agent secret le plus gaffeur de la télévision
Nous sommes le 8 septembre 1968. Happy Day pour les familles qui ont la chance d'avoir un téléviseur dans le salon. Sur la 2e chaîne française, c'est l'événement. Une nouvelle série venue des États-Unis va captiver la Belgique entière...
Max la Menace. En version originale, "Get Smart". Créée par Mel Brooks, oui, le futur réalisateur de "Blazing Saddles" et "Young Frankenstein".
Max, ce sont 138 épisodes de 25 minutes. Et un agent secret qui ne ressemble à aucun autre.
Maxwell Smart. Agent 86. Il travaille pour CONTROL, organisation de contre-espionnage qui affronte les maléfiques projets de KAOS.
KAOS, c'est une organisation créée en 1904 à Bucarest. Pour répandre le chaos, évidemment.
Face à cette menace mondiale, CONTROL envoie son meilleur homme.
Enfin... son meilleur homme disponible.
Max n'est pas exactement James Bond. Il rate autant qu'il réussit. Il se prend les pieds dans le tapis, au sens propre comme au figuré. Mais il a un téléphone dans sa chaussure. Et une partenaire, l'Agent 99, une femme dont on ne connaîtra jamais le vrai nom.
Il y a aussi le Chef, qui lui confie ses missions avec une patience d'ange. Et K-13, un chien agent secret.
La série débarque aux États-Unis en 1965 sur NBC. Trois ans plus tard, elle traverse l'Atlantique. Et ce soir, les familles belges découvrent Max, ses gadgets improbables, ses gaffes monumentales et son flegme imperturbable.
Vous l'aurez un peu compris. C'est une parodie de James Bond. C'est drôle pour les enfants. C'est drôle pour les adultes. La série va d'ailleurs s'installer durablement dans la culture populaire et être rediffusée durant toutes les années 70 et même 80.
Max la Menace. Agent 86. Toujours partant. MAIS... rarement au point.Wed, 27 May 2026 - 446 - 1972 : Le Dernier Tango à Paris, le scandale qui a foudroyé le cinéma
Nous sommes le 15 décembre 1972. Happy Day dans les cinémas de Belgique et de France. Un film à scandale va faire parler de lui de Waterloo à La Panne. Présenté à la Mostra de Venise quelques mois plus tôt, il réunit Marlon Brando et Maria Schneider à l'écran.
Son titre : Le Dernier Tango à Paris.
L'histoire est simple. Brutale. Un appartement du 16e arrondissement de Paris, au-dessus du pont de Bir-Hakeim. Un Américain d'une quarantaine d'années, Paul. Une jeune Française, Jeanne. Ils se retrouvent là par hasard, pour visiter le même appartement à louer. Et sans se connaître, sans même échanger leurs noms, ils font l'amour.
Paul loue l'appartement. Ils s'y retrouveront, encore et encore. Sans passé. Sans avenir. Juste cet endroit, ces volets clos, et une violence qui monte.
Dehors, chacun a sa vie. Paul vient de perdre sa femme, suicidée. Jeanne prépare son mariage.
Dedans, tout ça disparaît.
Aussi incroyable que cela puisse paraître : Bertolucci a laissé Marlon Brando improviser. Intégrer des fragments de sa propre vie. Ce qu'on voit à l'écran, c'est parfois Brando lui-même, pas seulement son personnage. Ça se sent. Ça dérange.
Le film est interdit aux moins de 18 ans à sa sortie. Certains critiques sont écœurés. D'autres parlent de chef-d'œuvre. En Italie, Bertolucci sera condamné... et temporairement privé de ses droits civiques.
Mais les salles sont pleines. Partout en Europe. En Belgique comme ailleurs.
Et Marlon Brando, dont la carrière s'essoufflait depuis quelques années, retrouve d'un coup toute sa puissance.
La bande originale, elle, est signée Gato Barbieri. Un saxophoniste argentin. Ce tango qui revient, lancinant, tout au long du film.Tue, 26 May 2026 - 445 - 1966 : Michel Polnareff et le secret rock de « La Poupée qui fait non »
Nous sommes le 26 mai 1966. Happy Day pour un pianiste et mélodiste encore inconnu du grand public. Aujourd'hui, Michel Polnareff dévoile son premier disque. Étrange titre que celui choisi par son label : "La Poupée qui fait non".
Et c'est à la guitare qu'on retrouve le futur amiral...
Michel Polnareff. Lunettes rondes, cheveux bouclés, costume blanc. Un personnage qui ne ressemble à personne en 1966. Et une chanson qui, en apparence, parle d'une poupée.
Les paroles de Frank Gérald sont a priori anodines : une poupée qui dit non, qui dit oui, qui fait semblant. Mais derrière cette image enfantine, c'est la libération sexuelle des jeunes filles dont il est question. Au milieu des années 60, on ne dit pas ces choses-là directement. On les glisse derrière... une poupée.
Musicalement, c'est d'une simplicité redoutable. Une seule mélodie. Trois accords majeurs. Mi, La, Ré. Et pourtant, ça accroche immédiatement.
Mais voilà LE détail qui change tout. En studio, ce jour-là, qui joue de la guitare ? Un certain Jimmy Page. Et qui tient la basse ? Un certain John Paul Jones.
Oui, oui. Les deux futurs piliers de Led Zeppelin. En musiciens presque anonymes, sur le premier single d'un Français inconnu.
200 000 exemplaires vendus. Rapidement. Le succès est immédiat.
Et Polnareff, flairant le filon international, enregistre la chanson en espagnol, en italien et en allemand !
"Meine Puppe sagt non".
La poupée dit non dans toutes les langues.
Histoire de délier les langues justement.
Un peu de provocation, de libération sexuelle.
Ça y est, le style Polnareff est né !Mon, 25 May 2026 - 444 - 1980 : Marie-Pierre Casey et le culte de la publicité Pliz
Nous sommes en 1980. Happy Day pour les ménagères, un produit d'entretien va rapidement entrer dans la légende, tout la comédienne qui l'incarne dans la publicité télé... tournée fin 1979.
La marque, c'est Pliz - Fée du Logis.
Un produit d'abord destiné au nettoyage et au lustrage du plastique, du verre et du bois verni.
Et pour l'incarner, une certaine Marie-Pierre Casey.
C'est une figure incontournable dans les pièces de boulevards parisiennes des années 1970.
Vous allez immédiatement reconnaître sa voix..
Et dire qu'à 15 ans, elle commence sa carrière en décrochant un petit rôle de religieuse à la fin du film J"eux interdits" de René Clément.
C'est la télévision qui va starifier Marie-Pierre Casey en comédienne populaire.
Aux heures de grande écoute, la France et la Belgique découvrent un spot publicitaire pour Pliz.
Elle glisse littéralement, non sans un certain érotisme, sur une table parfaitement nettoyée grâce à (je vous le donne en mile) la petite bombe Pliz Fée de Logis.
Cette réplique « Et c'est tant mieux, parce que j' f'rais pas ça tous les jours ! » fait l'objet d'un véritable culte.
Le spot publicitaire obtiendra une foule de récompenses, dont un lion d'argent au festival international du film publicitaire de Cannes.
Elle recevra aussi, à Hollywood, le prix Minerve de la meilleure actrice dans une publicité télévisée.
En 1981, Stéphane Collaro l'engagera dans son émission sur Europe 1.
Elle sera ensuite madame Tussaud dans le film L'Été meurtrier (en 1983) aux côtés d’Isabelle Adjani et Alain Souchon....Fri, 22 May 2026 - 443 - 1976 : Marie Myriam, de l’envol de « Ma colombe » au sacre de l’Eurovision
Nous sommes en septembre 1976. Happy Day pour Marie Myriam. La chanteuse sort aujourd'hui son tout premier 45 tours. Il a pour titre "Ma colombe" et va lancer sa carrière, à la fois en France, en Belgique et même au Canada...
Les paroles sont écrites par Bob Dupac, qui a notamment écrit pour Charles Aznavour...
Marie Myriam n'est pas son vrai nom. Elle s'appelle encore Myriam Lopes. Elle est née en 1957 au Congo belge, dans une famille portugaise. Enfance africaine, mais à six ans, direction Paris.
Les parents transforment un hôtel vétuste du 20e arrondissement en restaurant. Chaque soir, des chanteurs de fado s'y produisent. Et un soir, parmi les clients, un auteur-compositeur remarque la petite Myriam. Il s'appelle Jean-Paul Cara. Il entend quelque chose dans sa voix.
C'est lui qui signe la musique de "Ma colombe". C'est lui AUSSI qui lui présente un auteur. Myriam Lopes se trouve un nom de scène : ce sera Marie Myriam.
Le disque connaît un succès correct en France et au Québec. Pas un triomphe. Mais un début prometteur.
À l'époque, Marie Myriam a 19 ans. Mais ce que personne ne sait encore en ce mois de septembre 1976, c'est ce qui va se passer exactement un an plus tard.
1977. Le Concours Eurovision de la chanson. Et Marie Myriam qui monte sur scène avec "L'Oiseau et l'Enfant".
Petite anecdote pour la route, avant la grande soirée de l’Eurovision, les deux demi-finales et la finale ont été présentées par Évelyne Leclercq, Yves Lecoq et Patrick Sébastien. Un homme avec qui elle se fiancera en 1978…deux ans après avoir pris son tout premier envol avec “La colombe”...Thu, 21 May 2026 - 442 - 1969 : George Lazenby, l’unique James Bond qui a osé se marier
Nous sommes le 19 décembre 1969. Happy Day pour les fans belges de 007. Sa nouvelle épopée débarque aujourd'hui dans les cinémas, sous la direction de Peter Hunt. Titre du nouveau James Bond : "Au service secret de Sa Majesté".
Mais attention. Ce soir, dans les salles obscures, quelque chose a changé. Sean Connery n'est plus là. Il a raccroché le smoking après "On ne vit que deux fois". Et pour le remplacer, EON Productions a choisi un inconnu. Un mannequin australien du nom de George Lazenby.
Le public est sceptique. Les critiques sont partagées. Lazenby lui-même a déjà décidé, pendant le tournage, que ce sera son unique Bond.
Un seul film. Une seule chance.
Et pourtant.
Ce Bond-là est différent. Peter Hunt, ancien monteur de la saga, veut un film plus réaliste, plus proche du roman de Fleming. Moins de gadgets. Moins d'ironie. James Bond tombe amoureux. Vraiment amoureux. De Teresa di Vicenzo, incarnée par Diana Rigg. Il l'épouse.
007 se marie. On n'avait jamais vu ça.
Face à lui, Blofeld prépare une arme bactériologique capable de stériliser l'approvisionnement alimentaire de la planète entière. Les enjeux sont gigantesques. Mais c'est l'histoire d'amour qui reste.
Le film est tourné en Suisse, en Angleterre, au Portugal. Il sort dans une indifférence relative. Pas aussi lucratif que son prédécesseur. Lazenby disparaît. Et pourtant, avec les années, "Au service secret de Sa Majesté" va changer de statut. Certains le considèrent aujourd'hui comme l'un des meilleurs James Bond jamais réalisés.
Et puis il y a la chanson.
"We Have All the Time in the World". Composée par John Barry. Chantée par Louis Armstrong, l'un de ses dernières enregistrements avant sa mort en 1971.
Ce soir du 19 décembre 1969, dans les cinémas belges, personne ne sait encore que cette chanson va traverser les décennies. Que cette voix éraillée, sur ces images d'amour et de neige suisse, deviendra l'une des plus belles pages de la saga Bond.Wed, 20 May 2026 - 441 - 1965 : Guy Mardel et les coulisses électriques de l’Eurovision à Naples
Nous sommes le samedi 20 mars 1965. Happy Day pour la ville de Naples, elle accueille aujourd'hui le Concours Eurovision de la Chanson. On sait déjà qu'il sera remporté par France Gall pour le Luxembourg, mais ce n'est pas ce titre-là qui nous intéresse aujourd'hui.
Celui dont je vais vous parler terminera 3e. C'est un français, il s'appelle Guy Mardel...
Sous vos applaudissements...
Mais, qui est Guy Mardel ?
Un jazzman reconverti. Après ses débuts dans un orchestre, il se retrouve face à un jury d'experts qui doit sélectionner le représentant de la France.
Dans la liste des candidats écartés, du beau linge : Marie Laforêt, Sophie Darel, Michèle Torr. C'est lui qu'on choisit.
Sa chanson s'appelle "N'avoue jamais". Il en signe la musique, sur des paroles de Françoise Dorin.
C'est simple, c'est élégant et surtout très efficace.
Ce soir à Naples, dix-huit pays participent, un record. L'audience potentielle est estimée à 150 millions de téléspectateurs. Pour la première fois, le concours est diffusé jusqu'en Europe de l'Est.
Mais avant que le concours commence, il y a un incident durant les répétitions.
L'orchestre napolitain et la délégation luxembourgeoise ne s'entendent pas. L'auteur de la chanson de France Gall, un certain Serge Gainsbourg, ne se montre pas exactement diplomate avec les musiciens. Certains comparent sa partition au galop d'un cheval. On le hue.
Gainsbourg, furieux, claque la porte et menace de retirer la chanson du concours.
Un compromis est trouvé. Mais la tension reste. Bon, on le sait bien, elle gagnera quand même.
Et Guy Mardel, dans tout ça ? Il termine troisième sur dix-huit pays. Derrière le Royaume-Uni, derrière le Luxembourg.
Pas si mal pour un ancien jazzman que personne ne connaissait vraiment.
Un an plus tard, en avril 1966, il figure sur la photo du siècle, 46 vedettes françaises du yéyé réunies sur un même cliché.
Lui… Guy Mardel. Troisième à l'Eurovision. Mais… un seul succès au compteur… “N’avoue jamais” !Tue, 19 May 2026 - 440 - 1977 : Le Muppet Show, le théâtre de marionnettes culte débarque en France
Nous sommes le 20 novembre 1977. Happy Day pour Antenne 2. La seconde chaîne française diffuse aujourd'hui pour la première fois une série animée qui cartonne depuis un an aux États-Unis. C'est l'histoire d'un théâtre, d'un régisseur et d'une troupe de marionnettes…
Bah oui…
Le Muppet Show. Créé par Jim Henson, produit par ITC Television. Une série américano-britannique qui tourne depuis septembre 1976 sur ITV en Grande-Bretagne. 120 épisodes. 24 minutes chacun.
Le principe est simple et génial. Kermit la grenouille est le régisseur d'un théâtre. Chaque semaine, une vedette humaine (du cinéma, de la musique, du théâtre) débarque dans les coulisses.
Et autour de cet invité surprise, la troupe des Muppets fait des sketches, chante, improvise, rate tout... et recommence.
C'est drôle pour les enfants. C'est drôle pour les adultes. Il y autant de niveaux de lecture qu'on le souhaite.
Ce soir, donc, premier épisode sur Antenne 2 ! Vingt-neuf émissions seront diffusées jusqu'en juin 1978. Dans le désordre…
Mais parmi ces épisodes, il y en a un qui mérite une mention spéciale. Un invité qu'on ne présente plus vraiment...
Charles Aznavour. Oui. Dans le Muppet Show. Entouré de grenouilles, de cochons et de monstres en peluche. Et ça fonctionne (mais alors) parfaitement. Aznavour va d’ailleurs assurer lui-même le doublage en français…
Parce que le Muppet Show, c'est ça aussi. Un endroit où tout le monde peut venir. Et où tout le monde ressort avec le sourire.
La voix de Kermit est assurée par Roger Carel.
Celle de Miss Piggy, la cochonne, par Micheline Dax.
Francis Lax, Gérard Hernandez, Pierre Tornade : la troupe francophone qui accompagne la version doublée est tout simplement sublime.
L'émission sera rediffusée dès 1976 par FR3.
Avec deux autres personnages emblématiques, les deux vieux critiques dans la loge-balcon, Statler et Waldorf (Waldorf a une moustache).Mon, 18 May 2026 - 439 - 1977 : Supertramp et le pouvoir universel de « Give a Little Bit »
Nous sommes le 8 avril 1977. Happy day pour un groupe britannique, dont le nouvel album sort ce matin. "Even in the Quietest Moments", même dans les moments les plus calmes.
UN titre va s’en échapper et connaître un incroyable destin, partout sur la planète, c'est "Give a Little Bit"...
Maestro, un peu de guitare (on va y revenir d'ailleurs)...
Le groupe, c'est Supertramp. Fondé à Londres en 1969, et qui au fil des années est devenu l'un des grands noms du rock progressif britannique. Roger Hodgson, Rick Davies : deux têtes, deux voix, une alchimie absolue.
"Give a Little Bit", c'est une chanson de Hodgson. Écrite quand il avait 19 ou 20 ans. Présentée au groupe cinq ou six ans plus tard seulement.
Certaines chansons attendent leur moment. Et quelle chanson !
Hodgson dira d’ailleurs qu’il a été ouvertement inspiré par un titre des Beatles…
"All You Need Is Love"
Le mouvement peace and love des années 60 qui continue de résonner dans les années 70.
Give a little bit. Donner un peu. Recevoir un peu. Le message est simple et universel.
Je le disais, dans la chanson de Supertramp, il y a une guitare plutôt originale. C'est une 12 cordes acoustique. Ce son-là, reconnaissable entre mille, c'est lui qui porte toute la chanson. Avec un Clavinet en fond, l'instrument qu'on retrouve chez Stevie Wonder à la même époque.
Bref, c’est le grand potage qui unit dans son lit années 60 et années 70 !
La chanson atteint la 15e place du Billboard américain. Mais son destin le plus inattendu, il se joue l'année suivante, en 1978.
Dans le film "Superman*"de Richard Donner (celui avec Christopher Reeve !) il y a une scène en voiture. Loïs Lane roule,la radio allumée. Et ce qu'on entend sur son autoradio... c'est "Give a Little Bit". Même si la chanson ne figure pas (officiellement) sur la bande originale du film.
Mais des millions de spectateurs l'entendent quand même. Résultat : succès en 77, succès en 1978. Parfois, les chansons ont un SUPER pouvoir !Fri, 15 May 2026 - 438 - Kenwood KL-7090, le géant japonais qui a révolutionné la Hi-Fi
Nous sommes au début de l'année 1973. Happy Day pour une entreprise japonaise d'électronique grand public fondée en 1947. Kenwood vient de dévoiler son nouveau fleuron. Il s'appelle KL-7090 et il va faire l'objet d’un véritable culte chez les nouveaux amateurs de hi-fi.
Dans les salons, quelque chose change, par exemple, quand on écoute le nouveau disque de Marvin Gaye.
Les années 70, c'est l'époque où écouter de la musique chez soi devient un acte sérieux. On ne pose plus juste un disque sur une platine. On investit. On choisit ses enceintes comme on choisit ses meubles. Parce que justement, les enceintes, ce sont des meubles. De grands caissons en bois sombre, posés fièrement dans le salon, qui prennent de la place et qui l'assument.
Le KL-7090 de Kenwood, c'est l'incarnation parfaite de cet esprit-là.
Six haut-parleurs. Cinq voies. Un boomer de 38 centimètres pour les basses (c'est la taille d'une grande pizza). Et tout en haut du spectre, des petits pavillons qui captent les aigus les plus fins.
Le résultat ? 25 à 22 000 hertz. Du grave profond à l'aigu cristallin. La musique comme on ne l'avait JAMAIS entendue dans un salon.
Prix de l'objet : 599 dollars en 1973. Soit l'équivalent d'environ 4 000 euros aujourd'hui. Ce n'est pas une enceinte pour tout le monde. C'est une enceinte pour les convaincus, les passionnés, ceux qui considèrent que bien écouter de la musique, ça mérite un vrai budget.
En Belgique, dans les magasins hi-fi spécialisés des grandes villes, les amateurs se pressent. On vient voir la bête. On vient l'écouter. Parfois juste admirer le caisson, la grille, le bois. Et puis on repart avec, sous le bras, enfin, dans le coffre de la voiture. Ça pèse 23 kilos.
Le KL-7090 n'est pas parfait (aucune enceinte ne l'est). Mais franchement, personne ne s'en plaint. Parce cette enceinte reproduit le son avec une très belle intensité..
Dans un salon coloré des années 70, avec un disque de Marvin Gaye ou de Led Zeppelin sur la platine...
C'est tout simplement PAR-FAIT !Thu, 14 May 2026 - 437 - 1966 : « No Milk Today », le secret d’une rupture cachée derrière une bouteille de lait
Nous sommes le 30 septembre 1966. Happy Day pour un groupe britannique au nom assez étrange, Herman's Hermits. Leur nouveau disque estune chanson d'amour à l'imparfait. Une chanson de rupture amoureuse, si vous préférez. Elle a pour titre... No Milk Today.
Herman's Hermits, c'est Manchester, 1963. Un groupe de pop (et un peu de rock) emmené par un chanteur au sourire irrésistible, Peter Noone. En 1965, ils enchaînent les hits aux États-Unis, vingt-quatre semaines consécutives dans le Top 10 américain. Dans la foulée des Beatles, les Hermits sont l'un des groupes britanniques les plus populaires de la planète.
Et là, à l'automne 1966, ils sortent "No Milk Today".
La chanson, je le disais, raconte une rupture. Elle est partie. La maison, si gaie jusqu'alors, est vide et silencieuse. Mais comment le dire sans le dire ?
En Angleterre, à l'époque, le laitier passe chaque matin livrer ses bouteilles. Quand on ne veut pas de lait, on laisse un petit mot sur le pas de la porte. "No milk today". Trois mots anodins pour les voisins. Trois mots dévastateurs pour celui qui les écrit.
Traduction : "Comment pourraient-ils deviner ce que ces mots signifient vraiment... la fin de tous mes rêves."
Ce qui rend la chanson unique, c'est aussi ce qu'on entend. Pour la première fois, le groupe utilise un orchestre à cordes. Et ces petits carillons qui tintent, c'est John Paul Jones qui les a introduits. Oui, oui. Celui qui deviendra quelques années plus tard le bassiste de Led Zeppelin.
La chanson atteint la 7e place en Grande-Bretagne. Elle cartonne en Europe, chez nous aussi en Belgique et même en Australie. Elle sera reprise en allemand, en espagnol, en tchèque...
Et des décennies plus tard, une marque de lait norvégienne l'utilisera pour une campagne publicitaire. Le laitier, toujours... pour parler d'amour...Wed, 13 May 2026 - 436 - 1980 : Gainsbourg et Deneuve, les secrets du duo « Dieu est un fumeur de havanes »
Nous sommes le 23 avril 1980 sur la presqu'île de Saint-Tropez. Happy Day pour Claude Berri. Le tournage de son nouveau film démarre aujourd'hui.
Pour Je vous aime, Berri a confié un rôle à Serge Gainsbourg. Il lui a demandé fin 1979 (nous allons y revenir) de signer la musique du film.
C'est l'histoire d'Alice, incarnée par Catherine Deneuve. Une femme de trente-cinq ans à la trajectoire amoureuse mouvementée. Et pour jouer ses anciens amants... Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Serge Gainsbourg. Le casting est presque... déraisonnable.
Pourquoi Gainsbourg pour la musique ? Parce que Claude Berri est un ami. Et en 1980, Gainsbourg a besoin d'un ami.
Jane Birkin vient de le quitter. Le tournage, c'est une façon de lui changer les idées. Berri lui propose le rôle, la musique, et Saint-Tropez. Gainsbourg accepte.
Sur le plateau, quelque chose se passe entre lui et Deneuve. Une complicité, une connivence. Pas une histoire d'amour (Deneuve le dira clairement plus tard). Mais Gainsbourg, lui, ne déteste pas laisser planer le doute.
Cette ambiguïté-là va nourrir une chanson. Avec des paroles qui appartiennent bien à leur époque..
Dans le film, Deneuve joue une parolière. "Dieu est un fumeur de havanes", c'est officiellement une chanson que son personnage aurait écrite. Mais derrière la chanson d'amour, il y a autre chose. L'homme parle de tabac. De ses gitanes. De son autodestruction.
La femme lui dit que ce n'est pas la lueur d'une cigarette au fond de ses yeux, mais que c'est la flamme de l'amour.
Il ne l'écoute pas vraiment. Malentendu total. On y retrouve un peu d'une autre chanson "Je t'aime... moi non plus". Un peu, sans doute aussi, de Jane…
Au mixage, détail savoureux : Deneuve chante au plus près du micro, voix chuchotante. Jane Birkin dira plus tard que c'est exactement comme ça que Gainsbourg aimait travailler avec les actrices en studio.
La bande originale du film, elle, passe inaperçue. Mais le duo cartonne. Onze semaines dans le hit-parade. Plus de 80 mille 45 tours vendus.
Inspiré, Gainsbourg enchaîne et compose un album entier pour Deneuve. "Souviens-toi de m'oublier", sorti en 1981. Flop total. Mais ça…. c'est une autre histoire.Tue, 12 May 2026 - 435 - 1968 : Burt Blanca, le prodige bruxellois qui a conquis la scène Rock internationale
Nous sommes en 1968. Happy Day pour Norbert Blancke. Ce musicien belge de Neder-Over-Heembeek vient de fêter ses 24 ans et il va connaître un incroyable succès avec un titre qui parle de rock and roll.
Ah oui, Norbert Blancke a un nom de scène : Burt Blanca. Retenez le nom.
Son nouveau 45 tours a pour titre "Rock'n'roll is good for the soul". Let's go !
Norbert Blancke, c'est la banlieue nord de Bruxelles. Un gamin attiré par la musique dès 5 ans. L'accordéon à 6 ans. La clarinette à 7 ans. Premier prix de conservatoire.
Et puis à 15 ans, il découvre seul la guitare. Et le rock'n'roll.
Tout change.
Dans les années 60, Burt Blanca devient une vraie pointure du rock en Europe. Il joue au Golf Drouot, à l'Olympia, au Palais des Sports de Paris. Il partage l'affiche avec The Animals, The Kinks, Gene Vincent.
Un Belge de Bruxelles au cœur de la scène rock internationale.
Pas mal pour un ancien élève du conservatoire.
En 1968, pour ce nouveau titre, il y a un détail savoureux. Le frère d'un producteur américain, Albert Van Hoogten, fait passer Burt pour un Américain sous le pseudonyme de Winky Hawks.
"Rock'n'roll is good for the soul" est d’abord la face B d'un autre titre, Miss Molly...
La même année, Burt croise la route de Vince Taylor à Montbéliard. Vince Taylor, l'homme qui inspirera Ziggy Stardust à David Bowie. À ce moment-là, il est au creux de la vague, sans musiciens. Burt lui propose de l'accompagner. Vince accepte.
Deux légendes du rock qui se retrouvent sur une scène française. Presque par hasard.
Burt Blanca va s’imposer dans le temps…
"Touche pas à mon rock'n'roll", "Clap Clap Sound", "Le Train ne passe plus par là"... Burt est non seulement un pionnier du rock belge, mais surtout une vraie figure internationale...Mon, 11 May 2026 - 434 - 1er janvier 1972 : Calimero, l’icône du « C’est trop inzuste ! », débarque sur nos écrans
Nous sommes le 1er janvier 1972.
Happy Day pour les enfants belges. La RTB est la première chaîne au monde à diffuser une série d'animation qui met en vedette un personnage réservé, délaissé du monde.
C'est un petit poussin noir. Et il s'appelle Calimero !
Calimero est un personnage de fiction de dessin animé italien, créé en 1962.
D'abord publicitaire avant de venir l'anti-héros d'une série télé. On va y revenir.
C'est un poussin malchanceux. Seul poussin noir dans sa nichée. Il porte sur la tête une demi-coquille d'œuf en guise de chapeau.
Sa phrase fétiche est la suivante...
Calimero est donc né en 1962. Créé dans une publicité pour de la lessive. S'il est noir, c'est qu'il est tombé dans la boue en naissant.
Dans la publicité, la lessive le nettoie. Et le poussin retrouve sa couleur jaune originelle.
Le 14 juillet 1963, Calimero obtient sa propre série dédiée. "Calimero le poussin noir".
Dans la série, Calimero est présenté comme le dix-septième poussin de la couvée d'une poule padouane. Appelée Cesira. Qui renie ce fils, car il est noir.
Malgré son statut de vilain petit canard abandonné par sa famille, le bien et la vérité triomphent toujours. Grâce à la bonne foi et l'honnêteté du poussin.
Priscilla, sa petite amie, une oiselle timide pleine de bon sens, le défend tout le temps.
Après la mort du créateur, les héritiers produisent une série de dessins animés non publicitaires. En couleurs.
Le 1er janvier 1972, la RTB lance cette fameuse série en primeur.
Il faudra (en effet) attendre 1975 pour la voir débarquer en France sur TF1.
Tous les épisodes se concluent systématiquement par la même complainte. Se perdant dans l'éloignement.
"C'est pas juste ! C'est jamais juste ! C'est toujours à moi qu'on s'en prend ! C'est vraiment trop inzuste". Le personnage zézayant entre alors... dans l'imaginaire collectif.Fri, 08 May 2026 - 433 - 15 mars 1967 : Sylvie Vartan et Johnny Hallyday, le couple roi enflamme l’Olympia
Nous sommes le 15 mars 1967.
Happy Day pour un couple sous le feu des projecteurs. Sylvie Vartan et Johnny Hallyday unissent leur talent et leur succès à la scène.
Ensemble. Pour la première fois. À l'Olympia.
Le spectacle commence le 15 mars. Initialement prévu jusqu'au 4 avril, le succès est tel que le show est prolongé jusqu'au 16 avril.
Plus d'un mois de spectacle. De très nombreux Belges font le déplacement... mais il faut être patient pour obtenir les fameux sésames...
Sylvie Vartan donne le coup d'envoi. Johnny Hallyday assure la seconde partie.
Johnny commence son tour de chant avec "Les Coups". Qu'il entame depuis les coulisses. Le son va crescendo à mesure qu'il avance vers la scène.
Dès le début, il transpire. Il semble être en plein orgasme.
Johnny met le public dans sa poche avec ses échanges.
Il enchaîne. "Le Pénitencier" est la seule chanson ancienne. Avec une fin folle de cuivres qui s'emballent.
“À plein cœur”, titre en duo de 1963, fait évidemment partie du voyage.
Pour le final, le couple interprète "Je crois qu'il me rend fou" en duo.
Sylvie et Johnny. Ensemble sur scène. C'est un événement qui va se jouer tous les soirs à guichets fermés.
Sylvie dira : "C'était la première fois que nous avions le plaisir de chanter ensemble sur scène à l'Olympia avec Johnny. Nous étions loin de nous douter que l'occasion se représenterait aussi souvent."
L'album live sort chez Philips. Certains titres n'apparaissent pas dans le live original. En 1992, il sera ENFIN donné dans son intégralité. Soit 16 titres dont 5 inédits du tour de chant, démarré le 15 mars 1967, à l'Olympia. Avec un couple sur scène. Et un public TOTALEMENT conquis.Thu, 07 May 2026
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