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Revue de presse Afrique

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
- 1332 - À la Une: la grève générale au Sénégal
Le Sénégal a entamé mercredi 21 octobre trois journées de mobilisation sociale à l’appel du Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT). « Ce mouvement,relève le siteXalima, intervient dans un climat de tensions autour du pouvoir d’achat, de l’emploi, de la protection sociale et du respect des engagements pris par l’État. Plusieurs organisations syndicales se sont jointes au mouvement, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, de la justice et des transports. »
D’après le FSDT, rapporte Dakar Actu, « la première journée de grève a été massivement suivie, à 90 % sur l’ensemble du territoire national. Le FSDT qui dénonce des réquisitions illégales des autorités des régions ; des intimidations et des menaces de certaines directions ainsi que des tentatives de division entre syndicats. Enfin le Front syndical appelle l’ensemble des travailleurs à“se mobiliser davantage“pour la poursuite de la grève aujourd’hui et demain. Il conclut son message par ces mots :“la lutte continue !“ »
Certains journaux tempèrent ce bel enthousiasme : « grève générale, impact variable », nuance Walf Quotidien. « Un mouvement en demi-teinte », relève Le Soleil.
En tout cas, constate Le Quotidien, « hôpitaux au ralenti, démarches administratives bloquées et tensions sur le réseau énergétique : la répétition des débrayages généraux plonge le Sénégal dans une crise d’une gravité inédite. Entre perte de productivité, recul des recettes fiscales et menace sur le climat des affaires, cette nouvelle vague de contestations met à rude épreuve la résilience de l’économie. »
Le bras de fer Faye-Sonko
Ce mouvement social intervient dans un contexte tendu entre le gouvernement et les parlementaires à propos du budget. « Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes,rapporte Seneplus, indique que,“malgré quelques compromis notés“, un“consensus global et solide“n’a pas pu être trouvéavec le gouvernement sur le projet de loi de finances rectificative. À la demande du gouvernement, les parlementaires ont décidé de se retrouver ce jeudi pour poursuivre les travaux de la commission. »
Et le désaccord est profond entre l’exécutif dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Pastef de son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Walf Quotidien explique : « Ce n’est pas seulement une éventuelle hausse des prix des denrées alimentaires sous les diktats du FMI qui pousse le parti d’Ousmane Sonko à menacer de ne pas voter le projet de loi de finances rectificative. Le coordonnateur national des cadres de Pastef, Amadou Babo Ba, affirme que ce projet révèle une“dégradation préoccupante“des finances publiques du Sénégal. Mais le plus inquiétant encore, selon lui, ce sont 555 milliards de francs CFA de crédits d’investissement qui sont réduits, alors que les besoins en infrastructures, en santé, en éducation et en emploi restent considérables. »
Tendre la main aux syndicats ?
PourLe Paysau Burkina, « Bassirou Diomaye Faye a tout intérêt à circonscrire l’incendie au risque de le voir prendre des proportions insoupçonnées. Pour ce faire, il faudra, plutôt que de se contenter de bander les muscles, tendre la main aux syndicats afin que soient trouvées des solutions durables à leurs revendications. Surtout que ces derniers accusent le duo Faye-Sonko de n’avoir pas tenu sa promesse alors même qu’il avait promis le ciel et la terre à ses compatriotes. Aujourd’hui, le constat est tout autre,pointe le quotidien ouagalais. Car, non seulement Faye et Sonko ne parlent plus le même langage au point qu’ils ne veulent plus se voir en peinture, pire, les conditions de vie et de travail des Sénégalais se sont fortement détériorées (…). »
La rupture n’est pas celle à laquelle s’attendaient les Sénégalais
Enfin, le site d’information Senego s’agace de ce bras de fer : « Lundi, les obligations du Sénégal ont plongé à New York, leur pire chute depuis début septembre. La raison est simple : Ousmane Sonko menace de bloquer le budget de Bassirou Diomaye Faye. Quand les deux hommes qui dirigent le pays ne se parlent plus que par menaces, les investisseurs font leurs valises. Ils nous avaient promis la rupture. Ils l’ont eue,s’exclame Senego, entre eux d’abord, puis avec ceux qui nous prêtent de l’argent. Résultat : un programme du FMI toujours en attente, une dette qui étouffe, des notes dégradées, une croissance tombée à 2,2 %. Le pays prend l’eau, et eux se disputent la barre. Mais qui paie au final ? Pas eux,s’insurge encore le site sénégalais. Ce sont les mamans qui comptent chaque franc au marché, les jeunes diplômés qui attendent un emploi, les malades qui attendent un lit. Chaque pourcentage d’intérêts en plus, c’est de l’hôpital et de l’école en moins. »
Thu, 22 Oct 2026 - 1331 - À la Une: la crise de l’énergie profite à certains et pas à d’autres
« L’Algérie s’impose de plus en plus comme un acteur clé sur la carte énergétique mondiale ». Constat établi par le site TSA, Tout sur l’Algérie. En effet, les exportations de pétrole et de gaz algériens ne se sont jamais aussi bien portées. Avec un client qui demande encore et encore : la France.
Alors qu’Emmanuel Macron est en tournée dans les pays du Golfe afin notamment d’accroître les importations de diesel, la France frappe aussi à la porte de l’Algérie. « Paris souhaite sécuriser ses approvisionnements auprès de sources alternatives,rapporte TSA, dans un contexte mondial tendu et alors que le pays fait face à des manifestations contre la vie chère ».
Pour le pétrole, pas de problème, pointe le site Algérie 360 : l’Algérie est actuellement en mesure d’augmenter ses livraisons de pétrole à la France. (…) Sur le front du brut et des produits raffinés, la demande française s’appuie sur une relation commerciale déjà dense. En avril dernier, la France s’est hissée au premier rang des acheteurs de pétrole algérien.Devant la Corée du Sud, l’Espagne, les États-Unis et l’Italie ».
Le pétrole oui, mais le gaz…
En revanche, poursuit Algérie 360, c’est plus délicat pour le GNL, le gaz naturel liquéfié : « si l’Algérie dispose des marges nécessaires pour augmenter ses livraisons de brut, la Sonatrach fait face à des contraintes légales d’un autre ordre sur le GNL. L’écrasante majorité de ses capacités de production de gaz est en effet déjà engagée dans des contrats de long terme fermes. Avec des calendriers de livraison rigides qui ne permettent pas de rediriger subitement des cargaisons. Ni de débloquer d’importants volumes sans négociations commerciales et ajustements logistiques préalables ».
En fait, précise Afrik.com, « le facteur déterminant reste la demande nationale algérienne. Le gaz assure 99 % de la production d’électricité du pays, et les pics de consommation de juillet et d’août ont absorbé toute hausse de la production ».
Test diplomatique…
En tout cas, le fait que la France sollicite l’Algérie pour une fourniture énergétique accrue est un test pour le dégel des relations entre les deux pays.
« La crise s’était ouverte en juillet 2024,rappelle Afrik.com, quand Emmanuel Macron avait inscrit le présent et l’avenir du Sahara occidental dans le cadre de la souveraineté marocaine. Elle avait culminé en avril 2025 avec l’expulsion réciproque d’une douzaine d’agents diplomatiques et consulaires et le rappel de l’ambassadeur Stéphane Romatet. Le dégel amorcé en février dernier avait ramené le diplomate à Alger en mai dernier. Deux ans après le début de la brouille, Paris se retrouve donc en position de demandeur ».
Toutefois, relève encore le site panafricain, « aucun accord entre Alger et Paris n’a encore été annoncé à ce stade ».
Le Niger en manque de carburant
Le carburant toujours… En raison de la crise énergétique, de plus en plus de pays du continent connaissent des pénuries ou des restrictions. C’est le cas du Niger. « Depuis quelques jours,constateActu Niger, la pénurie de carburants, qui affecte depuis des mois plusieurs villes de l’intérieur du pays, a fini par gagner la capitale, Niamey. De longues files d’attente sont visibles le long des artères, autour des stations-service et sur le marché noir, les prix ne font qu’augmenter à une vitesse exponentielle. Malgré les annonces des autorités sur un retour à la normale avec l’arrivée de plusieurs citernes pour ravitailler les stations-service, la situation reste critique en ce début de semaine, affectant les activités socioéconomiques et attisant des grognes circonscrites par endroits ».
Deux raisons à cette pénurie, précise Jeune Afrique : « le Niger produit du pétrole, mais ne dispose que d’une unité de raffinage aux capacités insuffisantes. L’autre explication, c’est le renchérissement de l’essence traditionnellement complémentaire venue du Nigeria. Une essence de contrebande devenue trop chère, depuis la décision du président Bola Tinubu de mettre fin, en 2023, aux subventions publiques sur le carburant ».
Pour autant, le site Tamtam info se veut rassurant : « gardons notre calme, restons unis et faisons preuve de résilience. Les pénuries actuelles constituent une difficulté à traiter avec sérieux et responsabilité, mais elles ne doivent pas nous faire oublier notre capacité à surmonter les épreuves. (…) Évitons les achats excessifs, les spéculations et la propagation de rumeurs susceptibles d’aggraver la situation ».
Wed, 21 Oct 2026 - 1330 - À la Une: le prédicateur kenyan Paul Mackenzie reconnu coupable de 191 meurtres
Le Daily Nation à Nairobi nous raconte comment cet ancien vendeur ambulant, puis chauffeur de taxi, en est arrivé à devenir un véritable gourou prédisant la fin du monde, entraînant ses disciples dans une spirale mortifère infernale.
Une histoire terrifiante racontée également par The Star : il y a trois ans et demi, relate le quotidien kenyan, « plus de 400 corps étaient découverts dans des tombes peu profondes dans la forêt de Shakahola, où Mackenzie avait amené ses disciples venus de tout le pays. Le pasteur avait fondé la secte Good News International Church en 2003. Au cours des 16 années suivantes,poursuit The Star, le mouvement avait gagné en popularité et attiré des milliers de fidèles dans ses différentes branches à travers le Kenya. Son église gérait une chaîne de télévision, Times TV, qui diffusait ses sermons depuis son église de Malindi. Des sermons sur la fin du monde qui incluaient des théories du complot décrivant l’éducation comme "maléfique", les soins de santé comme "contraires à la doctrine" et les cartes d’identité numériques comme "la marque du diable".En 2019, Paul Mackenzie et ses fidèles s’étaient repliés dans la forêt de Shakahola. C’est là,pointe le quotidien kenyan,qu’il avait instauré le jeûne forcé : Mackenzie avait dit à ses disciples que quiconque résistait à l’ordre de jeûner devait être forcé d’aller au paradis à coups de pied et de coups de poing. Les enterrements pratiqués dans la forêt où la secte était implantée étaient appelés "mariages". Ceux qui mouraient "étaient célébrés comme ayant épousé Jésus" ».
Pourquoi n’a-t-il pas été arrêté plus tôt ?
« Ce jeûne était imposé par étapes et commençait par les enfants, précise Afrik.com. Des proches de victimes ont décrit un plan en trois temps : les enfants d’abord, puis les femmes et les jeunes hommes, et enfin les hommes restants. Mackenzie assurait qu’il partirait le dernier. (…) Des enfants ont été ainsi isolés et privés de nourriture, parfois sous les yeux de leurs parents, tandis que des gardes surveillaient les déplacements et empêchaient les fidèles de s’enfuir ou de chercher des soins ».
Hier, donc, rapporte Afrik.com, « trois ans et demi après la découverte des premiers corps dans la forêt de Shakahola, la justice kényane a rendu un verdict très attendu : Paul Mackenzie, fondateur de la Good News International Church, et 28 coaccusés, ont été reconnus coupables du meurtre de 190 enfants et d’un adulte. La justice kényane a rejeté l’argument de la défense selon lequel les victimes auraient jeûné de leur plein gré ».
Et le site panafricain de s’interroger : « pourquoi les autorités n’ont-elles pas arrêté Mackenzie plus tôt ? Il avait été interpellé à plusieurs reprises dès 2017 pour radicalisation ; en 2019, l’Autorité des communications avait retiré la licence de sa chaîne Times TV, qui diffusait ses sermons ; et en mars 2023, après la mort de deux enfants, privés de nourriture à Shakahola, Mackenzie a été arrêté puis relâché contre une caution. Trois semaines plus tard, la police découvrait les premiers survivants agonisants dans la forêt. (…) Le scandale avait conduit le président William Ruto à présenter des excuses publiques en mai 2023, reconnaissant le laxisme de son gouvernement dans cette affaire ».
Des vies auraient pu être sauvées…
« Comment expliquer qu’en dépit de ses prêches basés sur une doctrine apocalyptique l’État kényan ait laissé faire jusqu’à ces hécatombes ? », s’interroge également le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « Comment ne pas avoir vu dans ce culte funeste et lucratif, car les biens des défunts revenaient à la secte, un succédané africain du Temple du peuple, dont les fidèles s’étaient suicidés en masse, ou encore de l’Ordre du Temple solaire ? Comment peut-on expliquer que parfois même des ingénieurs, donc des intellectuels à l’esprit cartésien, soient tombés dans ce dogmatisme mortel ? »
Enfin, note le New York Times, « au Kenya, ce pays profondément chrétien, l’affaire Shakahola a suscité une véritable introspection (…). Des vies auraient pu être sauvées si les avertissements des anciens membres de la secte avaient été pris en compte et si les forces de sécurité locales avaient été plus assidues. Juste avant le procès, la Commission nationale kényane des droits de l’homme, organisation d’État, avait qualifié le bilan des autorités dans cette affaire de "déplorable" ».
Tue, 20 Oct 2026 - 1329 - À la Une: Macky Sall se retire de la course à la tête de l'ONU
L'ancien président sénégalais a retiré sa candidature ce samedi, «au lendemain du sixième vote indicatif au sein du Conseil de Sécurité», rappelle Jeune Afrique. «La veille, poursuit le journal, le candidat sénégalais était apparu d’autant plus fragilisé – avec seulement 5 votes favorables sur 15 voix – qu’il s’est par ailleurs retrouvé sous la menace de trois veto potentiels émanant des membres permanents du Conseil ».
«Un tour indicatif défavorable, un Conseil de sécurité verrouillé par cinq puissances, un appui de Dakar arrivé sur le tard. Selon Saourou Sène, porte-parole de l'APR, l'ancien président a jugé l'addition trop lourde». Ce proche de l'ex-chef de l'État, «a livré la lecture de son camp sur cet échec » dans les colonnes de Seneplus.
Pour lui, «l'explication se trouve d'abord dans l'architecture même de l'institution. Il voit dans le droit de veto des membres permanents le talon d'Achille de l'ONU. Les votes indicatifs suivis tout au long du processus laissaient selon lui présager des difficultés. Le responsable du parti de l'ancien président désigne aussi un obstacle plus domestique. Il rappelle le temps mis par les autorités sénégalaises avant d'accorder leur soutien à la candidature, longtemps réticentes à porter le dossier de l'ancien président».
Un soutien tardif de Dakar
Macky Sall a reçu le soutien du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye au mois de juillet, rappelle Africa News. «Soutenue initialement par le Burundi, la candidature de Macky Sall suscitait des oppositions dans son propre pays. L’ancien chef de l’État (...), est notamment accusé par ses détracteurs d’avoir dissimulé une partie de la dette publique. Des victimes de la répression des manifestations survenues entre 2021 et 2024 s’étaient également opposées à sa candidature».
Même constat en Guinée, où le retrait de Macky Sall est vu comme «un moindre mal». «L’ancien président sénégalais a fini par se rendre à l’évidence : il n’avait aucune chance d’être élu au poste de secrétaire général des Nations unies, estime pour sa partLe Djely, si sa candidature a eu du mal à fédérer, c’est en grande partie à cause de l’image que certains gardent de sa gestion du pouvoir. Il serait excessif d’expliquer son échec par son seul bilan. Mais beaucoup ne lui pardonnent pas d’avoir failli faire basculer le Sénégal : sa tentation d’un troisième mandat, ses manœuvres pour rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle, tout cela, certains ne l’ont pas oublié». «Avec de telles casseroles, juge le Djely, certains n’ont pas jugé qu’il était à l’honneur de l’Afrique de le placer à la tête de l’ONU. Et ils n’ont pas forcément tort».
Néanmoins, le média tempère cette décision : «Au fond, Macky Sall pourrait lui-même relativiser son échec. Car, dans le monde actuel, y a-t-il vraiment un honneur à diriger l’ONU ? Pas franchement. L’organisation n’est plus qu’une coquille. Privée du soutien, de l’autorité, de la confiance et des ressources des grandes puissances, elle sonne creux et crie dans le vide. On se demande alors pourquoi certains se battent pour en prendre la tête ».
Coup d'envoi de la COP 17 sur la biodiversité en Arménie
Près de 200 pays sont réunis pour relancer les efforts en faveur de la protection du vivant, et l'Algérie compte bien en faire partie, raconteLe Jeune Indépendant. Dans un discours lu en son nom à la COP 17, le président algérien « a détaillé les mesures prises par l’Algérie pour préserver sa richesse faunistique et floristique face aux menaces liées notamment aux activités humaines, à la désertification, aux incendies de forêt et au changement climatique ». Il a notamment évoqué «le Barrage vert, relancé sur presque 5 millions d’hectares, qui vise à freiner l’avancée des sables, à renforcer le couvert végétal et forestier et à générer des retombées économiques pour les populations locales».
«Le chef de l’État démontre qu’en matière de préoccupation écologique, l’Algérie est pionnière», estime de son côté l'Expression. Autre prise de parole du dirigeant, l'appel à «une solidarité internationale renforcée, notamment en faveur des pays en développement». Un appel déjà lancé par ces pays, souvent les plus durement touchés par le réchauffement climatique, mais qui, selon l'Expression, se heurtent aux «promesses des pays développés, à ce jour, pas encore tenues».
Mon, 19 Oct 2026 - 1328 - À la Une: la disparition de 700 millions de dollars en RDC
« Où sont passés les 700 millions de dollars annoncés par les donateurs internationaux pour la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo ? » La question est à la Une du Journal de Kinshasa, et elle a été posée publiquement mercredi par le Dr Jean Kaseya, le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
« Cette question met en lumière,estime le journal congolais, les difficultés à établir une traçabilité complète des financements mobilisés pour répondre à cette urgence sanitaire (Ebola).» En effet, comme le souligne Afrik.com, « sur les chiffres communiqués par les donateurs, 962 millions de dollars ont été décaissés au profit des partenaires chargés de mettre en œuvre les interventions. Pourtant, lors d’un exercice de vérification organisé avec les autorités sanitaires congolaises, un peu plus de 200 millions de dollars seulement ont pu être retracés ».
« Pour autant, ajoute le média panafricain, les montants non retracés ne signifient pas automatiquement que l’argent a été détourné. Des vérifications indépendantes devront établir s’il s’agit de dépenses non déclarées, de retards de justification, de fonds encore disponibles ou d’éventuelles irrégularités ».
Deuxième épidémie
La RDC est confrontée au virus Ebola mais aussi à un autre fléau, le choléra. C’est à la Une d’APA News qui titre : « En RDC, le choléra gagne du terrain ». « Entre le 21 et le 28 septembre 2026, 2932 cas suspects et 86 décès ont été enregistrés »,détaillel’Agence de Presse Africaine, qui précise « que les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Haut Katanga concentrent près de 60% des cas suspects ».
Pour Afrik.com « c’est l’autre urgence sanitaire qui progresse à l’ombre d’Ebola (…) avec près de 3 000 cas déclarés en une semaine, le niveau de notification reste six fois supérieur au seuil d’alerte de 599 cas hebdomadaire ». De plus, « les opérations de riposte,remarqueAfrik.com, sont confrontées à des obstacles sécuritaires et logistiques. Dans l’est de la RDC, l’insécurité limite l’accès des équipes médicales à certaines localités comme Kibua et Masisi. »
Surpopulation en prison
Au Mali, les prisons sont pleines à craquer. C’est ce qu’annonce le Journal du Mali, qui parle d’un « grand embouteillage carcéral ». Publié début octobre, « le rapport du Mécanisme national de prévention de la torture de la Commission nationale des droits de l’homme met en lumière une forte surpopulation dans plusieurs prisons maliennes », explique le journal.
À titre d’exemple, « à la maison centrale d’arrêt de Bamako, 3956 détenus occupaient fin 2025 un établissement prévu pour 400 places, soit un taux d’occupation de 989 %. » Comment expliquer cette surpopulation ?
Selonle Journal du Mali, « la pression est largement alimentée par le poids de la détention provisoire (…) au-delà du manque de place, le rapport documente surtout la composition de la population carcérale. À Bamako, sur les 3 956 personnes détenues, seules 496 avaient été condamnées, contre 1548 inculpés et 1912 prévenus ».
Interrogé par le Journal du Mali, le professeur Boubacar Bocoum, enseignant-chercheur et secrétaire général adjoint de l’Association malienne de droit pénal, explique que « lorsqu’une proportion aussi importante de la population carcérale est constituée de personnes en attente de jugement, la question devient avant tout celle du recours à la détention provisoire, de la durée des procédures et de la capacité de la justice à traiter les dossiers dans un délai raisonnable. »
« Le problème, ajoute le Journal du Mali, est aussi celui des moyens humains (…) les cabinets d’instruction sont souvent engorgés. Disposer de davantage de places pourrait desserrer une partie de la pression,conclut le journal. Mais (...) le désengorgement se jouera aussi en amont de la prison, dans la manière dont les dossiers seront orientés, instruits et jugés » .
Fri, 16 Oct 2026 - 1327 - À la Une: Madagascar, un an après le coup d’État
Les jeunes de la Gen Z étaient descendus dans les rues le 25 septembre de l’année dernière pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité. Ensuite, les événements s’étaient enchaînés. Rejet des autorités en place, ralliement de l’armée, fuite du président Rajoelina et prise du pouvoir par les militaires le 14 octobre…
Le 14 octobre c’est aussi la date anniversaire de la proclamation de la république de Madagascar, en 1958. À cette occasion,le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, a affirmé hier que « l’indépendance de Madagascar restait à conquérir.» Petite phrase reprise notamment par le quotidien L’Express.
La veille, lors d’un discours, rapporte Madagascar Tribune, le colonel avait affirmé qu’il ne « comptait pas ouvrir de négociations politiques autour d’une éventuelle redistribution des responsabilités gouvernementales. Pour lui, la priorité demeure la consultation des citoyens, sous la conduite du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar. » Avec en ligne de mire l’achèvement des concertations avant décembre, puis l’organisation des scrutins constitutionnel et présidentiel l’année prochaine.
Et la Gen Z dans tout cela ?
« Le 25 septembre dernier, la Transition malgache a honoré la Gen Z avec une stèle singulière érigée pour l’an 1 de la révolution anti-Rajoelina », relève Afriquinfos.
Une stèle, précise Jeune Afrique, constituée d’une « plaque en marbre noire, qui ne déparerait pas dans un cimetière, où l’on voit quatre jeunes qui brisent leurs chaînes sous la protection d’un béret vert, arme au poing, devant un drapeau malgache déployé au vent. »
Alors, l’après de la transition militaire, c’est « tout l’enjeu,pointe le site panafricain,des concertations nationales qui ont démarré péniblement en mai, sous le patronage du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar. De ces consultations doit émerger le contenu des lois électorales qui seront appliquées l’année prochaine pour mettre un terme à la transition et surtout, de la vaste réforme constitutionnelle qui doit servir de prémices à la refondation qui suivra. Déjà repoussées six fois ces derniers mois, les concertations n’ont pas vraiment démarré,relève Jeune Afrique. Seule la jeunesse a déjà rendu sa copie : la même que celle qu’elle faisait entendre un an plus tôt. Les principaux responsables politiques préfèrent débattre de sujets stériles,déplore le site panafricain,comme la question récurrente du fédéralisme, plutôt que d’écouter une Gen Z trop affaiblie par ses divisions pour pouvoir peser sur les débats. Une portion de cette Gen Z a(en effet)rejoint le pouvoir, la grande majorité est rentrée chez elle, pendant qu’un dernier carré prépare l’avenir. »
« J’ai l’impression d’avoir été trahi »
« Pour la Gen Z de Madagascar, un an après le putsch militaire, les lendemains qui déchantent », titre pour sa part Le Monde Afrique qui publie ce jeudi le premier volet d’une série de quatre reportages dans la Grande Île.
Le Monde Afrique qui revient sur cette fameuse stèle commémorative : « la célébration n’a pas été du goût de tout le monde. “On est un peu déçus par cette stèle“, maugrée Herizo, l’une des figures les plus connues du soulèvement de “Tana“, le surnom de la capitale malgache. “On aurait voulu, poursuit-il, que tous les personnages soient sur le même niveau, alors que, là, on a le sentiment que l’armée surveille la population et qu’elle a le rôle principal“. “Les militaires en haut, le peuple en bas : cette stèle dit tout“, renchérit une géographe, personnalité phare de la société civile malgache, qui se présente comme la “grande sœur de la Gen Z. “On nous avait promis une nouvelle aube en matière de droits et de liberté d’expression“, confie Elliot, un autre meneur de la Gen Z, avant d’ajouter : “J’ai l’impression d’avoir été trahi“. »
Et Le Monde Afriquede s’interroger : « les indignés de “Tana“ auraient-ils laissé passer leur chance, le 12 octobre 2025 ? L’espace de quelques heures, entre la fuite en catimini d’Andry Rajoelina et l’adoubement de Michaël Randrianirina, le sommet de l’État a sonné vide. “Si on avait dit, à ce moment-là, que l’on prenait le pouvoir, l’histoire aurait pu être complètement différente, songe Elliot. Mais on n’avait pas de programme, pas de gouvernement prêt, pas de figure de consensus. Ça nous a manqué et ça nous manque toujours“. »
Thu, 15 Oct 2026 - 1326 - À la Une : avec ou contre Kabila
« La création du FRN, le Front pour la refondation de la nation, dirigé par Joseph Kabila et annoncé hier à Goma, commence à produire ses premières secousses dans l’ancien camp présidentiel » : c’est ce que relève Afrik.com. En effet, en l’espace de quelques heures, plusieurs cadres du PPRD, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, ont quitté le navire. « Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir les premières réactions de désapprobation dans la famille politique de Joseph Kabila. (…) Sa nouvelle orientation place ses alliés devant un choix difficile,note Afrik.com : suivre une stratégie qui assume désormais une dimension armée, ou poursuivre le combat politique en s’en démarquant. »
Ainsi, relève le site congolais 7 sur 7, « plusieurs cadres du PPRD, ainsi que diverses personnalités politiques, prennent leurs distances avec Joseph Kabila. » 7 sur 7cite notamment l’ancienne ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, qui affirme« rejeter le recours à la lutte armée et qui dit vouloir poursuivre son combat politique dans l’opposition à Kinshasa, à “mains nues“. Elle plaide pour un dialogue “franc, inclusif et constructif » en faveur de la paix“. »
A contrario, l’ancien ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi, affiche son soutien à cette nouvelle plateforme politico-militaire, pointe le site Actualité CD : « “Notre nation est en péril“, affirme-t-il, rejetant toute attitude d’abstention face à ce qu’il considère comme une urgence nationale. Félix Kabange Numbiappelle les Congolais à reprendre leur destin en main, et affirme vouloir combattre, au sein du FRN, le régime de Kinshasa qu’il qualifie de “dictature“. »
L’arène politique congolaise encore plus polarisée…
De son côté, Jeune Afrique remarque que « Kabila ne crée pas uniquement des secousses dans sa propre famille politique en annonçant rejoindre la lutte armée, il rebat aussi les cartes dans l’opposition. Le lancement du FRN polarise un peu plus l’arène politique et pousse les adversaires du président congolais, engagés depuis des mois dans la contestation du projet de changement de la Constitution, à prendre clairement position. À Kinshasa, ce combat est surtout porté par la coalition C64, qui réunit les opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi. Aucun d’entre eux n’a pour l’heure réagi à l’annonce faite à Goma hier. »
Jusqu’à présent, pointe encore Jeune Afrique, « la C64 soutenait l’idée d’un dialogue inclusif qui impliquerait à la fois Joseph Kabila et l’AFC/M23. Le pouvoir a toujours catégoriquement refusé cette condition. Le lancement de la nouvelle rébellion confortera probablement le président Tshisekedi dans son approche. Et place en tout cas le reste de l’opposition face à un choix décisif : suivre la voie empruntée par l’ex-président, désormais clairement associé à la rébellion, ou s’en désolidariser entièrement, en espérant peser dans la rue face au pouvoir dans la perspective d’un dialogue. »
La rébellion va-t-elle passer à l’offensive ?
Le Monde Afrique s’interroge sur la suite des événements : « jusqu’où ira celui qui, en 1997, a participé au côté de son père, l’ancien président Laurent-Désiré Kabila, à la campagne militaire lancée depuis l’Est pour prendre Kinshasa et renverser le dictateur Mobutu Sese Seko ? Pour Trésor Kibangula, analyste politique au centre de réflexion congolais Ebuteli,interrogé par le journal, “si une partie de la direction de l’AFC/M23 semble pouvoir s’accommoder du statu quo actuel, en consolidant son contrôle sur des villes comme Goma et Bukavu, une autre frange paraît depuis longtemps favorable à la poursuite de l’offensive, notamment vers le Sud. Joseph Kabila semble davantage proche de cette seconde orientation, souligne le chercheur. La création du FRN pourrait donc favoriser une relance de cette progression vers le Sud“. »
Et puis, souligne encoreLe Monde Afrique, « l’une des principales inconnues de la nouvelle équation posée par la création du FRN est celle de l’avenir du processus de paix de Doha, signé en novembre 2025 par le M23 et Kinshasa. Le M23 dissout, la nouvelle coalition reprendra-t-elle les engagements actés dans cet accord-cadre – tels que la mise en place d’un cessez-le-feu permanent ? De son côté, le gouvernement acceptera-t-il de continuer à négocier avec un nouveau chef de rébellion qui a été condamné à mort par contumace ? » Rien n’est moins sûr…
Wed, 14 Oct 2026 - 1325 - À la Une : Kabila sort du bois
« De la rébellion au pouvoir, puis du pouvoir à la rébellion », s’exclame le site congolais Beto. « L’ancien président de la République, Joseph Kabila revient au premier plan sous la bannière d’un mouvement politico-militaire » : le FRN, le Front pour la refondation de la Nation, et ce « aux côtés de dirigeants de l’AFC/M23 », la rébellion de l’est.
Kabila patron de la rébellion, ça n’est pas une surprise, relève Beto : « Les(premières)accusations de Félix Tshisekedi contre Joseph Kabila remontent à août 2024. Dans un entretien accordé à Top Congo depuis Bruxelles, le président congolais avait accusé son prédécesseur de préparer une insurrection après avoir boycotté le processus électoral de 2023. Il lui attribuait alors un rôle central dans l’Alliance fleuve Congo : “l’AFC, c’est bien lui“, affirmait-il. Début 2025, à Munich, Tshisekedi avait renouvelé ses accusations, présentant Kabila comme le commanditaire d’une opposition armée ayant, selon lui, fomenté avec le Rwanda une entreprise contre la République. »
En tout cas, pointe encore Beto, « ce retour à la rébellion renvoie aussi aux origines du parcours de Joseph Kabila. En 1996, il avait rejoint l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (l’AFDL), menée par son père Laurent-Désiré Kabila contre le régime de Mobutu. Il s’était notamment vu confier la direction des opérations sur l’axe Kisangani. Près de trente ans plus tard, il retrouve le terrain politico-militaire, cette fois à la tête de sa propre structure. »
La « congolisation » de la rébellion…
« Loin d’être une surprise pour les observateurs, ce changement d’étiquette était documenté,relèveégalement Le Journal de Kinshasa. Dans son rapport final de juin dernier, le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC alertait déjà sur une possible restructuration de l’AFC/M23 avec changement de nom et une montée en puissance de Joseph Kabila à des fonctions de premier plan. Les experts notaient également un enjeu stratégique,note encoreLe Journal de Kinshasa : mettre en avant une figure congolaise comme Kabila permettait de présenter la rébellion comme un problème interne congolais et d’occulter le rôle du Rwanda, accusé par l’ONU et les occidentaux de soutenir le M23. Le Rwanda qui a toujours nié sa responsabilité. »
Justement, pointe Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « la question est maintenant de savoir ce que Kigali compte faire de cette situation inédite. Faute d’alternative, le Rwanda s’est résolu à laisser faire Joseph Kabila, même si les objectifs des rebelles d’aller jusqu’à Kinshasa pour prendre le pouvoir sont loin d’être ceux de Kigali, échaudée par les expériences passées. L’entrée de Kabila dans la danse permet surtout au turbulent voisin de minimiser son implication dans le conflit pour faire de la nouvelle rébellion un mouvement congolais répondant à des problèmes congolais. Et terminer la “congolisation“ de la rébellion. Le Rwanda espère ainsi desserrer l’étau des sanctions internationales. »
Les élections ou la kalachnikov…
Afrikarabia note encore que « le Front pour la Refondation de la Nation constitue le énième avatar d’un cycle de rébellions qui semble sans fin. Après l’AFDL à la fin des années 90, se sont succédé le RCD, le CNDP, le M23 première version, puis le M23 deuxième version en 2022. Aujourd’hui, c’est donc un ancien président qui reprend le chemin des armes au Congo, validant encore une fois l’adage qu’il n’y a que deux façons de prendre le pouvoir à Kinshasa : en tripatouillant les élections ou en prenant la kalachnikov. »
Hier, lors de la conférence de presse à Goma annonçant la création du Front pour la refondation de la Nation, Joseph Kabila ne s’est pas directement exprimé. Il l’avait fait vendredi dernier lors d’une allocution télévisé de 20 minutes. 20 minutes au cours desquelles, « l’ancien président a déroulé ses griefs contre le pouvoir de Tshisekedi,rapporteLe Point Afrique. Sans jamais nommer son successeur, il avait brossé un portrait à charge du régime actuel. “Le Congo n’est plus une République, encore moins une démocratie“, avait-il lancé, mais “une dictature“. (…) Quelques heures plus tard,note encoreLe Point Afrique, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, avait répliqué en qualifiant Joseph Kabila d’“homme du passé“ qui “n’a rien d’autre à offrir que le chaos“, le décrivant comme un “nostalgique de méthodes antidémocratiques“ et un “auteur de crimes connus“. »
Tue, 13 Oct 2026 - 1324 - À la Une: la guerre des drones au Mali
De plus en plus souvent, la menace vient du ciel. Et cette menace pèse autant pour les jihadistes que pour les FAMa, les Forces armées maliennes. Témoin, rapporte le site Sahara Media, cette attaque hier dimanche menée par le FLA, le Front de libération de l’Azawad, contre un camp des Forces armées maliennes à Soumbé, dans la région de Tombouctou.
« Le porte-parole du mouvement, Mohamed Mouloud Ramdane, a déclaré que l’attaque avait été menée à l’aide d’un drone suicide,précise le site,et a diffusé une photo de la cible, qu’il a affirmé avoir été détruite. Il s’agit de la première action du Front de libération de l’Azawad depuis son retrait de Kidal, ville du nord-est du Mali, reprise sans résistance par l’armée malienne ».
Le FLA qui « soutient,pointe encoreSahara Media, que son recours aux technologies modernes, notamment aux drones, est une adaptation nécessaire à une réalité complexe du champ de bataille, où les forces locales sont confrontées à des capacités militaires inégales. Par conséquent, l’utilisation de ces technologies relève de ce que l’on peut qualifier d’un auto-développement des capacités ».
Formés par les Ukrainiens…
Pour sa part, le GSIM, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, qui se bat aux côtés des indépendantistes touaregs, utilise aussi des drones. Et,affirme Le Monde Afrique,« les combattants du GSIM ont été formés au maniement de ces engins volants par les services de renseignement ukrainiens, désireux de frapper les intérêts de Moscou, allié du pouvoir malien ».
Fin septembre, précise le journal, « des drones ont visé un convoi d’Africa Corps, le dispositif du ministère de la défense russe en Afrique, qui patrouillait à quelques kilomètres à l’est de Niono, dans le centre du Mali. Dès le lendemain, l’attaque était revendiquée par le GSIM. Images de propagande à l’appui, la franchise sahélienne d’al-Qaida a affirmé qu’elle avait fait “sept morts et blessés“ dans les rangs russes. À l’instar de nombreux autres groupes armés à travers la planète, le GSIM a de plus en plus recours à des drones légers et bon marché quadricoptères, équipés de charges explosives ou non, lors de ses opérations à travers le Sahel. Selon l’ONG Acled,précise encoreLe Monde Afrique, l’organisation du Malien Iyad Ag Ghali a mené 130 attaques avec des drones au Mali et au Burkina Faso, où elle est déjà solidement implantée, mais aussi au Togo et au Niger, où elle tente de prendre pied, depuis septembre 2023, date de leur première utilisation lors d’un assaut contre le village de Korondali, dans la région malienne de Bandiagara ».
Et « comme les jihadistes, les rebelles du FLA ont recours à des drones,confirme Le Monde Afrique. Courant 2024, les services de renseignement ukrainiens, spécialistes en la matière et désireux de frapper les intérêts de Moscou sur tous les théâtres, les ont(donc)formés au maniement de ces armes aériennes. De quoi,pointe le journal,alimenter les critiques de ceux qui, au regard de la porosité entre les deux groupes, estiment que cela revient à fournir cette technologie à al-Qaida ».
Fournis par les Russes…
Pour leur part, l’armée malienne et les supplétifs russes ont des drones militaires bien plus sophistiqués, comme les drones armés TB2 et Akinci, du constructeur turc Baykar, ou les drones iraniens kamikazes Shahed, capables de voler pendant plus de 24 heures ou de mener des frappes à plus de 1 000 kilomètres de distance. Des drones qui ont sans doute joué un rôle important lors de la reprise de Kidal la semaine dernière par les FAMa. En effet, signale le site Sahel Horizons, des frappes de drones ont été signalées jusqu’aux abords de la frontière avec l’Algérie, près de Tinzawaten. C’est ce qui a d’ailleurs très certainement amené Alger à inciter les indépendantistes « à ne pas sanctuariser la ville de Kidal, plus au sud, afin d’éviter une bataille urbaine destructrice à sa porte et un afflux massif de réfugiés sur son territoire ».
Mon, 12 Oct 2026 - 1323 - À la Une: le probable report des élections en Guinée-Bissau
« Vers le report des élections du 6 décembre en Guinée-Bissau ? » Afrik.com et Africanews posent la même question en Une de leur site internet. Afrik.com ajoute même une autre question : « La junte prend-elle goût au pouvoir ? »
« Annoncées pour le 6 décembre,poursuit le journal en ligne, les élections présidentielles et législatives censées mettre fin à la transition militaire sont désormais sérieusement compromises. La commission électorale et le Premier ministre de la transition reconnaissent que les conditions techniques et politiques ne sont pas réunies (…) Aucune candidature n’a encore été enregistrée et plusieurs formations politiques n’ont pas renouvelé leurs instances dirigeantes ».
Suspicion
Un éventuel report des élections qui pose toutefois question. « Après près d’un an de pouvoir militaire,remarqueAfrik.com, le report des élections risque de raviver les interrogations sur les intentions du général Horta N’Tam, qui a pris la tête de la transition après le coup d’État du 26 novembre 2025 ».
Car, rappelle le journal en ligne, « début octobre, la junte a empêché Umaro Sissoco Embalo de rentrer au pays. L’ancien président, exilé depuis le coup d’État, souhaitait revenir et se présenter à la Présidentielle. Les autorités militaires ont invoqué des questions de sécurité ». « Dans le même temps (…) la garde présidentielle réputée proche d’Embalo a été désarmée et plusieurs responsables gouvernementaux ont été remplacés ».
Conclusion d’Afrik.com : « Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer que les militaires cherchent définitivement à conserver le pouvoir. Mais chaque report électoral accroîtrait mécaniquement cette suspicion ».
Finale de la CAN 2025
C'est hier qu'avait lieu à Lausanne l'audience du TAS, le Tribunal Arbitral du Sport, sur la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc. On ne s’attendait pas hierà une décision, dont on ne sait d’ailleurs pas quand elle pourrait intervenir. Il n’empêche, la moindre information est guettée avec attention.
Afrikfoot se propose ainsi de nous révéler « ce qui a fuité des échanges du TAS », expliquant notamment que le Maroc « aurait réaffirmé son attachement aux articles 82 et 84 de la CAN, relatifs notamment à l’abandon du terrain et aux sanctions qui peuvent en découler ». De son côté, « la défense du Sénégal mettrait en avant la souveraineté des décisions de l’arbitre. Son argument : la rencontre a repris et s’est disputée jusqu’à son terme sous l’autorité du corps arbitral ».
Réactions diverses
Au Sénégal et au Maroc, la presse commente également l’audience du Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne. Hespress, au Maroc, explique ainsi que « la partie marocaine a choisi la réserve (…) la délégation marocaine a préféré ne faire aucun commentaire après l’audience, s’abstenant de communiquer sur le contenu des plaidoiries ou sur les échanges qui ont eu lieu dans la salle ».
Côté sénégalais, en revanche, Abdoulaye Seydou Sow, le secrétaire général de la Fédération Sénégalaise de Football, s’est montré un peu plus loquace. « Nos avocats,a-t-il assuré, ont présenté notre plaidoirie, ont présenté toutes nos observations et ont été entendus par la formation arbitrale», rapporte Walfnet.
Le secrétaire général de la FSF ajoutant : « Je ne peux pas dire ce qu’il s’est réellement passé car c’est un secret de délibération. Mais je peux assurer que le Sénégal s’est bien défendu ».
Reste une question : quand la décision du TAS sera-t-elle rendue ? Selon Hespress, Matthieu Reeb, le directeur général du TAS, a assuré que le tribunal « entendait rendre sa décision dans les meilleurs délais ». Toutefois, précise Hespress, « aucun calendrier officiel n’a, à ce stade, été communiqué ».
Fri, 09 Oct 2026 - 1322 - À la Une: l'Union africaine lance son agence de notation
Cela s'est passé ce mercredi, à Maurice. « Après près d'une décennie de pourparlers », l'Union africaine lance sa propre agence de notation : L'Agence de notation financière d'Afrique, l'AfCRA, «dont l'objectif est de remédier aux évaluations des établissements traditionnels, européens ou américains, perçues comme injustes et qui ont pour conséquence le renchérissement des emprunts des pays du continent », explique le média sénégalais Seneweb.
En quoi c'est un enjeu pour le continent ? Les noms de S&P, Moody’s ou Fitch, ne parlent sans doute pas à grand monde, mais ces agences de notation «déterminent le coût auquel États et entreprises s’endettent sur les marchés obligataires [d’emprunt] », expliqueForbes Afrique. Pour cela, elles évaluent, et donnent des notes. Concrètement, ces notes déterminent «le nombre de routes, d’hôpitaux, de centrales électriques, de zones industrielles et d’entreprises pouvant être financés », précise le magazine panafricain African Business.
Un calcul souvent faussé pour l’Afrique
«Certains experts estiment que ces grandes agences négligent par exemple l'important secteur informel de l'Afrique, invisible dans les données officielles », rappelle Seneweb. « Malgré un faible taux de défaut de paiement, l’Afrique, un marché émergent où les liquidités sont rares, emprunte aux taux les plus élevés du monde », analyse de son côté African Business. Pour le journal, c’est la raison pour laquelle « la création de l’AfCRA mérite de l’attention ».
L'Union africaine promet que son agence de notation «fonctionnera de manière indépendante », note le mensuel panafricain Afrimag. Reste cependant à savoir si l'agence de notation africaine parviendra à persuader les investisseurs et les marchés que ses évaluations sont dignes de la même confiance que celle dont bénéficient les agences traditionnelles », tempère Seneweb. Et selon Afrimag, qui qualifie l'AfCRA de «fausse bonne idée », « rien n’est moins sûr : une ombre d’indépendance planera toujours sur cette structure. Les premiers crash-tests surviendront inévitablement lorsqu’il faudra attribuer des notations gênantes à des États actionnaires. « Si cela n'arrive pas », prévient Seneweb, les créanciers risquent de considérer que l'Afrique est juge et partie ».
Un jugement attendu en Suisse, pour répondre à une question : qui est le champion d'Afrique de foot ?
Presque neuf mois après la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025, «le feuilleton judiciaire autour du match entre le Maroc et le Sénégal franchira une nouvelle étape majeure ce jeudi à Lausanne, en Suisse », déclare le journal marocain Le Matin. «Il y a des matchs qui se terminent au coup de sifflet final. Et puis il y a Maroc-Sénégal. Celui-là refuse décidément de prendre sa retraite », juge son compatriote, le 360.
Le terme de victoire, c'est la presse sénégalaise qui se le réserve, en rappelant qu'à la fin de ce match hors-norme et marqué par les tensions, c'est son équipe nationale qui a soulevé le trophée, avec le score d'un but à zéro. Une finale donc « remportée sur le terrain par le Sénégal et attribuée au Maroc par la CAF sur tapis vert », estime Seneplusà Dakar. «C'est la Fédération sénégalaise de football qui a saisi le tribunal arbitral du sport à Lausanne, contestant la décision du jury d'appel de la confédération », poursuit le titre, et «deux logiques s'affrontent ». Pour avoir quitté la pelouse afin de dénoncer un penalty, les Sénégalais ont été déclarés forfaits malgré leur victoire face aux Marocains. Depuis, chacune des sélections revendique le titre continental : les premiers s’estiment vainqueurs sur le terrain, les seconds au nom du droit.
«Le droit, tout le droit, rien que le droit », revendique même le 360, qui estime que « la meilleure posture marocaine est probablement celle qui consiste à faire exactement ce qu’une juridiction attend d’une partie, à savoir plaider le droit, documenter les faits et laisser les émotions à la porte du tribunal». Le tribunal jouera donc à nouveau ce match dans un décors inédit, conclut le journal marocain : «Un micro, une Confédération, deux fédérations et trois arbitres. Voilà le casting. Le football peut parfois produire des scénarios que même Hollywood n’oserait pas écrire».
Thu, 08 Oct 2026 - 1321 - À la Une: un premier décès d'Ebola au Kenya
Le patient décédé à son retour dans le pays, après être parti de RDC et avoir voyagé en Ouganda, a été inhumé à Nairobi. Le journal kenyan The Nation raconte cet enterrement sous protocole strict :« les membres de la famille ne sont pas autorisés à le toucher et il n'y a pas de veillée funèbre (...), les matériaux utilisés lors de l'inhumation, y compris les combinaisons de protection chimique et les bottes en caoutchouc, sont détruits sur place. Cette scène offrait un aperçu des précautions extraordinaires » prises au Kenya, observe The Nation.
Une course contre la montre
«À Nairobi, tout est actionné pour empêcher que ce cas importé ne se transforme en chaîne de transmission. Les autorités ont identifié 28 personnes ayant été en contact avec le malade et recherchent encore d’autres passagers et membres d’équipage du vol qu’il a emprunté », déclare le site d'information panafricainAfrik.com mais ce décès « rappelle surtout que l’épidémie ne s’arrête pas aux frontières. »
Et la presse nationale s'interroge : « Où le Kenya a-t-il commis une erreur ? » titreThe Standard, « Comment un homme gravement malade depuis des semaines a-t-il pu franchir tous les points de contrôle sans être détecté ?, demandeThe Nation, cela signifie-t-il que le système de dépistage kényan, pourtant si vanté, n'a pas fonctionné comme prévu ? »
«La fièvre du patient aurait dû être détectée à l'aéroport », estime un virologue interrogé par le journal, avant d'ajouter que «ce n'était pas le moment de désigner des coupables, mais de renforcer la surveillance. »
La reprise stratégique de Kidal
L'armée malienne « signe une rare victoire », titre le journal français Le Monde. «Les FAMa, les Forces armées maliennes, et leurs partenaires paramilitaires russes sont entrés dans Kidal le 6 octobre, après l’annonce par le FLA d’un repli stratégique», précise le site d'informations malien Sahel Tribune. Une annonce faite, après «une opération aéroterrestre engagée depuis plusieurs jours dans la région », ajoute de son côté le média MaliJet.
«Le drapeau national flotte de nouveau sur Kidal, mais cette issue n’est pas tombée du ciel, estime Sahel Tribune, elle couronne une montée en puissance patiente : frappes répétées sur la ville depuis la fin avril, défense acharnée d’Anéfis en juillet, frappes de précision sur Kidal le 4 octobre (...). Le FLA n’a pas choisi de partir. Il a constaté qu’il ne pouvait plus tenir face à une armée malienne plus déterminée, plus combattive et donc plus professionnelle. »
«Cette annonce de la reprise de cette ville devenue un bastion de la rébellion touareg intervient après une série de revers pour l’armée », analyse de son côtéLe Monde, qui rappelle que l'armée malienne en avait été chassée en avril dernier, par les FLA et ses alliés djihadistes du JNIM. « Cette perte de Kidal avait à l’époque constitué un véritable camouflet pour les FAMa. »
Mais «pourquoi tant de moyens pour une cité de quelques dizaines de milliers d’habitants ? » interrogeSahel Tribune. Et le média de répondre que c'est « parce que Kidal n’a jamais été une ville comme les autres. De 2014 à 2023, elle fut une enclave où l’emblème national ne flottait plus, placée sous la tutelle de fait des groupes armés et sous le regard complaisant d’une partie de la communauté internationale. Son retour dans le giron de l’État, le 14 novembre 2023, avait été accueilli dans tout le pays comme la fin d’une humiliation longue de près de dix ans, et comme la démonstration que la souveraineté retrouvée n’était pas un mot d’ordre vide de sens », se remémore le journal.
Quel avenir pour la ville ?
«La victoire d’aujourd’hui ne doit pas faire oublier la leçon d’avril», met en garde Sahel Tribune.« En 2023, l’armée était entrée dans Kidal. En 2026, elle en a été chassée. Reprendre une ville ne suffit pas, il faut la tenir. Tenir, c’est aussi administrer, insiste le journal, le retour des services de l’État, de la santé, de l’école, de l’eau et de l’électricité, conditionne celui des familles parties depuis avril. Une armée nationale qui protège, une administration qui sert, une justice qui distingue entre les combattants et les civils. Voilà ce qui rendra la reprise de Kidal définitive.»
Wed, 07 Oct 2026 - 1320 - À la Une: le bilan de la visite de Romuald Wadagni en France
La première visite de Romuald Wadagni en France depuis son investiture. Un voyage diplomatique qui aura duré deux jours, avec ce lundi la rencontre avec son homologue français, Emmanuel Macron. PourLa Nation, journal béninois, « cette audience reste un temps fort de la première visite officielle qu’effectue le chef de l’État» à Paris, elle entre « dans une dynamique de dialogue et de concertation entre les deux pays. »
« Pour Cotonou comme pour Paris, cette visite revêt une importance particulière, analyse ensuite La Nation, elle offre l’occasion de consolider des liens historiques tout en explorant de nouvelles pistes de collaboration adaptées aux défis actuels. À travers cette séquence diplomatique de haut niveau, Romuald Wadagni entend donc poursuivre sa stratégie d’ouverture et de diversification des partenariats, dans un contexte marqué par une volonté commune de renforcer les relations entre les deux pays. »
La signature de plusieurs accords financiers entre Cotonou et Paris
La Nouvelle Tribune, autre titre béninois, en compte trois, dans les domaines de l'électricité, de l'agriculture et de la santé. « Celui qui retient l’attention est le programme consacré à l’extension et au développement des réseaux électriques. (...) un projet d’une valeur de 173 millions d’euros », souligne le journal.
« L’autre retombée de la visite, remarquée par le siteAfrik.com, est le lancement des négociations pour financer une plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale. » Le média ajoute qu'« à terme, le Bénin ambitionne de disposer d’un laboratoire national d’expertise ADN capable de réaliser jusqu’à 30 000 analyses par an. » Afrik.com note enfin que ce sont au total « près de 100 millions d’euros mobilisés en une matinée » pour les projets de Cotonou.
Abiy Ahmed rempile pour un nouveau mandat de Premier ministre en Éthiopie
Quatre mois après les législatives, le dirigeant éthiopien a été reconduit à la tête du gouvernement fédéral, par son parti, le parti de la Prospérité, quia obtenu 87 pour cent des sièges à la Chambre des communes, rappelle l'hebdomadaire éthiopien Addis Fortune. « Une réélection en plein regain de tensions avec le Tigré, pointe Afrik.com, alors que les combats ont repris dans le nord du pays entre les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF. »
Cependant, « la crise ne se limite pas au face-à-face entre Addis-Abeba et le TPLF, rappelle le site internet, les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont également fortement dégradées ces dernières semaines. (...) Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les forces opposées au gouvernement fédéral, ce que l’Érythrée conteste. » Ces tensions se sont fait sentir dans le communiqué signé par le ministère des Affaires étrangères éthiopien, et publié ce lundi. Addis-Abeba y déclare que « ni les pressions ni les manœuvres de déstabilisation ne changeront la place du pays sur le Nil Bleu et en mer Rouge. Le pays n’a plus d’accès direct à la mer depuis des décennies, mais le ministère y voit pourtant un lien intact », remarqueLa Nouvelle Tribune. « Aucun pays n’est nommé, mais les dossiers en cours laissent peu de doute sur les destinataires du message », et parmi eux, l'Érythrée.
PourAfrik.com, le gouvernement d'Abiy Ahmed devra donc « composer avec la reprise des affrontements au Tigré, la dégradation des relations avec l’Érythrée et les risques d’une extension du conflit. »
Au Sénégal, la capitale sous l'eau
« Dakar boit la tasse », c'est le titre d'un article du Quotidien, qui relate les conséquences des fortes pluies qui ont touché la capitale sénégalaise ce week-end en pleine période d'hivernage.
« Dans certaines concessions, les occupants ont ressorti les vieilles méthodes. Seaux à la main, ils tentent d’évacuer l’eau qui s’est frayé un chemin jusque dans les maisons. Ici, on puise, on transporte, on vide. Là, on tente de protéger meubles et appareils avec les moyens disponibles. »
« Pendant ce temps, le ciel reste menaçant. Cette atmosphère fait craindre de nouvelles précipitations (...) Dans les quartiers touchés, la fatigue et l’inquiétude se font sentir. Des habitants déplorent l’absence des autorités sur le terrain durant ce week-end pluvieux », note le Quotidien, avant d'annoncer qu'« après la pluie, une autre bataille commence donc, celle de l’évacuation des eaux. Et pour les populations, la question de la capacité des quartiers à faire face aux fortes précipitations reste entière. »
Tue, 06 Oct 2026 - 1319 - À la Une: la mort de l'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane
L'écrivain et ancien ministre sénégalais, Cheikh Hamidou Kane est décédé, ce samedi à Dakar, à l'âge de 98 ans. Cette annonce fait évidemment les gros titres de la presse sénégalaise, qui lui rend hommage : «Le Sénégal et le monde des lettres sont en deuil », déclare le média Seneweb, qui estime que l'auteur laisse derrière lui «l'héritage d'un parcours exceptionnel dédié au service de l'État et au rayonnement culturel du continent. Cheikh Hamidou Kane a effectué un brillant parcours académique entre le Sénégal et la France, obtenant des licences en droit, en lettres et en philosophie à la Sorbonne », avant de devenir ministre sous la présidence de Léopold Sédar Senghor.
À lire aussiL'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, auteur de «L'aventure ambiguë», est mort à l'âge de 98 ans
« C'est toutefois son œuvre littéraire qui l'inscrit définitivement dans la postérité », souligne le journal, faisant référence à son romanL'Aventure ambigüe, publié en 1961 et couronné par le Grand prix littéraire d'Afrique noire. Un roman en grande partie autobiographique, qui suit le parcours d'un talibé, un élève d’une école coranique, que sa famille envoie étudier la philosophie à Paris. « Le livre raconte la collision entre les valeurs africaines et islamiques et la culture occidentale », relate Le Soleil, autre titre sénégalais. Mais « après ce coup d’éclat, l’écrivain se tait longtemps. Près de 35 ans de silence littéraire s’écoulent avant la parution d’un second roman en 1995. Deux romans seulement, mais une influence considérable. »
Une influence reconnue par la classe politique sénégalaise
«J’ai appris avec une profonde tristesse le rappel à Dieu de Cheikh Hamidou Kane », a écrit sur Facebook le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. « Avec L’Aventure ambiguë, il a donné à des générations d’Africains les mots pour penser une question qui nous habite encore, celle de s’ouvrir au savoir du monde sans rien perdre de ce que nous sommes. Ministre de la République, il a aussi servi le Sénégal avec dévouement », a-t-il ajouté. Des propos relayés par Senego, qui ajoute que c'est le Premier ministre du pays, qui « a présidé ce dimanche la cérémonie de levée du corps de l’écrivain (...). Par cet hommage, le gouvernement a salué la mémoire d’un grand serviteur de l’État et d’une figure emblématique de la vie intellectuelle et culturelle du Sénégal. »
Des hommages qui dépassent les frontières du pays de la Teranga
Comme l'évoque le journal panafricain Financial Afrik, c'est « un géant de la littérature africaine » qui s'en est allé. «Traduit dans une quarantaine de langues, son roman L’Aventure ambiguë est devenu un classique de la littérature africaine francophone. L’ouvrage est étudié depuis des décennies dans de nombreux lycées, collèges et universités à travers le continent africain », relève de son côté Le Monde Afrique. Rien d'étonnant donc, à ce que les hommages à l'écrivain se multiplient hors de Dakar.« L'Afrique perd une voix », écrit depuis Porto-Novo Le président béninois, Romuald Wadagni, qui pleure la disparition d’une « grande voix de la génération des indépendances », dans un message sur Facebook, relayé sur le site PressAfrik.com.
La presse aussi marquée par l'écho de ses œuvres dans l'esprit de millions de lecteurs
Cheikh Hamidou Kane était «une lumière dans notre mémoire », titre Le Soleil. « L’Aventure ambiguë apparaît comme bien plus qu’un roman. C’est l’œuvre d’une éternité, entrer à jamais dans l’histoire, son auteur avec. » En écrivant ce livre, «Il pose une question qui n’a pas vieilli : que garde-t-on de soi quand on apprend le monde des autres ? », interroge le journal.
« Derrière ce destin individuel se dessinait quelque chose de plus vaste : le trouble d’un continent confronté à la modernité, au moment où les peuples africains commençaient à reprendre possession de leur histoire. Le roman connut une destinée exceptionnelle et continue, des décennies plus tard, de trouver des lecteurs qui reconnaissent dans ses pages une part de leurs propres interrogations », poursuit Le Soleil. «Il nous reste ses livres, bien sûr. Il nous reste aussi le souvenir d’une voix, d’une génération et d’une certaine idée de l’homme africain : debout entre plusieurs héritages, attentif au monde, mais fidèle à sa mémoire », affirme le journal, avant de conclure : «Cheikh Hamidou Kane s’en va. Son œuvre, elle, continuera de cheminer de génération en génération, comme une parole ancienne que le temps n’a pas réussi à faire taire. »
Mon, 05 Oct 2026 - 1318 - À la Une: l’inquiétant nombre d’infanticides et de féminicides au Cameroun
L'inquiétude ne cesse d’augmenter. Depuis le début de l’année, annonce le journal en ligne Afrique XXI, « le Cameroun égrène les noms de ses enfants morts, comme on égrène un chapelet funèbre. Divine 11 ans, enlevée puis tuée après des sévices sexuels à Nkoabang, en périphérie de Yaoundé. Mathis, 6 ans, assassiné par un voisin à Yaoundé. Karl Ethan, 11 ans, tué à son domicile de Minkan ».
La liste est longue. Selon Afrique XXI, «chacune de ces affaires a suivi la même trajectoire : un emballement sur les réseaux sociaux camerounais, une indignation qui déborde les frontières nationales puis, invariablement, un silence institutionnel qui finit par devenir, lui aussi, un objet de scandale ».
Ce silence institutionnel a toutefois fini par être brisé. Le 1er juin, rappelle Afrique XXI, « une conférence de presse gouvernementale a officiellement recensé 77 féminicides pour la seule année 2025, ainsi que "des dizaines" de violences graves commises contre les enfants (…) un chiffre que les observateurs jugent (toutefois) très inférieur à la réalité ».
Le journal en ligne a interrogé la psychologue clinicienne Agnès Tsimi, qui livre son analyse : « La famille reste le premier lieu de danger pour l’enfant camerounais, bien avant la rue ou l’inconnu. C’est ce qui rend le sujet si difficile à traiter socialement : il faut accuser quelqu’un qu’on connaît. » La question ébranle désormais la société camerounaise : une manifestation contre les infanticides et les féminicides a eu lieu il y a 2 semaines, à Yaoundé.
Confessions religieuses et prévention
En RDC, l’église se mobilise pour la lutte contre le virus Ebola. C’est la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, qui a réuni hier « les responsables des confessions religieuses sur la prévention et la riposte contre Ebola », explique Beto. Le média en ligne congolais précise que le secrétaire général de la Cenco, Mgr Donatien Nshole «a ouvert les travaux, en invitant ces responsables à s’engager davantage ».
La Cenco met particulièrement en avant la question des contacts des proches avec un défunt. Question cruciale car, explique Beto, « le virus Ebola se transmet par les liquides biologiques et le corps d’un défunt reste contaminant. Les rites funéraires, la toilette mortuaire, les veillées et les contacts avec la dépouille comptent parmi les principaux vecteurs de transmission connus de cette maladie ».
C’est là que la responsabilité des autorités religieuses intervient, ajoute Beto : « Ce sont les autorités religieuses et coutumières qui encadrent ces rites. Un enterrement sécurisé accepté par une communauté coupe une chaîne de transmission ». Conclusion de Mgr Donation Nshole : « Notre engagement est précieux, car la lutte contre Ebola doit être fondée sur la confiance, la solidarité et la responsabilité collective. »
Octobre rose
C'est aussi une préoccupation concernant le domaine de la santé en RDC : la lutte contre le cancer du sein. Avec hier, le début de la campagne internationale Octobre rose. « La RDC lance une vaste campagne de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus », annonce le Journal de Kinshasa. Selon le ministère congolais de la Santé, « plus de 9 700 nouveaux cas de cancers du sein sont enregistrés chaque année en RDC ».
Le programme du gouvernement, précise le journal congolais, « prévoit le dépistage sur près de 912 000 femmes dans six provinces », dont «le dépistage gratuit de 5 000 femmes à Kinshasa ». « L’idée,explique le Journal de Kinshasa, est de favoriser la détection précoce des lésions pré-cancéreuses et des cancers afin de permettre une prise en charge plus rapide des femmes concernées. »
Que faire pour participer à ce dépistage ? Selon le ministère de la Santé, « les femmes sont invitées à s’inscrire, choisir le lieu de dépistage le plus proche et respecter leur rendez-vous, y compris lorsqu’elles ne présentent aucun symptôme ».
Fri, 02 Oct 2026 - 1317 - À la Une: quelle coalition et quelles orientations pour le Maroc?
« À peine nommée, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, entame le jeu des alliances,pointe le quotidien L’Opinionà Rabat. L’enjeu est de parvenir à la coalition la plus harmonieuse. Mais avec qui ? », s’interroge le journal. « C’est toute la question des consultations entamées, hier, par la patronne du PAM. La nouvelle cheffe de l’Exécutif s’est déjà mise à l’œuvre. Elle a commencé ses discussions avec ses anciens alliés de la majorité sortante, le RNI, le Rassemblement national des indépendants, et l’Istiqlal. Le PJD, parti islamiste, a été également convié à des discussions », mais, souligne L’Opinion, il a d’ores et déjà affirmé « son refus catégorique de siéger dans un gouvernement présidé par le PAM auquel il promet une opposition féroce au Parlement. Il est clair que le Parti de la Lampe se considère le leader de l’opposition après son come-back inattendu aux législatives où il est arrivé quatrième avec 54 sièges. Un score qui le met en position de force pour incarner le camp adverse dans l’Hémicycle ».
Urgences…
« Maroc : le PAM saura-t-il relever le défi du pouvoir ? », s’interroge Jeune Afrique. « Bâtir une coalition qui ne soit pas une simple distribution de postes », mais aussi « convaincre les abstentionnistes » et « donner un sens à la victoire électorale du 23 septembre : pour la nouvelle cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, le plus difficile commence », s’exclame le site panafricain.
En effet, « le futur gouvernement devra éviter le piège classique des coalitions, prévientJeune Afrique : distribuer les portefeuilles avant de définir le projet. La question centrale ne sera pas seulement qui gouvernera avec qui, mais autour de quel contrat politique et économique. Une formation peut gagner une élection avec un récit politique ; elle ne peut gouverner durablement qu’avec une méthode ».
Et « cette méthode sera d’abord jugée sur l’économie réelle,pointe le site panafricain. L’année dernière, le Maroc a créé 193 000 emplois, mais le chômage concernait encore plus de 37 % des 15-24 ans, près de 20 % chez les diplômés et 20 % des femmes. Plus préoccupant encore, le sous-emploi est passé à 1,9 million de personnes. Le prochain gouvernement héritera donc moins d’une crise statistique que d’une question de modèle : comment transformer la croissance, l’investissement et les grands projets en emplois suffisamment nombreux et suffisamment qualifiés ? »
De plus, souligne Jeune Afrique, « il existe, parallèlement, une autre urgence, moins quantifiable : celle de la confiance. Le scrutin du 23 septembre n’a mobilisé que 38 % des électeurs contre un peu plus de 50 % en 2021. Plus de six inscrits sur dix ne se sont pas déplacés. Le chiffre ne permet pas, à lui seul, de déduire les motivations de l’abstention. Il constitue néanmoins un signal politique majeur ».
« Jusqu’où peut-elle aller ? »
En corollaire, cette question posée par Afrik.com : « Face aux milliardaires, Fatima Ezzahra El Mansouri peut-elle bousculer le système ? La Première ministre succède à Aziz Akhannouch, l’une des plus grandes fortunes du pays. Carburants, dessalement, marchés publics : la patronne du PAM a dénoncé les conflits d’intérêts pendant la campagne. Elle a pourtant siégé cinq ans dans le gouvernement du milliardaire(comme ministre de l’Habitat). »
Alors« jusqu’où peut-elle aller ?, s’interroge encore le site panafricain. Les leviers d’une cheffe du gouvernement existent avec le renforcement du Conseil de la concurrence, la transparence des marchés publics, la fiscalité, l’accès des PME au crédit ou la loi sur les conflits d’intérêts. » Par ailleurs, « son bilan au ministère de l’Habitat montre une méthode tournée vers les ménages plutôt que vers les promoteurs, ce qui est déjà un bon signe ».
Toutefois, tempèreAfrik.com,« sa marge de manœuvre reste surtout bornée par l’architecture du pouvoir. La Constitution de 2011 confère au chef du gouvernement d’importants pouvoirs exécutifs, mais c’est le Roi qui préside le Conseil des ministres, où sont décidées les orientations stratégiques de l’État.(…) Le projet de loi de finances 2027, que Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter au Parlement dans les prochaines semaines, offrira un premier test. On verra alors jusqu’où la cheffe du gouvernement est prête à aller face à ceux dont elle a partagé le pouvoir pendant cinq ans ».
Thu, 01 Oct 2026 - 1316 - À la Une: Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme Premier ministre au Maroc
Le continent africain comptait déjà trois femmes cheffes de gouvernement : en Namibie, au Togo et en RDC. Il y en donc désormais une quatrième : Fatima Ezzahra El Mansouri, 50 ans, a été nommée hier à ce poste par le roi Mohammed VI. « La nomination de la cheffe de file du PAM, le Parti authenticité et modernité, intervient après la victoire de sa formation aux législatives du 23 septembre,précise le site marocainYabiladi, avec 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. El Mansouri doit maintenant s'atteler à constituer une majorité gouvernementale en négociant avec les partis représentés au Parlement ».
« Avec cette nouvelle fonction,pointe le magazineTel Quel, Fatima Ezzahra El Mansouri ajoute une troisième corde à son arc, et pas n’importe laquelle. Elle était déjà "raïssa" (maire) du conseil communal de Marrakech et, dans les faits, la véritable patronne du PAM ». Tel Quel qui qualifie la nouvelle Première ministre de « crainte, respectée, et parfois cassante ».
Proche des cercles du pouvoir
Tout commence pour elle en politique en 2009, relate le Desk, autre site marocain : elle a alors 33 ans. « Le conseil communal de Marrakech, sa ville natale, la porte à sa présidence. Elle devient la première femme à diriger la cité ocre et, accessoirement, la plus jeune maire que le Maroc ait connue. À l’époque, la jeune avocate n’a rien d’une femme politique. Élevée dans les écoles de la mission française, formée au droit à Rabat puis à Montpellier, elle maîtrise alors mal l’arabe, se souvient un proche de la famille. Mais elle a pour elle un nom et un réseau. »
En effet, pointe Yabiladi, Fatima Ezzahra El Mansouri a baigné dans un milieu proche des cercles de pouvoir… « Surnommée "la fille du pacha", elle est la fille d’Abderrahman El Mansouri, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Marrakech, pacha de la ville, puis ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis ».
« Première femme à administrer une ville marocaine de plus de 500 000 habitants, elle est aux avant-postes,rappelleLe Monde Afrique, lors du séisme du 8 septembre 2023, qui fit plus de 3000 morts dans la région de Marrakech. (…) Deux ans plus tard, elle est l’une des rares voix au gouvernement à faire son mea culpa, alors qu’une partie de la génération Z proteste contre les inégalités territoriales et la déliquescence des secteurs de l’éducation et de la santé. "Si nous avions réussi, cette colère n’existerait pas. Donc nous n’avons pas réussi", lançait, il y a un an, devant des jeunes du PAM, celle qui était alors ministre de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme ».
« Qu’apportera-t-elle de différent ? »
« Enfin, une femme à la tête du gouvernement », se réjouit l’éditorialiste du site marocain le 360 : « l’histoire retiendra qu’une femme a, pour la première fois, dirigé le gouvernement marocain. Mais la société marocaine jugera surtout son action. (…) Qu’apportera-t-elle de différent ? », s’interroge la journaliste. « Nous l’attendons sur l’école, la santé, l’emploi et le chômage des jeunes, le pouvoir d’achat, les inégalités sociales et territoriales, les services publics et la protection sociale. Nous l’attendons aussi sur la situation des femmes, les violences à leur encontre, les personnes handicapées, l’application effective de leurs droits, les enfants en situation de vulnérabilité et la lutte contre la précarité… Et sur cette question : comment faire du développement économique une amélioration réelle de la vie quotidienne des Marocains ? »
Vaste programme… À cet effet, relève L’Opinion, « Fatima Ezzahra El Mansouri entame, dès ce matin, les consultations avec les partis politiques en vue de former le gouvernement. Elle recevra une délégation du RNI, le Rassemblement national des indépendants, puis celle du Parti de l’Istiqlal ». Les deux formations qui sont arrivées juste derrière le PAM à l’issue des législatives. D’autres consultations devraient suivre.
Et ce nouveau gouvernement est donc très attendu… « Le Maroc n’attend pas seulement un gouvernement capable de gérer,pointe le site marocain Medias 24. Il attend surtout un gouvernement capable de réformer et de rétablir la confiance. Un gouvernement qui aura l’audace de mettre le pays sur les rails du progrès et de s’attaquer frontalement aux freins qui entravent encore son développement ».
Wed, 30 Sep 2026 - 1315 - À la Une: l’Éthiopie s’embrase à nouveau
« Le nord de l’Éthiopie se trouve une fois de plus au bord d’une catastrophe dévastatrice,soupireThe Reporterà Addis-Abeba. Les violents affrontements qui ont débuté cette semaine entre les Forces de défense nationale éthiopiennes et le TPLF, le Front de libération du peuple du Tigré, indiquent que le silence précaire instauré il y a près de quatre ans est en train de se fissurer (…). Alors que les opérations militaires s’intensifient, les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir tiré le premier. Pourtant,souffle le journal, ce qui importe maintenant, c’est la terrifiante réalité de l’issue de ce conflit s’il n’est pas immédiatement stoppé : un effondrement institutionnel total et des souffrances humaines inimaginables ».
En effet, prévient The Reporter, « si elle s'étend, cette reprise des hostilités pourrait avoir des conséquences humanitaires, politiques, économiques et diplomatiques encore plus catastrophiques que la guerre civile dévastatrice de 2020-2022. Lors de ce conflit, on estime à 600 000 le nombre de morts et à des millions le nombre de déplacés. Dans un contexte déjà fragilisé par une forte inflation, des déplacements massifs de population et une sécheresse persistante, la répétition de ce cauchemar pourrait engendrer un désastre économique,s’alarme encore l’hebdomadaire éthiopien. Et sur le plan politique, une nouvelle guerre à grande échelle risque de rompre définitivement le contrat social, créant un vide de gouvernance qu’aucune victoire militaire ne pourra jamais combler ».
Des combats dans le sud du Tigré
« L’Éthiopie a bel et bien replongé dans la guerre,constate Afrik.com. Après quelques jours d’affrontements féroces avec les troupes du TPLF, les forces fédérales et leurs alliés affirment avoir mis la main sur Alamata, une localité stratégique du sud du Tigré. Cette bataille porte une charge symbolique. Située à proximité de la frontière avec l’Amhara, Alamata constitue un important point de passage et un centre logistique pour les troupes, les vivres et le carburant. Son contrôle pourrait donc faciliter la progression des forces fédérales vers Mekele, la capitale du Tigré, située plus au nord. La ville avait déjà changé plusieurs fois de mains durant la guerre de 2020-2022 ».
Les forces fédérales opposées à… sept groupes rebelles.
Le Monde Afrique fait le point sur les forces en présence : « les affrontements ont commencé peu après la formation d’une coalition de sept groupes rebelles, baptisée "Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie", officiellement formée le 20 septembre et qui affiche pour objectif de "destituer le gouvernement fédéral" dirigé à Addis Abeba par Abiy Ahmed.Ces différents groupes, constitués le plus souvent sur des bases ethniques, entretiennent des relations complexes, avec parfois des objectifs contradictoires».
Il y a donc, préciseLe Monde Afrique,le TPLF, « la première force au sein de la coalition rebelle, et la plus aguerrie, mais aussi un parti historique en Éthiopie : durant près de trente ans, entre 1991 et 2018, le TPLF a dirigé le pays et a été l’architecte de sa modernisation».
Il y a aussi le mouvement Fano : « une milice nationaliste de la région Amhara. Ses membres et ses sympathisants reprochent de longue date au gouvernement fédéral de marginaliser la population amhara».
Parmi les rebelles, on compte également l’Armée de libération oromo « qui depuis 2018, affronte les forces fédérales dans l’Oromia, un territoire grand comme la Côte d’Ivoire qui enserre la capitale, Addis Abeba. Avec ses 40 millions d’habitants, dont 80 % appartiennent à l’ethnie oromo, c’est la région la plus peuplée du pays ».
Et en face, donc, pointeLe Monde Afrique, « l’adversaire commun à tous les membres de la nouvelle alliance d’opposition : le Premier ministre, Abiy Ahmed, et son gouvernement, issu du Parti de la prospérité. Son but est de conserver son pouvoir et d’éteindre les différentes rébellions à travers le pays ».
L’Érythrée et le Soudan : un rôle trouble ?
Enfin, Le Pays au Burkina pointe « le jeu trouble auquel se livrent certains pays voisins, en l’occurrence l’Érythrée et le Soudan accusés par Addis Abeba de soutenir des groupes armés. Comment expliquer ce revirement subi de l’Érythrée,s’interroge le quotidien ouagalais,qui s’était pourtant battue aux côtés des forces fédérales contre les rebelles tigréens pendant la guerre civile de 2020 à 2022 ? Autant dire que dans ce conflit sans fin, il y a des intérêts cachés qui se jouent à plusieurs niveaux, au-delà même des engagements qui avaient permis de parvenir à l’accord de paix de 2022 ».
Tue, 29 Sep 2026 - 1314 - À la Une: à quoi servent les Russes au Mali?
« Plus de 100 soldats maliens tués à Dioura il y a trois semaines, l’aéroport militaire de Sévaré visé quelques jours plus tard, des combattants russes de l’Africa Corps pris dans une embuscade à Kaka : ce mois de septembre 2026 a lourdement éprouvé le dispositif sécuritaire de Bamako. » C’est ce que constate Afrik.com.
« Après plusieurs années de coopération avec Moscou, la menace(terroriste)que ce partenariat devait réduire reste capable de coûter plus de 100 hommes à l’armée en une seule attaque et d’atteindre quelques jours plus tard l’un de ses principaux points d’appui aérien. »
Bref, pointe le site panafricain, « les armes russes ne suffisent plus à tenir le terrain. »
« Placé sous la tutelle du ministère russe de la Défense,rappelle Afrik.com, l’Africa Corps compterait autour de 2 000 à 2 500 hommes au Mali selon les estimations. Formation, appui au sol, aviation, blindés et artillerie, les moyens existent. Mais leur présence n’a pas empêché les pertes territoriales du printemps dernier ni les attaques majeures de septembre. Le débat sur l’efficacité du partenariat porte désormais moins sur le volume d’équipements livrés que sur ce que ces moyens permettent réellement de sécuriser, puis de conserver dans le temps. »
« Nommez un seul pays où la présence russe a apporté stabilité et sécurité… »
Le site Sahel Horizon, site d’opposition aux régimes militaires de l’AES, élargit le débat : « Nommez un seul pays. C’est la question, sans détour, à ceux qui voient désormais en Moscou le garant naturel de notre sécurité : un seul pays où la présence russe a apporté la sécurité et la stabilité. (…) Les noms viennent vite, puis,pointe Sahel Horizon, se retirent un à un à l’examen. Ce n’est pas faute de terrains : Syrie, Libye, Centrafrique, Mozambique, Haut-Karabakh, Kazakhstan, Mali, Burkina Faso, Niger. Aucun ne résiste à une distinction que l’on se garde bien de faire : la durée d’un régime n’est pas la sécurité d’une population, et la survie d’un palais n’est pas la stabilité d’un pays. »
EtSahel Horizonde préciser : « Que ceux qui citeront Bangui disent jusqu’où l’on peut rouler seul au-delà de ses faubourgs. Que ceux qui citeront Damas disent où se trouve aujourd’hui celui que l’on y protégeait. Et que ceux qui citeront Kidal disent qui l’occupe actuellement. Moscou sait garder un palais. Il reste aux Maliens à se rappeler qu’un palais n’a jamais été un pays, et que la sécurité qui ne descend pas jusqu’au village n’est que la sécurité de ceux qui l’ont commandée. »
L’amertume des militaires maliens en première ligne
On revient plus spécifiquement au Mali, où la dégradation de la situation militaire inquiète… Témoin, les propos de cet ancien ministre, cité par Le Monde Afrique : « Toute la propagande sur la souveraineté retrouvée et la montée en puissance de l’armée s’est fracassée sur la réalité. Et celle-ci est implacable : nous avons perdu Kidal fin d’avril et nos soldats se font massacrer, comme récemment à Dioura. »
« En interne,poursuit Le Monde Afrique, plusieurs sources militaires et proches de l’armée reconnaissent une forme de ressentiment, voire de démotivation, chez certains soldats déployés sur le terrain. “Ceux qui sont en première ligne sont en colère. Ils ne veulent plus être des moutons qu’on emmène à l’abattoir“, confie un officier. “Quand il y a des pertes comme celles qu’on a connues récemment, il y a évidemment des rancœurs. Mais cela n’impacte pas le moral de nos hommes, qui tiennent encore debout et défendent la patrie, quoi qu’il arrive“, tempère un haut gradé. »
En tout cas, pointe Le Monde Afrique, « Assimi Goïta se trouve à nouveau sous pression depuis le carnage de Dioura et la série d’attaques survenues dans le centre du pays. Signe de la tension actuelle : le 20 septembre, deux jours avant la fête de l’indépendance, il a tenu une réunion de crise avec les principaux responsables militaires et sécuritaires du pays. “L’insatisfaction est palpable, conclut un officier.Mais, tant que la troupe mécontente est à plusieurs centaines de kilomètres de Bamako, cela n’est pas gênant pour lui“. »
Enfin, pour sa part, la presse malienne, le site Bamada, entre autres, continue de dérouler les communiqués victorieux de l’armée. D’autres sites maliens, à l’instar de Maliweb, répercutent les récents propos des autorités de Bamako accusant l’Ukraine de soutenir des groupes terroristes opérant dans l’espace de l’AES.
Mon, 28 Sep 2026 - 1313 - À la Une: le président sénégalais Diomaye Faye à la tribune de l’ONU
Une bonne partie de la presse sénégalaise reprend ce jeudi les grandes lignes de l’interview que Bassirou Diomaye Faye a accordée àRFI et France 24, et que vous pouvez écouter sur notre antenne ou notre site internet. Sénéplus retient ainsi que « sur l’ONU, le chef de l’État estime que l’organisation reste indispensable malgré ses limites actuelles » et « qu’il défend également la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au secrétariat général de l’ONU, estimant que ses chances restent ouvertes et que son expérience peut servir la défense des intérêts africains et la réforme de l’architecture financière internationale ».
Sénéplus a également retenu que « face aux interrogations sur les éventuelles mesures d’austérité, son gouvernement entend protéger les ménages vulnérables ». Walfnet, de son côté, revient sur le discours du président sénégalais à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, et titre : « Diomaye Faye appelle à une mobilisation face à la multiplication des conflits ». « Le Sahel ne doit pas être abandonné à son triste sort », a notamment lancé le président sénégalais.
Le Maroc dans l'attente d'un gouvernement
Le résultat des élections législatives au Maroc fait l'objet de plusieurs commentaires. Le journal Le Matin se penche aujourd’hui sur « les scénarios d’alliance les plus probables », après ces élections. Arrivé en tête avec 97 sièges, « le PAM(le Parti Authenticité et Modernité)doit réunir une coalition d’au moins 198 députés, pour obtenir l’investiture de la Chambre des représentants », explique le quotidien marocain.
« El Mansouri dessine les contours du prochain gouvernement dirigé par le PAM » titre, de son côté, Hespress qui précise : « Fatima-Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du parti, refuse de préjuger des choix à venir (…) tout en affichant une ligne politique : aucune porte n’est fermée et les priorités devront désormais être le pouvoir d’achat, la jeunesse et le rétablissement du dialogue avec les citoyens ».
« Après les urnes, quelle majorité pour quelles priorités ? » C’est la question posée par Jeune Afrique. Le site panafricain estime « que l’élection pose plusieurs questions, du fait du fort taux d’abstention et de la remontée du PJD (le parti islamiste) ». « L’élection est terminée », conclut Jeune Afrique. « La négociation politique commence. Il faudra un chef du gouvernement, une coalition, un programme et une majorité pour le porter. Mais derrière cette mécanique institutionnelle demeure une question plus profonde : comment reconnecter la politique à ceux qui ont choisi de ne pas voter ? »
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Mécontentement dans les mines
Au Mali, le secteur minier se prépare à faire grève. C’est à la Une d’Afric Telegraph qui annonce : « Au Mali, le secteur minier est menacé de paralysie par un préavis syndical ». Le site d’information panafricain précise que « le secteur minier malien, pilier budgétaire de la transition militaire, fait face à un risque de blocage. Plusieurs comités syndicaux, représentant à la fois des salariés d’exploitations privées et des agents de la Direction nationale de la géologie et des mines, agitent la menace d’un arrêt coordonné de l’activité », principalement dans les mines d’or. Les revendications portent notamment sur les salaires et les primes.
« Pour Bamako », poursuit Afric Telegraph, « la perspective d’une paralysie même partielle du secteur constitue un scénario redouté. Les régies financières s’appuient (en effet) sur les versements réguliers des sociétés minières pour couvrir une part significative des dépenses courantes ». « Le Mali,rappelle également Afric Telegraph, figure parmi les principaux producteurs d'or du continent, aux côtés du Ghana, du Burkina Faso et de l'Afrique du Sud ».
Fri, 25 Sep 2026 - 1312 - À la Une: Éthiopie, inquiétude autour de la situation au Tigré
Après la prise de l'aéroport de Mekele et de plusieurs autres aéroports par les forces de défense du Tigré, le journal Libération, à Paris, livre une analyse de la situation.
Libé cite un chercheur de l'université de Mekele. Pour lui, la prise des aéroports vise à « rompre le lien aérien entre Addis-Abeba et le Tigré », et traduit « une volonté d'aller vers une confrontation ouverte afin de provoquer une intervention internationale ».
L'escalade couvait depuis plusieurs mois, rappelle Libération, qui esquisse les scénarios possibles désormais : « Addis-Abeba pourrait répondre par de nouvelles frappes, une rupture des circuits financiers ou un blocus du Tigré, comme pendant la première guerre. »
Mais le journal considère qu'une reconquête terrestre des aéroports précipiterait la région dans un conflit ouvert. Et de citer à nouveau l'universitaire de Mekele : « L'Éthiopie se trouve au bord d'une guerre de grande ampleur. L'escalade des dernières 24 heures, selon lui, marque le passage d'une "paix froide" à "une guerre active sur plusieurs fronts", où "l'espace réservé à la diplomatie a pratiquement disparu". »
Dans la foulée des révélations du Deportation Project
Révélations auxquelles RFI est associée et que vous découvrez sur notre antenne depuis lundi. Ce nouveau témoignage : « Le regard perdu dans le vide, Carlos Telles Sanchez pense à son fils de cinq mois, resté aux États-Unis. Il ne l'a encore jamais vu. » À Paris, Le Monde raconte l'histoire de ce Vénézuélien qui avait fui son pays en 2021 et qui s'était installé à Dallas, au Texas, où il travaillait dans une concession automobile. Jusqu'au 20 août dernier, où il est arrêté par l'ICE, la police de l'immigration, alors qu'il est juste allé accomplir une tâche administrative.
Et voilà Carlos Telles Sanchez expulsé vers le Liberia. « J'ai d'abord pensé que c'était le nom d'un autre État américain », raconte-t-il. « Le vol a été un véritable cauchemar. Nous avons été traités comme des criminels. » Aujourd'hui, il est logé dans un hôtel de Marshall, une petite ville côtière située à une cinquantaine de kilomètres de Monrovia, la capitale.
Le Monde rapporte que le Liberia s'est engagé à accueillir jusqu'à 1 200 personnes expulsées des États-Unis au cours des douze prochains mois. Selon The New York Times, Washington aurait accepté de verser 5 millions de dollars au Liberia en échange de la prise en charge des migrants expulsés.
À écouter aussiÉtats-Unis- Afrique : que gagnent les pays qui acceptent les expulsés ?
Au Sénégal, les pannes de courant à répétition sont encore dans la presse ce matin
Un compteur électrique, une bougie et le président Bassirou Diomaye Faye, c'est le photomontage à la Une de WalfQuotidien, à Dakar, ce matin. Et ce titre : « Coupures intempestives d'électricité : Diomaye face au tombeur de Diouf et Wade ».
Le journal a interrogé un analyste qui rappelle deux épisodes anciens. 1998, la grève du syndicat Sutelec qui plonge le Sénégal dans une crise de l'électricité. Cette crise, sans doute l'un des éléments déclencheurs du départ d'Abdou Diouf, estime l'analyste, qui rappelle ensuite l'épisode de 2009. Nouvelle crise de l'électricité qui conduira au plan Takkal du président Abdoulaye Wade, une importante restructuration du secteur énergétique. Mais notre analyste estime que, malgré cette réforme, les manifestants de juin 2011 à Dakar protestaient aussi contre les coupures de courant. Les délestages actuels peuvent être très préjudiciables pour le régime lors des prochaines élections, conclut l'article de Walf.
À la veille de l'arrivée du pape en France
Cet article est à découvrir sur le site The Conversation : « Ce que les prêtres africains en France révèlent des reconfigurations du catholicisme ». Le site souligne qu'en France, cette année, ce sont 84 nouveaux prêtres qui seront ordonnés. Une baisse constante. En 1960, le pays comptait 65 000 prêtres ; aujourd'hui, il en reste environ 12 000 et 20 % d'entre eux viennent de l'étranger, dont l'écrasante majorité d'Afrique, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, Bénin, Cameroun, Madagascar, Burkina Faso et Côte d'Ivoire en tête. Le catholicisme français, longtemps émetteur missionnaire, est devenu un espace récepteur, écrit The Conversation.
Thu, 24 Sep 2026 - 1311 - À la Une: l’Afrique à l’ONU, la portion congrue
« Rétablir la confiance et gérer la transformation » : c’est le thème officiel de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte hier mardi à New York.
« Et l’Afrique dans tout ça ? », s’interroge L’Observateur Paalga au Burkina Faso. « L’ONU joue un rôle central mais complexe en Afrique, où se concentrent une grande partie de ses opérations de paix, de ses défis humanitaires et de ses programmes de développement. Certes, des pays comme le Lesotho, le Botswana et autres, sont censés avoir la même voix que les États-Unis ou encore la France… Mais en réalité,pointe le quotidien burkinabé,la tribune des Nations unies, bien que prestigieuse, permet à nos chefs d’État de s’écouter parler, souvent dans des salles vides. Ce ne sont pourtant pas les difficultés, les problèmes endémiques qui manquent sur le continent. Une guerre succédant à une autre, et aujourd’hui du Sahel à l’est du Congo, en passant par le Soudan, le Soudan du Sud… de nombreux pays sont désorganisés, en raison de conflits qui perdurent, sans que la fameuse Communauté dite internationale ne puisse y faire grand-chose ».
Faut pas rêver…
Le quotidien Aujourd’hui, toujours à Ouaga, renchérit : « Les questions de sécurité et de guerre en RDC, au Soudan, ou encore au Sahel, le problème de la dette et de la justice financière internationale seront aussi dans les discours de nos princes. Pour quels résultats ? Faut pas rêver ! », s’exclame le quotidien ouagalais. « Si l’Afrique est courtisée et est devenue le lieu d’une intense guerre géopolitique, c’est que les puissants de ce monde savent que c’est le continent de l’avenir pour sa jeunesse face à des pays anémiés démographiquement, mais aussi pour ses richesses en sous-sol. Ce sera donc le lieu de tenir des postures de fermeté,estime Aujourd’hui, face aux grands de ce monde dont les règles de coopération suivent le curseur de leurs intérêts : "dis-moi quelles richesses sont enfouies dans ton sous-sol et je te dirai quel genre de partenariat nous ferons". Les discours des Africains devront être de cette tonalité : "Respectez-nous et traitons d’égal à égal" ».
Le beau discours de Guterres…
C’était le sens d’ailleurs de l’intervention du secrétaire général de l’ONU lors du récent forum Unstoppable Africa 2026 à New York : « Antonio Guterres en effet a appelé à un changement de modèle dans les relations économiques avec l’Afrique,relève Afrik.com.(…)"Nous devons passer de faire des affaires en Afrique à faire des affaires avec l’Afrique", a-t-il déclaré devant des responsables politiques, investisseurs et dirigeants d’entreprises. Le secrétaire général de l’ONU a plaidé pour davantage de transformation locale des ressources, d’investissements et de partenariats. Objectif : permettre au continent de conserver une plus grande part de la valeur créée. Antonio Guterres a ainsi souligné l’importance croissante de l’Afrique dans l’économie mondiale,relève encoreAfrik.com. Il a notamment cité un marché évalué à environ 3 000 milliards de dollars, ainsi que la présence de l’Afrique sur près de 30 % des ressources minérales mondiales et environ 60 % du potentiel solaire de la planète. Le secrétaire général de l’ONU a également mis en avant la progression de la population active africaine, qui constitue l’un des principaux moteurs démographiques de la prochaine période ».
Mieux se faire entendre…
Voilà pour les paroles, reste à passer aux actes… C’était le sens, remarque le site Africa News, du discours du président kenyan William Ruto, qui a appelé, en marge du sommet onusien, à « repenser les partenariats internationaux avec l’Afrique et à mieux mobiliser les ressources dont dispose le continent : "la question,a-t-il dit,n’est plus seulement de savoir combien d’argent nos partenaires peuvent apporter à l’Afrique. La vraie question, c’est : comment pouvons-nous mobiliser les ressources que l’Afrique possède déjà ? Cela suppose de repenser notre conception du partenariat international" ».
Déjà, un premier pas serait que l’Afrique puisse mieux se faire entendre… En effet, rappelle le site marocain Atalayar : « Paradoxe du multilatéralisme contemporain : l’Afrique concentre plus de 60 % des débats et des mandats opérationnels du Conseil de sécurité de l’ONU, mais ne dispose d’aucun siège permanent au sein de son instance décisionnelle ».
Et depuis des années, l’Union africaine réclame « au moins deux sièges permanents dotés de toutes les prérogatives — y compris le droit de veto — ainsi que de cinq sièges non permanents ». Et pour l’instant, rien n’a bougé.
Wed, 23 Sep 2026 - 1310 - À la Une: au Cameroun, l’affaire des lunettes du ministre de l’Économie
Une affaire de lunettes perdues et quatre journalistes qui se retrouvent en garde à vue pendant cinq jours, accusés de vol… L’affaire se déroule au Cameroun. Et ce qui n’était au départ qu’un écho sur les réseaux sociaux s’est répandu dans nombre de médias camerounais et au-delà.
Tout commence le 16 septembre, raconte CamerounWeb, au Palais des Congrès de Yaoundé : « Quatre journalistes se déplacent pour couvrir la clôture d’une cérémonie officielle de la Banque islamique de développement, présidée par le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey. Mais au lieu de repartir avec leurs notes, leurs enregistrements, leurs reportages, les quatre journalistes repartent menottés. Le motif de cette arrestation ? Une suspicion de vol portant sur les lunettes du ministre… Parce que cet accessoire manque à l’appel,s’exclameCameroun Web, quatre professionnels de l’information sont brutalement interpellés, transférés au commissariat du 10e arrondissement de Bastos, puis jetés dans les cellules du commissariat central N°1 de Yaoundé. »
De rebondissements en rebondissements
Le site Le Bled Parle, autre site d’information camerounais, raconte la suite : « Le lendemain de l’arrestation, un premier rebondissement intervient : les lunettes recherchées sont retrouvées intactes à l’intérieur du véhicule personnel du ministre. Cette découverte écarte donc le soupçon initial de vol, mais ne met pas pour autant un terme à la procédure. Le dossier prend alors une nouvelle orientation. Deuxième rebondissement : les enquêteurs évoquent désormais une suspicion d’"intrusion non autorisée" dans une réunion tenue à huis-clos au Palais des Congrès. Le parquet ordonne alors des investigations complémentaires et le maintien en détention des quatre journalistes. » Maintien en détention qui durera tout le week-end… Finalement, pointe Le Bled Parle, hier lundi, ils sont libérés. « Aucune charge n’a été retenue contre eux et aucune infraction n’a été caractérisée à l’issue des investigations. »
La liberté de la presse au Cameroun « sous pression »
Le site Camer s’insurge : « Pourquoi quatre professionnels identifiés, exerçant leur métier, ont-ils été traités comme des suspects pendant cinq jours ? Le premier grief, la disparition des lunettes, n’a pas résisté à 24 heures d’enquête. Les lunettes étaient dans la voiture du ministre. Personne ne les avait volées. Le second grief, l'"intrusion non autorisée" dans une réunion à huis clos, ne tient pas. Le Palais des congrès de Yaoundé est un espace public. La cérémonie de clôture des Journées de la BID était un événement officiel. Des journalistes y étaient présents pour la couvrir. »
Bref, s’interroge Camer : « Une question reste ouverte : combien coûte une paire de lunettes au Cameroun ? Pour ces quatre-là, elle a coûté cinq jours de liberté. »
Camer qui rappelle que « la liberté de la presse est sous pression au Cameroun : cette année, Reporters sans frontières a classé le Cameroun à la 133e place mondiale pour la liberté de la presse, contre la 131e en 2025. Le pays recule. RSF qui note que le Cameroun, malgré l’un des paysages médiatiques les plus riches d’Afrique, reste "l’un des pays les plus dangereux du continent pour les journalistes" ».
Et on revient à Cameroun Web qui renchérit : « Cette affaire jette une lumière cruelle sur la vulnérabilité quotidienne des journalistes au Cameroun. En jetant des reporters en prison pour un soupçon aussi grotesque et sans le moindre mandat, la police ne cherche pas seulement des lunettes : elle aveugle la liberté d’informer. Elle envoie un signal terrifiant à toute une profession : celui que n’importe quel prétexte, aussi dérisoire soit-il, peut servir à museler, humilier et emprisonner un journaliste. »
Le « Lunettesgate »
Cette affaire des lunettes du ministre a largement débordé les frontières camerounaises. On en parle au Gabon, au Bénin, et au Burkina Faso, où la presse locale, jamais avare de commentaires, en fait ses choux gras. « Une affaire biscornue aussi rocambolesque qu'hilarante », s’exclame le Faso.net.
« Chiffonnée aux entournures et en colère, on ne le serait à moins,s’exclame Aujourd’hui, la corporation est vent debout contre cet opprobre jeté à la profession. Ce "Lunettesgate" au Cameroun qui a envahi la toile n’en demeure pas moins un indicateur,affirme le site burkinabè : les journalistes côtoient le pouvoir, mais risquent à tout moment d’être pris à partie(…). Ce "Lunettesgate" souligne que les journalistes camerounais doivent avoir le dos large pour être prêts à encaisser les désidératas des puissants. »
Tue, 22 Sep 2026 - 1309 - À la Une: l’offensive des jihadistes dans le centre du Mali
« Six pick-up et dix motos, plus de deux cents fusils d’assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers, d’innombrables caisses de munitions… Dans des images de propagande,relèveLe Monde Afrique, diffusées en fin de semaine dernière, le GSIM, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, la franchise sahélienne d’al-Qaida, a étalé l’impressionnant butin qu’il a saisi une semaine plus tôt dans le camp militaire de Dioura. De quoi équiper des centaines de ses combattants et lancer de nouvelles attaques dans les semaines à venir. Celle menée par les jihadistes le 10 septembre dernier contre cette place forte des FAMa, les Forces armées maliennes, dans le centre du pays, déjà ciblée à plusieurs reprises par le passé, a été la plus meurtrière,constate encoreLe Monde Afrique, depuis leur offensive d’ampleur du 25 avril, lancée conjointement avec les indépendantistes à dominante touareg du Front de libération de l’Azawad. L’armée malienne a reconnu l’assaut contre son camp à Dioura et affirmé avoir mené des frappes de riposte dans la zone,mais n’a pas communiqué le nombre de victimes dans ses rangs ».
Au moins 100 morts dans les rangs des FAMa et plus de 80 prisonniers
Selon une dépêche de l’Agence France Presse, qui s’appuie sur des sources militaires, sécuritaire et locale, dépêche reprise notamment par Le Monde Afrique : « au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes de l’Africa Corps ont été tués, et plus de 80 ont été faits prisonniers, le 10 septembre lors de cette attaque jihadiste d’ampleur contre le camp militaire de Dioura. Une source sécuritaire à Mopti s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison du contexte précise : "les soldats ont manqué de soutien aérien, beaucoup en étaient à leur premier déploiement sur le terrain". »
Contre-attaques et opérations d’évacuation
Pour sa part, la presse malienne, notamment Sahel Tribune, Maliweb et Bamada, reprend un communiqué de l’état-major des FAMa daté de samedi dernier, communiqué qui annonce que « les unités engagées dans le secteur de Dioura ont poursuivi ce jour-là des frappes ciblées contre des positions ennemies résiduelles aux abords de la garnison militaire et dans la périphérie de la ville, infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles aux groupes terroristes et contribuant à désorganiser leur dispositif ».
L’état-major malien affirme également qu’une « opération aéroterrestre d’envergure, combinant actions offensives et rotations d’hélicoptères de transport, a permis l’évacuation des deux compagnies des FAMa qui ont tenu la garnison de manière héroïque, malgré des conditions d’engagement qualifiées de difficiles ».
Et surtout, fait rare : l’état-major malien reconnait des pertes : « cette opération, engagée depuis plus d’une semaine, a coûté la vie à plusieurs soldats maliens, tout en infligeant des pertes importantes aux assaillants ». L’état-major malien n’annonce aucun chiffre.
Objectif Bamako ?
Pour Le Matin d’Algérie, « la démonstration est brutale : malgré le renforcement des FAMa et l’appui de l’Africa Corps russe, le cœur du dispositif sécuritaire malien reste vulnérable. (…) La stratégie du GSIM,pointe le quotidien algérien,semble évoluer vers une combinaison de pression militaire, d’étranglement logistique et de harcèlement des centres de pouvoir.Après les offensives autour de Bamako au printemps, le groupe avait déjà cherché à perturber l’approvisionnement de la capitale en carburant. Le précédent blocus des axes routiers avait provoqué de graves pénuries et montré que les jihadistes pouvaient exercer une pression économique sur Bamako sans avoir besoin de conquérir la capitale. La nouvelle séquence est différente, donc,relèveLe Matin d’Algérie. Elle vise directement les infrastructures militaires. Dioura, mais aussi Konna, Sévaré, Kasséla : les cibles dessinent une géographie inquiétante. Le centre du pays est attaqué, les capacités aériennes sont ciblées et les abords de Bamako sont de nouveau atteints. (…) Le paradoxe est désormais difficile à masquer,pointe encore le quotidien algérien: plus la junte concentre son appareil sécuritaire autour des centres de pouvoir, plus les groupes armés peuvent chercher à frapper ailleurs, puis à revenir aux portes de Bamako. Mais qui va arrêter les terroristes du GSIM ? La voie vers Bamako se précise ».
Mon, 21 Sep 2026
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