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Invité Afrique Midi

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RFI

Du lundi au vendredi, un invité commente un fait marquant de l’actualité africaine au micro de Nicolas Sur dans Afrique midi à 12h30 TU sur RFI. 

302 - Ebola en RDC: à Butembo, «il n'y a pas assez de lits pour accueillir tous les cas confirmés»
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  • 302 - Ebola en RDC: à Butembo, «il n'y a pas assez de lits pour accueillir tous les cas confirmés»

    L’épidémie d’Ebola est loin d’être maîtrisée en RDC, alerte Médecins sans frontières. Si la transmission ralentit en Ituri, elle se poursuit au Nord-Kivu, où les centres de traitement de Butembo et de Katwa sont saturés. Faute de places, une partie des malades est prise en charge dans des structures non adaptées, tandis que certains retournent dans la communauté. MSF dénonce également le manque d’acteurs humanitaires et de moyens face à la progression de l’épidémie. Les explications de Stéphanie Hofmann, cheffe du projet Ebola de MSF à Butembo, au Nord-Kivu.

    RFI : MSF affirme qu'il serait dangereux de considérer l'épidémie comme maîtrisée. Que voyez-vous aujourd'hui à Butembo et Katwa qui contredise l'idée d'un reflux de l'épidémie ?

    Stéphanie Hoffmann : Effectivement, ce serait dangereux de considérer l’épidémie sous contrôle au Nord-Kivu et à Butembo spécifiquement. Nous sommes en train de voir une hausse de cas. Les trois dernières semaines, il y a eu un changement assez important, une augmentation de cas très perturbante qui fait en sorte que les services disponibles aujourd'hui ne sont pas du tout adéquats par rapport aux besoins de la population pour la prise en charge d'Ebola.

    La situation s'améliore en Ituri, mais l'épidémie est-elle simplement en train de se déplacer vers le Nord-Kivu ?

    Oui, exactement. Donc il y a des cas à Butembo depuis le mois de mai. Donc ce n’est pas nouveau ici. Mais on observe une augmentation importante depuis les deux, trois dernières semaines. Les structures maintenant sont complètement incapables de répondre aux besoins. Il n'y a pas assez de lits, il n'y a pas assez de sites pour la prise en charge, et surtout il n'y a pas assez d'implication dans l'engagement communautaire.

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    Le Nord-Kivu comptait, au 18 septembre, 843 décès, soit une létalité de près de 61 %. Pourquoi la situation est-elle particulièrement critique dans cette province ?

    Oui, alors il y a une résistance assez importante par rapport à Ebola, au Nord-Kivu. Il y a aussi beaucoup de peur à propos de cette maladie. Ce n'est pas la première fois qu'il y a Ebola au Nord-Kivu. Et justement, la population a très peur de cette maladie, très peur d'aller chercher les soins qui sont nécessaires. Il y a beaucoup d'informations contradictoires. Donc, c'est vraiment un problème à la base de la communauté, par rapport à la compréhension de la maladie et des soins qui seront disponibles et sur comment se protéger.

    Il y a non seulement ça, mais il y a aussi le fait qu'il y a très peu de sites pour accueillir les malades. Donc là, on parle de deux centres de traitement pour une population de deux millions de personnes. Donc, même si la population était mobilisée pour maîtriser la maladie, il y a vraiment un manque de structures capables d'accueillir les malades.

    Alors, vous dites qu’à Butembo, les organisations MSF et Médair sont les deux principaux acteurs disposant des centres de traitement Ebola pour une population estimée à environ deux millions d'habitants. De combien de lits disposez-vous réellement et que se passe-t-il lorsque ces lits sont tous occupés ?

    Voilà les deux sites. Il y en a un que MSF est en train de gérer en collaboration avec le ministère de la Santé. Tout comme pour Médair, c'est la même chose, et cela fait 50 lits. Après, il y a des centres de transit, où sont accueillis les cas suspects. Mais aujourd'hui, la situation, c'est qu'il n'y a pas assez de lits pour tous les confirmés, sans parler même des suspects.

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    Près de 43 % des malades hospitalisés au Nord-Kivu sont pris en charge en dehors des structures répondant aux normes Ebola. Quel risque cela représente-t-il pour les patients, les soignants et les autres malades ?

    Oui, c'est un excellent point et c'est ça qui perturbe. Parce que les travailleurs de première ligne dans les centres de santé, les centres hospitaliers, sont le plus exposés aujourd'hui parce qu'ils n'ont pas d'appui, ils n'ont pas d'équipement de protection individuelle. Donc ils prennent des risques énormes et ils doivent faire des choix impossibles.

    C’est-à-dire que, lorsqu’ils voient qu'il y a des malades devant eux, soit ils se mettent à risque pour les soigner, pour les aider, sachant qu'ils n'ont pas les équipements nécessaires pour se protéger, soit ils les envoient potentiellement mourir à la maison. Donc c'est vraiment très très compliqué pour les structures sanitaires qui ne font pas partie de la riposte, qui sont juste là comme structures sanitaires ordinaires.

    Cela veut dire que certains patients finissent par retourner dans leur communauté, faute de place ?

    Oui, faute de place, mais aussi faute de compréhension sur les potentielles pistes de prise en charge. Mais effectivement, on a une situation aujourd'hui où il n'y a pas assez de lits pour accueillir les cas confirmés. Après, il y a aussi tous les cas suspects.

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    Mais comment expliquez-vous la faible présence des acteurs humanitaires et internationaux à Butembo ?

    En tant qu'organisation indépendante, MSF est présent depuis le début de l'épidémie à Butembo. On a commencé à mener nos activités dès le départ en curatif mais en préventif avec de l’engagement communautaire. Il n’y a malheureusement pas eu énormément de focus sur le Nord-Kivu parce que l'épidémie a eu une augmentation un peu plus lente, si je peux dire. Donc je pense qu'il y a eu moins d'attention sur cette zone par rapport à d'autres zones. C'est juste que maintenant l'épidémie est en train d'augmenter d'une manière importante. Il faudrait une réponse adéquate par rapport à cette augmentation de cas.

    Si les capacités de prise en charge ne sont pas renforcées rapidement à Butembo et Katwa, quel est le scénario que vous redoutez dans les prochaines semaines ?

    C'est que la maladie continue à se propager dans la communauté d'une manière très, très, très significative, parce qu'il y a non seulement la ville de Butembo et les zones de santé de Butembo et Katwa, mais il y a aussi toutes les zones de santé voisines qui sont maintenant touchées. Ils font face à des cas confirmés dans leurs zones de santé aussi. Et là on parle vraiment des zones rurales qui n'ont aucun appui. Donc, le risque, c'est que, en fait, la maladie continue petit à petit d'aller dans les zones de santé voisines et que finalement cela continue à se propager.

    Mon, 21 Sep 2026
  • 301 - Congrès des écrivains et artistes noirs: «C'était le monde noir que ce petit groupe avait réussi à rassembler»

    Il y a 70 ans, Paris vivait un évènement fondateur. Au sein de l’amphithéâtre Descartes de la Sorbonne se tenait le premier Congrès des écrivains et artistes noirs. Porté par Senghor, Césaire, Cheikh Anta Diop et tant d’autres venus d’Afrique, de la Caraïbe, de l’océan Indien, des Amériques et d’Europe, ce congrès allait ouvrir une nouvelle ère. Un congrès porté particulièrement par feu Alioune Diop, poète et fondateur de la revue Présence africaine. Arrivé de Guadeloupe pour ses études, Daniel Maximim a côtoyé tous ces pères fondateurs et dirigé la revue Présence africaine après la disparition d’Alioune Diop.

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    Fri, 18 Sep 2026
  • 300 - Sécheresse au Soudan et au Tchad: «On se retrouve avec des hauteurs d’eau qui reviennent aux années les plus sèches»

    Alors que la saison des pluies qui s’achève a connu des précipitations particulièrement faibles, la plus grande partie du Tchad est confrontée à une sécheresse de grande intensité. Même situation de l'autre côté de la frontière soudanaise, dans la province du Darfour, où le Programme alimentaire mondial évoque une situation sans précédent depuis 40 ans. Florence Sylvestre, paléoclimatologue, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et spécialiste du Tchad, est l’invitée d’Afrique midi.

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    Thu, 17 Sep 2026
  • 299 - Édouard Mendy: «C’était le moment pour moi de mettre un terme à ma carrière internationale»

    Édouard Mendy a décidé d'arrêter sa carrière internationale. Le gardien de but sénégalais, qui évolue en club à Al Ahli, en Arabie saoudite, l'a annoncé dimanche 13 septembre sur ses réseaux sociaux. Il a choisi RFI pour expliquer les raisons de cette décision. À 34 ans, et après 59 sélections, c'était le bon moment pour lui d'arrêter. C'est l'un des meilleurs gardiens africains de l'histoire qui quitte sa sélection.

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    Wed, 16 Sep 2026
  • 298 - Illettrisme en RDC: «Les enseignants non qualifiés transmettent leurs insuffisances aux enfants»

    La RDC compte, selon le gouvernement, environ 23 millions de personnes qui ne savent ni lire ni écrire, soit près d’une personne sur cinq. Comment expliquer ces chiffres catastrophiques ? Arthur Yenga Maombe, professeur de journalisme à l’Université des sciences de l'information et de la communication de Kinshasa et à l’Université de Kisangani, est co-auteur de l’ouvrage L'éducation en contexte de crise, et il est l’invité d’Afrique midi.

    Tue, 15 Sep 2026
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