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La Une de la presse cette semaine à Kinshasa

- 239 - À la Une: Mutamba dénonce un complot «politico-judiciaire», la rue ouverte à la majorité mais interdite à l'opposition
À la Une d’Infos27, le débat politique se déplace dans la rue. Sous le titre « La rue change de visage », le quotidien estime que ceux qui en avaient fait « leur principal levier de pression découvrent que le terrain n’est plus leur chasse gardée ». Une référence à la mobilisation de l’opposition du 15 septembre contre le changement de constitution, jugée limitée par ce confrère, puis à celle du parti présidentiel UDPS et de ses alliés, le 23 septembre, à Kinshasa et dans plusieurs provinces. Pour Infos27, le parti présidentiel qui manifestait en faveur d’un changement de constitution entend ainsi démontrer que « l’opposition ne détient pas le monopole de la rue ».
Dans Vraie Thématique, autre lecture du même épisode. Le bihebdomadaire relaie les accusations de l’opposition et de la société civile contre une politique de « deux poids, deux mesures » dans l’encadrement des manifestations. L’opposant Delly Sesanga dénonce notamment une manifestation du pouvoir bénéficiant, selon lui, « d’un itinéraire concerté et d’un encadrement sécuritaire », contrairement à celle de l’opposition qui avait été réprimée, faisant un mort. Jean-Marc Kabund, un autre opposant, parle, lui, d’une « démocratie à géométrie variable où la rue est libre pour les partisans du régime et interdite à l’opposition ».
Procès du Frivao
Dans Forum des as, changement de registre avec l’affaire Constant Mutamba. Quelques jours après sa condamnation par la Cour de cassation à dix ans de travaux forcés dans le dossier du Frivao, l’ancien ministre de la Justice conteste le verdict et dénonce un « complot politico-judiciaire ». La Cour l’a condamné pour détournement de deniers publics du Frivao, le Fonds spécial de répartition de l'indemnisation aux victimes des activités illicites de l'Ouganda. Mutamba, lui, conteste notamment la procédure et l’absence, selon lui, de preuves matérielles suffisantes. Il accuse l’entourage du président de la République d'avoir initié ce procès après lui avoir attribué des ambitions présidentielles qu'il dit ne pas avoir exprimées.
Les Kinois pleurent Miguel Masaisai
Econews rend hommage au cycliste Miguel Masaisai, avec ce titre : « Un jeune qui portait l’espoir et la paix ». Le jeune athlète, mort accidentellement au Congo-Brazzaville, est présenté comme un espoir du cyclisme congolais et comme un sportif engagé dans le projet « Pedals for Peace », destiné à porter un message de paix de Goma à Rabat. La Tempête des Tropiques, un autre quotidien, rapporte que c’est sur leurs vélos que les cyclistes kinois et de Goma ont choisi de pleurer ce dimanche 20 septembre Miguel Masaisai. À Goma, sa ville natale, la course a réuni les cyclistes de différentes générations, les professionnels comme les amateurs.
Levée de sanctions
Bouclons avec L’Avenir : « Washington lève les sanctions contre Olenga et Safari Beach ». Neuf ans après leur inscription sur la liste noire du Trésor américain, le général François Olenga et le complexe Safari Beach ont été retirés du dispositif américain le 23 septembre. L’Ofac ne précise toutefois pas les raisons de cette décision. Le quotidien rappelle que les sanctions avaient été prises en 2017 et entraînaient notamment le gel des avoirs sous juridiction américaine et des restrictions sur les transactions. Leur levée met fin à ces restrictions, mais, souligne le texte, « il serait prématuré d’y voir une approbation de l’ancien rôle du général ou un changement global de la politique américaine envers Kinshasa ».
Sat, 26 Sep 2026 - 238 - À la Une: la mobilisation de l’opposition tourne aux heurts, 15 millions de dollars jetés dans la mer
En Une du quotidien Le Journal : « La mobilisation de l’opposition tourne aux heurts dans plusieurs villes». La journée nationale de mobilisation lancée mardi par la coalition C64 pour dire « non » au projet de modification ou de changement de la Constitution, a été marquée par des tensions à Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani et Mbandaka, avec des affrontements, des dispersions au gaz lacrymogène et plusieurs interpellations. À Kinshasa, où la manifestation avait été autorisée, note Le Journal, quelques centaines de militants de l’opposition ont participé au cortège, des heurts les ont rapidement opposés à des groupes présentés comme pro-régime. La police est intervenue à coups de gaz lacrymogène. Un mort a été signalé en fin de journée. Pour ce quotidien kinois, « Cette journée de mobilisation met ainsi en évidence la montée des tensions autour de la question constitutionnelle, alors que l’opposition cherche à transformer son refus d’un éventuel troisième mandat en rapport de force politique avec le pouvoir».
Ouragan enchaîne sur le même sujet et rapporte qu’au lendemain de cette manifestation, le Secrétaire général du parti présidentiel Augustin Kabuya, s’est moqué de la faible capacité de mobilisation de l’opposition. Face à ses partisans, il affirme que l’influence de l’opposition repose davantage sur les réseaux sociaux que sur une implantation populaire.
La Terre n'a pas tremblé le 15 septembre
Le Maximum affirme en Une que « La Terre n'a pas tremblé le 15 septembre ». La mobilisation n’a, selon l’hebdomadaire, pas produit «l’apocalypse prédit». Les forces de l’ordre ont contenu les incidents provoqués sans que la journée ne se transforme en drame national.
Pour Africanews, un autre trihebdo, si plusieurs proches du régime se réjouissent de ce qu’ils qualifient de «faible mobilisation », le débat a viré ailleurs. Au terme de la journée, le nombre de manifestants n’est plus au centre des discussions. «Personne ne parlera du nombre de manifestants, tout ce qui va intéresser, ce sera le bilan en termes d’incidents désormais », explique Africanews.
Le chef de l’Africa CDC recadre Kinshasa : l’épidémie "n’est pas sous contrôle"
Concernant l’épidémie d’Ebola. Econews titre : «Le chef de l’Africa CDC recadre Kinshasa : l’épidémie "n’est pas sous contrôle" », a déclaré jeudi le directeur général de l’agence sanitaire de l’Union africaine, Jean Kaseya publiquement. Le journal évoque une «mise au point cinglante » qui vient écorner l’optimisme affiché par Kinshasa. Avec « 3 577 morts pour 7 404 cas recensés au 15 septembre», Jean Kaseya estime que l’heure est à une « mobilisation urgente».
Le confrère s’interroge : « Comment prétendre avoir dompté le virus alors même que le suivi des cas contacts s’avère "pas du tout encourageant" et que les infrastructures sanitaires dans les sept provinces touchées de l’Est se trouvent dépassées par la flambée des contagions ? »
Econews dénonce une « autosatisfaction prématurée », une « communication politique hâtive» et «l’une des erreurs stratégiques les plus périlleuses qui soient». Conclusion du journal : « L’optimisme de façade affiché par Kinshasa risque d’engourdir la vigilance collective, de démobiliser les acteurs du terrain et de briser la chaîne de prévention ».
15 millions de dollars américains jetés dans la mer
Autre dossier évoqué dans la presse : des bateaux commandés et livrés, mais inadaptés aux eaux de la RDC. C’est dans Forum des As qui pointe une « colossale somme de 15 millions de dollars américains jetés dans la mer».
Le ministre de la Pêche et de l’Élevage affirme que ces bateaux ne correspondent pas aux besoins techniques de la pêche maritime congolaise. Pour Forum des As, « gaspiller une énorme somme de 15 millions de dollars américains sans que le pays ne puisse en tirer aucun dividende, constitue un crime économique qui ne doit pas rester impuni».
Enfin, Congo Nouveau titre sur « le budget record de 24,8 milliards de dollars US pour 2027 ». La Première ministre Judith Suminwa a déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi de finances 2027, présenté comme un budget «d’action et de souveraineté», avec trois priorités : sécurité, pouvoir d’achat et investissements. Des crédits sont prévus pour les élections, l’identification de la population et le dialogue national.
Sat, 19 Sep 2026 - 237 - À la Une: les flammes dévorent des élèves à Bukavu, une pègre emporte deux engins stratégiques à Kinshasa
On ouvre avec Tempête de tropiques qui barre sa Une avec ce titre : « Un incendie fait au moins 27 morts parmi des élèves à Kadutu ». Le quotidien rapporte qu’un drame d’une grande ampleur s’est produit sur l’avenue Kasheke, dans le quartier Cimpunda, commune de Kadutu, à Bukavu. Un incendie, dont l’origine reste inconnue, s’est déclaré soudainement, ravageant plusieurs habitations ainsi que des infrastructures scolaires riveraines. Le bilan s’est alourdi au fil des heures : 27 élèves ont perdu la vie et plusieurs autres ont été grièvement blessés.
Le journal évoque pour sa part une « RDC face à la loi du feu : après Kinshasa, Bukavu pleure ses enfants ». Le quotidien parle d’une « spirale infernale et meurtrière» qui semble s’être emparée du pays. Le confrère souligne un « deuil avec un bilan effroyable qui ne cesse de s'alourdir, touchant la chair de sa jeunesse. »
Alors que la RDC n’a pas encore fini de sécher ses larmes après l’incendie meurtrier de la salle de fêtes Panacée à Kinshasa, samedi dernier, le feu a de nouveau frappé jeudi. Selon le confrère, le drame a provoqué une panique générale dans les écoles voisines Ujamaa et Furaha. Pris de court par la rapidité du brasier, les élèves ont tenté de fuir dans le chaos. La plupart des victimes auraient été « piétinées ou étouffées lors d’une bousculade mortelle ». Plusieurs autres enfants, grièvement brûlés ou victimes d’une sévère asphyxie, ont été conduits vers les structures sanitaires de Bukavu.
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De la capitale aux provinces, les alertes et les départs de feu se succèdent à un rythme effrayant, traduisant une vulnérabilité critique face aux risques d'incendie, à l'absence de normes de sécurité strictes et à la faiblesse des moyens de secours d'urgence. Le Potentiel titre : «Quand le feu devient un défi de gouvernance ». Pour ce quotidien, les drames de Kinshasa et Bukavu « doivent être regardés comme un signal d’alarme national ». La répétition des incendies, la destruction des maisons et des écoles et surtout la mort d’enfants dans des établissements censés les protéger posent, selon lui, la question de la prévention et de la sécurité civile. Et de conclure : « À Kinshasa et à Bukavu, les flammes ne brûlent pas seulement des maisons et des écoles. Elles mettent à nu les failles de la prévention, de la sécurité civile et de l'aménagement urbain en RDC. Et après ce drame, gouverner par anticipation n'est plus un choix : c'est une obligation».
Sur le volet politique, Econews titre : « Rentrée parlementaire, marche de l’opposition… Kinshasa en sursis : 15 septembre, le jour où tout peut basculer». Le quotidien souligne la coïncidence entre l’ouverture de la session parlementaire et la manifestation annoncée par la coalition C64 contre un changement de la Constitution. À cinq jours de l’échéance, l’incertitude demeure sur l’autorisation de la marche, le maintien de la rentrée parlementaire et les conditions de sécurité.
D'ici mardi, les regards resteront braqués sur le Parlement, mais aussi sur les autorités chargées d'encadrer la manifestation. La rentrée sera-t-elle reportée ? La marche sera-t-elle autorisée ? Les deux événements pourront-ils se dérouler sans heurts. Ouragan estime que « le pouvoir évite l’affrontement ». Le journal rapporte que le chef du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a proposé au président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, de reporter à 18 heures la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire pour des raisons «sécuritaires et préventives ».
« La peur a-t-elle gagné les hauts étages de la République ? », s’interroge Ouragan qui pense que « le parti au pouvoir est encore traumatisé par les troubles de la dernière marche de l'opposition à Kinshasa et redoute un bain de sang qui souillerait irrémédiablement l'image internationale du régime. » De scènes de violences devant le Palais du Peuple, temple de la démocratie congolaise, serait une catastrophe diplomatique. À l'heure où Félix Tshisekedi tente de se poser en garant du dialogue national et de la stabilité. Des images de répression sanglante réduiraient donc en cendres sa crédibilité internationale.
Au cœur de cette mobilisation : la hantise d'un troisième mandat de l'actuel chef de l'État. La C64 accuse l'Union sacrée de vouloir exploiter la crise sécuritaire pour préparer le terrain à une modification de la loi fondamentale. Le 15 septembre 2026, conclut Ouragan, « s'annonce donc comme un rendez-vous à haut risque. »
Etl'Avenir boucle cette revue avec le vol de « Deux machines de capture des passeports ». Deux appareils servant à la capture des données nécessaires à la délivrance des passeports biométriques ont été dérobés au Centre de capture Infinity, à Kinshasa. Le vol a été constaté par les responsables du centre, selon des sources proches du ministère des Affaires étrangères. Une enquête a été ouverte, lit-on dans l’Avenirqui indique que « la protection de ces installations ne concerne pas uniquement la continuité du service public, mais également la confidentialité et l'intégrité des données traitées. ».
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Sat, 12 Sep 2026 - 236 - À la Une: une rentrée scolaire sous «deux feux rouges», Ebola s’enracine
Rentrée scolaire oblige, le quotidien Forum des ASS barre sa une avec ce titre : « Kinshasa : une reprise effective, mais encore timide ». Le quotidien confirme que « la rentrée scolaire a bel et bien eu lieu » mardi 1er septembre à Kinshasa. Dans plusieurs établissements de la capitale, les élèves ont repris le chemin de l’école, même si l’affluence reste faible dans certaines écoles, notamment dans le privé. Le constat du quotidien est donc nuancé : la rentrée est effective, mais elle reste « encore timide ».
Le Phare élargit la focale et parle d’une rentrée scolaire devant « deux feux rouges : Ebola et l’insécurité ». Le journal redoute des perturbations dans les provinces touchées par le virus. À Bunia, en Ituri, comme à Beni, au Nord-Kivu, des syndicats d’enseignants ont menacé de boycotter la rentrée, faute de garanties suffisantes sur les mesures de prévention, notamment les lave-mains, les gels antiseptiques et les thermomètres. Le projet de déclencher une grève illimitée aurait finalement été abandonné après des assurances de Kinshasa.
Pour Le Phare, « la grande inconnue reste l’insécurité ». Malgré le mécanisme de contrôle et de vérification du cessez-le-feu mis en place à Doha, le journal souligne que la paix est encore loin d’être revenue au Nord et au Sud-Kivu. Il cite notamment l’attaque de drone à Minembwe, survenue au début de l’opération de vérification, ainsi que les affrontements signalés à Minembwe et à Uvira. À ces deux urgences s’ajoutent, selon le quotidien, dans plusieurs territoires affectés par les combats, les incertitudes sur la mécanisation et le paiement des nouvelles unités d’enseignants, la fiabilisation du fichier des effectifs et la mise en œuvre de nouveaux programmes.
Sur le front sanitaire, Econews titre : une RDC « dépassée par le virus » Ebola qui « s’enracine ». Le trihebdomadaire évoque plus de 6 000 cas confirmés et près de 3 000 morts dans six provinces, estimant que l’épidémie est encore « loin d’être maîtrisée ». Pour Econews, « Ebola n’est plus seulement une menace sanitaire localisée » : le virus progresse et les chaînes de transmission se multiplient.
La Tempête des Tropiques relaie, elle, l’inquiétude de la CENCO. Les évêques catholiques appellent à renforcer la riposte et alertent sur la possibilité que les chiffres officiels ne reflètent pas toute l’ampleur de la circulation du virus. Ils dénoncent aussi le manque d’équipements de protection et les ruptures de stocks dans certains établissements de santé.
« La perpétuité requise contre le général Philémon Yav », ancien commandant de la troisième zone de défense, peut-on lire dans Ouragan. Le ministère public demande à la Haute cour militaire de retenir notamment les charges de trahison et de participation à un mouvement insurrectionnel. La défense conteste les accusations et estime qu’aucun élément matériel ne permet d’établir les faits.
Enfin, pour clore cette revue de presse, Africanews revient aussi sur les emprunts contractés par l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, pour achever le Centre financier de Kinshasa. Le tabloid évoque une dette de 150 millions de dollars contractée à 11,5 %, et oppose ce financement au premier Eurobond congolais levé à 9 %.
« L’homme qui dénonçait, mercredi, le taux de 9 % du premier Eurobond congolais comme ‘insoutenable’, avait lui-même contracté une dette qui fait payer 11,5 % aux générations actuelles et futures. » Le parallèle est implacable, commente le confrère kinois : d’un côté, le gouvernement Suminwa II lève à 9 % sur dix ans pour du productif : la centrale de Katende qui attend depuis des décennies, des routes nationales, des aéroports. De l’autre, un emprunt à 11,5 % sur du court terme, à remboursement semestriel écrasant, pour du béton administratif.
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Sat, 05 Sep 2026 - 235 - À la Une: un dialogue national annoncé « sans Kabila ni M23 »
Ouvrons cette revue de presse avec Congo Nouveau, qui titre : « Tshisekedi lance un dialogue sans Kabila ni M23 ». Le trihebdomadaire s’intéresse aux contours du dialogue national annoncé par le président congolais. Un processus qui doit débuter par des consultations dans les 26 provinces avant de se poursuivre à Kinshasa, pour une durée maximale de trois mois.
Mais Congo Nouveau relève surtout les lignes rouges fixées par Félix Tshisekedi : pas de place pour les groupes armés, pas de partage du pouvoir et pas de médiation étrangère. L’exclusion de l’AFC/M23 et de Joseph Kabila suscite déjà de vives réactions dans l’opposition. Martin Fayulu réclame leur participation, Delly Sesanga dénonce un dialogue exclusif, tandis que Moïse Katumbi exprime sa méfiance.
Pour le tabloïd, le pari présidentiel reste risqué : un dialogue perçu comme verrouillé pourrait avoir du mal à produire une solution durable à la crise congolaise. Le Phare revient lui aussi sur l’architecture de ce futur dialogue national. « Une consultation politique et technique dans chaque province d’abord !», titre le quotidien.
Il insiste sur le caractère inédit de la démarche : la parole doit partir des provinces avant de remonter vers Kinshasa. Institutions, partis politiques, confessions religieuses, organisations de femmes et de jeunes, monde économique, universitaire et scientifique : toutes les forces vives sont appelées à contribuer au diagnostic. Ces consultations doivent ensuite servir de base aux assises nationales. Le Phare souligne également la principale ligne rouge présidentielle : ceux qui ont pris les armes contre la République ne pourront pas participer au dialogue comme composantes politiques.
Forum des As retient, lui, le compte à rebours : « Dialogue national : Félix Tshisekedi ouvre un compte à rebours de trois mois ». Le quotidien détaille les étapes du processus et relève la distinction faite entre le dialogue national et les discussions de Doha avec l’AFC/M23. Pour Félix Tshisekedi, les questions militaires doivent être traitées à Doha, tandis que le dialogue national doit s’occuper de la refondation politique et institutionnelle. Forum des As rappelle toutefois que le président n’a pas encore fixé de date précise pour le début des consultations provinciales.
Suspension d'activités académiques dans des établissements publics
Le Journal s’intéresse à un autre front : La « Bataille pour le contrôle des universités de Goma et Bukavu ». Kinshasa a suspendu les activités académiques dans onze établissements publics des deux villes contrôlées par l’AFC/M23. Une décision justifiée par des impératifs sécuritaires et la nécessité de préserver la légalité des diplômes.
Le mouvement rebelle annonce, de son côté, un mécanisme de substitution pour maintenir les études. Au-delà de l’éducation,Le Journal y voit une bataille pour le contrôle institutionnel de ces territoires. EcoNews, un autre quotidien souligne justement que cette décision « ravive les craintes de balkanisation ». L’opposition, la société civile et plusieurs personnalités dénoncent une mesure qui risque de pénaliser des milliers d’étudiants. Le gouvernement défend, lui, la préservation de l’intégrité de l’État et des titres académiques.
Et pour boucler cette revue de presse, La Tempête des Tropiques revient sur la condamnation de Rebo Tchulo. La chanteuse a écopé de douze mois de servitude pénale avec sursis de 24 mois, sans amende, pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à leur devoir et à la discipline. Une décision qui lui permet cependant de rester libre et de reprendre ses activités artistiques.
Sat, 29 Aug 2026 - 234 - À la Une: Constant Mutamba risque 15 ans de prison supplémentaires, des «chiens de chasse» contre les dérives sur internet
Ouvrons cette revue de presse avec le quotidien Forum des As qui revient sur le procès Frivao, du nom de ce fonds chargé d’indemniser les victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC. À la Cour de cassation, le ministère public a requis 15 ans de travaux forcés contre l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, et Chançard Bolukola, ancien coordonnateur intérimaire du Frivao. Les deux hommes sont poursuivis pour détournement présumé de deniers publics en participation criminelle directe. L’accusation porte notamment sur plusieurs décaissements : 14 millions de dollars remis à Congo Énergie, 200 000 dollars à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, 2 millions à Global Assurance et 1,24 million à Divo SARL. D’autres fonds auraient également été affectés à Tropique Architecture.
Le quotidien Le Journal précise que le parquet réclame aussi, pour chacun, cinq ans d’interdiction de vote et d’éligibilité après la peine, ainsi que l’interdiction d’exercer des fonctions publiques ou parapubliques. La Cour rendra sa décision le 2 septembre, conclut-il, après plusieurs audiences marquées par les contestations de la défense et les absences de Constant Mutamba.
« À Washington, Kabila ouvre le front judiciaire »
Changement de décor avec cette Une d’Ouragan. L’ancien président congolais conteste devant la justice américaine les sanctions financières prises contre lui par le Trésor des États-Unis. Selon le journal, son avocat, Erich Ferrari, a saisi le 4 août un tribunal fédéral du district de Columbia pour contester sa désignation par l’OFAC, l’organisme américain chargé de l’application des sanctions. Washington accuse Joseph Kabila de soutenir la rébellion de l’AFC-M23. Sa défense juge ces accusations trop générales et estime que les autorités américaines ne démontrent pas l’existence d’un soutien matériel, financier ou opérationnel à cette rébellion.
Le Potentiel, un autre quotidien estime que l’ancien président cherche à déplacer le débat : il ne s’agit plus seulement de savoir ce que Kinshasa lui reproche, mais ce que Washington est capable de démontrer.
Le bihebdomadaire Exclusif-RDC insiste qu’au-delà de la réputation, l’enjeu est financier : les sanctions américaines peuvent entraîner le gel de certains avoirs de Kabila et compliquer ses opérations bancaires avec des acteurs relevant de la juridiction américaine.
Des « chiens de chasse » contre les dérives sur internet
La Prospérités’intéresse aux dérives sur les réseaux sociaux. Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, a appelé cette semaine à une mobilisation générale d’Officiers de police judiciaire pour réprimer rigoureusement les infractions prévues par le Code du numérique. Désormais, commente le confrère kinois, les OPJ sont appelés à s’autosaisir, agir comme de véritables « chiens de chasse », dès qu’ils constatent une infraction, sans attendre nécessairement une plainte. Le parquet veut ainsi renforcer la lutte contre les abus en ligne, tout en affirmant vouloir préserver la liberté d’expression.
Une note d’espoir dans la lutte contre Ebola
Enfin, Econews apporte une note d’espoir dans la lutte contre Ebola avec cette annonce d’un déploiement de 70 000 doses du vaccin Ervebo dans l’est de la RDC par l’OMS. Alors que l'épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays continue de semer la terreur avec 2500 morts pour plus de 5000 cas, le tabloïd parle d’une «bouffée d'oxygène» qui «vient percer le voile du deuil » : Car ce vaccin, homologué contre la souche Zaïre, fait actuellement l’objet d’un essai contre la souche Bundibugyo qui circule dans le pays et qui est, rappelle Econews, «loin d’être maîtrisée».
Sat, 22 Aug 2026 - 233 - À la Une: la riposte à Ebola «s’essouffle», le texte sur le référendum renvoyé au Parlement
Le quotidien Le Journal ouvre cette revue de presse avec son titre : « Référendum, le texte revient devant le Parlement ». Le Bureau de l’Assemblée nationale annonce une nouvelle délibération de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum au cours de la session parlementaire de septembre 2026. Cette décision fait suite à une correspondance adressée le 10 août par le président Félix Tshisekedi aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Le chef de l’État a sollicité une nouvelle délibération du texte.
Sur le même sujet, Forum des As rappelle que cette démarche intervient quelques jours après l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle qui avait déclaré le texte conforme à la Constitution, tout en formulant plusieurs réserves concernant certaines de ses dispositions, notamment en matière de suppression, de substitution et de réécriture. Pour le quotidien, la demande présidentielle ouvre ainsi une nouvelle étape dans le parcours législatif de la loi référendaire. Forum des As précise : «Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’un abandon du texte, mais d’une volonté de tenir compte des observations formulées par le juge constitutionnel avant son éventuelle promulgation ».
Autre sujet à la Une de la presse : l’épidémie d’Ebola. la RDC franchit la barre de plus de 4 000 cas confirmés et plus de 2 000 décès. C’est dans Le Potentiel. Le pays compte maintenant de 2 185 morts parmi 4 665 cas confirmés. Le taux de létalité approche 50 %. L’épidémie touche 6 provinces, à savoir le Haut-Uélé, Bas -Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo.
La Tempête des tropiques, un autre quotidien rapporte « que 60 à 79 % des morts sont enregistrés dans les communautés, loin des centres de traitement ».
Le trihebdomadaire Ouragan rapporte que quatre décennies après avoir contribué à mettre au jour Ebola, Jean-Jacques Muyembe observe avec inquiétude une flambée dont l’ampleur et la célérité l’alarment. Le virologue congolais, déplore une riposte lente et inefficace.
« Ebola : des morts s’accumulent, la riposte s’essouffle »
C'est à lire dans Econews. Ce tabloid affirme que « le virus progresse à une vitesse inédite». Et pointe une « machine administrative [ qui ] tourne à vide, entraînant la riposte dans une zone d’essoufflement ». Pour Econews, cette épidémie d’Ebola « n’est pas une simple crise sanitaire. C’est un scandale d’État. ». Alors que le virus Bundibugyo, cette souche rare contre laquelle il n’existe ni vaccin approuvé ni traitement spécifique, continue de faucher des vies à un rythme jamais observé, la riposte s’enlise dans les couloirs de la capitale, estime le journal. Qui précise qu’en très peu de temps, « nous sommes passés de trois zones de santé à 53 aujourd’hui, et de trois à 6 provinces affectées».
Econewspointe « des centres de décision prisonniers de débats philosophiques» et déplore que « Des médecins de l’Est congolais soignent les suspects sans protection adéquate, faute de systèmes d’évacuation et d’isolement fiables. Des laboratoires manquent d’intrants pour travailler, tandis que des dépôts à Kinshasa regorgent de matériel jamais déployé ».
Econewsdéplore donc un «paradoxe insoutenable qui privilégie les réunions institutionnelles à l’action concrète sur le terrain ».
Sat, 15 Aug 2026 - 232 - À la Une: Fwamba sonne la fin de la fraude à la TVA, Shadary et Minaku livrés à la justice militaire
Notre revue part de ce titre dans Econews : « Le bilan d’Ebola approche les 2 000 morts, pendant que Kinshasa audite les fonds, Africa CDC sonne l’alarme. »
Le trihebdomadaire souligne le contraste entre les préoccupations des autorités congolaises et celles des partenaires internationaux engagés dans la riposte.
À Kinshasa, écrit le journal, les interrogations portent principalement sur la gestion des ressources financières mobilisées pour lutter contre l’épidémie. Pendant ce temps, sur le terrain, notamment à Bunia en Ituri, la progression du virus se poursuit. C’est dans ce contexte que le directeur général d’Africa CDC Jean Kaseya est arrivé mardi à Bunia, accompagné des équipes de l’Organisation mondiale de la santé et des autres partenaires de la riposte, afin d’évaluer les stratégies en cours et d’identifier les actions prioritaires.
Sur le même sujet, Le Potentiel affirme que le président Félix Tshisekedi a repris le contrôle de la coordination stratégique de la riposte en associant l’OMS et Africa CDC. Une première réunion avec les responsables des deux institutions s’est tenue mercredi à Kinshasa autour du chef de l’État. Mais le quotidien prévient : « La véritable victoire ne se mesurera pas au nombre de réunions organisées, mais au nombre de vies sauvées. » Et d'ajouter : « Face à Ebola, le temps des discours est toujours plus court que celui de la contagion. C’est sur le terrain, et non dans les salles de conférence, que se joue la crédibilité de la stratégie présidentielle. »
À lire aussiRDC: au cœur de la riposte contre Ebola, la difficile coordination des financements
« Shadary et Minaku livrés à la justice militaire »
Sur un autre registre, Ouragan affiche en Une : «Plus de 200 jours après, Shadary et Minaku livrés à la justice militaire. »
Le trihebdomadaire rapporte que le Conseil national de cyberdéfense a transféré Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku à l’auditorat militaire. Ce tabloïd estime que la justice a désormais l’occasion de cerner les contours du dossier et d’apprécier la portée des accusations visant les deux proches de l’ancien président Joseph Kabila. Leur audition, initialement prévue jeudi, a été reportée à vendredi 15 août. Le dossier a officiellement quitté les services du Conseil national de cyberdéfense pour le parquet militaire. Ouragan relève également que, pour les partisans du PPRD, il s’agit d’une vengeance politique, tandis que le pouvoir évoque une nécessité sécuritaire.
De son côté, Congo Nouveau évoque des accusations politiques sensibles. L’hebdomadaire révèle qu’Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku sont soupçonnés d’« atteinte à la sûreté de l’État » et de liens présumés avec les activités de l’ancien chef de l’État. Leur camp politique rejette ces accusations et les qualifie de « montages » destinés à neutraliser l’opposition. Le journal rappelle que leurs avocats dénonçaient jusqu’ici des conditions de détention opaques et réclamaient leur comparution devant une juridiction indépendante.
Congo Nouveau estime que l’évolution de ce dossier sera observée de près par la classe politique et la société civile, qui y voient un test pour l’indépendance de la justice et l’État de droit.
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Fraude à la TVA : les entreprises frauduleuses dans le viseur des autorités
Enfin dans Africanews : Doudou Fwamba sonne la fin de la fraude à la TVA. En clôturant jeudi les cliniques fiscales, le ministre des Finances Doudou Fwamba a sonné la fin de la récréation pour les récalcitrants à la réforme de la facture normalisée. Cette réforme devenue obligatoire le 1ᵉʳ décembre 2025 pour toutes les entreprises assujetties à la TVA a connu deux prolongations pour sa mise en œuvre obligatoire, Africanews note que « c’est fini ».
Pour le ministre des Finances, « grâce au système informatisé, le Trésor peut désormais détecter les écarts entre la TVA collectée et la TVA effectivement déclarée par chaque opérateur économique ». Le ministre a instruit la direction générale des impôts de procéder à des sanctions ciblées contre les entreprises frauduleuses, mais aussi contre les agents du fisc coupables d’abstention.
« Ne soyez pas surpris demain si des relances, des mises en demeure et des saisies sont opérées », a prévenu l’Argentier national. Selon lui, les premiers résultats sont déjà visibles. Au cours des trois derniers mois, la mobilisation de la TVA est passée d’une moyenne de 280-290 milliards de francs congolais à 340 milliards.
Pour Doudou Fwamba qui veut doubler le niveau de mobilisation de la TVA, cet impôt est « le premier qui aide le Gouvernement à financer les politiques publiques ».
Et Africanews de conclure : « Le temps de la sensibilisation est terminé. Les entreprises qui ne se sont pas encore conformées s’exposeront désormais à l’application stricte de la loi. »
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Sat, 08 Aug 2026 - 231 - À la Une: Ebola prend des proportions apocalyptiques, la passe de la Cour constitutionnelle à Tshisekedi
Le Potentieltitre : « Ebola : enfin la riposte scientifique à la variante Bundibugyo ». Le quotidien salue une avancée majeure avec l’essai du traitement Ebopep en Ituri et le lancement, à l’université d’Oxford, du vaccin ChAdOx1 BDBV. Après des années sans solution spécifique contre cette souche, le journal estime que « la communauté scientifique attaque simultanément la maladie sur deux fronts : sauver les patients et empêcher les nouvelles infections ».
Mais Le Potentiel appelle à la prudence. « L’histoire d’Ebola enseigne la prudence», écrit-il, rappelant que les essais n’en sont qu’à leurs débuts et qu’il faudra démontrer leur efficacité, leur innocuité et leur accessibilité. Le quotidien souligne aussi que « la RDC n’est plus seulement le théâtre des épidémies d’Ebola ; elle devient le terrain où s’invente la réponse mondiale contre la variante Bundibugyo ».
Optimisme prudent
Il sait aussi que le véritable défi commence même après les découvertes scientifiques. « Car un vaccin ne protège personne s’il reste dans un laboratoire. Un traitement ne sauve aucune vie s’il n’atteint pas les centres de santé des zones enclavées de l’Ituri, du Nord-Kivu ou d’ailleurs. » Et de conclure : « Les ruptures d’approvisionnement, le sous-financement chronique des systèmes de santé et les hésitations des partenaires internationaux peuvent rapidement transformer une avancée scientifique en occasion manquée. »
Le trihebdomadaire Africanews partage cet optimisme prudent et résume l’enjeu en une formule : « Si Ebopep prouve son efficacité, la riposte contre Ebola change de nature. On ne court plus derrière l’épidémie. On la coupe à la source. » À l’inverse, Econews s’inquiète sous le titre : « Ebola, pendant que l’Ouganda tourne la page, la RDC s’enfonce dans une spirale inquiétante, plus de 1 500 décès déjà ! ». Cet autre trihebdomadaire oppose la fin officielle de l’épidémie en Ouganda, avec vingt cas confirmés et deux décès importés de RDC, à la situation congolaise, où 1 521 décès sont recensés.
Et de commenter : « Lorsque l’Ouganda exhale un soupir de soulagement, la RDC, elle, retient son souffle, étouffée par une hécatombe silencieuse mais dévastatrice. Un drame qui prend des proportions apocalyptiques. » « Comment expliquer un tel écart ? », s’interroge ce tabloïd qui estime que les raisons sont connues : « infrastructures sanitaires défaillantes, zones d’accès difficile, défiance des populations et manque de moyens logistiques. » Ceci alors que le virus «ne fait pas de politique. Il frappe là où le terrain est le plus vulnérable. » Il cite encore l’OMS qui rappelle que « l’ennemi ne connaît pas de frontières et que la menace reste intacte pour les pays voisins».
Un troisième mandat pour Tshisekedi ?
Le quotidien Afrikarabia titre : « RDC : feu vert pour un changement de Constitution et un possible 3e mandat de Tshisekedi ». Il revient sur la validation par la Cour constitutionnelle de la loi organisant le référendum. Selon le journal, cette décision permet désormais au président Félix Tshisekedi de consulter la population sur une nouvelle Constitution. L’opposition, réunie au sein de la Coalition C64, juge toutefois l’arrêt de la Cour « nul et non avenu » et appelle à une manifestation le 15 août contre « le changement de la Constitution » et « le troisième mandat ».
Le trihebdomadaire Congo Nouveau titre : « Loi sur le référendum validée : 3ᵉ mandat, la Cour fait-elle une passe à Tshisekedi ?» Sa réponse est nuancée. Le journal estime qu’« il n’est pas du tout facile de l’affirmer », la Cour ayant imposé plusieurs garde-fous, dont l’exigence d’une pétition de 250 000 signatures avant toute initiative référendaire. Enfin, Forum des As titre : « Entre deux rives, la Cour constitutionnelle choisit l’équilibre». Pour le quotidien, la haute juridiction a privilégié « ni validation aveugle, ni rejet frontal, mais une voie médiane, prudente et calculée », en validant la loi tout en l’assortissant de réserves substantielles.
Sat, 01 Aug 2026 - 230 - À la Une: en RDC, l'épidémie d'Ebola «progresse à un rythme presque insaisissable»
La presse kinoise revient largement sur l’épidémie d’Ebola. Forum des As titre sur le seuil des mille morts franchis en République démocratique du Congo, un chiffre qui « fait froid dans le dos », « un seuil symbolique, mais surtout dramatique». Le quotidien estime que «derrière ces chiffres, une réalité inquiétante : la maladie progresse à un rythme presque insaisissable ». Avec plus de 2 500 cas confirmés, l’épidémie figure déjà parmi les plus rapides jamais enregistrées.
Le journal revient aussi sur la situation en Ituri, où se concentrent près de 90% des cas, les difficultés du traçage des contacts, le manque de financement, l’insécurité, la défiance d’une partie de la population et des estimations selon lesquelles le nombre réel de cas pourrait dépasser les chiffres officiels.
Ouragan enchaîne avec ce titre : «Ebola, la cheffe du gouvernement au front». Judith Suminwa s’est rendue à Kisangani puis à Bunia pour évaluer la situation, accompagnée notamment de représentants des États-Unis, du système des Nations unies et de plusieurs partenaires internationaux.
Econews estime quant à lui que l’annonce de 50 millions de dollars par la Première ministre « résonne moins comme un signal d’espoir que comme le symptôme d’un mal plus profond». Le journal dénonce le contraste entre le cap des 1 000 morts, les soignants confrontés aux impayés et à la sous-rémunération, et les « ballets diplomatiques » accompagnés de budgets importants. Il s’interroge sur l’efficacité des financements et affirme que « l’épidémie à virus Ebola est devenue une rente», alimentant «une chaîne de complicités où l’urgence permanente sert de prétexte à l’opacité budgétaire ».
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Divergences avec l'opposition avant le dialogue national inclusif
Sur le front politique,Le Potentiel estime que les divisions de l’opposition s’accentuent avant le dialogue national inclusif. Le quotidien juge que le report des marches de la Coalition Article 64 et de l’Union sacrée a évité une confrontation à Kinshasa, tout en révélant les divergences autour du dialogue annoncé parFélix Tshisekedi.
Même lecture dans Le Phare, qui évoque des « lignes rouges » et un « terrible fossé» entre la volonté affichée par le chef de l’État et la perception d’une partie de l’opposition. Le journal estime que les exclusions rappelées par Patrick Muyaya risquent de réduire le cercle des participants.
Le Journal, quant à lui, titre : «La justice congolaise, une caisse noire de la République !». Le quotidien rapporte les propos de l’avocat Carlos Ngwapitshi, selon lesquels « 80 à 90 % des procès se gagnent par la corruption des juges». Il décrit un système où «le droit s’achète au kilo de billets », faisant de la justice « une bourse de verdicts ». Les juges sont accusés de s’être « transformés en caissiers qui distribuent des décisions judiciaires au plus offrant. Les pauvres, eux, n’ont que leurs larmes pour plaider». Le journal parle alors d’un écart entre le droit écrit et la pratique réelle.
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Sat, 25 Jul 2026 - 229 - À la Une: 22 juillet, journée à haut risque, les hôpitaux paralysés par la grève
Le Potentiel barre sa Une avec ce titre : « 22 juillet, journée à haut risque ». Le quotidien prévient que cette date s’annonce cruciale pour la République démocratique du Congo (RDC). Deux manifestations aux motivations divergentes : l’opposition qui appelle à une déferlante populaire contre un éventuel changement de la constitution, et la majorité qui entend contrer la marche.
Pour le quotidien, cette échéance constitue un véritable test de maturité démocratique pour les institutions. Dans un climat politique déjà tendu, le Potentiel rappelle que les manifestations passées ont souvent été synonymes de violences, et appelle le gouvernement à la retenue et les organisateurs au sens des responsabilités pour éviter que la rue ne devienne, une fois de plus, un champ de confrontation.
Le trihebdomadaire Africa News titre à sa Une : « 22 juillet, André Mbata joue contre son camp ». Le tabloïd s’interroge sur l’appel du secrétaire permanent de l’Union sacrée à organiser une marche le même jour que celle annoncée par l’opposition. Cette décision divise fortement, y compris au sein de la majorité présidentielle.
Pour Ouragan, un autre trihebdomadaire, alors que la majorité affiche publiquement ses désaccords, «l’opposition n’a presque plus besoin de faire beaucoup d’efforts pour s’attirer la sympathie de l’opinion ». Il commente : « L'opposition observe, critique et exploite les tensions au sein de l’Union sacrée. Les divergences publiques, les messages contradictoires et les querelles internes deviennent des arguments pour montrer aux Congolais la fragilité du régime, explique le périodique qui ajoute : l’opposition avance ses pions. Désormais, elle veut se présenter progressivement aux yeux des Congolais, comme l’alternative crédible d’un pouvoir au crépuscule prêt à chavirer».
Deuxième procès contre l’ex-garde des Sceaux Constant Mutamba
Le quotidien Forum des As revient sur l’ouverture du deuxième procès contre l’ex-garde des Sceaux, Constant Mutamba, accusé de détournement de plus de 20 millions de dollars. La Cour de cassation a tenu sa première audience dans ce dossier mettant en cause l'ancien ministre de la Justice et l'ex-coordonnateur du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en RDC. Le confrère décrit l'arrivée très remarquée de Constant Mutamba, descendu d’une ambulance en boubou blanc, le poing levé et visiblement en forme.
Devant les juges, l'ancien ministre a réfuté en bloc les accusations de détournements de fonds destinés aux victimes des activités de l'Ouganda, dénonçant une procédure obscure et un acharnement. Ses avocats ont obtenu un renvoi de l’audience au 27 juillet afin de pouvoir enfin accéder aux pièces du dossier.
Des hôpitaux paralysés par la grève
Enfin, le quotidien Le Journalparle de la grève des médecins qui paralysent les hôpitaux publics à Kinshasa. Les blouses réclament des primes et des régularisations administratives. Il décrit les conséquences dramatiques de la radicalisation de la grève lancée par les syndicats Sylimed et le Synamed avec l’opération « Hôpitaux sans médecins ».
Les couloirs des grands établissements de l'État sont vides et les malades sont délaissés, raconte le Journalpour qui « cette situation plonge les familles les plus démunies dans le désarroi, contraintes de renoncer aux soins ou de se tourner vers des structures privées aux tarifs inaccessibles ».
Le quotidien dit avoir constaté que « même certains cas d’urgence, y compris les femmes enceintes, se voient refuser l’accès aux soins dans plusieurs grands établissements de l’État, à l’instar de l’Hôpital général de référence de Kinshasa et de la Clinique Ngaliema».
Sat, 18 Jul 2026 - 228 - L’opposition résiste malgré l’intervention du Burundi
La presse kinoise revient largement sur les consultations menées à Bujumbura par le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye. Congo Nouveau rapporte que la Coalition Article 64 (C64) maintient son opposition à toute révision de la Constitution malgré les échanges tenus au Burundi. Citant Jean-Marc Kabund, le tri-hebdomadaire souligne que « nous ne transigerons pas avec l’ordre constitutionnel». La coalition affirme également que sa participation aux consultations n’implique aucun changement de position et confirme le maintien de la marche du 22 juillet, destinée notamment à dénoncer «le bradage de la souveraineté nationale » et à réclamer le retour à l’ordre constitutionnel.
De son côté,Forum des As insiste sur les conditions posées par la C64 pour un éventuel dialogue politique. Le quotidien cite la plateforme qui affirme : « Nous dialoguons avec tous ceux qui recherchent sincèrement la paix. Mais nous ne transigerons jamais sur la Constitution, l’État de droit et la souveraineté du peuple congolais. » Il relève également que la coalition exige le renoncement au projet de révision constitutionnelle, la libération des prisonniers politiques et une décrispation du climat politique.
L’analyse est différente dans Le Phare, qui s’intéresse au contenu des échanges de Bujumbura. Le quotidien affirme, sur la base de sources qu’il présente comme dignes de foi, que le président Évariste Ndayishimiye a appelé ses interlocuteurs à faire preuve de responsabilité face aux menaces pesant sur la RDC. Selon le journal, le chef de l’État burundais aurait invité les leaders congolais à concentrer leurs efforts sur les défis sécuritaires et « les menaces extérieures qui pèsent sur leur pays », estimant que le danger de désintégration nationale devrait constituer la priorité.
Ouragan, un autre trihebdomadaire met en avant les réserves exprimées dans le camp de l’ancien président Joseph Kabila. Le journal rapporte les critiques de plusieurs cadres du FCC qui contestent la neutralité du président burundais. Marie-Ange Mushobekwa estime notamment que « quelqu’un qui fait partie d’un conflit n’a pas la neutralité requise pour être médiateur ». À l’inverse, Martin Fayulu justifie sa participation aux consultations en déclarant : « Là où il y a une crise, les gens doivent se parler. »
Pour Econews, la médiation de Bujumbura apparaît comme « l’ultime round». Le quotidien décrit une tentative de relance du dialogue après les initiatives de Luanda et de Lomé, tout en soulignant que l’absence des alliés de Joseph Kabila réduit déjà la portée inclusive de la démarche.
Sur un autre registre, Le Potentiel consacre sa Une à la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations unies. Le journal revient sur le débat consacré aux violences sexuelles en période de conflit. La Première ministre Judith Suminwa y affirme que « notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur », tandis que la représentante spéciale des Nations unies, Pramila Patten, salue « le courage politique de la République démocratique du Congo » pour avoir porté cette question au plus haut niveau international.
Enfin, Tempête des Tropiques s’appuie sur une analyse du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme pour alerter sur la persistance des violences sexuelles dans l’Est du pays. Le quotidien rapporte que 37 incidents ont été documentés en un mois et souligne que ces violences sont utilisées comme « arme de guerre», principalement au Nord-Kivu, en Ituri et au Sud-Kivu.
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Sat, 11 Jul 2026 - 227 - À la Une: «Du gâchis, rien que du gâchis»
Le quotidien Le Phare barre sa Une d’un titre sans appel : « Indépendance Chacha : 66 ans de galère ». Le journal estime que le pays, présenté comme émergent au moment de l’indépendance, figure aujourd’hui parmi les plus pauvres de la planète. Il attribue ce recul à « la mauvaise gouvernance, les dictatures, les rébellions, les guerres d’agression du Rwanda et le déficit de patriotisme ». Le quotidien décrit un pays devenu dépendant des importations, où les infrastructures sont restées en retard de plusieurs décennies. Le Phare conclut en tournant le regard vers le président Félix Tshisekedi, appelé à « poser les jalons d’un vrai Congo nouveau », faute de quoi, prévient-il, « le peuple va continuer à galérer ».
Même tonalité dans Forum des As, qui met en exergue la déclaration du cardinal Fridolin Ambongo : « Nous avons échoué. » L’archevêque de Kinshasa livre un diagnostic sans concession sur les soixante-six années d’indépendance. Pour lui, le pays n’a pas su transformer son immense potentiel en prospérité. Il parle d’un « échec collectif » et invite à un « examen de conscience national ». Le prélat décrit une RDC confrontée à l’insécurité, à la pauvreté, aux défaillances des services publics et aux crises sanitaires répétées. Il résume la situation par cette formule : « On dirait que tous les malheurs du monde se sont donné rendez-vous dans notre pays », tout en jugeant que le débat sur un éventuel changement de la constitution avec visée de 3ᵉ mandat est éloigné des priorités des Congolais.
Le Nouvel Observateur poursuit dans la même veine avec le titre « Du gâchis, rien que du gâchis ». Le bihebdomadaire s’attarde sur les tensions entre le pouvoir et l’Église catholique autour du projet de révision de la Constitution. Le journal rappelle le rôle historique joué par l’Église dans la conquête de l’indépendance, notamment à travers l’action de Joseph-Albert Malula et sa lettre pastorale de 1958.
Autre sujet largement commenté : la riposte contre Ebola. Le Potentiel annonce « les essais cliniques contre la souche Bundibugyo d’Ebola sur fond de violences persistantes ». Le quotidien rapporte qu’un premier patient a été inclus dans un essai clinique destiné à évaluer de nouveaux traitements expérimentaux, tout en soulignant que l’insécurité continue de compliquer la réponse sanitaire.
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La visite du président sud-africain Cyril Ramaphosa à Kinshasa fait également la Une. La Tempête des Tropiques présente ce déplacement comme un geste de solidarité face à l’épidémie d’Ebola.
Econews, en revanche, y voit une opération de « séduction » diplomatique. Selon le trihebdomadaire, le chef de l’État sud-africain cherche aussi à rassurer Kinshasa dans un contexte marqué par les violences xénophobes visant des Congolais en Afrique du Sud. Econews estime que cette visite constitue « celle d’un président en quête de réhabilitation ».
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Enfin, L’Avenir met en avant une note plus positive avec le titre « La RDC à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU ». Le quotidien salue l’accession de Kinshasa à la présidence tournante du Conseil de sécurité, une responsabilité que le pays entend mettre au service de la protection des civils, de la lutte contre l’impunité et d’une meilleure gouvernance des ressources naturelles.
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Sat, 04 Jul 2026 - 226 - À la Une: l'Église s'oppose farouchement à Tshisekedi, la Cour des comptes et les caisses noires du pouvoir
Le débat autour de la Constitution s’invite de nouveau au cœur de l’actualité en République démocratique du Congo. Le tabloïd Congo Nouveau titre : « Changement ou révision de la Constitution : l'Église dit non !» et revient sur la déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Pour les évêques catholiques, toute initiative visant à modifier la Constitution du 18 février 2006 est «inopportune et dangereuse ».
La CENCO estime que le texte fondamental constitue un «compromis historique» et met en garde contre toute tentative de toucher à son article 220. Son secrétaire général, Mgr Donatien Nshole, prévient même que « tout passage en force comporte des risques énormes, dont la balkanisation du pays ». Cette sortie n’a pas laissé la majorité présidentielle sans réaction. Le quotidien Le Phare rapporte que l'Union sacrée de la Nation accuse les évêques d'avoir franchi la ligne rouge. Dans sa déclaration, la plateforme présidentielle considère que les propos de la CENCO relèvent d'un « acte de subversion dirigé contre les institutions légitimes ». Elle rappelle également que la RDC est un État laïc et soutient que seul le peuple souverain peut décider de son avenir à travers un éventuel référendum.
Un autre sujet largement commenté dans la presse congolaise est la riposte contre Ebola. La Tempête des Tropiques annonce que le gouvernement durcit les restrictions de voyage pour tenter de contenir l'épidémie. Toute personne revenant des zones touchées par l’épidémie devra désormais observer une surveillance sanitaire de vingt-et-un jours, avec interdiction de voyager, sauf dérogation exceptionnelle. De plus, écrit le quotidien, pour cadenasser les points de sortie du territoire, le ministère rend obligatoire le remplissage du formulaire de santé publique pour tout embarquement international. Afin de garantir l’étanchéité du dispositif, l’arrêté impose une double vérification, car désormais, les compagnies aériennes ont l’obligation légale d’exiger ce document avant d’autoriser l’accès à bord de l’appareil. L'objectif est clair : endiguer le risque élevé de propagation épidémique et empêcher l'exportation du virus au-delà des frontières de la RDC.
Dans le même registre, Econews explique que ce renforcement intervient après la confirmation, en France, d'un premier cas d'Ebola importé depuis la RDC. Le trihebdomadaire souligne que Kinshasa veut faire preuve, je cite, d'une «fermeté proportionnée à l'urgence sanitaire », tout en affichant sa solidarité avec Paris. Pour les autorités, cette quarantaine préventive doit permettre de « réduire les risques de propagation » du virus et de protéger la population.
Enfin, la gouvernance financière occupe également les colonnes de plusieurs journaux. Africa News s'intéresse au dernier rapport de la Cour des comptes sous le titre : « La Cour des comptes déballe les caisses noires du pouvoir.» Le trihebdomadaire évoque plus de onze milliards de dollars de flux financiers jugés problématiques, des dépenses exécutées hors procédures normales et d'importants dépassements budgétaires. Le journal affirme que « dans un État de droit budgétaire, l'urgence est une exception. En RDC, elle devient une méthode».
Le même rapport inspire également Le Potentiel, qui commente : « La monstruosité, c’est de savoir que 51,2 % des dépenses publiques sont exécutées en procédure d’urgence. Ce qui fait dire à l’opinion que la gestion des finances publiques cache beaucoup de cadavres dans les placards. »
Sat, 27 Jun 2026 - 225 - À la Une: les Léopards du stress à la liesse, d’anciens délinquants pour dévorer la crasse à Kinshasa
Cette semaine, la presse kinoise vibre encore au rythme de l’exploit des Léopards à la Coupe du monde 2026. Le match nul historique arraché face au Portugal s’impose à la Une de nombreux journaux, qui y voient bien plus qu’un simple résultat sportif. «Du stress à la liesse », titre ainsi Forum des As. Le quotidien revient sur cette entrée remarquée de la RDC dans le Mondial à Houston. Menés dès les premières minutes, les Léopards ont trouvé les ressources nécessaires pour revenir au score face à la prestigieuse Seleção portugaise.
Pour le journal, ce résultat a provoqué un immense soulagement dans tout le pays. Il souligne notamment la portée symbolique du premier but inscrit par la RDC moderne dans une phase finale de Coupe du monde, mais aussi la capacité des Congolais à célébrer un exploit obtenu dans un contexte particulier, marqué notamment par les restrictions liées à l’épidémie d’Ebola. Au-delà du score, Forum des As voit dans cette rencontre l’image d’une équipe résiliente, capable de fédérer les espoirs d’une nation entière. Les Léopards ont ainsi permis au pays de passer, selon le journal, « du stress à la liesse ».
Même enthousiasme dans Tempête des Tropiques qui barre sa Une d’un titre évocateur : « La RDC relève la tête et retrouve sa dignité à Houston ». Le quotidien considère que les Léopards ont offert bien davantage qu’un match nul. Le premier but congolais en Coupe du monde est présenté comme « un cri», celui de cinquante-deux années d’attente et de plusieurs décennies de souffrances. Pour le journal, le résultat obtenu face au Portugal rappelle qu’un peuple longtemps meurtri conserve toujours sa capacité à se relever. Tempête des Tropiques estime que les Léopards ont ouvert une brèche qui dépasse largement le cadre du football et qui renvoie à la question plus large de la dignité nationale.
L’exploit sportif trouve également un écho sur le terrain politique. Le trihebdomadaire Ouragan relève que «Les Léopards font parler opposition et majorité d’une seule voix ». Malgré les tensions autour du projet de changement de la Constitution, le journal note que les principaux acteurs politiques ont salué ensemble la performance de l’équipe nationale. Selon lui, le football a offert un rare moment d’unité nationale. «Le terrain a imposé une trêve aux polémiques politiciennes», écrit le journal, qui rapporte également les réactions de responsables de l’opposition voyant dans la rigueur affichée par les Léopards une leçon de gouvernance pour le pays.
Mais la politique reprend rapidement ses droits. EcoNews revient sur l’adoption définitive de la loi portant organisation du référendum par le Parlement. Le quotidien parle d’un «Premier test réussi» et d’un «cap vers le changement de la Constitution». Pour le journal, majorité et opposition s’engagent désormais dans une bataille qui dépasse les seuls débats juridiques et préfigure les affrontements politiques à l’horizon 2028. Si le Parlement a franchi une étape importante, souligneEcoNews, la rue pourrait désormais devenir le principal terrain de confrontation.
«Dévorer la crasse à Kinshasa »
Enfin, Africanews s’intéresse à l’opération d’assainissement annoncée à Kinshasa. Sous le titre : «Kabwik lâche une armée de 5 000 hommes pour dévorer la crasse à Kinshasa», le tabloïd décrit le déploiement imminent de 5 000 anciens délinquants formés au Service national. Leur mission : curer les caniveaux, évacuer les déchets, démanteler les marchés pirates et lutter contre les constructions anarchiques. Une vaste offensive présentée comme une priorité au sommet de l’État pour tenter de redonner un nouveau visage à la capitale congolaise.
Sat, 20 Jun 2026 - 224 - À la Une: Joseph Kabila appelle les Congolais à défendre l'ordre constitutionnel
On ouvre cette revue avec Congo Nouveau qui titre : « Face au projet de changement constitutionnel, Joseph Kabila appelle à faire échec au pouvoir de Tshisekedi ».
Dans un message adressé aux Congolais, rapporte le trihebdomadaire, le président honoraire dénonce ce qu’il considère comme une volonté du pouvoir de modifier la Constitution pour consolider son emprise sur les institutions. Joseph Kabila évoque un risque de « soudanisation » du pays et invoque l’article 64 de la Constitution pour appeler les citoyens à défendre l’ordre constitutionnel. Il invite chaque famille, chaque quartier, chaque village à devenir, selon ses termes, une cellule de résistance citoyenne et de défense de la démocratie.
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« Constitution, l’Église protestante valide la réforme mais après le dialogue »
Même tonalité dans Le Potentiel, qui titre à sa une : « Loi référendaire : Kabila dénonce une dérive vers un pouvoir sans limite ». Le quotidien revient sur cette charge frontale de l’ancien chef de l’État contre Félix Tshisekedi. Pour Joseph Kabila, l’adoption de la proposition de loi référendaire par l’Assemblée nationale constitue un pas vers la consolidation d’un pouvoir sans alternance crédible.
Au milieu de cette polarisation, l’Église protestante tente de jouer les médiateurs. Ouragan affiche : « Constitution, l’Église protestante valide la réforme mais après le dialogue ». Réunie à Kinshasa lors de sa 66ᵉ session extraordinaire, l’Église du Christ au Congo accepte le principe d’une réforme constitutionnelle, à condition qu’elle intervienne dans un cadre national inclusif et apaisé. L’ECC appelle au dialogue entre les acteurs politiques et affirme que la Constitution demeure avant tout un pacte de survie collective. Cette position suscite toutefois des réserves au sein de l’opposition, qui y voit une ambiguïté.
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Un rapport du PNUD alerte sur les inégalités territoriales face à la pauvreté
Autre dossier largement commenté : l’affaire des experts des Nations unies Zaida Catalan et Michael Sharp. Forum des as titre : «La justice militaire alourdit les peines en appel, mais le mystère des commanditaires demeure ». La Haute Cour militaire a prononcé de lourdes condamnations contre plusieurs accusés. Mais près de dix ans après les faits, souligne le quotidien, les véritables instigateurs du double assassinat n’ont toujours pas été identifiés.
Dans un registre institutionnel, Infos 27 met en avant l’adoption de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Réunie en séance plénière, l’Assemblée nationale a approuvé le texte porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, avec 348 voix sur 351 votants. Le texte est désormais attendu au Sénat pour une seconde lecture.
Enfin, La Tempête des Tropiques s’intéresse à la situation sociale. Le quotidien cite un rapport du Programme des Nations unies pour le développement selon lequel 68% des Congolais vivent sous le seuil de pauvreté. L’étude souligne de fortes disparités territoriales : les provinces du Kasaï-Central, du Kwilu et du Tanganyika affichent les taux les plus élevés, tandis que Kinshasa présente une amélioration relative. Le PNUD recommande de concentrer les investissements publics dans les provinces les plus touchées.
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Sat, 13 Jun 2026 - 223 - À la Une: opération «ville morte» contre un troisième mandat
L’opération « ville morte » lancée par la plateforme d’opposition C64 mercredi pour s’opposer au projet de changement de la Constitution a dominé les titres en Une cette semaine. Succès selon l’opposition, échec selon la majorité, le quotidien Le Journal annonce que la ville morte a été diversement suivie, avec de « nombreux magasins » restés fermés, des écoles, et les transports en commun qui « tournaient au ralenti ».
Pour La Tempête des Tropiques, il n’y a pas de débat : « Kinshasa n’a pas tremblé ! », titre le quotidien. Il décrit une capitale où «les marchés et magasins ont ouvert et accueilli des clients », où « les fonctionnaires de l’État ainsi que les travailleurs des entreprises publiques et privées se sont rendus tranquillement à leurs lieux de service ». Ce quotidien note toutefois que «les écoliers étaient peu visibles » et que les écoles conventionnées catholiques n’ont pas ouvert leurs portes.
Un signal politique fort
Le Maximuma, lui, propose une lecture plus nuancée. Si les opposants parlent d’une mobilisation largement suivie, l’hebdomadaire estime que « le calme apparent dans quelques quartiers périphériques de la capitale dessinait plutôt la terreur de la population face aux menaces de violence proférées par l’opposition». À l’inverse, Econews voit dans cette séquence un signal politique fort et s’interroge : « Ambiance de fin de règne ou simple rappel à l’ordre populaire ? » Le tabloïd rappelle que cette opération est une « première depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir en 2019». Le trihebdomadaire affirme que malgré les tentatives du pouvoir de minimiser l’impact du mouvement, les images « racontent une autre réalité ».
Entre ces deux lectures opposées, Forum des As choisit une voie médiane avec ce titre : « Ville morte : ni échec, ni triomphe ». Sans être paralysée, écrit-il, Kinshasa a offert «le visage d’une métropole hésitante », avec « moins de véhicules, moins de foule » et « un calme qui en disait long ».
Congo Nouveau annonce une double offensive contre le président Félix Tshisekedi. Cet autre trihebdomadaire révèle qu’une plainte sera déposée le 9 juin pour « haute trahison et coup d’État contre la Constitution », avant un sit-in prévu le 12 juin devant le Palais du Peuple. Pour Congo Nouveau, « la pression monte d’un cran contre le projet de changement constitutionnel en RDC ».
Le procès de l'ancien chef d'état-major général de l'armée
Autre dossier en Une : l’ouverture du procès de l’ancien chef d’état-major général de l’armée, le général Christian Tshiwewe Songesha, et de huit autres personnes, mise en avant par Ouragan. Poursuivi notamment pour complot, trahison et désertion à l’étranger, il comparaît devant la Haute Cour militaire. Le confrère souligne que l’acte d’accusation attribue à Christian Tshiwewe un rôle central dans le dossier. Les magistrats lui reprochent notamment d’avoir détenu illégalement, dans sa résidence de la Gombe, un important arsenal militaire découvert le 9 juillet 2025. Le ministère public soutient également que l’ancien chef d’état-major général aurait participé, entre 2020 et juillet 2025, à une entreprise concertée visant à renverser Félix Tshisekedi. La Haute Cour militaire a renvoyé l’affaire au 25 juin 2026.
Enfin, une note culturelle avec Le Potentiel, qui revient sur la distinction accordée à Fally Ipupa. Le chanteur a été admis au grade de chevalier de l’Ordre national des Léopards pour sa contribution au rayonnement de la culture congolaise. L’ordonnance présidentielle salue notamment « une œuvre musicale originale portée par un style et un rythme uniques ayant contribué au rayonnement de la rumba congolaise » durant ses vingt ans de carrière.
Sat, 06 Jun 2026 - 222 - À la Une: Ebola, le système national d’alerte a failli
On ouvre avec la Une d'Econews, «Ebola en Ituri, le système national d’alerte a failli ». La 17e flambée de l’épidémie à virus Ebola en RDC vire déjà au casse-tête sanitaire et diplomatique pour l’Organisation mondiale de la santé. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a publiquement exprimé sa vive irritation face aux graves défaillances du système d’alerte congolais, accusé d’avoir laissé l’épidémie se propager silencieusement avant toute réaction officielle. Détection tardive des premiers cas, circulation incontrôlée du virus en Ituri, absence de vaccin disponible et climat d’insécurité : pour l’OMS, cité par le trihebdomadaire, «la riposte court désormais derrière une épidémie déjà largement enracinée ».
Le constat dressé par le directeur général de l’OMS, résonne aux yeux d’Econews, « comme un aveu d’impuissance partagé et une gifle monumentale pour les autorités sanitaires congolaises ». Et de conclure : «Déclarer une épidémie avec un train de retard dans une région déjà minée par l’insécurité chronique et la méfiance des populations, ce n’est pas une simple erreur administrative ; c’est une faute lourde ».
Sur le même sujet, Infos 27 parle d’une « collision catastrophique » entre maladie et conflit armé. Alors que l’épidémie d’Ebola progresse dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les violences et l’instabilité compromettent gravement la riposte sanitaire. Le quotidien note que « les déplacements massifs de populations, les attaques contre les structures médicales et l’insécurité persistante empêchent les équipes de santé de suivre efficacement les contacts et d’isoler les personnes infectées».
Dans ce contexte, le directeur général de l’OMS appelle à un cessez-le-feu immédiat afin de garantir un accès humanitaire sécurisé aux équipes médicales. Pourtant, au cœur de cette crise, un motif d’espoir subsiste … la RDC possède une expertise reconnue et une expérience éprouvée dans la lutte contre ce virus. Le même quotidien fait état d’un premier signe d’espoir avec la sortie du premier patient guéri dans la province de l’Ituri, principal foyer de la souche Bundibugyo.
Grogne à l'hémicycle, ville morte, le bras de fer...
C’est à lire dans Ouragan. Le climat politique est tendu depuis l'adoption mercredi par la Chambre basse du rapport sur la proposition de loi Ngondankoy sur le référendum. Le tabloïd commente : « Affaiblie comme moquée par le pouvoir, l'opposition dont la plupart des ténors ont été contraints à l'exil, se réveille et veut imposer le rapport de force sur le terrain. Désormais, poursuivent nos confrères, les deux camps se regardent en chiens de faïence prêts à dégainer. Mais, les anti-changement ont corsé leur discours, appelant le peuple à investir la rue. Premier test, la ville morte annoncée par le trio Fayulu-Sesanga-Mwando pour le 3 juin». Pour Ouragan, « le bras de fer est ainsi engagé entre les deux familles politiques, aucune ne donnant l'intention d'abdiquer».
La manigance dénoncée par l'opposition s'apparente au forcing de l'heure Kabila. Aujourd'hui, Tshisekedi va-t-il franchir le Rubicon ? Face à un pouvoir qualifié de jusqu'au-boutiste, nos confrères expliquent que les radicaux adoptent désormais une attitude agressive. Mais Ouragan tance : « Une chose est de proclamer la paralysie, une autre est de le réaliser. Voilà où l'opposition, coincée tous ces jours dans un dilemme cornélien, se résout finalement d'aller au clash. Des campagnes de sensibilisation s'organisent déjà dans les quartiers et rues de Kinshasa ».
Congo Nouveau craint lui qu’à trois ans de la présidentielle de 2028, le risque « est celui d’une polarisation qui freine le fonctionnement des institutions et détourne l’attention des priorités économiques et sécuritaires ».
Sat, 30 May 2026 - 221 - À la Une: l'opposition lance C-64 pour neutraliser un troisième mandat de Tshisekedi, Ebola progresse
Malgré l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo, c’est la politique qui a fait la une de la presse kinoise cette semaine. Le trihebdomadaire Ouragan titrait ainsi : «Troisième mandat, le front anti-régime active l’article 64 ». L’opposition congolaise tente de resserrer les rangs face au pouvoir de Félix Tshisekedi. Réunis au Collège Boboto, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Moïse Katumbi et Matata Ponyo ont lancé la plateforme C-64 afin de contrer toute perspective de révision constitutionnelle et d’un éventuel troisième mandat.
Cette initiative marque un tournant pour une opposition longtemps divisée par des rivalités internes et des ambitions concurrentes. Selon le trihebdomadaire, les opposants veulent désormais mener une bataille commune contre ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire du régime. « Le potentiel attend de voir si cette nouvelle coalition réussira à dépasser le stade des déclarations politiques pour s’imposer comme une véritable force de mobilisation nationale», souligne le journal. « Dans un paysage politique congolais souvent marqué par les divisions de l’opposition, le défi sera autant celui de l’unité que celui de la constance face à un pouvoir que ses adversaires accusent déjà de vouloir redessiner les règles du jeu politique avant 2028 », ajoute-t-il.
Dans le même temps, Econews évoque une « guerre des coalitions». Moins de vingt-quatre heures après la création du C-64, l’UDPS, le parti présidentiel, a lancé la plateforme C4, favorable à un changement de la Constitution. Pour cet autre trihebdomadaire, cette confrontation politique fait planer une forte incertitude sur les élections générales de 2028, déjà qualifiées d’« hypothétiques» par le président Tshisekedi en raison de l’occupation d’une partie du territoire national. L’opposition promet une mobilisation massive, laissant présager une intensification du bras de fer politique dans les prochains mois.
Sur le front sanitaire, Chronik’Eco revient sur la 17e épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo. Cette flambée, attribuée à la souche Bundibugyo, suscite une inquiétude particulière car aucun vaccin homologué n’existe contre cette variante plus rare du virus. L’épidémie progresse dans l’est du pays dans un contexte d’insécurité persistante et de fragilité du système de santé, compliquant la détection des cas et la riposte médicale.
Face à la crise, le gouvernement congolais a opté pour une riposte multisectorielle. Une réunion de crise présidée par le chef de l’État a rassemblé plusieurs ministères stratégiques, notamment ceux de la Santé, de la Défense, de l’Intérieur, des Transports et des Finances. Les autorités comptent s’appuyer sur l’expérience acquise lors des précédentes épidémies pour tenter de contenir la propagation du virus et éviter une extension régionale.
Enfin, Forum des As s’intéresse aux conséquences diplomatiques et sportives de cette épidémie à quelques semaines de la Coupe du monde 2026. Si les Léopards sont autorisés à participer à la compétition, les supporters congolais pourraient être absents des tribunes en raison des restrictions américaines visant les voyageurs ayant récemment séjourné en RDC. La mesure concerne également les journalistes et les délégations ayant transité par le pays. Le journal parle d’un paradoxe : « une équipe qualifiée pour le Mondial sans la présence massive de ses supporters ». Les Léopards devraient se regrouper directement en Belgique avant de disputer des matchs amicaux, une préparation internationale qui contraste avec l’impossibilité pour de nombreux fans congolais d’accompagner leur sélection aux États-Unis.
Sat, 23 May 2026 - 220 - À la Une: le CSAC étranglé financièrement par le gouvernement, la Cour des comptes serre la vis face aux délinquants financiers
Ouvrons avec ce titre en une dans Ouragan : « Le CSAC étranglé financièrement ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication vit l’une des périodes les plus sombres de son histoire, annonce le tabloïd. Qui précise que « l’institution chargée de réguler les médias congolais semble aujourd’hui étranglée financièrement, paralysée administrativement et enfermée dans une immobilité profondément inquiétante. »
Depuis quatre ans, lit-on, « les frais de mission et les titres de voyage ne sont jamais libérés. Les difficultés liées aux salaires persistent. L’institution est également privée de toute mobilité institutionnelle. Pourtant, les crédits existent dans la loi de finances. »
Ouraganparle d’un paradoxe qui choque : « le budget prévoit, mais l’État ne paie pas. » Alternancedécrit un établissement public « misérable, pitoyable, minable, lamentable et nécessiteux ». Dans une note partagée avec les médias, l'instance de régulation a alerté sur une crise financière ayant paralysé son fonctionnement et qui menace sérieusement sa survie. Le constat paraît d’autant plus amer que, je cite le confrère, « si le président du CSAC, Christian Bosembe, continue de siéger aux côtés d’autres corps constitués lors des cérémonies officielles, il demeure à la tête d’une institution clochardisée, privée même du strict nécessaire à son fonctionnement. »
Alternance fait observer qu’une simple visite au siège de l’institution permet de parler de la misère. L’institution semble ne plus exister que sur le plan administratif, décrit-il, parlant de « l’absence de salle de réunion, bureaux inadaptés pour les dirigeants, sanitaires délabrés, les agents des différents services confinés dans une salle exiguë, sans climatisation, encombrée de vieux téléviseurs utilisés pour le monitoring des médias. »
Le quotidien Infos 27 souligne que face à cette situation, « les appels se multiplient pour réclamer une intervention rapide du gouvernement afin d’exécuter effectivement les lignes prévues dans la loi de finances », car, conclut le journal, «les frais du CSAC ne peuvent plus rester de simples écritures sans traduction concrète. »
Dans Congo Nouveau, Luanda relance le dialogue national. Le président angolais João Lourenço a reçu jeudi une délégation de la République démocratique du Congo porteuse d’un message du président Félix Tshisekedi. Si le contenu du message transmis à João Lourenço n’a pas été dévoilé par la présidence angolaise, cette rencontre marque une reprise des échanges diplomatiques entre Luanda et Kinshasa après plusieurs semaines de ralentissement.
Elle intervient dans un contexte où l’Angola joue un rôle central dans les efforts de médiation autour de la crise congolaise. À ce jour, commente Congo Nouveau, « le dialogue national n’a toujours pas été convoqué. Pendant que les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha progressent lentement sur le plan politique, la situation sécuritaire reste préoccupante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. »
Bouclons avec l’hebdomadaire Vraie Thématique : « La Cour des comptes serre l'étau sur les dépenses irrégulières. » La Cour des comptes a tiré la sonnette d'alarme sur de présumés détournements des finances publiques au sein de plusieurs institutions de la République, notamment dans certains ministères du gouvernement central, des exécutifs provinciaux ainsi que des entreprises publiques. Ces révélations viennent du premier président de cette haute juridiction financière. Selon lui, écrit le confrère kinois, « plusieurs comptables publics concernés par ces anomalies seront poursuivis devant les juridictions compétentes ». Pour les cas jugés les plus graves, des renvois et sanctions judiciaires pourraient également être engagés.
Sat, 16 May 2026 - 219 - À la Une: 3e mandat, Félix Tshisekedi tentera sa chance avec «le peuple»
Les journaux de la capitale congolaise ont largement consacré leurs colonnes à la sortie médiatique du président Félix Tshisekedi, mercredi.
Ouragantitre : 3e Mandat, Tshisekedi s'en remet au peuple
Pour ce trihebdomadaire, « Félix Tshisekedi semble avoir déjà choisi son terrain politique : celui de la souveraineté populaire. Le président renvoie désormais son avenir entre les mains du peuple congolais ». Le journal souligne qu’il a rassuré ne pas rechercher un troisième mandat, tout en affirmant qu’il poursuivrait sa mission si le peuple le lui demandait.
Mais pour Congo Nouveau, le dirigeant cherche à « imposer un cadre rationnel au débat. Reste à savoir si l’opposition, la société civile et les partenaires accepteront de dissocier l’examen de la Loi fondamentale de la question du troisième mandat ».
L'opposition est vent debout contre cette idée
Forum des ASnote que cette sortie a suscité de vives réactions dans l’opposition. Le quotidien cite Seth Kikuni, président du parti PISTE, qui accuse Félix Tshisekedi de confisquer 2028 par la guerre, les oppositions armée et non armée n’ayant désormais d’autre choix que de « franchir le Rubicon et jeter les dés».
Cette affirmation souligne, selon Forum des AS, « l’escalade des tensions politiques et la détermination de l’opposition à résister à toute forme de domination ».
Des propos qui « mettent en lumière la crise politique actuelle», avec des appels à une « mobilisation des forces face à ce qu’ils perçoivent comme une menace à la démocratie ».
Pour Le Potentiel, l’opposition «se retrouve contrainte de revoir ses stratégies face à une dynamique présidentielle qui s’affirme de plus en plus nettement autour de la réforme constitutionnelle».
Le journal rappelle qu’une proposition de loi sur l’organisation du référendum a déjà été déposée à l’Assemblée nationale par le député Gaspard Ngondankoy.
Econews parle d’une déclaration « fracassante » dans un contexte explosif. Le tabloïd estime que « Le risque est grand de voir la guerre de l’Est devenir non seulement une tragédie sécuritaire et humanitaire, mais aussi un facteur de crispation institutionnelle».
Car, conclut Econews, «La RDC se trouve aujourd’hui à un carrefour décisif : préserver l’État de droit tout en rétablissant son autorité territoriale. »
Pour Chronik Eco: Tshisekedi tente le forcing …
Le journal estime que «le président Tshisekedi semble tester les limites du système politique congolais» en installant progressivement dans le débat l’hypothèse d’un maintien prolongé au pouvoir.
Selon le confrère, la bataille autour du troisième mandat «pourrait déterminer la nature même du système politique congolais pour les décennies à venir. »
Enfin,Le Journal affirme que Félix Tshisekedi «transforme le conflit sécuritaire en verrou institutionnel !»
Cette capsule, écrit le quotidien, « met en scène un président qui teste la recevabilité de ses ambitions », en conditionnant l’avenir du pays à la guerre, à la Constitution et à l’opinion publique.
Sat, 09 May 2026 - 218 - À la Une: Washington frappe Kabila, Jacquemain Shabani sauvé de justesse, un mort-né au ministère des Mines
On ouvre avec le trihebdomadaire Ouragan qui titre : « Washington frappe Joseph Kabila ». Les États-Unis ont sanctionné jeudi l’ancien président congolais, l’accusant de contribuer à l’instabilité dans l’est du pays via un soutien présumé aux groupes armés M23 et Alliance Fleuve Congo. Pour l’Ouragan, ces sanctions constituent « un instrument supplémentaire» mobilisé par Washington pour tenter de freiner l’escalade des violences dans cette région en proie à des conflits persistants.
Dans Infos27, le ton est plus tranché : « Sanctions américaines contre Kabila, un isolement financier, politique et diplomatique à effets immédiats », écrit ce quotidien de Kinshasa. Le journal estime que l’ancien chef de l’État entre désormais dans une véritable zone d’exclusion internationale. Gel des avoirs, rupture avec les circuits bancaires mondiaux, interdiction de transactions avec des entités américaines : ces mesures « dépassent le symbole », insiste le quotidien. Elles visent, selon lui, à désorganiser les réseaux de soutien aux conflits armés et à réduire les marges de manœuvre de l’ex-président. Infos27 souligne également que cette inscription sur la liste noire américaine devient un marqueur global de risque. Elle entraîne une marginalisation progressive dans les réseaux économiques et commerciaux, tout en installant une pression politique et diplomatique durable sur l’ancien dirigeant congolais.
Jacquemain Shabani sauvé de la guillotine politique
Changeons de registre avec Le Potentiel. La motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité a été rejetée dès l’étape de recevabilité, sans examen du fond. En cause : des irrégularités jugées graves dans la collecte des signatures, relevées lors de la plénière. Pour le quotidien kinois, il s’agit d’un « échec cuisant » pour les initiateurs de la motion, permettant à Jacquemain Shabani de conserver son poste au sein du gouvernement Suminwa II. Mais pour Le Potentiel: « Lorsque les mécanismes de procédure prennent le dessus sur le débat de fond, certains y voient une dérive formaliste qui affaiblit le rôle de contre-pouvoir du Parlement. D'autres, au contraire, y verront le respect strict des règles du jeu démocratique, évitant des initiatives jugées irrégulières ou politiquement opportunistes», fin de citation.
Le Nouvel Observateur estime pour sa part que l’issue était prévisible. Le journal critique sévèrement les députés de l’Union sacrée de la Nation, accusés de loyauté partisane et d’intérêts financiers. Il évoque même des pratiques de corruption persistantes à l’Assemblée nationale, rappelant plusieurs scandales passés restés sans sanctions.
Un mort-né au ministère des Mines
Et nous terminons avec Africanews et la polémique autour de la « Garde minière ». Présentée comme une réforme majeure du secteur minier, cette force paramilitaire de 20 000 agents devait être financée à hauteur de 100 millions de dollars grâce à des partenariats avec Washington et Doha. Mais l’annonce n’aura tenu que 24 heures.
Le 28 avril, l’ambassade des États-Unis à Kinshasa a catégoriquement démenti toute implication financière. Un désaveu cinglant qui fragilise le projet dès sa naissance. Africanews parle d’une « gifle institutionnelle » révélant une improvisation au sommet du ministère des Mines. L’ancien ministre Eugène Diomi Ndongala dénonce, lui, une initiative inconstitutionnelle et dangereuse, franchissant plusieurs lignes rouges.
Conclusion du tabloïd : un projet coûteux, risqué et mal conçu, qui s’effondre avant même d’avoir pris forme. Une réforme avortée en 24 heures.
Sat, 02 May 2026 - 217 - À la Une: les migrants de la discorde, le test de vérité pour James Swan et le chantier du changement de Constitution
On ouvre avec Congo Nouveau : « La polémique enfle sur l’accueil de migrants expulsés des États-Unis ». Le trihebdomadaire rappelle que 15 ressortissants colombiens, équatoriens et péruviens sont arrivés récemment à Kinshasa et hébergés sous surveillance policière dans un complexe proche de l’aéroport. Depuis, les interrogations se multiplient : combien de temps resteront-ils ? Et surtout, combien d’autres personnes la RDC s’est-elle engagée à recevoir ?
La suspicion et les spéculations vont bon train à Kinshasa. Congo Nouveau insiste surtout sur le contraste entre cet engagement international et la situation intérieure du pays. Avec des millions de déplacés internes liés aux conflits armés, plusieurs organisations citoyennes s’interrogent sur la capacité réelle de l’État à prendre en charge de nouveaux arrivants. Certaines voix dénoncent même une externalisation migratoire imposée par Washington.
Sur le même dossier, Ouragan braque les projecteurs sur la réaction de l’opposant Martin Fayulu qui dit « stop» au régime Tshisekedi. Dans un message publié sur X, celui-ci demande des explications au président Félix Tshisekedi au sujet d’un possible transfert en RDC de migrants afghans actuellement bloqués au Qatar. Le journal rapporte que ces anciens collaborateurs de l’armée américaine rejettent eux-mêmes l’idée d’une relocalisation en Afrique centrale. Ils disent n’avoir aucun lien familial, linguistique ou administratif avec la RDC et craignent un nouvel exil imposé.
Révision constitutionnelle, l'Union sacrée ouvre le chantier des propositions citoyennes
Changement de registre avecForum des As. Le quotidien annonce que la majorité au pouvoir lance une phase de collecte des propositions citoyennes en vue d’une éventuelle réforme de la Constitution du 18 février 2006. Partis politiques, Églises, syndicats, universitaires, ONG et membres de la diaspora sont invités à transmettre leurs suggestions avant le 20 mai. Une commission technique devra ensuite examiner les contributions avant un rapport au chef de l’État. Pour le Forum des As, l'inconnu porte sur la capacité des politiques à construire un consensus sur un sujet explosif en RDC.
Le test de vérité pour James Swan
Dans Le Potentiel, focus sur la première tournée du nouveau chef de la Monusco James Swan. À peine arrivé à Kinshasa, James Swan imprime déjà son tempo, commence le quotidien qui annonce que ce diplomate américain s’est rendu dans l’est du pays, notamment à Beni. Pour le quotidien, il s’agit « d’un test de vérité».
La mission onusienne reste critiquée pour son inefficacité face aux violences persistantes au Nord-Kivu, en Ituri et au Sud-Kivu. James Swan promet de recentrer l’action sur la protection des civils, l’appui au cessez-le-feu et la paix durable. Mais Le Potentielrappelle que «sur le terrain, les populations attendent désormais des résultats tangibles plutôt que des promesses ».
Course à la présidence de la Fédération congolaise de football
Bouclons avec Le Maximum. Neuf candidats ont déjà déposé leurs dossiers pour succéder au comité de normalisation mis en place par la Fifa depuis 2023. Parmi les candidats figurent Shabani Nonda, Ariza Makukula, Véron Mosengo, ancien secrétaire général de la CAF. Le scrutin du 20 mai pourrait, selon Le Maximum, « redessiner l’avenir du football congolais ».
Sat, 25 Apr 2026 - 216 - À la Une: Eurobond, le «coup de poker» de Doudou Fwamba, la Belgique dissuade des immigrants congolais
En une dans Econews, ce titre : Eurobond, le « coup de poker » de Doudou Fwamba.
Le trihebdomadaire salue la première émission d’eurobond de la République démocratique du Congo, à hauteur de 1,25 milliard de dollars.
Pour le trihebdomadaire, en réussissant la toute première émission d’eurobond de la République démocratique du Congo à hauteur de 1,25 milliard de dollars US, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ne s’est pas contenté d’un coup d’éclat financier : il entend surtout imposer une nouvelle culture de transparence dans la gestion de la dette publique. Derrière une opération saluée pour ses conditions compétitives et une demande record, l’argentier national s’emploie à dissiper les doutes en rassurant investisseurs et opinion sur la traçabilité des fonds, la soutenabilité de l’endettement et le respect des engagements internationaux. Entre audace financière et exigence de crédibilité, Kinshasa joue désormais gros sur la scène des marchés internationaux.
C’est un exploit financier qui force l’admiration, mais aussi la prudence. Le ministre des Finances de la République démocratique du Congo, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué : lever 1,25 milliard de dollars sur les marchés financiers internationaux via une émission d’eurobond. Une opération qualifiée de coup de poker par les observateurs, mais que le gouvernement entend entourer de toutes les garanties de transparence.
Eurobond : un tableau de bord sera mis en ligne pour la transparence
Selon des sources proches du ministère, un tableau de bord en ligne devrait être prochainement lancé, permettant à tout citoyen de consulter l’affectation des fonds, les appels d’offres et les paiements réalisés.
En attendant, la RDC a prouvé qu’elle pouvait séduire Wall Street. Reste à prouver qu’elle peut aussi convaincre sa propre population. La transparence promise sera la clé de voûte de cette deuxième étape, peut-être la plus décisive.
Econews évoque une opération marquée par une forte demande des investisseurs, mais rappelle que Kinshasa devra maintenant convaincre sa propre population sur l’usage réel des fonds levés.
Le même sujet est traité par Ouragan. Le tabloïd estime que cette sortie sur les marchés internationaux n’est pas un geste isolé, mais l’aboutissement d’une stratégie plus large de diversification des financements publics. «L’objectif affiché, écrit-il, est d’orienter ces ressources vers des projets structurants : infrastructures, énergie, transport, agriculture ou encore numérique, afin de soutenir une croissance durable ».
MaisAfricanews tempère l’enthousiasme. Le trihebdomadaire souligne que les taux consentis restent élevés, signe de la prime de risque attachée au pays. Selon lui, la réussite durable dépendra surtout de la rigueur budgétaire, de la transparence et de la capacité des autorités à transformer les annonces en résultats tangibles.
Bruxelles à bout de patience face à l’afflux congolais
Le quotidien revient également sur la visite à Kinshasa de la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt. Selon les chiffres cités, les demandes d’asile de Congolais en Belgique sont passées de 1 250 en 2023 à 2 500 en 2025. Plus de 450 dossiers ont déjà été enregistrés au premier trimestre 2026. Bruxelles affirme rester ouverte aux voies légales — études, travail, visites — mais veut durcir l’examen des demandes jugées infondées.
Congo Nouveauy va sans détour : Sous Tshisekedi, les demandes d’asile explosent en Belgique
Ce trihebdomadaire affirme que l’augmentation de ces demandes d’asile démontre également que l’arrivée du président Félix Tshisekedi au pouvoir n’a pas changé grand-chose dans le vécu quotidien des Congolais.
Et de commenter : « Les opportunités d’emplois n’ont pas été créées suffisamment pour retenir des jeunes Congolais au pays. Ce qui démontre encore un échec social du pouvoir actuel malgré les efforts entrepris dans certains secteurs. Vivre à Kinshasa aujourd’hui relève du miracle pour des familles qui n’ont pas des réseaux politiques au sein de l’appareil de l’État. L’argent du peuple circule entre les mains d’une minorité, laissant la grande majorité broyer du noir»
La plupart de ces demandeurs d’asile, écrit encore Congo Nouveau, « viennent des régions du pays où il n’y a pas la guerre, à Kinshasa surtout.»
Même tonalité dans Forum des As, qui relaie les mises en garde de la ministre belge contre les demandes d’asile à motivation économique. Le quotidien note que le taux de reconnaissance des dossiers congolais serait tombé à 10,7 % au premier trimestre 2026, contre 14,9 % en 2025.
Enfin, dans Le Phare, place aux prix du carburant. Le quotidien annonce l’adoption de nouvelles structures tarifaires par le Comité de suivi des prix des produits pétroliers, sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient.
Sat, 18 Apr 2026
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