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Tout ce qu'il faut savoir dans le domaine de la Green Tech.
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- 1803 - Limiter le réchauffement à +1,5 suppose de profondément changer nos vies ?
Décarboner les usines, produire davantage d’électricité renouvelable et électrifier l’économie ne suffiraient pas, à eux seuls, à rapprocher l’Europe d’une trajectoire climatique à 1,5 degré. Il faudrait aussi modifier profondément certains usages quotidiens. C’est la conclusion des travaux de Stephanie Cap, chercheuse en écologie industrielle à l’université de Leyde, aux Pays-Bas. Son équipe a modélisé l’évolution de l’empreinte carbone des ménages en Allemagne, Espagne, Hongrie, Lettonie et Suède, en supposant parallèlement une forte décarbonation de l’industrie.
Les chercheurs ont testé 47 changements de consommation. Trois familles ressortent nettement : utiliser beaucoup moins les voitures thermiques, abandonner les chauffages fonctionnant aux énergies fossiles et réduire fortement la consommation de produits animaux. Mais leur résultat le plus frappant concerne l’échelle nécessaire. Dans les pays étudiés aux empreintes les plus élevées, les scénarios pour 2030 supposent qu’au moins 87 % de la population adopte simultanément un ensemble de changements. En Espagne et en Hongrie, la proportion nécessaire descend autour de 50 à 60 %.
Il ne s’agit pourtant pas d’une étude affirmant que chacun doit simplement faire davantage d’efforts. Stephanie Cap insiste au contraire sur les conditions matérielles. Demander à quelqu’un d’abandonner sa voiture fonctionne mal sans transports publics ; remplacer un chauffage fossile suppose des logements et des réseaux adaptés. Entreprises et pouvoirs publics déterminent donc largement quelles décisions deviennent réellement possibles. Les résultats doivent aussi être maniés avec prudence. La France n’est pas étudiée, les modèles utilisent une année de référence 2015 et des trajectoires de décarbonation élaborées plusieurs années auparavant. Il s’agit de scénarios exploratoires, pas d’une prédiction de ce que feront les Européens.
Et depuis, le contexte climatique s’est encore durci. En septembre, le Programme des Nations unies pour l’environnement a estimé qu’un dépassement temporaire de 1,5 degré était désormais pratiquement inévitable. L’objectif consiste donc de plus en plus à limiter ce dépassement puis à faire redescendre la température.
Source : GEO
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Wed, 07 Oct 2026 - 2min - 1802 - Un papier peint produit de l'électricité grâce à l'humidité de l'air ?
Des chercheurs américains ont transformé un simple support en papier en générateur électrique alimenté par l’humidité d’une pièce. La puissance reste minuscule, mais elle suffit déjà à faire fonctionner certains appareils électroniques. Le prototype vient de l’université de Binghamton, dans l’État de New York. Son principe repose sur des générateurs dits « moist-electric » : au lieu d’utiliser le Soleil ou le mouvement, ils exploitent la circulation de l’eau absorbée directement dans l’air.
Chaque petit module mesure environ deux centimètres de côté. Sur ses bords, de la glycérine attire la vapeur d’eau. Au centre, un polymère et une zone traitée à la cire organisent son déplacement puis son évaporation. Cette circulation maintient une différence de concentration en ions entre les zones humides et plus sèches, ce qui crée une tension électrique. Un module a produit environ 0,34 volt et une puissance de 2,2 microwatts par centimètre carré à 80 % d’humidité relative. Ce niveau reste beaucoup trop faible pour alimenter l’éclairage ou l’électroménager d’une maison.
L’intérêt apparaît lorsqu’on multiplie les cellules. Les chercheurs en ont assemblé 1 596 sur une même surface, avec les connexions électriques cachées derrière. À seulement 38 % d’humidité, cet ensemble a pu alimenter un clavier sans fil. Durant l’expérience, il a également fait passer l’humidité ambiante de 38 à 32 %, puisque l’eau de l’air constitue précisément son carburant. Ce deuxième effet intéresse particulièrement l’équipe. Dans un bâtiment, chauffage, ventilation et climatisation consomment déjà de l’énergie pour contrôler l’humidité. Un revêtement capable d’en absorber une partie tout en produisant quelques microwatts pourrait un jour alimenter directement des capteurs de température, d’humidité ou d’autres objets connectés installés dans les murs. Mais nous en sommes encore à la phase de laboratoire. La durabilité sur plusieurs années, le coût d’une fabrication à grande échelle et les performances dans des conditions réelles restent à démontrer.
Source : TechXplore
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Tue, 06 Oct 2026 - 2min - 1801 - Bientôt une batterie qui se charge à 100% en 5 minutes ?
Une batterie expérimentale au sodium vient de supporter un régime de charge correspondant théoriquement à quatre minutes, sans utiliser de lithium. Mais le résultat le plus important concerne peut-être moins la vitesse que la manière dont les chercheurs ont maîtrisé le sodium métallique. Cette technologie repose sur une anode en sodium pur. Sur le papier, le matériau est abondant et permet d’envisager des batteries moins dépendantes des chaînes d’approvisionnement du lithium. Le problème est que, pendant la recharge, le sodium se dépose facilement sous forme de petites aiguilles appelées dendrites. En traversant l’électrolyte, elles peuvent provoquer un court-circuit.
Des chercheurs de l’université du Sud-Est, en Chine, ont développé un électrolyte quasi solide, autrement dit un matériau gélifié situé entre le liquide classique et le solide. Sa chimie contrôle à la fois le déplacement des ions sodium et les couches qui se forment à la surface des deux électrodes. L’objectif est de rendre le dépôt du sodium beaucoup plus uniforme.
Les résultats publiés dans Nano-Micro Letters sont impressionnants, mais doivent être lus précisément. Des cellules symétriques destinées à tester l’anode ont fonctionné pendant 6 000 heures sans formation problématique de dendrites. Sur des cellules complètes, les chercheurs ont conservé 90 % de la capacité après 2 000 cycles à un régime de 3C, soit environ vingt minutes par cycle théorique. À 15C, un rythme correspondant à environ quatre minutes, la cellule délivre encore 80,1 milliampères-heures par gramme. L’équipe a également fabriqué des cellules souples de type « pouch », plus proches du format utilisé industriellement.
Cela ne signifie pourtant pas qu’une voiture électrique pourra bientôt se recharger en quatre minutes. Les performances ont été obtenues en laboratoire, avec des cellules expérimentales. Il faut encore démontrer qu’elles résistent aux variations de température, qu’elles peuvent être fabriquées massivement et qu’elles conservent leurs propriétés lorsque leur capacité augmente.
Source : Futura
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Mon, 05 Oct 2026 - 2min - 1800 - L'étude des nuages va doper l’éolien ?
Un ciel couvert pourrait améliorer la production de certains parcs éoliens en mer, non pas en créant davantage de vent, mais en l’aidant à récupérer plus rapidement derrière les turbines. Lorsqu’une éolienne produit de l’électricité, elle prélève de l’énergie au vent. L’air qui ressort derrière elle est donc plus lent. À l’échelle d’un parc entier, ce sillage peut s’étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres et réduire la production d’un deuxième parc situé sous le vent.
Des chercheurs de l’université de Twente, aux Pays-Bas, montrent maintenant que les nuages bas peuvent modifier ce phénomène. Leur mécanisme vient du sommet des nuages : celui-ci émet de la chaleur vers l’espace et se refroidit. L’air refroidi devient plus dense, descend et renforce le brassage vertical de l’atmosphère. De l’air plus rapide situé en altitude est alors ramené vers la hauteur des turbines.
Dans leurs simulations publiées dans PRX Energy, la vitesse moyenne du vent derrière le parc retrouve 90 % de sa valeur initiale après environ 17 kilomètres lorsque ce refroidissement radiatif des nuages est pris en compte. Sans lui, il faut plus de 32 kilomètres. Ce résultat devient particulièrement intéressant en mer du Nord, où les projets éoliens se multiplient et où le sillage d’un parc peut atteindre le suivant. Les développeurs calculent déjà ces pertes avant de construire, mais les modèles ne représentent pas toujours correctement l’effet des nuages. Or les couches nuageuses basses sont fréquentes au-dessus de cette région.
Il faut néanmoins rester prudent. Les chercheurs ont utilisé des simulations numériques d’une atmosphère simplifiée, avec une couche de stratocumulus. Ils n’ont pas démontré que tous les nuages améliorent systématiquement la production éolienne. Il faudra maintenant effectuer des mesures à la hauteur des turbines, sous différentes couvertures nuageuses, pour vérifier l’ampleur du phénomène en conditions réelles.
Source : TechXplore
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Sun, 04 Oct 2026 - 2min - 1799 - Étape 1 lancée pour le data center spatial de Google ?
Google va envoyer quatre de ses puces d’intelligence artificielle dans l’espace le 1er octobre. Mais ce premier vol de Project Suncatcher ressemble beaucoup moins à un data center orbital qu’à un laboratoire destiné à découvrir pourquoi il est si difficile d’en construire un.
Le satellite expérimental, baptisé MVP, doit décoller à bord d’une Falcon 9 de SpaceX lors de la mission Transporter-18. Construit par Planet Labs, il a environ la taille d’un réfrigérateur et embarque quatre TPU, les accélérateurs que Google utilise également dans ses centres de données terrestres. L’ambition à long terme est beaucoup plus grande. Avec Suncatcher, Google étudie des constellations de satellites capables d’exécuter des calculs d’intelligence artificielle en orbite, alimentés par le Soleil et reliés entre eux par des communications laser. Selon l’entreprise, un satellite correctement placé peut recevoir jusqu’à huit fois plus d’énergie solaire qu’une installation comparable au sol.
Le prototype d’octobre reste pourtant minuscule à cette échelle. Ses panneaux fournissent environ un kilowatt et ses quatre TPU ne pourront faire tourner des modèles Gemini que pendant des séquences d’environ quinze minutes. La raison révèle l’un des principaux obstacles des data centers spatiaux : le refroidissement. Dans le vide, impossible d’évacuer la chaleur avec de l’air ou des tours de refroidissement. Elle doit être conduite jusqu’à des radiateurs puis rejetée sous forme de rayonnement. Après chaque période de calcul, le prototype devra donc laisser son système thermique récupérer. Google veut également mesurer l’effet des vibrations du lancement, des radiations et des variations extrêmes de température sur des puces proches de celles utilisées sur Terre.
Ce premier satellite ne testera donc pas encore un véritable centre de données spatial. Deux prototypes plus ambitieux restent prévus en 2027, notamment pour avancer vers des architectures capables de fonctionner en réseau.
Suncatcher illustre néanmoins jusqu’où pousse désormais la recherche de puissance pour l’IA. Sur Terre, l’industrie cherche davantage d’électricité et de terrains. Dans l’espace, elle trouverait beaucoup de Soleil, mais devrait reconstruire presque tout ce qui permet aujourd’hui à un data center de fonctionner.
Source : Stack Chronicle
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Thu, 01 Oct 2026 - 2min - 1798 - Les politiques peuvent-ils rendre l’IA réellement plus sobre ?
Le Sénat français ne propose pas de freiner l’intelligence artificielle, mais de cesser d’utiliser systématiquement les modèles les plus puissants lorsqu’un outil beaucoup plus léger suffit.
Dans un rapport adopté à l’unanimité par sa commission de l’aménagement du territoire, trois sénateurs dressent un constat : avec l’IA générative, l’essentiel de l’empreinte environnementale du numérique se déplace progressivement des smartphones et ordinateurs vers les centres de données. La première pression vient de l’électricité. Le rapport estime que l’IA pourrait mobiliser environ 500 térawattheures dans le monde en 2030, soit jusqu’à la moitié de la consommation des data centers selon les scénarios étudiés. À cela s’ajoutent l’eau nécessaire au refroidissement, la fabrication accélérée de processeurs et la consommation de métaux critiques.
Face à cette croissance, les sénateurs défendent ce qu’ils appellent une IA « frugale ». Le principe n’est pas de renoncer à l’IA, mais d’adapter la puissance du modèle au travail demandé. Résumer un document, classer des données internes ou traiter une tâche industrielle précise ne nécessite pas toujours un immense modèle généraliste. Le rapport recommande donc de soutenir davantage les petits modèles spécialisés, notamment par la commande publique.
Autre difficulté : aujourd’hui, comparer réellement l’empreinte de deux intelligences artificielles reste très compliqué. Les entreprises ne publient pas toutes les mêmes données et leurs analyses de cycle de vie utilisent des méthodes différentes. Le Sénat propose de confier à l’Arcep la définition des informations à rendre publiques, d’établir un standard européen et de créer un écoscore pour les principaux modèles. Le rapport défend en parallèle l’installation de data centers en France, ce qui peut sembler contradictoire. Son raisonnement repose sur le mix électrique français, beaucoup moins carboné que celui de nombreux pays où sont actuellement hébergés les calculs utilisés par les Français. La frugalité proposée par le Sénat repose donc sur trois choix très concrets : savoir mesurer l’empreinte d’une IA, placer le calcul là où l’électricité est moins carbonée et surtout ne pas mobiliser une machine gigantesque lorsqu’une plus petite peut faire le même travail.
Source : GEO
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Wed, 30 Sep 2026 - 1min - 1797 - Peut-on refroidir l’IA avec des eaux usées ?
Dans le Mississippi, Amazon veut refroidir une partie de ses data centers avec une eau qui aurait autrefois été rejetée après traitement. Le projet doit entrer en service en 2027 à Canton. Veolia installera des unités capables de récupérer les effluents de stations d’épuration voisines, de les retraiter puis de les transformer en eau suffisamment propre pour alimenter les systèmes de refroidissement du centre de données.
Une fois pleinement déployé, le dispositif doit remplacer environ 314 millions de litres d’eau potable ou souterraine chaque année, soit la consommation annuelle annoncée d’environ 760 foyers américains. La nuance est importante : le projet ne supprime pas le besoin en eau. Il change surtout son origine. Les systèmes évaporatifs continuent à consommer de l’eau pour évacuer la chaleur des serveurs, mais ils peuvent utiliser une ressource déjà passée par le cycle urbain plutôt que prélever de l’eau potable ou directement dans les nappes.
Dans le Mississippi, cette solution intervient d’ailleurs seulement pendant les périodes les plus chaudes. Amazon indique que ses installations y utilisent l’air extérieur pour se refroidir environ 91 % de l’année et ne recourent au refroidissement par eau que pendant les 9 % restants. L’enjeu prend de l’ampleur avec l’IA. L’Agence internationale de l’énergie estime désormais que les data centers pourraient consommer environ 950 térawattheures d’électricité en 2030, presque deux fois leur niveau de 2025. Des serveurs plus puissants concentrent davantage de chaleur, ce qui renforce simultanément les besoins en électricité et en refroidissement.
Veolia veut donc transformer cette contrainte en nouveau marché. Le groupe travaille déjà sur plus d’une centaine de sites et affirme pouvoir réduire jusqu’à 75 % l’empreinte hydrique de certains data centers grâce au traitement, à la réutilisation et au recyclage de l’eau. Ce chiffre reste cependant une performance maximale annoncée par l’entreprise, pas un résultat applicable automatiquement à chaque installation. L’économie circulaire ne rend donc pas les data centers immatériels. Elle cherche plutôt à fermer une partie de leurs boucles physiques : utiliser plusieurs fois la même ressource avant d’en prélever une nouvelle.
Source : Futura
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Tue, 29 Sep 2026 - 2min - 1796 - Une énergie solaire bon marché, mais en cruel manque de capacité ?
Les panneaux solaires se vendent désormais autour de 12 centimes de dollar par watt de capacité, selon Dave Jones, cofondateur du centre de recherche Ember. Vingt-six ans en arrière, ce prix se situait plutôt entre 5 et 6 dollars. Une chute drastique, en partie expliquée par l’augmentation massive de la production chinoise. Attention cependant : 12 centimes par watt ne représentent pas le coût d’une centrale solaire complète. Terrain, main-d’œuvre, onduleurs, raccordement au réseau et financement viennent s’y ajouter.
Malgré cela, l’électricité solaire est devenue extrêmement compétitive. L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) estime qu’en 2025, les nouvelles grandes centrales photovoltaïques produisaient leur électricité pour environ 44 dollars par mégawattheure en moyenne dans le monde. Plus de 90 % des nouveaux projets renouvelables à grande échelle fournissaient même une électricité moins chère que la nouvelle centrale fossile la moins coûteuse disponible sur leur marché.
Cette compétitivité se traduit désormais dans les installations. En 2025, le monde a ajouté un record de 693 GW de capacités renouvelables, portant le total à environ 5,15 TW. Mais il faudrait aller presque deux fois plus vite.
À la COP28, les pays s’étaient engagés à porter les capacités renouvelables mondiales à environ 11,2 TW en 2030. Pour y parvenir, il faudrait désormais installer en moyenne 1,2 TW supplémentaires chaque année entre 2026 et 2030. Autrement dit, construire en cinq ans davantage de capacités renouvelables que tout ce que le monde avait accumulé jusqu’à fin 2025.
Problème, la demande explose. Les data centers destinés à l’IA s’ajoutent aux véhicules électriques, à la climatisation et à l’électrification de l’industrie. Si la production propre et les réseaux ne progressent pas suffisamment vite, une partie de cette nouvelle consommation pourrait continuer à être couverte par le charbon ou le gaz. Le principal obstacle au solaire n’est donc plus seulement son prix. Il faut maintenant construire les réseaux, le stockage et les capacités de raccordement capables d’absorber cette énergie à grande échelle.
Source : BloombergNEF
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Mon, 28 Sep 2026 - 2min - 1795 - Un data center alimenté par 62 générateurs à gaz ?
Un data center américain vient d’écoper d’une amende record après avoir installé assez de générateurs au gaz pour représenter près de 123 mégawatts de puissance, sans les autorisations environnementales requises.
L’affaire se déroule à Vineland, dans le New Jersey. DataOne y construit un immense site destiné à l’infrastructure d’intelligence artificielle de Nebius, qui doit notamment fournir de la puissance de calcul à Microsoft. Le 22 septembre, le régulateur environnemental de l’État lui a infligé une pénalité de 1,07 million de dollars.
Lors d’une inspection le 29 juillet, les autorités ont découvert 62 générateurs au gaz naturel, chacun capable de fournir près de deux mégawatts. Ils n’étaient pas présents lors de l’inspection précédente, en décembre 2025, et aucun ne disposait du permis exigé pour ce type d’équipement.
L’affaire est ensuite devenue publique grâce à une enquête de Floodlight et du Guardian. Des images thermiques prises par drone le 18 août montraient au moins 45 des 62 machines fonctionnant simultanément. Les photographies n’ont donc pas, à elles seules, déclenché la découverte officielle : l’État avait déjà inspecté le site trois semaines auparavant. Ces générateurs servent de solution temporaire en attendant l’alimentation permanente du centre. DataOne prévoit de passer à des piles à combustible de Bloom Energy et conteste l’interprétation du régulateur concernant ses générateurs provisoires. L’entreprise doit maintenant déposer les demandes nécessaires dans un délai de 45 jours ou cesser de les exploiter.
Le remplacement ne rendra d’ailleurs pas forcément le site sans carbone. Les piles à combustible de Bloom peuvent fonctionner au gaz naturel : elles produisent alors de l’électricité sans combustion et avec beaucoup moins de polluants atmosphériques locaux, mais elles émettent toujours du CO₂.
Source : Ars Technica
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Sun, 27 Sep 2026 - 2min - 1794 - L’IA fait augmenter la demande de PFAS ?
Pour économiser de l’eau, certains data centers pourraient utiliser davantage de substances appartenant à la famille des PFAS. Une solution au refroidissement des serveurs qui risque donc de déplacer une partie du problème environnemental. Les PFAS regroupent des milliers de composés fluorés extrêmement résistants à la chaleur et à la dégradation. Ces propriétés les rendent utiles dans les semi-conducteurs, mais aussi dans certains systèmes de refroidissement avancés destinés aux serveurs d’intelligence artificielle.
L’une de ces techniques s’appelle l’immersion biphasique. Les composants sont plongés dans un liquide diélectrique, qui ne conduit pas l’électricité. Au contact des puces chaudes, il s’évapore puis se condense pour recommencer le cycle. Ce procédé peut réduire fortement la consommation d’eau.
Mais certains fluides proposés pour cette technologie appartiennent justement à la famille des PFAS. Et selon une enquête publiée par l’ONG suédoise ChemSec, la demande provenant des data centers, des semi-conducteurs et des batteries pousse plusieurs grands chimistes à augmenter leurs capacités de production. Chemours développe notamment un fluide baptisé Opteon 2P50 pour le refroidissement informatique, tandis que Daikin ou le français Arkema investissent également dans leurs activités fluorées.
Il faut cependant éviter un raccourci : la majorité des data centers n’utilisent pas aujourd’hui de refroidissement aux PFAS, et des solutions commerciales sans ces substances existent déjà. Surtout, ChemSec reconnaît ne pas disposer des volumes mondiaux de production. Son rapport documente donc une tendance industrielle, pas la quantité de PFAS que l’IA rejettera réellement dans l’environnement. Le sujet devient néanmoins réglementaire. Aux États-Unis, des associations contestent déjà certains nouveaux fluides fluorés destinés aux data centers. En Europe, une proposition beaucoup plus large de restriction des PFAS est toujours en cours d’examen, avec des dérogations possibles selon les usages.
Après l’électricité, l’eau et les émissions de carbone, l’expansion de l’IA révèle ainsi une autre empreinte, beaucoup moins visible : celle des matériaux et des produits chimiques indispensables à son infrastructure. Réduire une ressource ne constitue un progrès que si l’alternative ne crée pas, ailleurs, une pollution encore plus difficile à éliminer.
Source : Stack Chronicle
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Thu, 24 Sep 2026 - 2min - 1793 - Le plus gros site de stockage de CO2 lancé au Danemark ?
L’Europe vient de franchir une étape très concrète dans le captage du carbone : elle dispose désormais d’une chaîne commerciale capable d’emmener du CO₂ depuis une usine jusqu’à son stockage permanent sous la mer.
Le projet s’appelle Greensand. Inauguré le 18 septembre au Danemark, il est présenté comme le premier site de stockage de CO₂ à grande échelle pleinement opérationnel dans l’Union européenne. Il est piloté par INEOS Energy avec Harbour Energy et le fonds public danois Nordsøfonden.
Greensand ne capture pas lui-même le CO₂. Dans cette première phase commerciale, le carbone provient principalement d’usines danoises de biométhane. Il est liquéfié, transporté par camion jusqu’au port d’Esbjerg, puis chargé sur un navire spécialement conçu, le Carbon Destroyer 1. Celui-ci l’achemine vers l’ancien champ pétrolier de Nini West, à environ 250 kilomètres des côtes. Le CO₂ est ensuite injecté dans un réservoir de grès situé environ 1 800 mètres sous le fond marin. Les couches géologiques qui retenaient autrefois pétrole et gaz servent désormais à emprisonner durablement le carbone. Le projet avait déjà démontré ce principe lors d’un pilote en 2023 ; cette fois, il passe à l’exploitation commerciale.
La capacité initiale atteint jusqu’à 400 000 tonnes par an. L’Union européenne évoque environ 2,4 millions de tonnes stockées sur huit ans pour cette phase. INEOS vise ensuite entre 4 et 8 millions de tonnes annuelles, mais cette montée en puissance dépend encore des clients, des infrastructures, des autorisations et surtout de la quantité de CO₂ effectivement capturée ailleurs. C’est toute la limite du CCS : disposer d’un réservoir ne suffit pas. Il faut équiper les cimenteries, aciéries ou usines chimiques pour séparer leur CO₂, puis créer les terminaux, navires et réseaux capables de l’acheminer.
Greensand ne règle donc pas à lui seul le problème des émissions européennes. Mais il transforme une technologie longtemps cantonnée aux démonstrateurs en véritable chaîne industrielle. Pour le stockage du carbone en Europe, le défi change désormais de nature : il ne s’agit plus seulement de prouver que l’on peut enfouir du CO₂, mais de savoir si l’on peut le faire à une échelle réellement significative.
Source : Reuters
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Wed, 23 Sep 2026 - 2min - 1792 - L’IA va créer une crise mondiale des déchets d'ici 2050 ?
Derrière les data centers de l’intelligence artificielle se prépare une autre facture environnementale : des centaines de millions de tonnes d’équipements pourraient être jetées d’ici 2050. L’estimation vient du Basel Action Network, une ONG spécialisée dans les déchets dangereux. Selon son nouveau rapport, l’expansion de l’IA pourrait entraîner le retrait de 395 à 617 millions de tonnes d’équipements électroniques entre 2025 et 2050. Pour rendre ce chiffre concret, les auteurs imaginent ces déchets chargés dans des conteneurs maritimes. Il en faudrait entre 15 et 23 millions. En alignant environ 20 millions de conteneurs de quarante pieds, on obtiendrait près de 244 000 kilomètres : environ six fois le tour de la Terre.
Cette projection est beaucoup plus élevée que les estimations précédentes, parce que le BAN ne compte pas seulement les serveurs et leurs processeurs graphiques. Dans un data center de référence de 100 mégawatts, ceux-ci ne représenteraient que 13 % de la masse des équipements considérés. Le reste vient notamment du refroidissement, de la distribution électrique, des systèmes de secours et du réseau. Le rapport ajoute aussi une catégorie plus controversée : la « contagion des déchets IA ». Elle désigne des ordinateurs, équipements télécoms ou appareils rendus obsolètes plus rapidement parce que l’écosystème s’adapte aux nouvelles charges de travail de l’intelligence artificielle.
C’est pourquoi ces chiffres doivent rester présentés comme un scénario, pas comme une quantité de déchets déjà acquise. Une étude publiée en 2024 dans Nature Computational Science, avec un périmètre beaucoup plus étroit centré sur les grands modèles et leurs serveurs, estimait entre 1,2 et 5 millions de tonnes cumulées d’ici 2030. Une analyse publiée en 2026 a encore revu à la baisse certaines estimations concernant les seuls serveurs IA. Le désaccord ne signifie donc pas nécessairement que l’un des calculs est faux : ils ne comptent pas la même chose. Mais le rapport met en lumière un angle souvent absent du débat sur l’IA. Une infrastructure numérique reste une infrastructure physique. Et lorsque les puces deviennent obsolètes en quelques années, la course à la puissance informatique produit aussi une course au remplacement du matériel.
Source : Basel Action Network
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Tue, 22 Sep 2026 - 2min - 1791 - Un océan se cache-t-il sous nos pieds ?
À près de 3 000 kilomètres sous nos pieds, deux minéraux inconnus pourraient expliquer comment une partie de l’eau terrestre reste piégée pendant des milliards d’années. Il ne faut surtout pas imaginer un immense océan liquide sous le manteau. L’eau dont parlent les chercheurs est stockée sous forme d’hydrogène directement intégré à la structure de minéraux.
Une équipe internationale vient justement d’en synthétiser deux nouveaux, des oxyhydroxydes de fer, dans des cellules à enclumes de diamant. Ces expériences reproduisent les pressions et les températures extrêmes qui règnent près de la frontière entre le manteau et le noyau terrestre. Le résultat, publié dans Nature Geoscience, est intéressant pour deux raisons. D’abord, ces minéraux peuvent incorporer de l’hydrogène même lorsque l’environnement n’est pas saturé en eau. Ensuite, ils sont très denses. S’ils existent réellement dans la Terre, ils pourraient donc s’accumuler tout au fond du manteau et y conserver de l’eau pendant des périodes géologiques extrêmement longues.
Cela pourrait aussi éclairer une autre énigme. Les sismologues observent près du noyau des zones où les ondes sismiques ralentissent brutalement, appelées ULVZ. Leur composition reste débattue. Les propriétés de ces nouveaux minéraux offrent désormais une explication possible à certaines de ces anomalies. Cette eau profonde pourrait avoir deux origines : être un vestige de la Terre primitive, lorsque la planète était encore largement recouverte d’un océan de magma, ou provenir de matériaux entraînés progressivement vers les profondeurs par la subduction des plaques tectoniques.
Mais l’étude ne démontre pas qu’un gigantesque réservoir existe effectivement. Les deux minéraux ont été produits en laboratoire, leur présence naturelle reste à confirmer et les chercheurs ne quantifient pas la quantité totale d’eau qui pourrait être stockée ainsi. La découverte ajoute donc surtout une pièce au cycle profond de l’eau terrestre : les océans visibles à la surface ne racontent peut-être qu’une partie de l’histoire de l’eau de notre planète.
Source : https://www.nature.com/articles/s41561-026-02067-1
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Mon, 21 Sep 2026 - 2min - 1790 - Bull, la startup IA française qui va doper la météo espagnole ?
L’Espagne va renouveler le cœur informatique de ses prévisions météo avec une entreprise désormais détenue par l’État français. L’Agence météorologique espagnole, l’AEMET, a attribué à Bull un contrat de près de 31,7 millions d’euros pour fournir une nouvelle infrastructure de supercalcul. Le marché court sur quatre ans et couvre le matériel, les logiciels, l’installation, l’interconnexion ainsi que la supervision du système. Le dispositif sera réparti sur deux sites dans la région de Madrid, ce qui permet notamment de conserver une continuité de service si l’un des centres rencontre un problème. L’AEMET utilise déjà deux grands clusters de calcul pour faire fonctionner ses modèles météorologiques et climatiques.
Bull annonce un gain de performance de 10 %. Ce chiffre mérite cependant d’être bien compris : il ne signifie pas que les prévisions météo deviendront 10 % plus justes. Il s’agit d’une amélioration de la puissance et des performances du système informatique, permettant d’exécuter plus efficacement les modèles existants et d’intégrer de nouveaux usages, notamment liés à l’intelligence artificielle. La météo moderne repose sur des simulations numériques extrêmement lourdes. Des milliards d’observations doivent être transformées en scénarios calculant l’évolution de l’atmosphère. Plus la puissance disponible augmente, plus il devient possible de travailler avec des modèles complexes, de multiplier les simulations ou d’affiner certaines résolutions.
Le contrat présente aussi une particularité industrielle. Depuis mars 2026, Bull appartient intégralement à l’État français, après son rachat à Atos pour une valeur pouvant atteindre 404 millions d’euros. L’entreprise dispose notamment de l’usine d’Angers, présentée comme la seule usine de supercalculateurs en Europe. Le marché espagnol illustre donc un enjeu qui dépasse la météo : les infrastructures de calcul deviennent elles-mêmes des équipements stratégiques. Prévisions climatiques, intelligence artificielle, recherche ou défense reposent désormais sur la même ressource fondamentale : disposer de suffisamment de puissance de calcul, et savoir encore la produire en Europe.
Source : https://www.stackchronicle.fr/2026/09/14/bull-aemet-supercalculateur-meteo-espagne/
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Sun, 20 Sep 2026 - 2min - 1789 - OpenAI s'attaque désormais aux réseaux électriques américains ?
OpenAI veut désormais utiliser ses modèles les plus puissants pour protéger le réseau électrique américain contre les cyberattaques. Mais le milliard de dollars annoncé n’est pas un chèque destiné aux compagnies d’électricité. Le programme s’appelle Daybreak for Frontline Defenders. OpenAI promet l’équivalent d’un milliard de dollars sous forme d’accès subventionné à ses outils de cybersécurité, accompagné de formations, d’assistance technique et de partenariats.
Aux États-Unis, la priorité ira notamment aux opérateurs de réseaux électriques et d’eau, mais aussi aux collectivités locales, banques régionales et autres organisations disposant de moyens limités. Concrètement, l’intelligence artificielle doit aider les équipes à analyser des activités suspectes, examiner du code ancien, rechercher des vulnérabilités, déterminer lesquelles sont réellement exploitables et préparer des correctifs. L’objectif n’est donc pas de confier la conduite du réseau électrique à ChatGPT, mais d’accélérer le travail des spécialistes qui sécurisent les systèmes informatiques autour des infrastructures critiques.
OpenAI affirme que Daybreak est déjà utilisé par des milliers de professionnels appartenant à environ 2 000 organisations et espaces de travail approuvés. Un programme pilote avec le MS-ISAC doit également former des cyberdéfenseurs des administrations locales et des services publics. L’annonce intervient dans un contexte particulier. OpenAI vient aussi de classer son nouveau modèle GPT-6 Astra au niveau « critique » pour ses capacités cyber. Selon l’entreprise, avec les bons outils et accès, le modèle peut découvrir des vulnérabilités jusque-là inconnues et concevoir des moyens de les exploiter dans des systèmes bien protégés.
C’est précisément le pari de Daybreak : donner rapidement ces capacités aux défenseurs avant qu’elles ne deviennent largement accessibles aux attaquants.
Mais l’IA ne résout pas les faiblesses structurelles des infrastructures critiques : logiciels vieillissants, manque de personnel spécialisé ou équipements difficiles à mettre à jour resteront des problèmes humains et industriels. La nouvelle course cyber se joue donc avec les mêmes modèles des deux côtés. L’avantage ne dépendra plus seulement de qui possède l’IA la plus puissante, mais de qui parvient à l’intégrer le plus vite dans ses défenses.
Source : Stack Chronicle
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Thu, 17 Sep 2026 - 2min - 1788 - La plus grande usine de captage de CO2 ouvre en Europe ?
La plus grande installation industrielle de captage de CO₂ d’Europe vient d’ouvrir aux Pays-Bas. Elle pourra capturer en un an ce que le monde émet en seulement onze minutes. Ce contraste spectaculaire dit presque tout du potentiel, mais aussi des limites, de cette technologie. Le site appartient au producteur d’engrais Yara, à Sluiskil. Depuis le 7 septembre, son usine de production d’ammoniac dispose d’une installation capable de capter et liquéfier jusqu’à 800 000 tonnes de CO₂ par an.
Ce carbone ne sera pas réutilisé. Il sera chargé sur des navires, envoyé en Norvège puis injecté par Northern Lights dans une formation géologique située environ 2,6 kilomètres sous le fond de la mer du Nord. Sur quinze ans, Yara prévoit ainsi de stocker environ 12 millions de tonnes. Attention cependant au vocabulaire : il ne s’agit pas d’aspirer du CO₂ déjà présent dans l’atmosphère. Le système intercepte des émissions industrielles avant qu’elles y soient rejetées.
Et l’ordre de grandeur est brutal. Les émissions mondiales issues des énergies fossiles ont atteint environ 38,1 milliards de tonnes en 2025. À ce rythme, 800 000 tonnes sont effectivement émises en un peu plus de onze minutes. Il faudrait théoriquement près de 48 000 installations de cette capacité pour équivaloir aux émissions fossiles mondiales d’une seule année. Alors, à quoi bon ? Parce que le captage n’est pas censé résoudre seul le changement climatique. Son intérêt est surtout dans les industries difficiles à décarboner, notamment la chimie, le ciment ou certains procédés produisant directement du CO₂. L’Agence internationale de l’énergie considère d’ailleurs le captage comme l’un des outils possibles, aux côtés de l’électrification, de l’efficacité énergétique ou de l’hydrogène.
Sluiskil apporte également quelque chose de très concret : une chaîne transfrontalière complète, de la capture aux Pays-Bas jusqu’au stockage sous la mer en Norvège. Le chiffre des onze minutes n’invalide donc pas le projet. Il rappelle plutôt son véritable rôle. Le captage du carbone peut traiter une partie des émissions industrielles les plus difficiles à supprimer ; il ne transforme pas une technologie complémentaire en raccourci permettant d’éviter la baisse massive des émissions mondiales.
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Wed, 16 Sep 2026 - 2min - 1787 - Google relance une vieille centrale nucléaire américaine ?
Une centrale nucléaire américaine arrêtée depuis six ans pourrait redémarrer pour accompagner l’explosion des besoins électriques du cloud et de l’intelligence artificielle. Et Google participe directement à son retour. La centrale de Duane Arnold, dans l’Iowa, produisait environ 615 mégawatts avant son arrêt définitif en août 2020. Sa fermeture était déjà programmée pour des raisons économiques ; une violente tempête ayant endommagé notamment ses tours de refroidissement l’avait simplement avancée de quelques semaines.
Six ans plus tard, l’équation a changé. NextEra Energy veut remettre le réacteur en service au début de 2029. Le département américain de l’Énergie vient de lui accorder un prêt pouvant atteindre 1,9 milliard de dollars pour financer les travaux. Google joue ici un rôle essentiel : l’entreprise a conclu avec NextEra un accord permettant de soutenir financièrement le redémarrage et d’acheter l’électricité produite afin d’accompagner le développement de ses infrastructures cloud et IA dans l’Iowa.
Mais la centrale ne peut pas simplement être rallumée. Après plusieurs années de démantèlement, NextEra doit restaurer ou remplacer certains équipements, notamment les tours de refroidissement, puis démontrer au régulateur nucléaire américain que l’installation peut reprendre son exploitation en toute sûreté. Le calendrier de 2029 reste donc soumis aux autorisations de la NRC.
Et Google ne s’arrête pas aux États-Unis. En Finlande, le groupe vient de signer avec Fortum un contrat nucléaire de vingt-deux ans portant sur jusqu’à la moitié de la capacité de la centrale de Loviisa. Cet accord doit contribuer à financer sa prolongation jusqu’en 2050. Dans le même temps, Google prévoit au moins 13 milliards d’euros d’investissements dans ses infrastructures finlandaises entre 2027 et 2028. Le nucléaire présente une caractéristique particulièrement recherchée par les data centers : il fournit de grandes quantités d’électricité en continu, avec peu d’émissions directes de carbone.
L’IA est donc en train de modifier jusqu’à l’économie d’installations que le marché avait autrefois condamnées. Une centrale jugée trop chère en 2020 peut devenir stratégique quelques années plus tard, simplement parce que la valeur d’un mégawatt disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre n’est plus la même.
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Tue, 15 Sep 2026 - 2min - 1786 - Zéro CO2 ne signifie pas la fin du changement climatique ?
Même avec zéro émission humaine, le climat pourrait-il continuer à se réchauffer ? Une étude sur la plus grande extinction connue montre que ce scénario est possible dans certaines conditions. Mais elle ne dit pas que nous avons déjà franchi ce seuil. Le travail en question n’est d’ailleurs pas nouveau : il a été publié en juillet 2025 dans Nature Communications et revient aujourd’hui dans l’actualité. Les chercheurs se sont intéressés à l’extinction du Permien-Trias, il y a environ 252 millions d’années, la crise biologique la plus sévère documentée dans les archives fossiles. À l’époque, d’immenses émissions de carbone liées au volcanisme des Trapps de Sibérie ont provoqué un réchauffement brutal. Mais une énigme demeurait : pourquoi des conditions de « super effet de serre » ont-elles persisté pendant près de cinq millions d’années ?
L’équipe a combiné fossiles végétaux, indices géologiques et modélisation du climat. Sa conclusion : l’effondrement de la végétation terrestre, particulièrement sous les tropiques, aurait considérablement affaibli deux mécanismes permettant de retirer du CO₂ de l’atmosphère : le stockage du carbone par les écosystèmes et l’altération chimique des roches. Le système climatique se retrouve alors pris dans une boucle. Davantage de chaleur détruit la végétation ; moins de végétation signifie moins de carbone capté ; le CO₂ reste élevé et le climat demeure extrêmement chaud. Le refroidissement ne s’est véritablement amorcé qu’avec le retour de la productivité végétale. C’est ici que l’étude devient pertinente aujourd’hui. Selon les chercheurs, elle montre que le cycle du carbone possède des seuils capables d’amplifier un réchauffement initial.
Mais il faut éviter un raccourci important. Cette étude ne démontre pas que les forêts tropicales actuelles sont sur le point de s’effondrer, ni que parvenir au zéro émission serait devenu inutile. Elle étudie une Terre très différente, il y a 252 millions d’années, à partir de fossiles et de modèles.
Son avertissement est plus précis : protéger les grands puits naturels de carbone compte autant que réduire les émissions. Car si un écosystème essentiel bascule, arrêter d’ajouter du CO₂ peut ne plus suffire, à lui seul, à restaurer rapidement le climat précédent.
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Mon, 14 Sep 2026 - 2min - 1785 - La Patagonie, terre promise des data centers ?
La Patagonie attire désormais les promoteurs de data centers géants. Mais entre des centaines de mégawatts annoncés et des serveurs réellement installés, il reste encore toute l’infrastructure à construire. Dans le sud de l’Argentine, Neuquén et le Chubut concentrent plusieurs projets destinés à l’intelligence artificielle. Le principal atout est l’énergie. Neuquén combine le gaz de Vaca Muerta, l’hydroélectricité et un climat relativement frais. Plus au sud, le Chubut dispose d’un potentiel éolien important et de vastes terrains. Les chiffres donnent le vertige, mais ils doivent être lus avec prudence. Pampa Energía étudie près de sa centrale de Loma de la Lata un site qui pourrait atteindre 500 mégawatts. Les investisseurs intéressés voudraient cependant commencer par seulement 20 à 40 mégawatts. Rien que l’infrastructure électrique nécessaire à la pleine capacité coûterait près de 900 millions de dollars.
FlexDomes cherche de son côté des financements pour une première phase de 120 mégawatts, estimée à 1,4 milliard de dollars. Dans le Chubut, Green Capital évoque 300 mégawatts pour environ 3 milliards de dollars, avec une ambition théorique de 3 gigawatts à terme. Là encore, le financement reste à trouver. Même prudence pour Stargate Argentina. OpenAI et Sur Energy ont signé une lettre d’intention en octobre 2025 pour explorer un projet pouvant atteindre 500 mégawatts. OpenAI se présente comme un possible acheteur de capacité, pas comme le constructeur ayant déjà engagé 25 milliards de dollars. Car disposer d’énergie ne suffit pas. Un campus d’IA a aussi besoin de réseaux électriques renforcés, de fibres internationales rapides et redondantes, et de contrats suffisamment solides pour financer des infrastructures aussi lourdes. Le Chubut travaille justement avec le régulateur ENACOM sur un second point d’atterrissement de câble sous-marin et un corridor de fibre entre Atlantique et Pacifique.
Le gouvernement de Javier Milei ajoute un autre argument : le régime RIGI, prolongé en 2026, qui offre aux grands projets éligibles une stabilité fiscale, douanière, cambiaire et réglementaire pouvant durer trente ans. La Patagonie possède donc le froid, l’espace et l’énergie recherchés par l’IA. Ce qui lui manque encore, ce sont les preuves les moins spectaculaires mais les plus décisives : financements signés, câbles posés, raccordements achevés et premiers mégawatts effectivement construits.
Source : Stack Chronicle
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Sun, 13 Sep 2026 - 2min - 1784 - Le "carbone incorporé", poison du secteur de la construction ?
Rendre les bâtiments plus économes en énergie ne suffira pas à décarboner nos villes. À mesure que chauffage et électricité deviennent plus propres, une autre source d’émissions prend le dessus : le carbone déjà dépensé avant même d’allumer la première lumière.
Une étude publiée dans Building and Environment a modélisé l’ensemble des immeubles de bureaux australiens jusqu’en 2049. Son estimation de référence atteint près de 138 millions de tonnes de CO₂ équivalent sur la période. Environ 45 % proviendraient du « carbone incorporé ». Derrière ce terme se cachent les émissions liées à la fabrication du béton, de l’acier, du verre, au transport des matériaux, au chantier, à leur remplacement puis à la fin de vie du bâtiment. Et le paradoxe est là. Les émissions liées à l’utilisation des bureaux devraient s’effondrer avec l’électrification, les renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique. Le carbone de la construction, lui, diminue beaucoup plus lentement. Selon le scénario étudié, il deviendrait dès 2034 la première source annuelle d’émissions du secteur.
Le béton et l’acier représentent à eux seuls 59 % des émissions cumulées liées aux matériaux. Les chercheurs ont donc testé plusieurs solutions : béton moins carboné, structures bois, bâtiments moins hauts, matériaux biosourcés ou durée de vie plus longue. Elles améliorent fortement le bilan, mais aucune ne suffit seule à respecter une trajectoire climatique compatible avec deux degrés de réchauffement. Le levier le plus puissant est beaucoup moins technologique : rénover davantage et construire moins de mètres carrés neufs. Si le rythme de construction de nouveaux bureaux était divisé par deux, les objectifs de réduction du carbone incorporé deviendraient nettement plus atteignables.
La France est déjà plus avancée sur ce sujet que beaucoup de pays. La réglementation RE2020 impose un plafond d’émissions lié aux matériaux et au chantier des bâtiments neufs, avec des seuils qui se durcissent progressivement jusqu’en 2031. Cette étude ne dit donc pas qu’il faut arrêter de construire. Nous avons évidemment besoin de logements, d’écoles et d’hôpitaux. Elle rappelle simplement qu’un bâtiment très performant peut commencer sa vie avec une énorme dette carbone. Après avoir appris à réduire l’énergie consommée par les bâtiments, la prochaine révolution consiste peut-être à se demander, avant de construire : avons-nous réellement besoin d’un bâtiment neuf ?
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Thu, 10 Sep 2026 - 2min - 1783 - Les data centers américains se heurtent à la fronde populaire ?
La course américaine à l’intelligence artificielle vient de rencontrer un obstacle que les géants de la tech avaient peut-être sous-estimé : leurs voisins. En trois mois, l’opposition locale a bloqué ou retardé au moins 75 projets de data centers représentant environ 130 milliards de dollars d’investissements.
Attention au chiffre : ces 130 milliards ne se sont pas évaporés et tous les projets ne sont pas annulés. Certains sont simplement retardés par des recours, des moratoires ou des procédures administratives. Mais selon Data Center Watch, jamais autant de projets n’avaient été perturbés en un seul trimestre depuis le début de son suivi en 2023. Le nombre de groupes locaux mobilisés a plus que doublé pour atteindre 833, répartis dans 49 États. Et les opposants ne contestent pas seulement l’intelligence artificielle. Ils parlent d’électricité, d’eau, de bruit, de terrains agricoles et surtout de factures.
Le problème prend de l’ampleur parce que les centres de données changent complètement d’échelle. L’Agence internationale de l’énergie estime que leur consommation mondiale d’électricité pourrait plus que doubler d’ici 2030 pour atteindre environ 945 térawattheures. Aux États-Unis, ils pourraient représenter près de la moitié de la croissance de la demande électrique d’ici la fin de la décennie. La contestation est devenue suffisamment sérieuse pour modifier la politique nationale. En mars, Amazon, Google, Meta, Microsoft, OpenAI, Oracle et xAI ont accepté un engagement voulu par la Maison-Blanche : financer les nouvelles capacités électriques et les infrastructures nécessaires à leurs data centers plutôt que d’en transférer le coût aux particuliers.
Et cette bataille américaine mérite d’être observée en France. En mai, RTE avait déjà réservé près de 18 gigawatts de capacité électrique pour environ 80 projets de data centers, contre seulement 5 gigawatts fin 2024. Certains réclament à eux seuls plus de 400 mégawatts. L’IA était jusqu’ici présentée comme une compétition de puces, de modèles et de milliards. Elle devient aussi une bataille très concrète pour des mégawatts, de l’eau et des hectares. Et les habitants viennent de rappeler aux géants technologiques qu’une infrastructure peut avoir le financement, les GPU et l’électricité nécessaires sans pour autant disposer de la ressource la plus difficile à acheter : l’acceptation locale.
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Wed, 09 Sep 2026 - 2min - 1782 - Des composants 500 fois plus petits pour les puces IA ?
Des chercheurs viennent de fabriquer des composants photoniques jusqu’à 500 fois moins encombrants que leurs équivalents classiques. Et la prouesse ne vient pas d’une nouvelle machine de gravure : elle vient d’un algorithme capable de dessiner des formes qu’aucun ingénieur n’aurait spontanément imaginées. L’équipe de Harvard et de l’Institut Max-Planck travaille sur des puces photoniques. Contrairement aux processeurs traditionnels, elles utilisent la lumière pour transporter certaines informations. Cette technologie intéresse particulièrement les télécommunications, les ordinateurs quantiques et les centres de données, où déplacer toujours plus de données entre les puces devient un véritable goulet d’étranglement.
Le procédé employé s’appelle la conception inverse. Au lieu de dessiner un composant puis de vérifier son fonctionnement, les chercheurs donnent au logiciel le résultat désiré : séparer différentes longueurs d’onde, trier plusieurs modes lumineux ou réfléchir la lumière. L’algorithme optimise ensuite la répartition de la matière jusqu’à obtenir une nanostructure efficace et compatible avec les procédés industriels. Ce n’est donc pas une IA générative qui « invente une puce » comme ChatGPT rédige un texte, mais un puissant système d’optimisation mathématique. Les chercheurs ont réellement fabriqué et testé trois familles de composants en nitrure de silicium. Certains multiplexeurs occupent une surface 50 à 300 fois plus petite que les modèles conventionnels ; pour certains dispositifs chargés de trier les modes de lumière, le gain atteint environ 500 fois. Les miroirs microscopiques réfléchissent, eux, jusqu’à 98,5 % de la lumière reçue.
Il faut cependant éviter une confusion : l’ensemble d’une puce n’est pas devenu 500 fois plus petit. Ce sont certaines briques photoniques qui ont été miniaturisées. Et les chercheurs doivent maintenant les intégrer à des circuits plus complexes. L’enjeu touche directement la France. À Grenoble, le CEA-Leti développe lui aussi des interconnexions photoniques destinées à soulager les échanges de données dans les futures architectures d’IA. La prochaine révolution des puces ne viendra donc peut-être pas uniquement de transistors toujours plus petits. Elle pourrait aussi venir d’algorithmes capables d’utiliser beaucoup mieux chaque micromètre disponible.
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Tue, 08 Sep 2026 - 2min - 1781 - La recherche sur les supraconducteurs décolle ?
L’intelligence artificielle vient d’aider des chercheurs à trouver deux nouveaux supraconducteurs. Mais la véritable découverte n’est pas leur performance : ces matériaux ne fonctionnent qu’à environ un degré au-dessus du zéro absolu. L’avancée, c’est la méthode utilisée pour les trouver.
Une équipe internationale coordonnée notamment par l’université Aalto, en Finlande, a identifié deux nouveaux composés : YRu3B2 et LuRu3B2. Après leur fabrication en laboratoire, les chercheurs ont confirmé qu’ils deviennent bien supraconducteurs, à 0,81 et 0,95 kelvin. À cette température, leur résistance électrique disparaît. Autant le dire immédiatement : nous sommes très loin du supraconducteur à température ambiante qui permettrait un jour de transporter de l’électricité pratiquement sans pertes ou de simplifier certaines machines utilisant des aimants extrêmement puissants. Ce qui change, c’est la manière de chercher.
Les combinaisons possibles d’éléments chimiques se comptent par milliards. Tester chacune d’elles avec des calculs quantiques très poussés serait beaucoup trop coûteux. Les chercheurs utilisent donc d’abord l’apprentissage automatique comme un immense filtre. L’algorithme élimine rapidement les candidats peu prometteurs. Les survivants passent ensuite par des calculs physiques beaucoup plus précis, puis par l’étape décisive : la fabrication et la vérification en laboratoire. L’équipe estime que cette approche pourrait permettre d’explorer à terme des milliards de matériaux. Les deux composés découverts possèdent notamment une structure dite « kagome », un réseau géométrique rappelant un motif traditionnel de vannerie japonaise. Cette organisation peut créer des bandes électroniques presque plates, une propriété particulièrement intéressante dans la recherche sur la supraconductivité.
Il faut néanmoins relativiser le caractère « historique » de l’annonce. Dès janvier, une autre équipe avait publié une chaîne de découverte accélérée par l’IA ayant elle aussi conduit à la synthèse et à la confirmation expérimentale de deux nouveaux supraconducteurs. Nous assistons donc plutôt à l’émergence d’une nouvelle façon de faire de la science des matériaux. Le consortium SuperC s’est fixé un objectif vertigineux : trouver un supraconducteur fonctionnant à température et pression ambiantes d’ici 2033. Rien ne garantit qu’il y parviendra. Mais l’IA change déjà une chose essentielle : au lieu de chercher une aiguille dans une botte de foin, les physiciens disposent désormais d’une machine capable de leur indiquer dans quelle poignée de foin commencer à regarder.
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Mon, 07 Sep 2026 - 2min - 1780 - Dissiper les nuages pour booster les rendements photovoltaïques ?
Et si, plutôt que d’attendre le retour du soleil, une centrale photovoltaïque pouvait simplement pousser les nuages hors du chemin ? Une start-up américaine veut envoyer des essaims de drones directement dans les nuages pour augmenter la production électrique des panneaux situés en dessous. Meteoric, jeune entreprise passée par Y Combinator, imagine des dizaines voire des centaines de drones électriques volant entre un et cinq kilomètres d’altitude. Leur mission : modifier les gouttelettes qui composent les nuages pour réduire leur capacité à réfléchir la lumière et laisser davantage de rayonnement atteindre le sol. Aucun produit chimique ne serait dispersé.
L’idée répond à une vraie contrainte du solaire. Selon les données utilisées par Meteoric, certains nuages bas et moyens peuvent réduire de 73 à 82 % le rayonnement reçu lorsqu’ils passent au-dessus d’une installation. La start-up estime donc pouvoir augmenter de 10 à 30 % la production annuelle de certaines centrales américaines. Mais ce chiffre est essentiel à nuancer : il provient d’un modèle informatique, pas d’une centrale déjà équipée de drones. Pour l’instant, la preuve expérimentale est très limitée. Meteoric affirme qu’un prototype a réussi à dissiper 13 % d’un nuage artificiel dans une chambre de laboratoire. Aucun essai grandeur nature n’a encore eu lieu et l’entreprise n’a pas publié suffisamment de détails pour évaluer indépendamment ce résultat. Le premier test à grande échelle est prévu en 2027.
Et Meteoric voit déjà beaucoup plus loin. Son ambition finale consiste à utiliser la même approche pour affaiblir les tempêtes et même les ouragans. Là, la prudence devient indispensable. L’Organisation météorologique mondiale rappelle que la modification locale des nuages peut fonctionner dans certaines conditions très particulières, mais qu’il n’existe aujourd’hui aucune preuve généralement acceptée permettant de modifier un cyclone tropical. Elle avertit même que les technologies promettant des effets spectaculaires sur des systèmes météorologiques aussi énergétiques doivent être considérées avec beaucoup de scepticisme. Meteoric illustre donc une nouvelle frontière des technologies climatiques : après avoir appris à prévoir la météo pour mieux exploiter les renouvelables, certains entrepreneurs veulent désormais modifier la météo elle-même. Mais avant de vendre davantage de soleil, il reste encore à démontrer que l’on sait réellement déplacer les nuages sans déplacer les problèmes ailleurs.
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Sun, 06 Sep 2026 - 2min - 1779 - Lidl, nouveau champion du cloud européen ?
Le propriétaire de Lidl veut devenir un géant européen du cloud. Et pour y parvenir, il prépare en Allemagne un data center pouvant coûter jusqu’à 5,6 milliards d’euros. Derrière les supermarchés, c’est désormais une bataille de souveraineté numérique qui se joue.
Bonjour à toutes et à tous. Première précision : ce n’est pas Lidl directement qui investit, mais sa maison mère, le groupe allemand Schwarz, également propriétaire de Kaufland et de la branche technologique Schwarz Digits. Le projet doit être construit à Dummerstorf, près de Rostock, dans le nord de l’Allemagne. Sous réserve des autorisations, il atteindrait 240 mégawatts de capacité en 2033, avec la possibilité de monter jusqu’à un gigawatt en 2045. À cette échelle, on entre clairement dans la catégorie des infrastructures hyperscale.
Pourquoi un groupe de supermarchés dépense-t-il autant dans des serveurs ? Parce que Schwarz a commencé par construire sa propre informatique pour Lidl et Kaufland, avant de transformer cette infrastructure en activité commerciale. Sa plateforme STACKIT propose désormais du cloud aux entreprises et aux administrations européennes, face à Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. Et l’enjeu est considérable. Selon Synergy Research, les fournisseurs européens ne représentent qu’environ 15 % du marché du cloud en Europe, tandis qu’Amazon, Microsoft et Google en contrôlent ensemble environ 70 %.
Schwarz veut donc proposer une alternative exploitée en Europe et soumise au droit européen. STACKIT a d’ailleurs été retenu cette année parmi quatre fournisseurs pour un contrat de cloud souverain de la Commission européenne. Le projet de Dummerstorf cherche aussi à répondre au problème énergétique des data centers. Schwarz promet une alimentation entièrement renouvelable en fonctionnement normal. Le climat du nord de l’Allemagne permettra davantage de refroidissement par l’air extérieur, et la chaleur dégagée par les serveurs pourrait alimenter le réseau de chauffage de Rostock. Mais le chantier reste à un stade précoce : les autorisations finales manquent encore et même le choix précis des puces destinées au cloud et à l’IA n’est pas arrêté.
L’histoire est surtout révélatrice d’un changement industriel. L’Europe ne manque pas seulement de modèles d’IA ou de fabricants de puces. Elle manque aussi des immenses infrastructures qui les font fonctionner. Et son prochain champion du cloud pourrait bien être né non pas dans la Silicon Valley, mais derrière les caisses d’un supermarché.
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Thu, 03 Sep 2026 - 2min - 1778 - Quantique : IBM se rapproche du zéro absolu ?
IBM vient de refroidir deux énormes modules à moins de 15 millikelvins, presque au zéro absolu. Mais la véritable avancée n’est pas d’avoir battu un record de froid : c’est d’avoir réussi à faire fonctionner ensemble deux réfrigérateurs quantiques conçus pour accueillir plusieurs processeurs interconnectés.
Bonjour à toutes et à tous. Première précision importante : IBM n’a pas présenté un nouvel ordinateur quantique complet tournant à cette température. L’entreprise a testé son infrastructure cryogénique modulaire dans l’État de New York. Les deux cellules ont été reliées puis refroidies ensemble. Elles sont descendues à 4 kelvins en moins de cinq jours, puis sous les 15 millikelvins, soit environ 0,015 degré au-dessus du zéro absolu. L’expression « 180 fois plus froid que l’espace » utilisée par IBM est spectaculaire : elle vient de la comparaison avec le fond cosmologique, autour de 2,7 kelvins. Mais ces températures extrêmes sont déjà normales pour les qubits supraconducteurs.
La vraie difficulté est ailleurs. Pour construire un ordinateur quantique puissant, ajouter des qubits ne suffit pas. Il faut aussi faire passer énormément de câbles pour les contrôler, récupérer leurs résultats et connecter plusieurs puces, sans apporter suffisamment de chaleur ou de perturbations pour détruire leurs fragiles états quantiques. IBM abandonne donc progressivement ses grands cryostats cylindriques au profit de cellules rectangulaires installées côte à côte. Chacune offre environ 0,53 mètre carré de surface disponible pour le câblage et 2,75 mètres cubes de volume sous vide. Cette architecture doit permettre d’ajouter des modules sans reconstruire tout le système à chaque génération.
Des processeurs Nighthawk doivent être installés dans cette infrastructure pour poursuivre les essais. L’objectif final reste Starling, qu’IBM promet pour 2029 comme son premier ordinateur quantique tolérant aux erreurs, capable de corriger en permanence les erreurs qui rendent encore les machines actuelles si difficiles à exploiter. Et c’est peut-être la leçon la plus intéressante : la course au quantique ne se joue plus seulement dans la physique des qubits. Elle se déplace vers une ingénierie presque industrielle faite de réfrigération, de câbles, de connecteurs et de modularité. L’ordinateur quantique utile ne naîtra donc probablement pas d’une puce miracle. Il ressemblera davantage à un immense système qu’il faudra réussir à assembler, refroidir et faire fonctionner comme une seule machine.
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Wed, 02 Sep 2026 - 2min - 1777 - Après l'espace, SpaceX bientôt énergéticien ?
SpaceX se prépare à acheter du gaz naturel comme une compagnie énergétique. L’entreprise recrute désormais un trader spécialisé, capable d’acheter le combustible, d’organiser sa livraison et même de se protéger contre les variations de prix. Derrière cette offre d’emploi se dessine une stratégie beaucoup plus vaste : SpaceX veut contrôler elle-même l’énergie nécessaire à ses fusées, ses usines et demain à son infrastructure d’intelligence artificielle.
Bonjour à toutes et à tous. Le poste peut être basé à Starbase, au Texas, ou à Cap Canaveral, en Floride. Sa mission porte sur le commerce physique et financier du gaz naturel. Ce n’est donc pas simplement négocier une facture : SpaceX commence à internaliser une fonction normalement confiée aux grands énergéticiens.
La première raison tient à Starship. La fusée utilise du méthane liquide extrêmement froid, mélangé à de l’oxygène liquide. Or le méthane est le principal constituant du gaz naturel. Un seul lancement nécessite environ 2,4 millions de litres de méthane. Aujourd’hui, l’approvisionnement repose largement sur des camions-citernes. Mais si SpaceX veut multiplier les vols, cette logistique devient difficilement compatible avec les cadences envisagées.
L’entreprise prépare donc « Starpipe », un gazoduc d’environ treize kilomètres vers Starbase, ainsi qu’une installation capable de transformer le gaz en méthane liquide. Elle a également signé plus d’une centaine de contrats donnant accès à des droits pétroliers et gaziers au Texas. Et sa présidente Gwynne Shotwell a publiquement confirmé que SpaceX étudiait même la possibilité de forer son propre gaz.
Mais le véritable changement d’échelle vient de l’IA. SpaceX et Tesla construisent au Texas Terafab, une gigantesque usine de semi-conducteurs dont la première phase représente près de 17 milliards de dollars d’investissement. Pour l’alimenter, SpaceX prévoit ses propres centrales électriques au gaz, complétées par de grandes batteries. SpaceX fabrique déjà ses moteurs, ses fusées, ses satellites et bientôt une partie de ses puces. Désormais, elle cherche également à maîtriser l’électricité et le carburant qui alimentent cette machine industrielle.
SpaceX ne devient donc pas encore officiellement un producteur de gaz. Mais sa logique est claire : lorsqu’une ressource devient stratégique, Elon Musk préfère construire la chaîne d’approvisionnement plutôt que d’en dépendre. Avec l’explosion des besoins énergétiques de l’IA, les frontières entre entreprise technologique, industriel spatial et énergéticien commencent à disparaître.
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Tue, 01 Sep 2026 - 2min - 1776 - Objectif "Made in Europe" pour les véhicules chinois ?
Les voitures chinoises ne vont plus seulement arriver en Europe par bateau. Elles vont de plus en plus sortir directement de nos usines, avec des salariés européens et parfois sur les chaînes de constructeurs historiques.
Bonjour à toutes et à tous. Selon Mobility Global, les marques chinoises devraient produire environ 90 000 voitures en Europe cette année. La prévision grimpe à un million par an en 2030, puis 1,5 million en 2035. Et précision importante : il s’agit de voitures de marques chinoises, pas uniquement de modèles 100 % électriques.
Cette implantation répond à une logique très simple. Depuis 2024, l’Union européenne impose aux voitures électriques fabriquées en Chine des droits compensateurs supplémentaires pouvant dépasser 35 %, selon les constructeurs. Produire à l’intérieur de l’Europe permet d’échapper à ces droits sur les véhicules importés, mais aussi de se rapprocher d’un marché où les marques chinoises progressent rapidement. BYD doit ainsi démarrer sa première usine automobile européenne en Hongrie cette année. Chery produit en Espagne, Leapmotor s’appuie sur Stellantis, et d’autres partenariats utilisent des usines européennes qui disposent de capacités libres.
La France pourrait elle aussi être concernée. Stellantis et le chinois Dongfeng ont signé en mai un protocole d’accord pour envisager la production de véhicules Dongfeng à Rennes. Mais contrairement à ce que certains articles laissent entendre, rien n’est encore définitivement acté : Stellantis parle bien d’un projet potentiel dans le cadre d’un accord non contraignant.
Et c’est là que se joue désormais la vraie bataille industrielle. Une voiture assemblée en Europe peut toujours recevoir sa batterie, son moteur électrique, son électronique et une grande partie de ses pièces depuis la Chine. Bruxelles prépare donc son Industrial Accelerator Act. Pour bénéficier de certains soutiens publics ou du label européen, la Commission veut imposer davantage de contenu fabriqué sur le continent et, pour les grands investissements étrangers stratégiques, davantage d’emplois et de transfert de compétences en Europe.
Le protectionnisme européen produit ainsi un résultat paradoxal : au lieu de repousser les constructeurs chinois, il accélère leur transformation en industriels européens. La prochaine question ne sera donc plus de savoir où la voiture est assemblée, mais où restent les emplois, la technologie et surtout la valeur ajoutée.
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Mon, 31 Aug 2026 - 2min - 1775 - L'Espagne force l'énergie verte dans les data centers ?
L’Espagne veut éviter que la ruée vers l’intelligence artificielle ne se transforme en ruée vers son électricité et son eau. Madrid prépare donc des règles parmi les plus exigeantes d’Europe pour les nouveaux centres de données.
Bonjour à toutes et à tous. Le gouvernement espagnol vient de mettre en consultation un projet de décret qui vise notamment les installations de plus d’un mégawatt. Et la mesure la plus spectaculaire concerne leur électricité : au moins 80 % de leur consommation devra être couverte par des énergies renouvelables, non pas sur l’année, mais heure par heure.
La différence est importante. Aujourd’hui, une entreprise peut acheter suffisamment d’électricité verte sur douze mois pour afficher un bilan annuel renouvelable, même si son data center utilise parfois une production fossile lorsque le soleil ou le vent manquent. L’Espagne veut désormais faire coïncider beaucoup plus précisément consommation et production. Et surtout, cette énergie devra être nouvelle. Chaque mégawatt supplémentaire consommé devra être associé à une nouvelle capacité renouvelable, installée dans les dix-huit mois précédant la mise en service du centre, directement ou via un contrat de fourniture à long terme. Madrid s’attaque également à l’eau. Les nouvelles installations devront atteindre les meilleurs niveaux européens d’efficacité énergétique et hydrique. Un enjeu particulièrement sensible dans un pays régulièrement confronté aux sécheresses.
Pourquoi cette sévérité maintenant ? Parce que l’IA provoque une véritable course au raccordement. Depuis 2021, plus de 12 gigawatts de droits d’accès au réseau espagnol ont déjà été accordés à des projets de data centers. Or la stratégie nationale estime plutôt leurs besoins réels entre 3,5 et 4 gigawatts en 2030. Les sanctions peuvent aller jusqu’à la perte du droit de connexion au réseau. Le texte ajoute même une dimension de souveraineté : l’opérateur devra être établi dans l’Union européenne et conserver certaines données d’exploitation sur le territoire européen.
Le secteur redoute évidemment que ces contraintes poussent certains investissements vers d’autres pays. Et la France ferait bien d’observer l’expérience espagnole. RTE comptait en mai près de 18 gigawatts de demandes de raccordement réservées pour environ 80 projets de data centers, contre seulement 5 gigawatts fin 2024.
L’enjeu européen devient donc clair : accueillir l’infrastructure de l’intelligence artificielle, oui, mais sans laisser quelques gigantesques salles de serveurs décider seules de l’usage futur de l’électricité, de l’eau et des réseaux.
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Sun, 30 Aug 2026 - 2min - 1774 - Les aquariums aident à sauver les océans ?
Chaque année, les parcs zoologiques et aquariums français accueillent près de 26 millions de visiteurs. Au-delà de leur fonction de découverte, certains développent des activités de recherche, de conservation et de médiation scientifique. C’est ce qu’a mis en avant le colloque « Aquarium du futur », organisé par Nausicaá.
L’un des sujets abordés concernait le bien-être animal. Dans les aquariums, son évaluation ne repose pas seulement sur l’état de santé : elle prend en compte les comportements, l’alimentation, les interactions et les conditions de vie propres à chaque espèce. Des vétérinaires spécialisés interviennent dans certaines structures. À Nausicaá, par exemple, les lions de mer sont entraînés depuis plus de vingt-cinq ans à coopérer volontairement lors de certains examens médicaux, ce qui peut éviter une anesthésie générale. Des grilles d’évaluation spécifiques ont été développées pour mieux objectiver le suivi des espèces aquatiques, en complément de l’observation quotidienne des équipes.
Autre volet : la recherche scientifique. Des aquariums collaborent avec des universités, des laboratoires ou l’Ifremer. À Boulogne-sur-Mer, des expériences portent sur le développement d’œufs et de larves de harengs exposés à des températures plus élevées et à une eau plus acide, deux évolutions associées au changement climatique. Selon les chiffres présentés lors du colloque, les aquariums et parcs zoologiques français participeraient à plus de 335 programmes de recherche et de conservation dans plus de 70 pays, pour près de cinq millions d’euros investis chaque année. Plus d’un tiers des animaux hébergés appartiendraient à des espèces inscrites sur la Liste rouge de l’UICN.
La reproduction en captivité constitue également un axe de travail. En 2023, 468 espèces de poissons associés aux récifs coralliens auraient été reproduites avec succès en aquarium. Certains programmes visent aussi à constituer des populations dites « d’assurance », destinées à préserver une diversité génétique utile à la conservation. En Wallonie, l’Aquarium-Muséum de Liège a ainsi participé à la réintroduction de la rainette verte dans plusieurs sites. Enfin, ces établissements développent des actions de médiation autour de l’océan, qui couvre plus de 70 % de la surface du globe et joue un rôle majeur dans la régulation du climat.
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Thu, 27 Aug 2026 - 2min - 1773 - Firewatch mise sur l’IA pour anticiper les incendies ?
En France, la lutte contre les feux de forêt s’appuie désormais davantage sur les satellites et l’intelligence artificielle. La plateforme FireWatch, développée par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises avec plusieurs partenaires, est annoncée comme opérationnelle depuis cet été. L’outil avait déjà été expérimenté durant l’été 2025. Un an plus tard, il a franchi une nouvelle étape avec une première démonstration en conditions opérationnelles. Son objectif est d’aider les services de secours à détecter plus rapidement les départs de feu, mais aussi à suivre et anticiper leur évolution.
FireWatch combine plusieurs sources d’informations, notamment des données satellitaires analysées automatiquement. Des algorithmes cherchent dans ces images des signaux caractéristiques d’un incendie actif. Lorsqu’une anomalie est identifiée, elle peut être intégrée à une cartographie actualisée destinée aux équipes sur le terrain. À ce stade, quarante services d’incendie et de secours sont reliés à la plateforme, selon la Sécurité civile.
L’intérêt ne se limite pas à la détection. FireWatch dispose aussi d’un système de simulation de propagation. En fonction des informations disponibles, il peut modéliser les trajectoires possibles d’un incendie afin d’aider les secours à anticiper son déplacement et à organiser leurs moyens. La plateforme doit également fournir une analyse de la « défendabilité » des bâtiments. Derrière ce terme se cache l’évaluation de leur exposition potentielle au feu et de la vulnérabilité des zones environnantes. Ces informations peuvent permettre d’identifier plus rapidement les secteurs à protéger en priorité.
Cette technologie arrive dans un contexte particulièrement tendu. Plusieurs incendies de grande ampleur ont frappé la France durant l’été 2026. Selon Effis, le système européen de surveillance des feux de forêt, près de 100 000 hectares ont déjà brûlé. La saison 2026 constitue ainsi, selon ces données satellitaires, un record de surfaces incendiées en France sur les vingt dernières années de mesures. FireWatch ne remplace évidemment ni les pompiers ni les moyens de prévention au sol. Son rôle est plutôt d’ajouter une couche d’information supplémentaire : observer plus vite, cartographier plus précisément et tenter d’anticiper l’évolution d’un feu avant qu’il ne devienne incontrôlable.
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Wed, 26 Aug 2026 - 2min - 1772 - Les chenilles détruisent le plastique naturellement ?
Chaque année, plus de 100 millions de tonnes de polyéthylène sont produites dans le monde. Ce plastique, utilisé dans de nombreux sacs, emballages et contenants, est particulièrement résistant : dans l’environnement, sa dégradation peut prendre des décennies, voire des siècles. Des chercheurs de l’université de Brandon, au Canada, étudient pourtant une piste étonnante : utiliser des chenilles capables de digérer ce plastique. L’équipe du Dr Bryan Cassone travaille sur le ver de cire, la larve de la grande teigne de la cire, *Galleria mellonella*. Cet insecte parasite habituellement les ruches en consommant la cire d’abeille.
Depuis 2017, on sait que ces chenilles peuvent également s’attaquer au polyéthylène. Les travaux récents montrent qu’elles ne se contentent pas de le mâcher : elles le métaboliseraient réellement. Selon les chercheurs, environ 2 000 vers peuvent décomposer un sac plastique en vingt-quatre heures. Une partie du plastique ingéré serait transformée en lipides, puis stockée sous forme de graisse dans l’organisme des chenilles. Le microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes vivant dans leur système digestif, semble jouer un rôle central dans ce processus. Mais cette capacité a ses limites. Les vers nourris uniquement avec du polyéthylène perdent rapidement du poids et finissent par mourir, car le plastique ne leur apporte pas les nutriments nécessaires. Les chercheurs testent donc une co-supplémentation alimentaire, notamment avec des sucres, afin de maintenir les larves en vie tout en leur faisant consommer du plastique.
Deux pistes se dessinent. La première consisterait à élever massivement ces chenilles pour traiter des déchets. Mais cette solution soulève des problèmes pratiques et écologiques, puisque le ver de cire est aussi un parasite des ruches. La seconde piste paraît plus facilement transposable : identifier les enzymes et mécanismes biologiques permettant cette digestion, puis les reproduire industriellement sans utiliser directement les insectes. Car à l’échelle mondiale, les limites restent évidentes : pour traiter une fraction des millions de tonnes de polyéthylène produites chaque année, il faudrait des milliards de chenilles. L’intérêt principal de ces recherches est donc ailleurs : comprendre comment le vivant peut dégrader un plastique réputé presque indestructible, puis transformer ce mécanisme naturel en outil de recyclage.
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Tue, 25 Aug 2026 - 2min - 1771 - Avec 25% du marché, la voiture électrique passe un cap.
La voiture électrique continue de gagner du terrain en Europe. En mars 2026, elle dépassait pour la première fois les 20 % de part de marché dans l’Union européenne. Quatre mois plus tard, un nouveau seuil semble avoir été franchi. Selon les données d’E-Mobility Europe, reprises par Reuters le 24 août, les voitures 100 % électriques à batterie, les fameuses BEV, ont représenté 25,7 % des ventes de véhicules neufs en juillet sur les 16 principaux marchés européens. Au total, 224 266 voitures électriques ont été immatriculées sur le mois, soit une hausse de 13,6 % sur un an. Depuis janvier, près de 1,5 million d’unités ont trouvé preneur, soit 30 % de plus qu’en 2025. Une progression alimentée notamment par les prix élevés du pétrole, les aides publiques et l’arrivée de modèles plus accessibles.
Mais attention au chiffre des 25,7 %. E-Mobility Europe ne couvre ici que 16 pays, contre 27 habituellement pris en compte par l’Association des constructeurs européens d’automobiles. Ces marchés représentent certes environ 90 % des ventes du continent, mais les pays absents affichent généralement des taux d’électrification plus faibles. Le chiffre définitif pourrait donc être légèrement inférieur.
La dynamique reste néanmoins forte, notamment grâce aux deux plus gros marchés européens. En France, l’électrique atteint 35 % des ventes en juillet avec 44 378 immatriculations. En Allemagne, la part monte à 29,3 %, soit 78 609 voitures, aidée probablement par le retour des aides à l’achat en janvier. Le Nord de l’Europe reste largement en tête : 80,1 % au Danemark, 52,6 % en Finlande, 47,3 % aux Pays-Bas, plus de 42 % en Belgique et en Suède. Hors Union européenne, la Norvège atteint même 97,6 %.
Mais l’Europe avance toujours à deux vitesses. En Italie, après la disparition des aides locales, la part de l’électrique est retombée à 5,9 %, contre 10,1 % en juin. La Pologne reste à 4 %, la République tchèque à 7,5 %. La transition progresse donc rapidement, mais elle reste extrêmement dépendante des politiques publiques : bonus à l’achat, fiscalité des véhicules thermiques ou encore prix des carburants peuvent accélérer… ou freiner brutalement le mouvement.
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Mon, 24 Aug 2026 - 2min - 1770 - Le camion Tesla Semi arrive en Europe ?
Près de dix ans après sa présentation, le Tesla Semi s’apprête enfin à débarquer en Europe. Le constructeur donnera les détails de son lancement lors du salon IAA Transportation de Hanovre, du 15 au 20 septembre 2026.
Aux États-Unis, le camion électrique n’est désormais plus un simple prototype. Sa production monte en puissance et les premiers utilisateurs se montrent plutôt enthousiastes. Tesla annonce jusqu’à 500 miles d’autonomie pour la version Long Range, soit environ 805 kilomètres, avec une batterie de 822 kilowattheures. Une seconde version, autour de 520 kilomètres, est également prévue. Le Semi consommerait environ 1,06 kilowattheure par kilomètre et utilise trois moteurs électriques installés sur les essieux arrière, pour une puissance maximale proche de 800 kilowatts, soit environ 1 100 chevaux.
Autre argument important : la recharge. Le camion peut accepter jusqu’à 1,2 mégawatt sur les bornes compatibles avec le standard MCS, spécialement conçu pour les poids lourds électriques. Tesla affirme ainsi pouvoir récupérer environ 60 % d’autonomie en une trentaine de minutes. Un délai particulièrement intéressant en Europe, où les chauffeurs doivent observer une pause de 45 minutes après 4 heures 30 de conduite.
Mais la version européenne devra être adaptée. Dimensions, poids, autonomie ou capacités de recharge devront respecter les réglementations locales. Les poids lourds peuvent généralement atteindre 40 tonnes en Europe, voire 42 tonnes pour certains véhicules zéro émission. Tesla devra surtout résoudre la question de l’infrastructure. Son réseau Megacharger existe déjà aux États-Unis, mais les stations MCS capables de délivrer plus d’un mégawatt commencent seulement à apparaître en Europe. Et cette fois, Tesla arrive sur un marché déjà occupé. Volvo, Mercedes-Benz, Renault Trucks, MAN, Scania ou DAF commercialisent leurs propres camions électriques, tandis que Toyota explore notamment l’hydrogène. Le Semi conserve néanmoins un atout : son autonomie. Si Tesla réussit à proposer près de 800 kilomètres dans une configuration européenne réellement exploitable, il pourrait élargir sensiblement les usages du transport électrique longue distance.
Reste enfin le prix. Le Semi coûte environ 300 000 euros aux États-Unis, sans compter l’infrastructure de recharge. Tesla promet des coûts d’exploitation inférieurs au diesel grâce à l’électricité et à une mécanique simplifiée.
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Sun, 23 Aug 2026 - 2min - 1769 - La crise du sable touche toute la planète ?
On parle beaucoup du pétrole, des métaux ou de l’eau. Mais une autre ressource est aujourd’hui exploitée à une échelle gigantesque : le sable. Il s’agit même de l’une des matières les plus utilisées au monde, juste derrière l’eau. Béton, verre, routes, bâtiments, composants électroniques : il est partout. Et son extraction dépasse désormais largement la capacité des rivières à le renouveler naturellement.
Une vaste étude publiée dans Reviews of Geophysics a analysé 411 travaux scientifiques menés depuis 1974. Elle montre que, dans de nombreuses régions, le prélèvement de sable provoque de profonds déséquilibres. Le Vietnam en offre un exemple spectaculaire. Dans le Mékong, les extractions seraient environ 11,8 fois supérieures au renouvellement naturel des sédiments, estimé à 6,18 mégatonnes par an. Entre 2015 et 2022, environ 366 millions de mètres cubes de sable ont été retirés. Résultat : le fond du fleuve s’est abaissé en moyenne de près d’un demi-mètre. Cela peut sembler faible, mais les conséquences sont considérables. L’érosion fragilise les berges, modifie les écoulements et favorise la remontée de l’eau salée vers l’intérieur des terres. Dans la partie vietnamienne du delta du Mékong, plus de 1 800 maisons se sont effondrées entre 2018 et 2020 à cause de l’érosion. Au rythme actuel, les chercheurs estiment que le sable exploitable pourrait même disparaître localement d’ici 2035.
Le problème dépasse largement le Vietnam. Le lac Poyang, en Chine, ainsi que plusieurs rivières indiennes ont connu des transformations comparables, parfois visibles depuis l’espace. Pourquoi le sable des rivières est-il si recherché ? Parce que ses grains s’emboîtent bien, offrent une friction adaptée à la construction et ne sont généralement pas salés. Le sable du désert, trop lisse et instable, convient moins bien, tandis que le sable marin contient du sel. Pour les chercheurs, la solution passe donc par un meilleur contrôle des volumes extraits. Ils recommandent de définir des quotas selon la capacité naturelle de renouvellement des cours d’eau, de renforcer la lutte contre l’exploitation illégale et d’imposer des périodes ou des zones d’extraction limitées. Car derrière chaque tonne de béton se cache aussi une ressource naturelle qui, contrairement aux apparences, n’est pas inépuisable.
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Thu, 20 Aug 2026 - 2min - 1768 - Des data centers au milieu de l'océan ?
Et si, plutôt que d’envoyer les data centers dans l’espace, on les installait au milieu de l’océan ? C’est le pari de Panthalassa. Cette start-up américaine teste actuellement, au large de l’État de Washington, un prototype baptisé Ocean-2. L’installation ressemble à une gigantesque bouée, prolongée sous l’eau par une longue structure verticale. Son principe est relativement simple : le mouvement des vagues fait monter et descendre l’ensemble, ce qui entraîne une circulation d’eau à l’intérieur du dispositif. La pression générée actionne alors une turbine, capable de produire de l’électricité sur place.
L’intérêt est évident : l’énergie est fabriquée directement là où elle est consommée, sans avoir besoin de câble électrique relié au continent. Mais Ocean-2 n’est pas encore un véritable centre de données. Ce prototype sert avant tout à vérifier que le système de production d’énergie fonctionne correctement. C’est avec la génération suivante, Ocean-3, que Panthalassa prévoit d’intégrer réellement des infrastructures informatiques dans la sphère flottante. Pour transmettre les informations, l’entreprise compte s’appuyer sur le réseau satellitaire Starlink. Si le projet aboutit, le data center pourrait donc devenir largement autonome : les vagues fourniraient l’électricité, l’eau de mer aiderait au refroidissement des composants et les satellites assureraient les communications.
Le concept présente aussi un autre avantage : il ne mobilise quasiment aucun terrain à terre. Reste plusieurs obstacles importants. Le milieu marin est particulièrement agressif pour les équipements, notamment à cause du sel, de l’humidité et de la corrosion. La maintenance pourrait également devenir complexe si l’installation se trouve à plusieurs centaines de kilomètres des côtes.
La pertinence dépendra enfin du type de calcul effectué. Pour certaines tâches d’intelligence artificielle très spécifiques, qui n’exigent pas d’interactions permanentes avec un grand nombre d’utilisateurs, ce type de plateforme autonome pourrait avoir du sens. En revanche, il semble difficile d’imaginer aujourd’hui une généralisation massive de ce modèle. Panthalassa n’est d’ailleurs pas seule à explorer cette voie. La Chine teste déjà un data center sous-marin, et Microsoft avait également jugé satisfaisante une expérimentation similaire. L’idée d’un cloud flottant n’est donc plus totalement théorique. Mais avant d’en faire une infrastructure industrielle, il faudra encore prouver qu’elle résiste durablement à l’environnement le plus hostile de la planète.
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Wed, 19 Aug 2026 - 2min - 1767 - Envoyer les data centers dans l’espace ne sauvera pas le climat ?
Les data centers dédiés à l’intelligence artificielle consomment toujours plus d’énergie. Aux États-Unis, ils pourraient représenter jusqu’à 17 % de la consommation électrique nationale d’ici 2030. Pour suivre cette croissance, les opérateurs se tournent notamment vers les énergies fossiles, tout en utilisant d’importantes quantités d’eau pour refroidir leurs serveurs. Une autre idée commence donc à émerger : installer ces centres de calcul directement dans l’espace. SpaceX, Blue Origin ou encore Google étudient des projets de data centers orbitaux, alimentés par une énergie solaire disponible presque en permanence.
Sur le papier, l’idée est séduisante. Dans les faits, elle pose de nombreux défis. Dans le vide spatial, impossible d’utiliser l’air ou l’eau comme sur Terre pour évacuer la chaleur. Le refroidissement repose principalement sur des radiateurs thermiques qui dissipent l’énergie par rayonnement. La maintenance devient également beaucoup plus complexe, tandis que les données doivent transiter vers la Terre par liaison radio, avec des contraintes de débit et de latence.
Les conséquences environnementales pourraient surtout être considérables. Les scientifiques s’inquiètent déjà de l’impact de grandes constellations sur le ciel nocturne, avec un risque pour certaines observations astronomiques. Cette lumière artificielle pourrait aussi perturber des espèces migratoires guidées par les étoiles et, chez l’être humain, accentuer certains troubles liés à l’exposition lumineuse nocturne. Aujourd’hui, environ 19 000 satellites actifs ou hors service gravitent autour de la Terre. Avec le développement des data centers orbitaux, le nombre de lancements et de rentrées atmosphériques pourrait être multiplié par cent. Selon une enquête de Space.com, SpaceX pourrait avoir besoin de jusqu’à 77 000 vols de Starship, soit 15 300 par an. À titre de comparaison, seulement 324 lancements orbitaux ont eu lieu en 2025. Chaque décollage rejetterait environ 76 000 tonnes équivalent CO2, auxquelles s’ajouterait du carbone noir pouvant rester près de trois ans dans la haute atmosphère.
La fin de vie des satellites inquiète également. Ces engins pourraient peser environ 7,5 tonnes chacun et être remplacés tous les cinq ans. En brûlant lors de leur rentrée atmosphérique, ils libéreraient notamment de l’oxyde d’aluminium, susceptible d’accélérer la dégradation de la couche d’ozone. Une solution présentée comme énergétique pourrait donc déplacer une partie du problème environnemental… de la Terre vers l’espace.
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Tue, 18 Aug 2026 - 2min - 1766 - Les emballages et colis sont désormais plus écolos ?
Depuis le 11 février 2025, l’Europe dispose d’un nouveau cadre pour encadrer les emballages : le PPWR, pour Packaging and Packaging Waste Regulation. Il concerne presque tous les emballages commercialisés dans l’Union, qu’ils soient destinés aux particuliers, aux professionnels, au transport ou au commerce en ligne. Son objectif : réduire les volumes produits, favoriser le réemploi et rendre les emballages davantage recyclables.
Depuis la mi-août 2026, l’un des changements les plus concrets concerne les PFAS, ces substances chimiques très persistantes utilisées notamment pour leurs propriétés imperméabilisantes ou antiadhésives. Les emballages alimentaires qui dépassent les seuils européens ne peuvent plus être mis sur le marché. Attention toutefois : cela vise leur première commercialisation dans l’Union. Un produit déjà livré à un distributeur avant cette date peut continuer à être vendu. En revanche, un stock encore chez le fabricant ou une importation non encore commercialisée doit respecter les nouvelles règles, même s’il a été produit auparavant.
Le règlement renforce aussi la traçabilité. Fabricants, importateurs et distributeurs doivent pouvoir démontrer la conformité des emballages. Et juridiquement, le « fabricant » peut être l’entreprise qui commercialise l’emballage sous son propre nom, même si elle ne l’a pas fabriqué physiquement. La recyclabilité devient également un principe obligatoire, même si le classement européen harmonisé des emballages ne deviendra pleinement contraignant qu’en 2030. Le PPWR ne crée pas de taxe directement facturée au consommateur. Mais les entreprises devront financer de nouveaux emballages, adapter leur logistique ou mettre en place des systèmes de réemploi. En France s’ajoute la nouvelle filière de responsabilité élargie du producteur pour les emballages professionnels, issue de la loi AGEC de 2020 et repoussée au 1er janvier 2027.
Les prochaines étapes arriveront progressivement. Dès février 2027, certains professionnels de la restauration et de l’hôtellerie devront accepter les contenants apportés par leurs clients. En 2028 arriveront les solutions réutilisables et un étiquetage européen harmonisé. Puis 2030 marquera un tournant beaucoup plus visible : limitation à 50 % du vide dans certains colis, interdiction de plusieurs emballages plastiques à usage unique, notamment certains sachets de fruits et légumes, mini-flacons d’hôtel, vaisselle jetable sur place ou dosettes individuelles de condiments. Le changement est donc progressif : aujourd’hui, la conformité ; demain, une transformation beaucoup plus visible de nos emballages.
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Mon, 17 Aug 2026 - 2min - 1765 - Le gaz naturel, une fausse bonne idée pour les GAFAM ?
L’intelligence artificielle a besoin de toujours plus de puissance de calcul. Et derrière cette puissance, il y a une réalité très concrète : des data centers qui consomment des quantités gigantesques d’électricité. Aux États-Unis, leurs besoins deviennent tels que les réseaux traditionnels ne suffisent plus toujours. Les géants du secteur cherchent donc de plus en plus à produire eux-mêmes leur énergie. La solution privilégiée aujourd’hui est souvent le gaz naturel. Il permet de construire relativement vite des centrales capables de fournir une puissance importante et continue. Amazon, par exemple, développe au Texas un immense projet reposant en partie sur cette logique. Mais ce choix pourrait devenir beaucoup moins avantageux dans les prochaines années.
La société Noreva, spécialisée dans l’analyse du secteur énergétique, estime que le prix du gaz naturel pourrait tripler dans certaines régions des États-Unis. Plusieurs facteurs expliqueraient cette tension. D’abord, la croissance de l’offre ralentit. Ensuite, une part croissante du gaz américain est transformée en gaz naturel liquéfié, ou GNL, puis exportée vers l’étranger. Résultat : le marché intérieur pourrait devenir beaucoup plus tendu qu’auparavant. Peter Gardett, le patron de Noreva, estime que de nombreux acteurs se sont habitués à l’idée que le gaz américain resterait durablement bon marché. Selon lui, un simple examen de l’équilibre entre production et demande montre pourtant que cette certitude devient de moins en moins solide.
Ce risque arrive au mauvais moment pour l’industrie de l’intelligence artificielle. Depuis l’explosion des modèles génératifs, les investissements dans les data centers se comptent en dizaines de milliards de dollars. Leur rentabilité repose en partie sur l’accès à une énergie abondante, stable et peu coûteuse. Or, si le gaz devient nettement plus cher, l’équation économique pourrait se compliquer. D’autant que, selon TechCrunch, les nouveaux puits sont parfois moins rentables que les précédents, ce qui pourrait limiter encore davantage la croissance de la production. La question n’est donc plus seulement de savoir comment construire assez vite des centres de données. Elle devient aussi énergétique : sur quelle ressource faut-il miser pour les alimenter durablement ? Car une IA toujours plus puissante ne sera viable que si l’électricité nécessaire à son fonctionnement reste, elle aussi, économiquement soutenable.
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Sun, 16 Aug 2026 - 2min - 1764 - Les « polluants éternels » pourraient finalement être détruits ?
PFAS, microplastiques, pesticides : face aux pollutions diffuses, les gestes individuels montrent rapidement leurs limites. Filtrer son eau ou changer certains ustensiles peut réduire l’exposition personnelle, mais les « polluants éternels », eux, exigent surtout des réponses collectives. En Allemagne, des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf travaillent justement sur deux procédés capables de détruire les PFAS directement dans les eaux contaminées.
Le défi est considérable. Ces substances sont extrêmement persistantes parce qu’elles contiennent des liaisons entre carbone et fluor particulièrement difficiles à casser. Première piste : la cavitation hydrodynamique, étudiée par l’équipe depuis 2022. Le principe consiste à faire circuler l’eau polluée dans un passage très étroit. La chute de pression provoque alors la formation de petites bulles de vapeur. Les PFAS à longue chaîne, qui possèdent des propriétés de tensioactifs, viennent s’y fixer. Lorsque la pression remonte, ces bulles implosent brutalement. Les molécules sont alors exposées localement à des températures pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés. Le phénomène produit également des radicaux hydroxyles, des espèces chimiques extrêmement réactives susceptibles d’accélérer la destruction des PFAS et de leurs produits intermédiaires. Des essais menés avec du PFOS, l’un des PFAS les plus connus, ont permis de dégrader environ 37 % des molécules présentes, avec un taux stable. L’objectif est désormais de dépasser 80 %.
La seconde méthode utilise du plasma froid associé à une injection de gaz. Les PFAS s’accrochent aux bulles, remontent vers la surface de l’eau et y rencontrent le plasma, qui les décompose. Cette technique a permis d’éliminer presque totalement les PFAS, qu’ils soient à chaîne longue ou courte. Elle est plus rapide que la cavitation, mais consomme davantage d’énergie et produit de nombreux composés intermédiaires. Les chercheurs vérifient encore leur innocuité.
La prochaine étape consiste donc à combiner les deux approches : profiter de l’efficacité chimique du plasma tout en utilisant les effets de la cavitation. Reste un obstacle majeur : changer d’échelle. Les expériences ont jusqu’ici porté sur seulement 50 millilitres d’eau. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réussite de laboratoire en procédé capable de traiter les volumes d’une station d’épuration.
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Thu, 13 Aug 2026 - 2min - 1763 - Record de production d’énergie solaire en France ?
Le solaire français continue de battre des records. Le parc photovoltaïque national atteint désormais 33 gigawatts de puissance installée et prend une place croissante dans le mix électrique, notamment lors des journées très ensoleillées.
Le 1er août, la France a ainsi produit 172 gigawattheures d’électricité solaire, selon AleaSoft Energy Forecasting. Un nouveau record journalier pour un mois d’août, également observé dans plusieurs pays européens. Pourtant, cette abondance d’électricité photovoltaïque n’a pas empêché les prix de gros de s’envoler. Entre la fin juillet et le début août, les prix moyens hebdomadaires ont dépassé 100 euros par mégawattheure sur plusieurs marchés européens, dont la France. À titre de comparaison, la moyenne observée depuis le début de l’année sur EPEX Spot tourne autour de 66 euros. Comment expliquer ce paradoxe ? D’abord par une production éolienne plus faible. Mais surtout par une hausse de la demande électrique liée aux fortes chaleurs et à l’utilisation massive des climatiseurs.
La France sort en effet d’un mois de juillet caniculaire, devenu le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne nationale de 24,9 degrés. Et une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir du 11 août. Clément Metayer, spécialiste du marché de l’énergie, a étudié la période comprise entre le 1er juin et le 14 juillet 2026. Son constat : plus la température moyenne augmentait, plus la consommation d’électricité progressait, et plus les prix spot montaient également. Cela ne signifie pas que la chaleur explique à elle seule les variations de prix, mais la corrélation est jugée significative.
Pour la majorité des particuliers, cette volatilité reste invisible grâce aux tarifs fixes. Depuis le 1er août, le kilowattheure en option Base est facturé 0,2001 euro TTC. Les consommateurs ayant choisi une offre à tarification dynamique sont davantage exposés. Leur facture évolue en fonction des cours du marché. Et les périodes à prix négatifs, souvent mises en avant pour promouvoir ces offres, ont été plus rares en juin et juillet. Une conséquence du meilleur pilotage des renouvelables, mais aussi d’une demande plus forte. Le solaire produit donc toujours davantage. Mais quand la chaleur fait exploser la consommation, même des records photovoltaïques ne suffisent pas forcément à faire baisser les prix.
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Wed, 12 Aug 2026 - 2min - 1762 - Urba-Clim affiche les ilots de chaleur en temps réel ?
À Rennes, la lutte contre la chaleur passe désormais aussi par la cartographie. La métropole teste Urba-Clim, un outil capable de suivre presque en temps réel l’évolution des îlots de chaleur urbains, ces zones où la température reste nettement plus élevée qu’en périphérie. En juin 2026, Rennes a battu son record absolu avec 41,4 degrés en centre-ville. La ville a connu 28 journées au-dessus de 30 degrés et 14 nuits tropicales, durant lesquelles la température n’est pas descendue sous les 20 degrés. Dans la nuit du 24 au 25 mai, le centre affichait même 22,4 degrés contre 16,4 dans une zone rurale voisine, soit plus de six degrés d’écart. Ce phénomène s’explique notamment par le béton, le bitume et les façades, qui accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. La végétation, elle, rafraîchit l’air grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans les plantes. Quand elle manque, la ville refroidit beaucoup moins efficacement.
Urba-Clim a été développé par le laboratoire LETG du CNRS et de l’université Rennes 2, avec l’entreprise Alkante, Rennes Métropole et l’université de l’État de São Paulo. L’outil combine mesures au sol et observations satellitaires. À Rennes, quarante stations météorologiques et 185 capteurs installés sur des mâts d’éclairage mesurent température et humidité toutes les quinze minutes. Ils communiquent grâce au LoRaWAN, une technologie radio peu énergivore adaptée aux transmissions sur de longues distances. Ces données sont croisées avec les images des satellites Landsat 8 et 9 et Sentinel-2. L’espace permet d’observer la température des surfaces, tandis que les capteurs mesurent celle de l’air réellement respiré par les habitants. Ensemble, ils offrent une cartographie beaucoup plus fine, presque rue par rue.
Rennes utilise déjà ces informations pour guider son plan de végétalisation. La ville prévoit notamment 500 nouveaux arbres dans le centre d’ici 2030, dans le cadre d’un objectif de 30 000 arbres sur l’ensemble du territoire. Testé également au Brésil, Urba-Clim pourrait être adopté par d’autres villes. De futures versions doivent intégrer des prévisions météo et des indicateurs sanitaires, tandis que le satellite franco-indien Trishna devrait encore améliorer la fréquence des observations.
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Tue, 11 Aug 2026 - 2min - 1761 - Le cuivre, LA clé pour économiser l’énergie des data centers ?
Refroidir les serveurs représente aujourd’hui près de 30 % de l’électricité consommée par les centres de données. Des chercheurs américains et japonais pensent pouvoir réduire drastiquement cette facture grâce à un élément relativement simple : une plaque de refroidissement en cuivre pur. Leurs travaux, publiés dans Cell Reports Physical Science, remplacent les plaques en aluminium installées sur les puces par du cuivre, dont la conductivité thermique peut atteindre 400 watts par mètre-kelvin. Autrement dit, ce métal évacue particulièrement bien la chaleur. Selon les calculs de l’équipe, la part d’électricité consacrée au refroidissement pourrait ainsi tomber à seulement 1,1 % dans les data centers équipés de cette technologie.
Behnood Bazmi, doctorant à l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, et ses collègues ont fabriqué leur prototype par dépôt électrochimique. Le cuivre est déposé progressivement à partir d’un bain contenant des ions métalliques, sans passer par une fusion classique. Un algorithme d’optimisation topologique a également déterminé la forme idéale des ailettes permettant au liquide de refroidissement d’emporter la chaleur.
Les résultats sont prometteurs. À débit de liquide identique, la résistance thermique de cette nouvelle plaque est inférieure de 32 % à celle d’un modèle classique à ailettes carrées. Lors d’un second test, avec une température de puce identique, la pompe chargée de faire circuler le liquide a consommé 68 % d’électricité en moins. Quelques réserves subsistent. Le prototype ne mesure que 20 millimètres sur 20, bien moins qu’une véritable puce de centre de données. Et six auteurs de l’étude travaillent chez Fabric8Labs, l’entreprise qui commercialise précisément le procédé utilisé pour fabriquer ces plaques.
Reste aussi le prix du cuivre. La tonne est passée d’environ 9 769 dollars en juillet 2025 à plus de 14 000 dollars aujourd’hui, après un record à 14 806 dollars en mai. Difficultés minières, forte demande et politique douanière américaine entretiennent cette hausse. Le cuivre raffiné échappe encore aux droits américains de 50 %, mais une taxe de 15 % inquiète déjà les industriels. Or ce métal est aussi indispensable aux câbles, satellites, panneaux solaires et produits électroniques. Cette innovation pourrait donc réduire fortement la consommation énergétique des data centers, à condition que son matériau principal ne devienne pas, lui-même, une ressource trop coûteuse.
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Mon, 10 Aug 2026 - 2min - 1760 - Une BMW solaire produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme ?
La voiture solaire fait rêver depuis longtemps, mais les tentatives commerciales se sont souvent soldées par des échecs. Lightyear, aux Pays-Bas, promettait une berline capable de parcourir 700 kilomètres grâce notamment à cinq mètres carrés de panneaux solaires. L’entreprise a fait faillite avant sa diffusion à grande échelle. Sono Motors a abandonné sa Sion, tandis qu’Aptera a déjà connu une liquidation avant de renaître.
BMW a choisi une autre voie. En 2024, le constructeur a confié à des étudiants de troisième cycle le développement d’un prototype, sans objectif commercial immédiat. Deux ans plus tard, leur Deep Orange 17, surnommée Luminetta, roule réellement. Sa particularité : presque toute sa carrosserie produit de l’électricité. Plus de 1 700 cellules photovoltaïques, développées avec l’institut allemand Fraunhofer ISE, recouvrent le toit, le capot et les flancs. Sa silhouette, inspirée du poisson-coffre, vise surtout à maximiser la surface exposée au soleil. Les panneaux fonctionnent à l’arrêt comme en circulation et continuent à produire, plus modestement, à l’ombre.
La Luminetta ne pèse qu’environ 550 kilos grâce à l’emploi d’acier, d’aluminium, de fibre de carbone et de pièces métalliques imprimées en 3D. Cette légèreté lui permet de récupérer jusqu’à 50 kilomètres d’autonomie solaire par jour. Le prototype a été pensé autour d’un trajet quotidien d’environ vingt kilomètres. Freinage régénératif et gestion optimisée du couple complètent l’ensemble. L’expérience rejoint les conclusions du programme européen SolarMoves. Après avoir étudié 23 catégories de véhicules et plus de 1,3 million de kilomètres, ses chercheurs estiment qu’une voiture équipée de photovoltaïque intégré pourrait couvrir jusqu’à 55 % de ses besoins énergétiques annuels en Europe centrale, et jusqu’à 80 % dans le Sud.
Si tous les véhicules neufs vendus entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande électrique européenne pourrait diminuer de 15,6 térawattheures en 2030. Mais une constante demeure : le solaire embarqué fonctionne surtout avec des véhicules légers et sobres. Il ne remplacera donc pas la recharge sur borne. Il peut simplement réduire les kilomètres à reprendre sur le réseau, à condition d’accepter que l’efficacité dicte davantage la forme de la voiture.
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Sun, 09 Aug 2026 - 2min - 1759 - Un droit de polluer illimité pour les fusées américaines ?
Aux États-Unis, l’accélération du trafic spatial commence à bousculer les règles environnementales. Aujourd’hui, avant d’autoriser un site de lancement, un décollage ou une rentrée atmosphérique, la FAA, le régulateur américain de l’aviation, doit réaliser une étude d’impact. Celle-ci examine notamment le bruit, les conséquences sur la faune et les solutions alternatives. Une procédure qui peut durer plus d’un an. Or, l’agence doit faire face à une hausse spectaculaire de l’activité. Quelque 214 lancements et rentrées sont prévus cette année. Ce nombre pourrait dépasser 500 par an d’ici une décennie. Pour réduire les délais, l’administration Trump souhaite donc permettre à la FAA de lever certaines obligations environnementales.
Présenté le mardi 28 juillet par le département des Transports, le projet autoriserait l’agence à valider certains sites, tirs ou retours sur Terre sans passer par les examens habituels. La mesure doit encore être soumise à consultation publique. Pour le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, l’objectif est de stimuler le spatial commercial et de renforcer la compétitivité des États-Unis. Cette orientation prolonge un décret signé l’année précédente par Donald Trump afin d’alléger les contraintes du secteur. Elle rejoint aussi la réforme de la FCC facilitant l’attribution des licences satellitaires, notamment pour les mégaconstellations et les futurs centres de données en orbite. SpaceX, Blue Origin, Rocket Lab ou Stoke Space pourraient être parmi les premiers bénéficiaires. Mais Starbase, le complexe de SpaceX au Texas, illustre les risques d’un tel assouplissement. Le site se trouve dans une zone humide fragile du golfe du Mexique, fréquentée par des oiseaux migrateurs et des tortues marines. Le bruit des moteurs peut atteindre 150 décibels. SpaceX a déjà été sanctionnée pour la pollution de cours d’eau voisins, tandis qu’un essai a provoqué un incendie de 1,4 hectare dans un parc national.
L’entreprise cherche pourtant à récupérer de nouvelles terres protégées. Des associations environnementales et autochtones contestent l’opération en justice, malgré le soutien du gouvernement fédéral. La dynamique dépasse SpaceX. Rocket Lab vient, par exemple, de signer un accord avec l’US Space Force pour construire un pas de tir en Alaska. En accélérant les autorisations, Washington espère gagner la course spatiale. Mais sans contrôles solides, cette vitesse pourrait se payer par des dommages durables sur les écosystèmes.
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Thu, 06 Aug 2026 - 2min - 1758 - Les ordinateurs quantiques, pierre angulaire de la fusion nucléaire ?
La fusion nucléaire contrôlée promet depuis des décennies une énergie abondante et peu carbonée. Ses progrès peuvent sembler lents, mais les obstacles scientifiques et industriels sont immenses. Certains spécialistes estiment même que les performances obtenues ont progressé à un rythme comparable à la loi de Moore, qui décrit l’augmentation régulière de la puissance des microprocesseurs.
Le principal retard concerne aujourd’hui ITER, le réacteur expérimental construit dans le sud de la France. Son chantier ne peut être accéléré sans risquer d’introduire de nouvelles difficultés, et aucun projet alternatif ne semble encore capable de le concurrencer sérieusement. ITER ne produira d’ailleurs pas d’électricité : il doit seulement démontrer qu’une réaction de fusion peut être entretenue. Une décarbonation massive grâce à cette technologie paraît donc improbable avant les années 2050. D’ici là, d’autres solutions restent indispensables face au réchauffement climatique.
L’un des problèmes majeurs concerne le combustible. La réaction envisagée associe du deutérium, abondant dans les océans, et du tritium, un élément radioactif instable qui n’existe pratiquement pas à l’état naturel. Il faut actuellement le produire en petites quantités dans des réacteurs nucléaires à fission. Mais la fusion deutérium-tritium libère des neutrons très énergétiques. En frappant du lithium placé dans les parois du réacteur, ceux-ci peuvent produire du nouveau tritium. Une faible quantité initiale suffirait donc théoriquement à démarrer la réaction, avant que le réacteur ne fabrique progressivement son propre combustible.
Encore faut-il concevoir une couverture contenant du lithium capable de résister à la chaleur, aux champs magnétiques et au bombardement neutronique. Pour étudier ces matériaux, des chercheurs américains ont combiné supercalculateurs classiques, intelligence artificielle et processeurs quantiques. Ils ont ainsi simulé neuf configurations moléculaires du FLiBe, un sel fondu composé de fluor, de lithium et de béryllium. Cette méthode leur a permis d’étudier sa structure électronique, sa stabilité et sa capacité à capturer le tritium.
Cette preuve de principe ne résout pas encore l’approvisionnement en combustible d’ITER. Elle montre néanmoins que le calcul quantique pourrait accélérer la conception des futures couvertures tritigènes. Les prochaines étapes consisteront à simuler des molécules plus complexes et à transformer cette méthode en outil utilisable par les ingénieurs de la fusion.
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Wed, 05 Aug 2026 - 2min - 1757 - Un gel qui fabrique de l’eau grâce au soleil ?
Même dans les régions les plus sèches, l’air contient toujours une petite quantité de vapeur d’eau. Depuis plusieurs années, des chercheurs tentent de récupérer cette humidité de manière simple, économique et suffisamment efficace pour fournir de l’eau potable. Une équipe vient de franchir une nouvelle étape grâce à un gel fonctionnant uniquement avec l’énergie du soleil.
Ce matériau, appelé hydrogel, agit comme une véritable éponge chimique. Lorsque l’air est plus frais, notamment pendant la nuit ou au petit matin, il absorbe les molécules d’eau présentes dans l’atmosphère. Cette capacité repose sur l’intégration de sels dits hygroscopiques, c’est-à-dire des substances naturellement capables d’attirer et de retenir l’humidité. Lorsque le soleil réchauffe ensuite le dispositif, le phénomène s’inverse. L’eau emprisonnée dans le gel est libérée sous forme de vapeur. Celle-ci est dirigée vers une surface plus froide, où elle se condense pour redevenir liquide. L’eau peut alors être recueillie et, selon les chercheurs, atteindre une qualité suffisante pour être consommée.
L’intérêt de cette technologie tient surtout à sa simplicité. Elle ne nécessite ni pompe, ni raccordement électrique, ni réseau de distribution complexe. Le soleil fournit l’énergie indispensable au cycle d’absorption et de restitution. Le système pourrait donc fonctionner de manière autonome dans des régions isolées, là où les infrastructures classiques sont absentes ou difficiles à déployer. Jusqu’à présent, les dispositifs comparables souffraient toutefois d’un problème majeur : leur manque de durabilité. Les gels perdaient progressivement leur efficacité, tandis que les supports métalliques utilisés dans les installations se corrodaient au fil des cycles. Les chercheurs ont justement travaillé sur cette faiblesse. En protégeant les composants métalliques contre la corrosion, ils ont réussi à maintenir le fonctionnement du matériau pendant plusieurs mois. Cette amélioration constitue une étape importante vers une utilisation en conditions réelles.
Cette solution ne remplacera évidemment pas les réseaux d’eau potable, les stations de traitement ou les systèmes d’irrigation à grande échelle. Elle pourrait néanmoins constituer un complément précieux dans les villages reculés, les zones désertiques ou les territoires régulièrement confrontés à la sécheresse. Une ressource invisible, présente dans l’air, pourrait ainsi devenir une réserve d’eau locale, produite chaque jour grâce au soleil.
Article scientifique : https://www.nature.com/articles/s41467-026-71987-8
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Tue, 04 Aug 2026 - 2min - 1756 - La fusée réutilisable européenne va concurrencer SpaceX ?
L’Europe se rapproche d’un premier vol d’essai avec récupération pour un lanceur réutilisable. Le 23 juillet 2026, au centre spatial d’Esrange, en Suède, ArianeGroup et SSC Space ont fait répéter à Themis l’intégralité de son scénario de mission, dans des conditions cryogéniques extrêmes. Ce démonstrateur européen doit prochainement réaliser un « Hop Test » : un vol court durant lequel l’engin décollera, prendra de l’altitude, puis reviendra se poser afin d’être récupéré. Une première en Europe. L’essai s’inscrit dans le programme SALTO, dont l’objectif est de permettre au continent de maîtriser souverainement les technologies de réutilisation spatiale.
Avant ce vol, les équipes ont organisé ce que le secteur appelle une Wet Dress Rehearsal, autrement dit une répétition générale sans décollage. Toutes les étapes d’un lancement sont reproduites : remplissage des réservoirs, vérification des systèmes et compte à rebours final. Seules manquent l’allumage du moteur et la mise en vol. L’exercice sert à vérifier que Themis fonctionne correctement avec son pas de tir. Il permet également de préparer la phase suivant son retour au sol. Après la récupération, les équipes devront procéder à la passivation de l’engin, c’est-à-dire vider ses circuits, éliminer les pressions résiduelles et neutraliser les systèmes afin de pouvoir le manipuler sans danger. Pour simuler les contraintes thermiques sans utiliser de véritables carburants, les ingénieurs ont injecté de l’azote liquide dans les lignes et les réservoirs cryogéniques. Ce fluide permet de reproduire des températures proches de moins 200 degrés ainsi que les pressions rencontrées lors du lancement. La répétition a duré une journée entière, du premier compte à rebours jusqu’aux opérations fictives de sécurisation qui suivraient un véritable atterrissage.
SALTO est financé par l’Union européenne et piloté par l’unité spatiale de la HaDEA. Coordonné par ArianeGroup, il réunit vingt-cinq partenaires dans douze pays. Le programme suit une logique de « tester et apprendre » : chaque essai doit valider une nouvelle brique technologique. Les données récoltées permettront désormais de choisir la fenêtre du Hop Test. Sa date reste inconnue, mais chaque étape rapproche l’Europe de lanceurs réutilisables capables de rivaliser avec SpaceX et les acteurs chinois.
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Mon, 03 Aug 2026 - 2min - 1755 - Les panneaux solaires sont-ils à l’origine des incendies en France ?
La Gironde vient de connaître, selon les autorités, l’incendie le plus dévastateur en France depuis 1949. Dans une région déjà marquée par les feux de 2022, qui avaient détruit près de 20 000 hectares à La Teste-de-Buch et à Landiras, la catastrophe a rapidement ravivé une rumeur persistante : les incendies serviraient à libérer des terrains pour y installer des panneaux solaires.
Cette théorie s’est notamment propagée grâce à une vidéo tournée à Hostens, dans le Sud-Gironde. Publiée le 25 juillet sur TikTok, elle cumule plus de 520 000 vues et 12 400 partages. Filmé depuis son tracteur, un homme affirme reconnaître une zone touchée par les flammes en 2022, désormais recouverte de panneaux photovoltaïques. La séquence a ensuite été relayée sur X par Silvano Trotta, connu pour diffuser de fausses informations sur le climat et les vaccins. L’AFP a vérifié ces affirmations à partir de permis de construire, d’archives de presse et d’images satellites. Deux centrales solaires existent bien à Hostens : le Haut de la Lande, sur 21 hectares, et le Chemin de Tuzan, sur 38 hectares. Mais leurs dossiers datent d’août 2010. Le quotidien Sud Ouest évoquait déjà le projet le 28 octobre de la même année, sur des parcelles endommagées par la tempête Klaus en 2009.
Les travaux ont commencé dès juillet 2014. Des images de mai 2016 montrent les panneaux entièrement installés, soit six ans avant les incendies. Les vues de Google Street View confirment également que le lieu filmé correspond bien à ce site ancien. La rumeur vise aussi Horizeo, un projet porté par Engie et Neoen à Saucats. Annoncé en 2021, il prévoit une centrale de 800 mégawatts sur 680 hectares. Mais les cartes de Copernicus et de la NASA montrent que le site se situe à environ 35 kilomètres de l’incendie de Saumos, et à 13 ou 15 kilomètres des feux de Landiras. Engie précise qu’aucun chantier n’a commencé. Pour Alexandre Roesch, du Syndicat des énergies renouvelables, cette théorie relève clairement de la désinformation. Les faits sont donc simples : les panneaux d’Hostens étaient là bien avant les incendies, et Horizeo ne se trouve pas dans les zones brûlées.
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Sun, 02 Aug 2026 - 2min - 1754 - SpaceX cherche de nouvelles terres pour ses datacenters ?
SpaceX ne se contente plus de lancer des fusées et des satellites. Depuis février, l’entreprise d’Elon Musk a absorbé xAI, sa start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle. Cette opération particulièrement risquée a donné naissance à SpaceXAI, une entité chargée d’exploiter des centres de données et de vendre leur puissance de calcul.
La nouvelle structure avance rapidement. Elle aurait déjà conclu d’importants contrats avec Anthropic et Google. Cette diversification intervient après l’entrée en Bourse historique de SpaceX, en juin, qui pousse désormais le groupe à multiplier ses activités et ses sources de revenus. Mais pour vendre toujours davantage de calcul informatique, encore faut-il disposer des infrastructures nécessaires. SpaceXAI exploite déjà les centres de données Colossus, dans le Tennessee. L’ensemble représenterait environ un gigawatt de capacité et mobiliserait plusieurs centaines de milliers de processeurs graphiques NVIDIA. Ces GPU, initialement conçus pour l’affichage, sont devenus essentiels pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle.
Selon The Information, l’entreprise cherche désormais à reproduire, voire dépasser, cette puissance au Texas. Plusieurs emplacements seraient actuellement étudiés. Deux scénarios sont envisagés : construire un centre entièrement neuf ou reconvertir un entrepôt existant, comme cela avait été fait pour Colossus. Cette expansion terrestre ne constitue toutefois qu’une partie de la stratégie. SpaceX prépare également le déploiement de milliers de centres de données en orbite grâce à de futurs satellites baptisés AI1. D’autres installations au sol pourraient encore suivre.
Reste la question de leur alimentation énergétique. À Memphis, les habitants proches de Colossus dénoncent régulièrement les effets des turbines à gaz sur la qualité de l’air. Ces critiques n’ont, jusqu’ici, pas conduit SpaceXAI à modifier son approche. Au Texas, les tensions environnementales se multiplient également. SpaceX vient d’obtenir l’accès à des terrains situés dans une réserve protégée afin d’agrandir ses activités spatiales. La décision provoque la colère d’associations écologistes et de populations autochtones.
L’entreprise construit aussi Starpipe, un gazoduc de treize kilomètres destiné à alimenter directement les lancements de la mégafusée Starship. Soutenue par le gouvernement américain, SpaceX progresse donc simultanément dans l’espace, l’intelligence artificielle et l’énergie. Mais derrière cette croissance spectaculaire se pose une question : quel sera, à long terme, le coût environnemental d’une expansion qui semble aujourd’hui sans limites ?
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Thu, 30 Jul 2026 - 2min - 1753 - Les satellites aident à prévoir les catastrophes naturelles ?
Face aux catastrophes naturelles et aux pollutions, gagner quelques heures peut sauver des vies. C’est tout l’enjeu de la télédétection spatiale, mise en lumière récemment par le Programme national de télédétection spatiale. Treize projets montrent comment satellites, drones et intelligence artificielle transforment l’observation de la planète en outil d’alerte et d’intervention.
À Strasbourg, la plateforme SERTIT convertit les images satellites en cartes utilisables par les secours en moins de six heures. Elle peut délimiter une zone inondée, estimer la hauteur de l’eau ou identifier les routes encore praticables. Ces cartes sont produites en moyenne en cinq heures et vingt minutes. Après le séisme d’Haïti, en 2010, des documents d’impact avaient été livrés en quarante heures. Le service surveille aussi presque en temps réel les incendies, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L’intelligence artificielle aide également à retrouver des rescapés sur des images de drones parfois difficiles à interpréter. Elle analyse automatiquement les formes, les mouvements et la position des personnes pour orienter plus vite les équipes de secours.
Autre menace discrète : les glissements de terrain, responsables d’environ 4 000 morts chaque année. Grâce aux radars Sentinel-1, l’interférométrie InSAR compare des images prises à quelques jours d’intervalle et détecte des déplacements de quelques centimètres. Le jeu de données ISSLIDE a été créé pour entraîner des algorithmes à repérer ces mouvements lents avant une rupture brutale. Dans les Alpes, après la crue de La Bérarde, les satellites Pléiades et SPOT, associés au LiDAR et aux drones, ont permis de reconstruire précisément le relief en trois dimensions.
La télédétection suit aussi la pollution de l’air, responsable de près de quatre millions de morts prématurées par an. Des capteurs multispectraux cartographient les particules en 3D et aident à distinguer trafic, industrie, poussières désertiques ou fumées d’incendies. En mer, radar et infrarouge améliorent la détection des nappes d’hydrocarbures. Dans les Caraïbes, le projet SargAlert prévoit les échouements de sargasses jusqu’à deux mois à l’avance. Volcans, îlots de chaleur urbains, sécheresses agricoles : l’espace offre désormais une vision globale. Le défi reste de transformer ces algorithmes de recherche en services rapides, fiables et opérationnels, car face à une catastrophe, la donnée n’est utile que si elle arrive à temps.
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Wed, 29 Jul 2026 - 2min - 1752 - De l’eau de mer sur les nuages pour calmer El Niño ?
Un nouvel épisode El Niño est en train de s’installer dans le Pacifique équatorial. En juin 2026, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, la NOAA, ainsi que l’Organisation météorologique mondiale ont confirmé son arrivée, après une hausse marquée de la température des eaux de surface. Selon les experts, il existe 63 % de chances que cet épisode soit qualifié de « très fort », au point de devenir l’un des plus puissants de l’histoire moderne. El Niño modifie profondément la circulation atmosphérique mondiale. Il entraîne généralement une hausse temporaire de la température globale et déplace les zones de pluie et de sécheresse, avec des conséquences parfois majeures sur plusieurs continents.
Face à cette menace, Jessica Wan, climatologue à l’Université de Californie, étudie une méthode de géo-ingénierie ciblée : l’éclaircissement des nuages marins. Ses travaux ont été publiés le 8 juillet 2026 dans la revue Science Advances. Le principe consiste à équiper des navires de buses capables de pulvériser de très fines gouttelettes d’eau salée sous les stratocumulus marins. L’eau s’évapore, mais les minuscules cristaux de sel restent en suspension. L’humidité se condense autour d’eux, ce qui rend les nuages plus denses, plus blancs et plus réfléchissants. Ils renvoient alors davantage de rayonnement solaire vers l’espace.
L’équipe a simulé deux épisodes historiques particulièrement intenses, ceux de 1997-1998 et de 2015-2016. D’après ses modèles, intervenir sur 7 % du Pacifique Sud-Est pourrait refroidir suffisamment l’océan pour casser la boucle de rétroaction qui renforce El Niño. Le calendrier serait déterminant. Une intervention commencée dès juin, pendant la montée du phénomène, puis poursuivie jusqu’en février, pourrait faire baisser la température de surface de la mer de 1,88 degré. Une diminution suffisante, selon les chercheurs, pour neutraliser une grande partie des anomalies météorologiques mondiales. Cette méthode aurait l’avantage d’être temporaire et réversible à chaque cycle. Mais elle comporte aussi des risques. Un refroidissement excessif pourrait provoquer une transition brutale vers La Niña, aggravant notamment les sécheresses dans la Corne de l’Afrique. Modifier les grands courants thermiques du Pacifique pourrait également produire des effets incontrôlés, comme des vagues de chaleur inattendues en Europe ou en Asie.
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Tue, 28 Jul 2026 - 2min - 1751 - Une gigafactory pour batterie sodium-ion aux USA ?
Aux États-Unis, le sodium-ion veut sortir des laboratoires pour entrer dans l’ère industrielle. La start-up californienne Peak Energy prévoit de construire à Sacramento une immense usine de batteries destinées au stockage d’électricité à l’échelle des réseaux. Fondée en 2023, l’entreprise s’est spécialisée dans le stockage stationnaire, c’est-à-dire des batteries qui ne servent pas à faire rouler des véhicules, mais à conserver l’énergie produite par des centrales solaires ou éoliennes, puis à la restituer lorsque la demande augmente. Elles peuvent aussi alimenter des usines, des villes ou des centres de données en cas de coupure.
Le projet, annoncé le 8 juillet 2026, doit voir le jour au Metro Air Park de Sacramento. Avec une superficie de 16 700 mètres carrés, le site entre dans la catégorie des gigafactories, ces usines capables de produire des batteries à très grande échelle. Peak Energy prévoit d’y fabriquer de vastes unités sodium-ion, comparables à des conteneurs maritimes et fonctionnant avec un refroidissement passif.
La production doit commencer au premier trimestre 2027. À terme, l’usine assemblerait chaque année suffisamment de batteries pour atteindre une capacité cumulée de quatre gigawattheures, soit, selon Peak Energy, de quoi alimenter quatre millions de foyers. L’intérêt du sodium-ion tient d’abord à son coût. D’après Crystal Bethke, du Bureau de développement économique du comté de Sacramento, cette technologie réduirait de 20 % le prix du stockage tout en garantissant une disponibilité de 99 %. Elle présente également un avantage important en matière de sécurité. Sa chimie serait beaucoup plus stable que celle des batteries lithium-ion, réduisant presque totalement le risque d’incendie. Cette stabilité permet aussi de se passer de systèmes actifs de refroidissement, donc de limiter la consommation électrique interne et les besoins de maintenance.
Autre atout : le sodium provient notamment du sel, une ressource abondante aux États-Unis. Peak Energy entend ainsi réduire la dépendance aux importations de lithium, de cobalt et de graphite, souvent liées à la Chine. Enfin, ces batteries fonctionneraient efficacement entre moins 40 et plus 55 degrés. Une résistance particulièrement utile pour les réseaux électriques, les parcs renouvelables et les data centers, qui recherchent des solutions fiables dans toutes les conditions.
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Mon, 27 Jul 2026 - 2min - 1750 - Connecter les oscillateurs pour une IA 1000 fois plus économe ?
Et si l’intelligence artificielle cessait de dépendre de milliards de transistors pour s’appuyer sur un principe vieux comme les métronomes ? C’est le pari d’Unconventional AI, une start-up née des travaux de chercheurs du MIT et de Stanford. Son ambition : utiliser la synchronisation de systèmes physiques pour concevoir une IA jusqu’à mille fois moins énergivore que l’informatique classique.
L’enjeu est considérable. Les générateurs d’images comme Midjourney ou Dall-E reposent souvent sur la diffusion. Le modèle part d’un bruit visuel, puis le transforme progressivement en image cohérente. Cette opération exige généralement entre vingt et cinquante étapes, parfois jusqu’à cent, même si les gains deviennent faibles au-delà d’un certain seuil. Répétée à l’échelle de millions de requêtes, elle entraîne une consommation électrique importante. Unconventional AI propose donc de changer de fondation. Les ordinateurs classiques utilisent des transistors, de minuscules interrupteurs qui passent du zéro au un. Chaque bascule consomme de l’énergie. La start-up mise, elle, sur des oscillateurs physiques : des éléments qui produisent un mouvement périodique, comme un métronome. Lorsqu’ils sont reliés, ces oscillateurs tendent naturellement à se synchroniser.
En connectant des milliers d’entre eux selon le modèle mathématique de Kuramoto, l’entreprise affirme pouvoir réaliser des calculs complexes, notamment pour générer des images. Le traitement ne serait plus effectué uniquement par une succession d’opérations logiques, mais par l’évolution physique du système lui-même. Cette approche a donné naissance à Un-0, une première preuve de concept rendue publique sur GitHub. Le modèle utilise un réseau d’oscillateurs pour produire des images. Le projet réunit Sara Achour, professeure à Stanford, Michael Carbin, professeur associé au MIT, MeeLan Lee, ancienne ingénieure chez Google, et Naveen Rao, ancien responsable de l’intelligence artificielle chez Databricks.
La promesse reste toutefois à confirmer. Un-0 n’est encore qu’une démonstration expérimentale. Transformer ce principe en matériel fiable, industrialisable et compétitif représente un défi immense. Mais à l’heure où l’IA devient toujours plus gourmande en énergie, cette piste intrigue. Plutôt que de forcer les machines à calculer davantage, Unconventional AI propose de laisser la physique travailler. Et peut-être, demain, les modèles les plus sobres fonctionneront-ils au rythme de milliers de métronomes invisibles.
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Sun, 26 Jul 2026 - 2min - 1749 - Electrique : les taxes n’ont pas arrêté les constructeurs chinois ?
À l’été 2024, l’Union européenne décidait de surtaxer les voitures électriques fabriquées en Chine. L’objectif était clair : ralentir la progression des constructeurs chinois sur le marché européen et protéger davantage l’industrie automobile du continent. Deux ans plus tard, le bilan apparaît pour le moins contrasté.
Selon une étude de l’organisation Transport & Environment, les véhicules électriques produits en Chine représentaient 22 % des ventes européennes en 2024, contre 17 % au premier trimestre 2026. À première vue, les droits de douane semblent donc avoir produit un effet. Mais cette baisse en proportion masque une autre réalité : le nombre de véhicules concernés reste pratiquement stable, autour de 350 000 unités par an. Si leur part recule, c’est surtout parce que le marché européen de l’électrique continue de grandir.
Les marques chinoises ont également adapté leur stratégie. Pour échapper aux surtaxes visant les modèles entièrement électriques, elles ont fortement développé leur offre de véhicules hybrides. Leur part de ce marché est ainsi passée de 3 % en 2024 à 13 % en Europe. Plusieurs constructeurs préparent aussi une implantation industrielle directe dans l’Union européenne, ce qui permettrait de produire localement et de contourner les taxes appliquées aux importations.
Autre effet inattendu : les mesures européennes pénalisent davantage Tesla et certaines marques européennes que leurs concurrentes chinoises. Aujourd’hui, les constructeurs chinois représentent 54 % des voitures fabriquées en Chine puis importées en Europe. En 2021, cette proportion n’était que de 15 %. Tesla compte encore pour 19 % des véhicules chinois vendus sur le marché européen. En revanche, la part des marques européennes produisant en Chine s’est nettement contractée : elle est passée de 38 % en 2024 à seulement 23 % au premier trimestre 2026.
Cette progression des groupes chinois s’explique en grande partie par leur compétitivité. Malgré les surtaxes, leurs voitures restent en moyenne 21 % moins chères que les modèles proposés par les marques européennes. Les droits de douane ont donc modifié les flux commerciaux, mais sans véritablement freiner les constructeurs chinois. Ces derniers ont diversifié leurs motorisations, réorganisé leur production et continué à miser sur leur principal avantage : des prix difficiles à concurrencer.
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Thu, 23 Jul 2026 - 2min - 1748 - Une pile française au sucre, et sans aucun métal ?
Produire de l’électricité avec du sucre, de l’air et des enzymes : c’est la technologie développée par BeFC, une jeune entreprise grenobloise issue de vingt années de recherche au CNRS et à l’Université Grenoble Alpes. Présentée récemment à VivaTech, sa pile se distingue par ce qu’elle ne contient pas : ni lithium, ni cobalt, ni plomb, ni aucun autre métal.
Son fonctionnement repose sur une réaction d’oxydoréduction entre une anode et une cathode. C’est le principe électrochimique classique d’une pile, mais ici, le glucose fournit les électrons, tandis que l’oxygène ambiant et les enzymes permettent de produire le courant. Une molécule de sucre contient vingt-quatre électrons. BeFC n’en exploite actuellement que deux, mais obtient déjà des performances proches de celles d’une pile bouton. Le dispositif prend la forme d’un film souple d’environ un millimètre d’épaisseur, imprimé sur du papier avec une encre conductrice à base de carbone. L’entreprise vise désormais 700 microns. Cette pile ne risque ni de fuir, ni de prendre feu, ni d’exploser. Techniquement, il s’agit d’une pile à combustible biologique plutôt que d’une batterie. Elle peut donc finir avec les déchets ordinaires sans présenter les mêmes dangers que les piles au lithium.
L’enjeu concerne notamment les objets jetables. Un test de grossesse numérique, par exemple, contient souvent une pile bouton qui termine dans les ordures ménagères. Avec la technologie de BeFC, l’incinération revient essentiellement à brûler du papier et des substances non dangereuses. Les applications visées sont nombreuses : patchs de température, suivi du glucose, poches de stomie connectées, bandages intelligents, mais aussi traçabilité des colis. La pile peut alimenter des capteurs mesurant les chocs, la température ou l’ouverture d’un paquet, puis transmettre les données par NFC, Bluetooth, LoRaWAN, Sigfox ou radio.
BeFC travaille déjà avec DS Smith, Medtronic et Capitainer. Son autonomie, autrefois limitée à quelques jours, atteint désormais environ un mois et demi. Après avoir levé 16 millions d’euros en 2023, l’entreprise cherche aujourd’hui 8 millions supplémentaires pour industrialiser sa solution et descendre sous un euro par pile. Son autre argument est stratégique : une fabrication entièrement française, dans une Europe encore très dépendante des métaux importés d’Asie.
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Wed, 22 Jul 2026 - 2min - 1747 - Un cloud plus vert avec recyclage de chaleur en France ?
Scaleway renforce ses ambitions dans le calcul intensif. La filiale du groupe iliad vient d’officialiser le rachat de Qarnot, une entreprise française spécialisée dans le calcul haute performance, ou HPC. Cette technologie permet d’exécuter rapidement des simulations complexes utilisées dans l’automobile, l’aéronautique, l’énergie, l’industrie ou les sciences de la vie.
Avec cette acquisition, Scaleway affirme devenir le seul acteur européen capable de réunir, sur une même plateforme, des services de cloud, d’intelligence artificielle et de calcul haute performance. L’opération présente également un enjeu de souveraineté numérique. Scaleway et Qarnot sont deux entreprises européennes soumises au droit du continent, et non à des législations extraterritoriales susceptibles d’obliger un fournisseur à transmettre des données à un gouvernement étranger. Cela n’exclut évidemment pas qu’une autorité européenne puisse demander un accès pour des raisons de sécurité.
Les deux sociétés partagent aussi une culture de l’open source. Elles utilisent notamment les standards de l’Open Compute Project, un ensemble de spécifications publiques et collaboratives permettant de concevoir des infrastructures informatiques sans dépendre entièrement de technologies propriétaires. Qarnot dispose déjà d’une clientèle solide, avec MaiaSpace, Alpine Racing, Natixis ou ATR Aircraft. Sa plateforme de HPC à la demande permet à ces entreprises de réduire certains cycles de validation de plusieurs jours à quelques heures, tout en accédant à davantage de puissance qu’avec leurs propres équipements internes.
Mais son principal atout se trouve dans la gestion de la chaleur. Qarnot utilise un système breveté de refroidissement liquide direct capable de récupérer jusqu’à 95 % de l’énergie thermique produite par les serveurs. Cette chaleur peut ensuite alimenter des réseaux urbains, des bâtiments publics, des sites industriels ou chauffer l’eau de piscines. À Brescia, en Italie, une infrastructure HPC a déjà été raccordée au réseau de chaleur local avec l’énergéticien A2A. Selon Qarnot, ce procédé permet à ses clients de réduire de 80 % l’empreinte carbone de leurs simulations. Pour Scaleway, l’objectif est désormais de consommer l’énergie une seule fois, mais de l’utiliser deux fois : d’abord pour calculer, ensuite pour chauffer. Le groupe veut ainsi démontrer que souveraineté numérique et sobriété énergétique peuvent progresser ensemble.
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Tue, 21 Jul 2026 - 2min - 1746 - Bientôt des satellites miroirs géants ?
Et si la nuit n’était plus tout à fait noire ? La start-up californienne Reflect Orbital veut installer en orbite des miroirs géants capables de renvoyer la lumière du Soleil vers la Terre après son coucher. L’objectif serait d’alimenter des centrales photovoltaïques plus longtemps ou d’éclairer des zones sinistrées pour faciliter les secours.
À terme, l’entreprise imagine une ceinture de plus de 50 000 satellites réfléchissants autour de la planète. Une ambition encore lointaine, mais qui vient de franchir une première étape. Le jeudi 9 juillet, l’autorité américaine des télécommunications, la FCC, a autorisé le lancement d’un satellite expérimental baptisé Earendil-1. Celui-ci emportera un miroir orientable de 5,5 mètres de côté. Pour justifier son feu vert, la FCC s’appuie sur le Communications Act, qui l’invite à favoriser les nouvelles technologies susceptibles de servir l’intérêt général. Mais cette décision a immédiatement ravivé les inquiétudes des astronomes.
L’American Astronomical Society évoque plusieurs risques : un possible danger pour les yeux des astronomes amateurs observant au télescope, un éblouissement soudain pour les pilotes ou les automobilistes, ainsi que des perturbations pour les grands observatoires scientifiques. La FCC répond que sa mission principale concerne l’utilisation des fréquences radio, et non les effets de la lumière réfléchie. Elle estime par ailleurs que ces incidents restent peu probables. La contestation dépasse cependant la seule astronomie. La Royal Astronomical Society et l’Observatoire européen austral redoutent une aggravation de la pollution lumineuse, susceptible de gêner les observations mais aussi de perturber des centaines d’espèces animales dépendantes de l’alternance naturelle entre le jour et la nuit.
Le 8 juillet, plusieurs organisations environnementales, dont Earthjustice et DarkSky International, ont demandé à la FCC d’imposer une étude d’impact complète avant toute nouvelle autorisation de centre de données orbital. Elles alertent également sur de possibles effets sur la couche d’ozone, la stratosphère et la qualité du ciel nocturne. Pendant ce temps, les projets se multiplient. SpaceX demande l’autorisation de déployer 100 000 nouveaux satellites Starlink, tandis que le projet Starmind évoque un million de data centers en orbite. Reflect Orbital prévoit, elle, de lancer Earendil-1 avant la fin de l’année et promet d’éviter les observatoires. Reste à savoir si une telle précaution suffira.
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Mon, 20 Jul 2026 - 2min - 1745 - Canicule : un site gratuit dit exactement quand ouvrir vos fenêtres ?
En période de canicule, quelques minutes peuvent faire toute la différence. Ouvrir les fenêtres trop tard, alors que l’air extérieur s’est déjà réchauffé, revient parfois à inviter la chaleur chez soi. Pour aider les habitants à choisir le bon moment, une application gratuite baptisée NADIR indique quand aérer, puis quand tout refermer.
Accessible depuis n’importe quel navigateur et également disponible sur iOS, l’outil demande d’abord quelques informations : la ville ou la position de l’utilisateur, la température mesurée dans le logement, l’inertie des murs, la puissance de la ventilation et l’orientation des façades. L’inertie désigne ici la capacité d’un bâtiment à conserver la fraîcheur ou, au contraire, la chaleur. Les occupants d’un appartement traversant peuvent renseigner deux orientations différentes afin d’affiner la simulation. NADIR associe ensuite ces données aux prévisions météorologiques heure par heure fournies par Open-Meteo. L’application simule l’évolution probable de la température intérieure pendant un peu plus de vingt-quatre heures. Elle affiche une recommandation immédiate, les horaires conseillés pour ouvrir et fermer, ainsi qu’un graphique comparant la température extérieure à celle estimée dans le logement.
L’outil peut même déconseiller toute aération lorsque la nuit reste trop chaude. Il estime également le nombre de degrés susceptibles d’être gagnés au moment du pic de chaleur, en fonction de l’heure choisie, de l’inertie du bâtiment et de la ventilation disponible. Un second créneau d’ouverture peut être proposé, tandis qu’une humidité extérieure élevée peut rendre l’aération moins avantageuse. Les calculs sont effectués directement dans le navigateur. Seules les coordonnées nécessaires aux prévisions météorologiques sont transmises à Open-Meteo.
NADIR a été développé par Solal Gendrin, un Villeurbannais de 28 ans, également conseiller écologiste à la Métropole de Lyon. Il avait déjà créé Lyon Pocket, consacré aux transports lyonnais, ainsi que TCL 2040 et OpenProjets. Comme ces précédents services, NADIR est gratuit, sans publicité, sans inscription et sans collecte de données personnelles. Ses résultats restent indicatifs : l’application ne connaît ni l’isolation exacte du logement ni la force réelle du vent. Elle affine néanmoins le conseil de l’ADEME : ouvrir quand l’air extérieur devient plus frais, puis refermer avant le retour de la chaleur.
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Sun, 19 Jul 2026 - 2min - 1744 - La France veut construire 11 parcs éoliens en mer ?
Bruxelles vient de donner son feu vert à un vaste programme français de soutien à l’éolien en mer. Autorisé lundi 13 juillet, ce dispositif représente 63 milliards d’euros d’aides réparties sur vingt-cinq ans. Il doit accompagner la construction et l’exploitation de onze parcs offshore en mer du Nord, dans l’Atlantique et en Méditerranée.
À terme, ces installations pourraient atteindre une puissance cumulée de 11,1 gigawatts et produire jusqu’à 47,8 térawattheures d’électricité renouvelable chaque année. Cela représenterait environ 10,6 % de la consommation électrique annuelle française. La répartition des parcs sur trois façades maritimes doit également limiter les risques liés aux conditions météorologiques, aux infrastructures portuaires et à l’organisation des chantiers.
Le mécanisme de financement retenu repose sur des appels d’offres transparents et ouverts à tous les candidats. Chaque opérateur proposera un prix cible auquel il souhaite vendre son électricité. Une fois le contrat attribué, ce tarif sera comparé régulièrement au prix réel observé sur le marché. Ce système porte un nom : le contrat sur différence bidirectionnel. Son fonctionnement est relativement simple. Lorsque le prix du marché descend sous le tarif prévu, l’État verse la différence à l’exploitant afin de stabiliser ses revenus et de sécuriser l’investissement. Mais lorsque le prix du marché dépasse le niveau fixé, l’opérateur reverse le surplus aux autorités françaises.
Le dispositif partage donc le risque entre la puissance publique et les producteurs, plutôt que d’accorder une subvention sans contrepartie. Une limite est toutefois prévue : aucune compensation ne sera versée lorsque les prix de l’électricité deviennent négatifs. Avant d’autoriser ce programme, la Commission européenne a vérifié sa conformité avec le CISAF, le cadre adopté le 25 juin 2025 pour soutenir l’industrie propre, les énergies renouvelables et la décarbonation. Bruxelles estime que les aides françaises sont nécessaires, adaptées et proportionnées au regard des règles du marché intérieur. Parmi les onze parcs concernés, trois bénéficiaient déjà d’un précédent régime d’aides approuvé en août 2025. Le nouveau dispositif vient désormais le remplacer. Pour Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, cette décision confirme l’engagement de la France vers un système énergétique entièrement décarboné.
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Thu, 16 Jul 2026 - 2min - 1743 - Les climatiseurs « propres » débarquent en Europe ?
Face à la multiplication des vagues de chaleur, chercheurs et industriels tentent de réinventer la climatisation. Leur objectif : refroidir les bâtiments sans utiliser les gaz ni les fluides frigorigènes des appareils conventionnels. L’enjeu devient urgent. Fin juin, les températures ont dépassé 40 degrés dans une grande partie de la France, lors du troisième épisode de chaleur de l’année. Ventilateurs et climatiseurs portables ont alors été pris d’assaut, jusqu’à épuisement de certains stocks.
L’Europe reste pourtant relativement peu équipée. Environ 20 % des foyers disposent de la climatisation, contre près de 90 % aux États-Unis et seulement 4 % au Royaume-Uni. Cette proportion devrait augmenter avec la fréquence des canicules. Il ne s’agit pas seulement de confort : en 2019, l’accès au refroidissement aurait permis d’éviter près de 200 000 décès prématurés parmi les plus de 65 ans dans le monde. Mais les climatiseurs classiques posent un problème environnemental. Le refroidissement représente déjà environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment à cause de l’électricité consommée. Cette demande énergétique pourrait plus que tripler d’ici 2050. La France bénéficie d’une électricité majoritairement bas carbone, mais ce n’est pas le cas partout en Europe.
Autre difficulté : les gaz fluorés utilisés comme réfrigérants. En cas de fuite, certains peuvent réchauffer l’atmosphère des milliers de fois plus que le CO₂. L’Union européenne a donc décidé en 2024 de les supprimer progressivement. Une piste prometteuse consiste à utiliser le refroidissement à l’état solide. Ici, aucun fluide ne circule : certains matériaux changent simplement de température lorsqu’ils sont étirés, comprimés ou soumis à un courant électrique ou à un champ magnétique.
À l’université de la Sarre, en Allemagne, une équipe dirigée par Paul Motzki teste ainsi des alliages de nickel et de titane. Étirés puis relâchés, ils pourraient abaisser la température intérieure de 5 à 10 degrés. Les chercheurs collaborent avec l’entreprise irlandaise Exergyn pour envisager un déploiement dans des bâtiments neufs.
D’autres solutions émergent. Mimic Systems teste une pompe à chaleur à semi-conducteurs à Vancouver. En France, Leviathan Dynamics développe le Golgoth, capable de chauffer comme de refroidir. Magnotherm mise sur les champs magnétiques, tandis que la société britannique Barocal travaille sur des cristaux plastiques libérant de la chaleur sous pression.
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Wed, 15 Jul 2026 - 2min - 1742 - New York suspend la construction de datacenters ?
Aux États-Unis, l’expansion rapide des centres de données commence à rencontrer une opposition politique de plus en plus nette. Après Seattle, où un projet de moratoire sur les nouvelles constructions a récemment été débattu avec le soutien d’une partie de la population, mais aussi de certains employés d’Amazon, c’est désormais l’État de New York qui décide de ralentir le mouvement.
Les autorités new-yorkaises viennent d’adopter un moratoire d’un an sur la construction de nouveaux data centers consommant au moins 50 mégawatts. À titre de comparaison, une telle puissance correspond aux besoins électriques de plusieurs dizaines de milliers de foyers. La mesure vise donc principalement les plus grandes installations, notamment celles destinées à faire fonctionner les services d’intelligence artificielle. La gouverneure Kathy Hochul justifie cette décision par les inquiétudes croissantes liées à leur développement. Selon elle, ces infrastructures risquent d’alourdir les factures d’électricité, de solliciter excessivement les ressources naturelles et de provoquer une opposition toujours plus forte parmi les habitants de l’État.
L’essor de l’intelligence artificielle générative explique en grande partie cette accélération. Pour entraîner les modèles, puis répondre aux requêtes des utilisateurs, les entreprises technologiques ont besoin d’immenses capacités de calcul. Celles-ci sont concentrées dans des centres de données remplis de serveurs, qui consomment beaucoup d’électricité et nécessitent également d’importants systèmes de refroidissement. Cette demande supplémentaire pèse sur les réseaux électriques américains. Elle peut obliger les opérateurs à renforcer leurs infrastructures, à mobiliser de nouvelles capacités de production et, potentiellement, à répercuter une partie des coûts sur les consommateurs.
La défiance gagne d’ailleurs l’ensemble du pays. Selon un récent sondage réalisé par Reuters et Ipsos, seul un Américain sur trois approuve le rythme actuel de développement des centres de données. La majorité des personnes interrogées ne souhaiterait pas non plus voir une telle installation construite dans sa propre communauté. New York pourrait donc ouvrir la voie. Dans plusieurs dizaines d’États, des propositions de loi ont déjà été déposées pour mieux encadrer l’implantation des data centers, leur consommation énergétique et leurs conséquences locales. Le moratoire new-yorkais ne signifie pas l’arrêt définitif des projets, mais il impose une pause : le temps d’évaluer si la course à l’intelligence artificielle peut continuer sans faire supporter l’essentiel de son coût aux territoires et à leurs habitants.
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Tue, 14 Jul 2026 - 2min - 1741 - L’IA inquiète en analysant les modèles climatiques ?
Le constat climatique est déjà bien établi. Entre 2011 et 2020, la température moyenne mondiale était supérieure de 1,1 degré à celle de la période préindustrielle. Cette hausse est principalement liée aux émissions humaines de gaz à effet de serre. Depuis 1850, environ 2 400 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ont été rejetées dans l’atmosphère, dont près de la moitié au cours des trente dernières années.
Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le Giec, rappelait également que les politiques actuellement mises en œuvre à travers le monde nous placent sur une trajectoire d’environ trois degrés de réchauffement d’ici à 2100. Des climatologues américains et suisses ont désormais utilisé l’intelligence artificielle pour préciser ces projections, notamment à l’échelle régionale. Les chercheurs, issus de l’université d’État du Colorado, de Stanford et de l’École polytechnique fédérale de Zurich, présentent leurs résultats dans la revue *Environmental Research Letters*. Ils ont eu recours à une méthode appelée apprentissage par transfert. Son principe consiste à utiliser les connaissances acquises par un système lors d’une première tâche pour améliorer ses performances sur une tâche comparable. Dans ce cas précis, l’intelligence artificielle a analysé les résultats de dix modèles climatiques différents afin d’affiner les prévisions de température.
L’étude porte sur les 46 grandes régions définies par le Giec. Selon les chercheurs, 34 d’entre elles pourraient dépasser un réchauffement de 1,5 degré dès 2040. Plus inquiétant encore, 26 régions devraient franchir le seuil des trois degrés d’ici à 2060. Ces niveaux seraient donc atteints plus tôt que ne le suggéraient certaines études précédentes. Il faut rappeler que le rapport du Giec publié en 2021 reposait sur des observations disponibles jusqu’en 2019 ou 2020. Son prochain grand rapport est attendu autour de 2027.
L’intérêt de l’intelligence artificielle ne consiste pas seulement à améliorer les projections mondiales. Elle peut aussi aider à mieux comprendre les évolutions locales, là où l’incertitude reste plus importante. Or, ce sont précisément ces données régionales qui permettent d’anticiper les conséquences concrètes du réchauffement et d’adapter les politiques publiques. Pour les chercheurs, ces nouvelles techniques pourraient donc devenir un outil essentiel afin d’éclairer les décisions à venir.
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Mon, 13 Jul 2026 - 2min - 1740 - Que révèle les 66 milliards d’arbres plantés en Chine ?
Depuis 1978, la Chine mène l’un des plus vastes projets de reboisement jamais engagés. Baptisé « Grande Muraille verte », ce programme devait à l’origine ralentir l’avancée des déserts du Gobi et du Taklamakan. Près d’un demi-siècle plus tard, environ 66 milliards d’arbres ont été plantés. Pékin prévoit d’en ajouter 34 milliards supplémentaires d’ici le milieu du siècle.
Une étude conduite par des chercheurs de l’Université de Pékin à Shenzhen montre aujourd’hui que ces forêts artificielles développent leur feuillage beaucoup plus rapidement que les forêts naturelles. Les scientifiques se sont appuyés sur des observations satellitaires pour mesurer l’indice de surface foliaire. Cet indicateur permet d’évaluer la densité de la canopée, autrement dit la quantité de feuilles présentes, et donc la capacité des arbres à capter du dioxyde de carbone. Selon leurs résultats, la surface foliaire des forêts plantées progresse 66 % plus vite. L’âge explique une grande partie de cet écart : les arbres issus des campagnes de reboisement sont généralement plus jeunes et traversent donc une phase de croissance intense.
Mais cette différence ne disparaît pas complètement lorsque l’on compare des arbres du même âge. Les plantations conservent alors un avantage de 4,6 %, particulièrement marqué dans les forêts mixtes et les peuplements sempervirents, composés d’arbres qui gardent leurs feuilles toute l’année. Cette croissance plus rapide tient notamment au choix d’espèces comme les peupliers ou les eucalyptus, mais aussi à l’entretien des parcelles. Fertilisation, suppression de la végétation concurrente et suivi régulier permettent aux arbres de profiter davantage de l’augmentation du CO₂ atmosphérique. Cet avantage atteint toutefois son maximum entre 30 et 40 ans, avant de diminuer.
Ces résultats confirment que le reboisement peut absorber rapidement du carbone. Mais les plantations ne remplacent pas les forêts naturelles. Celles-ci croissent plus lentement, tout en stockant le carbone sur une durée plus longue et en résistant mieux aux changements environnementaux. Les chercheurs appellent donc à améliorer les modèles climatiques et les politiques forestières. Planter beaucoup ne suffit pas : l’âge des arbres, les essences choisies et les méthodes de gestion déterminent largement l’efficacité climatique d’une forêt.
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Sun, 12 Jul 2026 - 2min - 1739 - Pénurie de CO2 : une menace pour les semi-conducteurs ?
On pense souvent que les puces les plus avancées reposent d’abord sur des machines de gravure ultramodernes. Mais leur fabrication dépend aussi de matières premières beaucoup plus discrètes. Parmi elles : du dioxyde de carbone industriel de très haute pureté, issu notamment du raffinage du pétrole et du traitement du gaz naturel.
Dans les salles blanches, ce CO2 sert à nettoyer les équipements, à contrôler certaines réactions chimiques pendant la lithographie et à accompagner la planarisation, une opération qui permet d’aplanir les différentes couches d’une puce. Il peut aussi être utilisé sous forme supercritique, c’est-à-dire dans un état intermédiaire entre le liquide et le gaz, afin de nettoyer des structures de quelques nanomètres sans les endommager. Le niveau de pureté exigé atteint au minimum 99,999 %, bien au-delà du CO2 utilisé dans les boissons gazeuses. Or, ce produit n’est fabriqué que sur un nombre limité de sites. Quand les raffineries sud-coréennes ralentissent leur activité en raison des incertitudes sur l’approvisionnement en pétrole brut venu du Moyen-Orient, les usines de Samsung et SK Hynix se retrouvent directement sous pression. Selon le média spécialisé The Elec, Samsung consomme chaque mois entre 1 800 et 2 000 tonnes de CO2 pour ses activités liées aux mémoires et aux puces logiques. SK Hynix en utilise entre 600 et 700 tonnes. Depuis janvier 2026, le prix du CO2 liquide a augmenté de 20 % en Corée du Sud. Les deux groupes ont donc commencé à constituer des stocks.
L’enjeu dépasse largement le pays. La Corée du Sud produit environ 80 % de la mémoire DRAM mondiale et une part importante de la mémoire flash NAND. Une pénurie locale pourrait donc affecter l’ensemble de l’industrie électronique. Ce risque rappelle d’autres alertes. En 2022, la guerre en Ukraine avait révélé que 70 % du néon de qualité semi-conducteur provenait de deux usines ukrainiennes. Début 2026, des tensions sur l’hélium avaient suscité les mêmes inquiétudes. Pour l’Europe, la leçon est claire. Le European Chips Act mobilise 43 milliards d’euros pour développer des usines, notamment à Dresde et à Crolles. Mais construire des fabs ne suffit pas : encore faut-il sécuriser tous les gaz et matériaux indispensables à leur fonctionnement.
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Thu, 09 Jul 2026 - 2min - 1738 - Une ville américaine refuse les eaux usées de Meta ?
Les centres de données consomment énormément d’électricité et d’eau. Mais ils peuvent aussi perturber les réseaux d’assainissement. À Cheyenne, dans le Wyoming, un chantier mené pour Meta a provoqué une contamination bactérienne qui a affecté deux stations d’épuration pendant plusieurs mois.
Le projet Cosmo, estimé à 740 millions d’euros, doit s’étendre sur environ 7,5 hectares. En février, le laboratoire municipal a détecté une bactérie inhabituelle, appelée Cupriavidus gilardii. Résistante aux métaux, elle a été retrouvée lors d’un contrôle de routine. Le service public chargé de l’eau a retracé la contamination jusqu’aux opérations de remplissage et de rinçage réalisées par Goat Systems sur le futur campus de Meta. Avant leur mise en service, les circuits de refroidissement sont remplis d’eau, puis rincés afin d’évacuer les résidus présents dans les canalisations. L’eau usée est ensuite rejetée dans les égouts. C’est ainsi que la bactérie aurait atteint le réseau municipal.
Le 24 mars, l’autorisation de rejet de Goat Systems a été retirée. La restriction concerne désormais tous les centres de données raccordés au réseau de Cheyenne, y compris ceux qui utilisent un refroidissement en circuit fermé. Ces systèmes sont pourtant présentés comme économes en eau, puisqu’une fois remplis, ils font circuler le même liquide en permanence. Mais leur installation produit tout de même un premier rejet avant la fermeture du circuit. L’incident inquiète d’autant plus que Cheyenne réutilise ses eaux traitées pour arroser ses parcs, ses golfs et d’autres espaces verts. Une contamination pourrait donc être dispersée dans l’air sous forme de fines gouttelettes. La bactérie n’est pas officiellement réglementée, mais elle a suffisamment perturbé le traitement pour entraîner une non-conformité importante.
Meta précise que la substance a été détectée dans les eaux usées, pas dans l’eau potable. Son entrepreneur général, Fortis, a interrompu les rejets et fait désormais évacuer l’eau hors du site. Une expertise indépendante n’aurait retrouvé aucune trace de la bactérie. Cette affaire illustre les tensions croissantes autour des data centers. Aux États-Unis, les contestations portent sur l’eau, l’énergie, le bruit et le manque de transparence. En France, depuis le 1er janvier, les installations de plus de 500 kilowatts doivent déclarer leur consommation annuelle d’eau. Une obligation qui n’existe toujours pas au niveau fédéral américain.
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Wed, 08 Jul 2026 - 2min - 1737 - La « Grande Muraille photovoltaïque » visible depuis l’espace ?
Dans le désert de Kubuqi, en Mongolie intérieure, la Chine déploie un projet solaire aux dimensions presque continentales. Les médias locaux l’ont surnommé la « Grande Muraille photovoltaïque ». Malgré son nom, il ne s’agit pas d’une centrale unique, mais d’un vaste alignement de parcs solaires construits par plusieurs opérateurs le long de la frontière nord du désert.
À terme, ce corridor doit s’étendre sur près de 400 kilomètres, avec une largeur pouvant atteindre cinq kilomètres. L’objectif affiché pour 2030 est considérable : 100 gigawatts de puissance installée et près de 40 térawattheures d’électricité produits chaque année. Cela correspondrait à environ 9 % de la consommation électrique annuelle française. Une partie de l’ensemble fonctionne déjà. La centrale de Junma s’est notamment fait remarquer par ses panneaux disposés en forme de cheval au galop. Cette réalisation figure au Guinness World Records comme la plus grande image photovoltaïque au monde.
Le calendrier doit toutefois être considéré avec prudence. Les autorités chinoises annonçaient plus de 10 gigawatts installés en 2025, ainsi que 29 gigawatts supplémentaires en construction. Mais des données relayées par la NASA à la fin de 2024 évoquaient plutôt 5,4 gigawatts réellement déployés. L’objectif de 2030 reste néanmoins crédible au regard du rythme chinois : en mai 2025 seulement, le pays a ajouté 93 gigawatts de capacités photovoltaïques.
Pour transporter cette énergie vers les grands centres de consommation, de nouvelles lignes à très haute tension sont construites sur près de 1 300 kilomètres, jusqu’à la mégarégion Pékin-Tianjin-Hebei. La muraille solaire poursuit aussi un objectif environnemental. En ombrageant les sols, les panneaux réduisent l’évaporation, préservent davantage l’humidité et favorisent le retour de certaines plantes. Ils doivent également ralentir les vents, limiter le déplacement des dunes, réduire les tempêtes de sable et protéger le fleuve Jaune contre l’ensablement.
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Tue, 07 Jul 2026 - 2min - 1736 - La physique peut doubler la durée de vie des batteries ?
Les batteries restent l’un des principaux points faibles des voitures électriques. Avec le temps, elles perdent en capacité, ce qui réduit leur autonomie et accélère leur remplacement. Or, plus elles s’usent vite, plus il faut recycler leurs composants et extraire de nouveaux métaux critiques, comme le nickel ou le cobalt.
Pour améliorer leur longévité, les chercheurs travaillent généralement sur la chimie des électrodes ou de l’électrolyte, ce liquide qui permet aux ions lithium de circuler dans la batterie. Mais les gains obtenus dépassent rarement 5 à 10 %. Des ingénieurs de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, ont donc choisi une tout autre approche. Leurs travaux, publiés dans la revue *Nature Energy*, montrent qu’il serait possible de doubler la durée de vie d’une batterie lithium-ion sans modifier sa composition chimique.
Pour comprendre, il faut imaginer qu’une batterie « respire ». Lorsqu’elle se charge ou se décharge, les ions lithium se déplacent entre l’anode et la cathode. Ces mouvements provoquent de légères dilatations et contractions des matériaux. À force de cycles, ces contraintes mécaniques finissent par dégrader les composants internes. Les chercheurs ont utilisé des batteries disponibles dans le commerce. Ils n’ont remplacé ni les électrodes ni l’électrolyte. Ils ont simplement ajouté de petits coussins d’air capables de se gonfler ou de se dégonfler pendant les cycles, afin de maintenir une pression constante sur la batterie. Les résultats indiquent qu’une pression bien réglée peut doubler sa longévité. Mais tout repose sur un équilibre précis. La zone idéale se situe autour de 12,5 bars, soit environ quatre fois la pression habituellement appliquée aux batteries bouton. Une pression trop forte favorise le dépôt de lithium sur l’anode. À l’inverse, une pression insuffisante peut entraîner des fissures dans la cathode.
Ces travaux restent encore limités au laboratoire. Mais leurs conséquences potentielles sont importantes, notamment pour le marché des véhicules électriques d’occasion. Des batteries plus durables réduiraient les besoins de remplacement, le volume de déchets à recycler et la demande en matières premières. L’équipe de Cambridge a déjà déposé une demande de brevet. Son prochain défi consiste désormais à transformer cette idée mécanique, relativement simple, en une solution viable à l’échelle industrielle.
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Mon, 06 Jul 2026 - 2min - 1735 - Un mini-réacteur nucléaire 3D pour data centers ?
La course à l’énergie pour alimenter l’intelligence artificielle produit des projets toujours plus spectaculaires. Le 1er juillet, la start-up américaine Ampera a présenté ce qu’elle décrit comme le premier module de réacteur nucléaire imprimé en 3D au monde, pensé pour fournir de l’électricité aux centres de données.
L’objet est bien réel : une sphère en carbure de silicium d’environ deux mètres, fabriquée d’un seul bloc. À l’intérieur, une structure dite gyroïde forme un réseau complexe de canaux larges de deux millimètres. Cette géométrie, impossible à obtenir avec des machines-outils classiques, augmente fortement la surface d’échange thermique. Le matériau utilisé peut, lui, résister à des températures proches de 3 000 degrés. La fabrication impressionne. Le fonctionnement annoncé reste toutefois à démontrer. Le cœur est dit sous-critique : il ne peut pas maintenir seul une réaction nucléaire en chaîne. Pour fonctionner, il doit recevoir en permanence des neutrons produits par un accélérateur. Si celui-ci s’arrête, la réaction s’éteint. Le thorium utilisé n’est pas directement fissile : bombardé par des neutrons, il se transforme en uranium 233, qui peut alors servir de combustible.
Ampera promet des réacteurs de 15 à 30 mégawatts installés dans des conteneurs standards, capables de fonctionner trente ans sans rechargement. Le groupe prévoit une première partie consacrée à la conversion électrique dès 2027, puis un module nucléaire vers 2030, sous réserve de l’autorisation du régulateur américain. Mais la sphère présentée n’a encore jamais été mise en service et n’a produit aucun électron. Le partenaire technologique censé financer le projet n’a pas non plus été identifié.
L’idée n’est pas nouvelle. Dès les années 1990, le prix Nobel Carlo Rubbia avait proposé au CERN un réacteur sous-critique au thorium piloté par accélérateur. Trente ans plus tard, aucun système comparable ne fonctionne commercialement. En Belgique, le projet MYRRHA travaille depuis des décennies sur un démonstrateur de 100 mégawatts. La Chine développe également son propre programme. Si ce concept revient aujourd’hui, c’est parce que les data centers réclament une énergie abondante, continue et décarbonée. Meta, Microsoft ou NVIDIA multiplient déjà les initiatives autour du nucléaire. Ampera expose donc une prouesse industrielle prometteuse, mais encore très éloignée d’une centrale opérationnelle.
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Sun, 05 Jul 2026 - 2min - 1734 - Le Canada lance un mini-réacteur nucléaire pour alimenter 300.000 foyers ?
Les petits réacteurs nucléaires modulaires, ou SMR, occupent une place croissante dans les débats sur l’avenir de l’énergie. Leur principe est simple : construire des réacteurs plus compacts que les centrales classiques, standardisés, et théoriquement fabriqués en série. Cette logique doit permettre de réduire les délais, les coûts et les risques industriels. Mais entre la promesse technologique et les chantiers réels, l’écart reste important.
En France, le soutien politique existe. Emmanuel Macron a annoncé un milliard d’euros pour développer les technologies nucléaires émergentes, dont les SMR. Une partie de cette enveloppe, environ 90 millions d’euros, concerne notamment des projets comme Jimmy et Calogena. Le pays dispose donc d’acteurs actifs dans la recherche et le développement, mais aucun projet français n’a encore atteint la phase de construction.
Ailleurs, les choses avancent plus vite. Au Canada, le site de Darlington, à l’est de Toronto, est devenu l’un des symboles de cette course. Ontario Power Generation y porte un projet de quatre réacteurs BWRX-300, conçus par GE Vernova Hitachi. Le lancement des travaux a été marqué par la pose d’une dalle de fondation de 953 tonnes. Chaque réacteur doit fournir 300 mégawatts, soit 1 200 mégawatts au total une fois les quatre unités en service. Un seul de ces réacteurs pourrait alimenter plus de 300 000 foyers. L’investissement annoncé atteint 13,8 milliards d’euros.
Les partisans des SMR y voient une filière industrielle capable de créer des milliers d’emplois pendant la construction, puis plusieurs décennies d’activité en exploitation. Les critiques, eux, pointent une question centrale : le modèle économique est-il vraiment solide ? L’abandon du projet NuScale aux États-Unis, en 2023, après une forte hausse des coûts, reste dans tous les esprits. L’OCDE rappelle aussi que les industriels occidentaux ne sont pas encore parvenus à produire ces réacteurs en grande série.
La France avance donc prudemment. EDF a revu en 2024 son projet Nuward avec un design simplifié et des premiers chantiers repoussés avant 2030. La même année, le groupe s’est retiré de la compétition britannique. En parallèle, Calogena, Jimmy Energy, Stellaria, Newcleo ou Blue Capsule poursuivent leurs travaux. La filière existe, mais elle cherche encore son passage du laboratoire au béton.
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Thu, 02 Jul 2026 - 2min - 1733 - La France plus chaude que 99% de la planète ?
Le mardi 23 juin 2026 est entré dans les archives climatiques françaises. Ce jour-là, la France a connu la journée la plus chaude jamais mesurée à l’échelle nationale, avec un indicateur thermique de 29,8 °C. Cet indicateur ne correspond pas à une température relevée dans une seule ville : il s’agit d’une moyenne calculée à partir de plusieurs stations représentatives du territoire. Et c’est précisément ce qui rend le chiffre aussi marquant.
Localement, les valeurs ont été encore plus impressionnantes. À Pissos, dans les Landes, le thermomètre est monté jusqu’à 44,3 °C. À Bordeaux, il a atteint 42,1 °C, un record absolu pour la ville, tous mois confondus. De nombreuses communes ont ainsi connu des températures inédites, parfois dignes de régions beaucoup plus chaudes du globe. Selon les premiers repères publiés par Keraunos, l’Observatoire français des orages et des tornades, cette moyenne nationale de 29,8 °C représente un écart de 10,2 °C par rapport à la normale de saison. Autrement dit, la France a connu ce jour-là une chaleur supérieure de plus de dix degrés à la moyenne observée entre 1991 et 2020 pour une fin juin.
La comparaison donne le vertige. Les températures relevées en France se rapprochaient des moyennes mensuelles observées dans certaines régions du Moyen-Orient, du Grand Canyon ou du Sahara. À Strasbourg, l’atmosphère ressemblait à celle d’un mois de juin à Tripoli, en Libye. À Lyon, on retrouvait des valeurs comparables à Phoenix, aux États-Unis. À Bordeaux, la chaleur avoisinait celle de Bagdad, en Irak. Ces records ne sont plus de simples anomalies isolées. Ils deviennent des signaux d’une nouvelle réalité climatique. Chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement augmente la probabilité d’épisodes plus fréquents, plus longs et plus intenses. L’accumulation de gaz à effet de serre, notamment liée à la combustion des énergies fossiles, transforme progressivement les prévisions scientifiques en expériences vécues. Ce que les modèles annonçaient hier se mesure aujourd’hui dans les rues, dans les logements, dans les organismes. Et à mesure que les records tombent, une évidence s’impose : les alertes sont déjà là. Le temps, lui, se réduit.
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Wed, 01 Jul 2026 - 2min - 1732 - Un immense gisement d’hydrogène découvert en Moselle ?
L’Est de la France pourrait devenir un territoire stratégique pour l’hydrogène naturel. Le 23 juin 2026, La Française de l’Énergie a confirmé la présence d’un gisement à Folschviller, en Moselle Est. Une découverte importante, car elle concerne ce que l’on appelle parfois l’hydrogène blanc : un hydrogène naturellement présent dans le sous-sol, sans qu’il soit nécessaire de le fabriquer par électrolyse ou à partir d’énergies fossiles.
Le projet est mené par La Française de l’Énergie, sous la direction d’Antoine Forcinal, dans le cadre du programme de recherche REGALOR II. Ce programme, prévu de 2025 à 2028, réunit plusieurs acteurs scientifiques et techniques : le laboratoire GeoRessources de l’Université de Lorraine, Solexperts France, le BRGM pour la direction Grand Est, ainsi que des chercheurs du CNRS, dont Jacques Pironon et Philippe Donato. Il bénéficie aussi du soutien de la région Grand Est et de l’Union européenne. Les premières mesures ont été réalisées dans le puits PTH-2, descendu jusqu’à 3 655 mètres de profondeur. Elles montrent un point essentiel : plus on descend, plus la concentration d’hydrogène naturel augmente. À 2 242 mètres, elle atteignait 36,1 %. À 2 426 mètres, elle montait déjà à 49,6 %. Les chercheurs estiment que les mécanismes de production pourraient se situer encore plus bas, autour de 5 000 à 6 000 mètres.
Selon Philippe Donato, cette découverte suggère que l’hydrogène pourrait être dissous dans un aquifère, c’est-à-dire une réserve d’eau souterraine. Cela pourrait modifier la manière dont les scientifiques comprennent la répartition de cette ressource à l’échelle mondiale. Le potentiel annoncé est considérable : jusqu’à 35 millions de tonnes d’hydrogène. La Française de l’Énergie veut désormais confirmer ce gisement grâce à REGALOR II, avec l’ambition de devenir l’un des premiers producteurs d’hydrogène natif en Europe. La production commerciale est visée entre fin 2028 et début 2029. Le permis exclusif de recherche des Trois Évêchés, qui couvre 2 254 kilomètres carrés, donne à l’entreprise un cadre pour poursuivre ses explorations. Si les résultats se confirment, la Moselle pourrait jouer un rôle majeur dans la souveraineté énergétique européenne.
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Tue, 30 Jun 2026 - 2min - 1731 - L’ébullition saturée, la révolution pour refroidir les data center ?
L’intelligence artificielle ne fait pas seulement grandir les centres de données. Elle les rend aussi beaucoup plus énergivores. Aux États-Unis, ces infrastructures pourraient représenter entre 9 et 17 % de la consommation électrique d’ici la fin de la décennie. À l’échelle mondiale, elles pourraient bientôt consommer autant d’eau que 1,3 milliard de personnes.
Le problème est d’autant plus frappant qu’une part importante de cette énergie ne sert pas directement à faire tourner les modèles d’IA. Près d’un tiers de l’électricité utilisée par les data centers est consacré au refroidissement des puces. Autrement dit, une grande partie de l’effort énergétique vise simplement à éviter la surchauffe. C’est précisément à ce défi que veut répondre Ferveret. L’entreprise développe un système de refroidissement par immersion, fondé sur des bacs dans lesquels les serveurs sont plongés dans un liquide spécial. Contrairement aux méthodes classiques, ce procédé n’a pas besoin de ventilateurs et ne consomme pas d’eau.
La technologie repose sur un phénomène appelé ébullition saturée. L’idée vient notamment des systèmes utilisés dans les réacteurs nucléaires. Lorsque les composants chauffent, le liquide forme de grosses bulles de vapeur. En se détachant, ces bulles évacuent la chaleur, puis la surface des composants est rapidement réhumidifiée. Ce cycle accélère le transfert thermique, tout en limitant fortement la dépense énergétique. Ferveret ne propose pas de gigantesques cuves d’immersion, difficiles à intégrer. L’entreprise mise plutôt sur des modules montés en rack, chaque bac contenant un serveur. Cette architecture facilite l’installation dans les data centers existants, ainsi que la maintenance. Chaque module est aussi associé à un logiciel capable de surveiller la température, la pression du liquide et la consommation électrique avec une grande précision.
La technologie est déjà testée avec CleanSpark, FuriosaAI et Switch. Selon une étude menée avec l’UCLA, Ferveret aurait amélioré de 15 % l’efficacité énergétique des calculs par rapport aux meilleurs systèmes actuels. Avec son pilotage logiciel, l’entreprise affirme même pouvoir générer 35 % de tokens supplémentaires à consommation égale. Surtout, l’absence d’eau change la donne. Dans les régions très ensoleillées mais pauvres en ressources hydriques, cette solution pourrait faciliter l’implantation de data centers alimentés par le solaire, de l’Afrique au Moyen-Orient, jusqu’à certaines zones d’Europe et des États-Unis.
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Mon, 29 Jun 2026 - 2min - 1730 - Quel est l'impact des satellites sur la stratosphère et l'ozone ?
L’espace devient de plus en plus encombré. Il y a dix ans, moins de 300 satellites étaient lancés chaque année dans le monde. En 2025, on dépassait les 2 800. Cette explosion du secteur spatial pose désormais une question longtemps restée secondaire : que deviennent tous ces objets lorsqu’ils retombent sur Terre ?
Un satellite en fin de vie ne disparaît pas proprement. En rentrant dans l’atmosphère, il brûle dans les couches supérieures, notamment dans la mésosphère, entre 40 et 100 kilomètres d’altitude. Cette combustion libère des gaz et des particules métalliques : aluminium, cuivre, plomb, lithium. Ces éléments descendent ensuite progressivement vers la stratosphère, où se trouve la couche d’ozone. Un livre blanc signé par une cinquantaine de chercheurs européens et américains, sous l’égide du Comité européen des sciences spatiales, alerte sur ce phénomène. Selon ses auteurs, le secteur spatial se développe beaucoup plus vite que notre capacité à mesurer ses effets. En 2023, la campagne aéroportée SABRE a déjà montré qu’environ 10 % des particules d’aérosols stratosphériques prélevées à 19 kilomètres d’altitude contenaient des métaux issus de la désintégration de satellites.
Le risque n’est pas seulement chimique ou théorique. Certaines particules peuvent favoriser des réactions qui détruisent l’ozone. D’autres peuvent participer à la formation de nuages stratosphériques polaires, eux aussi impliqués dans l’affaiblissement de cette protection naturelle contre les ultraviolets. Il existe même un paradoxe réglementaire. Pour limiter les collisions en orbite, les règles imposent désormais aux satellites de redescendre plus vite, en moins de cinq ans. Et la stratégie dite « Design for Demise » encourage à concevoir des engins qui brûlent entièrement à la rentrée. Bonne intention, mais effet pervers : plus de combustion signifie aussi plus d’émissions dans l’atmosphère.
Face à ces incertitudes, le groupe AIRL, lancé par l’Agence spatiale européenne et le Comité européen des sciences spatiales, propose un programme de recherche baptisé SPHERE. Avions, ballons stratosphériques et fusées-sondes doivent mesurer directement ces pollutions en altitude. Budget estimé : entre 6,4 et 8,7 millions d’euros. Les chercheurs appellent aussi à revoir le droit spatial, encore centré sur les impacts locaux des lancements. Et ils rappellent qu’une autre voie existe : récupérer les satellites grâce à des rentrées contrôlées, plutôt que brûler dans l’atmosphère des matériaux aussi précieux que l’aluminium ou le lithium.
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Sun, 28 Jun 2026 - 2min - 1729 - Désaliniser l’eau de mer sans énergie ?
Et si l’on pouvait produire de l’eau potable avec le soleil, sans rejeter de saumure polluante, tout en récupérant au passage des minéraux précieux comme le lithium ? C’est la piste ouverte par des chercheurs de l’Université de Rochester, aux États-Unis, au sein de son Institute of Optics. Leur technologie, développée sous la direction de Chunlei Guo, repose sur des panneaux solaires d’un genre particulier : des surfaces métalliques noires, finement modifiées au laser.
Le principe est à la fois simple et ingénieux. Les chercheurs utilisent un laser femtoseconde, c’est-à-dire un laser capable d’agir sur des temps extrêmement courts, pour texturer le métal à très petite échelle. Cette surface devient alors capable d’absorber presque toute l’énergie solaire. Une fine couche d’eau s’y dépose, chauffe, s’évapore, puis se distille. Autrement dit, l’eau salée se transforme en vapeur, puis en eau douce, laissant derrière elle les sels et minéraux. L’intérêt majeur de cette méthode concerne l’absence de saumure rejetée. Dans les procédés classiques de désalinisation, cette eau très concentrée en sel est souvent renvoyée dans le milieu marin. Elle peut augmenter localement la salinité, réduire l’oxygène disponible et fragiliser la biodiversité. Ici, les résidus ne sont pas rejetés : ils sont récupérés.
La technologie va même plus loin. La partie active du panneau favorise l’évaporation, tandis qu’une zone passive, non traitée, collecte les sels et minéraux. Les chercheurs exploitent pour cela un phénomène connu sous le nom d’« auréole de café » : lorsqu’une goutte sèche, les particules se concentrent sur les bords. Le même mécanisme permet ici d’acheminer les sels vers une zone où ils peuvent être extraits sans obstruer le système. Des nanoparticules d’hydrure de titane intégrées à la surface facilitent notamment la récupération du lithium, un métal stratégique pour les batteries. Les essais menés avec des eaux du Pacifique, de l’Atlantique, de l’océan Indien et du Grand Lac Salé montrent des résultats prometteurs. Environ 50 % du lithium présent dans les sels résiduels du Grand Lac Salé a pu être extrait.
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Thu, 25 Jun 2026 - 2min - 1728 - Produire de l’électricité en mélangeant eau douce et de mer ?
À Fukuoka, dans le sud du Japon, une centrale électrique mise sur une énergie encore méconnue : l’énergie osmotique. Inaugurée l’été dernier, cette installation exploite une idée simple en apparence, mais techniquement complexe : produire de l’électricité grâce à la rencontre entre l’eau douce et l’eau salée.
On appelle parfois cette ressource « énergie bleue ». Elle repose sur le gradient de salinité, c’est-à-dire la différence de concentration en sel entre deux eaux. Lorsqu’une eau douce et une eau très salée sont séparées par une membrane spéciale, l’eau douce tend naturellement à passer vers le côté le plus salé. Ce mouvement crée une pression, qui peut ensuite être utilisée pour faire tourner une turbine et produire de l’électricité.
La centrale de Fukuoka utilise précisément cette méthode, appelée osmose par pression retardée, ou PRO. Elle a été installée dans l’enceinte du centre de dessalement Uminonakamichi Nata. L’intérêt de ce site est particulier : il permet d’utiliser de la saumure, c’est-à-dire une eau très concentrée en sel, issue du dessalement, ainsi que des eaux usées traitées. Cette combinaison renforce l’écart de salinité, améliore le rendement et limite l’impact environnemental. L’installation est présentée comme la première de ce type en Asie et la deuxième au monde à fonctionner en continu. Sa production attendue atteint 880 000 kilowattheures par an, soit de quoi alimenter environ 220 à 300 foyers japonais. C’est l’équivalent de deux terrains de football couverts de panneaux solaires très performants.
Mais cette technologie reste chère. Son coût est estimé à environ 2,20 euros par kilowattheure, un niveau encore trop élevé pour concurrencer les grandes filières énergétiques actuelles. Le principal défi concerne les membranes osmotiques, dont l’efficacité doit encore progresser. L’intérêt mondial demeure pourtant réel. Des projets existent ou ont existé au Danemark, en Corée du Sud, en Espagne, au Qatar ou en Australie. Dans les scénarios les plus optimistes, l’énergie osmotique pourrait couvrir jusqu’à 15 % de la demande énergétique mondiale. Pour les spécialistes, Fukuoka représente donc une étape modeste, mais importante : la preuve qu’une énergie propre, continue et renouvelable peut aussi naître du simple contraste entre sel et eau douce.
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Wed, 24 Jun 2026 - 2min - 1727 - Bilan inquiétant, un an après le sommet de Nice ?
Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, le bilan reste contrasté. Sur le plan diplomatique, les avancées sont réelles. Sur le plan scientifique, en revanche, l’état des océans continue de se dégrader.
Le 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, les chercheurs ont rappelé l’ampleur des pressions exercées sur les mers : réchauffement climatique, pollution, pêche illicite, recul de la biodiversité. En juin 2025, Nice avait accueilli 175 pays pour tenter de renforcer la protection de cet espace vital. L’un des principaux résultats avait été l’accélération des ratifications de l’accord BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer, c’est-à-dire dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.
Depuis, plus de 90 pays ont ratifié le texte. Son entrée en vigueur en janvier 2026 a marqué une étape importante pour la gouvernance internationale des océans. Les responsables espèrent désormais dépasser 110, voire 120 États membres avant la première COP Océan, prévue à New York en janvier 2027. La France a, elle aussi, annoncé de nouvelles mesures. Trois grandes aires marines, en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne et dans les Terres australes et antarctiques françaises, bénéficient d’une protection renforcée. Le gouvernement affirme que plus de 14,6 % des eaux françaises sont désormais placées sous protection forte. Un plan contre les déchets plastiques en mer a également été présenté.
Mais les données scientifiques tempèrent fortement cet optimisme. Le baromètre Starfish 2026, élaboré par 29 chercheurs de 14 pays, montre que 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique sévère, provoquant leur blanchissement. Le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé sur la période 2012-2025. Et 1 685 espèces marines sont aujourd’hui menacées de disparition, soit huit de plus que lors du précédent décompte. Les aires marines protégées couvrent désormais plus de 10 % de l’océan mondial, une première. Mais seules 3,2 % bénéficient d’une protection élevée ou intégrale. L’objectif de 30 % d’ici 2030 reste donc lointain. Le paradoxe est là : la mobilisation politique progresse, mais les indicateurs écologiques continuent de virer au rouge.
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Tue, 23 Jun 2026 - 2min - 1726 - UE : 50 milliards d’économie grâce au renouvelable ?
L’Europe découvre que la transition énergétique ne relève plus seulement de l’urgence climatique. Elle devient aussi une affaire d’économie et de souveraineté. En 2025, l’essor des énergies renouvelables a permis à l’Union européenne d’économiser 51,4 milliards d’euros sur ses importations de combustibles fossiles. Un chiffre majeur, issu des données de l’Agence internationale de l’énergie et du centre d’analyse Ember.
Dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et la volatilité des prix de l’énergie, ces économies montrent que les infrastructures vertes jouent désormais un rôle de protection. Moins l’Europe dépend du gaz, du pétrole ou du charbon importés, moins elle subit les chocs géopolitiques extérieurs. Les chiffres publiés par Strategic Perspectives confirment cette tendance. En 2025, les importations énergétiques de l’Union ont reculé de 11,1 % en valeur et de 0,6 % en volume par rapport à 2024. Elles s’établissent à 336,7 milliards d’euros, pour 723,3 millions de tonnes. Dans le même temps, l’Europe a investi environ 90 milliards d’euros dans les renouvelables.
Le solaire s’impose comme le moteur principal de cette transformation. La production photovoltaïque européenne a dépassé 340 térawattheures, soit 12,5 % du mix énergétique régional. Un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures : c’est donc une quantité d’électricité considérable. Sur un an, le solaire a progressé de plus de 60 térawattheures, l’équivalent de la consommation annuelle du Portugal. L’éolien accompagne cette dynamique. En avril 2026, l’éolien et le solaire ont même dépassé le gaz naturel sur un mois complet à l’échelle mondiale, avec 22 % de l’électricité produite contre 20 % pour le gaz. Ember rappelle toutefois que ce résultat bénéficie de conditions saisonnières favorables : davantage de vent, plus de soleil, et une demande modérée entre chauffage et climatisation.
La limite est donc connue : pour installer durablement les renouvelables au cœur du système, il faut renforcer le stockage et les réseaux intelligents. Mais la direction est claire. En réduisant sa facture fossile, l’Europe libère des capitaux, protège ses citoyens des prix instables et rapproche son économie de l’objectif de neutralité carbone en 2050.
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Mon, 22 Jun 2026 - 2min - 1725 - La France va reproduire l’énergie du Soleil en laboratoire ?
À Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, se construit l’un des projets scientifiques les plus ambitieux de notre époque : ITER, pour *International Thermonuclear Experimental Reactor*. Son objectif est simple à formuler, mais immense à réaliser : reproduire sur Terre la fusion nucléaire, le mécanisme qui alimente le Soleil. Le chantier s’étend sur 180 hectares, soit environ 250 terrains de football, tout près du centre du CEA de Cadarache. Cette proximité facilite les échanges avec les équipes françaises spécialisées dans l’énergie atomique. ITER repose sur une technologie appelée tokamak. Il s’agit d’une machine en forme d’anneau, comparable à un donut, conçue pour enfermer un plasma grâce à de très puissants champs magnétiques.
Le plasma, c’est une matière portée à des températures extrêmes, où les atomes sont dissociés en noyaux et électrons. Dans ITER, il doit dépasser 150 millions de degrés Celsius. À l’inverse, les aimants supraconducteurs qui le confinent doivent être refroidis à moins 269 degrés. Faire cohabiter ces deux mondes, presque le zéro absolu d’un côté et une chaleur plus intense qu’au cœur du Soleil de l’autre, représente un défi colossal pour les matériaux et l’ingénierie. L’intérêt de la fusion est considérable. La réaction entre deutérium et tritium pourrait libérer beaucoup plus d’énergie que les combustibles classiques. Un gramme de ce mélange fournirait autant d’énergie que 11 tonnes de charbon. Un litre d’eau, contenant environ 30 milligrammes de deutérium, pourrait représenter l’équivalent énergétique de 340 litres de pétrole s’il était entièrement exploité.
Mais ITER ne produit pas encore d’électricité. C’est un réacteur expérimental, destiné à prouver qu’il est possible d’obtenir dix fois plus d’énergie que celle injectée pour déclencher la réaction. Le projet rassemble l’Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Cette coopération internationale implique plus d’un million de composants venus de différents pays, avec une coordination extrêmement complexe. Résultat : les premiers essais de fusion, envisagés au départ pour 2014, sont désormais repoussés à 2034. Le budget, estimé à 6,3 milliards de dollars en 2006, se situe aujourd’hui entre 20 et 40 milliards d’euros.
ITER prépare surtout l’étape suivante : DEMO, un futur réacteur capable de produire de l’électricité après 2050, dans le meilleur des cas.
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Sun, 21 Jun 2026 - 2min - 1724 - Le Portugal déplace 2 millions de tonnes de sable pour sauver ses plages ?
Dans le sud du Portugal, les plages de l’Algarve ne sont pas seulement des paysages de carte postale. Elles constituent aussi l’un des piliers de l’économie régionale. Mais, sous l’effet des vagues, des courants et d’un changement climatique qui accentue la montée des eaux et les tempêtes, le littoral recule progressivement.
Pour protéger ces rivages, le gouvernement portugais a lancé une opération d’envergure : déplacer environ 2,2 millions de tonnes de sable afin d’élargir certaines plages de près de 37 mètres. Le chantier représente un investissement de 14,8 millions d’euros et concerne 6,7 kilomètres de côte, entre Quarteira et Garrão, dans la municipalité de Loulé. Les secteurs de Trafal, Vale do Lobo, Forte Novo, Quarteira et Garrão sont directement concernés. La méthode employée porte un nom : le rechargement artificiel des plages, ou *beach nourishment*. Le principe consiste à prélever du sable sur des fonds marins voisins, puis à le transporter jusqu’au rivage. Ici, environ 1,4 million de mètres cubes de sédiments sont acheminés par bateau avant d’être répartis sur les plages grâce à de longues canalisations.
L’Agence portugaise de l’environnement coordonne les travaux. Ceux-ci sont réalisés par étapes afin de limiter les perturbations, notamment pendant la saison touristique. Une étude environnementale encadre également la répartition du sable, pour éviter d’étouffer certains milieux marins ou d’endommager le patrimoine archéologique présent sous l’eau. L’objectif n’est pas uniquement de préserver les serviettes des vacanciers. L’intervention doit aussi ralentir l’érosion des falaises et protéger la Ria Formosa, un système fragile de lagunes et d’îles-barrières situé sur la côte de l’Algarve.
Cette technique ne constitue toutefois pas une solution définitive. Le sable ajouté finit lui aussi par être déplacé par les courants et les tempêtes. Il s’agit donc d’une protection temporaire, qu’il faut régulièrement renouveler. Le Portugal avait déjà conduit des opérations comparables en 1998, 1999, 2006 et 2010. Le chantier illustre ainsi un défi croissant pour les régions côtières : maintenir artificiellement des plages dont l’érosion naturelle s’accélère, tout en protégeant à la fois le tourisme, les habitants et les écosystèmes.
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Thu, 18 Jun 2026 - 2min - 1723 - Amazon a consommé 10 milliards de litres d’eau en 2025 ?
L’intelligence artificielle ne consomme pas seulement de l’électricité. Elle a aussi besoin d’eau. Les centres de données qui font fonctionner les modèles génératifs dégagent une chaleur considérable, et cette chaleur doit être évacuée pour éviter la surchauffe des serveurs. En 2025, Amazon a donc publié, pour la première fois, des chiffres détaillés sur l’eau utilisée par ses installations.
Le groupe affirme que ses data centers ont consommé environ 9,5 milliards de litres sur l’année. Le volume paraît immense, mais Amazon préfère le rapporter à la quantité d’électricité consommée. Son indicateur atteint 0,12 litre d’eau par kilowattheure, contre une moyenne sectorielle estimée à 0,84 litre. Autrement dit, l’entreprise revendique une efficacité environ sept fois supérieure à celle de ses concurrents. Le ratio s’est également amélioré par rapport à 2024, où il atteignait encore 0,15 litre par kilowattheure.
Pour limiter ses besoins, Amazon mise principalement sur le refroidissement par air. Celui-ci fonctionne près de 90 % du temps. Le refroidissement évaporatif, qui utilise de l’eau pour faire baisser la température, n’est activé qu’au-delà de 29 degrés. Le groupe a également augmenté la tolérance thermique de ses serveurs, afin qu’ils puissent fonctionner dans un environnement légèrement plus chaud. Grâce à ces mesures, la consommation totale d’eau a reculé de 2 % en un an. Ces chiffres ne racontent toutefois pas toute l’histoire. Ils n’intègrent pas les centres de données loués auprès d’opérateurs tiers, qui représentaient environ un cinquième de la puissance d’Amazon en 2024. Ils excluent aussi l’eau utilisée pour produire l’électricité et celle mobilisée pendant la construction des sites.
La pression environnementale monte donc autour de l’ensemble du secteur, qu’il s’agisse d’Amazon, de Microsoft, de Google ou de Meta. À Seattle, un moratoire d’un an sur l’expansion des data centers a même été voté peu après cette publication, avec le soutien d’une partie des salariés d’Amazon. Les progrès d’efficacité sont réels, mais ils ne suffisent pas à éteindre le débat. Car si chaque kilowattheure demande moins d’eau, la demande mondiale en calcul, elle, continue d’exploser.
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Wed, 17 Jun 2026 - 2min - 1722 - Un nouveau matériaux pourrait bouleverser la tech écolo ?
Dans la recherche sur les matériaux, le résultat final n'est parfois que la partie visible de l'expérience. Une équipe de scientifiques vient justement de découvrir plusieurs structures restées jusque là cachées au cours d'une réaction chimique. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Communications et pour observer ces transformations, les chercheurs ont combiné plusieurs techniques de pointe.
La résonance magnétique nucléaire à l'état solide permet notamment d'étudier l'environnement des atomes dans un matériau. La diffraction des rayons X révèle, elles,
leur organisation dans l'espace. En croisant ces résultats avec une analyse détaillée de la structure atomique, l'équipe a pu identifier des phases intermédiaires que les méthodes habituelles n'avaient jamais détectées. Les scientifiques se sont intéressés à des molécules appelées précurseurs à la source unique. Ces composés renferment dès le départ tous les éléments chimiques nécessaires à la fabrication d'un matériau. Lorsqu'on les chauffe, leurs atomes se réorganisent progressivement jusqu'à former le produit recherché.
Habituellement, les chercheurs analysent surtout le matériau obtenu à la fin. Cette fois, ils ont suivi la réaction étape par étape, une approche qui leur a permis de repérer plusieurs structures stables apparaissant temporairement entre le composé initial et le produit final. Parmi elles figure une quatrième forme d'un matériau déjà étudié pour sa capacité à absorber la lumière solaire, le vanadate de bismuth ou Bivo4 pour l'acronyme. Ce composé est notamment utilisé pour faciliter la production d'hydrogène à partir de l'eau grâce à l'énergie lumineuse. La nouvelle phase du Bivo4 possède une organisation atomique particulière et interagit différemment avec la lumière. Elle pourrait donc améliorer les matériaux employés pour produire des carburants solaires. En tout cas, tout ce que je viens de vous dire, c'est ce qu'ont détaillé les chercheurs.
Une autre phase intermédiaire découverte présente de son côté une forte capacité de stockage du lithium. Elle ouvre ainsi des pistes pour concevoir de meilleures
batteries destinées aux véhicules électriques ou au stockage de l'électricité renouvelable. L'étude montre surtout que la température, la vitesse de chauffage et le déroulement de la réaction peuvent devenir de véritables outils de conception. Il ne s'agit plus simplement de fabriquer un produit final mais d'explorer tout le parcours chimique pour découvrir des matériaux cachés potentiellement utiles à la transition énergétique.
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Tue, 16 Jun 2026 - 2min - 1721 - Un trace brune dans l'atlantique inquiète les scientifiques ?
Un immense ruban d'algues brunes traversent désormais l'Atlantique. En mai dernier, les satellites ont recensé 37,5 millions de tonnes de sargasses pélagiques,
réparties entre les côtes de l'Afrique de l'Ouest et le golfe du Mexique. Cette formation porte un nom, la Grande Ceinture de Sargasses de l'Atlantique.
Il y a 15 ans, elle n'existait pas sous cette forme. Autrefois, ces algues flottaient surtout dans la mer des Sargasses, une région chaude de l'Atlantique relativement pauvre en nutriments. Mais depuis leur première prolifération massive en 2021, leur air de répartition ne cesse de s'étendre. En 2025, cette ceinture a atteint 8 850 km de long, soit plus de deux fois la largeur des États-Unis continentaux. Une étude publiée dans la revue Harmful Algae retrace 40 années d'observation satellitaire,
d'analyse chimique et de relevé de terrain. Elle montre que les Sargasses profitent d'un apport croissant en azote et en phosphore, de nutriments qui stimulent fortement leur développement. Dans des eaux suffisamment riches, leur biomasse peut doubler en seulement 11 jours. Ces apports ne proviennent plus uniquement des mécanismes naturels de l'océan. Ils viennent aussi des terres, engrais agricoles entraînées par la pluie, eaux usées ou dépôts atmosphériques.
Le fleuve Amazon joue notamment un rôle majeur. Lors des fortes crues, ils déversent dans l'Atlantique d'importantes quantités de nutriments,
ensuite transportés par les courants marins. Les Sargasses ne sont pourtant pas inutiles, elles servent d'habitats à plus d'une centaine d'espèces,
parmi lesquelles des poissons, des invertébrés et des tortues marines. Le problème commence lorsqu'elles deviennent trop abondantes et s'échouent sur les côtes.
En se décomposant, elles libèrent du sulfure d'hydrogène, un gaz toxique à l'odeur d'œufs pourris. Elles étouffent les plages, fragilisent les récifs coralliens,
créent des zones pauvres en oxygène et imposent des coûts de nettoyage considérables. Elles émettent également du méthane, un puissant gaz à effet de serre.
Et pour les chercheurs, cette prolifération impose une surveillance internationale, de meilleurs systèmes de prévision et surtout une réduction des rejets de nutriments.
L'eutrophisation, longtemps considérée comme un problème côtier, transforme désormais l'océan à l'échelle d'un continent.
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Mon, 15 Jun 2026 - 2min - 1720 - Trump démantèle un réseau océanographique crucial ?
Un nouveau programme scientifique majeur est menacé aux États-Unis. Après les coupes budgétaires dans la recherche publique et l’annulation de milliers de subventions fédérales, notamment dans les domaines du climat et de la santé, l’administration Trump s’attaque désormais à l’Ocean Observatories Initiative, ou OOI.
Ce réseau, déployé par la National Science Foundation dans l’Atlantique et le Pacifique, rassemble plus de 900 instruments scientifiques. Bouées, capteurs et équipements sous-marins mesurent en temps réel la température, la salinité, l’acidité, les courants ou encore l’activité biologique et géologique des océans. Ces données servent à comprendre le rôle des mers dans le dérèglement climatique, l’évolution des écosystèmes marins et des phénomènes comme les tempêtes ou les remontées d’eaux profondes, appelées « upwellings ». Elles permettent aussi de suivre l’acidification des océans, provoquée par l’absorption d’une partie du dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère.
Opérationnel depuis 2016, l’OOI a déjà contribué à plus de 500 publications scientifiques. Pourtant, la National Science Foundation a annoncé le retrait progressif d’une grande partie des instruments installés en mer. Le réseau avait coûté 368 millions de dollars et devait fonctionner pendant vingt-cinq à trente ans. Les équipements concernés se trouvent notamment au large de la Caroline du Nord, de l’Oregon, de l’État de Washington et de l’Alaska, mais aussi dans la mer d’Irminger, entre le Groenland et l’Islande. Des régions particulièrement précieuses pour l’étude de la circulation océanique et du climat.
Pour les chercheurs, cette décision menace surtout la continuité des observations. En sciences du climat, disposer de mesures régulières pendant plusieurs décennies est essentiel pour distinguer une variation ponctuelle d’une tendance durable. Hilary Palevsky, professeure au Boston College, rappelle que les instruments et les méthodes s’amélioraient constamment. La communauté scientifique commençait seulement à exploiter pleinement la richesse des données accumulées. Autre inquiétude : le démantèlement touche aussi les équipes techniques. Or, retirer les instruments ne fait pas seulement disparaître des mesures. Cela disperse également les spécialistes capables de les entretenir et, éventuellement, de les remettre un jour en service. Le retrait devait commencer rapidement et se poursuivre jusqu’en 2027. Un programme pensé pour observer l’océan sur plusieurs générations risque ainsi de s’interrompre après seulement une décennie.
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Sun, 14 Jun 2026 - 2min - 1719 - Google joue aux fournisseurs d’énergie ?
Avec l’essor de l’intelligence artificielle, les data centers ne consomment plus seulement beaucoup d’électricité : ils commencent à bousculer l’équilibre même des réseaux. En France, l’ARCEP a mesuré une hausse de 38 % de leur consommation en trois ans, pour atteindre 2,7 térawattheures en 2024. Sur la seule dernière année, la progression atteint 12 %. Et cette demande est très concentrée : l’Île-de-France regroupe 56 % des centres étudiés et plus de 70 % de la consommation électrique du secteur.
Dans ce contexte, Google a conclu aux États-Unis un accord remarqué avec Voltus, une société spécialisée dans l’agrégation de ressources énergétiques distribuées. Le principe est simple : plutôt que produire plus, on demande à des milliers de petits consommateurs de consommer autrement. Voltus regroupe des thermostats intelligents et des véhicules électriques, puis rémunère leurs propriétaires pour réduire ou décaler leur consommation lorsque le réseau est sous tension. Google finance le dispositif, et l’électricité ainsi libérée doit contribuer à alimenter ses data centers dans la zone couverte par PJM, le plus grand réseau électrique américain. Objectif annoncé : environ 100 mégawatts de capacité en 2027.
Ce mécanisme porte un nom : centrale virtuelle. Il ne s’agit pas d’une centrale physique, mais d’un ensemble d’équipements dispersés (chauffages, batteries, véhicules) pilotés comme une seule ressource flexible. Reste un obstacle : l’adhésion des particuliers. Une étude californienne montre que seuls 1 % des propriétaires de véhicules électriques s’inscrivent spontanément à ce type de programme, et 4,6 % avec une rémunération de 40 dollars par mois.
En France, cette logique existe déjà depuis 2006 avec Voltalis. L’entreprise installe gratuitement des thermostats et peut réduire temporairement certains chauffages électriques lors des pics de tension. Plus de 200 000 logements sont équipés, et Voltalis vise 2 gigawatts de flexibilité d’ici fin 2026. La vraie question, désormais, concerne les data centers eux-mêmes. Peuvent-ils décaler certaines tâches, comme les sauvegardes ou l’entraînement de modèles, vers les heures creuses ? Avec l’IA, l’échelle change : demain, un seul rack pourrait consommer jusqu’à un mégawatt. La flexibilité devient donc indispensable, mais elle ne peut pas reposer uniquement sur les foyers.
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Thu, 11 Jun 2026 - 2min - 1718 - Qu’est-ce que le projet E-Car de Stellantis ?
Stellantis tente de reprendre la main sur un segment qu’il avait presque abandonné : celui des petites voitures électriques abordables. Pendant que Citroën, Opel et Peugeot levaient le pied sur l’entrée de gamme, Renault a relancé l’offensive avec sa nouvelle Twingo E-Tech sous les 20 000 euros. Volkswagen prépare aussi son retour, avec l’ID.Polo annoncée sous les 25 000 euros, puis l’ID.EVERY1 sous les 20 000 euros en 2027.
Face à cette pression, Stellantis officialise son projet E-Car. Le « E » signifie à la fois européen, émotionnel, électrique et écologique. Le modèle doit être produit à Pomigliano d’Arco, près de Naples, dans l’usine où la Fiat Pandina quittera les chaînes en 2028. Chez Citroën, cette future voiture doit combler l’espace entre la très petite Ami et la C3 électrique. Aucun prix officiel n’a été annoncé, mais certaines rumeurs évoquent environ 15 000 euros avant aides, voire un peu moins. Pour comparaison, la C3 électrique démarre aujourd’hui à 19 990 euros, avec 200 kilomètres d’autonomie.
Ce projet s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire très favorable. En décembre 2025, la Commission européenne a créé une catégorie M1e, réservée aux voitures électriques de moins de 4,2 mètres fabriquées dans l’Union européenne. Chaque modèle vendu compte pour 1,3 véhicule dans le calcul des émissions de CO2 du constructeur. Autrement dit, vendre une petite électrique européenne permet de compenser une partie des émissions des modèles thermiques. Pour les industriels, l’enjeu est considérable : sans ce mécanisme, les constructeurs européens risquaient jusqu’à 15 milliards d’euros d’amendes sur plusieurs années.
Le choix de Pomigliano n’est donc pas seulement industriel. Il est aussi stratégique, puisque seuls les sites situés dans l’Union donnent droit à cet avantage. L’usine italienne en avait besoin. En 2025, sa production a chuté de 21,9 %, avec 131 180 véhicules assemblés et un recours massif aux aides sociales. Avec l’E-Car, Stellantis redonne donc une perspective à un site fragilisé. La future plateforme STLA Small doit accueillir ces modèles compacts, mais le groupe reste discret sur les technologies employées.
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Wed, 10 Jun 2026 - 2min - 1717 - Face à l’IA, l’Europe s’en prend aux particuliers ?
L’Europe accélère sur les data centers, mais elle découvre aussi le prix énergétique de cette ambition. Selon les projections disponibles, la capacité des centres de données européens doit passer de 12 gigawatts en 2025 à 28 gigawatts d’ici 2030. Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé de nouvelles normes minimales de performance pour les installations, qu’elles soient nouvelles ou déjà existantes. L’objectif affiché est simple : encadrer un secteur devenu stratégique pour l’intelligence artificielle, le cloud et la souveraineté numérique. Mais un point sensible reste en suspens. Un label de durabilité, censé prendre en compte la consommation d’eau et l’approvisionnement en énergie propre, était attendu. Il n’a finalement pas été publié. En cause : un débat encore ouvert sur le traitement des data centers alimentés par de l’électricité nucléaire.
Cette initiative s’inscrit dans un paquet plus large sur la souveraineté technologique européenne, qui comprend aussi un règlement sur le cloud et l’IA, ainsi qu’une révision du Chips Act, le texte destiné à renforcer la production de semi-conducteurs en Europe. Le cas irlandais montre l’urgence du sujet. En 2024, les data centers y ont consommé 22 % de toute l’électricité nationale, plus que l’ensemble des foyers urbains du pays. En août 2024, un troisième data center de Google a même été refusé dans le sud de Dublin, faute de capacité suffisante sur le réseau et d’énergie renouvelable disponible sur place.
La pression ne concerne pas seulement l’Irlande. Des études citées par la Commission indiquent que la concentration rapide des data centers peut faire grimper les coûts de l’électricité de 20 à 40 % dans certaines zones européennes, notamment à Paris. En France, leur consommation électrique a déjà augmenté de 38 % en trois ans, avec une forte concentration en région parisienne. Le problème est clair : les normes annoncées améliorent l’efficacité des installations, mais elles ne disent pas encore qui paie la facture. Aucun mécanisme ne répartit aujourd’hui clairement le coût entre opérateurs numériques et consommateurs résidentiels. Alors que les projets d’usines IA géantes se multiplient, une question devient centrale : l’Europe peut-elle bâtir sa souveraineté numérique sans faire porter aux ménages le poids énergétique de cette course ?
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Tue, 09 Jun 2026 - 2min - 1716 - Face à BYD, Ford lance la contre-attaque électrique ?
Après plusieurs années d’hésitations, de restructurations et de recul commercial, Ford a voulu montrer qu’il n’avait pas renoncé à l’Europe. Le constructeur américain a reconfirmé l’arrivée de cinq nouveaux modèles électrifiés sur le Vieux Continent d’ici la fin de la décennie. L’objectif était clair : reprendre pied sur un marché où la marque avait perdu du terrain, face aux constructeurs européens, mais aussi face à la montée très rapide des marques chinoises.
Cette annonce est intervenue dans un contexte un peu plus favorable pour Ford, notamment en France. Louis-Carl Vignon, président de Ford France, a indiqué que les modèles électriques représentaient 55 % des commandes enregistrées dans l’Hexagone au mois d’avril. Le constructeur bénéficiait notamment du lancement de modèles importants comme l’Explorer électrique et le Capri EV, tous deux développés sur la plateforme MEB de Volkswagen. Cette plateforme est une base technique conçue pour les véhicules électriques, qui permet de partager batteries, moteurs et architecture électronique entre plusieurs modèles.
Dans le détail, Ford a présenté une feuille de route centrée sur les particuliers. Elle comprenait une petite citadine électrique, dans l’esprit de la Fiesta, un SUV compact zéro émission, ainsi que plusieurs SUV proposés en versions électriques ou hybrides. La marque a aussi confirmé l’arrivée en Europe d’un nouveau SUV compact inspiré de la famille Bronco, produit à partir de 2028 dans son usine de Valence, en Espagne. Le positionnement était assumé : un véhicule au style robuste, plus aventurier, mais adapté au marché européen. Ce plan répondait aussi à une inquiétude plus large. Jim Farley, le patron de Ford, avait multiplié les alertes sur la progression des constructeurs chinois, qu’il décrivait comme une menace majeure pour l’industrie occidentale. BYD, notamment, s’était imposé comme l’un des concurrents les plus redoutés, avec des modèles abordables et très avancés technologiquement.
Ford n’a donc pas cherché à basculer brutalement vers le tout électrique. Le groupe a plutôt défendu une transition progressive, mêlant électrique et hybride, plus proche des usages réels des automobilistes. Pour réduire ses coûts, il s’est aussi appuyé sur des partenariats industriels, notamment avec Volkswagen, et potentiellement Renault pour certains futurs modèles produits en France.
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Mon, 08 Jun 2026 - 2min - 1715 - En 2027, les batteries amovibles deviennent obligatoires ?
L’Europe a adopté deux textes distincts sur la réparabilité des batteries, et il ne faut pas les confondre. Le premier, le règlement européen 2023/1670, concerne les smartphones et les tablettes. Le second, le règlement 2023/1542, s’appliquera à partir du 18 février 2027 à la plupart des autres appareils portables fonctionnant sur batterie : casques audio, liseuses, consoles portables ou encore ordinateurs portables.
Le principe général du texte de 2027 est clair : l’utilisateur doit pouvoir retirer et remplacer lui-même la batterie avec des outils courants. Un simple tournevis doit suffire. Si un outil particulier est indispensable, le fabricant devra le fournir gratuitement avec l’appareil. Les batteries de remplacement devront aussi rester disponibles pendant au moins cinq ans après la mise sur le marché. Certains fabricants ont déjà anticipé cette évolution. Sennheiser a lancé son casque Momentum 5 avec une batterie remplaçable à l’aide d’un tournevis Phillips. Fender avait suivi une logique similaire avec ses écouteurs Mix. Preuve que la contrainte technique n’est pas forcément insurmontable.
Mais plusieurs zones grises subsistent. Le cas des montres connectées, bracelets de fitness ou lunettes intelligentes reste discuté. Leurs batteries sont souvent très petites, donc plus délicates à manipuler. La coalition Right to Repair Europe conteste toutefois cet argument, en citant notamment la Pixel Watch 4, déjà dotée d’une batterie amovible. Pour les smartphones, le cadre est différent. Les fabricants doivent bien proposer certaines pièces détachées pendant sept ans, batterie comprise. Mais une exception existe. Si le téléphone conserve 83 % de sa capacité après 500 cycles de charge, 80 % après 1 000 cycles, et s’il est certifié IP67, le remplacement peut rester réservé aux professionnels. Ces trois critères doivent être réunis.
En pratique, beaucoup de smartphones actuels remplissent déjà ces conditions. Realme et Oppo revendiquent même 80 % de capacité après 1 600 cycles. Apple, de son côté, a introduit un adhésif à libération électrique sur ses derniers iPhone, facilitant le retrait de la batterie sans confirmer de lien avec la réglementation européenne. Fairphone défend depuis longtemps une autre approche : prouver que durabilité et réparabilité peuvent aller ensemble. À l’inverse, Meta a retardé le lancement européen de ses lunettes Ray-Ban Display, notamment à cause de ces nouvelles règles sur les batteries.
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Sun, 07 Jun 2026 - 2min - 1714 - Courte pause d'une semaine !
Bonjour à toutes et à tous. ! Ceci n'est pas un épisode ordinaire, mais juste un petit message pour vous dire qu'il n'y aura pas d'épisode en cette première semaine du mois de juin. Choses à Savoir Tech Verte prend quelques jours de repos pour revenir tout l'été avec pleins de sujets tech passionnants ! Merci encore pour votre fidélité et rendez-vous la semaine du 8 juin pour le retour des épisodes.
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Sun, 31 May 2026 - 0min - 1713 - Eliminer les marées noires grâce à des billes ?
Les marées noires font partie de ces catastrophes que l’on redoute autant qu’on espère ne jamais revoir. Elles surviennent lorsqu’un hydrocarbure, du pétrole brut le plus souvent, est rejeté en mer à la suite d’un accident, comme une collision de navires ou un incident sur une plateforme pétrolière. Une fois à la surface, le pétrole forme une nappe qui perturbe tout l’écosystème : poissons asphyxiés, oiseaux englués, littoraux durablement contaminés. Même si ces événements sont aujourd’hui moins fréquents, leurs conséquences restent majeures et exigent des solutions rapides et efficaces.
C’est précisément sur ce terrain que se positionne une équipe de chercheurs de l’Université d’Hiroshima. Dans une étude publiée en mars 2026 dans la revue scientifique Polymers for Advanced Technologies, ils présentent une innovation prometteuse : de petites billes capables de capturer le pétrole directement à la surface de l’eau. Ces billes sont composées de matériaux naturels. On y trouve notamment du chitosane, un polymère issu de la chitine, que l’on retrouve par exemple dans les carapaces de crustacés, et de l’acétate de cellulose, dérivé de fibres végétales. À cela s’ajoute la bentonite, une argile connue pour ses propriétés d’absorption. Résultat : un matériau à la fois léger, biodégradable et particulièrement efficace.
Le principe est simple, mais ingénieux. Ces billes flottent naturellement et agissent comme de minuscules éponges. Elles adsorbent, c’est-à-dire qu’elles captent à leur surface, les hydrocarbures présents dans l’eau, sans se mélanger à eux. Cette distinction est importante : contrairement à une simple absorption, l’adsorption permet de récupérer plus facilement le polluant une fois piégé.
Selon les chercheurs, ces billes présentent plusieurs avantages par rapport aux solutions existantes, souvent coûteuses ou difficiles à recycler. Elles affichent une capacité d’adsorption élevée, y compris dans des conditions proches de celles de l’eau de mer, avec un pH légèrement basique. Autre atout : leur récupération. Comme elles restent à la surface, il est plus simple de les collecter après utilisation, limitant ainsi les impacts secondaires sur l’environnement. Reste désormais à passer du laboratoire au terrain. Les scientifiques souhaitent tester leur efficacité en conditions réelles, face à différents types d’hydrocarbures. Si les résultats se confirment, cette technologie pourrait ouvrir la voie à une dépollution plus durable… et plus respectueuse des océans.
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Thu, 28 May 2026 - 2min - 1712 - Une technologie solaire qui fonctionne même dans le noir ?
L’intelligence artificielle générative ne fonctionne pas sans une puissance de calcul colossale… et donc sans une consommation d’énergie tout aussi massive. Aux États-Unis, celle des centres de données pourrait presque tripler d’ici 2030. À elle seule, Meta a consommé plus de 18 000 gigawattheures en 2024, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 1,7 million de foyers américains.
Pour répondre à cette demande, les géants de la tech multiplient les solutions. Jusqu’ici, Meta s’appuyait sur un mix énergétique varié : nucléaire, éolien, géothermie… Mais une nouvelle piste, plus futuriste, est désormais explorée : capter l’énergie solaire directement depuis l’espace. Le groupe a signé un accord avec Overview Energy, une startup américaine fondée en 2022. Son ambition : collecter l’énergie du soleil en orbite géosynchrone – une zone où les satellites restent positionnés au-dessus d’un même point de la Terre et bénéficient d’un ensoleillement constant.
Concrètement, des satellites captent cette énergie en continu, puis la transmettent vers la Terre sous forme de lumière proche infrarouge. Ce rayonnement, invisible à l’œil humain et moins intense que la lumière solaire directe, est conçu pour être sans danger. Une fois au sol, il est capté par des panneaux photovoltaïques classiques, qui le convertissent en électricité. L’intérêt est majeur : produire de l’énergie solaire… même la nuit. Les infrastructures existantes pourraient ainsi fonctionner en continu, sans nécessiter de nouveaux raccordements au réseau électrique.
Ce point est crucial, car aujourd’hui, de nombreux projets de data centers sont ralentis par des contraintes d’accès au réseau. Sur les 12 gigawatts attendus en 2026, seule une partie est réellement en construction. Overview Energy introduit même un nouveau concept, le « mégawatt-photon », pour mesurer la puissance lumineuse nécessaire à produire de l’électricité. Mais le projet reste encore à l’état expérimental. Le premier satellite de démonstration est prévu pour 2028, avec une exploitation commerciale envisagée à partir de 2030. En parallèle, Meta explore d’autres solutions, comme le stockage d’énergie longue durée avec Noon Energy, capable de fournir de l’électricité pendant plusieurs jours.
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Wed, 27 May 2026 - 2min - 1711 - La Chine stocke son hydrogène dans une grotte de sel ?
Dans la transition énergétique, l’hydrogène est souvent présenté comme une solution prometteuse, notamment pour les secteurs difficiles à électrifier, comme l’industrie lourde ou certains transports. Mais un obstacle majeur persiste : son stockage. L’hydrogène est une molécule extrêmement légère et très petite, capable de s’échapper facilement des matériaux classiques. Autrement dit, le contenir en grande quantité reste un défi technique.
En Chine, une entreprise pourrait avoir trouvé une piste crédible. Le groupe China Pingmei Shenma travaille actuellement sur un projet de stockage à très grande échelle, dans la ville de Pingdingshan, dans la province du Henan. L’idée : utiliser une caverne naturelle de sel pour y stocker de l’hydrogène. Ce choix n’est pas anodin. Le sel possède des propriétés particulièrement intéressantes pour ce type d’usage. Il est dense, peu perméable et capable de se déformer légèrement pour combler les fissures, ce qui limite les fuites. En clair, il agit comme une barrière naturelle efficace.
Le projet prévoit une capacité impressionnante : un million de mètres cubes. Une première étape, selon les ingénieurs, qui pourrait ouvrir la voie à des infrastructures encore plus vastes si les résultats sont concluants. Pour Yang Chunhe, de l’Académie chinoise d’ingénierie, ces cavernes de sel pourraient devenir une solution clé pour stocker et transporter l’hydrogène à grande échelle. Techniquement, le système repose aussi sur un processus de compression. L’hydrogène, généralement produit à partir d’énergies renouvelables, est injecté dans la cavité à haute pression, environ 15 mégapascals, soit 150 fois la pression atmosphérique. Deux compresseurs assurent un flux constant, permettant de stabiliser le gaz dans cet espace confiné.
Ce type de stockage souterrain n’est pas totalement nouveau, il est déjà utilisé pour le gaz naturel, mais son adaptation à l’hydrogène représente une avancée importante. Reste à vérifier la fiabilité du système dans le temps, notamment sur plusieurs mois d’exploitation. Si l’expérience s’avère concluante, elle pourrait changer la donne. Disposer de grandes réserves d’hydrogène stables et accessibles est une condition essentielle pour faire de ce gaz une véritable alternative énergétique. Et dans cette course, les cavernes de sel pourraient bien jouer un rôle stratégique.
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Tue, 26 May 2026 - 2min - 1710 - Faire de l’électricité avec des gaz polluants ? C’est possible !
Transformer la pollution en électricité : l’idée peut sembler ambitieuse, mais elle prend forme dans les laboratoires. En Corée du Sud, une équipe de l’Université Sungkyunkwan a mis au point un dispositif baptisé GCEG, pour « Gas Capture and Electricity Generator ». Une innovation présentée dans la revue Energy & Environmental Science, qui pourrait, à terme, alimenter de petits appareils électroniques tout en capturant des gaz polluants.
Aujourd’hui, la lutte contre le changement climatique repose en partie sur des technologies de captage du carbone, appelées CCUS – pour « capture, utilisation et stockage du CO₂ ». Ces systèmes permettent de récupérer des gaz à effet de serre dans l’air ou à la sortie des usines, puis de les stocker ou de les transformer. Mais ils ont un inconvénient majeur : ils consomment eux-mêmes beaucoup d’énergie.
Le dispositif GCEG propose une approche différente. Il ne se contente pas de capturer les gaz : il transforme directement leur présence en électricité. Autrement dit, il convertit une réaction physico-chimique, ici, l’adsorption, c’est-à-dire la fixation des molécules de gaz sur une surface, en courant électrique. Techniquement, le système repose sur une structure en deux couches. La première est constituée d’un hydrogel, un matériau capable d’absorber des substances tout en conservant sa structure. La seconde est faite de papier de mûrier, une fibre naturelle riche en cellulose, recouverte de noir de carbone, un matériau conducteur qui sert d’électrode.
Lorsque des gaz comme le dioxyde de carbone ou le dioxyde d’azote entrent en contact avec ce dispositif, ils provoquent un déplacement de charges électriques à l’intérieur du matériau. Ce mouvement d’ions génère alors un courant, sans aucune source d’énergie externe. En résumé, la pollution devient une forme de carburant. Le système est très sensible, capable de fonctionner même à faible concentration de gaz. Lors des tests, il a produit une tension de 0,8 volt avec un courant de 55 microampères. En combinant plusieurs modules, les chercheurs ont atteint près de 4 volts. Ces performances restent modestes, mais suffisantes pour envisager des usages concrets, notamment pour alimenter des capteurs ou des petits dispositifs électroniques. À plus long terme, l’enjeu sera d’améliorer le rendement pour passer à une échelle industrielle.
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Mon, 25 May 2026 - 2min - 1709 - 140 millions de dollars pour des data centers sur l’eau ?
Installer des serveurs en pleine mer pour faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle… l’idée semble sortie d’un roman de science-fiction. Pourtant, la startup américaine Panthalassa veut en faire une réalité. Basée à Portland, elle vient de lever 140 millions de dollars pour accélérer son projet, avec le soutien d’investisseurs comme Peter Thiel ou encore John Doerr.
Le concept est radical : déployer en mer des plateformes flottantes autonomes, capables de produire leur propre énergie et d’héberger des serveurs dédiés à l’IA. Ces structures, d’environ 85 mètres de long, exploitent l’énergie des vagues pour générer de l’électricité. Cette énergie alimente directement des puces informatiques à bord, tandis que les résultats sont transmis à terre via satellite.
L’intérêt est double. D’abord, contourner les limites des centres de données terrestres, qui nécessitent des infrastructures électriques massives. Ensuite, résoudre un problème crucial : le refroidissement. Les serveurs chauffent énormément, et leur refroidissement consomme jusqu’à 40 % de leur énergie. Ici, l’eau de mer joue ce rôle naturellement. Panthalassa affirme avoir testé plusieurs prototypes entre 2021 et 2024. Une nouvelle génération de plateformes doit être déployée dans le Pacifique dès 2026, avec une commercialisation envisagée en 2027.
Ce n’est pas la première tentative. Microsoft avait déjà expérimenté l’immersion de serveurs sous-marins avec son projet Natick, constatant un taux de panne bien plus faible que sur terre. D’autres initiatives émergent en Chine ou au Japon, avec des centres de données sous-marins ou installés sur des navires. Mais Panthalassa se distingue par son approche : des structures totalement autonomes, sans câble ni ancrage, capables de se déplacer vers les zones les plus favorables en énergie.
Reste que les défis sont nombreux. La corrosion due au sel, la fiabilité des connexions satellites en cas de mauvais temps, ou encore la maintenance sans intervention humaine pendant de longues périodes posent question. Dans un contexte où la demande en puissance informatique explose, notamment avec l’IA, ces solutions alternatives ne relèvent plus de l’expérimentation isolée. Elles pourraient bien devenir une pièce clé du futur numérique… à condition de prouver leur robustesse sur la durée.
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Sun, 24 May 2026 - 2min - 1708 - Un robot souple qui se décompose sans polluer le sol ?
Chaque année, chacun d’entre nous produit près de huit kilos de déchets électroniques. À l’échelle mondiale, cela représente 62 millions de tonnes en 2022. Un volume colossal… et surtout en constante augmentation. Le problème, c’est que cette masse croît cinq fois plus vite que les capacités de recyclage. Résultat : une grande partie de ces déchets finit enfouie ou incinérée, avec des conséquences environnementales bien réelles.
Recycler ces objets reste un défi technique. Nos appareils sont conçus comme des assemblages complexes : plastiques, métaux, composants électroniques… souvent imbriqués de manière indissociable. Et c’est encore plus vrai pour les robots dits “souples”, de plus en plus utilisés en agriculture ou en médecine. Ces machines combinent des matériaux avancés comme des polymères élastiques, des alliages métalliques et des semi-conducteurs, le tout difficile à séparer en fin de vie.
Mais une équipe de chercheurs sud-coréens, issue de l’Université nationale de Séoul et de l’Université Sogang, propose une piste radicalement différente : concevoir des robots… entièrement biodégradables. Leur étude, publiée dans la revue Nature Sustainability, présente un robot souple capable de se décomposer sans laisser de trace toxique. Pour y parvenir, les scientifiques ont utilisé un matériau structurel particulier, un polymère biodégradable appelé poly(sébacate de glycérol), ou PGS. Ce type de matériau, que l’on appelle un élastomère, possède des propriétés proches du caoutchouc tout en étant capable de se dégrader naturellement.
À cela s’ajoutent des composants électroniques eux aussi biodégradables, fabriqués à partir de matériaux comme le magnésium, le molybdène ou encore le silicium, choisis pour leur capacité à se dissoudre progressivement dans l’environnement sans danger. Malgré cette conception inédite, les performances sont au rendez-vous. Le robot peut embarquer des capteurs de température ou d’humidité, produire de la chaleur ou même administrer des médicaments. Et surtout, il reste fonctionnel après un million de cycles d’utilisation, preuve de sa robustesse. Une fois son rôle terminé, il peut être placé dans des conditions de compostage industriel et se décomposer en quelques mois seulement.
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Thu, 21 May 2026 - 2min - 1707 - Le Japon bouleverse la puissance des panneaux solaires ?
Pourquoi les panneaux solaires actuels ne captent-ils qu’une partie de l’énergie du soleil ? La réponse tient à une limite bien connue des physiciens : limite de Shockley-Queisser. Elle fixe le rendement maximal des cellules photovoltaïques classiques autour de 33 %. En d’autres termes, même dans des conditions idéales, deux tiers de l’énergie solaire sont perdus. Cette inefficacité vient du comportement des photons, ces particules de lumière. Les moins énergétiques, notamment dans l’infrarouge, ne parviennent pas à exciter les électrons. À l’inverse, les photons très énergétiques, comme ceux du spectre bleu, libèrent trop d’énergie, dont une partie est dissipée sous forme de chaleur. Résultat : une conversion limitée.
Une équipe de chercheurs de l’Université de Kyushu, au Japon, et de l’Université Johannes Gutenberg en Allemagne propose aujourd’hui une piste pour dépasser ce plafond théorique. Leur approche repose sur un phénomène quantique appelé fission de singulet. Le principe est subtil mais prometteur : un photon très énergétique peut être “divisé” en deux excitations plus petites, appelées excitons. Ces excitons sont des états d’énergie capables d’être convertis en courant électrique. Autrement dit, un seul photon peut générer deux unités exploitables au lieu d’une.
Jusqu’ici, ce mécanisme restait difficile à exploiter. Les excitons ont une durée de vie extrêmement courte et disparaissent avant d’être récupérés. Pour contourner cet obstacle, les chercheurs ont combiné une molécule organique, le tétracène, avec un complexe métallique à base de molybdène. Ce dernier agit comme un “piège” ultra-rapide, capable de capturer ces excitons avant leur disparition. Résultat : les scientifiques parviennent à produire en moyenne 1,3 état énergétique utile par photon absorbé. Une performance qui dépasse symboliquement les 100 %… sans violer les lois de la physique. Il ne s’agit pas de créer plus d’énergie que reçue, mais d’exploiter plus efficacement chaque photon. Cette avancée ouvre des perspectives majeures. Si elle est industrialisée, elle pourrait permettre de concevoir des panneaux solaires nettement plus performants, réduisant les pertes et améliorant la production d’énergie renouvelable.
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Wed, 20 May 2026 - 2min - 1706 - Transformer le CO2 en carburant, c’est possible ?!
Capter le CO₂ industriel sans eau, ou presque. L’idée peut sembler contre-intuitive, et pourtant, elle est au cœur de la technologie développée par la jeune biotech girondine Syklea. Installée près de Bordeaux, cette entreprise fondée en 2021 s’appuie sur plus de deux décennies de recherche sur les microalgues. Son objectif : transformer le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, en ressource exploitable. Une approche qui s’inscrit pleinement dans la logique d’économie circulaire.
Traditionnellement, les systèmes utilisant des microalgues reposent sur de grands bassins remplis d’eau. Syklea propose une alternative radicale avec sa technologie “No Water Technology”. Ici, les algues ne flottent pas dans l’eau : elles se développent sur un support très fin, avec une quantité minimale de liquide recyclé en circuit quasi fermé. Les gains annoncés sont significatifs : jusqu’à 99 % d’eau en moins, une réduction des coûts énergétiques de 45 à 60 %, et une capacité de capture de CO₂ pouvant atteindre 100 grammes par mètre carré et par jour. Certaines souches, comme Botryococcus braunii, permettent même de produire des lipides transformables en biocarburants.
Le fonctionnement est relativement simple. Les fumées industrielles sont dirigées vers des panneaux recouverts de microalgues. Sous l’effet de la lumière, ces organismes réalisent la photosynthèse : ils absorbent le CO₂ et le convertissent en biomasse. Cette matière peut ensuite être valorisée, par exemple en carburants, en plastiques ou en produits cosmétiques. L’intérêt environnemental est double. D’un côté, on réduit les émissions de CO₂ à la source. De l’autre, on évite de stocker ce carbone sous terre, une solution controversée, en le réutilisant directement.
La technologie vise avant tout les industries les plus émettrices : cimenteries, aciéries ou raffineries, des secteurs où les solutions de décarbonation restent limitées. Syklea développe aussi des applications urbaines, avec des dispositifs de purification de l’air pour les bâtiments ou l’espace public. Encore discrète, l’entreprise avance ses pions. Si ses performances se confirment à grande échelle, elle pourrait devenir un acteur clé de la transition écologique industrielle en Europe.
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Tue, 19 May 2026 - 2min - 1705 - Objectif 30 GW de puissance de calcul chez OpenAI ?
La course à l’intelligence artificielle entre dans une nouvelle dimension. OpenAI annonce vouloir porter sa capacité de calcul à 30 gigawatts d’ici 2030. Pour donner un ordre de grandeur, un gigawatt correspond à la puissance d’un réacteur nucléaire. Autrement dit, l’objectif équivaut à plusieurs dizaines de centrales électriques mobilisées pour faire tourner des systèmes d’IA.
Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’environ 1,9 gigawatt. Elle vise donc une multiplication par seize en cinq ans. Une montée en puissance spectaculaire, portée par le succès de ses services depuis le lancement de ChatGPT et par une demande mondiale en forte croissance. Mais OpenAI n’est pas seule. Amazon et Anthropic ont eux aussi annoncé des investissements massifs, avec plusieurs gigawatts de capacité en préparation. La compétition est désormais industrielle.
Pour atteindre ces objectifs, il faudra des infrastructures colossales : centres de données, réseaux électriques renforcés, et surtout des composants électroniques très spécialisés. OpenAI travaille notamment sur une puce maison intégrant de la mémoire HBM — une technologie ultra-rapide empilée en couches, essentielle pour traiter d’énormes volumes de données. Problème : cette mémoire est aujourd’hui rare. Les fabricants comme Samsung ou SK Hynix peinent à suivre la demande. Cette tension pourrait avoir des répercussions concrètes : hausse des prix pour les ordinateurs, les smartphones ou les consoles, faute de composants disponibles.
Mais l’enjeu dépasse l’économie. Il est aussi environnemental. Alimenter 30 gigawatts de calcul implique une consommation énergétique massive, sans parler du refroidissement des serveurs, qui nécessite souvent d’importantes quantités d’eau. Si cette énergie n’est pas décarbonée, l’empreinte carbone de l’IA pourrait fortement augmenter. Le secteur fait donc face à un dilemme : soutenir une innovation technologique majeure, tout en limitant son impact écologique. Certaines entreprises explorent déjà des solutions, comme l’utilisation d’énergies renouvelables ou l’optimisation des algorithmes pour consommer moins.
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Mon, 18 May 2026 - 2min - 1704 - Comment les vêtements européens finissent au Chili ?
Avec le retour des beaux jours, beaucoup en profitent pour faire du tri et déposer leurs vêtements dans des bornes de collecte. Un geste perçu comme écologique. Pourtant, la réalité de cette filière est parfois bien plus complexe.
Une partie des vêtements donnés en Europe ou en Amérique du Nord est exportée vers des pays en développement. C’est notamment le cas du Chili, devenu malgré lui l’un des symboles de cette dérive. Selon une enquête de la BBC, une quantité importante de ces textiles finit abandonnée dans le désert d’Atacama, au nord du pays. Chaque année, le Chili importe environ 123 000 tonnes de vêtements usagés. La majorité transite par la zone franche d’Iquique, créée dans les années 1970 pour stimuler l’économie locale. Une partie de ces vêtements est revendue sur des marchés d’occasion, notamment à La Quebradilla, près d’Alto Hospicio.
Mais tout ne trouve pas preneur. Jusqu’à 39 000 tonnes de textiles invendus seraient ainsi jetées ou brûlées chaque année. En cause : le coût élevé du recyclage ou de la gestion des déchets, qui pousse certains acteurs à s’en débarrasser illégalement. Le phénomène est difficile à contenir. Les autorités locales, malgré des patrouilles et des systèmes de surveillance, peinent à faire face à l’ampleur des dépôts sauvages. Le désert, facilement accessible, devient une zone de déversement quasi incontrôlée.
Face à cette situation, des initiatives émergent. Un entrepreneur a investi plusieurs millions de dollars dans une usine de recyclage capable de transformer ces vêtements en fibres ou en feutre, utilisés ensuite dans l’industrie, par exemple pour l’isolation ou l’ameublement. L’objectif affiché : traiter jusqu’à 20 tonnes de textiles par jour. Parallèlement, le Chili a adopté en 2025 une loi de “responsabilité élargie des producteurs”. Ce principe impose aux entreprises de prendre en charge la fin de vie de leurs produits. Autrement dit, les marques ne peuvent plus ignorer ce que deviennent leurs vêtements une fois jetés.
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Sun, 17 May 2026 - 2min
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