Nach Genre filtern
Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir.
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- 682 - PARTIE 3 -EP186, autour du dernier opus de la trilogie de Carolina Bianchi, "Uma Luz Cordial"
Uma Luz Cordial, « Une lumière cordiale » en français, est le dernier volet de la « Trilogie de Chiennes » de la metteuse en scène, écrivaine et performeuse brésilienne Carolina Bianchi. Il a été présenté cet été au Festival d’Avignon et, en cette rentrée, au Théâtre de l'Odéon - Théâtre de l'Europe à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne. Dans le premier volet, « La mariée et bonne nuit Cendrillon », l’artiste racontait son viol sous GHB et s’endormait sur scène après avoir absorbé la drogue dite du violeur. Le second, intitulé Brotherhood, débutait sur son réveil puis cherchait à donner une place aux femmes dans une histoire abusivement masculine. Dans ce troisième et dernier chapitre, Carolina Bianchi se concentre sur les liens entre sexe et écriture, en convoquant plusieurs auteurs et autrices, au premier rang desquelles Emily Dickinson et surtout Hilda Hilst, poétesse brésilienne ayant notamment écrit le sulfureux Cahier rose de Lori Lamby dans lequel une narratrice de huit ans décrit le plaisir qu’elle prend aux relations tarifées avec des adultes. Le texte d’Uma Luz Cordial est publié aux Solitaires intempestifs. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 25 Oct 2026 - 14min - 681 - PARTIE 2 -EP186, autour du spectacle "L'hors-présence" mis en scène par Tiphaine Raffier
L’hors-présence ou chimères du pays de Morsan est le titre du nouveau spectacle de la metteuse en scène Tiphaine Raffier, créé au Festival d’Avignon et présenté récemment au théâtre des Amandiers à Nanterre, avant de tourner dans de nombreuses villes du pays. Sur scène, une maison d’un petit bourg visible à travers une baie vitrée, dans laquelle Laure, condamné par un cancer, est revenue vivre ses derniers jours, entourée de ses deux frères et de sa sœur, qui n’ont pas le même regard ni sur elle, ni sur la manière d’agir dans cette situation de fin de vie, souvent dérobée aux regards, et que Tiphaine Raffier veut ici à la fois mettre enscène et montrer en gros plan puisque le dispositif théâtral est ici redoublé par un agencement vidéo dont les zooms sur une main qui se crispe ou une trachée qui étouffe sous l’effet d’une fausse route est retransmis sur le toit de la maison à travers un large écran. Autour de Laure, chaque personnage - frères, sœur, amis, voisins, militants, personnel soignant - négocie son rapport à la fin de vie et à la promesse qui a été faite à Laure de l’aider à partir après que celle-ci a rédigé ses directives anticipées, établi un calendrier de son reste à vivre et même commandé deux urnes funéraires. Cela avant une seconde partie où, autour d’une mystérieuse boîte enterrée, le spectacle quitte la veine naturaliste qui le structure au départ pour partir dans des dimensions davantage mythologiques et philosophiques. L’Hors-présence sera prochainement visible à la Comédie de Saint-Etienne, puis à celle de Clermont-Ferrand et de Valence, avant de se rendre au TNP de Villeurbanne. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 25 Oct 2026 - 15min - 680 - PARTIE 1 -EP186, autour de la mise en scène par Pauline Bayle du Mahabharata
La metteuse en scène Pauline Bayle présente, au Théâtre public de Montreuil qu’elle dirige, sa version de l’épopée indienne du Mahabharata, texte fondateur issu d’une tradition orale fixée par écrit en sanskrit au Vème siècle avant notre ère. Composé d’environ 250 000 vers, soit 15 fois plus que l’Iliade que Pauline Bayle avait porté sur scène précédemment, le Mahabharata signifie « Grande histoire des Bhârata » et raconte l’histoire d’une guerre sur plusieurs générations entre deux branches d’une même famille, les Pandava et les Kaurava. Même pour un spectacle durant trois heures, la metteuse en scène a donc dû opérer des choix drastiques, pour présenter une version contemporaine de cette épopée, qu’elle a choisi de mettre en scène avec une distribution entièrement féminine, alors que l’histoire est d’abord celle de rois, de guerriers et de princes se disputant le pouvoir. Cette adaptation contemporaine de ce récit mythique datant de plus de 25 siècles parvient-elle à donner au public le sentiment que celui-ci à quelque chose à nous dire aujourd’hui, que ce soit sur la violence, la destruction du monde, la transmission ou la rupture entre générations ? Le Mahabharata de Pauline Bayle était pendant un mois au Théâtre Public de Montreuil, et part ensuite en tournée à Douai, Tourcoing, Lyon, Le Havre, Cherbourg, Tours, Châteauroux, Châtenay-Malabry et Tremblay. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 25 Oct 2026 - 17min - 679 - INTEGRALE -EP186, autour du « Mahabharata » signé Pauline Bayle ; de « L’hors- présence » de la metteuse en scène Tiphaine Raffier et du dernier opus de Carolina Bianchi, « Uma Luz Cordial ».
Trois metteuses en scène pour trois spectacles intenses et denses, approchant ou dépassant les trois heures de représentation. L’adaptation contemporaine et féminisée d’une grande épopée de l’humanité ; un huis clos sur ce que la fin de vie produit dans une famille qui y est confrontée et la clôture d’une trilogie où l’on sera passé du viol à la vie sans rarement se départir de la violence. On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour la version contemporaine que la metteuse en scène Pauline Bayle propose du Mahabharata au Théâtre Public de Montreuil qu’elle dirige, le nouveau spectacle écrit et scénographié par Tiphaine Raffier, intitulé L’hors-présence ou chimères du pays de Morsan montré aux Amandiers à Nanterre et enfin Uma Luz Cordial de Carolina Bianchi qui vient clore sa « Trilogie des chiennes ». Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux. • Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. « L’esprit critique » est enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong, en l’occurrence par Corentin Dubois. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 25 Oct 2026 - 48min - 678 - PARTIE 3 -EP185, autour du roman de Douglas Stuart, "John, fils de John" (Globe)
Nous avions évoqué dans un des premiers podcasts de « L’esprit critique » consacré à la littérature, en en disant beaucoup de bien, Shuggie Bain, le premier roman de Douglas Stuart, qui avait été récompensé par le Booker Prize en 2020 et prenait pour décor le Glasgow pauvre des années 1980 dans lequel se profilait l’ombre des politiques décrétées par la dame de fer, Margaret Thatcher. Douglas Stuart revient en cette rentrée avec un nouveau livre, également publié chez Globe et également traduit de l’anglais, et plus précisément de l’écossais, par Charles Bonnet, intitulé John, fils de John. Il y est, comme dans Shuggie Bain, question de la relation tumultueuse entre un parent et un enfant et d’une petite communauté où l’argent est aussi rare que les difficultés de la vie sont nombreuses. Mais le roman prend cette fois place non pas dans un quartier pauvre de Glasgow mais sur l’île de Harris, dans l’archipel des Hébrides extérieures située au nord-ouest de l’Ecosse. Une île qui ne vivait quasiment que de pêche et d’une petite activité textile avant que le tourisme et les résidences secondaires n’arrivent. Et une île où Dieu règne encore en maître, comme les hommes sur les femmes et les pères sur leurs enfants, dans le cadre d’une opposition existentielle entre les « îliens » et les « terriens ». « Elle avait les pieds violet foie de veau. Voilà ce que lui avait dit son père avant de raccrocher » : ainsi commence ce texte sur un de ces échanges entre le fils de John et son père qui, nous explique d’enbléé le narrateur « n’avait jamais été un grand bavard. Leurs coups de fil ressemblaient donc à un échange avec une hotline. » Le roman commence lorsque le fils de John, Cal, revient sur l’île après quatre ans à étudier à Édimbourg, sans un sou ni perspective d’emploi, mais en ayant la possibilité de vivre son homosexualité tenue secrète dans le milieu traditionnel dont il est issu. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 18 Oct 2026 - 12min - 677 - PARTIE 2 -EP185, autour du roman de Yannick Haenel, "La solitude des professeurs est infinie" (Gallimard)
« A bout de nerfs et trempé de sueur : ainsi commença ma vie de prof » écrit Yannick Haenel dans les premières pages de son nouveau livre dans lequel il revient sur son début de carrière comme enseignant de lettres dans différents établissements de la banlieue parisienne. Ce livre s’intitule La solitude des professeurs est infinie et est publié, comme les précédents, aux éditions Gallimard et se trouve sur la dernière liste retenue par le jury Goncourt. Après la description de sa première rentrée comme stagiaire et d’une année qui s’écoule jusqu’à une fête de fin d’année virant à la catastrophe, Yannick Haenel raconte dans un roman qui est d’abord un récit autobiographique (puisqu’il dit se reconnaître « dans la matière de ce roman dont j’ai vécu chaque détail ») à la fois sa vie amoureuse et ses neuf années de prof qui composent dans la mémoire du narrateur, « une séquence unique, opaque et continuelle, dont il m’est impossible de retrouver la chronologie. » Même si Yannick Haenel écrit que la phrase qui donne son titre à son nouveau roman était un mantra qu’il se récitait déjà, tout jeune enseignant et il y a plusieurs décennies, dans le RER le menant à son collège de banlieue, elle sonne différemment à nos oreilles depuis la décapitation de Samuel Paty et l’assassinat de Dominique Bernard à l’ombre desquels ce livre de Yannick Haenel est rédigé. « Pas de vagues », écrit-il en effet. Cette phrase transperce chaque année les salles de profs des collèges et des lycées en France ; elle continuera à les transpercer tant qu’un chef d’établissement étouffera sous le poids de la hiérarchie les problèmes qui affectent notre travail qui le rendent impossible et finalement nous tuent. C’est ainsi, des dizaines d’années plus tard, que Samuel Paty est mort : personne n’a voulu réagir quand on l’a menacé. » Mélange étrange entre le Cercle des Poètes disparus et les Territoires perdus de la République ou ode au métier d’enseignant ? Parabole politique ou récit avant tout personnel ? Quoi qu’il en soit, écrit Yannick Haenel : « J’avais besoin, j’ai toujours besoin de me croire dans un roman : si l’on ne conçoit pas sa vie comme une fiction, existe-t-on vraiment ? » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 18 Oct 2026 - 11min - 676 - PARTIE 1 -EP185, autour du roman de Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?" (POL)
Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? est le titre du nouveau roman de Lucie Rico, publié chez POL, comme ses deux précédents ouvrages, Le Chant du poulet sous vide et GPS. Comme l’autrice, la narratrice, Jennifer donc, est née à Perpignan, avant d’en partir pour Paris, où elle retranscrit des comptes rendus de plans de licenciements. « Trois ans après mon renvoi, j’avais trouvé ce travail, comme si la vie me proposait une répétition générale permanente » écrit Lucie Rico, dans ce texte au ton tragi-comique. Mais il s’avère que soudainement la touche « point » de son clavier refuse de répondre, rendant non seulement son métier impossible, mais annonçant un dysfonctionnement général et la nécessité de poursuivre des phrases et des mémoires laissées en suspens. Le problème de ce clavier qui avale les lettres n’est en effet pas une panne, mais un diagnostic de ce qui ne « s’achève plus » chez la narratrice. Pour se reconstituer elle-même, et reconstituer les souvenirs de mercredis passés chez son grand-père, celle-ci décide donc, poussé par un amant avocat, de suivre une procédure habituellement réservée aux affaires criminelles : reconstituer au plus proche – meubles, papier-peint, odeur - l’appartement de son grand-père pour savoir ce qui lui est vraiment arrivée lorsqu’elle était une enfant de huit ans. Il s’agit bien pour elle « d’habiter son enfance », ainsi qu’elle l’écrit à un moment du livre. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 18 Oct 2026 - 11min - 675 - INTEGRALE -EP185, autour des romans « Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? » de Lucie Rico ; « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel et Douglas Stuart, « John, fils de John » signé Douglas Stuart
Une reconstitution à la fois criminelle et individuelle prenant la forme d’une tragi-comédie ; un récit à haute teneur autobiographique sur ses années d’enseignants signé par un romancier chevronné et les fils d’histoires étouffantes qui se tissent dans une île de l’archipel des Hébrides occidentales située au large de l’Ecosse. On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ouvrage de Lucie Rico intitulé Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer que publient les éditions POL ; de La solitude des professeurs est infinie que fait paraître Yannick Haenel aux éditions Gallimard et enfin de John, fils de John, le nouveau roman de Douglas Stuart qui s’était fait remarquer avec son premier texte voilà cinq ans intitulé Shuggie Bain. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique • Lise Wajeman, professeur de littérature qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Etienne Bottini et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 18 Oct 2026 - 36min - 674 - PARTIE 3 -EP184, autour du film "Primetime" de Lance Oppenheim
Le tout jeune réalisateur étatsunien Lance Oppenheim, venu du documentaire, signe avec Primetime, son premier long-métrage de fiction, récemment acclamé au festival de Venise et sorti récemment sur nos écrans en France. Robert Pattinson y incarne Chris Hansen, un présentateur de la télévision américaine qui avait mis au point une émission de téléréalité diffusée sur la chaîne NBC, entre 2004 et 2007 et intitulée « To Catch a Predator ». Le principe était de piéger en ligne des prédateurs sexuels en leur donnant rendez-vous dans une maison bardée de caméras. L’homme tombait non sur un ou une mineure mais sur Chris Hansen qui lui faisait la morale en relisant la conversation qu’il avait eu sous pseudo. Au terme de cette confrontation, la police arrêtait le suspect de façon spectaculaire en le plaquant au sol, voire en envoyant parfois des décharges électriques avec un Taser. L’émission avait finalement été arrêtée après qu’un homme traqué par les caméras de la télévision avait fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 11 Oct 2026 - 15min - 673 - PARTIE 2 -EP184, autour du film "Digger" d'Alejandro González Iñárritu,
Le cinéaste mexico-hollywoodien Alejandro González Iñárritu, réalisateur notamment de Birdman ou The Revenant signe un nouveau film intitulé Digger, terme forgé sur le verbe « creuser » ou « excaver » et qui se trouve être le prénom de Digger Rockwell, un magnat du pétrole incarné par un Tom Cruise à contre-emploi puisqu’il est ici méconnaissable en vieillard bedonnant intéressé surtout par sa chatte moribonde, et puisqu’il détruit le monde au lieu de le sauver comme à l’accoutumée. Le film commence lorsqu’un énième forage de la compagnie Rockwell provoque, au pôle Nord, le décrochage d’une gigantesque plaque de glace qui menace de submerger l’Europe. Une cellule de crise est constituée, avec le président des Etats-Unis à sa tête et Digger Rockwell en vis-à-vis, hésitant à atomiser le glacier ou à demander à l’Europe de prendre ses responsabilités. Fable sur les effets délétères des énergies fossiles et le cynisme trumpien, ce film qui sera l’une des dernières grandes productions de la Warner avant son absorption par la Paramount, lui-même affilié au trumpisme, est pour l’instant un échec critique et commercial quasiment inégalé dans l’histoire de la société hollywoodienne et dans la carrière de la star de Mission : Impossible. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 11 Oct 2026 - 13min - 672 - PARTIE 1 -EP184, autour de la série "Camarades" diffusée sur Arte
A propos de la mini-série Camarades, diffusée en cette rentrée par la chaîne franco-allemande Arte, le journal Le Monde décrit : « la résurrection de l’université de Vincennes dans toute son anarchique splendeur ». L’hebdomadaire Télérama y voit, lui, « une série pop et irrésistible sur l’utopie contestataire de l’université de Vincennes ». Ô surprise, Le Monde et Télérama sont également partenaires de la diffusion de cette série. Ces renvois d’ascenseur récurrents entre la chaîne franco-allemande et le groupe Le Monde suffisent-ils cependant à disqualifier cette série en la qualifiant de folklorique, dépolitisante voire macroniste, comme on a pu le lire ici ou là ? A force de vouloir tenir ensemble l’horizon de la déconstruction et la nécessité d’une forme de linéarité, et de chercher à mêler histoires d’amour, intrigues policières, citations philosophiques et moments politiques, la série Camarades verse-t-elle dans le gloubi-boulga ou rend elle compte adéquatement d’une réalité chaotique ? Les huit épisodes signés par les réalisateurs Benjamin Charbit et Dominique Baumard se situent pendant l’année 1969, quelques mois après l’ouverture du centre universitaire de Vincennes. Merloux nouvellement élu président de la fac, tente de répondre autant aux demandes ministérielles qu’à celles des innombrables groupes gauchistes, tandis que Claudine prostituée qui travaille dans les allées du bois, est chargée par Jacques, son amant policier, d’infiltrer la nouvelle institution Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 11 Oct 2026 - 20min - 671 - INTEGRALE -EP184, autour de la série "Camarades" et des films "Digger" et "Primetime"
Une série produite par Arte qui veut faire revivre ce qu’a été l’université libre de Vincennes dans l’après mai-68 ; un film à gros budget en forme de farce et fable écologique dont le principal personnage est un Tom Cruise à contre-emploi métamorphosé en vieillard avide et un premier long-métrage de fiction revenant sur une émission emblématique de la télé-réalité poussée à bout dans ses logiques voyeuristes. On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » les huit épisodes de la série Camarades diffusée par Arte ; le blockbuster mal en point Digger signé Alejandro González Iñárritu et le premier ling métrage de fiction de Lance Oppenheim, Primetime. Avec : • Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï. • Raphaël Nieuwjaer qui écrit à la fois pour les Cahiers du Cinéma et la revue Études « L’esprit critique » est enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong et, en l’occurrence, par Etienne Bottini. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 11 Oct 2026 - 49min - 670 - PARTIE 3 -EP183, autour de l'expositon "Patrimoines en résistance" à la Cité de l'architecture
Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa est le titre de l’exposition qui a ouvert au printemps dernier et demeure visible jusqu’au début de l’année prochaine à la Cité de l’Architecture situé place du Trocadéro à Paris. Elle propose une réflexion sur les dommages causés, le plus souvent intentionnellement pendant les guerres et conflits au XXIe siècle, au patrimoine de populations concernées par ces violences : patrimoine qui n’est pas seulement monumental et matériel, mais aussi culturel et immatériel. L’exposition est structurée en trois séquences : effacer, résister et réparer. Elle mêle des œuvres d’artistes contemporains, des éléments cartographiques, des entretiens vidéo avec de nombreux acteurs et actrices de la préservation ou de la restauration du patrimoine, ainsi que plusieurs focus sur des sites martyre allant de l’Arménie à Gaza en passant par l’Ukraine, avec des films en forme de « doubles numériques » des sites abîmés, réalisés en 3D pour permettre de préserver la mémoire des lieux. Les visiteurs et visiteuses sont accueillies par deux œuvres monumentales : la première se déploie comme une frise dans le couloir qui mène aux salles. Il s’agit de l’œuvre « Panoramique de la falaise », réalisé par le plasticien français Pascal Convert qui montre les trous laissés par la destruction des bouddhas de Bâmiyân par le régime taliban en 2001. Puis, quand on entre, tout un mur est occupé par une série de photos de trousseau de clés. L’œuvre s’appelle « Au cas où », elle est datée de 2004 et signée de l’artiste gazaoui Taysir Batniji. Il s’agit des clés de maisons de Palestiniens du Nord de Gaza, qui ont dû fuir vers le centre et le Sud de Gaza depuis octobre 2023 et symbolisent leur espoir de retourner un jour chez eux. Quant au commissariat de ce parcours de ruines et de destructions, il est assuré par les universitaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, aidées d’Yves Uberlmann, architecte spécialisé dans le relevé numérique 3D. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 04 Oct 2026 - 15min - 669 - PARTIE 2 -EP183, autour de la rétrospective Eva Gonzalès au Petit Palais
Le Petit Palais présente une exposition monographique inédite consacrée à la peintre Eva Gonzalès né en 1847 à Paris et décédée en1883 dans cette même ville, à 36 ans seulement. Pensée en collaboration avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, la rétrospective est la première d’envergure à se tenir non seulement en France mais dans le monde, depuis celle organisée par sa famille deux ans après sa mort.Souvent réduite au fait qu’elle fut l’élève d’Edouard Manet, proche des impressionnistes sans appartenir au groupe, formée dans un style classique et domestique mais évoluant vers des couleurs et des thèmes plus acides, Eva Gonzalès est aujourd’hui redécouverte et mise en majesté, à travers près de 100 œuvres – peintures, pastels et gravures – et un parcours chronologique. Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert mi-septembre et se tiendra jusqu’à la fin du mois de janvier 2027 est signé Annick Lemoine, présidente de l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et Stéphanie Cantarutti et Fleur Roos Rosa de Carvalho, respectivement conservatrices en chef au Petit Palais et au musée Van Gogh. Eva Gonzalès. Parcours d'une artiste libre, cela a ouvert au Petit Palais à la mi-septembre et il est possible de s’y rendre jusqu’à la fin du mois de janvier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 04 Oct 2026 - 14min - 668 - PARTIE 1 -EP183, autour de la rétrospective Kerry James Marshall au MAM
Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une grande rétrospective, intitulée The Histories, au peintre africain-américain Kerry James Marshall, né à Birmingham en Alabama en 1955 et vivant aujourd’hui à Chicago. Peintre de tableaux de formats monumentaux, mais aussi dessinateur de BD et sculpteur, le travail de Kerry James Marshall se distingue par sa volonté de donner toute sa place aux sujets noirs - africains et africains-américains – ainsi qu’aux évènements qui ont marqué l’histoire étatsunienne d’un point de vue racial, tout en les faisant dialoguer avec l’histoire de l’art européenne et ses codes. Pour rendre compte de l’histoire et de la vie des Noirs, Kerry Jamaes Marshall utilise une large gamme de pigments – noir d’ivoire, de mars ou de carbone – qui lui permettent de faire apparaître ou disparaître, souligner ou troubler, les sujets dont il s’empare. « Je cherche à instaurer une présence phénoménale, indéniablement noire et belle », disait Kerry James Marshall voilà dix, dans une citation mise en exergue de cette exposition qui vient d’ouvrir et demeure visible jusqu’à la fin du mois de janvier prochain. Le commissariat de cette rétrospective, déjà présentée l’an dernier à la Royal Academy of Arts de Londres, est signé Mark Godfrey. Kerry James Marshall. The Histories vient d’ouvrir au Musée d’Art Moderne de Paris et ce sera visible jusqu’au 24 janvier 2027. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 04 Oct 2026 - 16min - 667 - INTEGRALE -EP183, autour des rétrospectives Kerry James Marshall et Eva Gonzalès et de l'exposition intitulée "Patrimoines en résistance"
Une rétrospective en majesté d’un des grands peintres de l’histoire noire ; une redécouverte d’une artiste de la couleur et du pastel longtemps négligée ; et une plongée dans les patrimoines en périls et les moyens de les préserver, de Gaza à Odessa. On s’intéresse, dans « L’esprit critique » de ce jour, à l’exposition que le Musée d’Art Moderne de Paris consacre à l’artiste africain-américain Kerry James Marshall ; au parcours d’Eva Gonzalès montré en quasi-intégralité au Petit Palais à Paris pour la première fois depuis sa mort prématurée il y a presque un siècle et demi ; et enfin à la proposition de la Cité de l’Architecture intitulée : Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Magali Lesauvage, critique d'art « L’esprit critique » est un podcast enregistré par les équipes de Gong et réalisé aujourd’hui par Etienne Bottini. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 04 Oct 2026 - 47min - 666 - PARTIE 3 -EP182, autour de "Mon Frère" de François Grémaud
Sur une scène épurée et dans un cadre sans décor, deux hommes d’une petite cinquantaine d’année, habillés de la même façon et qui se ressemblent étrangement. L’un parle, l’autre pas. L’un s’appelle François, l’autre s’appelle Christian. L’un est metteur en scène, l’autre n’est pas comédien mais est néanmoins l’interprète, en langue des signes, de cette pièce écrite spécialement pour lui et en partie par lui. La pièce s’intitule Mon frère et est signé du metteur en scène François Grémaud qui explique que cette création est venue « d’un désir ancien, mais longtemps contenu : celui de donner la parole – la vraie, la pleine – à Christian », son frère sourd de naissance. Elle tisse trois histoires parallèles : celle de Christian, qui passe par des hauts et pas mal de bas ; celle de la langue des signes et celle, mise en abyme, de la création du spectacle. Après avoir été montré au Festival d’Avignon cet été, Mon Frère est visible en ce moment à au théâtre du Rond-Point à Paris avant une vaste tournée qui mènera les deux frères dans les prochains mois à Marseille, Neuchâtel, Besançon, Brest, Fribourg, Toulouse, Saint-Ouen, Malakoff, Bordeaux, Dunkerque ou encore Genève. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 27 Sep 2026 - 16min - 665 - PARTIE 2 -EP182, autour de "Je meurs de ne pas mourir. (Les deux vies de Thérèse) " d'Aurélia Lüscher
Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse) est un seul en scène confié à la comédienne Estelle Meyer, mis en scène par Aurélia Lüscher et donné au Théâtre de la Bastille à Paris. Le texte, signé du dramaturge espagnol Paco Bezerra se fonde sur certains écrits de Thérèse d’Avila, sainte patronne espagnole ayant vécu au XVIe siècle et qui fut la première femme proclamée docteure de l’Église. Mais imagine que celle-ci, ressuscitée avant l’heure, récupère ses reliques dispersées aux quatre coins du monde, et se met à arpenter les marges de la société espagnole contemporaine. Alors qu’il devait être montré dans un des principaux théâtres de Madrid, il a été déprogrammé, officiellement pour des raisons budgétaires, mais sans doute aussi sous les pressions de l’extrême-droite choquée de la vision que donne le texte de Paco Bezerra de la sainte espagnole. Des lectures ont été organisées et un mouvement de soutien s'est déployé - de nombreuses personnalités du monde culturel espagnol dont Javier Bardem et Almodovar signant une lettre ouverte de soutien - mais le texte n'a encore jamais été programmé en Espagne. Ce qui ajoute à l’intérêt de pouvoir voir aujourd’hui cette pièce, traduite par Clarice Plasteig aux Solitaires Intempestifs en parallèle du travail d’Aurélia Lüscher et Estelle Meyer. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 27 Sep 2026 - 18min - 664 - PARTIE 1 -EP182, autour du spectacle "The Other Place (After Antigone)" d'Alexander Zeldin
Créée au National Thater de Londres, la pièce The Other Place (After Antigone) du metteur en scène britannique Alexander Zeldin est donnée en ce moment au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt dans le cadre du Festival d’Automne. Comme son titre l’indique, derrière l’histoire de ces deux sœurs, Annie et Issy, qui se retrouvent à l’occasion de l’anniversaire de la mort de leur père suicidé et autour de l’urne contenant ses cendres, se rejoue en réalité un conflit éternel, celui du mythe d’Antigone, fille d’Œdipe décidée à enterrer son frère contre l’avis de son oncle Créon, roi de Thèbes. Ici, l’oncle est prénommé Chris, il porte des baskets New Balance et souhaite disperser les cendres de son frère pour « aller de l’avant » maintenant que le temps a passé, que la maison familiale a été refaite avec une grande baie vitrée donnant sur le jardin et que l’urne n’y aurait plus sa place. Ce qui n’est pas du tout l’avis d’Annie, revenue après de longs mois d’absence et de longues années de silence. The Other Place (After Antigone) sera visible prochainement à Luxembourg et Genève. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 27 Sep 2026 - 12min - 663 - INTEGRALE -EP182, autour des spectacles "The Other Place (After Antigone)", "Je meurs de ne pas mourir" et "Mon Frère"
Une réinterprétation du mythe d’Antigone ; une relecture jubilatoire et non conventionnelle des écrits et de la vie de Thérèse d’Avila, et une déclaration d’amour d’un entendant à un sourd. On évoque trois spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour. D’abord The Other Place du metteur en scène britannique Alexander Zeldin actuellement représenté au Théâtre de la Ville / Sarah Bernhardt. Ensuite Je meurs de ne pas mourir de la metteuse en scène Aurélia Lüscher qui a été créée au Théâtre de la Bastille. Et enfin, Mon frère du metteur en scène François Grémaud, actuellement visible au Théâtre du Rond-Point avant une large tournée en France et en Suisse. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 27 Sep 2026 - 48min - 662 - PARTIE 3 -EP181, autour du roman de Laura Kasischke, "Baignade surveillée" (Gallimard)
Baignade surveillée est le titre du nouveau livre de la poétesse et romancière étatsunienne Laura Kasischke, autrice, parmi de nombreux textes, de La vie devant ses yeux, Rêves de garçons, A moi pour toujours ou encore Esprit d’hiver. L’ouvrage est publié aux éditions Gallimard dans une traduction de l’anglais-américain faite par Céline Leroy. Si la baignade est surveillée dans cette piscine d’un joli et paisible quartier de Los Angeles, cela n’empêche pas un enfant de cinq ans du nom de Richie Manning de s’y noyer. Nous sommes le 16 juillet 1969, le jour même où Apollo 11 décolle pour la lune depuis le centre spatial Kennedy en Floride. L’écriture de Laura Kasischke s’enroule alors autour de ces deux évènements, tissant des liens invisibles entre le ciel en train d’aspirer les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins et celui, parfaitement bleu et trop ensoleillé, qui se reflète au-dessus de la piscine où pas à pas le petit garçon s’avance vers le grand bain sans que la belle maître nageuse ne le voit. « Ceux qui pardonnèrent à la maître-nageuse de ne pas avoir le petit garçon se noyer dans la piscine cet après-midi-là mirent cela sur le compte de l’étrange chaos du moment, écrit la romancière. Non seulement cela s’était passé en pleine semaine et en plein été, par une des journées les plus chaudes de la saison (le Jolly Rogers fit d’ailleurs son meilleur chiffre de l’année, peut-être le meilleur chiffre de ses quatre années d’existence), mais, de surcroît, ce matin-là, trois astronautes avaient quitté la Terre pour rejoindre la Lune. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 20 Sep 2026 - 12min - 661 - PARTIE 2 -EP181, autour du texte d'Elisa Shua Dusapin, "Sauf la frontière" (Zoé)
A seulement 33 ans, l’écrivaine franco-suisse Elisa Shua Dusapin, née en Dordogne d’un père français et d’une mère coréenne, a déjà publié plusieurs ouvrages remarqués et récompensés par de nombreux prix. Le premier, Hiver à Sokcho, prenait place dans cette ville située à la frontière de la Corée du Nord et a obtenu, dans sa version anglaise, le National Book Award. Le second, Les Billes du Pachinko, explorait l’exode de la communauté coréenne vers le Japon dans les années 1950. Le troisième, Le vieil incendie, en forme de tête-à-tête entre deux sœurs au moment de vider la maison familiale, a obtenu le prix Wepler. Pour son quatrième livre, intitulé Sauf la frontière et publié comme le précédent aux éditions Zoé, Elisa Shua Dusapin quitte l’Extrême-Orient pour le Proche-Orient et nous fait partager son périple partant du Liban, avant de s’installer en Jordanie et de faire un détour par la Palestine et Israël, dans cette région fracassée par les retombées du 7-Octobre 2023 et la violence à outrance déployée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou. A Amman, la narratrice apprend l’arabe, mais aussi des rudiments de plomberie en compagnie de Jordaniennes, et se rend à des groupes de paroles dans lesquels s’expriment notamment des réfugiés syriens, avant et après la chute de Bachar al-Assad. A l’un de ses interlocuteurs, elle répond : « je travaille avec l’énergie de la conviction, du doute, et tant de questions : comment protéger l’identité de ceux qui m’ont fait confiance, préserver leur dignité sans atténuer leur parole ? Comment exprimer ce que dit la violence, sans ajouter à la violence du monde. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 20 Sep 2026 - 11min - 660 - PARTIE 1 -EP181, autour du roman d'Anne Godard, "Nous aussi" (Actes-Sud)
Nous aussi est le titre du troisième roman d’Anne Godard, après L’inconsolable il y a vingt ans et Une chance folle voilà dix ans. Il est publié aux éditions Actes Sud et a été retenu sur la première liste révélée par le jury du prix Goncourt. La professeure de littérature et d’écriture créative à l’université Sorbonne-Nouvelle y dresse un vertigineux et douloureux portrait de famille dans un milieu où l’aristocratie des manières et du vocabulaire le dispute au malaise des pratiques et des silences. Roman très personnel, mais écrit quasi entièrement au pronom impersonnel ; récit d’une expérience singulière mais inscrite dans le vécu partagé « d’enfants obéissants » mais pas sages pour autant ; description d’un monde parfait mais qui se trouble et déraille au fil des pages… Le nouveau texte d’Anne Godard s’inscrit explicitement, par son titre, dans une série de publications littéraires catalysées par le mouvement #MeToo, mais veut en renouveler les formes, en maniant autant le scalpel sociologique que l’introspection dans les trous de la mémoire individuelle et les lacunes du récit collectif. Le quatrième de couverture débute ainsi : « On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s’appartient. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 20 Sep 2026 - 16min - 659 - INTEGRALE -EP181, autour des romans d'Anne Godard, "Nous aussi", d'Elisa Shua Dusapin, "Sauf la frontière" et de Laura Kasischke, "Baignade Surveillée"
Un roman personnel écrit au pronom impersonnel ; une trajectoire individuelle partie à la rencontre des bouleversements du Proche-Orient ; et la rencontre entre le destin tragique d’un petit enfant et l’épopée de la conquête de la Lune… On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour trois romans de la rentrée littéraire : Nous aussi troisième roman de l’écrivaine Anne Godard qui paraît aux éditions Actes-Sud et nous plonge dans une autre « Familia Grande ». Sauf la frontière de la jeune écrivaine franco-suisso-coréenne Elisa Shua Dusapin qui après avoir exploré différents territoires d’Extrême-Orient se rend cette fois au Moyen-Orient, du Liban à la Jordanie dans un livre publié chez Zoé. Et enfin Baignade surveillée, le nouveau livre de la poétesse et romancière étatsunienne Laura Kasischke publié aux éditions Gallimard. Avec : • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération. « L’esprit critique » est un podcast proposé par Joseph Confavreux pour Mediapart, enregistré et réalisé par Corentin Dubois et les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 20 Sep 2026 - 41min - 658 - PARTIE 4 -EP180, autour du documentaire "Les survivants du Che" de Christophe Réveille
Réalisé par Christophe Réveille, Les survivants du Che raconte une histoire une histoire incroyable et très peu connue, celle de trois guérilleros ayant juré allégeance à Che Guevara et le suivant partout dans sa volonté d’exporter la révolution cubaine qui avait renversé le président Batista en 1959. Après avoir notamment tenté sans succès de soulever le Congo, le Che et ses hommes se retrouvent en Bolivie en 1967. Une partie de l’histoire est connue : le Che est capturé puis exécuté, et photographié sur son lit de mort, nourrissant un imaginaire encore prégnant aujourd’hui. Une autre l’est très peu : une partie de sa garde rapprochée parvient à s’échapper alors qu’ils sont poursuivis par des milliers d’hommes de l’armée bolivienne, parcourant près de 2 400 kilomètres en quelques mois pour rejoindre le Chili. Le documentaire nous donne à voir le témoignage de ses survivants, avec des images d’archives mais aussi un traitement graphique qui situe ce film à mi-chemin du documentaire classique et du film d’animation. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 13 Sep 2026 - 10min - 657 - PARTIE 3 -EP 180 autour du documentaire "Hair, Paper, Water" de Nicolas Graux et Trương Minh Quý
Hair, Paper, Water est le titre d’un film documentaire signé Nicolas Graux et Trương Minh Quý qui suit Cao ThịHậu, vieille dame issue d'une région rurale du Vietnam. Elle appartient à la communauté Rục, une minorité ethnique ayant vécu isolée dans des grottes jusqu'aux années 1950, avant d'être déplacée par le gouvernement dans des villages. Vivant avec ses petits-enfants, elle leur transmet la langue fragile des Rục et les savoirs traditionnels forgés dans les grottes où vivait sa communauté alors qu’elle se rend à Saigon pour la première fois afin d’aider sa fille qui vient d’accoucher. Le film a obtenu, en 2025, le Léopard d’or du festival de Locarno dans la compétition intitulée Cinéastes du présent. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 13 Sep 2026 - 08min - 656 - PARTIE 2 -EP180, autour de "Spider-Man. Brand New Day", de Destin Daniel Cretton
Autre film où des corps sont subitement habités par d’autres êtres, le blockbuster Spider-Man. Brand New Day, signé Destin Daniel Cretton avec les stars Tom Holland et Zendaya dans les rôles-titres. Dans ce nouvel opus de la franchise Marvel, Peter Parker doit apprendre à vivre sans sa tante May, tuée par le Bouffon vert dans l’opus précédent, mais aussi sans son meilleur ami, Ned Leeds et sans le grand amour de sa vie, MJ partis étudier au MIT, après qu’un sort a effacé de leur mémoire tout souvenir lié à la véritable identité de l’homme-araignée. Face à ces deuils, Peter Parker / Spider-Man consacre toute son énergie à aider la police new yorkaise à lutter contre les crimes, lorsque surgit une nouvelle menace sous la forme d’une puissance capable de prendre le contrôle des personnes qui se trouvent autour d’elles en passant allègrement d’un corps à un autre. Bien que cette nouvelle déclinaison de Spider-Man se situe dans une moindre inflation d’effets et de narration que le précédent opus, le film a dépassé tous les précédents au point de devenir le 3ème succès mondial de tous les temps en termes de box-office. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 13 Sep 2026 - 14min - 655 - PARTIE 1 -EP 180, autour de "L'inconnue" d'Arthur Harari
L’inconnue est le titre du nouveau long-métrage du cinéaste Arthur Harari, après Onoda. 10000 nuits dans la jungle sur l’histoire d’un soldat japonais égaré dans la jungle philippine ayant ignoré pendant 30 ans que son pays avait capitulé en 1945, et Diamant noir, polar réalisé dans le milieu des diamantaires d’Anvers, qui avait révélé Niels Schneider, qui joue, méconnaissable, dans ce nouveau film, aux côtés de Léa Seydoux. Arthur Harari est également scénariste, en particulier d’Anatomie d’une chute, le film signé Justine Triet, auréolé de la Palme d’or à Cannes et de l’Oscar du meilleur scénario. Montré en compétition à Cannes au printemps dernier, L’inconnue est aussi l’adaptation cinématographique d’une bande dessinée intitulé Le Cas David Zimmerman qu’Arthur Harari avait co-écrite avec son frère Lucas, dessinateur et auteur de BD. Dans le film qui montre dans ses premiers plans les tours jumelles de Bagnolet pour évoquer le thème du dédoublement et le travail de David Zimmerman, Niels Schneider est en effet un photographe qui passe ses journées à documenter les évolutions de la banlieue parisienne, à partir de photographies anciennes et des clichés prises par son propre père. Lors d’une fête, il croise une jeune femme avec laquelle il fait l’amour dans une cave, avant de se réveiller au petit matin dans le corps de cette inconnue nommée Eva. Commence alors une quête labyrinthique pour retrouver celle-ci, compliquée par la découverte qu’il n’est pas le seul à avoir ainsi changé de corps et qu’il comprend que le corps de David, SDF, est désormais habité par Malia, également arrachée à son identité après un ébat dans les buissons lors d’un concert. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 13 Sep 2026 - 15min - 654 - INTEGRALE -EP 180, autour de "L'inconnue" d'Arthur Harari, de "Spider-Man. Brand New Day" et des documentaires "Hair, Paper, Water" et "Les survivants du Che"
Pour sa rentrée, « L’esprit critique » revient à la fois sur certains films de l’été et sur certaines sorties récentes. Il sera aujourd’hui question de corps habités par d’autres individus, tant dans un des films les plus déroutants du cinéma français récent, que dans le blockbuster de l’année voire de la décennie. Mais on fera aussi une incursion dans deux documentaires qui nous entraînent dans deux histoires fort éloignées de nos rivages : la communauté Rục, une minorité ethnique du Vietnam ayant longtemps vécu dans des grottes reculées et l’épopée de quelques camarades de Che Guevara dans la jungle bolivienne après l’exécution de ce dernier en 1967. On évoque en effet d’abord L’inconnue, le nouveau long-métrage d’Arthur Harari adapté de la BD qu’il avait co-signé avec son frère ; le nouvel opus de la saga Spider-Man avec Tom Holland et Zendaya dans les rôles titrres et deux documentaires sortis en salles cette semaine : Hair, Paper, Water, signé du belge Nicolas Graux et du vietnamien Trương Minh Quý et Les survivants du Che de Christophe Réveille. Avec : • Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements, et Emitaï. • Raphaël Nieujwaer qui écrit pour les Cahiers du Cinéma et la revue Études. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 13 Sep 2026 - 50min - 653 - PARTIE 3 -EP179, autour de la rétrospective Brion Gysin, au Musée d'Art Moderne de Paris
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente la première rétrospective de l’œuvre de Brion Gysin dans un musée parisien et l’intitule « Le dernier musée », titre donné par l’artiste à une série d’œuvres réalisée à la fin de sa vie dans laquelle il représente graphiquement et photographiquement le Centre Pompidou qui est alors en train de surgir de terre sous ses fenêtres. Né en Grande-Bretagne en 1916, Brion Gysin fut à la fois peintre, poète, performeur, écrivain, photographe ; et les 140 œuvres réunies ici permettent d’aborder la dimension protéiforme de son travail. Associé à la Beat Generation, il est considéré comme l’inventeur de la technique du Cut-up – et un de ses cutters est même ici exposé comme un bijou - mais aussi de la Dreamachine considérée comme un geste pionnier de l’art optique. On passe ainsi de ce cylindre éclairé de l’intérieur qu’il faut regarder les yeux fermés pour élargir ses perceptions mentales à une calligraphie monumentale, intitulée Calligraffiti of Fire, un polyptique composé de dix tableaux et de plus de 16 mètres de long dont Gysin considérait qu’elle était « LA peinture de sa vie » L’exposition retrace ainsi le parcours éclaté tant artistiquement que géographiquement de Brion Gysin, marqué notamment par ses années passées au Maroc et à Paris, et le met en regard d’œuvres d’artistes dont il fut proche : William Burroughs, John Giorno, Keith Haring, Patti Smith ou Ramuntcho Matta... Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert en avril et se termine en juillet est signé par le directeur du Musée d’Art Moderne de Paris, Fabrice Hergott, accompagné d’Olivier Weil, Juliette Theureau et Hélène Leroy. Brion Gysin. Le dernier musée, c’est visible au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au milieu du mois de juillet prochain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 28 Jun 2026 - 13min - 652 - PARTIE 2 -EP179, autour de l'exposition "Cartes Imaginaires" à la BnF
« Cartes imaginaires. Inventer des mondes » est le titre de l’exposition qui a ouvert à la Bibliothèque Nationale de France en mars dernier et demeure visible jusqu’à la fin du mois de juillet. Elle invite visiteurs et visiteuses à un voyage à la découverte des liens entre cartographie et imaginaire en s’intéressant aux cartes qui ne tracent pas les contours de terres connues mais donnent forme à des territoires imaginaires, que ceux-ci prolongent, détournent ou s’émancipent du monde réel. Le parcours se fait en quatre étapes. La première nous entraîne dans la cartographie des mondes inexplorés établie au Moyen Âge et à la Renaissance, dans un moment où connaissances et croyances s’entrecroisent et intègrent, aux frontières des mondes connus, des créatures chimériques et des terres incertaines, « là où sont les dragons », avec une volonté de combler les vides du réel. La seconde nous emmène dans les mondes légendaires qui situent sur le globe des lieux mythiques que l’on trouve dans des récits antiques et médiévaux issus de récits de voyage ou de textes religieux : Atlantide, Eldorado ou royaume du prêtre Jean. La troisième est consacrée aux mondes forgés par la littérature, où la fiction s’appuie sur des cartes imaginaires qui confèrent une consistance aux univers narratifs, de L’Île au trésor à Game of Thrones en passant par le monde de Narnia ou l’Utopie de Thomas More. La dernière, intitulée « Les mondes de la carte » fait dialoguer œuvres anciennes et œuvres d’artistes contemporains qui s’inspirent de la cartographie pour déconstruire le dispositif de représentation spatiale lui-même et mettre à jour tout ce qu’on peut y projeter. Le commissariat de cette exposition est signé Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, conservatrices au département des Cartes et plans de la BnF. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 28 Jun 2026 - 14min - 651 - PARTIE 1 -EP 179, autour de la rétrospective Hilma af-Klint au Grand Palais
Hilma af-Klint. Les peintures du Temple (1906-1915) Et si l’abstraction en peinture n’avait pas commencé, comme on le dit souvent, en 1911, à Munich, lorsque Kandinsky trace au dos de son « Tableau avec cercle » cette phrase « le premier tableau abstrait », mais quelques années avant, à Stockholm ? La redécouverte de l’œuvre d’Hilma af Klint, née en 1862 et morte en 1944 perturbe la chronologie de l’art moderne avec une force décuplée par le fait que l’artiste avait choisi de garder ses œuvres abstraites cachées, en les faisant sceller pendant vingt ans après sa mort. Il a donc fallu attendre 1986, et l’exposition The Spiritual in Art à Los Angeles, pour que son œuvre soit enfin révélée au grand public. Son travail singulier est pour la première fois visible en majesté en France, au Grand Palais, qui expose son grand œuvre : le cycle des Peintures du Temple (1906‑1915), dont la série monumentale intitulée Dix Plus Grands. Formée à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm, Hilma af Klint a mené une double vie artistique : une pratique figurative conforme aux attentes de son époque et, dans le secret, une production avant-gardiste, nourrie par la théosophie et le spiritisme, explorant harmonie cosmique et forces invisibles qui s’exprime à travers des grandes compositions mêlant couleurs vives, motifs organiques, formes géométriques et symboles ésotériques. Le commissaire de la rétrospective Hilma af Klint, coproduite par le Centre Pompidou et le Grand Palais, qui a ouvert le 6 mai dernier et demeure visible jusqu’à la toute fin du mois d’août, est signé Pascal Rousseau, professeur à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 28 Jun 2026 - 15min - 650 - INTEGRALE -EP179, autour des rétrospectives Hilma af-Klint et Brion Gysin et de l'exposition "Cartes Imaginaires"
Des œuvres scellées pendant 20 ans et qui obligent à reconsidérer complètement la chronologie habituelle de l’histoire de l’art et de l’abstraction en peinture ; un parcours dans la cartographie réelle des mondes imaginaires, inexplorés, fantasmées ou inventés ; et une trajectoire protéiforme allant de la technique du cut up à la fabrication de machines pour catalyser les rêves. On discute aujourd’hui, pour ce qui sera le dernier « Esprit critique » de la saison, de l’impressionnante rétrospective que le Grand Palais consacre à la peintre suédoise Hilma af-Klint ; de l’exposition minutieuse que la Bibliothèque nationale de France dédie aux cartes imaginaires depuis les temps médiévaux jusqu’aux jeux vidéos ; et enfin du parcours de l’artiste multiple de Brion Gysin tel qu’il est restitué par le Musée d’Art Moderne de Paris. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Rose Vidal, critique et autrice « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 28 Jun 2026 - 44min - 649 - PARTIE 2 -EP178, autour de "Coming Soon" mis en scène et interprêté par Soraya Leila Emery
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Sun, 21 Jun 2026 - 14min - 648 - PARTIE 1 -EP178, autour de "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer à la Comédie française
Sur une scène en pente, avec en fond comme une stèle de béton géante, une femme, buste droit, seins nus et bouche hébétée, tient dans ses bras un homme nu et ensanglanté dont le cadavre viendra bientôt rouler presque jusque sous les yeux des spectateurs et spectatrices assis·es au premier rang. Au Vieux-Colombier, salle de la Comédie-Française dont le site Richelieu est fermé pour travaux, la pièce Penthésilée, dans une version proposée par le metteur en scène allemand Michael Thalheimer, débute par son image finale. Affirmant ainsi immédiatement sa dimension tragique et l’issue inéluctable du combat qui oppose les deux amants et adversaires que sont Penthésilée, reine des Amazones, et Achille, le héros grec fils de Pélée. Dans la version classique du mythe antique, Penthésilée, lors de la guerre de Troie, accourt à l’aide du roi de la ville, Priam, combat Achille mais finit transpercée par son épée, au moment même où leurs regards se croisent et où Achille tombe amoureux d’elle. Dans la pièce du poète et dramaturge allemand Heinrich von Kleist, écrite en 1808, et ici proposée dans une traduction de Julien Gracq, Éros et Thanatos ont toujours partie liée, mais la situation est inversée puisque c’est Penthésilée qui finit par tuer Achille. Elle obéit ainsi à la loi de son peuple, qui lui interdit de tomber amoureuse et de se reproduire autrement qu’avec des guerriers vaincus, capturés et soumis auxquels les Amazones s’unissent lors de la fête des Roses, sans avoir le droit ni de les choisir ni de les aimer. Michael Thalheimer réduit la distribution de la pièce à trois personnages, Achille et Penthésilée et une femme qui incarne une sorte de chœur individuel synthétisant différents personnages de la pièce. Penthésilée, de Michael Thalheimer, avec Suliane Brahim, Sébastien Pouderoux et Clotilde de Bayser, est visible jusqu’au 10 juillet. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 21 Jun 2026 - 13min - 647 - INTEGRALE EP-178, autour des specrtacles "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer, "Coming Soon" de Soraya Leila Emery
Une pièce du début du XIXe siècle traduite par Julien Gracq qui raconte le combat amoureux et à mort de la reine des Amazones et d’un demi-héros grec et une chorégraphie qui cherche à émanciper le plaisir féminin en détournant les codes de la représentation des odalisques. On parle de deux spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour : d’abord de Penthésilée mise en scène par Michael Thalheimer dans la salle du Vieux Colombier de la Comédie française ; ensuite de Coming Soon, chorégraphie créée et dansée par Soraya Leila Emery. Et on termine cette émission non pas avec un exercice critique traditionnel concernant une troisième pièce, mais avec des envies et des ouvertures proposés par chacun et chacune de nos trois titulaires des micros ce jour : - Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».- Vincent Bouquet qui écrit pour ScèneWeb.- Callysta Croizer qui travaille pour Mouvement et Les Echos « L’esprit critique » est enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 21 Jun 2026 - 44min - 646 - PARTIE 3 -EP177, autour de "La bagarre" de Lauren Groff
Une jeune fille qui emmène en autobus son frère à l’esprit déficient pour le laisser dans une institution après la mort de leur mère afin de pouvoir poursuivre ses études ; une mère et ses enfants qui échappent à la violence du père mais pas forcément au vent qui la porte ; un couple formé depuis 25 ans que la femme hésite à défaire moins pour quitter l’homme que pour « frôler à nouveau un avenir radieux » ; un concours de plongeon ; des amies d’adolescence qui se sont parfois perdues de vue mais se retrouvent au chevet d’une amie commune mourante et se racontent la pire chose qu’elles aient faite de leur vie ; une dynastie de banquier dont le canard noir se refait une santé en retapant une cabane du domaine familial et croit rencontrer l’amour… On trouve tout cela, et encore beaucoup d’autres histoires, dans La bagarre, titre donné à un recueil de neuf nouvelles de l’écrivaine américaine Lauren Groff, autrice de roman remarqués, parmi lesquels Les Furies, Arcadia ou les Terres indomptées, mais également de deux précédents recueils de nouvelles regroupés sous les titres Fugues (Plon, 2009) et Floride (L’Olivier, 2019). La plupart des nouvelles de ce recueil ont été initialement publiés dans le New Yorker et sont traduites par Carine Chichereau aux éditions de l’Olivier, comme la plupart des textes de Lauren Groff. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 14 Jun 2026 - 12min - 645 - PARTIE 2 -EP177, autour de "Works" de Vitaliano Trevisan
Pendant près d’un quart de siècle, Vitaliano Trevisan né en 1960 et mort en 2022, a exercé un nombre infini de métiers dans une région industrieuse du nord-est de l’Italie, en Vénétie : fabricant de cages d’oiseaux, serveur dans une pizzeria, maçon, dessinateur de meubles, glacier, géomètre, magasinier mais aussi dealer dans la mesure où écrit-il, « aux gens qui se demandent ce que les acides ont à voir avec le travail, je dirais que, contrairement à ce qu’on croit, dealer est un travail de tous les points de vue. » Ces métiers le plus souvent manuels, déclarés ou non, la plupart précaires, Vitaliano Trevisan les a exercés sans avoir toujours le temps d’écrire, mais en se sachant écrivain, même s’il a dû attendre des décennies pour pouvoir se consacrer entièrement à l’écriture de livres, de pièces de théâtre et de scénarios. En 2016, il publie un ouvrage de plus de 700 pages, intitulé Works, qui rend compte de ses expériences de travail depuis son adolescence dans les années 1970 jusqu’au début des années 2000, en offrant un regard d’une précision littéraire et sociologique inédite sur un monde souvent négligé par les écrivains. Un livre au ton souvent imprécateurs contre les hypocrisies de la société qui l’entoure, au sujet de laquelle il écrit notamment : « Mais qu’est-ce que l’Italie, me suis-je pris à penser en me levant et en m’acheminant vers le Panthéon, sinon un conglomérat de lieux communs. Les prendre à coups de marteau, voilà une de mes tâches » ? C’est ce livre qui paraît aujourd’hui en français aux éditions Verdier, traduit par Christophe Mileschi et Martin Rueff, quatre ans après le décès de son auteur et une décennie après sa publication en Italie. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 14 Jun 2026 - 13min - 644 - PARTIE 1 -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal
C’est le livre qui a bouleversé le monde éditorial français, signé l’arrêt de mort d’une maison d’édition plus que centenaire et déclenché une fronde inédite d’auteurs et d’autrices venant d’horizons littéraires et politiques hétérogènes contre la mainmise croissante de Vincent Bolloré sur le champ culturel. On évoque La Légende, le dernier livre de Boualem Sansal que publient les éditons Grasset. Cet ouvrage raconte sa détention dans les geôles du régime algérien tout en réglant ses comptes avec son ancienne maison d’édition, Gallimard, mais aussi une bonne partie de la presse française, la France insoumise et plus généralement toutes celles et ceux qu’il juge complice de dérouler le tapis rouge à l’islamisation de la France et, à le lire, ils sont nombreux. A la fois journal d’un prisonnier, manifeste et commentaire politique, autoportrait d’un écrivain récemment reçu à l’Académie française mais s’imaginant entrer dans la légende pour s’assurer peut-être davantage une forme d’immortalité, La Légende est un texte étrange, hétéroclite et parfois confus, dont il faudrait pouvoir parler « en oubliant le bruit qui l’entoure » comme le disait l’article du Monde le chroniquant récemment. Mais il est néanmoins difficile d’oublier ce bruit, tant ce texte écrit en quarante jours surfe précisément sur le vacarme médiatique qu’a eu l’emprisonnement de l’écrivain, puis sa décision de quitter son éditeur historique pour rejoindre l’empire Bolloré et les sommes astronomiques que ce dernier était prêt à mettre pour obtenir cette prise de guerre. Un livre qui étonne moins par ses qualités littéraires que par l’absence de travail éditorial ayant entouré un texte qui regorge d’erreurs, et le gouffre entre ce qu’il est et ce qu’il prétend être, par exemple lorsque Sansal écrit qu’il se réjouit de rejoindre Grasset, « une grande maison qui compte tant d’auteurs fameux dont beaucoup sont mes amis, où j’ai trouvé ce que je venais de perdre : de l’amitié, de l’attention, de la confiance, de la correction, et même, chose rare, de la modestie. Chez son directeur, Olivier Nora, que je ne connaissais pas, j’ai trouvé les qualités humaines que ses auteurs lui reconnaissent sans restriction. Je me suis renseigné, quand même. Se tromper deux fois serait grave ». Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 14 Jun 2026 - 14min - 643 - INTEGRALE -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal ; "Works" de Vitaliano Trevisan et "La bagarre" de Lauren Groff
« L’esprit critique » discute de l’ouvrage qui a fait imploser l’édition française et une maison plus que centenaire ; d’un roman monstre sur le monde du travail dans la Vénétie industrieuse de la dernière partie du XXe siècle et d’un recueil de nouvelles américaines qui saisissent leurs personnages – le plus souvent des femmes – à un instant décisif de leurs trajectoires. On évoque en effet successivement La Légende, le livre écrit en quarante jours par Boualem Sansal après sa détention en Algérie et dont il n’aura échappé à personne qu’il est publié chez Grasset ; de Works signé Vitaliano Trevisan traduit en français par les éditions Verdier dix ans après sa parution initiale en Italie, et enfin de La bagarre, recueil de nouvelles de Lauren Groff qui est sorti aux éditions de l’Olivier. Avec : • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart. • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 14 Jun 2026 - 41min - 642 - PARTIE 1 -EP176, autour du film d'Antonin Baudry, "La Bataille de Gaulle. L'âge de fer"
La Bataille de Gaulle. L’âge de fer est la première partie d’un film de près de cinq heures dont le second tronçon intitulé J’écris ton nom sortira au début du mois de juillet. Il est signé Antonin Baudry, ancien diplomate, auteur de la bande dessinée à succès Quai d’Orsay en 2013, puis du film de guerre sous-marine Le Chant du loup. Le réalisateur se concentre ici sur les deux premières années de la guerre, c’est-à-dire sur le moment où le « petit colonel » devient général à l’occasion de la débâcle des armées françaises devant les troupes hitlériennes, puis entend incarner la France et la Résistance depuis Londres, en dépit de son isolement, de l’hostilité des Américains et des réticences des Britanniques vis-à-vis de ce militaire dont le film raconte la légende tout en lui donnant, aussi, un aspect chaplinesque, jouant ainsi tout au long du film d’un contraste entre l’hagiographie et la pantomime. Avec un budget de près de 100 millions d’euros et produit par Pathé, une pelletée d’acteurs stars incarnant les grands noms de la Seconde Guerre mondiale, des moments de dialogue entre Churchill et de Gaulle et des scènes de batailles sur mer ou dans le désert, le diptyque entend être un grand film populaire, et prendre directement sa place au sein d’un certain patrimoine historique et cinématographique français. Tout en mettant sur un piédestal une figure pour laquelle les principes républicains et la vision de la France étaient totalement incompatibles avec le fait d’accepter, directement ou indirectement, le fascisme : ce qui n’est pas forcément inutile par les temps qui courent… Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 07 Jun 2026 - 20min - 641 - PARTIE 3 -EP176, autour de "Bouchra", de Meriem Bennani et Orian Barki
Bouchra est le titre d’un film d’animation signé Meriem Bennani et Orian Barki en forme d’autofiction, puisque Bouchra est, comme Meriem Bennani, une jeune femme vivant sa vie d’artiste et de lesbienne à New York, portant blouson de cuir et piercing. Mais Bouchra est représentée ici sous la forme d’une coyote aux grands yeux et aux dents acérées dans un monde peuplé d’animaux anthropomorphes : ours, béliers, girafes… Le film est construit comme une mise en abyme, puisque Bouchra travaille dans son studio à l’écriture d’un film dans lequel elle raconte sa vie amoureuse et son identité queer, vécue ouvertement à New York, mais encore niée au Maroc, dont elle est originaire, même si ses parents sont au courant depuis une décennie et si les échanges avec sa mère restée dans son pays d’origine – et les difficultés d’échanger avec elle sur ce sujet – scandent un film rythmé, dans tous les sens du terme. Ce film s’inscrit aussi dans cette tendance des films d’animation pour adulte, à l’instar de deux films présentés à Cannes, Jim Queen, dans lequel un virus étrange transforme tous les hommes gays en hétérosexuels, ou encore Le Vertige, projet animé de Quentin Dupieux. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 07 Jun 2026 - 12min - 640 - PARTIE 2 -EP176, à propos de "Notre Salut" d'Emmanuel Marre
Notre Salut a été une des révélations du Festival de Cannes (où nous n’étions pas), mais a été projeté dans quelques salles en avant-première la semaine dernière, avant une sortie prévue le 30 septembre. L’idée n’était ni de parler d’un film qu’il n’est pas encore possible de voir pour faire les malins, ni d’absolument vouloir évoquer un long métrage récompensé par le prix du scénario lors du Festival de Cannes. Mais Notre salut d’Emmanuel Marre nous intéressait tout particulièrement. D’abord parce qu’il s’inscrit dans un moment du cinéma obsédé par l’époque vichyste et la question de la résistance et de la collaboration. Le film d’Emmanuel Marre arrive en effet en écho au biopic sur de Gaulle, mais aussi au long métrage de Xavier Giannoli, Les Rayons et les Ombres, qui retraçait le parcours du collaborationniste Jean Luchaire exécuté à la Libération, et au nouveau film de László Nemes sur Jean Moulin, avec Gilles Lellouche dans le rôle-titre, qui était en compétition à Cannes et sortira en salles à l’automne. Ensuite parce qu’il s’inscrit dans ce moment avec une grammaire cinématographique qui percute de plein fouet le genre du film d’époque, avec une forme « d’anachronisme contrôlé », pour reprendre les termes de l’helléniste Nicole Loraux, et qu’il parvient peut-être ainsi à être autre chose qu’un film d’histoire dont on attendrait soit de la véracité, soit des leçons. Et ce même s’il est fondé sur une histoire bien réelle, en l’occurrence celle de l’arrière-grand-père du cinéaste, petit fonctionnaire de la collaboration ordinaire, ayant adhéré avec enthousiasme à la « révolution nationale » pétainiste, après avoir écrit un livre à compte d’auteur intitulé précisément Notre salut sur le choc qu’a été la défaite rapide des armées françaises face à celles d’Hitler. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 07 Jun 2026 - 14min - 639 - INTEGRALE EP-176, autour de "La Bataille de Gaulle" d'Antonin Baudriy ; "Notre Salut" d'Emmanuel Marre et "Bouchra" de Meriem Bennani et Orian Barki
Aujourd’hui, « L’esprit critique » s’intéresse plus particulièrement à l’intérêt que le cinéma porte en ce moment à la période de Vichy et aux questions de résistance et de collaboration, avec deux films qu’en apparence tout oppose. D’un côté, La Bataille de Gaulle, signé Antonin Baudry, film à grand spectacle et gros budget sur le parcours de l’homme qui a emblématisé la résistance à Pétain depuis Londres. De l’autre, Notre salut, d’Emmanuel Marre, prix du scénario à Cannes, qui innove esthétiquement et politiquement pour retracer le parcours d’un petit fonctionnaire rallié à la « révolution nationale » et qui se trouve être l’arrière-grand-père du cinéaste. Pour terminer cette émission, on changera totalement de registre en évoquant un objet cinématographique peu identifié : une autofiction prenant la forme d’un film d’animation pour adultes. Il s’intitule Bouchra et est signé Meriem Bennani et Orian Barki. Avec : - Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï ;- Salima Tenfiche, maîtresse de conférences en cinéma à l’université Sorbonne-Nouvelle ;- Raphaël Nieuwjaer, qui écrit pour les Cahiers du cinéma et la revue Études.Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 07 Jun 2026 - 48min - 638 - PARTIE 3 -EP 175, autour de la nouvelle saison du Palais de Tokyo, "Normes Corps"
La nouvelle saison du Palais de Tokyo, pour citer son directeur Guillaume Désanges « interroge positivement les notions de vulnérabilité, de fragilité, de handicap et d’écarts par rapport aux normes pour proposer des expériences artistiques qui bouleversent les idées reçues », et entend bousculer le validisme « ce système qui établit, par des critères physiques et psychologiques une hiérarchie entre les corps, entre ceux dits “normaux“ et ceux jugés “anormaux“ afin de restituer la « puissance subversive du handicap ». Pour cela, le Palais de Tokyo présente six expositions monographiques d’artistes qui explorent la fragilité, le handicap ou la différence regroupés sous le titre générique « Normes Corps ». Parmi ces derniers, on trouve les artistes français Pauline Curnier-Jardin et Benoît Piéron et les Britanniques Jesse Darling et Cathy de Monchaux, ainsi que deux sections plus petites consacrées l’une au travail sur les rampes d’accès de l’artiste américain Joseph Grigely, l’autre à celui de Cheryl Marie Wade, morte en 2013, figure tutélaire d’une scène d’artistes handicapés développée à Berkeley, en Californie, à la fin des années 1970, qui revient sur l’invention même du terme « crip », réappropriation positive du terme péjoratif « cripple », pour estropié. « Normes Corps » a ouvert au début du mois d’avril et demeure visible jusqu’au milieu du mois de septembre. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 31 May 2026 - 14min - 637 - PARTIE 2 -EP175, autour de la rétrospective Henry Taylor au Musée Picasso "Where Thoughts provoke"
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Sun, 31 May 2026 - 15min - 636 - PARTIE 1 -EP175, autour d'"Une hirondelle ne fait pas le printemps", d'Annette Messager, au Musée de la Chasse et de la Nature
Le musée de la Chasse et de la Nature à Paris s’est fait une spécialité d’inviter des artistes contemporains à investir ses espaces pour dialoguer avec ses collections si particulières, faites d’animaux empaillés, de trophées et massacres, de fusils de toutes époques et de toute dimension, de crottes d’animaux divers, de peintures et de tentures. Celle qui est proposée depuis le 14 avril et jusqu’au 15 septembre par la plasticienne Annette Messager semble relever de l’évidence tant le motif de l’animal traverse l’ensemble de l’œuvre de la plasticienne née en 1943 à Berck-sur-Mer, connue pour un travail fait aussi bien de broderies, de sculptures, de dessins de photographies que d’installations composées à partir d’objets du quotidien, qui a été exposée dans les plus grandes institutions muséales de la planète, du Moma de New York au Centre Pompidou de Paris et a été lauréate du Lion d’or à la Biennale de Venise en 2005 Araignées en bronze ou en assemblage de soutien-gorge, peluches de lapins et d’oursons, mais aussi dessins « d’escargot-cocotte » ou petite sculpture noire de « cheval-chaussure » : le bestiaire d’Annette Messager est vaste et oscille entre le chimérique et l’onirique, entre le sexuel et le sensuel, entre l’humour et le tragique. Le commissariat de cette exposition intitulée « Une Hirondelle ne fait pas le printemps » est signée Colin Lemoire, historien d’art et écrivain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 31 May 2026 - 11min - 635 - INTEGRALE -EP175, autour de l'exposition d'Annette Messager, de la rétrospective Henry Taylor et de la proposition "Normes corps"
Un bestiaire artistique composé sur plusieurs décennies immergé dans des collections de chasse et d’animaux empaillés ; un plasticien africain-américain travaillant la mémoire noire et les objets de consommation exposé en une centaine d’œuvre en miroir des tableaux de Picasso et six expositions monographiques qui composent ensemble une réflexion visuelle sur la « puissance subversive des handicap » en entendant faire vaciller le « normcore » en montrant d’autres type de corps. On discute et dispute aujourd’hui de l’investissement du Musée de la Chasse et de la Nature par Annette Messager avec une exposition intitulée « Une hirondelle ne fait pas le printemps » ; de la grande rétrospective que le Musée Picasso consacre au peintre et sculpteur Henry Taylor et enfin de la proposition intitulée « Norme Corps » qui ouvre la nouvelle saison du Palais de Tokyo. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Rose Vidal, critique et autrice Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 31 May 2026 - 41min - 634 - INTEGRALE -EP174. Le Cabaret, entre renouveau et institutionnalisation
On ne se rendra pas au Lido ni aux Folies Bergère dans « L’esprit critique » de ce jour consacré au cabaret, mais dans plusieurs lieux qui cherchent à renouveler ce genre séculaire. Que ce soit, parmi d’autres, le Truc, un ancien garage du XXe arrondissement de Paris qui a proposé début mai le « Jardin Rouge Festival » ; le théâtre de l’Atelier qui a accueilli récemment « La Bouche Cabaret » pour un spectacle qui part maintenant en tournée dans plusieurs villes de France, ou encore le Théâtre du Rond-Point qui propose en ce moment, sous la houlette de Pierre Maillet, de faire renaître, dans un club fantomatique nommé Reno Sweeney un « cabaret vertigineux, nostalgique et flamboyant. » Le cabaret connaît en effet aujourd’hui une véritable vogue, qui en démultiplie les espaces et les formes, aussi bien dans des marges que dans des lieux institutionnels qui pourraient paraître a priori décalés, voire contradictoires, avec les spectacles qu’ils présentent. En janvier dernier, l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati a même annoncé un plan Cabaret prévoyant notamment une Saison Cabaret qui va se dérouler du 16 septembre au 15 novembre 2026 dans toute la France, afin de renforcer la visibilité des artistes et la connaissance du cabaret qui, pour citer l’ancienne ministre, « appartient à notre patrimoine et est un art bien vivant. » A la fois ancien et contemporain, le genre du cabaret semble aujourd’hui osciller entre subversion et institutionnalisation, entre rentabilité commerciale et inclusivité politique. « La Bouche Cabaret » figure de la scène queer, proposait récemment au théâtre de l’Atelier son Gala de printemps et revient prochainement les prochaines semaines dans plusieurs lieux parisiens ainsi qu’à Marseille, Orléans, Lyon ou Grenoble et même Berlin. Le spectacle de Pierre Maillet « Edith Beale au Reno Sweenay » est, quant à lui, visible au théâtre du Rond-Point jusqu’au 31 mai prochain. Avec : - Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».- Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux.- Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. « L’esprit critique » est un podcast enregistré par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 24 May 2026 - 40min - 633 - PAETIE 3 -EP173, autour du roman d'Ocean Vuong, "L'empereur de la joie" (Gallimard)
Un personnage nommé Sony d’après la marque japonaise du même nom ; un autre dont le prénom, Hai, se prononce comme on dit « salut » aux Etats-Unis ; une veuve âgée d’origine lituanienne prénommée Grazina ; mais aussi un Russe, une catcheuse gérante de restaurant ou encore Maureen qui finira à tricoter des écharpes dans son fauteuil roulant dans la ville de Defiance, dans l’Ohio… C’est un melting pot très américain, réuni dans une petite ville marginalisée et paupérisée de Nouvelle Angleterre, que nous donne à lire Ocean Vuong, marketé comme le nouveau prodige des lettres américaines dans son nouveau roman intitulé L’Empereur de la Joie et traduit par Hélène Cohen aux éditions Gallimard. Petite ville où règnent la malbouffe et les cachets permettant la défonce, et à propos de laquelle le narrateur écrit : « Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. (…) Nous sommes la tache floue derrière les vitres de vos tarins et de vos monospaces, de vos bus greyhound, nos visages déformés par le vent comme les parias des toiles de Munch. » Tout comme Hai le personnage principal de son histoire, Ocean Vuong, né au Vietnam à la fin des années 1980, est arrivé aux Etats-Unis à l’âge de deux ans. Tout comme lui, il a voulu écrire, rencontrant le succès avec un premier roman intitulé Un bref instant de splendeur, ainsi qu’un recueil de poésie titré Le temps est une mère. L’Empereur de la Joie débute un soir d’été, au moment où Hai, 19 ans, addict à différents cachets, sans perspectives et presque sans famille, se retrouve sur un pont et sous une pluie battante, prêt à sauter en contrebas, avant d’en être dissuadé par Grazina, et de former avec elle un improbable duo jouant à la guerre et à la famille, pour le plus grand déplaisir du fils de Grazina... Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 17 May 2026 - 17min - 632 - PARTIE 2 -EP173, autour du roman de Simon Legré, "Un moment orange" (Notabilia)
Un moment orange est le titre du premier roman de Simon Legré, que publient les éditons Notabilia. Il met en parallèle et en tension une tache d’humidité apparue sur un des murs du studio du narrateur et un « petit doute sur le VIH » énoncée par une médecin lors d’un contrôle de routine. Le narrateur ne peut partager l’anxiété de l’attente de ses résultats médicaux, ni avec son père venu faire des travaux dans son appartement, ni avec son dernier partenaire qu’il n’a pas prévu de revoir. Dans le cadre de ce réaménagement, le narrateur tombe sur l’ouvrage d’Hervé Guibert, A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie dans lequel ce dernier racontait sa maladie et le VIH qui détruisait alors son corps, et Simon Legré écrit à ce propos : « Je le feuillette. J’en ai souligné au crayon certains passages, il y a longtemps, peut-être tout sauf par hasard. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 17 May 2026 - 09min - 631 - PARTIE 1 -EP173, autour du roman d'Agathe Charnet, "Peut-être le hasard" (Les corps conducteurs)
Peut-être le hasard est le titre du premier roman de la dramaturge et metteuse en scène Agathe Charnet, autrice de plusieurs pièces de théâtre. Il est publié aux Corps conducteurs, jeune maison d’édition au nom inspiré d’un ouvrage de Claude Simon qui entend publier des livres qui « électrisent ». Dans ce texte largement autobiographique, l’autrice retrace une catastrophe à la fois commune et extraordinaire : la démence précoce qui touche sa mère, enseignante de philosophie, alors qu’elle vient seulement d’atteindre la cinquantaine. Tout à la fois portrait croisé de deux femmes de deux générations différentes, journal de maladie, réflexion sur la fin de vie et expression rageuse de la difficulté à aider les proches souffrants, Peut-être le hasard se présente sous forme de successions d’hypothèses plus ou moins sérieuses et de tranches de vie flirtant avec la mort. Chaque chapitre est ainsi introduit par un titre formulé en des termes comme : « C’est peut-être Balthazar » ; « C’est peut-être la protéine précurseur amyloïde » ; « C’est peut-être le divorce » ; « C’est peut-être le chat roux »… Agathe Charnet aborde ainsi le « deuil blanc », c’est-à-dire le deuil d’avant le deuil, le deuil d’une personne qui disparaît dans la démence avant de mourir vraiment et qui lui fait écrire en s’adressant directement à sa mère : « Tu ne pleureras pas de joie à l’annonce de ma grossesse et n’activeras pas, malgré mes interdictions, le tam-tam familial pour que chacun soit au courant. Tu ne tiendras pas mon nouveau-né dans tes bras, ne débarqueras pas en catastrophe pour m’aider quand il sera malade, ne feras jamais de réflexion délicieusement crispante sur ma façon de l’élever, ne le garderas jamais pour les vacances scolaires en te plaignant d’être un peu épuisée à la fin. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 17 May 2026 - 13min - 630 - INTEGRALE -EP173, autour des romans "Peut-être le hasard" d'Agathe Charnet, "Un moment Orange" de Simon Legré et "L'Empereur de la joie" d'Ocean Vuong
Les romans dont nous parlons aujourd’hui sont reliés par une thématique, et celle-ci est sombre, même quand le ton des ouvrages ne l’est pas forcément. Il sera en effet beaucoup question aujourd’hui de maladies et de corps défaillants et/ou vieillissants, perdant la mémoire ou l’usage de leurs fonctions de rétention urinaire. On évoque en effet dans ce podcast Peut-être le hasard, premier roman de la dramaturge Agathe Charnet publié aux Corps Conducteurs ; un autre premier roman signé Simon Legré et intitulé Un moment Orange que font paraître les éditions Notabilia et enfin L’Empereur de la joie, le deuxième roman de la nouvelle coqueluche des lettres américaines, Ocean Vuong, que traduisent les éditions Gallimard. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Lise Wajeman, professeur de littérature comparée et qui devrait davantage chroniquer l’actualité littéraire pour Mediapart • Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, également chargé de cours à l’université. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 17 May 2026 - 41min - 629 - PARTIE 3 -EP172, autour du "Diable s'habille en Prada 2", de David Frankel
Le Diable s’habille en Prada, la suite. Il y a tout juste vingt ans sortait au cinéma un film devenu culte, adapté du best-seller de Lauren Weisberger paru trois années auparavant. Deux décennies plus tard, le réalisateur et le casting sont restés les mêmes avec David Frankel derrière la caméra et Meryl Streep, Anne Hathaway ou encore Emily Blunt devant celle-ci. Le film organise les retrouvailles entre Meryl Streep alias Miranda, dirigeante du magazine de mode Runway et son ancienne assistante, Anne Hathaway alias Andy, licenciée du journal d’investigation dans lequel elle travaillait et appelée à la rescousse pour pallier un bad buzz numérique lié à un article publié par l’alter-ego de fiction du magazine Vogue. Dans Le Diable s’habille en Prada 2, la patronne toxique et cynique qu’était Meryl Streep ne jette plus son manteau en arrivant en bureau en attendant que des assistantes s’en occupent, elle est contrainte de l’accrocher elle-même au porte-manteau, avec quelques difficultés liées aux vingt années qui se sont écoulées entre le premier et le second opus… Le Diable s’habille en Prada 2 est sorti sur les écrans le 29 avril. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 10 May 2026 - 13min - 628 - PARTIE 2 -EP172, autour de la série "Bandi" d'Eric et Capucine Rochant
On poursuit cette émission non pas avec un film, mais avec une série proposée par le cinéaste et scénariste Éric Rochant, célèbre pour la série du Bureau des Légendes ou son film Un monde sans pitié, co-écrite et réalisée avec sa fille Capucine Rochant. Cette série s’intitule Bandi, sans t à la fin, parce qu’elle se déroule en Martinique, et alterne entre français et créole. Elle est filmée à l’opposé des clichés touristiques, dans les quartiers défavorisés de cette île des Antilles. Disponible sur Netflix en huit épisodes de 55 minutes chacun, la série suit l’évolution de la famille Lafleur, constituée de onze frères et sœurs, que l’on découvre alors que leur mère, pilier et seule source de revenus d’une cellule familiale dont le père est en détention, vient de mourir dans un accident de la route. Pour survivre et ne pas être séparés, plusieurs des frères se lancent dans le trafic de drogue, dans des styles différents, incarnés par l’opposition entre les deux frères Kylian et Kingsley, qui ont chacun leur façon de faire du business. Cette série réalisée et produite par des figures du cinéma hexagonal, mais voulant représenter des décors de palmiers, des trafics de drogue, des courses en scooters débridés et des dialogues en créole ne produit-elle que des clichés ? Autrement posé, est-elle exotique en nous montrant un univers rarement vu à l’écran ou exotisante en ne nous présentant que des images attendues voire problématiques ? Bandi, signé Éric et Capucine Rochant, est disponible sur Netflix depuis le début du mois d’avril. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 10 May 2026 - 14min - 627 - PARTIE 1 -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis
Dao, comme nous l’explique un carton qui ouvre le nouveau long-métrage du réalisateur Alain Gomis ainsi titré, cela signifie « mouvement perpétuel et circulaire, qui coule en toute chose et unit le monde ». Et c’est bien cette ambition de capter un tel mouvement qui anime le cinéaste en mettant et montant en parallèle deux cérémonies familiales reliées entre elles à travers le personnage de Gloria, personnage principal de ce film choral, qui réenterre son père et marie sa fille. La première cérémonie est un rite animiste qui se tient dans un village de Guinée Bissau un an après la mort du père. La seconde est un mariage qui se tient dans une ferme de la campagne française louée à l’occasion des noces de la fille. En donnant des rôles à des acteurs et actrices professionnels et non professionnels, y compris à sa propre famille ; en brouillant les pistes entre fiction et documentaire ; en mêlant improvisation et dialogues et scènes jouées et non jouées ; ou encore en donnant accès au making of du long-métrage au point de le débuter par son casting préparatoire, Alain Gomis semble vouloir troubler les rapports entre le vrai et le faux, mais avec néanmoins l’envie d’atteindre à une vérité de ce tout qui peut se jouer dans les rapports familiaux : émotions inattendues ou échanges convenus, gênes soudaines ou joies explosives, poids et légèreté tout à la fois de s’inscrire dans une généalogie et d’être pris dans des liens qui peuvent enfermer ou libérer… Dao, d’Alain Gomis est sorti en salles le 29 avril dernier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 10 May 2026 - 18min - 626 - INTEGRALE -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis, de la série "Bandi" signée Eric et Capucine Rochant et du "Diable s'habille en Prada 2" signé David Frankel
Deux longs-métrages et une série en huit épisodes. La suite d’un objet culturel devenu culte ; un nouveau jalon d’une filmographie exigeante et un déplacement géographique et scénaristique signé par l’un des showrunners les plus connus des écrans français. La Guinée Bissau, New York et les quartiers défavorisés de la Martinique. Le programme de « L’esprit critique » est particulièrement éclectique. On discute et dispute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de Dao, le nouveau film du réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis, de la série Bandi, écrite et réalisée par Éric Rochant et sa fille Capucine Rochant ainsi que du Diable s’habille en Prada 2 réalisé comme le premier opus par David Frankel. Avec : • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï. • Salima Tenfiche, maîtresse de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle • Raphaël Nieuwjaer critique pour les Cahiers du cinéma et la revue Études. « L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 10 May 2026 - 47min - 625 - PARTIE 3 -EP171, autour de "Manières d'être vivant", signé Clara Hédouin
Après les succès publics et critiques de la série théâtrale Les Trois Mousquetaires d’après Alexandre Dumas et de la mise en scène en extérieur du roman de Jean Giono, Que ma joie demeure, présentée notamment Festival d’Avignon, la metteuse en scène Clara Hédouin adapte Manières d’être vivant, l’essai du philosophe Baptiste Morizot, figure de la réflexion contemporaine sur le vivant et les relations entre humains et non-humains. Pour mettre en scène ce texte a priori éloigné du registre théâtral, Clara Hédouin réunit un petit groupe de passionnés de nature au col de la Bataille, dans le Vercors, pour observer d’abord les oiseaux migrants vers l’Afrique. Après que chacun des acteurs et actrices se renomment pour incarner chacun et chacune des facultés humaines : – le Doute, le Raisonnement, la Poésie, l’Imagination, l’Amour et l’Attention –, ces enquêteurs-philosophes se lancent ensuite sur la piste du loup. Manières d’être vivant signé Clara Hédouin était visible récemment à la Criée à Marseille et à la MC93 de Bobigny et sera visible en juin à l’Abbaye de Fontfroide puis à Calais en version extérieure, avant d’aller à Châteauvallon en juillet. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 26 Apr 2026 - 12min - 624 - PARTIE 2 -EP171, autour de "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell
« Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire, une génération où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté ne doit pas être perdue, cette sauvagerie esthétique, cet excès ! Je suis un samouraï, je me bats jusqu’à la mort. La mort est et sera toujours au centre de ma vie », avait déclaré Angelica Liddell à l’occasion de la remise d’un prix en juin 2025 pour Dämon, el funeral de Bergman. C’est dans ce registre que s’inscrit Vudú (3318) Blixen, titre de la nouvelle proposition de l’actrice, performeuse et metteuse en scène Angelica Liddell, placé sous le signe de la baronne danoise Karen Blixen, connue sous le nom de plume d’Isak Dinesen, autrice notamment du roman La ferme africaine et qui a donné son nom à l’astéroïde 3318. La pièce fait partie de la « trilogie des funérailles » proposée par Angelica Liddel, mais a été créée en réalité avant DÄMON, El funeral de Bergman, pièce présentée en juillet 2024 dans la cour d’honneur du Festival d’Avignon. De Blixen, Liddell retient principalement qu’elle « avait promis son âme au diable, en retour le diable lui avait promis que tout ce qu’elle vivrait désormais deviendrait une histoire ». Et c’est aussi une forme de pacte avec le diable qu’elle veut sceller pour se venger de l’homme qui l’a quittée et laissée avec une douleur irrémédiable qu’elle cherche à exorciser par les mots et les images. Prenant la forme d’un rituel occulte ou d’une grand-messe en bleu, noir et rouge, la pièce-cérémonie de plus de 5 heures est organisée en succession de cinq actes et tableaux qui paraissent épouser les étapes parfois associées au deuil : le déni à travers une reprise de la chanson de Jacques Brel « Ne me quitte pas » sur un monceau de fleurs blanches ; avant que ne se donnent à voir la colère, la tristesse exprimée notamment par un gigantesque boulet auprès duquel Angelica Liddell s’assoit, puis une forme de résignation traduite notamment par des images de futurs qui n’ont pas existé. Mais ce cycle censé classiquement se terminer par une reconstruction ne sied pas à la colère de la performeuse qui préfère organiser un final grandiose dans lequel elle orchestre ses propres funérailles, dans un dernier tableau ou le rouge sang a pris la place du bleu des débuts et où résonnent 101 coups de canons ainsi que la musique de Ray Heredia. Le spectacle a suscité une tribune du collectif « Décolonisons les arts », publiée sur ScèneWeb, et mettant en cause l’imagerie raciale à l’œuvre dans ce spectacle fondée sur une écrivaine dont l’œuvre est fortement située dans le contexte colonial. Vudú (3318) Blixen, d’Angelica Liddell, c’était récemment visible au Théâtre de l’Odéon. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 26 Apr 2026 - 18min - 623 - PARTIE 1 -EP171, autour de "La Maison de Bernarda Alba", signé Thibaud Croisy, au T2G
La maison de Bernarda Alba est l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, assassiné par des miliciens franquistes le 19 août 1936, deux mois seulement après avoir terminé ce texte prenant la forme d’un huis clos dans une maison andalouse dans laquelle une mère, Bernarda Alba, enferme ses cinq filles pendant des années pour respecter la tradition du deuil de son mari. Le metteur en scène Thibaud Croisy en propose une nouvelle traduction, effectuée en collaboration avec Laurey Braguier et publiée à L’Arche, et une nouvelle transposition sur scène, présentée au Théâtre de Gennevilliers, après être passée par Mulhouse et Bordeaux. Cette mise en scène perturbe la distribution habituelle de la pièce, puisque Thibaud Croisy a pris un homme pour jouer Poncia, la gouvernante et servante de la maisonnée qui commente le drame ; et qu’il a confié les rôles des cinq filles de Bernarda à des actrices aux corps et âges fort dissemblables. Ce choix de confier les rôles de la pièce non pas à des jeunes actrices qui se ressembleraient mais à des femmes d’âge mûr aux physiques différents souligne la cruauté de la situation de ces femmes célibataires dont les désirs se heurtent aux murs entre lesquels n’apparaissent que des fragments du monde extérieur. Parmi ces fragments sur lesquels fantasment les femmes enfermées, Pepe le Romano, l’un des plus bels homme de la région, que l’aînée et la plus laide des cinq sœurs, Angustias, pourrait épouser grâce à l’héritage que lui a laissé son père, mais dont est aussi tombée amoureuse la benjamine de la famille, Adela. La maison de Bernarda Alba de Thibaud Croisy, avec Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Helena de Laurens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller et Frédéric Leidgens, c’était récemment au Théâtre de Gennevilliers et ce sera bientôt visible à Bordeaux, au TCI à Paris, à Angers, Clermont-Ferrand, Béthune, Juvisy et Valenciennes. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 26 Apr 2026 - 16min - 622 - INTEGRALE -EP171, autour des spectacles "La Maison de Bernarda Alba" signé Thibault Croisy ; "Vudú (3318) Blixen" d'Angelica Liddell et "Manières d'être vivant" de Clara Hédouin
Un classique du théâtre de l’entre-deux-guerres retraduit ; une référence à une baronne et écrivaine danoise ayant fait un pacte de création avec le diable et une tentative de mettre en et sur scène la philosophie contemporaine du vivant… On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ultime pièce du poète Federico Garcia Llorca, La maison de Bernarda Alba, mise en scène par Thibaud Croisy au Théâtre de Gennevilliers ; de Vudú (3318) Blixen, titre singulier donné à la nouvelle performance de plus de cinq heures proposée par l’espagnole Angelica Liddell qui était récemment visible au Théâtre de l’Odéon ; et enfin de la proposition de la metteuse en scène Clara Hédouin à partir de l’essai du philosophe Baptiste Morizot intitulé Manières d’être vivant, créé à l’automne à Villeurbanne et donnée récemment à la MC93 de Bobigny. Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans la revue Mouvement, Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour SceneWeb et les les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux. • Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur SceneWeb. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 26 Apr 2026 - 48min - 621 - INTEGRALE -EP170, autour de "Jaune Soleil" d'Éric Chevillard , du "Carnet de notes. 2021-2025" de Pierre Bergounioux et du recueil de César Aira, "les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans"
Deux livres massifs publié par des sommités de la littérature mondiale et un texte bref commençant et finissant avec le regard d’une taupe. Deux ouvrages dont les narrateurs s’amusent sans cesse à dérouter lecteurs et lectrices, et un journal d’écrivain portant une dimension plus triste, voire tragique. Quoi qu’il en soit, pas loin de 1 500 pages à discuter en moins d’une heure. On parle aujourd’hui dans « L’esprit critique » du nouveau texte d’Éric Chevillard intitulé Jaune Soleil que font paraître les éditions de Minuit ; de la nouvelle livraison du Carnet de notes de l’écrivain Pierre Bergounioux couvrant les années 2021-2025 publiée chez Verdier et enfin de la réunion en recueil de plusieurs textes de l’argentin César Aira sous le titre Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans, que traduisent les éditions Christian Bourgois. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique • Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, chargé de cours à l’université. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 19 Apr 2026 - 40min - 620 - PARTIE 3 -EP170, autour du recueil "Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans" de César Aira (Christian Bourgois)
Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, et autres romans est le titre donné à un recueil de César Aira, sans doute le plus grand écrivain argentin contemporain. Il est composé de différents textes écrits sur une durée de trente ans, chacun faisant environ une centaine de pages, pas tout à fait un roman donc, mais davantage qu’une nouvelle, peut-être la taille d’un fascicule comme ceux que veut composer le docteur Aira dans le texte qui porte le même nom que le recueil. Le tout fait pas loin de 600 pages, est publié chez Christian Bourgeois et traduit par Serge Mestre et Michel Lafon. Un épisode dans la vie du peintre voyageur, considéré comme un chef d’œuvre par l’écrivain chilien Roberto Bolaño ouvre ce recueil, dans lequel la réalité se plaît à dérailler ; où l’on rit souvent avant d’être pris de doutes quand l’auteur écrit « Je ne supporte pas les lecteurs qui me disent qu’ “ils ont ri“ avec mes livres, et je déplore amèrement leur attitude » ; et où l’on retrouve à plusieurs reprises la ville de Coronel Pringles, ville dont le nom semblerait inventé si elle n’était pas la cité de la province de Buenos Aires dans laquelle César Aira est né en 1949. Dans Un épisode dans la vie du peintre voyageur, qui date de 1995, César Aira écrit « On se fracasse contre les mots, et sans le savoir on est passé de l’autre côté, dans le corps-à-corps avec la pensée d’autrui. Il arrive la même chose à un peintre, mutatis mutandis, avec le monde visible. Elle arrivait au peintre voyageur. Ce que disait le monde était le monde. » Un de ses autres textes, La Couturière et le vent, débute ainsi : « Ces dernières semaines déjà avant de me rendre à Paris, j’ai cherché un sujet pour un prochain roman que je veux écrire : un roman d’aventures, plein d’évènements, de prodiges et d’inventions. Jusqu’à présent je n’ai eu aucune idée, sauf concernant le titre, que j’ai trouvé il y a plusieurs années et auquel je m’accroche avec l’obstination du vide : La Couturière et le vent. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 19 Apr 2026 - 13min - 619 - PARTIE 2 -EP170, autour de "Carnet de notes. 2021-2025" de Pierre Bergounioux
Les éditions Verdier publient, comme tous les cinq ans, les carnets de notes de Pierre Bergounioux, c’est-à-dire le journal quotidien que tient l’écrivain. Chaque jour – et vraiment chaque jour puisque pas un dimanche, un jour férié ou un lendemain de fête ne manquent à l’appel en cinq ans - l’écrivain y note au moins une phrase, en général un paragraphe, au maximum une page sur un livre qui en compte plus de 700. Il y précise systématiquement son heure de lever, des éléments météorologiques, quelques-unes de ses activités de la journée, et beaucoup de ce qu’il lit. Très exceptionnellement ce qui se passe dans le monde. A l’approche des 80 ans, fragilisé par des difficultés cardiaques, ce journal édité depuis des décennies constitue, davantage que les précédents, une chronique sinon d’une mort annoncée, du moins d’un déclin physique débuté. « Je peine à gravir le sentier escarpé. L’effort me porte sur le cœur et je resterai dolent, mal en point, tout près de la syncope, jusqu’à la fin de la journée, avec 10 de tension. Comme Sarah et Jeanne tiennent à toute force à pêcher, nous les emmenons jusqu’à l’aire de jeux où elles trempent dans le ruisseau un fil attaché à un bâton. J’ai connu, moi aussi, pareils magiques instants, au début du temps », écrit par exemple Pierre Bergounioux en notant aussi ailleurs : « L’âge est en train de m’enlever à la vie de mon vivant. » Sous forme à la fois systématique et fragmentaire, l’auteur de Miette, La Bête faramineuse ou Hôtel du Brésil nous donne ainsi à voir une hygiène de vie et d’écriture : « pas un jour sans une ligne » selon le précepte attribué à Pline l’ancien. « Quarante-cinq ans ont passé depuis que j’ai pris le parti de noter la teneur, la couleur de mes jours » écrit Bergounioux pour présenter ce nouvel ouvrage, dont une définition relativement juste serait sans doute ces mots qu’il cite de Singer : « Où sont donc parties toutes ces années ? Qui s’en souviendra quand nous ne serons plus là ? Les écrivains les mentionneront, certes, mais ils mélangeront tout. Il doit bien exister quelque part un lieu où tout est préservé, inscrit jusque dans les moindres détails. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 19 Apr 2026 - 13min - 618 - PARTIE 1 -EP170, autour de "Jaune Soleil" d’Éric Chevillard (Minuit)
Jaune Soleil, le nouveau livre d’Éric Chevillard, que publient les éditions de Minuit, débute ainsi : « La taupe bifurqua, ouvrir une galerie verticale, repoussant avec énergie la terre devant elle, et risque une tête à la surface pour vérifier enfin la persistante rumeur selon laquelle existerait tout un monde au-dessus. » On ne dévoilera pas grand-chose de ce texte fantaisiste voire fantasque en disant que la taupe reviendra à la fin, mais qu’entretemps on aura croisé des personnages aux noms pour la plupart rocambolesques et en premier lieu, le trio formé par Philéon et Clodomir, avec Godelive, fille aux cheveux jaune soleil, dont ils sont épris tous les deux. Mais cette histoire qui pourrait se dérouler au moyen-âge même si l’on y voit circuler des voiture Mercédès ne serait pas ce qu’elle est, ou ce qu’elle n’est pas, on ne sait pas trop, sans Monsieur Ristretto, un vieil écrivain attablé à la terrasse d’un café ou restaurant nommé les Grands Ducs et qui perturbe ou permet l’histoire – là encore on ne sait pas trop – avec ses souvenirs. « Afin de laisser passer cette autre voiture, monsieur Ristretto, toujours lui, fait marche arrière, obligeant un troisième automobiliste à se déporter sur la droite pour lui permettre de reculer, ce qui contraint une camionnette à piler brusquement et les répercussions en chaîne sur le trafic se poursuivent ainsi jusqu’à ce que chacun se décide à faire sagement demi-tour. Telle est l’influence de monsieur Ristretto sur le cours des choses. Va-t-il aussi embarquer tout le monde dans sa remémoration mélancolique ? » écrit ainsi Chevillard. Bref, on l’aura compris, il n’est pas évident, comme souvent avec cet écrivain, de résumer un texte où l’on croisera encore une baleine à bosse avalant un kayakiste ou un tromboniste n’attendant pas la fin du concert pour astiquer son cuivre. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 19 Apr 2026 - 12min - 617 - PARTIE 3 -EP169, autour du film de Gus Van Sant, "La corde au cou"
Le réalisateur américain Gus van Sant revient, après presque huit ans d’absence, avec un film intitulé La corde au cou. Le long-métrage s’inspire, comme beaucoup de réalisations de Gus Van Sant, d’une histoire vraie, mais relativement oubliée, du moins sous nos latitudes. Cette histoire s’est déroulée le 8 février 1977 à Indianapolis, capitale de l’Indiana. Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt prend en otage le fils du courtier responsable de sa situation qu’il menace d’un fusil chargé attaché par un fil de fer reliant l’arme de la gâchette au cou de l’otage, risquant de le tuer au moindre mouvement : cette corde au cou qui donne son titre au film. La prise d’otages réelle dura 63 heures et fut filmée presque en direct par la caméra de la télévision locale puis nationale, suscitant maints débats sur le fait de savoir si Tony était d’abord un criminel ou d’abord une victime. La corde au cou, de Gus Van Sant, sera sur les écrans mercredi prochain 15 avril. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 12 Apr 2026 - 15min - 616 - PARTIE 2 -EP169, autour du film "Silent Friend" d'Ildikó Enyedi
Silent Friend est le septième film de la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi, qui avait reçu l’Ours d’or à Berlin en 2017 pour son film Corps et Âme racontant une histoire d’amour entre deux personnes découvrant qu’elles se rêvaient chaque soir en cerf ou en biche, veillant l’une sur l’autre dans une forêt enneigée. Dans ce film-ci, il est aussi questions de frontières poreuses entre humains et non humains, puisque c’est un arbre installé dans le jardin botanique d’une université allemande – en l’occurrence un gigantesque Ginkgo biloba – qui constitue le personnage principal de ce long-métrage de près de deux heures et demie. Autour de lui, trois époques et trois personnages défilent en tissant des relations avec cet arbre qui les observe. Greta, première femme à intégrer cette université en 1908 doit affronter la misogynie du monde scientifique d’alors. Hannes, étudiant dans les années 1970, découvre l’amour en même temps que les interactions avec un géranium. Tony chercheur chinois en neurosciences invité sur le campus en 2020, se retrouve coincé par l’épidémie de covid et se lance alors dans une expérience avec le ginkgo. Pour les trois époques dans lesquelles la cinéaste plonge son arbre silencieux, elle a choisi trois formats différents : le segment contemporain est entièrement filmé en numérique qui permet notamment une précision de l’image à une échelle microscopique ; la partie de l’histoire qui se situe dans les années 1970 a été tournée dans un 16 mm qui intensifie les couleurs ; et la partie qui se déroule en 1908 est filmée en noir et blanc et en 35 mm. Dans un entretien qu’elle a donnée à Mediapart et à notre collègue Amélie Poinsot à l’occasion de la sortie du film, Ildikó Enyedi expliquait : « Mes personnages cherchent à se connecter aux plantes et se rendent compte qu’il y a un autre œil, Quand vous êtes dans un jardin, vous observez les plantes, mais elles vous observent aussi : vous vous trouvez au milieu d’autres observateurs. C’est cela que j’ai voulu rendre palpable dans le film – non pas l’expliquer, mais le faire ressentir. Les humains y apparaissent comme une partie d’une texture très riche. C’est une sensation plutôt plaisante : on se sent moins seul. » Silent Friend est sorti en salles le 1er avril dernier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 12 Apr 2026 - 15min - 615 - PARTIE 1 -EP169, autour de "The Drama" de Kristoffer Borgli
The Drama est le titre du film du réalisateur norvégien Kristoffer Borgli avec en tête d’affiche les deux stars du moment que sont Robert Pattinson et Zendaya. Pour celles et ceux qui auraient réussi à échapper à l’intense campagne de promotion qui a accompagné la sortie du film, je rappelle que les deux jeunes gens se rencontrent dans un café autour d’un livre que l’une est en train de lire et que l’autre fait semblant d’avoir lu. Un coup de foudre et deux années plus tard, les deux tourtereaux se retrouvent à préparer dans les moindres détails un luxueux mariage, répétant leur danse inaugurale avec une chorégraphe, sélectionnant la meilleure DJ, préparant les discours qu’ils s’adresseront tous les deux. Mais alors qu’ils testent le menu et forcent sur les vins avec deux amis, la mécanique s’enraye après qu’a été demandé à chacun et chacune de raconter la pire chose commise de sa vie. Le film est issu de la société de production américaine A24, à l’origine de certains films qu’on a évoqués dans ce podcast comme The Brutalist de Brady Corbet ou Marty Supreme de Josh Safdie. Comme pour ces précédents long-métrages, on risque de se demander si cette société qui prétend renouveler le cinéma indépendant aux étatsuniens n’est pas le dernier avatar d’une conformité formelle et politique. The Drama est sorti en salles le 1er avril dernier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 12 Apr 2026 - 14min - 614 - INTEGRALE -EP169, autour de "The Drama" de Kristoffer Borgli, "Silent Friend" d'Ildikó Enyedi et "La Corde au Cou" de Gus Van Sant
Un mariage triste comme un enterrement ; un arbre puissant qui nous observe depuis plus de 100 ans, et une prise d’otages vintage qui capte aussi la réalité d’aujourd’hui… On revient aujourd’hui dans « L’esprit critique » sur deux films aux antipodes l’un de l’autre sortis au début de ce mois, The Drama du norvégien Kristoffer Borgli avec Robert Pattinson et Zendaya, et Silent Friend de la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi, qui fait d’un ginkgo biloba son personnage principal. Et on anticipera ensuite sur la sortie prochaine du nouveau film de Gus Van Sant, initutlé La corde au cou et qui nous plonge dans une prise d’otage à Indianapolis à la fin des années 1970. Avec : • Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements, et Emitaï. • Salima Tenfiche, maîtresse de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle « L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Corentin Dubois et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 12 Apr 2026 - 45min - 613 - INTEGRALE -EP168, autour des rétrospectives de Nan Goldin et Leonora Carrington et du dialogue entre la plasticienne Huma Bhabha et Alberto Giacometti
Trois expositions de trois femmes artistes dialoguant avec l’histoire de l’art du XXe siècle et la société de leur temps. Une photographe qui propose sa première exposition cinématographique. Une peintre longtemps reléguée dans l’ombre qui expose son « obscurité lumineuse ». Et une plasticienne touche-à-tout qui se confronte à Alberto Giacometti. On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » l’exposition des diaporamas de l’américaine Nan Goldin qui se déploient sur deux sites, au Grand Palais et à la chapelle de la Salpêtrière ; la grande rétrospective que le Musée du Luxembourg consacre à la peintre anglaise longtemps installée au Mexique Leonora Carrington, et enfin la façon dont la pakistano-américaine Huma Bhabha investit la fondation Giacometti à Paris pour un dialogue entre ses œuvres contemporaines et celles du sculpteur suisse. Avec : • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante. • Hélène Soumaré, critique d’art « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 05 Apr 2026 - 46min - 612 - PARTIE 3 -EP168, autour du dialogue entre la plasticienne Huma Bhabha et Alberto Giacometti
L’Institut Giacometti à Paris présente une exposition consacrée à l’artiste Huma Bhabha, née à Karachi au Pakistan au début des années 1960 avant de s’installer aux Etats-Unis, dont les œuvres sont confrontées au célèbre sculpteur suisse. L’artiste pakistano-américaine a conçu spécialement la plupart de ses pièces qui tout à la fois se fondent et dénotent au milieu des œuvres de Giacometti, avec des effets de trouble et de ressemblance. Entre hommage et humour, l’exposition s’intitule « Dénoue, boucle à boucle, les cheveux d’une idole avant que tes articulations se détachent… » Un titre emprunté à un vers du poète persan Omar Khayyam, qui entend saisir autant la précision du travail des artistes que le refus qu’ils partagent d’une figuration littérale qui les pousse à représenter des corps étirés, démembrés parcellisés. Pour les deux artistes, les corps et le visage humains sont les sujets essentiels, et le travail d’Huma Bhabha, qui pratique autant la sculpture, la peinture, la photographie que le collage voisine donc avec des Giacometti : sculptures, dessins et photographies… L’exposition met ainsi en parallèle la célèbre sculpture de Giacometti, L’homme qui marche, datant de 1960, avec une pièce de Bhabba intitulée Magic Carpet, faite d’un simple tapis sur lequel est posé une paire de jambes en mousse rose, chaussées de véritables bottes de caoutchouc. Autre exemple, face à la Jambe du sculpteur Suisse, Huma Bhabha éparpille au sol un corps en morceaux — une tête, des jambes et de petits bouts d’argile cuits — réalisé lors d’une résidence au Mexique (Untitled, 2022), créant à la fois rapprochement et distance, soulignée par le fait que Giacometti travaille avec des matériaux nobles et classiques, tandis que la plasticienne crée principalement des installations faites d’os, de polystyrène de liège, d’argile, de plâtre de fil de fer, travaillant avec des matériaux disparates. Dans une pièce à part - le cabinet graphique - on découvre un autre fil permettant de relier les deux artistes, passant l’image en mouvement, puisque Huma Bhabha qualifie Giacometti de « post-cinéma » au sens où son travail et sa perspective seraient imprégnés d’une esthétique cinématographique. On voit ici des planches contacts inédites d’Ernst Scheidegger, où les sculptures de Giacometti sont photographiées en extérieur un peu comme des storyboards de cinéma en les confrontant avec des sculptures de Bhabha photographiées comme des scènes de cinéma. Le commissariat de l’exposition est signé Émilie Bouvard qui évoque moins un dialogue historique qu’un « compagnonnage sensible » entre les deux artistes. Le dialogue entre Alberto Giacometti et Huma Bhabba, organisé par l’institut Giacometti à Paris est visible depuis le 6 février dernier et jusqu’au 24 mai prochain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 05 Apr 2026 - 12min - 611 - PARTIE 2 -EP168, autour de l'exposition "Leonora Carrington", au Musée du Luxembourg
Le musée du Luxembourg à Paris consacre une rétrospective à la peintre Leonora Carrington, née en 1917 en Angleterre, voyageuse incessante de Florence à Paris, du Sud de la France à l’Espagne, avant de s’installer au Mexique pendant la Seconde Guerre mondiale. A travers 126 œuvres, cette première exposition solo d’envergure consacrée à cette figure de l’art du XXè siècle située à la croisée du surréalisme, de la mythologie et de l’ésotérisme est composée de six sections qui nous font avancer dans son œuvre et dans sa vie de façon chronologique et thématique. On part ainsi des origines d’un « grand tour intérieur » pour évoquer la « mariée du vent », surnom donné par son compagnon Max Ernst à Leonora Carrington, et aboutir, après être passé par « L’obscurité lumineuse », à la « cuisine alchimique », réunissant les passions à la fois culinaires, artistiques et ésotériques de Carrington au sujet desquelles son mécène Edward James écrivit que ses peintures étaient « non seulement peintes, mais aussi concoctées. Il semble parfois qu’elles se sont matérialisées dans un chaudron sur le coup de minuit. » Leonora Carrington a pu autrefois être réduite à son statut de compagne du peintre Max Ernst, avec lequel elle vécut plusieurs années dans le sud de la France avant que la guerre ne les sépare lorsque ce dernier fut arrêté comme « étranger ennemi ». Elle avait pourtant affirmé : « Je n’avais pas le temps d’être la muse de qui que ce soit ; j’étais trop occupée (…) à apprendre à devenir une artiste. » A propos d’elle-même, la peintre écrivit : « J’ai compris qu’il était indispensable que j’extirpe de moi tous les personnages qui m’habitaient. J’ai dû me débarrasser de tout ce que m’avait apporté ma maladie, chasser ces personnalités et c’est ainsi qu’a commencé ma libération. J’ai senti que, sous l’action du soleil, j’étais une androgyne, la Lune, le Saint-Esprit, une gitane, une acrobate, Leonora Carrington et une femme. » Le commissariat de cette exposition est signé Tere Arcq, historienne de l’art spécialiste du surréalisme au Mexique et Carlos Martin, spécialiste de l’art moderne et du surréalisme. La grande rétrospective consacrée à Leonora Carrington a ouvert au Musée du Luxembourg à la mi-février et sera visible jusqu’au 19 juillet. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 05 Apr 2026 - 13min - 610 - PARTIE 1 -EP168, autour de l'exposition "This Will Not End Well", de Nan Goldin au Grand Palais et à la Salpêtrière
La célèbre photographe américaine Nan Goldin propose une rétrospective de ce qu’elle présente comme sa première exposition cinématographique puisqu’elle n’y propose pas d’images fixes mais ses diaporamas et vidéos constitués de milliers de photographies. Cette rétrospective a déjà tourné dans plusieurs villes d’Europe et arrive aujourd’hui à Paris en se déployant sur deux lieux. Au Grand Palais sont montrés cinq diaporamas installés dans des pavillons dans lesquels on entre en pénétrant des architectures de tentures noires conçues par l’architecte Hala Wardé. On y voit son premier film intitulé La Ballade de la dépendance sexuelle, constitué d’images prises du début des années 1980 au début des années 2020, et qui fut initialement projetée dans des boîtes de nuit et des soirées privées avant d’être montré dans des institutions culturelles. Puis les diaporamas plus récents qu’elle a consacrés à la communauté queer, à la dépendance aux drogues mais aussi aux plaisirs qu’elles peuvent procurer, ainsi qu’un travail intitulé « Le Syndrome de Stendhal » qui met en regard des chefs d’œuvres de musée avec des portraits de ses proches au sujet desquels elle dit : « Je voyais les visages de mes ami·es dans les toiles. Stendhal décrivait la peinture comme une surface que l’imagination vient compléter. » A ces cinq diaporamas s’ajoute une esquisse de film à venir sur Gaza qui a aussi été le principal sujet de la prise de parole de Nan Goldin en ouverture de cette exposition qui a débuté le 18 mars dernier. A cela s’ajoute également une installation multimédia présentée dans la chapelle de l’hôpital de la Salpêtrière en forme d’hommage à la sœur aînée de Nan Goldin, Barbara, internée en hôpital psychiatrique durant son adolescence et suicidée à l’âge de 18 ans, qui avait déjà été montrée dans le cadre du Festival d’Automne il y a plus de vingt ans. Celle-ci s’intitule Sisters, Saints, Sibyls et se présente comme un triptyque vidéo. Le premier chapitre est consacré à la légende de Sainte Barbara, martyre chrétienne emprisonnée et décapitée par son père, retracé à partir de plusieurs images et tableaux religieux, accompagné par une musique de chœurs médiévaux. Le deuxième retrace la vie de Barbara Holly Goldin à travers des photos de famille et des documents provenant des hôpitaux où elle a séjourné. Le dernier évoque l’adolescence de Nan Goldin et une vie marquée par l’addiction et des séjours en hôpital psychiatriques. L’installation a été conçue en collaboration avec la vidéaste et scénographe Raymonde Couvreu. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 05 Apr 2026 - 19min - 609 - PARTIE 3 -E167, autour du spectacle "Patatas, Fritas, Falsas", d'gnés Mateus et Quim Tarrida
Patatas fritas falsas est le titre de la pièce des espagnols Quim Tarrida et Agnés Mateus, créé en Catalogne et montré au Théâtre de la Bastille à Paris. Ce seul-en-scène interprété avec grande énergie par Agnés Mateus entend regarder le fascisme en face et prendre le public à partir d’un texte très frontal, de quelques coups de feu, d’une lumière stroboscopique, d’une marionnette de Franco, de nombreux lustres qui parfois se détachent pour tomber violemment sur scène, de musiques de boîte de nuit de la Costa Brava, mais aussi d’une machine à laver. Après une première pièce sur les violences policières, puis une seconde sur les violences faites aux femmes, c’est à la violence politique que s’attaque le duo catalan dans ce spectacle qui s’ouvre sur la vision d’un gigantesque drapeau franquiste occupant tout l’espace habituellement occupé par les rideaux de scène. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 29 Mar 2026 - 16min - 608 - PARTIE 2 -EP167, autour du spectacle "Silence ça tourne" de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr
Silence, ça tourne est le titre d’un seul en scène signé Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, interprété par cette dernière, dans lequel elle poursuit son travail de mémoire collective autour du Liban, entamé avec des pièces comme Beirut Sépia, Titre provisoire, Augures ou Ordalie. Elle retrace ici l’histoire du camp de réfugiés palestiniens de Tel al-Zaatar, dont les habitants et habitantes furent assiégés et massacrés par les milices de la droite chrétienne libanaise en 1976, avec un bilan estimé à 2 000 morts, 1 500 disparus et 6 000 blessés, dont une large majorité lors de la seule journée du 12 août. Sur scène, un radio-transistor et des bandes magnétiques reconstituent peu à peu l’atmosphère du siège en mêlant archives sonores et témoignages, notamment celui d’une infirmière suédoise communiste du nom d’Eva Ståhl, que les auteurs de la pièce ont retrouvée et enregistrée, mais aussi d’un reporter de guerre suédois et de l’ancien responsable de la Croix-Rouge internationale. Dans un décor sobre, Chrystèle Khodr déroule des bandes magnétiques qu’elle accroche à des mâts, construisant ainsi une forme de maison ou d’abri, comme elle déroule son histoire, sans nœuds ni effets, avec une volonté de tisser les récits pour en refléter les réalités implacables et construire un lieu de mémoire. Silence, ça tourne, de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr, c’était récemment au TNP de Villeurbanne, à la MC93 de Bobigny, à la Joliette à Marseille et au théâtre de la Bastille à Paris Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 29 Mar 2026 - 14min - 607 - PARTIE 1 -EP167, autour du spectacle "Bovary Madame" de Christophe Honoré"
Bovary Madame, d’après Gustave Flaubert, est le titre du spectacle de Christophe Honoré que présente en ce moment le théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt après avoir été visible à Lausanne, Clermont-Ferrand, Brest, Rennes, La Rochelle, Évry, Annecy, Lyon, Arras, Angers, Nantes, Anglet et Nice. Pour mettre en scène l’histoire d’Emma, le réalisateur et metteur en scène a choisi un décor de cirque et un rythme de cabaret, agrémenté de cinéma et de vidéo puisqu’une partie des scènes se déroule dans les coulisses et que nous ne les voyons qu’à l’écran. Emma Bovary, jouée par l’actrice Ludivine Sagnier, est ainsi entourée de toute une troupe dans laquelle les personnages de Flaubert sont aussi des figures de l’univers circassien, depuis l’acrobate jusqu’à Madame Loyale. Costumes et musique, nudité et numéros, grand spectacle et dimension littéraire, classique et modernité ; dialogues reconnaissables et pauses BarbaPapa et tartes à la crème invitant des membres du public à monter sur scène : comme souvent Christophe Honoré entend proposer, ici en deux heures et demie, un spectacle capable d’embrasser les contraires et de toucher un vaste public En inversant le titre original de Flaubert, Christophe Honoré propose-t-il alors un spectacle renversant ou sens dessus dessous ? Bovary Madame de Christophe Honoré est visible jusqu’au 16 avril au théâtre de la Ville à Paris. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 29 Mar 2026 - 14min - 606 - INTEGRALE -EP167, autour des spectacles « Bovary Madame » de Christophe Honoré, « Silence, ça tourne » de Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr "Patatas fritas falsas" du duo Agnés Mateus et Quim Tarrida.
Une transposition circassienne d’un grand classique de la littérature française ; un récit polyphonique et documenté d’un massacre commis dans un camp palestinien du Liban au milieu des années 1970 et un seul-en scène déchaîné qui entend regarder et dénoncer de front les dynamiques fascisantes. On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de Bovary Madame que donne en ce moment le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré au Théâtre de la Ville-Sarah Bernardt, de la proposition intitulé Silence, ça tourne, des Libanais Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr qui était récemment visible au Théâtre de la Bastille à Paris et enfin de Patatas fritas falsas du duo catalan Agnés Mateus et Quim Tarrida, à l’affiche de ce même théâtre de la Bastille. Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux. • Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 29 Mar 2026 - 45min - 605 - PARTIE 3 -EP166, autour du roman de Sofia Andrukhovych, "Amadoca" (Belfond)
Amadoca est le titre de l’ouvrage de l’écrivaine ukrainienne Sofia Andrukhovych que publient les éditions Belfond dans une traduction d’Iryna Dmytrychyn. Une publication en réalité en deux temps, puisque ce premier volet de déjà pas loin de 550 pages, sous-titré L’histoire de Romana et d’Ouliana sera suivi, à la rentrée prochaine, d’un second, intitulé Amadoca. L’histoire de Sofia. Ce projet ambitieux vise à raconter un siècle d’histoire de l’Ukraine, de l’époque soviétique à la domination nazie jusqu’aux guerres contemporaines, même si le roman a été achevé avant l’offensive des troupes de Poutine en 2022. « Amadoca » est le nom donné, au IIè siècle de notre ère, par le géographe grec Ptolémée à un lac ou un marécage qui se serait trouvé dans l’actuelle partie occidentale de l’Ukraine. Pour raconter son pays, Sofia Andrukhovych, centre son récit sur trois personnages : Bohdan, qui a perdu le visage et la mémoire dans une guerre ressemblant à celle du Donbass ; Romana, une archiviste qui pense avoir reconnu dans le visage meurtri et absent du soldat son homme et Ouliana, la grand-mère de Bohdan, qui a vécu les massacres hitlériens et dont Romana va raconter l’histoire à son petit-fils auquel elle dit : « Tu es Bohdan Kryvodiak. Tu es né dans une petite ville de l’ouest de l’Ukraine. Tu as des relations compliquées avec ta famille. Tu es archéologue. Spécialiste du baroque et du rococo. Tu étais à la guerre, dans l’Est. Tu as vécu des choses que peu de gens vivent. Tu as failli mourir. Tu as perdu la mémoire. Mais tu es en vie et en sécurité. Tu es chez toi. Tu es avec moi. Je suis ta femme, Romana. Tout va bien, petit garçon. Viens ici. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 22 Mar 2026 - 12min - 604 - PARTIE 2 -EP166, autour du livre d'Anne F. Garréta, "DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne" (Mercure de France)
« L’idée m’excitait. Je m’y engageai. Car j’aimais la musique, la nuit, les machines, la solitude, les femmes. » C’est ainsi qu’Anne F. Garréta résume sa décision d’apprendre la pratique de DJ, ou « disquaire » comme elle préfère dire, dans son nouveau livre intitulé DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne que publie le Mercure de France. L’autrice de Sphinx, paru au milieu des années 1980 quand elle avait seulement 23 ans, revient sur ses années noctambules, lorsqu’elle faisait danser les nuits de Paris, notamment dans une boîte lesbienne, le Katmandou, en assumant vouloir poser un regard inédit sur cet univers alors que « la littérature qui traite des musiques électroniques et dansantes raboute des informations de nième main sur des sources aussi peu fiables que biaisées par l’hégémonie culturelle américaine ». Cette passionnée des modes d’emploi livre ici un récit à la fois technique et personnel sur un métier et une époque, en creusant dans ses souvenirs, et en proposant des parallèles entre la façon d’écrire, celle de danser, et celle de tenir une « piste » afin d’éviter qu’elle ne se vide subitement en réalisant ainsi le cauchemar du ou de la disquaire. « Le romancier, le mathématicien mettent bout à bout des choses triviales. C’est l’enchaînement qui ne l’est pas. Il en va de même de la disquaire à ses platines enchaînant des trivialités », explique la narratrice pour qui « n’importe qui peut, en enchaînant dans n’importe quel ordre, une série de tubes, surtout les plus vulgaires, faire danser, par intermittence, un groupe quelconque de gens moyennement ingambes. » Pour elle, « les mauvais DJ se fantasment en dictateurs, en gourous ou en prêtre. (…) Une bonne disquaire is an attentive lover. Ou un gigolo de sang-froid. Le DJ médiocre suppose connu et identifié le désir des corps en face de lui. Erreur banale. » Ouvrage écrit depuis une période où elle se dressait contre « l’ordre diurne », par une personne qui affirme « je ne suis ni écrivain ni pas écrivain » et s’imagine plus en DJ qu’en écrivain, ce « portrait de l’artiste en animale nocturne » décrit aussi le parcours de vie en forme de bascule d’Anne F. Garréta. Ainsi qu’elle l’écrit en effet dans un moment introspectif et rétrospectif : « Si on m’avait dit, alors que je dansais sous la voûte étoilé du Saint, dans l’abîme de basses profondes du Paradise Garage, dans l’abside néogothique du Limelight, dans la caverne du Metropol que je finirais par passer ma vie avec femme, enfants, chien, two-car garage au fond d’une banlieue friquée, bucolique et inculte de la capitale de l’Empire, j’aurais hurlé de rire. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 22 Mar 2026 - 16min - 603 - PARTIE 1 EP-166, autour du roman de Jérôme Ferrari, "Très brève théorie de l'Enfer" (Actes-Sud)
Très brève théorie de l’enfer est le titre du nouveau livre de Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012 pour son Sermon sur la chute de Rome. On reste dans un titre à connotation chrétienne pour ce nouveau livre, publié comme les précédents aux éditions Actes Sud, mais on quitte la Corse qui constitue souvent le sujet et le décor des ouvrages du romancier avec cet ouvrage sous-titré « Contes de l’Indigène et du voyageur » et second volet d’une trilogie débutée avec Nord Sentinelle. Enseignant expatrié d’abord en Algérie, où il rencontre sa femme, le narrateur du livre se retrouve aux Émirats Arabes Unis et constate que « de l’avis de tous – avis, me précisa-t-on, que partageaient nombre de Saoudiens -, l’Arabie n’offrait comme avantage notable que sa proximité avec les Émirats. Il me semblait étrange que le pays où je périssais d’ennui pût ainsi donner l’image d’une version moderne de Sodome et Gomorrhe. » Il emploie à son service Kaveesha venue comme beaucoup de ses compatriotes sri-lankais travailler dans les pays du Golfe et à propos de laquelle Ferrari écrit : « Elle profita de son séjour à Colombo pour acheter le petit terrain sur lequel elle allait faire construire sa maison. Les travaux s’étalèrent sur dix années, s’arrêtant et reprenant au rythme des paiements que Kaveesha pouvait effectuer. A chaque étape du chantier, elle associait des visages d’enfants. Un petit garçon chilien pour les fondations, des jumelles malaises pour la maçonnerie, toute une fratrie italienne pour la charpente, une fillette anglaise pour la pose de la toiture. De l’installation de la plomberie et de l’électricité jusqu’aux dernières finitions, Kaveesha ne s’occupa plus que d’enfants français. » Le roman tisse ainsi les trajectoires parallèles de ces deux personnages, chacun confronté à une forme de descente aux enfers, notamment sur le plan familial, comme si le déracinement, contraint pour l’une et choisi pour l’autre, menait à des tragédies dont on ne saura pas tout mais beaucoup. « Combien de mondes se côtoient-ils dans ce pays, qui ne se rencontrent presque jamais ? » écrit à un endroit Jérôme Ferrari. Un texte qu’il est singulier de lire dans un moment où les projectiles iraniens parvenant à toucher les pays du Golfe tuent surtout des immigrants du sous-continent indien et que de nombreux expatriés demandent à rentrer en Europe après avoir vu leur choix et train de vie fragilisés par la décision de Trump et Nétanyahou de lancer une guerre destructrice en Iran. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 22 Mar 2026 - 16min - 602 - INTEGRALE -EP166, autour des livres de Jérôme Ferrari, "Très brève théorie de l'Enfer", d'Anne F. Garréta, "DJ. Portrait de l'artiste en animale nocturne" et de Sofia Andrukhovych, "Amadoca"
L’enfer de la guerre, l’enfer de l’esclavage moderne et l’enfer – possiblement paradisiaque - de la nuit… Ce sont trois ouvrages qui ont part liée avec les ténèbres ou du moins l’obscurité que nous nous intéressons aujourd’hui dans ce nouvel épisode de « l’esprit critique » consacré à la littérature. On y discute en effet de la Très brève théorie de l’enfer située dans les pays du Golfe que propose Jérôme Ferrari chez Actes-Sud, du Portrait de l’artiste en animale nocturne publié au Mercure de France par l’écrivaine et DJ Anne F. Garréta et enfin du grand roman de l’Ukraine intitulé Amadoca de Sofia Andrukhovych, que viennent de traduire les éditions Belfond. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 22 Mar 2026 - 46min - 601 - PARTIE 3 -EP165, autour du film "Nouvelle Vague" de Richard Linklater
On revient sur Nouvelle vague, film qui a valu il y a peu le César de la meilleure réalisation à l’américain Richard Linklater. Réalisateur notamment de la trilogie cinématographique Before (Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight) ainsi que de Boyhood, un film tourné sur une période de 12 ans, le cinéaste reconstitue cette fois le tournage du film culte de Jean-Luc Godard, A bout de souffle, avec Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo. Ayant fait le choix de confier les rôles de tout ce qui a constitué la nouvelle vague du cinéma français à des acteurs ressemblant pour la plupart comme deux gouttes d’eau aux originaux, Linklater ouvre son film par une crise d’ego de Jean-Luc Godard pendant laquelle le célèbre cinéaste disparu en 2022 se plaint d’être plaint d’être le dernier critique des Cahiers du cinéma à ne pas avoir réalisé son film. Il intrigue alors auprès du producteur Georges de Beauregard, convainc la star Jean Seberg et constitue son équipe technique avant de lancer son tournage dans les rues de Paris. Nouvelle Vague, de Richard Linklater est sorti à la rentrée dernière, et est déjà visible en VOD ou sur la plateforme de Canal + Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Mar 2026 - 16min - 600 - PARTIE 2 -EP165, autour de "Marty Supreme" de Josh Safdie
Au vu de la campagne promotionnelle et de la campagne menée pour les Oscar autour de Marty Supreme et de son acteur principal Timothée Chalamet, il est sans doute à peine besoin d’en résumer le pitch. Néanmoins, pour celles et ceux qui auraient réussi à éviter le martelage récent, Marty Mauser est un jeune juif new-yorkais sans le sou, qui vend des chaussures dans le magasin de son oncle et qui, plutôt que de reprendre ce commerce, s’avère prêt à tout – escroquerie, abandon d’amante enceinte, séduction de gloire du cinéma sur le retour, match truqué, aplatissement devant un richissime homme d’affaire ou flirt avec la pègre – pour réaliser son rêve : trouver l’argent pour participer aux championnats du monde de ping-pong – un sport dont l’Amérique d’alors se contrefout – qui se déroulent alors au Japon. Inspirée par les mémoires du pongiste Marty Reisman, le film est signé Josh Safdie qui signe là sa première réalisation solo après les longs-métrages remarqués qu’il réalisait avec son frère Benny, en particulier Good Times et Uncut Gems. Marty Supreme est en salles depuis le 18 février dernier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Mar 2026 - 15min - 599 - PARTIE 1 -EP165, autour du film "Sinners" de Ryan Coogler
Le long-métrage Sinners, succès du box-office et nominé 16 fois – un record historique - à la cérémonie des Oscar du dimanche 15 Mars, est le titre du nouveau film de Ryan Coogler, un cinéaste décidé à s’emparer des formes hollywoodiennes pour faire entendre la voix de la communauté africaine-américaine et montrer le racisme auquel elle doit faire face. Après avoir s’être approprié l’imagerie de la série « Rocky » avec son film Creed en 2016 puis s’être emparé des films de super-héros avec les deux volets de Black Panther en 2018 et 2022, c’est cette fois le genre du film d’horreur et de vampire, mais aussi le genre du film musical et du film d’époque, qu’utilise le réalisateur pour parler de la condition des noirs aux Etats-Unis. L’intrigue se déroule dans le delta du Mississippi, au début des années 1930, à l’époque de la ségrégation raciale, de l’exploitation des noirs dans les champs de coton et de la terreur entretenu par le Ku Kluk Klan. Les jumeaux Smoke et Stack, incarnés tous deux par Michael B. Jordan, l’acteur fétiche de Ryan Coogler, vétérans de la Première Guerre mondiale et après avoir gagné de l’argent avec la pègre de Chicago, décident de racheter un ancien abattoir délabré pour en faire un cabaret de blues destiné aux populations noires et échapper au moins à temps à la ségrégation et aux persécutions, en buvant, dansant et célébrant la musique. Le film, de la production aux costumes et jusqu’à la réalisation est, à quelques exceptions près, fabriqué en entier par des africains-américains. Sinners est sorti en France au printemps dernier et est donc déjà disponible en VOD ou sur la plateforme de Canal +. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Mar 2026 - 15min - 598 - INTEGRALE -EP165, autour des films "Sinners" de Ryan Coogler, "Marty Supreme" de Josh Safdie et "Nouvelle Vague" de Richard Linklater
Deux films en lice pour les Oscars qui se tiennent à Los Angeles la nuit de dimanche 15 mars, et un long métrage récompensé à la dernière cérémonie des César. Et trois films saturés chacun de références à une période marquante de l’histoire du cinéma : la Blaxploitation, le Nouvel Hollywood et la Nouvelle Vague. On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » deux favoris des Oscars, Sinners de Ryan Coogler qui utilise le genre du film du vampire pour s’emparer de l’époque de la ségrégation et Marty Supreme, la première réalisation sans son frère de Josh Safdie sur le parcours d’un ambitieux pongiste incarné par Thimothée Chalamet dans le New York de l’après-guerre. Et comme on avait déjà évoqué dans ce podcasts le troisième favori de la cérémonie des Oscars, à savoir Une Bataille après l’autre de Paul-Thomas Anderson, on parle également de Nouvelle Vague, film reconstituant le tournage d’A bout de souffle qui vient de valoir le César de la meilleure réalisation à son réalisateur, l’américain Richard Linklater. Avec : • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction de la revue de cinéma Débordements et de la revue de cinéma décolonial Emitai. • Alice Leroy, qui écrit dans les Cahiers du cinéma « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Mar 2026 - 48min - 597 - PARTIE 3 -EP164, autour de la rétrospective de la photographe Dana Lixenbeerg, "American Images" à la MEP
Les « images américaines » de la photographe Dana Lixenberg sont exposées à la Maison Européenne de la Photographie, dans le cadre de la première rétrospective en France consacrée à cette artiste néerlandaise parti vivre aux Etats-Unis à la fin des années 1980. L’exposition est constituée de portraits - des figures publiques du sport et de la musique notamment ou des quidam - réalisés dans le cadre de commandes de magazines ou de travaux plus personnels. On passe ainsi de figures comme John McEnroe, Tupac Shakur ou Notorious B.I.G, à des ensembles réalisés dans le quartier rouge d’Amsterdam (De Wallen. 2025), dans une petite ville de l’Indiana avec une population de sans logis américaine ; ou au sein d’une communauté iñupiaq vivant sur une île au large de l’Alaska (The Last Days of Shishmaref. 2008). Le travail le plus connu et le plus ambitieux de Dana Lixenberg, toujours en cours, demeure celui débuté après le soulèvement de plusieurs quartiers de Los Angeles à la suite de l’acquittement des policiers ayant frappé Rodney King en 1992, qui s’intitule Imperial Courts et retrace sur plus de trois décennies la vie dans un ensemble de logements sociaux dans le quartier de Watts. Dana Lixemberg utilise pour ses photos une chambre 4 x 5 pouces, c’est-à-dire grand format, supposant concentration et immobilité de la part de celles et eux qui se trouvent devant son objectif, définissant son rapport avec ses sujets comme celui d’une « danse lente ». Le commissariat de cette exposition est signé Marcel Feil et Laurie Hurwitz. American images a ouvert le 11 février dernier et demeure visible jusqu’à la fin du mois de mai prochain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 08 Mar 2026 - 14min - 596 - PARTIE 2 -EP164, autour de la proposition de la nouvelle Fondation Cartier, "Exposition Générale"
Après « L’Alerte générale » de Martin Parr, c’est à une « Exposition générale » que nous nous intéressons, en l’occurrence celle que présente la Fondation Cartier pour l’art contemporain à l’occasion de son installation dans son nouveau bâtiment près du musée du Louvre, déménagement et nouveaux locaux dont nous n’allons par reparler d’abord parce que nous avons déjà écrit dessus dans le journal et ensuite parce que nous allons déjà avoir fort à faire avec cette vaste proposition qu’il sera impossible de parcourir pièce par pièce puisque la Collection de la Fondation Cartier est née avec la création de l'institution et rassemble aujourd'hui plus de 4 500 œuvres, 500 artistes de 60 nationalités. Exposition générale s’articule entre quatre moments, censés correspondre aux quatre lignes de forces de la collection (« Sciences », « Gestes et matériaux » ; « Écologie et mondes vivants » et « Architecture ») en s’ouvrant par un laboratoire architectural intitulé Machines d’Architecture fait de maquettes, dessins, fragments et installations, en se poursuivant par des œuvres résonnant avec des écosystèmes menacés et des limites de l’anthropocentrisme (Être Nature), puis avec une section insistant sur la porosité entre art, artisanat et design (Making Things) et enfin en donnant place à des pratiques artistiques mêlant technologie, fiction et savoirs scientifiques qui esquissent d’autres manières de lire et d’habiter le monde (Un Monde Réel). Si cette « Exposition générale » intéresse « L’esprit critique » c’est notamment parce que, comparée à la Collection Pinault ou à la Fondation LVMH, la collection regroupée par cette autre marque de luxe qu’est Cartier se distingue de plusieurs façons. Elle n’est pas fondée sur un vaste fond préexistant et des décennies d’achats comme l’ont fait François Pinault et Bernard Arnault mais se compose d'œuvres présentées dans le cadre de sa programmation et de commandes passées à des artistes depuis 40 ans. Elle a fait le parti-pris de donner une place à des créations et des productions venues de géographies souvent peu visibles dans les institutions des capitales occidentales, notamment amazoniennes. Et elle ne se limite pas aux arts visuels mais s’étend à l’architecture, aux sciences humaines et non humaines et plus particulièrement à l’écologie. Le commissariat général de cette exposition, visible jusqu’à la fin du mois d’août, est signé Béatrice Grenier et Grazia Quaroni. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 08 Mar 2026 - 13min - 595 - PARTIE 1 -EP164, autour de la rétrospective de Martin Parr, "Global Warning" au Musée du Jeu de Paume
Global Warning est le titre très bien trouvé de la rétrospective malheureusement posthume que le musée du Jeu de Paume à Paris consacre au photographe Martin Parr, décédé au mois de décembre dernier. Elle revisite l’œuvre de l’artiste à travers différentes séries réalisées de la fin des années 1970 à nos jours, regroupées en différentes sections intitulées « Terres de loisirs et de déchets », « Tout doit disparaître », « Petite planète » ou encore « Addictions technologiques ». Dans ces séries débutées dans de petites villes anglaises, notamment à Bristol, où il vécut longtemps et où il est mort, puis étendues aux cinq continents, Martin Parr documente nos modes de vie, nos dépendances à la voiture, nos obsessions de la consommation, nos manières de voyager, avec un regard ironique rendu plus grave par l’accumulation des crises écologiques, et des couleurs saturées soulignant le regard satirique que Martin Parr posait sur le monde, avec une forme de distance qu’il reste à qualifier, entre ironie et proximité. En près de 180 œuvres, le commissariat de cette exposition, qui a ouvert à la toute fin du mois de janvier dernier et demeure visible jusqu’au 24 mai prochain, a été assuré par Quentin Bajac, en collaboration avec Martin Parr lui-même et Clémentine de la Féronnière. Global Warning est visible au Jeu de Paume à Paris jusqu’à la fin du mois de mai prochain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 08 Mar 2026 - 16min - 594 - INTEGRALE -EP164, autour des expositions "Global Warning" de Martin Parr, de l'"Exposition Générale" de la fondation Cartier et à la rétrospective de la photographe Dana Lixenberg
Un avertissement général, une exposition générale et une rétrospective individuelle. Beaucoup de photographies, mais aussi des installations, de la peinture, de la vidéo, de la tapisserie et même de l’art vivant et végétal. On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour la rétrospective malheureusement posthume que le musée du Jeu de Paume consacre au photographe britannique Martin Parr, récemment décédé, et qui s’intitule Global Warning ; la gigantesque proposition intitulée Exposition générale avec laquelle la Fondation Cartier inaugure ses nouveaux locaux et tente de synthétiser quarante années d’activités, et enfin la première rétrospective en France de la photographe néerlandaise longtemps installée aux Etats-Unis Dana Lixenberg qui ouvre la nouvelle saison de la Maison Européenne de la Photographie. Avec : • Rose Vidal, critique et autrice • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Hélène Soumaré, critique d’art Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 08 Mar 2026 - 45min - 593 - PARTIE 3 -EP163, autour du récit d'Arundhati Roy, "Mon refuge et mon orage" (Gallimard)
Mon refuge et mon orage est le titre du nouveau livre de l’écrivaine indienne Arundhati Roy, publié aux éditons Gallimard dans une traduction d’Irène Margit. « Mon refuge et mon orage » est aussi la manière dont l’essayiste, activiste et romancière célèbre depuis la parution du Dieu des petits riens, décrit celle qui l’a mise au monde dans ce récit qui est à la fois une autobiographie et une autobiographie de sa mère, pour paraphraser le titre du fameux livre de Jamaica Kincaid. Tout à la fois portrait de « Mrs Roy » ainsi qu’elle a toujours appelé sa mère, portrait d’une écrivaine et portrait d’un pays engagé sur les routes de la fascisation, le récit d’Arundhati Roy nous emmène du Kerala où elle a grandi, à Delhi où elle vit en passant par la vallée de la Narmada où elle a accompagné les luttes contre les grands barrages, les forêts profondes où l’on trouve encore des guérilleros maoïstes dans la région de Raipur ou encore le Cachemire à propos duquel elle écrit qu’après l’avoir découvert « vous ne pouvez pas retourner aux anciennes conversations, aux vieilles blagues, aux plaisirs inoffensifs. L’innocence amorale délibérée, cultivée, de la plupart des Indiens quant à ce qui s’y passe et ce qui est commis en leur nom là-bas devient difficile à supporter. » Arundhati Roy propose ici un livre dont elle dit que « comparé aux textes de politiques, ou de fiction, le récit qui vient m’a été particulièrement difficile à écrire. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 01 Mar 2026 - 14min - 592 - PARTIE 2 -EP163, autour de "La mer et son double" de Julia Lepère (Editions du Sous-Sol)
La mer et son double est le titre de l’ouvrage de Julia Lepère, déjà autrice de trois recueils de poésie et qui signe là, aux éditions du Sous-Sol, sa première incursion dans le genre romanesque. La narration est tissée par deux récits qui alternent l’un avec l’autre. Le premier se situe dans une ville baptisée de sa seule initiale, P., une cité western dans laquelle une femme munie d’une caméra et d’un drone croise des personnages plus ou moins fantomatiques désignés par leurs fonctions – le poète, le pianiste, le sculpteur, la tenancière… Le second voit une naufragée prénommée Anna et ayant perdu la mémoire repêchée par un cargo au milieu de l’océan Atlantique quelques jours après la disparition tragique d’un des membres d’équipage pendant une nuit de tempêtes et quelques jours avant que le bateau se trouve pris dans les glaces de l’Antarctique. Faisant le lien entre les deux récits, ces deux femmes, Anne et Anna, doubles qui ne font peut-être qu’une, et un personnage cruel : un certain Peter, aussi Don Juan que criminel. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 01 Mar 2026 - 12min - 591 - PARTIE 1 -EP163, autour du roman de Pauline Peyrade, "Les Habitantes" (Minuit)
Après L’âge de détruire, couronné du prix Goncourt du premier roman en 2023, l’écrivaine et dramaturge Pauline Peyrade signe un deuxième texte romanesque. Il s’intitule Les habitantes et est, comme le précédent, publié aux éditions de Minuit. A l’orée d’un hameau et d’une forêt, Emily, la trentaine, vit avec sa chienne Loyse dans une maison qui fut celle de sa grand-mère, Moune, au rythme d’une vie oscillant entre observation de la nature lors de promenades, travail dans la ferme tenue par Aude ou baignades dans l’étang voisin. Un rythme percé, sinon tout à fait perturbé, par l’apparition de missives de plus en plus comminatoires du père d’Emily, annonçant la mise en vente prochaine de la maison et utilisant un vocabulaire de plus en plus notarial et juridique, qui tranche avec la langue attentive aux détails de la nature et de ses peuples du roman. En effet, ainsi que nous prévient d’emblée la quatrième de couverture de l’ouvrage : « Dans Les Habitantes, chiennes, hirondelles, abeilles, héron, peuplier tremble, champs de chanvres, qu’ils agissent ou non sur les événements de l’histoire, occupent le même plan que les personnages et participent à leur quête », Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 01 Mar 2026 - 12min - 590 - INTEGRALE -EP163, autour des romans de Pauline Peyrade, "Les Habitantes", de Julia Lepère "La mer et son double" et du récit d'Arundhati Roy, "Mon refuge et mon orage"
Trois écrivaines proposant trois récits où les personnages féminins occupent les rôles principaux. Un premier en forme de paysage habité par des êtres et des sensations. Un deuxième qui tir deux fils parallèles, d’une ville inquiétante à un cargo perdu dans les glaces. Et un dernier qui parcourt six décennies de la vie d’une activiste et romancière voyant son pays, l’Inde, sombrer dans la brutalité raciste et fasciste. On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » le second roman de Pauline Peyrade, Les habitantes, publié aux éditions de Minuit ; la première incursion de la dramaturge Julia Lepère dans le genre romanesque avec un ouvrage intitulé La mer et son double aux éditions du Sous-Sol ; et enfin le récit autobiographique que propose l’indienne Arundathi Roy sous le titre Mon refuge et mon orage, publié chez Gallimard. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique notamment l’actualité littéraire pour Télérama • Copélia Mainardi que vous pouvez lire régulièrement dans Libération • Pierre Poligone, cofondateur de Zone Critique, chargé de cours à l’université Paris 3. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 01 Mar 2026 - 41min - 589 - INTEGRALE -EP 162 : Le théâtre de la justice
Après sa pièce intitulée Léviathan portant sur les comparutions immédiates, qui a beaucoup tourné en 2025, la metteuse en scène Lorraine de Sagazan propose un nouveau spectacle émanant également de son regard posé sur des affaires judiciaires. Il s’intitule Chiens, était visible récemment aux Bouffes du Nord et, contrairement à Léviathan qui proposait une concaténation de différents récits judiciaires, il est centré sur l’affaire dite « French Bukkake », considérée comme le procès du porno et celui de l’exploitation sexuelle et du viol collectif, sous couvert de travail cinématographique et de réalisation d’une « œuvre de l’esprit », pour reprendre la défense du principal accusé dans le cadre d’un procès encore à venir, puisque la date des audiences n’a pas été fixée. Chiens part d’une réalité dans laquelle dix-sept personnes ont été renvoyées en 2023 devant la cour criminelle pour des faits de viol, viol en réunion, traite d’êtres humains et proxénétisme aggravé, mais où les qualifications de torture et d’acte de barbaries ont été rejetées. Dans la note d’intention qui accompagne le spectacle, Lorraine de Sagazan affirme : « Je souhaite affirmer l’essence performative d’une œuvre : non pas représenter mais agir. » Une exigence dont elle a fait le déterminant de son processus de création depuis que, pendant le confinement de 2020, elle a inauguré un nouveau protocole de travail en menant, dans les théâtres alors fermés, environ 300 entretiens. Ces derniers lui ont permis d’identifier des insuffisances et des manques du monde social, auxquels elle a tenté de « répondre » par des actes théâtraux. Cette démarche l’a conduite à enquêter au cœur de l’institution judiciaire, clé de voûte du schéma social et civique, frappée par le délabrement du service public et marquée, selon elle, « par un écart radical entre les valeurs de neutralité, d’impartialité, d’égalité et la réalité de ses effets ». Pour élaborer Chiens, Lorraine de Sagazan a rencontré plusieurs victimes, ainsi que des avocats et avocates des parties civiles, et assume d’avoir eu « l’opportunité rare de travailler sur des dossiers auxquels [elle a] accéd[é] en intégralité malgré le secret des sources ». Elle crée ainsi un spectacle éprouvant qui croise musique baroque et paroles barbares, dans un dispositif scénique où acteurs et musiciens réinterprètent des cantates de Bach, tandis que sur un écran de forme circulaire sont projetés les mots et une vidéo de ceux qui ont commis ces crimes. Acteurs et musiciens se déplacent sur une scène occupée par des amas de tissus en apparence pris dans l’eau et en réalité dans une forme de gélatine, dans un décor qui peut évoquer aussi bien une décharge qu’une scène post-apocalyptique. Quand on entre, sur les murs du théâtre des Bouffes du Nord, avant que n’y soient projetées les paroles des chants baroques, est inscrit un avertissement disant : « Ce spectacle contient des descriptions de violences sexuelles, d’exploitations et d’humiliations racistes et sexistes. » On nous invite ainsi « à prendre soin de nous » et « à nous sentir libre de quitter la salle à tout moment ». On partira de cette proposition pour questionner plus largement le travail scénique de Lorraine de Sagazan sur la justice, et le mettre en perspective dans un moment où la forme du procès et la forme théâtrale se croisent de plus en plus souvent, et où les arts de la scène s’emparent de matériaux judiciaires. Que l’on pense au procès Pelicot donné au dernier Festival d’Avignon par Milo Rau et Servane Dècle, synthétisé dans un livre qui paraît ces jours-ci chez Flammarion ; à la proposition d’Olivier Coulon-Jablonka et Sima Khatami intitulée Non-lieu à partir de l’affaire Rémi Fraisse, présentée au dernier festival d’Automne, ou encore à Notre procès, de Bérénice Hamidi et Gaëlle Marti, pièce dans laquelle les spectateurs et spectatrices deviennent juré·es d’un procès fictif intenté au poète André Chénier, revenu pour l’occasion d’entre les morts. Avec : - Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre » ;- Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriels Théâtre, Novo et Jeux ;- Vincent Bouquet, dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.« L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Corentin Dubois et réalisé par Etienne Bottini. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 22 Feb 2026 - 41min - 588 - PARTIE 3 -EP161, autour du film de Kelly Reichardt, "The Mastermind"
Après avoir détourné les codes du western dans son film First Cow, la cinéaste Kelly Reichardt revient avec un long-métrage qui revisite le film de braquage. Intitulé, The Mastermind, le nouvel opus de la réalisatrice met en scène, au début des années 1970, un braquage dans le musée de la petite ville de Framingham dans le Massachusetts. Écho à un véritable braquage qui eut lieu en mai 1972 dans le musée de Worcester, près de Boston, où furent dérobés deux Gauguin, un Picasso et un Rembrandt, les ravisseurs s’emparent dans le film de quatre tableaux plus modestes, réalisés par Arthur Dove ‘né en 1880 et mort 1946), considéré comme le premier peintre abstrait aux États-Unis. The Mastermind est un titre ironique, puisque l’initiateur du cambriolage joué par Josh O-Connor – menuisier au chômage fils d’un juge de la ville - n’a pas grand-chose d’un cerveau génial et que sa fuite dans une Amérique marquée par les mouvements de protestation contre la guerre du Vietnam est à l’image du braquage : sans gloire ni issue. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Feb 2026 - 13min - 587 - PARTIE 2 -EP161, autour du film de Park Chan-wook, "Aucun autre choix"
Aucun autre choix est le titre du nouveau long-métrage du coréen Park Chan-wook, réalisateur notamment de Old Boy, film où la vengeance était un plat qui se mangeait glacé, ou de Decision to leave, récompensé par le prix de la mise en scène à Cannes voilà quelques années. Dans ce film à la fois comédie, critique social et thriller, inspiré d’un polar américain à succès d’ailleurs déjà adapté au cinéma il y a 20 ans au cinéma par Costa Gavras, un père de famille licencié après le rachat de son entreprise de papeterie décide d’éliminer physiquement ses concurrents potentiels pour un poste dans une autre papeterie. Incarné par Lee Byung Hul, star du cinéma coréen et visage du méchant dans la série Squid Games, le personnage principal passe ainsi du statut d’homme comblé par sa vie professionnelle, personnelle et matérielle à meurtrier prêt à tout pour sauver sa jolie maison, les cours de violoncelle de sa fille surdouée et l’abonnement Netflix de la maisonnée. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Feb 2026 - 13min - 586 - PARTIE 1 -EP161, autour du film "Send Help" de Sam Raimi
Send Help est le titre du nouveau film du réalisateur Sam Raimi, révélé au début des années 1980 avec Evil Dead puis rendu célèbre avec sa trilogie des Spider-Man, un cinéaste oscillant entre les exigences et les codes d’Hollywood et une veine plus singulière marquée par des longs-métrages comme Drag me to Hell, ou Jusqu’en enfer en bon français. Dans ce long-métrage, qui mélange avec jubilation les genres du gore, de la comédie noire, de la comédie romantique, de la satire et du film de naufragés, les acteurices Dylan O’Brien et Rachel McAdams se retrouvent sur une île déserte du golfe de Thaïlande après le crash de l’avion privé qui devait les transporter à Bangkok. Le premier, Bradley Prestion, vient d’hériter, après la mort de son père, d’une importante entreprise de conseils qu’il gère avec arrogance. La seconde, Linda Liddle, employée douée de cette entreprise, espérait se voit promue par le père, mais s’est vu préférer le camarade de golf et d’études du fils. Cependant, cette adepte des techniques survivalistes est beaucoup plus apte à affronter la réalité d’une île hostile que celui qui, bien que blessé et impuissant, à tendance à se considérer toujours comme son chef, même si le film promet un certain nombre de rebondissements dans la relation d’amour-haine qu’entretiennent les deux personnages. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Feb 2026 - 14min - 585 - INTEGRALE -EP161, autour des films "Send Help" de Sam Raimi, "Aucun autre choix" de Park Chan-Wook et "The Mastermind" de Kelly Reichardt
Deux films-fables sanguinolents, mêlant les genres et les registres, sur les méfaits du capitalisme et de la concurrence entre employés, et un long-métrage revisitant et détournant les codes et les rythmes du film de braquage. On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » le nouveau film de Sam Raimi, intitulé Send Help qui plonge un jeune PDG arrogant et son employée mal à l’aise en société mais douée en maths et survivalisme dans le huis-clos d’une île déserte après un accident d’avion. Puis, dans un tout autre univers mais avec une thématique et une volonté de mêler comédie et noirceur relativement proche, la proposition du coréen Park Chan-Wook titré Aucun autre choix. Et enfin, on revient sur le nouveau long-métrage de l’américaine Kelly Reichardt, The Mastermind, titre ironique pour désigner le vol plus chaotique que stratégique de quatre tableaux dans un musée du Massachussetts au début des années 1970. Avec : • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction de la revue de cinéma Débordements, et de la revue de cinéma décolonial Emitai. • Alice Leroy, qui écrit dans les Cahiers du cinéma • Raphaël Nieuwjaer, qui écrit aussi aux Cahiers du Cinéma, ainsi que pour la revue Études Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 15 Feb 2026 - 42min - 584 - PARTIE 3 -EP160, autour de l'exposition "Tenter l'art pour soigner" à l'IMA
« Tenter l’art pour soigner : à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville dans les années 1960 » est le titre de l’exposition, petite par la taille mais dense dans le propos et longue par la durée, qui se tient à l’Institut du monde arabe depuis la fin du mois d’octobre 2025 et jusqu’au mois de juin. Elle est issue de la donation à l’IMA, en 2021, d’un ensemble d’archives du docteur Cadour – céramiques peintes et planches dessinées à la gouache, exécutées dans les années 1960 au cours d’ateliers de « socialthérapie » menés dans cette institution située à quelques encablures au sud d’Alger. Un des objectifs de la socialthérapie est de responsabiliser les malades en leur faisant organiser eux-mêmes certaines de leurs activités, notamment à travers un hebdomadaire intitulé Notre journal censé être le ciment d’une réforme d’ampleur de cet hôpital conçu et construit pendant la colonisation pour en faire une « communauté thérapeutique » où pensionnaires, infirmiers et psychiatre collaborent pour réaliser des choses, à l’instar de ce journal. Sous ses airs confidentiels, cette exposition est marquée par un grand nom, celui de Frantz Fanon, qui officia comme médecin-chef dans cette institution psychiatrique entre 1953 et 1956, avant que son nom soit donné à cet hôpital après l’indépendance de l’Algérie. Elle est aussi une incarnation d’un « art brut », terme utilisé par le peintre Jean Dubuffet pour désigner les productions plastiques de personnes exemptes de culture artistique et pratiquant un art qui s’ignore. Le commissariat de cette exposition est signé Djamila Chakour. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 08 Feb 2026 - 13min - 583 - PARTIE 2 -EP160, autour de la rétrospective de la photographe Denise Bellon, au musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris présente la première rétrospective consacrée à Denise Bellon (1902-1999), pionnière du photojournalisme et figure du milieu surréaliste dont elle a documenté plusieurs des manifestations éphémères et dont les images constituent parfois les rares traces. Le Mahj documente ainsi, avec 300 photographies, objets, lettres et publications, un parcours singulier et largement méconnu, allant des années 1930 aux années 1970. Née à Paris dans une famille juive originaire d’Alsace et d’Allemagne, Denise Bellon (née Hulmann) s’initie à la photographie au Studio Zuber avant de cofonder Alliance Photo, une des première agence photographique de l’entre-deux-guerres. Influencée par l’esthétique dite de la « Nouvelle Vision », elle réalise de nombreux reportages à l’étranger, dans les Balkans, en Finlande, en Afrique et réalise aussi des commandes publicitaires. Elle photographie aussi bien la « zone » parisienne que les expositions surréalistes, l’Occupation allemande à Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale que l’industrialisation de la France. En 1940, elle épouse Armand Labin, journaliste juif roumain engagé dans la Résistance, qui sera ensuite le fondateur du quotidien Midi Libre, pour lequel elle couvrira notamment un maquis antifranquiste en vallée de l’Aude, avec son outil de prédilection qu’est l’appareil Rolleifles et ses négatifs de format carré 6x6 cms. Le commissariat de cette exposition qui a ouvert en octobre dernier et demeure visible jusqu’au mois de mars prochain est signé Éric le Roy et Nicolas Feuille. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sun, 08 Feb 2026 - 13min
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