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- 1422 - Tchad-France: l'économie pour relancer une relation refroidie
Après le refroidissement diplomatique de 2024, le Tchad et la France cherchent à relancer leur relation par l’économie. N'Djamena veut attirer les entreprises françaises pour financer ses ambitions de développement, avec 26 milliards d'euros d’investissements visés d’ici 2030.
Un nouveau code du travail, des exonérations fiscales pour les investisseurs étrangers, la digitalisation des entreprises et des services de l’État : le Tchadveut convaincre que son climat des affaires s’améliore.
Le pays mise notamment sur un guichet unique, via l’Agence nationale des investissements et des exportations (Anie), pour faciliter l’installation des entreprises. Abderrahmane Gademi, administrateur provisoire de la Chambre de commerce et d’industrie, défend ces réformes : « Aujourd'hui, les réformes sont engagées. Donc le développement économique du Tchad, la diversification économique dans sa globalité, la transformation du tissu industriel, liste-t-il, toutes ces priorités aujourd'hui rentrent dans le cadre du Plan national de développement Tchad Connexion 2030, dans le cadre de la mise en œuvre de la vision dictée par le Maréchal Président de la République. »
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L’électricité, un frein persistant aux investissements
Les réformes sont récentes, mais l’indice d’attractivité établi par l’institut Amadeus pour 2024 ne progresse pas : le Tchad se classe 49e sur 54 pays africains évalués.
Pour Djimadoum Mandekor, économiste et ancien directeur central à la Banque des États de l’Afrique centrale, l’un des principaux obstacles à l’investissement reste l’accès à l’électricité. « Cet obstacle-là n'a pas disparu. Il y a quand même un décalage entre des engagements et, encore une fois, une mise en œuvre pratique, concrète, souligne-t-il.Des efforts sont à faire pour que les entreprises, tant nationales que celles qui viennent de l'étranger, trouvent les moyens de réaliser effectivement leurs activités à faible coût. »
Sur cette question, Marc Galinier, directeur Afrique de la société française Qair, vient de signer un accord pour deux centrales solaires de 30 mégawatts aux portes de N'Djamena. « Tout lemodus operandi, que ce soit inhérent aux taxes fiscales et douanières, à la facilitation de la contractualisation, force est de constater que ça s'est extrêmement amélioré,met-il en avant, le Tchad met les moyens en place aujourd'hui pour faciliter l'installation des entrepreneurs. »
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Les entreprises françaises de retour au Tchad
Côté français, le Medef International voit des opportunités dans ce réchauffement des relations, mais aussi dans la reprise de la coopération sécuritaire. Son président, Philippe Gauthier, souligne l’intérêt retrouvé des entreprises françaises pour le pays. « Le Tchad est un pays stable dans la région. Il est passé à travers les"révolutions"des autres pays du Sahel. Et on a pas mal d'entreprises françaises qui reprennent le chemin du Tchad sur les infrastructures, sur l'énergie, sur la santé, etc. », pointe-t-il.
Quelques accords ont été signés ces dernières semaines. Ils pourraient contribuer à relancer les investissements directs français au Tchad, tombés à 48 millions d’euros en 2024.
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Mon, 05 Oct 2026 - 1421 - Kenya: lancement du chantier pour la construction d'une méga-raffinerie à Lamu
Le milliardaire nigérian Aliko Dangote prévoit une nouvelle méga-raffinerie à Lamu, sur la côte est du Kenya. Le chantier a été lancé officiellement mercredi 30 septembre. Le coût est estimé à 16 milliards de dollars et la construction devrait s'achever en 2030 pour permettre à terme de traiter 700 000 barils de pétrole brut par jour. Le président du Kenya, William Ruto, en a largement fait la promotion, promettant la création de 60 000 emplois, directs et indirects, et l'émergence d'industries dérivées. Aliko Dangote a promis des formations pour 1 000 jeunes des communautés des alentours. Sur place, le projet est accueilli avec prudence, entre espoirs de développement et inquiétudes sur ses retombées.
De notre envoyée spéciale à Lamu,
Issa Timamy, le gouverneur du comté de Lamu au Kenya, a été le premier à se réjouir de la naissance de ce projet de raffinerie lors de la cérémonie de lancement du chantier, le 30 septembre : « Pendant de nombreuses années, Lamu a été présentée comme une région en marge. Un comté riche de son histoire, de sa culture et de ses ressources naturelles, mais trop souvent laissé en retrait du développement. Aujourd'hui, Lamu fait la Une de l'actualité internationale en tant que destination pour les investissements et que terre d'opportunités. »
Ce lancement a été suivi de près sur l'embarcadère animé de Mokowe, petite ville à une dizaine de kilomètres du port de Lamu, où la cérémonie a eu lieu. Dans cette région frontalière avec la Somalie, bien loin de la capitale, les promesses de développement font rêver Zion. Ce jeune de 27 ans dit gagner un peu d'argent en aidant les passagers à débarquer : « Pour l'instant, l'économie tourne au ralenti. Une fois la raffinerie en activité, elle va beaucoup se développer. Les gens viendront acheter des terrains, construire davantage de maisons et il y aura davantage de commerces. Nous aurons une grande ville dans le comté de Lamu ! »
Impact environnemental
Donald, 27 ans aussi, perché sur sa moto-taxi, dit avoir postulé à deux reprises pour travailler dans le port, mis en activité en 2021, sans succès. Alors, il se montre plus prudent : « Nous ne savons pas exactement ce qui se passe, nous sommes simplement spectateurs. J'espère que tout le monde pourra participer au projet et, surtout, en tirer quelque chose. La vie est un peu difficile ici. Tout a augmenté. Nous faisons de notre mieux pour survivre. »
Le projet est aussi suivi de près sur l'île de Lamu, en face de Mokowe. Très prisée des touristes, qui apprécient sa tranquilité, les eaux de l'océan Indien bordées de mangrove et sa vieille ville, riche de la culture swahili. Mais des inquiétudes émergent sur les conséquences d'un tel projet sur cet écosystème marin et ces paysages paradisiaques. Jamil Mohamed Ali est président de l'association du tourisme sur l'île et lui-même directeur d'un hôtel : « L'industrie touristique est le pilier de l'île, tout tourne autour. Même si je crois à l'importance de transformer et créer de la valeur à partir de nos propres ressources, nous devons être extrêmement vigilants afin de ne pas détruire l'environnement et nos moyens de subsistance au nom des revenus supplémentaires que cette transformation de nos ressources pourrait générer. »
Le président William Ruto a affirmé, lors du lancement du chantier, que les impacts environnementaux et sociaux de la raffinerie feraient l'objet « d'une évaluation rigoureuse ».
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Fri, 02 Oct 2026 - 1420 - La RDC réforme le code minier en espérant de meilleures recettes fiscales
Huit ans après la promulgation du code minier en RDC, le gouvernement envisage une nouvelle réforme. Malgré la hausse de la production, soit plus de 3 millions de tonnes de cuivre et 220 000 tonnes de cobalt en 2025, l’État estime que les recettes minières restent en deçà du potentiel du secteur minier. À Lubumbashi et à Kolwezi, la société civile recommande notamment une réforme qui permette à l’État de mieux capter les recettes minières.
De notre correspondante à Lubumbashi,
Entre 2018 et 2022, par exemple, les recettes fiscales en RDC sont passées de quatre milliards de dollars à au moins 5,5 milliards selon le FMI. Mais pour les acteurs de la société civile, plusieurs défis restent à relever. « Le premier problème, c’est le nombre de taxes, impôts, droits et redevances que les entreprises doivent payer. On est autour de 60. Cela pose problème », pointe Fabien Mayani, chargé de programme au Centre Carter. C’est pourquoi la société civile propose de « diminuer le nombre d’instruments fiscaux » et aussi de « regarder l’utilité même de certains instruments ».
Au-delà des taxes, le régime fiscal d’exception dont bénéficie la société minière Sicomines, créée dans le cadre de l’accord RDC-Chine, pose aussi problème. Selon le ministère du Budget, ce régime fait perdre à l’État près d’un milliard de dollars par an. Pour Fabien Mayani, il faut y mettre fin car ce modèle particulier met en place des exonérations fiscales qui font perdre à l’État des recettes. « On a la même chose avec l’accord qui a étérécemment signé avec les Américains, qui semble aussi créer des particularités vis-à-vis du code minier », souligne l’expert de l’industrie extractive. Il recommande donc que « tous les opérateurs miniers[soient]soumis au régime fiscal du code minier. »
Des difficultés de recouvrement
La société civile dénonce aussi les faiblesses dans le recouvrement de l’impôt sur les bénéfices excédentaires des sociétés minières, en période de hausse des prix. Cet impôt a généré 365 millions de dollars en 2022 contre 90,6 millions en 2023, soit une baisse de près de 25 %. Maître Jean Keba est membre de l’ONG Afrewatch : « Vous avez l’impôt sur le bénéfice excédentaire qui a été instauré en 2018, mais que l’État a des difficultés à recouvrer parce que la régie financière qui recouvre cet impôt n’a pas la maîtrise des études de faisabilité mises à jour par les entreprises redevables. »
Des études de faisabilité qui permettent d'évaluer la rentabilité de l'entreprise. Annie Tshibola, membre de la dynamique des femmes du secteur minier, plaide plutôt pour une redevance minière fixée en fonction du prix du minerai sur le marché, à l’image de la Zambie. Dans ce pays, « pour le cuivre, lorsque le prix est supérieur à 4,5 mille dollars par tonne, on applique le taux de 4 % de redevance. Quand le prix de la tonne va au-delà de 9 000, on applique le taux de 10 % », prend-elle pour exemple. Pour sa part, la Chambre des mines estime qu’il faut avant tout évaluer l’application de l’actuel code minier avant toute nouvelle réforme.
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Thu, 01 Oct 2026 - 1419 - Importations de blé: les tensions en mer Noire ravivent les inquiétudes en Afrique
Les tensions en mer Noire et les perturbations du détroit d'Ormuz font remonter les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial en blé. Pour les pays africains, fortement dépendants des importations, la hausse des cours et surtout leur volatilité compliquent déjà les approvisionnements et ravivent le spectre d'une nouvelle crise alimentaire.
Le prix du blé a augmenté de plus de 20% depuis le début de l'année. À cette hausse des cours s'ajoutent l'augmentation des coûts du fret et des assurances, dans un contexte de tensions sur plusieurs routes commerciales stratégiques.
Cette hausse se répercute déjà sur les consommateurs africains. Pour Rémi Depoix, président de la société de négoce internationale Céréalis, spécialisée dans l'exportation de blé vers l'Afrique, le risque serait plus important encore en cas de rupture d'approvisionnement :
« Il y a un impact, bien sûr, pour les opérateurs économiques, mais aussi pour le consommateur. Parce que même si le prix du pain a parfois été bloqué/fixé dans les pays, le consommateur va le payer plus cher. Mais cela pourrait être plus grave s'il y avait vraiment des ruptures d'approvisionnement dans certains pays. Cela voudrait dire qu'il pourrait y avoir un manque de pain pour l'Égypte, pour l'Algérie ou pour d'autres pays qui en sont de grands consommateurs. Cela pourrait avoir des conséquences sociales extrêmement graves. »
Les minoteries africaines exposées à la volatilité
Céréalis a exporté quelque 900 000 tonnes de céréales vers le continent l'an dernier. Selon Rémi Depoix, les minoteries africaines sont particulièrement exposées aux fluctuations des prix, car elles achètent principalement au plus près du marché, plutôt que dans le cadre de contrats à long terme.
À cette dépendance aux importations s'ajoutent les difficultés des productions locales. La sécheresse a notamment affecté certaines récoltes africaines. Au Tchad, le gouvernement a interdit l'exportation de plusieurs céréales, dont le blé, afin de préserver les stocks disponibles.
Le ministre tchadien de l'Économie, Tahir Hamid Nguilin, se veut toutefois rassurant sur la situation du pays : « Nous avons énormément de terre. Le Tchad a fait autour de trois millions de tonnes de céréales par an. C'est le premier pays d'Afrique centrale en termes de production alimentaire vivrière en céréales. C'est pour dire le niveau. Nous pensons qu'on a un gap de 100 000 tonnes sur la production de cette année, en sachant que les deux années précédentes, nous avons eu quelque part une certaine surproduction. Nous n'avons pas de crainte à ce niveau. »
Des récoltes qui ne suffisent pas à réduire la dépendance
Certains pays d'Afrique du Nord ont enregistré de bonnes récoltes, à commencer par le Maroc, qui devrait produire environ neuf millions de tonnes de blé cette année. Mais cette récolte ne devrait pas modifier en profondeur les besoins du royaume en importations, estime l'économiste Abdelmalek Alaoui, président de l'Institut marocain d'intelligence stratégique :
« Bien qu'il y ait eu une campagne agricole importante l'an dernier, elle profite majoritairement aux industries exportatrices qui, elles, apportent des devises. Quant à la souveraineté alimentaire en matière de blé, le Maroc est structurellement déficitaire du fait des habitudes alimentaires des Marocains. Le Maroc est un importateur de blé tendre. Si les Marocains consommaient plus de blé dur, nous ne serions pas dans cette situation systémique de déficit. »
Le souvenir du choc de 2022 reste présent. Au début de la guerre en Ukraine, le prix du blé était passé d'environ 170 à 400 euros la tonne sur les marchés à terme. Les cours restent aujourd'hui très éloignés de ces niveaux. Mais le contexte logistique s'est de nouveau tendu, notamment autour des ports russes. Les exportations de blé de la Russie, premier fournisseur mondial, ont chuté à 347 000 tonnes en septembre, contre plus d'un million de tonnes de plus un an auparavant.
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Wed, 30 Sep 2026 - 1418 - Madagascar: des biofertilisants pour remplacer les engrais chimiques de l’Itasy [2/2]
Aux portes d’Antananarivo, à Madagascar, la région de l’Itasy abrite de nombreuses exploitations maraîchères familiales. Alors que la croissance démographique impose d’augmenter la production agricole, les sols souffrent de l’érosion et sont appauvris à long terme par l’utilisation d’engrais chimiques. Mais depuis près de dix ans, des milliers de paysans ont adopté un biofertilisant liquide dans leurs pratiques agricoles, ce qui a permis d’améliorer les rendements tout en préservant l’environnement.
De notre envoyé spécial de retour d'Itasy,
De l’ambiaty et du tanamasoandro sont disposés sur le sol en terre battue devant la maison de Fabienne Razafindraibe. « Ce sont des plantes bénéfiques pour la terre et elles poussent un peu partout aux alentours », explique-t-elle. Après avoir haché ces végétaux, l’agricultrice les verse dans un bassin rempli d’eau avec du fumier de zébu ramassé dans la localité.
« Le bassin doit avoir la meilleure exposition au soleil possible. On mélange tous les quatre jours et le biofertilisant est prêt au bout de 28 jours. On le sait car le liquide est vert et homogène et il ne s’en dégage plus de fortes odeurs », détaille l’agricultrice. À ce mélange, d’autres plantes aux facultés répulsives, comme la consoude ou le tephrosia, peuvent être ajoutées pour lutter contre les nuisibles.
La technique a été enseignée par l’ONG Agrisud à un réseau de 350 maîtres exploitants, des agriculteurs référents chargés detransmettre ensuite cette pratique innovanteaux communautés paysannes locales. Environ 15 000 producteurs utilisent désormais le biofertilisant liquide dans la région de l’Itasy, explique Fetison Ramaly Andriamahitsy, chef de projet dans le cadre du programme Agriter : « La production des biofertilisants liquides est accessible à tous les producteurs parce qu’on n’a pas besoin de matériel sophistiqué. Les producteurs peuvent même utiliser des bidons jaunes comme récipients », souligne-t-il. Cette technique permet l’amélioration de la productivité avec une augmentation de 20 % des rendements, assure Fetison Ramaly Andriamahitsy.
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Amélioration des revenus, diversification des activités
L’usage des engrais chimiques ou des pesticides chimiques, nocifs pour la santé, rendait l’air irrespirable, se souvient Jean-Patrick Ramanandraibe. Les biofertilisants liquides, que ce paysan utilise désormais, sont particulièrement efficaces pour la culture d’haricots verts. Sur un terrain de 100 m² , il en récolte 250 à 300 kilos, contre 150 kilos auparavant.
« La terre produit plus, donc je gagne plus, étant donné que la majeure partie de la récolte est destinée à la vente. Je peux désormais nourrir correctement mes porcs et mes volailles, alors que ce n’était pas le cas auparavant. Les revenus supplémentaires m’ont permis d’investir pour améliorer mon activité d’élevage », témoigne-t-il.
Une diversification des activités économiques également bienvenue à l’heure où la croissance démographique réduit la taille moyenne des parcelles agricoles léguées par les parents à leurs enfants. L’Institut national de la statistique anticipe un doublement de la population malgache à l’horizon 2050.
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Tue, 29 Sep 2026 - 1417 - À Madagascar, l’érosion menace les terres agricoles de l’Itasy [1/2]
À Madagascar, l’érosion menace les terres agricoles et les revenus des paysans. Dans la région de l’Itasy, les pluies plus intenses accélèrent la dégradation des sols et l’ensablement des rizières. Agriculteurs et ONG tentent de restaurer ces terres et de préserver les activités qui en dépendent.
Aux portes d’Antananarivo, les champs de l’Itasy aménagés à flanc de colline sont de plus en plus exposés à des pluies intenses. Sur des terrains fragilisés par certaines pratiques agricoles, l’eau dévale les pentes et emporte progressivement la couche arable du sol. « Quand il n’y a plus cette partie arable, les 20 premiers centimètres du sol, toute la fertilité part avec ça. En dessous, on a un socle très dur, la texture ne permet plus d’avoir de bonnes productions », explique Ramarofidy Andriamirajo, coordinateur national de l’ONG Agrisud.
L’érosion provoque également l’ensablement des rizières et des zones fertiles situées en contrebas des versants. À Madagascar, les immenses ravines creusées dans les sols sont appelées « lavaka ». Elles sont devenues l’un des signes les plus visibles de la dégradation des terres.
Pour les agriculteurs, les conséquences sont directes. Hanitriniaina Fanomezantsoa a vu une grande partie de ses parcelles recouverte de sable. « Les trois quarts de mes terrains ont été envahis par le sable. Pendant cinq ans, je n’ai eu aucune récolte d’haricots, de pommes de terre et de riz. Certains habitants ont même déménagé à cause de ce problème, d’autres cherchent des sources de revenus complémentaires pour compenser le manque à gagner », raconte-t-il.
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Planter pour retenir les sols
Pour lutter contre le phénomène, 26 pépinières ont été installées dans la région dans le cadre du programme « Agriter ». Elles produisent notamment des acacias, des pins et du café robusta. « On cultive des plants d’acacias, de pinus et de café robusta. Ces espèces ont été sélectionnées pour leur capacité à freiner l’érosion du sol », explique Julienne Ramirantsoa, responsable de l’une de ces pépinières.
Les jeunes arbres sont ensuite plantés sur les terrains les plus dégradés. Plus de 1,5 million d’arbres ont ainsi été mis en terre dans la région. L’ONG Agrisud aménage également des courbes de niveau le long des versants afin de ralentir l’écoulement de l’eau. « Sur les lignes de courbes de niveau, on installe des plantes stabilisatrices du sol type vétiver, des ananas, des defrosia, des citronnelles… Et entre les lignes des courbes de niveau, c’est là que les producteurs vont installer les cultures vivrières », détaille Ramarofidy Andriamirajo.
À terme, ces aménagements doivent permettre de transformer progressivement les pentes en terrasses agricoles et de favoriser l’infiltration de l’eau dans les sols.
Un enjeu qui dépasse l’agriculture
La protection des bassins versants concerne bien plus que les seules parcelles agricoles. Dans l’Itasy, le lac du même nom est lui aussi menacé par l’ensablement.
Selon Agrisud, sans intervention, le lac pourrait être fortement affecté par le phénomène dans les prochaines décennies. Or il constitue une ressource importante pour l’économie locale : il attire des visiteurs venus notamment de la capitale et fait vivre pêcheurs et artisans.
Préserver les sols agricoles revient donc aussi à protéger l’ensemble de l’activité économique qui dépend de cet environnement.
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Mon, 28 Sep 2026 - 1416 - Tourisme: le Sénégal veut sortir du tout balnéaire et miser sur sa culture
Comme l'Afrique du Sud et l'Égypte, le Sénégal a connu cette année une fréquentation accrue de la part des touristes français (+18 % en 2025-2026). Ils se sont reportés vers les destinations africaines, face aux risques liés à la guerre au Moyen-Orient. Mais avec un million et demi de touristes en 2025, le Sénégal est loin de son objectif de 2 millions et demi de visiteurs annuels. Face à l'essoufflement du tourisme balnéaire, le pays de la Téranga veut diversifier son offre et sa clientèle.
Dans le tourisme depuis plus de 40 ans, Boubacar Sabaly, directeur général de l'hôtel Bougainvillées à Saly-Portudal, sur la Petite Côte, au sud de Dakar, observe que beaucoup d'hébergements balnéaires ont fermé. « Dans notre zone, nous avons perdu 2 000 lits. Nous avons eu la fermeture de l'hôtel Aldiana, 300 chambres, la fermeture également du Domaine de Nianing, 300 chambres, liste ce professionnel de l'hôtellerie. Nous avons perdu deux hôtels Savana, 216 chambres. Nous avons perdu l'hôtel Teranga, 75 chambres. Nous avons perdu également l'hôtel L'Espadon… Ça fait beaucoup. »
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Plus d'immersion culturelle
Diversifier l'offre touristique du Sénégal est impératif, reconnaît Malick Mbaye, le secrétaire général de l'Agence sénégalaise de promotion touristique, et c'est l'objectif des États généraux du tourisme, qui se poursuivront jusqu'à la fin de l'année. « Le Sénégal est malheureusement positionné comme une destination"soleil d'hiver balnéaire", alors que le potentiel culturel que nous avons est beaucoup plus important que ce que nous avons sur le balnéaire,martèle-t-il.Et c'est ça qui fait l'originalité d'une destination. Les touristes d'aujourd'hui cherchent des expériences aussi bien sur la culture que sur la nature. Le Sénégal a un potentiel très important. »
Le Sénégal cherche à mieux vendre ses rendez-vous culturels, Festival de jazz et Fanal de Saint-Louis, Biennale de Dakar, Festival des minorités, mais aussi à promouvoir l'immersion des touristes dans la culture et le mode de vie sénégalais. Et c'est ce qu'Oumy Sall, directrice de production de l'agence sénégalaise Sahel Découverte, veut proposer de plus en plus aux tour-opérateurs. « Nous faisons découvrir Saint-Louis à travers des programmes immersifs. Pendant le festival de jazz, c'est le développement économique, social, touristique et culturel de Saint-Louis. Il y a aussi les îles du Saloum, où nous avons la possibilité de faire des ateliers d'initiation aux foyers améliorés, de plantation de la mangrove,décrit-elle. En Casamance, on propose des ateliers dans les rizières ou des ateliers de transformation de la noix de cajou. Même à Saly, réputée station balnéaire, on a de l'immersion, avec des ateliers de batik sur la plage et on fait découvrir comment se passent les mariages. »
Jeunes de la diaspora
En recevant les Jeux olympiques de la jeunesse dans un peu plus d'un mois, le Sénégal veut prouver qu'il peut accueillir des événements d'ampleur et développer le tourisme d'affaires, mais aussi miser sur l'appétit culturel des nouvelles générations de la diaspora africaine, avec, en projet avec l'Unesco, une future scénographie ludique des grands héros d'Afrique au musée Théodore Monod de Dakar. Une plateforme numérique « Le Sénégal en un clic » devrait d'ici la fin de l'année rassembler toute l'offre touristique du pays et mobiliser les influenceurs.
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Fri, 25 Sep 2026 - 1415 - Au Cameroun, un nouveau mécanisme douanier sur les téléphones fait rapporter gros à l'État
Au Cameroun, la direction générale des douanes a collecté entre avril et début septembre 2026 1,8 milliard de FCFA (environ 2,7 millions d’euros) de droits de douanes et taxes sur des téléphones, tablettes et terminaux numériques importés, grâce au nouveau mécanisme de collecte en vigueur. Avant l’entrée en vigueur de la réforme, le dédouanement des téléphones approvisionnait les caisses de l’État d’à peine 100 millions de francs par mois. Ce mécanisme fait grincer les dents chez certains importateurs alors que la douane dit poursuivre des objectifs fiscaux, sécuritaires et économiques.
Avec notre correspondant à Yaoundé,
Le lieu-dit avenue Kennedy à Yaoundé grouille de monde. C’est le principal point de vente des téléphones portables importés au Cameroun. Seydou, un importateur de téléphones d’occasion, dit avoir quelques soucis avec le nouveau mécanisme de déclaration et de dédouanement : « On importe les téléphones d’occasion qui sont vendus ici entre 20 000 et 25 000 francs CFA. Ils sont dédouanés à l’aéroport, mais les douaniers n’enregistrent pas leur numéro de série. Quand on les vend aux clients, ils reviennent nous dire qu’ils reçoivent tout le temps des messages qu’on va bloquer leurs téléphones. »
Depuis le 1er avril dernier, les prix des téléphones ont augmenté selon ce revendeur. « Les clients ne sont pas intéressés à acheter les téléphones non dédouanés, mais ils ne peuvent pas non plus payer le prix des téléphones dédouanés. Donc cela nous cause beaucoup de préjudices », témoigne Gérard Fontem. Ce dernier vend désormais ses téléphones plus chers, pour certains les prix ont presque doublé, passant de 45 000 à 85 000 francs CFA.
« Ceux qui estiment que le prix du téléphone a augmenté, ce sont ceux qui ne payaient pas »
De 68 euros à 129 euros environ, pour Paul Olivier Libii, inspecteur principal des douanes et point focal de la réforme à la direction générale des douanes à Yaoundé, les importateurs sont loin d'être asphyxiés : « Ceux qui estiment que le prix du téléphone a augmenté, ce sont ceux qui ne payaient pas[leurs taxes], parce que pour ceux qui payaient sur la base de la valeur transactionnelle à 66 %, le prix du téléphone va plutôt diminuer. Mais ceux qui ne payaient pas utilisaient le droit de douane comme variable d'ajustement pour mettre à mal ceux qui payaient. Le nouveau mécanisme va venir mettre tout le monde au même niveau. »
Ce nouveau mécanisme n’est pas une nouvelle taxe, mais plutôt un nouveau système de collecte qui est fondé sur la digitalisation, soutient Paul Olivier Libii : « La valeur transactionnelle a été divisée par quatre, voire par sept. Nous avons huit catégories de collecte qui vont de 5 000 à 400 000 francs CFA. Ensuite le taux global est passé de 67 % à 33,33 %, donc ce sont des méthodes de facilité. » Environ cinq millions de téléphones échappaient encore au système, des téléphones qui seront retrouvés, promettent les services des douanes.
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Thu, 24 Sep 2026 - 1414 - Le corridor Abidjan-Lagos, colonne vertébrale du commerce ouest-africain en progression
Le commerce entre pays africains progresse, mais l’intégration économique du continent reste confrontée à un problème très concret : faire circuler les marchandises plus rapidement et à moindre coût. En Afrique de l’Ouest, le corridor Abidjan-Lagos permet de mesurer ces avancées. Les procédures se numérisent, les temps de passage diminuent à certains postes-frontières.
Plus de 1 000 kilomètres de route et plusieurs postes-frontières jalonnent cet axe stratégique, avec des temps de passage encore très variables. Malgré ces difficultés, les échanges intra-régionaux entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire ont progressé de plus de 20 % l’an dernier. La progression est également marquée avec le Togo.
Des temps de traversée plus courts contribuent à rendre le corridor plus compétitif. « Plus qu’une route, c’est une colonne vertébrale », résume Youssouf Sangaré. Cet enseignant-chercheur travaille depuis 25 ans sur la digitalisation des corridors commerciaux. « Il concentre plus de 75 % des activités commerciales de la Cédéao et relie des aires majeures comme Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou et Lagos. Nous sommes passés d'une vision purement infrastructurelle à une vision de corridors économiques intégrés ».
Le corridor Abidjan-Lagos représente une part majeure du commerce régional et constitue également un terrain d’expérimentation pour la Zone de libre-échange continentale africaine(Zlecaf), notamment sur les règles d’origine et les tarifs préférentiels.
Les frontières restent le principal point de friction
Pour Paul Akandé, chargé de programme à la Commission de la Cédéao, le corridor peut servir de modèle à l’échelle régionale. « La Cédéao, en tant qu’organisation régionale, facilite ce processus. Elle est en discussion sur le réseau routier qui relie Abidjan à Lagos, avec éventuellement une évolution vers le ferroviaire. Ce sont aussi ces initiatives qui permettent d’accélérer les échanges et le trafic entre les pays traversés par ce corridor. C’est donc un très bon modèle. »
Le principal obstacle à la compétitivité du corridor reste toutefois ce que les spécialistes appellent les « coûts de friction » : les dépenses supplémentaires, les pertes financières et les retards logistiques provoqués par les obstacles sur les routes et aux frontières.
Une récente étude menée par l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL) montre que les temps de traversée observés sur une dizaine de postes-frontières vont de 2 à 47 heures. L’étude relève également la persistance de barrages routiers, notamment au Nigeria, ainsi que des paiements informels signalés par près des trois quarts des chauffeurs routiers interrogés.
De fortes disparités entre les postes-frontières
La situation s’améliore néanmoins, estime Youssouf Sangaré, notamment grâce à la digitalisation des procédures : « Le système interconnecté de gestion des marchandises en transit de la Cédéao progresse. Les déclarations répétitives à chaque frontière, ce que j’appelle ici les coûts de friction, se réduisent. Un chargeur ivoirien n’a plus à tout recommencer à zéro à chaque poste-frontière, comme c’était le cas il y a dix ans. »
Mais l’interconnexion reste encore incomplète. À Noé-Elubo, entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, la ressaisie manuelle des informations constitue toujours un point de friction. L’OCAL présente le poste de Noé-Elubo comme celui ayant enregistré la baisse la plus nette de son temps de passage : il serait passé d’environ 27 heures à 10 heures.
Les performances restent en revanche beaucoup plus contrastées ailleurs sur le corridor. C’est notamment le cas à Kraké, entre le Nigeria et le Bénin, ou encore à Kodjoviakopé, à la frontière entre le Togo et le Ghana.
Wed, 23 Sep 2026 - 1413 - La Guinée championne d'Afrique des investissements étrangers mais pour quelles retombées économiques ?
Les investissements directs étrangers (IDE) reçus par un pays profitent-ils à son économie et à ses habitants ? Ce n'est en tout cas pas une évidence comme le montre l'exemple guinéen. La Guinée est arrivée en tête des IDE reçus l'année dernière, en Afrique. Le pays a reçu plus de 7,7 milliards de dollars, une somme essentiellement liée au lancement de la mine de fer de Simandou.
Le projet gigantesque de mine de fer de Simandou a connu une accélération en 2025 avant d'entrer en production en novembre. Mais l'achat d'équipement et les gros travaux de construction du chemin de fer et du terminal portuaire de Moribaya n'ont pas profité aux entreprises locales, explique Oumar Barry Totiya, directeur de l'Observatoire guinéen des mines et métaux : « Simandou, c'est surtout des acteurs étrangers qui ont capté ces investissements, la construction des rails et du port a bénéficié à des entreprises chinoises, les travaux d'ingénierie lourde dans la mine ont profité à des entreprises portugaises ».
Le secteur guinéen a hérité lui de quelques contrats de sous-traitance dans le domaine de la sécurité, de la restauration et de petits travaux de terrassement. Mais c'est loin d'être assez pour Chérif Mohamed Abdallah Haïdara, président du Groupe organisé des hommes d'affaires (GOHA) international : « Moi personnellement, je n'ai rien reçu, ni un marché, ni une proposition, ni un courrier d'invitation[à répondre à un marché], et je ne suis pas le seul. Nous invitons donc l'État à nous appuyer pour que les compagnies étrangères ne soient pas les seules à profiter. Nous ne les rejetons pas, mais si dans presque tous les domaines ce sont eux qui récupèrent les marchés, c'est compliqué »
Une économie nationale encore en retrait face à l’ampleur des investissements
Tous les constats se rejoignent : la capacité de l'économie guinéenne à capter les investissements étrangers est encore trop faible. Le secteur bancaire est tout aussi concerné, explique l'économiste Bella Bah : « Si vous prenez les sept milliards de dollars d'investissements directs étrangers, à peine un milliard a été viré sur les comptes en Guinée. La Guinée est un pays qui vit de l'importation, avoir un important flux de devises nous permet de valoriser le franc guinéen et cela a un impact sur le prix des produits importés comme le riz, la farine et le sucre. »
Avoir suffisamment de devises permet notamment d'éviter tout retard de paiement, et de livraison, un facteur de stabilité des prix sur les marchés locaux. Bella Bah précise qu'il reste entre 13 et 15 milliards de dollars à investir dans le cadre du projet Simandou et espère qu'ils profiteront beaucoup plus à l'économie guinéenne.
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Tue, 22 Sep 2026 - 1412 - Le nouvel aéroport d’Éthiopie aiguise les appétits internationaux
Le secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, Franck Garcia, s’est rendu le 6 septembre dernier sur le chantier du futur aéroport international de Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres d’Addis-Abeba. Une visite durant laquelle Washington a pu manifester son intérêt pour la méga-infrastructure, qui sera à terme le plus grand aéroport d’Afrique. L’occasion, aussi, de se positionner face au concurrent chinois.
De notre correspondante à Addis-Abeba,
Depuis la pose de la première pierre du futur aéroport en janvier 2026, les États-Unis et la Chine se livrent une bataille d’influence autour du financement du méga projet. Coût total estimé : plus de 12 milliards de dollars.
D’après Lema Mohamed, doctorant à l’université d’Ottawa et spécialiste des relations Chine-Afrique, Pékin, premier investisseur étranger en Éthiopie, a une longueur d’avance : « Ce n'est pas surprenant que la Chine soit en train de s'impliquer. Elle a déjà financé et construit beaucoup de projets. Aussi bien des projets d'infrastructures, mais aussi pour la transition énergétique, et aujourd'hui elle porte un discours sur les infrastructures digitales. Donc, l'implication de la Chine en Éthiopie est quand même bien ancrée. »
En avril, la Banque de Chine s’est entretenue avec Ethiopian Airlines et le ministère éthiopien des Finances. Des discussions similaires ont eu lieu un mois plus tôt, à Pékin, cette fois avec la Banque d'import-export et la Banque de développement de Chine. Mais les États-Unis, de leur côté, ne sont pas en reste, affirme Mesfin Tasew Bekele, PDG d’Ethiopian Airlines : « Le gouvernement des États-Unis nous a fait savoir qu'il soutenait ce projet », assure-t-il.
L'Éthiopie se positionne à l'international
« La U.S. Development Finance Corporation (DFC) et l'Exim Bank ont également apporté leur soutien et ont commencé à travailler sur le dossier. Elles procèdent actuellement à l'évaluation du projet et à l'examen des études de faisabilité », poursuit le patron. Il affirme également que des banques commerciales américaines telles que JP Morgan et Citibank ont aussi commencé à travailler sur le projet d’aéroport. « L'intérêt des États-Unis est donc considérable», met en avant Mesfin Tasew Bekele.
Le département d’État américain a en effet confirmé à RFI « étudier la possibilité de soutenir le projet grâce aux instruments de financement du gouvernement ». Ce partenariat vise à prioriser une collaboration technique : le département d’État souligne que « les entreprises américaines sont synonymes de haute qualité et de normes de sécurité […] comme en témoignent les partenariats de longue date entre Ethiopian Airlineset Boeing ».
Pour Lema Mohamed, cette guerre commerciale montre la position stratégique d'Addis-Abeba à l'international. « L'importance de l'Éthiopie fait que tous ces pays voudraient quand même avoir leur mot à dire, si on peut le dire de la sorte, et prendre une place au sein du processus de développement du pays. Parce qu’il est certain que ne pas s'impliquer voudrait dire qu'on est en train de perdre du terrain», analyse le chercheur. D’autres pays ont manifesté leur intérêt pour l’aéroport. D’après Mesfin Tasew Bekele, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France se sont aussi positionnés.
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Mon, 21 Sep 2026 - 1411 - Tourisme: le Maroc maintient le cap malgré les tensions géopolitiques
Avec un objectif de 26 millions de visiteurs en 2030, année de la Coupe du monde de football coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc affiche des ambitions touristiques parmi les plus élevées au monde. Le royaume attire chaque année près de trois millions de visiteurs supplémentaires.
L'attractivité duMaroc semble pour l'heure résister aux crises géopolitiques. Les prix des billets d'avion à destination du royaume ont même baissé malgré l'augmentation du prix du kérosène. Au premier semestre 2026, la croissance du nombre de visiteursa toutefois légèrement ralenti, passant d'une progression à deux chiffres à une croissance à un chiffre. Les recettes touristiques ont, elles, bondi de 15 %. Achraf Fayda, directeur général de l'Office national marocain du tourisme (ONMT), se félicite du maintien de cette dynamique : « Malgré le contexte géopolitique global qui a ralenti un petit peu cette croissance, on est passé d'une croissance à double chiffre à une croissance à un seul chiffre. Mais on est content quand même de pouvoir maintenir la croissance tout en sachant que les recettes sont en train de croître à double chiffre, chose qui nous rassure quant à notre capacité de pouvoir attirer dans un contexte relativement fragile et difficile. »
Pour Vanguelis Panayotis, président du cabinet MKG spécialisé dans le tourisme et l'hôtellerie, cette performance est le résultat d'une stratégie planifiée sur le long terme, accompagnée d'importants investissements en amont de la Coupe du monde 2030 : « Ça permet de donner une impulsion. On voit qu'on a beaucoup de choses qui sont faites dans la santé, dans les transports, avec cette connexion en train grande vitesse qui part de Marrakech et qui remonte sur Casablanca, Rabat,détaille-t-il. Ce sont des éléments structurants qui permettent de mettre en marché de façon touristique une destination et de ne plus avoir uniquement une ou deux destinations phares comme peut l'être Marrakech, mais de permettre le développement et l'irrigation économique sur l'ensemble du territoire de cette opportunité d'activité touristique. »
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L'Espagne, un point de vigilance depuis
Une ombre au tableau tout de même : les événements de Ceuta, fin juillet. Des dizaines de milliers de migrants ont tenté d'entrer illégalement dans l'enclave espagnole, à pied ou à la nage depuis le Maroc. S'en est suivie une crise diplomatique entre Rabat et Madrid.
Les réservations des touristes espagnols pour l'automne accusent depuis un net recul, selon Vanguelis Panayotis : « La clientèle espagnole faisait partie des clientèles qui étaient parmi les plus fortes augmentations. Là, effectivement, on l'observe, il y a un coup d'arrêt parce qu'il y a ce contexte-là, admet l'expert.S'il ne perdure pas et que les choses se normalisent, on est assez confiant que dans un an, tout ça sera loin derrière tout le monde. »
L'Office national marocain du tourisme ne confirme pas cette baisse des réservations espagnoles et mise sur la diversification des marchés et des destinations. « Presque 70 % du chiffre est concentré sur trois destinations, donc trois destinations et trois expériences, explique Achraf Fayda. D'ici 2030, on veut évoluer vers les douze régions qu'on veut mettre en avant, des destinations touristiques, et dix expériences. »
Dernier exemple de cette stratégie : Dakhla, au Sahara occidental, qui attire bon nombre de kitesurfeurs français depuis l'ouverture d'une liaison aérienne directe il y a un an.
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Fri, 18 Sep 2026 - 1410 - À Madagascar, comment le sac gony malgache est devenu une industrie
À la campagne comme à la ville, les gony malagasy, ces grands sacs tissés en polypropylène, sont devenus des objets du quotidien. Ils servent aujourd’hui à transporter et stocker toutes sortes de récoltes. Ces sacs sont fabriqués et commercialisés localement depuis 50 ans par une entreprise familiale qui n'a cessé de s’adapter pour rester leadersur le marché de l’océan Indien.
De notre correspondante à Antananarivo,
Dans l’immense hangar d’Enduma, les métiers à tisser tournent à plein régime. Ces machines tubulaires à six trames produisent 24/24, dans un vacarme assourdissant. Il y a quelques minutes, ce n’étaient encore que de minuscules granulés de plastique. Les voilà transformés en sacs. Des sacs devenus familiers dans tout le pays. « Notre sac emblématique, c'est le"Miaka-bokatra", explique ce salarié. Littéralement,"la pleine saison". C'est le sac qu'on trouve un peu partout à Madagascar, qui marque le commencement de la saison des récoltes du riz, du paddy, qui donne une image à Madagascar. »
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Des sacs au rythme des récoltes malgaches
Décorés d’une charrette tirée par deux zébus, ces grands gony blancs peuvent transporter jusqu’à 250 kilos de denrées. À l’origine, ils ont été conçus pour remplacer les sacs en jute, plus lourds et perméables. Ils sont depuis devenus incontournables dans l’industrie, mais plus encore auprès des agriculteurs. Aujourd’hui, 75 % du chiffre d’affaires d’Enduma est réalisé àMadagascar, principalement pendant les saisons agricoles.
« Il y a une utilisation industrielle qui nous fait travailler tout au long de l'année, pour des filières comme l'agroalimentaire, comme les industries minières, comme les industries de chaux, de farine, de ciment, du sel, etc. Ensuite, il y a également une utilisation du gony malgache dans l'agriculture ; nous accompagnons les différentes filières agricoles dans leur saison de récolte,explique Hassanein Hiridjee, le petit-fils du fondateur et PDG du groupe Trimeta, avec un début d'année dédié principalement au riz, puis à la campagne de vanille, de grains secs, de pois du Cap, de sel. Et donc c'est cet enchaînement de filières agricoles à Madagascar qui permet à notre division agricole de pouvoir fournir et s'adapter aux filières tout au long de l'année. »
Plus les récoltes sont bonnes, plus l’entreprise vend de sacs. Sa croissance est intimement liée à la santé de l’agriculture malgache, à la météorologie et à ses effets de bord.
Concurrence des sacs asiatiques
Comme beaucoup d’industries du pays, Enduma doit également composer avec les coupures d’électricité récurrentes. Autre difficulté : l’importation massive de copies asiatiques (en provenance de Chine et d'Inde) de sacs tissés, de qualité inférieure, dépourvus de traçabilité et de certificat de « contact alimentaire », vendus, évidemment, moins chers. Pour faire face à cette concurrence, l’entreprise a décidé de diversifier ses activités. « Là, nous sommes dans l'atelier de transformation recyclage, poursuit Hassanein Hiridjee, ici, ce sont des déchets issus de la production, dus à des problèmes de courant, dus à des changements de trames, de bobines, etc. Nous pouvons ensuite retransformer ces déchets propres en granules qui redeviennent des matières premières, utilisées pour la plupart pour faire des bassines, des seaux, ce genre de choses. »
Enduma fêtera ses 50 ans à la fin de l’année. Toujours 100 % familiale, l’entreprise aspire à changer d’échelle. Et elle mise sur son gony pour accélérer son développement régional et exporter son savoir-faire malgache vers l’océan Indien et le continent africain.
À écouter dans Un jour au villageÀ Madagascar, produire des semences locales adaptées au climat et améliorer la sécurité alimentaire
Thu, 17 Sep 2026 - 1409 - En dix ans, les transferts d'argent de la diaspora en Afrique ont explosé
124 milliards de dollars : c’est le montant des transferts d’argent qui ont été effectués vers l’Afrique en 2025. C’est une hausse de 86 % par rapport à il y a 10 ans, révèle une étude du Fonds international de développement agricole (Fida) publiée en ce début de semaine. Cinq pays (Égypte, Nigéria, Maroc, Éthiopie, Kenya) reçoivent les trois quarts des transferts. Cependant d’autres régions, l’Afrique de l’Ouest en particulier, ont enregistré un boomimportant.
Dans la Goutte-d'Or à Paris pullulent les officines de transfert d’argent. Dans cette petite boutique de la rue Doudeauville, le guichet ne désemplit pas. Les habitudes sont rodées. Pièce d’identité, numéro de téléphone, Mohamed sort un billet de 50 euros. Il transfère chaque mois de l’argent vers le Sénégal. « Pas beaucoup d’argent », estime-t-il. Pour ce boucher, arrivé il y a 10 ans à Paris, la question de faire des transferts d’argent à la famille ne se pose même pas. « Il y a des gens au bled qui sont malades. On envoie de l'argent pour des médicaments. C'est ça le but. S'il y a des problèmes, ils nous le disent et [on essaie] de régler ça. C'est un peu dur mais on les soutient parce qu'on est là pour eux. On travaille pour la famille », témoigne Mohamed.
Les flux d’argent de la diaspora en Afrique de l’Ouest ont explosé ces dernières années. +65 % au Sénégal, +417 % en Côte d’Ivoire. Plusieurs raisons à cela, selon Luc Kpenou, consultant en systèmes de paiement et service digital. « Le mobile money, forcément, a ramené de la proximité. On n'est plus limité simplement au fait qu’on n'est pas bancarisé. Et la faiblesse des agences bancaires a été remplacée par le maillage des distributeurs de mobile money qui sont un peu partout. Donc déjà, cette proximité, cette facilité d'usage est vraiment l'un des critères les plus importants », explique l’expert. Autre facteur, la concurrence qui s’est faite dans la région.
« C'est plutôt un facteur stabilisateur »
« Plusieurs acteurs ont été obligés de réajuster leur modèle économique pour s'aligner un peu sur les nouveaux entrants qui sont venus et qui étaient quand même assez agressifs en termes de tarification. Ça a été profitable pour les usagers. Quand le transfert coûte moins cher, forcément vous avez tendance à transférer un peu plus et plus souvent », poursuit Luc Kpenou. Autre facteur, les corridors de travailleurs saisonniers dans la région qui dynamisent ces flux financiers.
Ces transferts d’argent représentent parfois près d’un quart du PIB des États, c’est le cas aux Comores, par exemple, en Gambie ou au Liberia. Pour Frédéric Ponsot, expert du Fida, cette dépendance aux flux de la diaspora n’est pas une fragilité. « C'est plutôt un facteur stabilisateur, assure-t-il. Dans le même temps, comme vous le savez, l'aide au développement a beaucoup diminué. Et puis les investissements directs étrangers sont assez erratiques. Quelles que soient les crises économiques, 2007, Covid… On a constaté en fait qu’au moment où il y a des crises, des crises économiques, ce qui se passe, c'est que les migrants, quelle que soit la situation dans laquelle ils se trouvent, ils regardent la situation dans laquelle leurs familles se trouvent et ils font les sacrifices nécessaires », détaille Frédéric Ponsot.
Reste le défi de l’interopérabilité – car l’essentiel des flux migratoires sont intra-africains. Il s’agit de fluidifier les envois entre pays et de faire baisser les coûts des transferts d’argent. Ils atteignent en moyenne 7 % et font du continent la région la plus chère dans le domaine.
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Wed, 16 Sep 2026 - 1408 - À Maurice, les centres d'appels pâtissent de la nouvelle réglementation française
À Maurice, le secteur des centres d’appels et de l’externalisation traverse une zone de turbulences. Concentrix, l’un des principaux opérateurs présents dans l’île, vient d’annoncer son intention d'arrêter ses activités. Une décision qui ravive les inquiétudes sur l’avenir d’un secteur important pour l’emploi et l’économie mauricienne, confronté à des difficultés structurelles et à une concurrence internationale accrue.
Avec notre correspondant à Port-Louis,
En six ans, Concentrix dit avoir perdu sept de ses principaux clients et ses effectifs sont passés de 870 à moins de 320 salariés. Pour les syndicats, le cas de cette entreprise intervient dans un contexte où les suppressions de postes se multiplient dans les centres d’appels. Reaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé et représentant syndical des employés du secteur, estime que le phénomène mérite désormais une réponse des autorités. « Depuis quelques temps, on remarque que des travailleurs, surtout dans des centres d’appels, sont sujets à des comités disciplinaires ou sont forcés de quitter leur travail. Auparavant, on le voyait avec des compagnies qui employaient moins de 100 personnes, mais là, ce qu’on voit avec Concentrix confirme nos doutes », alerte-t-il.
Une partie de l’explication se trouve au-delà des frontières mauriciennes. Le marché français est très important pour les opérateurs de l’île mais de nouveaux règlements dans l’hexagone interdisent désormais du démarchage commercial non-sollicité et cela pourrait rendre certaines prestations à distance moins attractives.
Comment repositionner l'industrie mauricienne ?
Pour les professionnels du secteur, cette vulnérabilité ne s’explique toutefois pas uniquement par la demande française. Jenny Chan, présidente de l’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM), qui représente les centres d’appels, identifie plusieurs facteurs qui pèsent désormais sur les opérateurs : « Les difficultés qu’ont évoquées Concentrix, notamment la pénurie de talents, la hausse des coûts d’exploitation, la compétitivité internationale et surtout l’impact de l’IA... Ce sont des défis auxquels sont confrontés de nombreux opérateurs dans ce secteur, surtout dans le domaine des BPO ».
L’enjeu est donc de repositionner l’industrie mauricienne plutôt que de miser uniquement sur son avantage historique de coût et sur une main-d’œuvre relativement qualifiée. L’OTAM préconise de renforcer la productivité grâce aux nouvelles technologies, de faciliter l’accès aux compétences étrangères et de développer des services numériques à plus forte valeur ajoutée : « Ce qu’il faut faire pour éviter d’autres départs, c’est premièrement renforcer la compétitivité-coût de Maurice et surtout la productivité, et c’est là où également l’IA peut nous aider. Il faut aussi, pour pallier la pénurie de talent, faciliter l'accès aux talents étrangers spécialisés, surtout lorsque les compétences ne sont pas disponibles localement. Et surtout, en troisième lieu, c’est surtout accélérer notre montée en gamme vers des services numériques à plus forte valeur ajoutée. »
Le gouvernement assure avoir engagé des discussions avec les représentants du secteur afin d’identifier des mesures de soutien. Pour les syndicats, la priorité est delimiter l’impact social des restructurations. Reaz Chuttoo réclame un mécanisme pour une mise en relation plus rapide des salariés licenciés avec les entreprises qui recrutent.
Mon, 14 Sep 2026 - 1407 - L’Afrique veut tirer le meilleur parti des avancées dans le domaine spatial
Le sommet international de l’espace à Paris a été l’occasion pour les acteurs de se réunir. Les géants du secteur (Airbus, Thales, Amazon etc.) étaient présents. Mais pas question pour le continent africain de rester à l’écart. De fortes délégations africaines ont fait le déplacement. En jeu : beaucoup de réseaux et parfois des contrats.
Un protocole d’accord a été par exemple signé entre la start up Leoblue et l’Agence sénégalaise d’études spatiales pour une solution d’alerte précoce. Cette solution doit apporter une réponse à des problématiques très concrètes : alerte aux pêcheurs en haute mer pour prévenir une tempête, gestion des foules pour la sécurité urbaine lors de grands événements, information sur une urgence sanitaire... Sous la coupole du Grand Palais, Yaya Silla se réjouit. Il est à la tête de Sah Analytics International – une entreprise ivoirienne qui propose des solutions autour de l'analyse des données spatiales. Pour lui, il n’y a pas de doute, il fallait être présent. « Vous voyez l'engouement qu'il y a autour. Cet engouement, ce n’est pas pour rien », lance-t-il enthousiaste. Il est important pour lui que des investissements soient réaliser pour permettre de faire des contrepoids aux géants comme Starlink en développant des produits dans le Sud et en Afrique.
Dans le domaine, la Côte d’Ivoire, le Rwanda mais aussi le Sénégal ont engagé un développement important du secteur. Maram Kaire, le directeur général de l'Agence sénégalaise d'études spatiales, plaide pour une approche globale. « Nous sommes dans une dynamique à long terme et ça passe par plusieurs actions. D'abord, la mise en place des infrastructures. Il faut que les infrastructures existent et que les jeunes qui s'intéressent au secteur spatial puissent le faire dans leur propre pays. Deuxièmement, il faut que les jeunes puissent être formés au niveau national. Et il s'agit maintenant de programmes spatiaux : développer des satellites avec ces infrastructures, de pouvoir le faire sur place. Donc, c'est tout un ensemble », détaille-t-il. « Nous ne cherchons pas une action ponctuelle - lancer un satellite par exemple - nous cherchons à créer toute une nation spatiale », résume Maram Kaire.
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Rationnaliser les budgets, coordonner les intiatives
Difficile pour des économies parfois contraintes. Pour le Dr Tidiane Ouattara, le président du conseil de l’Agence spatiale africaine, l’effort d’investissement devrait être réparti dans les différents ministères. « On pense qu'il faut prioriser l'espace à part et qu'il faut un budget à part. Je dis non. Il faut regarder cela de façon sectorielle et thématique», partage-t-il. « Si par exemple, la problématique de l'eau est une priorité pour un pays, ils vont trouver les moyens pour financer le secteur de l'eau. Mais le secteur de l'eau ne peut aller de l'avant qu'avec des données fiables, avec des infrastructures et des équipements fiables. C'est en cela que l'espace vient contribuer», poursuit-il rappelant les domaines d’application multiples (transport urbain, pollution marine, érosion côtière, agriculture etc). « L'espace n'est pas une fin en soi. L’espace est un moyen pour aider les décideurs à aller dans le bon sens dans leurs domaines respectifs. L'espace n'est pas une chose à part qu'il faut financer. Il faut le financer à l'intérieur des programmes de façon structurée », assure-t-il.
Difficile pour des économies parfois contraintes. « Pour un pays qui n'a pas beaucoup de moyens, je pense que la chose importante, ce serait de de former des ingénieurs pour pouvoir traiter les images et datas qui sont gratuites et accessibles à tous, comme Copernicus », estiome Sekou Ouedraogo à la tête de l’African Aeronautics & Space Organisation. Pour le Dr Tidiane Ouattara, le président du conseil de l’Agence spatiale africaine, l’effort d’investissement devrait être réparti dans les différents ministères. « On pense qu'il faut prioriser l'espace à part et qu'il faut un budget à part. Je dis non. Il faut regarder cela de façon sectorielle et thématique », partage-t-il. « Si, par exemple, la problématique de l'eau est une priorité pour un pays, ils vont trouver les moyens pour financer le secteur de l'eau. Mais le secteur de l'eau ne peut aller de l'avant qu'avec des données fiables, avec des infrastructures et des équipements fiables. C'est en cela que l'espace vient contribuer», poursuit-il, rappelant les domaines d’application multiples (transport urbain, pollution marine, érosion côtière, agriculture, etc.). «L'espace n'est pas une fin en soi. L’espace est un moyen pour aider les décideurs à aller dans le bon sens dans leurs domaines respectifs. L'espace n'est pas une chose à part qu'il faut financer. Il faut le financer à l'intérieur des programmes de façon structurée», assure-t-il.
Surtout, il est important que les États africains travaillent ensemble. La coordination, l’une des missions de Tidiane Ouattara. « L'Angola, cette année, a signé un accord avec l'Afrique du Sud. L’Angola est très puissant en télécommunications par satellite, mais s’est lancé dans l'observation de la Terre. Or, l'Afrique du Sud est très forte en observation de la Terre. Les deux vont se compléter pour éviter des duplications. Et l'Égypte a signé un protocole d'accord avec beaucoup d'autres. Le Rwanda, pareil», donne-t-il en exemple, même s’il concède que ces partenariats sont encore « timides ». « On n'a pas le choix de faire cela. Parce qu’un seul pays, un seul individu ne peut pas aborder l'espace qui est multidimensionnel et qui coûte cher », insiste-t-il. Charge également aux États de se rendre attractifs aux acteurs privés, en présentant précisément leurs besoins, et ainsi proposer des réalisations concrètes aux populations propose encore Sekou Ouedraogo.
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Mon, 14 Sep 2026 - 1406 - Les déconvenues judiciaires de Shell suivies de près par le secteur pétro-gazier
En Afrique du Sud, l’entreprise pétrolière britannique Shell a perdu, le mois dernier, ses droits d’exploration au large de la Wild Coast qui longe l’océan Indien. La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, a donné raison aux populations locales et aux ONG qui avaient lancé cette action en justice. La décision ne laisse pas le secteur pétro-gazier indifférent.
Avec notre correspondante en Afrique du Sud,
Cela fait 5 ans que la société civile s’oppose aux explorations sismiques prévues par le géant britannique. Après plusieurs recours, la Cour constitutionnelle a finalement tranché : les populations n’ont pas été correctement consultées et le juge Jody Kollapen a donc confirmé à Shell le retrait de son autorisation : « La consultation est une procédure censée permettre de respecter la dignité humaine, en faisant une place à la table des décisions à ceux dont la vie et les moyens de subsistance pourraient être affectés ».
Shell prévoyait de créer des ondes sismiques grâce à l’envoi d’un navire équipé de canons à air, afin de pouvoir analyser la structure géologique du sous-sol marin. Ce qui n’était pas au goût des militants locaux tels que Nonhle Mbuthuma. « Nous, les populations côtières, dépendons de l’océan et continuons à pratiquer des méthodes de pêche traditionnelles. Mais au-delà de nos moyens de subsistance, nous avons aussi des droits culturels : en tant qu'habitants de la Wild Coast, nous croyons que nos ancêtres résident dans l’océan », explique-t-elle.
L’affaire pourrait créer des remous dans tout le secteur, estime Otlotleng Mokgatle, analyste chez Control Risks : « L'une des conséquences de cette décision, c’est de renforcer le sentiment, notamment chez les investisseurs, que le secteur offshore sud-africain est exposé à un ensemble de risques, liés à un groupe d’acteurs très actifs et, disons-le, offensifs en Afrique du Sud ».
Le bassin d'Orange toujours attractif
Le groupe français TotalEnergies a déjà connu des déboires similaires lorsque la justice a annulé, en première instance en 2025, une autorisation environnementale pour un ensemble de blocs au large du Cap. Cependant le bassin d'Orange, à la frontière avec la Namibie plus au nord, est plein de promesses et pourrait continuer à aiguiser les appétits et ce malgré les risques judiciaires.
« Je ne dirais pas que cela va nécessairement réduire l’attractivité de l’Afrique du Sud pour de futurs investissements dans le pétrole et le gaz, notamment parce que le potentiel géologique reste très important. Les investisseurs prennent ce potentiel en compte, tout comme ils prennent en compte les conditions fiscales, les infrastructures existantes dans le pays, ainsi que les incertitudes judiciaires suite à cette décision. Je pense donc que cela aura davantage un impact sur la prime de risque, mais cela ne devrait pas faire perdre au marché toute son attractivité », selon Otlotleng Mokgatle :
Début août, un tribunal a rejeté la demande d’associations qui cherchaient à empêcher une campagne d’études sismiques dans le bassin d'Orange. Shell y maintient pour l’instant sa présence, tout comme TotalEnergies, qui fait cependant l’objet d’un nouveau recours autour d’une autorisation environnementale.
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Thu, 10 Sep 2026 - 1405 - Entre le Nigeria et le Ghana, la «crise de l’oignon» révèle les limites du libre-échange
Ces derniers mois, plusieurs cargaisons d’oignons nigérians ont été saisies sur des marchés ghanéens par des commerçants locaux. En réponse, les négociants nigérians ont interrompu leurs exportations. En cause : un désaccord sur les règles de distribution sur les marchés ghanéens, avec en toile de fond la question des prix.
LeGhana est un marché crucial pour la filière nigériane : près de 100 000 tonnes d’oignons y sont exportées chaque année. Alors, lorsque des camions sont interceptés et que des centaines de tonnes d'oignons sont saisies sur le marché de Kotoka à Accra, la tension monte rapidement. C’est ce qui s’est produit à plusieurs reprises depuis le mois d’avril. Cela a conduit les acteurs du nord du Nigeria à suspendre les livraisons d’oignons vers le Ghana.
Des oignons ghanéens moins compétitifs
Car les Nigérians vendent les oignons sur le marché au prix qu’ils ont fixé… et c’est précisément ce qui ne passe pas auprès des commerçants ghanéens, explique David Olujinmi, analyste économique chez SBM Intelligence, basé à Lagos : « Ils estiment que les Nigérians arrivent avec leurs produits et font baisser les prix, parce que les oignons qu’ils vendent sont proposés à un prix bien moins élevé. Les oignons produits au Ghana ne sont donc pas compétitifs par rapport à ceux que les Nigérians apportent sur le marché ghanéen. » Un accord tacite a depuis été trouvé. Le différend est terminé, assure l’Association nigériane des producteurs, transformateurs et distributeurs d’oignons.
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Mais pour David Olujinmi, cet épisode soulève des questions plus profondes sur le cadre du libre-échange interafricain : « L’excédent commercial du Nigeria avec l’Afrique de l’Ouest est gigantesque. Le Nigeria n’achète pas énormément aux autres pays, mais il leur vend beaucoup de produits. Notre monnaie est probablement la plus faible de la sous-région, cela rend nos produits plus compétitifs en termes de prix par rapport aux produits fabriqués dans ces pays. Mais le commerce doit fonctionner dans les deux sens,estime l'économiste.Les pays comme le Ghana commencent à subir des pressions politiques pour protéger leurs propres producteurs locaux. Et toutes ces pressions conduisent à certaines des situations que nous avons vues, comme ces restrictions informelles. »
« Mieux appliquer les règles du libre-échange »
Pour Paul Akande, chargé de programme pour le développement de l'aquaculture à la Commission de la Cédéao, le différend commercial entre le Nigeria et le Ghana ne nécessite pas la mise en place d’un nouvel accord. Les deux pays sont déjà liés par les mécanismes de libre-échange de l’organisation régionale. L’enjeu est plutôt de renforcer l’information auprès des acteurs économiques et de rappeler les règles existantes : « Il faudrait davantage de sensibilisation et d’information : rappeler que nous appartenons au même espace commercial et que nous avons le droit de commercer librement dans le cadre des mécanismes de libre-échange de la Cédéao. »
Pour Pau Akande, cette sensibilisation doit concerner l’ensemble des acteurs de la chaîne commerciale. « Il faut que les exportateurs, les importateurs, les acheteurs et les vendeurs comprennent qu’ils doivent faire preuve de souplesse et de compréhension,souligne-t-il, parce que nous appartenons au même espace commercial et sommes liés par les mêmes accords de libre-échange. »
Cette question intervient alors que le commerce entre les pays d’Afrique de l’Ouest poursuit sa progression. Selon le dernier rapport de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), la région affichait un « taux d’échange intra-régional élevé de 76,1% » l’année dernière. La banque souligne notamment le dynamisme de plusieurs corridors commerciaux, parmi lesquels celui reliant la Côte d’Ivoire et le Nigeria.
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Thu, 10 Sep 2026 - 1404 - À Madagascar, modéliser les impacts du changement climatique pour mieux planifier
Inondations, glissements de terrains, cyclones ont des conséquences importantes sur les populations et les infrastructures. Dans ce contexte, la Global Risk Modelling Alliance, alliance de partenaires publics-privés, travaille sur le coût et l’impact du changement climatique. AXA Climate membre de cette alliance a, l’année dernière, réalisé une première phase de cartographie des risques à Madagascar. Elle vient de lancer une deuxième phase.
La première phase d’analyse estime par exemple à 311 millions de dollars en 2050 le coût lié aux risques d’inondations. Plus généralement, ce sont les impacts de 8 grands aléas qui ont ainsi été étudiés. La deuxième phase va se concentrer plus précisément sur les risques liés aux inondations – aléas majeurs sur la GrandeÎle - et sur les déplacements de population affectés par les aléas climatiques.
Des cartes et des projections nécessaires aux autorités, explique Herman Julot, le directeur de la planification stratégique au sein de la cellule de prévention et de Gestion des urgences auprès de la primature (CPGU) : « La connaissance des risques nous permet de bien identifier les activités à mettre en œuvre. Si on connaît avant l'impact potentiel causé par les aléas, on peut déjà se préparer face à ces impacts là, et on peut planifier les activités. On peut estimer les budgets alloués pour les activités à mettre en œuvre suivant les éventuelles ampleurs des aléas. »
En plus de 400 cartes libres d’accès, des formations ont été délivrées auprès d’une centaine d’experts techniques dans les ministères de l’Agriculture, des Travaux publics ou encore chez des partenaires internationaux. « On les a vraiment formés à l'utilisation des cartes sur différents logiciels qui permettent de superposer les cartes d'aléas, donc, les zones cycloniques, les zones à risque d'inondation avec des cartes de bâtiments, d'infrastructures ou de populations pour identifier les zones prioritaires. Donc ça, ce sera très utile », détaille Eliot Pernet, spécialiste responsable adjoint de l’équipe du conseil au secteur public d’AXA Climate.
« Stratification des risques »
Une meilleure visibilité des risques qui doit permettre une meilleure planification mais également de prévoir les outils financiers pertinents. « Une fois que vous savez combien vous devez mobiliser en cas de cyclone, en cas d'inondation, en cas de sécheresse ; une fois que vous savez quelles sont vos zones principales à risque, vous pouvez effectivement décider de mettre une assurance ici, un fonds de réserve là, un crédit contingent ici », précise Eliot Pernet. Une stratégie appelée « stratification des risques », c’est-à-dire compenser les pertes selon leur type et leur gravité « avec différents instruments financiers».
Car le domaine de l’assurance est onéreux, et les autorités peuvent rencontrer plusieurs défis, détaille Herman Julot. Dans des contextes de budgets contraints, ces choix s’avèrent stratégiques : « Le plus gros défi, c’est premièrement le paiement de la prime et aussi assurer la célérité des décaissements. Puis la célérité de la mise en œuvre des activités s’il y a des décaissements.» La deuxième phase d’étude doit aider à mieux comprendre les conséquences macroéconomiques des aléas climatiques, notamment leurs effets directs et indirects sur l'économie de Madagascar.
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Wed, 09 Sep 2026 - 1403 - L'île Maurice mise sur de nouveaux investissements pour relancer sa filière thé
À Maurice, la filière thé cherche un nouveau modèle pour rester compétitive et répondre aux habitudes de consommation locales. Après des décennies de recul face à la canne à sucre et une diminution du nombre de planteurs, de nouveaux acteurs veulent relancer la production grâce à la mécanisation, de nouvelles techniques de culture et une meilleure valorisation du thé mauricien.
Avec notre correspondant à Port-Louis, Patrick Hilbert
C’est du jamais vu à Maurice. Le conglomérat ER investit 3 millions d’euros sur six ans dans une nouvelle plantation de thé à Valetta, dans la région de Moka, au centre de l’île. L’objectif est ambitieux : étendre progressivement les plantations sur 500 arpents, soit 210 hectares, au cours des cinq prochaines années. ER veut notamment réduire la dépendance de l’île aux importations.
Olivier Baissac, directeur général d’ER Agri Ltd., explique les ambitions du groupe : « Cela fait 40 ans qu'aucun investissement d'envergure n'a été fait dans le thé à Maurice. Si ER relance cette filière, c'est parce qu'elle a du sens au niveau agronomique et économique. Il faut savoir qu'aujourd'hui près de 30 % du thé consommé à Maurice est importé et notre ambition est de réduire cette dépendance et d’apporter de la valeur à nos terres agricoles. À ce jour, nous avons importé plus d’un million de boutures de cultivars kényans. Une trentaine d'hectares ont déjà été plantés. Les premiers théiers montrent une croissance très encourageante et notre première récolteuse arrivera en septembre avec une première récolte attendue début 2027 ».
Miser sur les terres moins adaptées à la canne
À Valetta, ER mise sur les caractéristiques du terrain. Les sols acides et le climat humide de la région sont moins favorables à la canne à sucre, mais particulièrement adaptés à la culture du thé. Le groupe ne souhaite toutefois pas développer uniquement ses propres plantations. Il prévoit également d’accompagner les petits planteurs : formation aux nouvelles méthodes de culture, fourniture de plants, aménagement des parcelles et accès aux machines de récolte. Cette offensive intervient dans un secteur où les investissements privés d’envergure sont devenus rares. Une situation qui contraste avec l’histoire de Bois Chéri, acteur historique de la filière depuis la fin du XIXᵉ siècle.
Pour Charles Guimbeau, directeur général du Groupe Saint-Aubin, propriétaire de Bois Chéri, le potentiel du secteur reste réel. « À Bois Chéri, nous croyons profondément à l'avenir du thé mauricien. C'est une filière qui est historique dans le pays et qui fait partie de notre patrimoine. Mais il est vrai que le secteur aujourd'hui fait face à pas mal de défis, notamment le manque de main-d'œuvre qui devient de plus en plus important dans les champs, avec une population vieillissante notamment au niveau des planteurs », regrette-t-il.
Moderniser et monter en gamme
Pour Bois Chéri, l’enjeu est donc également de moderniser la production. Mécanisation des plantations et des usines, nouveaux équipements, mais aussi montée en gamme : les acteurs historiques cherchent désormais à mieux valoriser le thé produit à Maurice assure Charles Guimbeau. « Nous souhaitons aussi produire un thé de meilleure qualité, qui valorise notre terroir, et nous souhaitons développer des thés à plus forte valeur ajoutée. D'ailleurs, à Bois Chéri, nous utilisons le thé aussi pour produire du iced tea, des biscuits, du satini », explique-t-il.
Pour ER comme pour Bois Chéri, le pari est donc le même : transformer une filière vieillissante en une activité agricole plus moderne, mécanisée et rentable. Reste à savoir si l’arrivée d’un nouvel investisseur de cette envergure permettra de créer un véritable écosystème autour du thé à Maurice, et surtout de relancer durablement une production qui ne couvre plus l’ensemble de la consommation locale.
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Tue, 08 Sep 2026 - 1402 - La Côte d’Ivoire veut faire tomber les barrières du commerce vers l’Europe
Exporter vers l’Europe fait rêver de nombreuses entreprises ivoiriennes. Mais entre les normes, les certifications, les exigences de qualité et les difficultés d’accès au financement, peu parviennent à franchir le pas. Un an après sa création, la Chambre ivoirienne de commerce et d’industrie Côte d’Ivoire-Europe veut faire tomber ces barrières.
De notre correspondant à Abidjan,
Yelen'Art fait partie des entreprises ivoiriennes qui ont réussi à conquérir le marché européen. Spécialisée dans les bijoux artisanaux haut de gamme, la marque est aujourd’hui présente à Bruxelles et à Paris, près de dix ans après sa création. « Les produits Yelen'Art accèdent au marché européen à travers des représentations via des boutiques ouconcept stores qui sont intéressés par promouvoir dumade in Africa, explique Stéphanie Nabo-Lehou, sa fondatrice. On exporte une qualité de produit, on exporte un savoir-faire. On souhaite devenir une marque de luxe de référence à travers le monde. »
Avec plus de 400 millions de consommateurs, l’Europe représente un marché important pour les entreprises ivoiriennes. Mangues séchées, noix de cajou ou dérivés du cacao y trouvent déjà leur place. Mais exporter suppose aussi de répondre à des normes strictes et de garantir la régularité des approvisionnements. Un défi auquel s’ajoute la question du financement. « Vous n’êtes pas producteur, vous êtes exportateur, vous avez donc besoin d’acheter les produits pour les expédier,souligneMobio Marc Loba, conseiller technique à Côte d’Ivoire Export. Et quelques fois, il y a un problème de financement à l’exportation. Il y a le problème de régularité pour respecter les commandes :il ne s’agit pas de faire une opération et puis de disparaître. Il y a la nécessité que les entreprises ivoiriennes se mettent à niveau. »
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Formalités administratives complexes
Pour aider les entreprises à braver ces obstacles, la Chambre ivoirienne de commerce et d’industrie Côte d’Ivoire-Europe mise sur l’accompagnement et la mise en relation avec des partenaires. « Certaines entreprises veulent pouvoir participer à des foires, à des salons en Europe, mais elles sont souvent confrontées à des problématiques administratives, souligne son président, Issiaka Abdou. La Chambre de commerce étant basée en Europe, elle a la possibilité de représenter ces structures africaines auprès de leurs partenaires pour pouvoir assurer un continuum d’activité. »
Pendant ce temps, le marché ivoirien s’ouvre progressivement aux produits européens. Dans le cadre d’un accord de partenariat économique, certains bénéficient d’une suppression progressive des droits de douane jusqu’en 2029. Pour les entreprises ivoiriennes, l’enjeu est désormais de se mettre à niveau pour tirer, elles aussi, profit de cette ouverture.
À écouter dans Éco d'ici, éco d'ailleursEurope - Afrique : vers une nouvelle relation économique ?
Mon, 07 Sep 2026 - 1401 - Le boom de la Bourse de Casablanca [5/5]
L'indice de la place casablancaise a connu un boom ces dernières années. Des performances à peine remises en cause par la crise au Moyen-Orient puisque le MASI (Moroccan All Shares Index) devrait poursuivre sa croissance en 2026. À l'origine de ce climat d'euphorie : le retour des petits porteurs et évidemment la perspective de la Coupe du monde 2030, co-organisée par le Maroc.
Avec notre correspondant à Casablanca,
Il y a un an, le 18 juillet 2025, le cap des 100 milliards de dollars de capitalisation était franchi. Une première historique pour la Bourse de Casablanca. « Tout cela est dû au chantier de la Coupe du monde de 2030, et aussi parce qu'aujourd'hui, il y a un intérêt particulier d'entreprises qui viennent lever des fonds. La Bourse, aujourd'hui, a aussi un objectif : atteindre une introduction en bourse par mois », détaille Mohammed Jadri, économiste spécialisé en éducation financière.
Avec une croissance du PIB de près de 5% attendue pour 2026 au Maroc, les perspectives économiques sont toujours aussi bonnes. « Jusqu'à peu, il n'y avait que des gros investisseurs. Aujourd'hui, on voit des particuliers, des fonctionnaires, des salariés du secteur privé. Donc ça montre qu'il y a un intérêt », poursuit-il.
Ce qui a effectivement permis à la Bourse de Casablanca de battre des records, c'est notamment le retour des petits porteurs comme Jalal, un chef de projet snior dans l'informatique. « La Bourse de Casablanca a traversé plusieurs périodes difficiles. Il y a eu d'abord le retrait de la quote de plusieurs grandes sociétés, puis la crise du Covid. Le contexte s'est amélioré petit à petit, surtout après l'annonce de l'organisation de la Coupe du monde 2030. Donc tout cela a renforcé l'optimisme », témoigne-t-il. Les investisseurs particuliers représentent environ 30% des transactions.
Casablanca au 2e rang des places financières africaines
Investir en bourse n'a jamais été aussi simple et ludique. Les petits porteurs passent désormais par des plateformes de trading. Jalal partage ses espoirs : « Au-delà de la Coupe du monde, j'espère surtout que cette dynamique permettra d'attirer davantage d'entreprises en bourse, de développer le marché d'actions marocain. En tant qu'investisseur, c'est ça qui m'intéresse, c'est avoir plus d'opportunités d'investissement. »
Après deux années de forte progression, la place casablancaise est entrée dans une phase de consolidation. Depuis le début de l'année, l'indice MASI affiche ainsi un recul d'environ 5% dû en grande partie à la guerre au Moyen-Orient. « L'année dernière, on a craint qu'à un moment donné, la Bourse rentre dans une bulle spéculative. Mais avec cette guerre, en fin de compte, il y a eu quelques points positifs pour le marché financier et le marché boursier de manière spécifique », analyse encore Mohammed Jadri. Casablanca est désormais au deuxième rang des places financières africaines en valeur, encore loin néanmoins de Johannesburg, à la capitalisation dix fois supérieure.
À lire aussiEn Éthiopie, les débuts timides de la nouvelle Ethiopian Securities Exchange [4/5]
Fri, 04 Sep 2026 - 1400 - En Éthiopie, les débuts timides de la nouvelle Ethiopian Securities Exchange [4/5]
L'Ethiopian Securities Exchange (ESX) – la bourse d'Éthiopie – a été lancée en 2025. C'est la plus jeune bourse d'Afrique. Plus qu'une étape, le lancement de l'ESX a marqué « la naissance d'une nouvelle Éthiopie », d'après son directeur, Tilahun Kassahun. Elle concrétise aussi le virage libéral engagé par le Premier ministre Abiy Ahmed depuis son arrivée au pouvoir en 2018.
Avec notre correspondante à Addis-Abeba,
Le 10 janvier 2025 marque un tournant pour l'Éthiopie. Ce jour-là, l'ESX prend ses quartiers dans un immeuble cossu du quartier d'Arada, au centre d'Addis-Abeba. Le pays retrouve ainsi une bourse de valeurs, supprimée par le régime communiste du Derg en 1974. Pour les entreprises éthiopiennes, c'est une bonne nouvelle, estime Abreham Tesfaye, analyste indépendant spécialiste du secteur bancaire :« La bourse facilite l'accès aux capitaux, notamment à long terme, pour les startups et autres entreprises opérant sur le marché. Ces entreprises étaient auparavant dépendantes des prêts bancaires à court terme. »
Pour Berhane Teame, économiste spécialiste des marchés financiers, l'ESX constitue aussi un atout pour le gouvernement. « Dans cette nouvelle bourse, il existe un marché pour les bons du Trésor : les bons du Trésor d'État. Donc n'importe qui, comme moi, peut en acheter et en vendre, ce qui permet ainsi au gouvernement de mobiliser des fonds pour subvenir à ses besoins », explique-t-il.
Cinq entreprises cotées
La création d'une bourse en Éthiopie illustre la volonté d'Abiy Ahmed de libéraliser l'économie, en rupture avec le modèle de « l'État développementiste », en place de 1991 à 2018. En 2024, le Premier ministre a ainsi ouvert le marché bancaire aux banques étrangères, une première. Le lancement de l'ESX s'inscrit donc dans une réforme en profondeur de l'économie éthiopienne, même si les résultats peinent encore à se concrétiser.« À ce jour, seules cinq entreprises sont entrées en bourse, et huit courtiers. Il y a donc plus de courtiers que de biens à vendre. Mais dans un sens, c'est normal, car cela est tout nouveau. Le nombre d'entreprises inscrites va finir par augmenter », se veut optimiste Berhane Teame.
Pour Abreham Tesfaye, le manque d'informations constitue l'un des freins au développement de l'ESX. « Il est nécessaire de mieux informer les investisseurs, et l'ESX et l'Autorité des marchés financiers doivent redoubler d'efforts. Il s'agit notamment de comprendre le fonctionnement de l'ESX, les services proposés par les banques d'investissement, etc. Ces termes des marchés financiers doivent être parfaitement maîtrisés par les investisseurs qui souhaitent utiliser la plateforme », juge cet expert. Le 8 juillet, quatre sociétés éthiopiennes ont obtenu l'approbation de principe pour être cotées à l'ESX, élargissant ainsi le nombre d'émetteurs potentiels. L'objectif est fixé à 90 entreprises cotées d'ici dix ans.
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Thu, 03 Sep 2026 - 1399 - BRVM, la bourse solidaire de l’Afrique de l’Ouest [2/5]
La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) est l’institution boursière de l’Afrique de l’Ouest. Une bourse pour huit pays. Voici déjà ce qui en fait sa particularité. Surtout, elle est devenue au fil du temps une source de financement essentielle pour les États de l’UEMOA.
Au sein de la BRVM, aujourd’hui, seules une cinquantaine de sociétés sont cotées. En réalité ce sont les États de la région qui utilisent vraiment l’outil que représente cette bourse. Ange Ponou, analyste chez Sika Finance : « J'ai un compartiment obligataire qui permet aux États de lever énormément de ressources puisque les entreprises n’y vont pas très souvent. Donc dans ce compartiment obligataire, il y a le compartiment du marché des titres publics qui est très animé et qui finance aujourd'hui l'essentiel des déficits budgétaires des États ».
Aujourd’hui par exemple, le Sénégal peut difficilement se positionner pour emprunter sur les marchés internationaux. Il s’est donc largement tourné vers la BRVM. Au premier trimestre, Dakar a levé plus de 1 000 milliards de francs CFA. Une progression de près de 200 % par rapport à la même période l'année dernière. « C'est important dans un contexte où le Sénégal a des difficultés pour avoir des financements privés ou des financements bilatéraux ou multilatéraux. Dans le contexte de la dette, le Sénégal est aujourd'hui considéré comme un pays surendetté et donc qui doit réduire sa dette. Donc soit en en payant et en évitant d'accumuler de nouvelles dettes ou bien en restructurant. Donc on verra bien ce qui va être fait. Et donc l'État trouve en la BRVM une solution pour sortir des difficultés actuelles », analyse Moubarak Lô, économiste sénégalais.
En 2025, 5 milliards d'euros pour l'AES
Et malgré les tensions politiques, les financements restent possibles.Les pays de l’AES qui ont quitté la structure politique de la Cédéaocontinuent de se financer grâce à la BRVM. « En 2025, par exemple, ces trois États ont levé plus de 3 000 milliards de francs CFA. Ça fait environ 5 milliards d'euros. C'est énorme et ce n’est quand même pas une part non négligeable du budget 2025 voté par le Parlement de ces pays », précise Ange Ponou.
Et de poursuivre : « C’est l’un des avantages du marché financier régional aujourd'hui. Imaginez un seul instant que le Burkina, le Mali et le Niger ne fassent pas partie de ce marché aujourd'hui. Quelle serait leur situation ? Ça va être beaucoup plus compliqué aujourd'hui de lever du financement. La région, l'UEMOA, c'est véritablement une bouée de sauvetage pour ces trois États ». Une solidarité dans la dette qui inquiète certains pays de la région. Un des défis de la BRVM pour les années à venir : attirer plus d’acteurs privés pour densifier le marché des actions.
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Tue, 01 Sep 2026
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