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- 1668 - Budget 2027 : le gouvernement face à l’équation des 54 milliards
Dernier budget de l'ère Macron, le projet de loi de finances et celui de financement de la Sécurité sociale s’ouvrent dans un contexte tendu : déficit en hausse, dette record et absence de majorité à l’Assemblée. Le gouvernement vise 5 % de déficit en 2027, au prix de 54 milliards d’euros d’efforts.
La France devait ramener son déficit public à 5 % du PIB en 2026. L’objectif est désormais repoussé à 2027 : le déficit devrait atteindre 5,4 % cette année. Pour tenir sa nouvelle cible, le gouvernement estime nécessaires 54 milliards d’euros d’efforts. Mais il lui faudra aussi convaincre une Assemblée sans majorité, alors que les débats budgétaires commencent le 13 octobre.
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L’exécutif mise principalement sur des économies, tout en promettant la stabilité fiscale. Les collectivités, les entreprises et la Sécurité sociale sont concernées par l’effort, dont les modalités doivent être précisées dans le budget.
L'œil attentif des marchés
La tâche s’annonce politiquement délicate : les Français subissent déjà une nouvelle accélération des prix. En septembre, l’inflation a atteint 3 % sur un an, selon l’estimation provisoire de l’Insee. Selon les calculs de l’Institut français de l’économie, une famille de deux adultes et deux enfants a perdu 1 200 euros de pouvoir d’achat depuis 2024.
Les marchés et les agences de notation surveillent, eux aussi, la trajectoire budgétaire française. Fin juin, la dette publique atteignait 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB. Les taux français à dix ans ont atteint un sommet inédit depuis la crise financière de 2008. Chaque hausse du coût d’emprunt alourdit la facture des intérêts et réduit les marges de l’État.
Thu, 01 Oct 2026 - 1667 - Javier Milei en opération séduction à Paris
Le président argentin Javier Milei est à Paris pour défendre son bilan et attirer les investisseurs européens. Si sa thérapie de choc a permis de faire chuter l'inflation et de rétablir les comptes publics, la reprise économique s'essouffle et la pauvreté repart à la hausse.
Javier Milei entame une visite de trois jours à Paris, à un peu plus d'un an de la prochaine présidentielle argentine. Le chef de l'État participe à l'Argentina Week, un forum destiné à promouvoir les secteurs clés du pays auprès des investisseurs européens. Après une première édition à New York, Buenos Aires veut mettre en avant son énergie, ses mines, son agriculture et ses nouvelles technologies.
Javier Milei défend surtout les résultats de sa thérapie de choc, marquée par une réduction massive des dépenses publiques. L'inflation annuelle, qui avait frôlé 300 % en 2024, est retombée à 33,5 %, tandis que les comptes publics sont revenus dans le vert et la dette publique a fortement diminué.
Le coût social de la thérapie de choc
Après deux années de récession, l'économie argentine a rebondi de plus de 4 % en 2025, mais cette reprise perd désormais de son élan. Le PIB a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent et l'activité a chuté de 2,9 % en juillet sur un mois.
La pauvreté repart également à la hausse : près d'un Argentin sur trois vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté. Dans le même temps, le pouvoir ouvre davantage le pays aux capitaux étrangers, notamment en supprimant les restrictions à l'achat de terres rurales. Symbole de la baisse du pouvoir d'achat : la consommation de viande bovine, véritable institution nationale, est tombée à son plus bas niveau depuis vingt ans.
Wed, 30 Sep 2026 - 1666 - La dette de la France atteint 119 % du PIB, la fonction publique dans la rue pour le pouvoir d'achat
La dette de la France atteint 3595,5 milliards d'euros au deuxième trimestre 2026, vient de dévoiler l'Insee, soit 119 % du PIB : un niveau qui n'avait pas été atteint depuis 1946. Malgré les efforts de l'exécutif pour faire des économies, l'un des premiers postes du budget 2027 sera les intérêts de la dette : 77,4 milliards d'euros en 2026 et 100 milliards en 2030. Parallèlement, des milliers de fonctionnaires ont protesté ce mardi contre le recul de leur pouvoir d'achat, érodé par les prix du carburant.
Tue, 29 Sep 2026 - 1665 - Starship atteint enfin l’orbite
La fusée géante de SpaceX a placé 26 satellites Starlink en orbite pour la première fois. Un succès majeur mais encore imparfait : son vol a été écourté après une panne moteur et s’est achevé par une explosion spectaculaire.
Starship a franchi un cap historique en atteignant une orbite située à environ 275 kilomètres d’altitude et en y déployant 26 satellites Starlink V3, désormais opérationnels. Mais la mission, prévue pour durer dix heures et accomplir six tours de la Terre, a été interrompue après trois heures et environ deux orbites.
Le vaisseau a réussi sa rentrée atmosphérique et son amerrissage dans le Pacifique, avant de basculer et d’exploser. Haute de 124 mètres, Starship est deux fois plus grande qu’Ariane 6.
Une fusée au cœur de l’empire Musk
À terme, SpaceX veut lui faire transporter plus de 100 tonnes et jusqu’à 60 satellites Starlink V3 par vol. Une telle mission apporterait vingt fois plus de capacité Internet qu’un lancement actuel de Falcon 9. Elon Musk espère également abaisser le coût d’un vol sous les 10 millions de dollars, mais cela suppose de réutiliser rapidement les deux étages.
Après plus de 15 milliards de dollars investis, Starship doit accélérer Starlink, servir le programme lunaire Artemis et, un jour, permettre à Elon Musk de viser Mars.
Tue, 29 Sep 2026 - 1664 - Visite du pape en France : les hôtels font le plein, les retombées restent à mesurer
La visite de Léon XIV dope les réservations à Metz et à Lourdes. À Paris, l’activité hôtelière progresse aussi, mais l’effet du pape reste difficile à isoler. Aucun bilan consolidé ne permet encore de mesurer les retombées économiques de ces quatre jours pour le moment.
À Metz, où le papeachève sa visite en France ce lundi, plus de neuf hébergements sur dix affichaient complet dimanche et lundi 28 septembre. Les réservations ont débordé jusqu’à Sarrebourg, à plus d’une heure de route. Certains hôtels ont aussi fortement augmenté leurs tarifs, selon L’Est Républicain, sans que cela traduise une hausse généralisée. Pour les professionnels, l’affluence représente un surcroît d’activité concentré sur quelques jours. La ville espère également profiter de la visibilité internationale pour attirer de futurs visiteurs. À Lourdes, les hôtels et résidences de tourisme étaient occupés à 96 % samedi, soit 21 points de plus qu’un an auparavant, selon le cabinet MKG. Tarbes et Pau ont également accueilli des visiteurs venus pour l’occasion.
À Paris, le taux d’occupation des hôtels et résidences de tourisme a progressé de 4 % vendredi par rapport au même jour de 2025, selon MKG. Les prix moyens affichés sur Kayak étaient eux aussi en hausse, mais l’effet de la visite est difficile à distinguer de celui des concerts de Céline Dion.
Près de 27 millions d'euros payés par l'Église
Le gouvernement a évoqué plusieurs centaines de millions d’euros de retombées potentielles. Mais il n’existe pas encore de bilan consolidé pour confirmer cette estimation. Et le nombre de participants ne correspond pas nécessairement à autant de touristes ayant dormi à l’hôtel : beaucoup sont venus pour la journée ou ont été hébergés par des proches ou des paroisses.
La facture, elle, est déjà en partie connue. L’Église a annoncé un budget d’organisation de 27 millions d’euros, financé principalement par les dons et le mécénat. La sécurité est assurée par les forces de l’ordre. À Metz, la ville a prévu 500 000 euros pour l’événement, dont 250 000 euros pour des équipements, notamment des écrans géants. Cette dépense a été contestée au nom de la laïcité ; le tribunal administratif a rejeté le recours en urgence. La Moselle relève d’un régime local des cultes hérité du Concordat. Pour les hôtels, restaurants et commerces des villes étapes, la visite aura donc constitué un coup d’accélérateur ponctuel. Reste à savoir si cette visibilité se traduira, dans les prochains mois, par de nouvelles visites.
Mon, 28 Sep 2026 - 1663 - Xi Jinping à Washington : l’IA au menu, la rivalité sous la table
Donald Trump reçoit Xi Jinping lors d’un dîner d'État réunissant les principaux patrons américains de la tech et de la finance. Derrière les fastes de la Maison Blanche se joue une bataille pour le contrôle de l’intelligence artificielle mondiale.
Pour ce dîner d'État en l'honneur de Xi Jinping, Donald Trump a invité presque toute la puissance technologique américaine : Sam Altman, Jensen Huang, Sundar Pichai, Satya Nadella, Mark Zuckerberg, Elon Musk ou encore Jeff Bezos. À leurs côtés, les financiers de cette course à plusieurs milliers de milliards de dollars, dont Jamie Dimon, patron de JP Morgan, et Jane Fraser, directrice générale de Citigroup. Mais aucun grand patron chinois de la tech n’est annoncé.
Autre absent remarqué : Dario Amodei, fondateur d’Anthropic, devenu le chef de file des partisans d’un ralentissement de l’IA. Face à lui, les "accélérationnistes", comme Jensen Huang ou Mark Zuckerberg, refusent de lever le pied. Donald Trump les soutient : ralentir offrirait, selon lui, un boulevard à la Chine.
Une rivalité sous la table
Pékin réduit pourtant rapidement son retard grâce à DeepSeek, Qwen, Kimi ou MiniMax, des modèles performants, moins coûteux et souvent plus ouverts. Washington accuse plusieurs groupes chinois d’avoir utilisé les réponses de modèles américains pour entraîner les leurs, une pratique appelée "distillation" ; Pékin dément.
Malgré cette bataille, les deux puissances préparent un dialogue sur les risques de l’IA et restent économiquement interdépendantes. La Chine veut préserver son accès aux puces américaines, tandis que les États-Unis dépendent largement des terres rares et des aimants transformés en Chine. Trump et Xi partageront donc la même table et chercheront à éviter la rupture. Mais certainement pas à suivre la même recette.
Thu, 24 Sep 2026 - 1662 - Sanctions américaines : l’Iran menacé de blocus aérien
Les États-Unis veulent isoler le secteur aérien iranien du reste du monde. Une offensive spectaculaire contre le régime mais dont les premières victimes pourraient être les 93 millions d’Iraniens.
Les États-Unis ont ajouté 27 compagnies aériennes iraniennes à leur liste noire. Elles rejoignent notamment Mahan Air et Iran Air, déjà sanctionnées. Depuis le mercredi 23 septembre, toute entreprise qui leur fournit du carburant, des services aéroportuaires, de la maintenance ou commercialise leurs billets risque d’être exclue du système financier en dollars.
Les effets se font déjà sentir : environ un tiers des vols à destination de l’Iran auraient été annulés et Mahan Air a suspendu ses liaisons vers Istanbul, Ankara et Mascate. Mais l’isolement n’est pas encore total : la Chine et la Russie refusent d’appliquer les sanctions américaines et certains vols vers Guangzhou ou Moscou sont maintenus.
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Une population prise en étau
Avant la guerre, les aéroports iraniens accueillaient environ 35 millions de passagers par an, essentiellement sur des vols intérieurs. Pour les étudiants, les artistes, les chercheurs ou les entrepreneurs, voyager devrait désormais devenir beaucoup plus difficile et plus coûteux.
Baptisée "Operation Economic Outcast", l’offensive américaine cible également l’or, les cryptomonnaies, les technologies et le transport maritime. Washington accuse certaines compagnies iraniennes d’avoir acheminé des armes, de l’argent et des combattants pour les Gardiens de la révolution et leurs alliés.
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Mais la population iranienne subit déjà une inflation de 84 % sur un an, un chômage officiel supérieur à 9 % et une récession attendue de plus de 5 %. Après la répression sanglante des manifestations de janvier, le pays a également connu un black-out numérique de près de trois mois.
Pendant que les Iraniens s’appauvrissent, les Gardiens de la révolution renforcent leur emprise sur le pétrole, le commerce et les réseaux de contrebande. Washington étrangle l’économie, le régime refuse de céder et la population encaisse.
Wed, 23 Sep 2026 - 1661 - Législatives au Maroc : la jeunesse veut sa part de croissance
À la veille des élections législatives, l’économie marocaine affiche une croissance solide et multiplie les grands projets. Mais cette réussite laisse une partie de la population à l’écart, notamment les jeunes, confrontés à un chômage massif.
À première vue, l’économie marocaine se porte bien : près de 5 % de croissance en 2025 et encore plus de 4 % attendus cette année et l’année prochaine, selon le FMI. Automobile, TGV, aéroports, infrastructures : le royaume investit massivement, avec en ligne de mire la Coupe du monde 2030. Le Maroc s’affirme aussi comme une puissance financière régionale, grâce notamment à l’expansion de ses banques en Afrique et au développement de Casablanca Finance City.
Une jeunesse à l’écart de la croissance
Mais le chômage atteignait encore 13 % en 2025 et 37,2 % chez les 15-24 ans. Près de 3 millions de jeunes de 15 à 29 ans ne travaillent pas, n’étudient pas et ne suivent aucune formation. Le mouvement GenZ 212 avait déjà exprimé ce malaise social en 2025. Cet été, l’afflux de dizaines de milliers de Marocains vers Ceuta en a offert une nouvelle illustration spectaculaire. À la veille des législatives, le défi est donc clair : transformer la croissance et les investissements massifs du royaume en emplois et en perspectives pour sa jeunesse.
Tue, 22 Sep 2026 - 1660 - Carburants : les prix s’envolent, la colère monte
Le sans-plomb atteint un record historique en France, tandis que le gazole s’approche de son plus haut niveau. Face à cette flambée, le gouvernement privilégie les aides ciblées, mais les mobilisations commencent à se multiplier.
Le SP95-E10 coûte désormais près de 2,15 euros le litre et le gazole environ 2,35 euros. La hausse pourrait se poursuivre, certains économistes n’excluant pas un litre de diesel à 2,50 euros. Au renchérissement du pétrole, repassé au-dessus de 100 dollars le baril, s’ajoutent les coûts de raffinage et de distribution ainsi qu’une fiscalité représentant environ 45 % du prix à la pompe en France. L’essence reste moins chère en Espagne, en Italie et surtout en Andorre, mais plus chère en Allemagne.
Le gouvernement français exclut une baisse générale des taxes, jugée trop coûteuse, et préfère chercher à prolonger les aides aux agriculteurs, aux entreprises du BTP et aux pêcheurs. Les travailleurs modestes qui utilisent beaucoup leur voiture peuvent également demander une indemnité de 100 euros. Ces mesures ne suffisent pas à calmer la colère : les pêcheurs multiplient les actions et des appels à une nouvelle mobilisation des Gilets jaunes circulent pour le 17 octobre.
Au Guatemala, en Indonésie, en Syrie et en Irak, la hausse des carburants provoque également manifestations et blocages. Partout dans le monde, la flambée des prix à la pompe menace désormais de devenir une étincelle.
Thu, 17 Sep 2026 - 1659 - Syrie : la flambée du prix des carburants met le nouveau pouvoir à l’épreuve
La hausse de 40 % du prix du diesel a déclenché les plus importantes manifestations économiques depuis la chute de Bachar al-Assad. Une colère qui révèle la profonde fragilité énergétique et sociale du pays.
Depuis dimanche, des centaines de Syriens manifestent à Qamishli, Hassaké, Idleb, Alep, Raqqa et Deir ez-Zor. À l’origine de la colère : le litre de diesel est passé du jour au lendemain de 125 à 175 nouvelles livres syriennes, soit d’environ 80 centimes à 1,15 euro, une hausse de 40 %.
La Syrie produit du pétrole, principalement dans l’Est et le Nord-Est, mais seulement 102 000 barils par jour, contre près de 600 000 au début des années 2000. Avec des besoins estimés entre 300 000 et 325 000 barils, elle doit importer les deux tiers de sa consommation. Son principal fournisseur est la Russie, elle-même confrontée aux conséquences des frappes ukrainiennes contre ses installations pétrolières. La Syrie subit aussi la flambée mondiale des cours et l’arrêt pour maintenance de la raffinerie de Baniyas.
Malgré une économie en fort rebond, environ 90 % des Syriens vivent toujours sous le seuil de pauvreté. Le ministre de l’Énergie sera entendu, jeudi, par le Parlement, alors que la contestation gagne plusieurs bastions historiques du nouveau pouvoir.
Wed, 16 Sep 2026 - 1658 - Canada–États-Unis : l’escalade commerciale pousse Ottawa à changer de cap
Une nouvelle série de droits de douane américains frappe des produits canadiens. Face à une guerre commerciale qui s’intensifie, Ottawa cherche à réduire sa dépendance aux États-Unis en se rapprochant notamment de l’Europe et de l’Asie.
Les États-Unis appliquent désormais des droits de douane de 50 % à de nouvelles catégories de produits canadiens, notamment certains fromages, meubles, luminaires, bateaux et véhicules tout-terrain. Au total, les surtaxes américaines frappent environ 20 milliards de dollars d’exportations canadiennes, soit 5 % des ventes du pays aux États-Unis. Le 29 septembre, Washington prévoit également d’interdire l’importation de nombreux alcools, produits laitiers et motos fabriqués au Canada.
Cette escalade révèle un rapport de force profondément déséquilibré : 71,6 % des marchandises canadiennes sont exportées vers les États-Unis, contre seulement 15,3 % des exportations américaines dans l’autre sens.
Ottawa cherche de nouveaux partenaires
Mark Carney veut doubler les exportations canadiennes hors États-Unis d’ici à 2035, notamment vers l’Asie, l’Amérique du Sud et l’Europe. Le Canada souhaite bâtir une "alliance unique" avec l’Union européenne dans la défense, l’énergie, le numérique, l’intelligence artificielle et les minerais critiques. Ses exportations vers l’UE ont déjà progressé de plus de 16 % en 2025.
Mais la géographie reste un obstacle majeur : 90 % du pétrole brut canadien exporté part encore aux États-Unis, tandis que les infrastructures et les chaînes logistiques du pays demeurent largement orientées vers le sud.
Tue, 15 Sep 2026 - 1657 - Panique à bord de l'IA
Les valeurs liées à l'intelligence artificielle reculent en Europe et en Asie après les avertissements spectaculaires de plusieurs dirigeants du secteur. Dario Amodei, patron d'Anthropic, appelle à ralentir le développement des modèles les plus puissants, avec le soutien de Sam Altman et Elon Musk. Une position rejetée par le président américain Donald Trump.
Les valeurs de l'intelligence artificielle sont sous pression sur les marchés. En Europe, ASML, qui fabrique les machines indispensables à la production des puces les plus avancées, recule, tandis qu'en Asie, Samsung, SK Hynix et surtout le géant japonais SoftBank, ont terminé dans le rouge. À l'origine de cette inquiétude : une série d'avertissements venus de ceux-là mêmes qui développent les modèles d'IA les plus puissants. Dario Amodei, patron d'Anthropic, estime que leur développement va trop vite et appelle à ralentir la course.
Il redoute notamment que, dans les six à douze prochains mois, des essaims d'agents d'IA très puissants puissent agir de façon largement autonome sur Internet et provoquer des dégâts considérables. Plusieurs incidents récents ont renforcé ces inquiétudes, notamment lors de tests de cybersécurité menés avec des agents d'OpenAI.
Un front inédit face à Donald Trump
Les alertes se multiplient également à l'intérieur des laboratoires. Jacob Coxon – chercheur chez Anthropic passé auparavant par OpenAI –, a quitté le secteur en mettant en garde contre le risque de catastrophe lié aux systèmes les plus avancés. Près de 1 400 salariés du secteur ont également demandé aux gouvernements de renforcer la régulation. L'appel de Dario Amodei a reçu des soutiens inhabituels dans une industrie extrêmement concurrentielle : Sam Altman, patron d'OpenAI, et Elon Musk l'ont notamment approuvé.
Le président américain Donald Trump refuse en revanche de ralentir. Les États-Unis ont engagé des centaines de milliards de dollars dans la course à l'IA et entendent conserver leur avance face à une Chine qui accélère avec DeepSeek, Qwen ou Z.AI. Dans ce climat d'incertitude, OpenAI a repoussé son projet d'introduction en bourse. Une opération potentiellement historique : l'entreprise pourrait viser jusqu'à 1 000 milliards de dollars de valorisation.
Mon, 14 Sep 2026 - 1656 - Ouverture d'un sommet international sur l'espace à Paris sur fond de rivalité franco-allemande
Le sommet international sur l'espace s'ouvre au Grand Palais, à Paris, sans SpaceX, Blue Origin ni le chancelier allemand Friedrich Merz. Derrière ces absences se joue une autre bataille : celle des nouveaux lanceurs européens, où la France et l'Allemagne sont désormais autant concurrentes que partenaires.
Près de 2 000 participants venus de 90 pays et organisations internationales sont réunis pendant deux jours à Paris pour parler d'innovation, de défense et de souveraineté spatiale. Mais SpaceX et Blue Origin ont renoncé à venir après des pressions de l'administration Trump, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz, qui devait coprésider le sommet avec le président français Emmanuel Macron, invoque un agenda trop chargé. Son absence intervient alors que la rivalité franco-allemande s'intensifie dans une industrie longtemps structurée autour du programme commun Ariane.
Les nouveaux lanceurs européens entrent en orbite
La start-up allemande Isar Aerospace vient de réussir le premier lancement orbital commercial depuis l'Europe continentale avec sa fusée Spectrum, et vise à terme 40 tirs par an. Côté français, MaiaSpace prépare, pour 2027, le premier vol de son lanceur partiellement réutilisable, tandis que The Exploration Company vient de lever 450 millions de dollars, soit environ 387 millions d'euros, pour poursuivre le développement de sa capsule Nyx et de son moteur Storm. Cette émulation est soutenue par plus de 900 millions d'euros engagés en faveur de cinq nouveaux fabricants européens de lanceurs.
L'Europe reste pourtant très loin de ses concurrents : en 2025, elle a investi 13,5 milliards d'euros dans l'espace, contre 18 milliards pour la Chine et 69 milliards pour les États-Unis. La même année, SpaceX a effectué 165 lancements de Falcon 9, contre seulement huit tentatives orbitales européennes, dont sept réussies. L'enjeu n'est donc pas encore de détrôner SpaceX, mais de garantir à l'Europe un accès autonome à l'espace pour ses communications, son observation et sa défense.
Wed, 09 Sep 2026 - 1655 - Volkswagen : à Osnabrück, les cabriolets vont céder la place à la défense aérienne
Volkswagen prépare la vente de son usine d'Osnabrück au fonds israélien Aurelius Capital et au Land de Basse-Saxe. Sa reconversion dans la défense pourrait préserver 1 400 emplois sur 1 800, avec Rafael et le Dôme de fer comme premier grand projet.
Pendant 125 ans, l'usine d'Osnabrück a produit des voitures, du mythique Karmann Ghia au T-Roc cabriolet. Cette histoire prendra fin à l'été 2027, lorsque Volkswagen cessera d'y fabriquer des véhicules. Le constructeur s'est entendu sur les grandes lignes d'une vente avec Aurelius Capital, jeune fonds israélien spécialisé dans la défense, et le Land de Basse-Saxe. Aurelius deviendrait actionnaire majoritaire, tandis que le Land prendrait une participation minoritaire.
Le premier projet serait mené avec Rafael, groupe d'armement détenu par l'État israélien et fabricant du Dôme de fer. L'usine pourrait produire des lanceurs, des générateurs et des camions de transport destinés aux systèmes de défense aérienne, mais pas les missiles eux-mêmes.
Un montage pour contourner l'opposition du Qatar
Une coopération directe entre Volkswagen et Rafael s'était heurtée à l'opposition du Qatar. Son fonds souverain possède 17 % des droits de vote de Volkswagen et deux sièges au conseil de surveillance, alors que Doha n'entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.
Le nouveau montage permettrait à Volkswagen de se retirer du site : Aurelius et la Basse-Saxe détiendraient l'usine, tandis que Rafael interviendrait comme partenaire industriel. La transaction reste cependant soumise aux accords définitifs et aux autorisations réglementaires. La reconversion offrirait une perspective à environ 1 400 des 1 800 salariés, au moins jusqu'en 2029. Le sort des 400 autres employés demeure incertain.
Osnabrück pourrait surtout servir de modèle aux autres usines menacées par la restructuration de Volkswagen. Le groupe prévoit désormais environ 100 000 suppressions de postes d'ici 2030 et l'avenir de quatre sites allemands reste incertain. Cette bascule illustre un mouvement plus large en Europe : face à la crise automobile et au réarmement, les usines de voitures se rapprochent de l'industrie militaire. En France, Renault prépare notamment l'assemblage de drones militaires sur son site du Mans.
Tue, 08 Sep 2026 - 1654 - En Saxe-Anhalt, la victoire de l'AfD s'appuie sur une économie à la peine
La Saxe-Anhalt est un Land âgé, pauvre, rural, où la population souffre d'un sentiment de déclassement depuis la réunification allemande. Le PIB par habitant y est inférieur à la moyenne nationale ; le chômage, supérieur, et la désindustrialisation des années 1990 s'est accélérée avec la concurrence chinoise et l'affaissement de la demande intérieure. Tant et si bien que le PIB du Land a reculé de 0,2 % en 2025 quand il a augmenté de 0,2 % dans le reste de l'Allemagne.
Face à ce bien triste paysage économique, l'AfD propose un programme économique qui coupe les vivres aux migrants et promeut en contrepartie la "remigration" de personnes de nationalité allemande. Ce programme devrait, selon le parti d'extrême-droite, permettre des milliards d'euros d'économies. Les instituts économiques sont beaucoup plus prudents et évoquent seulement 243 millions d'euros qui pourraient être récupérés... mais aussi des pertes considérables de richesse, jusqu'à 3,2 millions d'euros perdus à moyen terme.
La Saxe-Anhalt manque cruellement de travailleurs qualifiés et chasser les migrants qui le sont aura des conséquences sérieuses sur l'économie locale, en particulier dans le secteur médical : les médecins étrangers représentent environ un quart des effectifs des hôpitaux du Land.
Mon, 07 Sep 2026 - 1653 - Sommet Lumière : le cinéma mondial réuni à Saint-Paul-de-Vence pour un "Davos du 7ème art"
Le président français Emmanuel Macron et son homologue sud-coréen Lee Jae-myung réunissent à Saint-Paul-de-Vence plus de 200 responsables du cinéma et de l'image. Financement, concurrence des réseaux sociaux et intelligence artificielle sont au cœur de ce premier "Davos du septième art".
En 2019, environ 8 milliards de billets de cinéma étaient vendus dans le monde. En 2025, ce chiffre est tombé à près de 5 milliards. Le Covid-19 a provoqué la fermeture des salles, mais il a surtout accéléré un changement durable des habitudes au profit des plateformes et des réseaux sociaux. Dans vingt grands marchés étudiés par Digital i, YouTube est désormais regardé 99 minutes par jour, contre 93 minutes pour Netflix. Même si quelques blockbusters battent encore des records, les films indépendants et les productions aux budgets intermédiaires peinent davantage à trouver leur public et leur financement.
Un milliard d'euros pour financer l'avenir du cinéma
En France, les investissements dans la production ont reculé de près de 5 % en 2025 et les apports des diffuseurs de près de 12 %. Les plateformes de vidéo à la demande ont investi 76,1 millions d'euros, mais les réseaux sociaux contribuent encore très peu au financement des œuvres par rapport à leur poids dans la consommation d'images.
Selon Les Échos, la France devrait proposer un fonds international pouvant atteindre un milliard d'euros, alimenté notamment par Bpifrance et des investisseurs privés. Le sommet doit également encadrer l'utilisation de l'intelligence artificielle afin de garantir le consentement, la transparence et la rémunération des créateurs. Son ambition : inventer un nouveau modèle permettant de financer les œuvres, de protéger ceux qui les créent et de reconquérir le public.
Mon, 07 Sep 2026 - 1652 - Mercosur : l’Europe ferme ses portes aux viandes brésiliennes
Depuis le 3 septembre, le bœuf et la volaille brésiliens ne peuvent plus entrer dans l’Union européenne. Une interdiction sanitaire qui constitue un premier test pour l’accord commercial avec le Mercosur, appliqué provisoirement depuis mai.
Le Brésil n’a pas apporté les garanties exigées sur l’utilisation des antibiotiques dans ses élevages. Les produits importés doivent désormais respecter les mêmes interdictions que celles imposées aux producteurs européens, notamment concernant les antibiotiques de croissance et certains antimicrobiens réservés à la médecine humaine.
Faute de preuves suffisantes, Bruxelles a donc suspendu les importations brésiliennes de bœuf, de volaille, d’œufs et de miel.
Les normes européennes maintenues
L’accord avec le Mercosur prévoit pourtant d’ouvrir progressivement des contingents à droits réduits, jusqu’à 99 000 tonnes de bœuf et 180 000 tonnes de volaille. Mais ces avantages commerciaux ne dispensent pas du respect des règles sanitaires européennes : l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay restent autorisés à exporter, contrairement au Brésil. Celui-ci est pourtant le premier fournisseur extérieur de l’UE pour le bœuf comme pour la volaille.
Des inspecteurs européens sont actuellement sur place et, si leur audit est satisfaisant, les importations de volaille pourraient reprendre dans les prochaines semaines. Pour le bœuf, la procédure devrait être plus longue.
Thu, 03 Sep 2026 - 1651 - Venezuela : le jackpot pétrolier de Donald Trump
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, est à Caracas pour concrétiser un accord pétrolier hors norme. Pendant cent ans, une entreprise soutenue par Washington pourra exploiter 17 champs contenant près d’un cinquième des réserves vénézuéliennes.
L’accord porte sur 17 champs pétroliers situés principalement dans la ceinture de l’Orénoque, dans l’est du Venezuela, et autour du lac Maracaibo, dans l’Ouest. Ils contiendraient environ 65 milliards de barils, soit près d’un cinquième des réserves du pays, les plus importantes de la planète. Leur exploitation sera confiée pour 100 ans à North American Blue Energy Partners, ou NABEP, une société contrôlée par l’homme d’affaires vénézuélien controversé Alejandro Betancourt.
Le Pentagone doit obtenir 35 % du capital de sa maison mère ainsi qu’un droit de veto sur la composition de son conseil d’administration. Les États-Unis pourront acheter 20 % du pétrole produit à prix coûtant et disposeront d’un droit de priorité sur les 80 % restants.
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Un accord gagnant-gagnant, mais risqué
Washington sécurise ainsi l’approvisionnement de ses raffineries et réduit l’influence chinoise et russe sur plusieurs champs stratégiques. En contrepartie, NABEP prévoit jusqu’à 100 milliards de dollars d’investissements pour moderniser une industrie pétrolière vénézuélienne profondément dégradée. Caracas espère des milliers d’emplois ainsi que près de 200 milliards de dollars de taxes et de redevances durant les 25 premières années.
Chris Wright affirme que ces investissements pourraient plus que doubler une production tombée à environ 1,2 million de barils par jour, contre plus de 3 millions à la fin des années 1990. Mais la remise en état des installations prendra des années et la durée du contrat, l’absence d’appel d’offres et l’entrée du Pentagone au capital d’une entreprise privée soulèvent déjà de sérieuses interrogations juridiques.
Wed, 02 Sep 2026
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