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422 - Metaclassique #405 – Promener
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- 422 - Metaclassique #405 – Promener
« Écoute à présent la guitare, et la guitare te chantera la suite de mon histoire, qui ne peut être exprimée par des paroles. Ainsi donc, écoute la guitare. » Aussitôt, la chambre se peupla de sons mélodieux, tristes et merveilleux, la chambre s’emplit de sons inintelligibles mais délicieux. Les sons semblaient valser dans la chambre, les sons semblaient suspendus comme des glaçons étincelants aux quatre coins de la chambre, puis tombaient sur Pierre avec un bruit argentin, puis remontaient au plafond où ils restaient de nouveau suspendus pour retomber avec un bruit argentin. Les sons semblaient pleins de bourdonnantes lucioles ; ils semblaient recéler des éclairs de chaleur intenses, mais doux. » (Hermann Melville, Pierre; or, The Ambiguities, VI, 5 / Pierre ou Les Ambiguïtés, p. 777)(Acoulogon, p .713)
Acoulogon est un livre de 1800 pages réparties en deux volumes. C’est l’aboutissement d’un travail de Michel Chion qui, depuis une quarantaine d’année, collectionne les références au son dans la littérature. Il a constitué un corpus de 5.000 citations empruntées à plus de 1.000 auteurs en 45 langues.
Une émission acheminée par David Christoffel.
Wed, 04 Nov 2026 - 1h 00min - 421 - Metaclassique #404 – Rater
Dans un Dictionnaire de musique du milieu du 19è siècle signé par Léon et Marie Escudier, on peut lire au sujet du mélomane qu’il est « un personnage très-original, et même quelque peu assommant pour ceux qui l’écoutent. Mais c’est ma foi bien pis encore, quand le mélomane aspire au titre de chanteur, de virtuose, de compositeur. » Se piquer de musique, en parler abondamment sans être capable d’en bien faire soi-même pourrait même servir de définition au Musicien raté. Aussi rocambolesque ou tragique que soit sa condition, la figure du Musicien raté n’est jamais détachable d’un roman où la musique est idéalisée tandis que les discours qui l’envisagent sont suspects. Si bien qu’en miroir, le musicien accompli ne saurait être une figure trop réflexive ou très consciente d’elle-même. Pour instruire l’étrange dilemme entre parler et jouer de la musique, nous allons dans cet épisode « Rater » de Metaclassique à la rencontre de différents contributeurs du volume Le Musicien raté paru aux éditions Aedeam Musicae : Matthieu Cailliez, Charles Arden et Sylvain Perrot, au fil d’un chemin que nous allons parcourir avec Michela Landi et l’un des directeurs de l’ouvrage, Stéphane Lelièvre.
Une émission conçue et préparée par David Christoffel.
Wed, 28 Oct 2026 - 1h 00min - 420 - Metaclassique #403 – Sourcer
« Les Grecs racontent qu’Ariane offrit un fil à Thésée. Grâce à ce fil, Thésée s’orienta dans le labyrinthe, trouva le Minotaure et le tua. Quant aux traces que Thésée laissa en errant dans le labyrinthe, le mythe n’en dit rien. » Voilà comment s’ouvre le livre Le fil et les traces de l’historien Carlo Ginzburg qui explique un peu plus loin : « Affirmer que le récit historique ressemble à un récit inventé est évident. Il me semble plus intéressant de se demander comment nous percevons comme réels les événements racontés dans un livre d’histoire. »
Au lieu de tenir mythe et histoire comme deux activités qui gagneraient mutuellement à rester séparées, leurs collaborations se sont beaucoup développées depuis le xixè siècle, même si elles ne vont pas toujours pleinement de soi. Pour voir à quel point la fiction peut nourrir l’histoire de la musique, nous recevons à la Médiathèque Musicale de Paris Christiane Eda-Pierre, l’historien de la musique Rémy Campos qui signe Un soir à l’opéraaux éditions de l’EHESS et le comparatiste Laurent Demanze qui a publié Un nouvel âge de l’enquête aux éditions Corti.
Une émission sourcée et composée par David Christoffel.
Wed, 21 Oct 2026 - 1h 00min - 419 - Metaclassique #402 – Basculer
Dans les rêves, le monde peut apparaître plus vrai que nature et, comme il s’y passe des choses illogiques, la vraisemblance vacille et le récit bascule dans un autre niveau de réalité. Même s’il a l’air de plus ou moins reconstituer ses souvenirs, de les réorganiser, de presque les rationaliser, les récits de rêve ont cette patine narrative très spéciale qui ouvre des horizons musicaux aux frontières du réel ou d’un certain réel dont les contours se trouvent justement remis en question.
Pour circuler dans ces moments de bascule, ce Metaclassique « Basculer » est en public à la Médiathèque Musicale de Paris Christiane Eda-Pierre pour recevoir le duo de musique électroacoustique Kristoff K.Roll et la poétesse SNG (Natacha Guiller).
Une émission rêvée et animée par David Christoffel.Wed, 14 Oct 2026 - 1h 00min - 418 - Metaclassique #401 – Coopérer
En 2009, les chercheurs Scott Wiltermuth et Chip Heath ont publié dans Psychological Science, une étude montrant que chanter en chœur augmente la confiance en l’autre et favorise la coopération plutôt que la compétition. Mais comme cette opposition entre les attitudes coopératives et les comportements compétitifs vient de la littérature managériale, on pourrait s’étonner que ce duo conceptuel vienne servir un discours de valorisation de la pratique chorale. À moins que ce ne soit la preuve de la tendance contemporaine des valeurs professionnelles à imprégner toutes les strates de la vie sociale, voire de la vie privée.
Dans le cadre de leurs études à l’ENSCI, l’Ecole Nationale Supérieure de la Création Industrielle, Luna Derrien et Léo Segonds se sont interrogés sur la disparition du travail au sens de la dissolution des frontières du monde du travail, à savoir si cette dissolution n’est pas la manifestation en creux du débordement du travail au-delà des espaces et des horaires du bureau. Ils ont réfléchi à cette question en créant des situations. L’une d’entre elles a consisté à organiser un Afterwork Requiem en invitant le Sanofi Chorus à chanter le Requiem de Mozart dans les nouveaux locaux du leader européen de la publicité, BETC.
Ce Metaclassique « Coopérer » propose de prolonger réflexivement cet afterwork en allant, avec Luna Derrien et Léo Segonds, à la rencontre de quatre des choristes, Virginie Depuydt. Laurent Boutron. Pascal Michon et Marie Thirion pour évoquer leur positionnement dans le chœur et dans l’entreprise. Et puisqu’il sera question d’engagement professionnel, nous irons également à la rencontre d’Armand Brice Kouadio qui est professeur de gestion à la Haute Ecole de Gestion de Neuchâtel.
Une émission conçue et réalisée par David Christoffel, en coopération avec Luna Derrien et Léo Segonds.Wed, 07 Oct 2026 - 1h 00min - 417 - Metaclassique #400 – Interviewer
Dans L’Intervieweur, Alain Veinstein décrivait certains de ses invités. Il observait plus spécialement l’effet du micro sur leur parole. De tel invité, il relevait : « Je me rends compte que ses lèvres forment des mots qu’il s’adresse à lui-même, tout en les chargeant de l’impatience que lui inspire la contrainte d’avoir à la prononcer. » Voilà que la radio élargirait à force de dramatiser le temps qui sépare l’élancement dans la parole de la parole elle-même. D’un autre, Alain Veinstein écrivait : « Lorsqu’il parle, sa voix n’adopte pas tout à fait la légèreté de ton qu’il cherche à avoir. » Et surtout, il semblait guetter comme ses interviewés venaient eux-mêmes guetter l’effet de leur parole sur l’intervieweur, en soulignant à propos d’un autre : « Il a honte de ce qu’il pourrait dire de la même façon que certains craignent par anticipation, s’ils étaient victimes d’un accident, de répandre leur sang sur la voie publique. Lui, quand par miracle il prononce une phrase, il me dévisage comme pour s’assurer que les éclaboussures ne m’ont pas atteint. »
Pour son 400ème numéro, Metaclassique ne va pas tant traquer les endroits où les quelques 700 invités n’ont pas pu si bien s’exprimer que de continuer à se demander comment travailler l’interview. Pour ce faire, nous accueillons deux complices : Christophe Deleu qui signe aux éditions édiSens, Les secrets de l’interview et Irène Omelianenko, présidente d’honneur de l’ADDOR, l’association de défense du documentaire radiophonique.
Une émission réfléchie et animée par David Christoffel.
Wed, 30 Sep 2026 - 1h 00min - 416 - Metaclassique #399 – Grandir
Puisque l’opéra se donne presque toujours pour vocation d’embrasser les grandes questions de l’existence humain, il a presque toujours mis des enfants en scène. Mais ce n’est jamais que depuis les années 1960 que se sont développés des opéras spécialement adressés au jeune public. Est-ce à dire que l’opéra a un message à faire passer aux enfants, le genre lyrique se trouve-t-il à un endroit si nodal dans l’éveil à l’humanité ? Et alors que l’édition 2026 du Festival d’Aix-en-Provence empoignait le thème de l’initiation dans la plupart de ses productions, jamais le le festival n’avait eu autant d’enfants sur scène, avec 42 artistes mineurs âgés de 6 mois à 17 ans sur 4 de ses 5 productions, ce Metaclassique a été enregistré en public au Grand Théâtre de Provence où nous avons réunis le chanteur Chadi Lazreq qui, en 2019, avait chanté dans le Requiem de Mozart mis en scène par Romeo Castellucci un rôle repris par son petit frère, Hasnaa Bennani qui l’y a préparé , la chanteuse Rachel Masclet qui interprète Marie dans l’opéra Accabadora de Francesco Filidei, la musicologue Theresa Schmitz qui a publié sa thèse L’opéra jeune public aux éditions Vrin, Frédérique Tessier qui est responsable de l’action culturelle du Festival d’Aix et tout d’abord Manon Bohn qui est administratrice de production pour évoquer les enjeux logistiques associés à l’encadrement juridique qui veille à la protection du travail des enfants sur scène.
Une émission préparée et animée par David Christoffel.
Wed, 23 Sep 2026 - 1h 00min - 415 - Metaclassique #398 – Marcher
Quand frédéric dumond a dit à Esther Ferrer, « Changer de position », elle a répondu :
« Moi je change tout le temps de position. De position dans le lit, parce que j’ai beaucoup d’insomnies, alors je change beaucoup de position, absolument. Est-ce que j’ai changé de position par rapport à l’art, par exemple ? Je ne crois pas. Tu me demandes position dans tous les sens, si c’est seulement physique j’ai changé de position je ne sais pas combien de fois depuis qu’on est là, mais si c’est mentalement… J’ai changé de position, par exemple, vis-à-vis de la musique, et ça grâce à deux facteurs. John Cage a changé complètement l’idée que je me faisais de la musique. Cage disait : « Si un bruit te dérange, écoute-le deux minutes, s’il te dérange encore, écoute-le trois minutes, etc. il arrivera un moment où tu l’écouteras comme de la musique ». Un jour, il y a beaucoup d’années, je devais faire un scanner. J’ai commencé le scanner, à l’époque ça faisait beaucoup de bruit. Et j’ai pensé à Cage, et je me suis dit : « je vais l’écouter comme de la musique » et je te jure que quand l’opérateur du scanner m’a dit : « C’est fini », j’ai trouvé ça super court, je ne m’étais pas rendue compte, j’étais dans l’écoute. Et cette expérience, par rapport à Cage, çaa été définitif dans mon rapport à la musique. J’ai continué à avoir mon goût pour la musique bien sûr, mais savoir écouter le bruit de ce monde comme si c’était de la musique, ça c’est Cage qui me l’a révélé. »
À l’heure où cet entretien est publié par les éditions Vroum dans un livre intitulé ACTION !, un chemin en performances, nous sommes allés, avec frédéric dumond, à la rencontre d’Esther Ferrer pour évoquer sa pensée de la performance et de ses liens avec la musique de Satie, de son mari, Tom Johnson et de John Cage.
Une émission de David Christoffel.
Wed, 16 Sep 2026 - 1h 00min - 414 - Metaclassique #397 – Copier
Jean-Jacques Rousseau écrivait que « le plus habile copiste est celui dont la musique s’exécute avec le plus de facilité sans que le musicien même devine pourquoi. » À croire que le développement de l’imprimerie a définitivement consacré la fidélité à l’original comme le critère principal et quasiment unique de qualité d’un copiste doit faire oublier qu’elle est une copie et transmettre les informations utiles aux musiciens avec une si grande facilité qu’elle doit être comme transparente. On en convient. Mais on ne fera pas une heure d’émission là-dessus. parce que copiste c’est un métier, du moins nombreux sont ceux qui en ont fait leur spécialité. Pour saisir à quel point, les micros de Metaclassique sont installés au Salon Marguerite Long de la Bibliothèque Lagrange-Fleuret où nous recevons deux musicologues, Pascal Denécheau et Laurent Guillo, qui, dans le cadre du projet AteCop, ont recensé et étudié le travail des premiers copistes français de 1650 (juste avant Lully), jusqu’à 1730 (juste avant Rameau). Ils s’appellent François-André Danican Philidor, Henri Foucault ou encore
Sébastien de Frossard. En plus de fournir les musiciens en partitions soignées et lisibles des compositeurs les plus en vue de leur époque, ils ont permis de perpétuer des répertoires de niche que les imprimeurs n’avaient pas vocation à publier.
Une émission préparée et présentée par David Christoffel.
Wed, 09 Sep 2026 - 1h 00min - 413 - Metaclassique #396 – Travailler
La culture des champs, la manœuvre des voiles, le martèlement du forgeron, l’abattage des arbres peuvent être autant d’occasion de moments de musique. S’ils donnent cœur à l’ouvrage, les chants de travail ne sont pas forcément la clé du bonheur. Et s’ils peuvent se faire si poignants à l’écoute, c’est peut-être justement parce qu’ils touchent aux servitudes plus ou moins volontaires auquel le travail a immanquablement exposé chacun d’entre nous.
À l’occasion d’une matinale de l’Abbaye de Noirlac, à l’invitation d’Elisabeth et David Sanson, Diana Baroni est venue avec Jasser Haj Youssef et Romain Lecuyer interpréter des chants de travail collectés au Moyen-Orient et en Amérique Latine au cours d’un concert qui était précédé par une conférence de l’historien Aurélien Peter qui a pris le temps de déplier les différents temps du chant de travail : des airs qu’on entonne pour s’encourager à se mettre au travail, des chants qui accompagnent le labeur jusqu’aux petits « eh oh eh oh » de ceux qui rentrent du boulot.
Metaclassique a capté le concert à l’Abbaye de Noirlac et reconstitue l’esprit de cette matinale en recevant, pour ce numéro « Travailler », l’historien Aurélien Peter et la chanteuse Diana Baroni.
Une émission labourée par David Christoffel.Wed, 02 Sep 2026 - 1h 00min - 412 - Metaclassique #395 – Chipoter
Le verbe chipoter n’a pas le même sens en France et en Belgique. En France, on dit de quelqu’un qu’il « chipote » comme on pourrait dire qu’il pinaille ou qu’il ergote, qu’il cherche la petite bête pour causer quelques difficultés à quelqu’un d’autre. Ce qui peut d’ailleurs être une manière de prolonger le plaisir d’être ensemble. D’où l’expression : « Ce n’est pas pour chipoter, mais votre Do # est un peu bas… » Alors qu’en Belgique, « chipoter » est plutôt une variante de « tripoter ». Par exemple : « Si je chipote le Do# du basson dans une réverbe très étroite, est-ce qu’il paraîtra plus haut ?. » Ce numéro de Metaclassique s’intitule « Chipoter » parce qu’il a été enregistré en Belgique et parce qu’il raconte la manière dont Fanny Libert tripote les sons et s’y prend pour composer sa musique. Pendant une heure, nous allons marcher dans les rues de Bruxelles avec la compositrice Fanny Libert qui raconte son rapport à la musique à travers les endroits qu’elle a fréquenté depuis son enfance.
Une émission chipotée par David Christoffel.Wed, 26 Aug 2026 - 1h 00min - 411 - Metaclassique #394 – Radiophoner
« Du mot écrit au mot lu, du mot lu au mot énoncé, du mot énoncé au mot enregistré, et diffusé et écouté et entendu est accomplie une suite d’opérations : docimasie, altération, cémentation, précipitation. » Le producteur de radio Alain Trutat avait ainsi expliqué qu’il y a bien une écriture radiophonique qui n’est pas une stricte transposition sur un écran sonore de l’écriture littéraire ou poétique.
À la suite de Pierre Schaeffer qui tenait la radio pour le « huitième art », Alain Trutat entendait consacrer la radiophonie comme l’un des beaux-arts jusqu’à réussir à imposer, à partir de 1969, sur les ondes de France Culture, un créneau de trois heures intitulée « Atelier de création radiophonique » où les micros étaient tendus à tous les sons du monde, aux esthétiques sonores et musicales les plus diverses, aux voix prestigieuses et anonymes sans hiérarchie, mais avec un grand soin dans le montage chaque fois calibré pour la circonstance.
Dans un texte qu’il consacrait à Alain Trutat dans le journal Le Monde au moment de sa mort, en août 2006, un ancien directeur de France Culture, Jean-Marie Borzeix saluait une « vie à fuir les honneurs et les premiers rangs » et un homme « Peu enclin par nature à faire des concessions ».
Pour mieux faire connaissance avec celui qui a été surnommé « l’éminence grise de la radio » quand il n’était pas appelé « le mandarin », pour identifier quelle pensée de la parole poétique et de la musique devait permettre de se faire une idée aussi haute de la radio, Metaclassique tend ses micros à quatre complices d’Alain Trutat : Kaye Mortley, Michel Creïs, Christine Rey et Michèle Cohen.
Une émission préparée et engagée par David Christoffel.Wed, 19 Aug 2026 - 1h 00min - 410 - Metaclassique #393 – Réduire
« Le tempo est une condition pour que la multitude des enseignements que le son nous donne puisse être réduite à une unité. » Voilà une phrase du chef d’orchestre Sergiu Celibidache qui avait déployé une pensée de la musique adossée à une notion de « réduction » directement inspirée de la phénoménologie de Husserl, mais qu’il avait redéfini de manière si personnelle que sa pensée pourrait paraître mystérieuse, voire dissuader d’en chercher la cohérence.
Pour saisir les tenants de la pensée de Celibidache et la manière dont ils se tiennent ensemble, Metaclassique a interrogé celui qui a été son assistant, Konrad von Abel, celui qui a suivi son enseignement au cours de ses huit dernières années, Patrick Lang, et deux musiciens portés par la pensée de Sergiu Celibidache : la violoniste Sophie Barthélémy et le contrebassiste Corentin Jadé.
Un documentaire réduit et unifié par David Christoffel.Wed, 12 Aug 2026 - 1h 00min - 409 - Metaclassique #392 – Contrer
On ne sait pas forcément si le mot « concerto » vient du latin Conserere qui peut vouloir dire « unir » ou de concertare qui serait plutôt une façon de se préparer à dire « lutter ». Ou alors : on ne veut pas savoir le sens exact du mot, parce qu’on préfère en découdre avec ce qu’on fait quand on joue un concerto. L’orchestre La Sourde s’est lancé dans la réalisation d’un Concerto dans lequel piano et orchestre viennent se contrer mutuellement. Pour comprendre pourquoi, vous entendrez au cours de ce documentaire, la violoncelliste Myrtille Hetzel, le compositeur et saxophoniste Antonin-Tri Hoang, la pianiste et compositrice Eve Risser, le violoniste Boris Lamerand, le dramaturge Samuel Achache et, pour commencer, dans moins de deux minutes, le batteur et percussionniste Thibault Perriard.
Un documentaire conçu et réalisé par David Christoffel.
Wed, 05 Aug 2026 - 49min - 408 - Metaclassique #391 – Baptiser
D’après tel ou tel Guide des prénoms, on peut lire que les Florestan sont en général créatifs, sensibles, sociables, peut-être un peu menteurs, mais surtout fantaisistes. Voilà qui pourrait suffire à donner envie d’appeler son enfant Florestan. Mais quand des parents appellent leurs enfants Florestan, ils ont souvent en tête le Florestan de Schumann ou de Beethoven. Metaclassique a donc mené l’enquête auprès de trois Florestan : Florestan Labourdette, Florestan Segond-Genovesi et Florestan Labia ainsi que de leurs parents pour chercher à savoir si leur goût très prononcé pour la musique et leur caractère est si déterminé que ça par leur prénom.
Un documentaire conçu et réalisé par David Christoffel.Wed, 29 Jul 2026 - 1h 00min - 407 - Metaclassique #390 – Combattre
Si le violon est l’instrument le plus représenté dans les orchestres symphoniques, si nombre de virtuoses aujourd’hui font du violon un instrument incontournable, s’il n’existe pas de conservatoire où il n’est pas enseigné, le cornet à bouquin passe en comparaison pour une rareté, un instrument de niche menacé de disparition depuis déjà plusieurs siècles. Il y a 400 ans, le violon et le cornet à bouquin étaient pratiqués en relative égalité d’importance jusqu’à ce que l’un finisse par être beaucoup plus employé que l’autre.
Avec la complicité de l’ensemble Artifices et des Traversées Baroques, Vincent Bouchot a imaginé un procès où les mérites du cornet à bouquin et du violon baroque sont vantés respectivement par Judith Pacquier et Alice Julien-Laferrière. Metaclassique était à la création du spectacle Combat de Chef·fes au Théâtre de Beaune pour interroger les concernés sous leur nom italianisé pour l’occasion du procès, à savoir Alice Giuliano-Ferrara et Judita Pasquini. En fin d’émission, vous entendrez également Laurent Stewart ou plutôt Lorenzo Majordomo et la violoncelliste Maguelonne Carnus alias Magdalena Cardosa qui, dans le cadre du Combat des Chef·fes, sont devenus des magistrats assistants du juge incarné par celui qui a imaginé ce procès, Vincent Bouchot.
Une émission conçue et cousue par David Christoffel.Wed, 22 Jul 2026 - 1h 00min - 406 - Metaclassique #389 – Vouloir
Schopenhauer écrivait dans ses Parerga : « La musique est la mélodie dont le texte est le monde. » Voici que le monde serait donc ultérieur à la musique. Dans Le monde comme volonté et comme représentation, le philosophe dit même que « le monde pourrait bien être appelé une incarnation de la musique, tout aussi bien qu’une incarnation de la volonté ». Alors, dans ce numéro « Vouloir » de Metaclassique, nous allons chercher quelle pensée de la volonté Schopenhauer a-t-il pu développer pour la tenir en équivalence avec la musique? A suivre la pensée du philosophe, en approuvant la musique, on serait même obligé d’approuver à son insu la volonté à un moment antérieur à elle-même. Pour ce faire, nous accueillons deux de ses lecteurs Dimitri Kerdiles qui a soutenu une thèse à Rennes 2 sur Schoenberg et l’idée musicale en s’arrêtant longuement sur la place cruciale que Schopenhauer vient y occuper et, pour commencer, l’auteur de l’essai Schopenhauer et la musique aux éditions PUF, Santiago Espinosa pour qui la musique ne concerne pas uniquement quelques lignes dans l’oeuvre de Schopenhauer mais les imprègne toutes.
Une émission voulue et cousue par David Christoffel.
Wed, 15 Jul 2026 - 1h 00min - 405 - Metaclassique #388 – Traderir
Entre les comptines, les hymnes, les sonneries militaires, les chants de manifs ou les clameurs de supporters, il y a un point commun : on reprend facilement des airs déjà existants pour y mettre des paroles de circonstance selon les besoins du culte, d’une manif ou d’un match de foot. Le Centre d’Études et de Recherche Éditer/Interpréter a publié les actes du colloque Chanter sur l’air de…, une publication électronique accessible en ligne depuis un lien disponible sur metaclassique.com et dont nous réunissons à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, trois des musicologues ayant participé au colloque : Raphaëlle Legrand qui parlera autant comme à la fois spécialiste de la musique du xviiiè siècle que comme praticienne des chants de manifs féministes et qui est venue accompagnée de quelques choristes des Voix Rebelles, François Picard qui a cherché par où a bien pu passer le « tralala » de la Mère Michel et, pour commencer, Alice Tacaille qui a pu repérer comme certains airs ont pu se détacher de leurs paroles originales et comme la poésie et la musique ont alors renouvelé leurs rivalités à partir de l’apparition de l’imprimerie musicale, en 1528.
Une émission préparée et présentée par David Christoffel.
Lien vers la publication Chanter sur l’air de
Wed, 08 Jul 2026 - 1h 00min - 404 - Metaclassique #387 – Mésécouter
Lire entre les lignes, sauter des pages, souligner scrupuleusement certains passages, prendre des notes dans la marge, lire uniquement des romans de chevalerie : il existe bien des manières de ne pas être un lecteur idéal. Peut-être même que toutes ces manières de se faire mauvais lecteur devraient compter les façons très studieuses, apparemment modèles, de lire. C’est une des idées de l’essayiste Maxime Decout qui a signé un Éloge du mauvais lecteur aux éditions de Minuit et qui nous a donné envie de suivre sa voie pour mettre au clair ce que serait un mauvais auditeur. Puisqu’il existe tellement de manières de mal lire les livres, il doit bien exister au moins autant de manières de mésécouter la musique.
Dans ce Metaclassique « Mésécouter », nous avons organisé une séance de mauvaise écoute au bureau d’études utopiques La Clairière en compagnie de l’artiste Natalia Jaime-Cortez et la compositrice et joueuse de qanûn Christine Zayed, nous avons aussi interrogé Antonin Tri Hoang qui s’est prête à quelques sessions de mentalisme musical en invitant Maxime Decout à commenter ces expériences de mésécoute, après avoir cherché quelques analogies entre son livre et ce qui pourrait donc être un Éloge du mauvais auditeur.
Une émission fomentée et menée par David Christoffel.
Wed, 01 Jul 2026 - 1h 00min - 403 - Metaclassique #386 – Sangloter
Parce que l’opéra est attaché à l’expression des passions, on y trouve une grande gamme pour exprimer le désir, mais aussi des passions tristes comme la jalousie, l’affliction, mais au cœur de ces passions tristes, les situations qui prêtent à pleurer pourrait affliger plus ou moins et mettre leurs victimes dans un état possiblement suffocant, peu propice donc à la douce expression d’un long lamento. Dans Une philosophie des sanglots parue aux éditions Rivage, la philosophe Estelle Ferraresese rétracte face à quelque esthétique des pleurs en affirmant qu’il faut abandonner l’idée d’une utilité des sanglots et même renoncer à les observer du point de vue de leur efficacité sur le monde.
Pour ce numéro Sangloter de Metaclassique, nous sommes installés au Salon Marguerite Long de la Bibliothèque La Grange-Fleuret, en compagnie d’Estelle Ferrarese, du musicologue Bertrand Porot et du chanteur Marc Mauillon.
Une émission coordonnée et réalisée par David Christoffel.
Wed, 24 Jun 2026 - 1h 00min - 402 - Metaclassique #385 – Consentir
Au moment de la fête de fin d’année, vient l’heure des restitutions des projets d’éducation artistique et culturelle. Tous les élèves sur la scène ont bien fait signer à leur parent le formulaire pour le droit à l’image. Et il est possible qu’au cours de tout le parcours, la question du consentement ne se soit alors posée qu’au moment de pouvoir être pris en photo ou filmé pour paraître notamment sur les supports de valorisation des actions auprès des partenaires. Si on les met au pluriel, les questions du consentement mériteraient sans doute mieux que d’en rester au niveau du formulaire que les professionnelLEs de la culture font signer, pour pouvoir exploiter leur image, à celles et ceux qu’ils et elles nomment les « bénéficiaires » sans, d’ailleurs, leur avoir demandé leur avis.
Pour explorer différents enjeux de consentement dans la médiation musicale et tenter de les articuler, Metaclassique est installé à la Bibliothèque publique d’information pour accueillir Margot Lallier qui était directrice du Pôle Action Culturelle du Centre de Musique Baroque de Versailles à l’heure où l’émission a été enregistrée, Simon Bernard qui est chef du pôle Médiation et Développement à la Maison de la Musique Contemporaine et Thomas Corlin qui est journaliste à la revue Mouvement qui s’est vivement interrogé sur les situations critiques générées par un certain nombre de dispositifs participatifs.
Et parce que les débats sociétaux se portent sans doute mieux quand ils entretiennent quelques contiguïtés avec des questions poétiques, il y aura une surprise poétique autour de la 42ème minute de l’émission.
Une émission organisée et animée par David Christoffel.Wed, 17 Jun 2026 - 1h 00min - 401 - Metaclassique #384 – S’approprier
Sur le portail Medium, le musicien Jérémie Abt a publié une réflexion sur l’appropriation culturelle. En partant du principe que « S’approprier, c’est faire sien », il a toujours vu l’apprentissage d’une langue ou l’initiation à une musique d’une autre culture comme autant de gestes créatifs. Mais alors qu’un monde sans appropriation serait donc un monde où les cultures resteraient cloîtrées autour de leurs foyers d’origine, l’appropriation d’une culture qui n’est pas sienne peut se trouver beaucoup moins appropriée quand elle devient affaire d’extraction et d’expropriation.
Avant d’aller à la rencontre de Jérémie Abt et des questionnements qui l’accompagnent quand, depuis Marseille, il joue du gamelan balinais au sein de l’ensemble Polyphème, ce Metaclassique « S’approprier » vous propose d’écouter en vis-à-vis la compositrice japonaise Misato Mochizuki et le compositeur français Olivier Calmel qui, en plus de publier leurs oeuvres tous les deux aux éditions Artchipel, partagent le point commun d’avoir été invité à composer pour le koto, un instrument traditionnel japonais que Misato Mochizuki n’a pas cherché à manier de manière traditionnelle, pendant qu’Olivier Calmel devait d’abord faire connaissance avec l’instrument avant de composer La légende de Kaguya-Himé.
Une émission réfléchie et organisée par David Christoffel.Wed, 10 Jun 2026 - 1h 00min - 400 - Metaclassique #383 – Equilibrer
« Pas trop vite », « peut-être un peu plus droit dans la couleur du son », « mais légèrement moins insistant »… Les conseils prodigués au cours des masterclasses par des très grands musiciens à des professionnels en cours de confirmation peuvent ressembler à des infimes réglages plus stylistiques que techniques. Mais puisque la personnalité des interprètes ne peut pas s’épanouir sans une haute conscience de leurs moyens, les enseignements pour les jeunes talents se placent dans un équilibre entre maîtrise instrumentale et conduite des caractères, entre appréciations de goût et retours plus objectifs. Né un 18 octobre, le violoniste Nemanja Radulović est du signe de la Balance. Il est au bord de penser que cela est pour quelque chose dans la recherche de l’équilibre et dans le fait qu’il est au centre de son enseignement. Metaclassique est allé en immersion tout au long de la saison dans la classe de Nemanja Radulović à l’Académie Philippe Jaroussky pour suivre l’évolution de quatre de jeunes talents qu’il accompagne . Entre cours et réflexions sur leurs cours, vous entendrez les jeunes violonistes Oscar Hatzfeld, Victoria Guilbaud, Célio Torina et, pour commencer, Gabriel Rostagni.
Une émission conçue et tricotée par David Christoffel.Wed, 03 Jun 2026 - 1h 00min - 399 - Metaclassique #382 – Classer
En 1985, soit trois ans après la mort du poète Georges Perec, les éditions Hachette publiaient un recueil de courts essais sous le titre Penser/Classer où la question du rangement des livres est interrogée. Qu’il s’agisse de les classer par ordre alphabétique, par continents ou par pays ou encore par couleurs, date d’acquisition, date de parution, formats, genres, grandes périodes littéraires, langues ou encore par priorités de lecture, reliures, Perec écrivait : « Aucun de ces classements n’est satisfaisant à lui tout seul. Dans la pratique, toute bibliothèque s’ordonne à partir d’une combinaison de ces modes de classements : leur pondération, leur résistance au changement, leur désuétude, leur rémanence, donnent à toute bibliothèque une personnalité unique. Il convient d’abord de distinguer les classements stables et les classements provisoires ; les classements stables sont ceux qu’en principe on continuera à respecter ; les classements provisoires ne sont censés durer que quelques jours : le temps que le livre trouve, ou retrouve, sa place définitive : ce peut être un ouvrage récemment acquis et non encore lu, ou bien un ouvrage récemment lu que l’on ne sait pas très bien où mettre et que l’on s’est promis de ranger à l’occasion d’un prochain « grand rangement », ou encore un ouvrage dont on a interrompu la lecture et que l’on ne veut pas classer avant de l’avoir repris et terminé, ou bien un livre dont, pendant une période donnée, on s’est servi tout le temps, ou bien un livre que l’on a sorti pour y chercher un renseignement ou une référence et que l’on n’a pas encore remis en place, ou bien un livre que l’on ne saurait mettre à la place où il irait car il ne vous appartient pas et on a plusieurs fois promis de le rendre, etc. » C’est dire si classer les livres peut appeler une activité intellectuelle poussée. Aussi, pour ce numéro « Classer », Metaclassique a proposé aux étudiants de master du Département de musicologie de l’Université de Poitiers et Tours de classer des musiques, d’inventer une typologie pour justement mettre en jeu tout ce que leur mise en ordre peut poser en questions diverses et lever comme problèmes. Avant d’entrer dans ces différentes typologies, voici une allemande Claude Gervaise par l’ensemble tourangeaux Doulce Mémoire.
Une émission imaginée et rangée par David Christoffel avec Franck Faugerolles, Antoine De Rose Taupin, Laureen Floch, Lisa Hubert, Cyril Thevot, Amos Turner, Coline Dijoux, Thomas Sialejaamoa, Elile Jegou, Mélanie Achard, Noam Rauzduel, Mélanie Raduget, Théo Charpentier, Sofie Polman et Liliana Piñol Consuegra.
#jeuxWed, 27 May 2026 - 1h 00min - 398 - Metaclassique #381 – Fusionner
Quand ils se sont mariés en 1840, Clara et Robert Schumann ont scellé le vœu de faire un, de composer une oeuvre commune en faisant se correspondre des partitions qui pourraient porter une seule et même signature. Mais les choses ne se sont pas exactement passées comme Clara et Robert avaient pu en convenir. D’ailleurs, il n’est pas si sûr que les deux musiciens attendaient tout à fait la même chose de leur couple et de la musique. Et alors que Robert est atteint d’une paralysie générale quatre ans plus tard, la vie du couple est bouleversée et leurs idéaux s’en trouvent durcis. Pour évoquer la fusion de ces deux âmes et la disjonction de leurs carrières, nous avons interrogé la musicologue Brigitte François-Sappeyqui a signé Clara Schumann une icône romantique aux éditions Le Passeur et le psychiatre et musicien Philippe André qui est l’auteur de l’essai Robert Schumann, folies et musique également aux éditions Le Passeur.
Une émission construite et par David Christoffel.
Wed, 20 May 2026 - 1h 00min - 397 - Metaclassique #380 – Briller
Qu’on se la représente comme le canon d’une musique exigeante dont la confection repose sur des bases solides ou comme une pensée de la musique adossée à un savoir académique, ce qu’on appelle la « musique classique » se perçoit volontiers comme le contraire de la musique commerciale. Alors qu’en monnayant leurs prestations à des prix faramineux, en adaptant leurs prestations aux circonstances les plus payantes, certaines stars romantiques devenues grands noms de la « musique classique » ont bel et bien joué le jeu d’un vedettariat dont le rappelle vient effriter la frontière bien artificielle qui voudrait distinguer la musique classique d’une part et la musique commerciale d’autre part.
Pour ce numéro « Briller » de Metaclassique, nous sommes installés à la Bibliothèque La Grange-Fleuret pour échanger avec deux musicologues venus évoquer des figures oubliées qui étaient pourtant des vedettes du XIXè siècle : Charles-Valentin Alkan et Sigismund Thalberg. Alkan sera évoqué par Thomas Vernet qui, avec Cécile Reynaud, a réuni une quinzaine d’études pour un ouvrage collectif publié par la Société Française de Musicologie et Thalberg sera évoqué par Rosalba Agresta qui publie aux éditions Hermann, le livre Sigismund Thalberg. Une « star » à l’âge romantique.
Une émission animée et réalisée par David Christoffel.
Wed, 13 May 2026 - 1h 00min - 396 - Metaclassique #379 – Refroidir
Les Inuits chantent et dansent dans le cadre de rituels, pour invoquer les esprits pour que la chasse soit fructueuse, mais leurs chants et danses peuvent aussi intervenir dans des contextes festifs, pour le divertissement. Des explorateurs ont fait des transcriptions de leurs chants dès le 18è siècle, mais la description musicale d’un chant inuit ne peut être précise que si elle arrive à quelque précision sur son contexte. Une pratique peut renvoyer à une manière de chanter qui peut elle-même recouvrir des pratiques différentes : à moins que le chant ne vienne pour les Inuits eux-mêmes faire une liaison entre des temps pourtant distincts, entre rituels et jeux, entre incantations et occupations. Bref, on ne peut pas faire de l’ethnomusicologie sans faire de l’ethnologie tout court, quand bien même ce n’est rien que pour continuer à faire de la musicologie que certains viennent à s’intéresser aux musiques de tradition orale. Tel est le cas de Jean-Jacques Nattiez. Auteur de la somme La musique qui vient du froid aux Presses de l’Université de Montréal, c’est bien en spécialiste de Wagner autant que de Boulez et pour avoir appliqué les méthodes de la sémiologie à la musique qu’il en est arrivé, il y a une cinquantaine d’années, à s’intéresser à la musique des Inuits du point de vue de ses formes et de ses structures, en passant par ses contextes de production et, pour ce faire, de l’histoire des enquêtes dont ces chants ont été l’objet.
Une émission conçue et présentée par David Christoffel.
Consulter les enregistrements associés au livre évoqué dans l’émission.
Wed, 06 May 2026 - 1h 00min - 395 - Metaclassique #313 – Pulper
En 1896, la pianiste, compositrice et pédagogue Marie Jaëll publie La musique et la psychophysiologie. L’année suivante, elle approfondit ses recherches avec Le mécanisme du toucher, ouvrage dans lequel Jaëll étudie le piano « par l’analyse expérimentale de la sensibilité tactile. » Et alors qu’elle réfléchit sont enseignement du piano à partir d’observations physiologiques, en prise avec la passion de l’expérimentation si développée dans les premières années du XXè siècle, elle écrit parallèlement des pièces pour le piano qui s’entendent ça et là comme charmantes et doucereuses, mais qui sont aussi les émanations d’une pensée de la fluidité poussée à aussi loin que lui donne à entendre une approche très holistique du corps face au clavier. Entre 1904 et 1912, elle publie quatre autres essais dont les titres ressemblent à des poèmes, alors même qu’ils sentent bon le laboratoire : L’intelligence et le rythme dans les mouvements artistiques, Le rythme du regard et la dissociation des doigts, ou encore Un nouvel état de conscience : la coloration des sensations tactiles jusqu’à La résonance du toucher et la topographie des pulpes. Pour ce numéro « Pulper » de Metaclassique, nous avons rencontré Noémie Ochoa qui a signé Marie Jaëll. Le toucher pianistique aux Editions Gabriel Foucou et la pianiste Célia Oneto Bensaid qui a enregistré certains cycles de Marie Jaëll pour le premier disque du label Présence Compositrices, dont nous entendrons des extraits, après quelques valses sous les pulpes d’une autre pianiste jaëllienne, Axia Marinescu.
Une émission produite et réalisée par David Christoffel.
#matrimoine
Wed, 29 Jan 2025 - 1h 00min - 394 - Metaclassique #378 – Affecter
Dans un traité de 1713, le compositeur Johann Mattheson donnait à chaque tonalité un caractère : le Do Majeur « a un caractère plutôt grossier et effronté, mais propre aux réjouissances », alors que le Do mineur « est une tonalité très charmante, mais aussi très triste ». Le Ré Majeur est par nature un peu vif et obstiné (…), adapté pour les choses drôles, belligérantes et encourageantes », le ré mineur « quelque chose d’humble et de calme ».
Haendel a bien connu Mattheson et semble s’être largement inspiré de cette théorie des affects associés aux couleurs tonales et donne aux airs de ses opéras des teintes affectives spécifiques C’est en prenant le filtre des héroïnes qui prennent le devant de la scène de ses 42 opéras que nous allons frayer un chemin au cours de ces affetti avec Yseult Martinezqui singe aux éditions Classiques Garnier, le livre Haendel et ses héroïnes.
Une émission animée et réalisée par David Christoffel.
#18ème siècle
Wed, 29 Apr 2026 - 1h 00min - 393 - Metaclassique #377 – Déphaser
Dans le livre Penser comme un champion, Donald Trump – ou l’un de ses ghost writers – écrit : « Je me suis intéressé à Steve Reich, le compositeur a l’origine de la technique musicale appelée déphasage (phasing), comparable au mouvement des essuie-glaces – synchronisé un moment, et plus ensuite. Apparemment, il était coincé dans un embouteillage un jour de pluie lorsque son attention se fixa sur le rythme des essuie-glaces de sa voiture. I] appliqua ensuite ce qu’il avait observé à ses compositions musicales. Steve Reich a eu une influence significative sur la musique contemporaine, et je pense qu’il est un formidable exemple de ce qu’est un inventeur. Parfois, regarder quelque chose d’aussi banal et fonctionnel que des essuie-glaces peut faire jaillir des idées nouvelles. Le secret est de rester attentif et de laisser votre esprit et vos sens réceptifs a de nouveaux stimuli. »
Dit comme ça, le déphasage est une de ces inventions musicales dont le chemin de la découverte est appelé à donner l’exemple aux winners qui ne savent pas encore tirer profit de leurs temps mort dans les embouteillages.
Dans ce numéro « Déphaser » de Métaclassique, nous allons instruire plus en détail et plus musicologiquement l’histoire du déphasage et de sa découverte qui n’est le seul fait de Steve Reich, qui est peut-être même surtout le fait de Terry Riley. Pour ce faire, c’est installé à la Médiathèque Musicale de Paris Christian Eda-Pierre que nous accueillons l’écrivain Jean-Louis Tallon qui a consacré aux éditions Le mot et le reste une monographie à Terry Riley et le chef d’orchestre et compositeur Jean-Paul Dessy qui a eu l’occasion de travailler avec Terry Riley.
Une émission dédédéphasée par David Christoffel.
Wed, 22 Apr 2026 - 1h 00min - 392 - Metaclassique #359 – Supputer
#potentiel musicologique de la littérature
En lisant Ma vie, l’autobiographiede Wagner, le musicologue John Deathridge se demandait s’il ne faudrait pas faire un livre qui mettrait en parallèle le récit affabulé que le compositeur a fait de sa vie et un récit plus factuel et historiquement exact de ce qui est vraiment arrivé. Avec Carl Dahlhaus, John Deathridge pense que Wagner a volontairement romantisé son œuvre dans l’espoir de romantiser sa vie et que son autobiographie aide même à établir des parallélismes entre Wagner et les épreuves traversées par les personnages de Tristan et Isolde. S’il paraît comme une évidence que les autobiographies ont toujours eu une part d’autofictions, il reste à voir jusqu’où la littérature peut venir compléter l’histoire de la musique.
Pour ce numéro « Supputer » de Metaclassique, nous recevons Leonor de Recondo qui a signé K. 626 aux éditions Malo Quirvane et Jean-Maurice de Montrémy qui a publié le roman Tchaïkovski et le mannequin d’or chez Le Condottière, deux ouvrages qui installent la création littéraire dans certains angles morts laissés par l’histoire de la musique et qui tendent à montrer qu’au lieu ou en plus d’une diversion à la réalité des faits, la fiction pourrait offrir quelques compléments d’information sensibles sur la vie de grands compositeurs.
Une émission supposée et explicitée par David Christoffel.
#18ème siècle
Wed, 17 Dec 2025 - 1h 00min - 391 - Metaclassique #341 – Dorer
Dans son Traité de la peinture, Léonard de Vinci disait que « la beauté découle […] de l’absence de toute disproportion ». Et l’historienne de l’art Marguerite Neveux qui cherche à démystifier le Nombre d’or, en profite alors pour souligner que : « Les termes employés, divine harmonie, divine beauté, divine proportion ou, ailleurs, divine peinture, divine nature, ne recouvrent donc rien de mathématique et ne se réfèrent en aucune manière à une quelconque proportion géométrique. »
Qu’est-ce que ladite proportion a de si divine ? Est-ce que le temps de faire tous ces calculs se décompte du temps qu’il faudrait pour savoir si Bach attendait des retours symboliques à ces jeux à tendance kabbalistique ? Pour ce Metaclassique « Dorer », nous recevons Rémi Schulz. Lecteur avisé des écrits du poète Georges Perec, il s’intéresse depuis plus de vingt ans à ce qu’on appelle la « numérologie bachienne », jusqu’à refaire les calculs, prendre le temps d’en jauger la pertinence et faire à son tour de nouvelles découvertes.
Une émission calculée et arrondie par David Christoffel.
#18ème siècle
Pour aller plus loin : le blog Quaternite et le billet écrit par Rémi Schulz à la suite de l’enregistrement de l’émission : « du poisson au choeur«
Wed, 13 Aug 2025 - 1h 00min - 390 - Metaclassique #325 – Alterner
#techniques compositionnelles
Dans les années 1980, le mathématicien roumain Dan Tudor Vuza s’est consacré à l’étude des canons rythmiques jusqu’à donner son nom aux canons de Vuza, des canons dans lesquels les voix s’alternent sans jamais se superposer, tout en apparaissantde manière parfaitement égalitaire en durée. Le principe est plutôt intuitif. Sa réalisation mathématique est bien plus délicate. Et comme le procédé est séduisant pour l’esprit, cela peut donner envie à des compositeurs aux esthétiques très différentes de produire des Canons de Vuza ou d’en utiliser pour réaliser d’autres formes musicales. Pour ce numéro « Alterner » de Metaclassique, nous recevons trois d’entre eux. Leurs résultats musicaux sont très différents et le fait est qu’on y reconnaît leur pate, quand bien même le procédé de composition rythmique répond très rigoureusement à la contrainte mathématique des canons rythmiques modélisés selon les principes de Dan Tudor Vuza. Dans l’heure qui vient, vous allez pouvoir entendre la compositrice Violeta Dinescu, le compositeur Yan Maresz et, pour commencer, Sébastien Roux dont les canons de Vuza ont été réalisés avec des sons de synthèse.
Une émission préparée et agencée par David Christoffel.
#algorithmes #écritureWed, 23 Apr 2025 - 1h 00min - 389 - Metaclassique #282 – Relâcher
Dans les années 1980, avec le synthétiseur DX 7 de Yamaha, a été développé le protocole MIDI. (M.I.D.I comme Musical Interface Digital Instrument), un protocole de communication et de commande permettant l’échange de données entre instruments électronique, claviers, séquenceurs ou logiciels de musique et le format des fichiers midi pour noter, écouter ou enregistrer la musique.
C’est dans l’espace musique de la Bibliothèque publique d’information au Centre Pompidou à Paris que Metaclassique est installé pour accueillir un pianiste devenu chercheur : Jean Haury vient nous faire la préhistoire du MIDI, des automates musicaux du xviiiè siècle jusqu’aux pianos à rouleaux du début du xxè siècle pour mieux saisir les ressorts de sa propre invention : le Metapiano qui permet d’interpréter humainement des partitions numériques, sous forme de fichiers midi, sans les raideurs expressives des exécutions que les ordinateurs peuvent en faire.
Une émission produite et réalisée par David Christoffel.
Accéder au Midifile Performer :: scrime (u-bordeaux.fr)
#lutherie #Beethoven
Wed, 26 Jun 2024 - 1h 00min - 388 - Metaclassique #263 – Soulager
Aux musiciens qui improvisent ensemble, se posent des questions plus ou moins lourdes : sont-ce toujours les mêmes qui préfèrent commencer ? y a-t-il certains désaccords sur le fait d’aller d’un point A à un point B ? des signaux d’alerte peuvent-ils se confondre avec des marques de réconfort ? peut-on seulement être sûr de ce que l’on va provoquer ? Et : est-ce que ça soulage ?
À l’occasion des festivités organisées au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris pour célébrer le trentième anniversaire de la classe d’Improvisation Générative une vingtaine d’élèves de la classe ont bien voulu répondre à ces questions à partir d’un pacte Metaclassique : se donner dans les réponses à l’entretien radiophonique toutes les libertés que l’on prend quand on improvise, superposer les voix, varier les registres, mettre en boucle certaines idées, veiller à ce que la cohérence collective l’emporte sur le sérieux de ce qui est en train d’arriver.
À l’heure des carnavals, Metaclassique vous propose donc une sorte récréation radiophonique où l’improvisation musicale se trouve incarnée, interrogée jusqu’à ce que, mieux que des réponses claires et distinctes, adviennent quelques formes de soulagement des questions.
Une émission produite et réalisée par David Christoffel.
#jeuxWed, 14 Feb 2024 - 1h 00min - 387 - Metaclassique #254 – Accorder
Tentative de synonymie sans succès
Si la tonalité du téléphone est de 440 Hz, c’est qu’il y a forcément un rapport avec le diapason des musiciens et les délibérations qui ont animé la communauté musicale au beau milieu du xixè siècle sur l’exacte hauteur qu’il s’agit de donner au diapason de référence. En France, c’est le 16 février 1859 que la hauteur musicale s’est trouvé fixée par décret. La nécessité de légiférer venait répondre à des plaintes d’entendre les orchestres jouer de plus en plus aigu pour briller, pendant que les chanteurs devaient s’égosiller pour arriver à s’accorder avec eux. Mais au-delà d’un confort de la voix ou de questions pragmatiques dans la pratique de la musique, la volonté de standardiser une hauteur de référence est petit à petit devenue une sorte de nécessité industrielle, pour ne pas dire un enjeu à savoir quelle serait la première puissance mondiale à imposer son diapason. Dans le livre Tuning the World publié par les presses universitaires de Chicago, la chercheuse Fanny Gribenski a fait l’histoire de l’étalon 440 Hz et pu observer les différentes négociations entre France, Allemagne et Etats-Unis, mais aussi Angleterre à partir du moment où la BBC a imposé les Greenwich pips pour donner une sorte de la entre toutes les horloges du monde.
Pour Metaclassique, nous parcourons avec Fanny Gribenski les différents jalons de l’histoire de cette norme, des effets de standardisation qu’elle a occasionné et de quelques événements sonores dont elle peut être l’origine.
Une émission produite par David Christoffel et co-réalisée par Swann Bonnet.
#lutherie
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Wed, 13 Dec 2023 - 1h 00min - 386 - Metaclassique #223 – Surveiller
Quand on fait l’histoire rétrospective de l’audio-naturalisme, on peut prendre pour point de départ Ludwig Koch qui, dès 1889, semble le premier à avoir approché un phonographe assez près d’un oiseau pour l’enregistrer. Dans l’idée de Ludwig Koch, le bon enregistrement du monde animal consiste donc à faire comme si on n’était pas là, comme si l’humain pouvait s’infiltrer dans la nature sans l’ombre d’une perturbation. C’est pourquoi les bruits de aéroplanes lui semblent parasitaires, même si l’oiseau ne fait peut être jamais aussi bien le bruit qu’il veut capter qu’au moment où passe l’aéroplane. Puisque l’aéroplane, dès lors, participait de l’excitation de l’oiseau. Dans le même esprit, tenu comme une figure tutélaire dans le domaine du field-recording, Bernie Krause va capter des sons de la forêt en faisant le moins de bruit possible et en s’éloignant au maximum de toute source de sons d’origine humaine. Et pour cause, il cherche depuis de longues années à s’échapper de ce qu’il appelle la cacophonie humaine pour mieux capter ce qu’il veut entendre comme le grand orchestre des animaux. Mais cette séparation entre nature et culture n’est décidément pas si intuitive, puisque en faisant entendre les field-recordings de Bernie Krause à des enfants, ceux-là reconstituent un imaginaire de la forêt, c’est-à-dire de conte, avec une maison et des humains jamais très loin et même pas toujours très menaçants.
Mais peut-être que dans cette histoire de l’audio-naturalisme, une fracture a discrètement commencé en 2017 quand, à la suite de l’élection de Donald Trump et de l’explosion des fake news, un étudiant américain, Peter McIndoe a lancé une théorie du complot ouvertement parodique intitulée Birds aren’t real, qui annonce à coup de pancartes, propagandes au mégaphone et autres conférences TED que les oiseaux ont tous été tués dans les années 1970 pour être remplacés par des drones qui ont pour mission d’espionner les citoyens pour le compte de la Maison-Blanche. Pour explorer les conséquences musicologiques de ce qui pourrait donc être un bouleversement dans l’histoire de l’écologie sonore, nous avons proposé aux étudiants de licence du département de musicologie de l’Université d’Évry de prolonger par la fiction radiophonique et pour Metaclassique, un partiel au cours duquel ils avaient commencé à imaginer ce qui pourrait arriver dans un scénario qui mettrait en scène dans une forêt un chasseur, un field recorder, un militant Bird aren’t real et un tape musicien.
Une émission produite et réalisée par David Christoffel.
#uchronies #jeuxWed, 10 May 2023 - 1h 00min - 385 - Métaclassique #67 – Comparer
La dernière fois qu’on vous a dit qu’il ne fallait pas comparer l’incomparable, à la décharge de votre inquisiteur : vous aviez peut-être poussé le comparatif jusqu’à la provocation en rapprochant la vitalité de la musique d’Offenbach avec le coup de fouet que peut donner telle ou telle boisson énergisante. La comparaison était ô combien sacrilège vis-à-vis de la référence la plus patrimoniale, mais elle avait quand même le mérite étonnant de forcer les amateurs de l’un à préciser ce qu’ils appréciaient tellement chez lui : ou à reconnaître que les vertus de l’autre peuvent bien paraître quelquefois un peu détonantes… Mais, de toute façon, il n’est que trop rébarbatif de comparer ce qui est comparable. Cela peut virer à l’endogamie et pourrait même aller jusqu’à comparer ce qui est carrément la même chose et aboutir à des impossibilités logiques. Tout ça pour dire que ce numéro de Métaclassique va consister à comparer l’à-peine comparable : deux compositeurs qui ont rencontré le succès à la même époque, en œuvrant dans des genres voisins et dans des styles plus ou moins opposés : Rossini d’une part, défendu par Tom Mébarki et Beethoven d’autre part, défendu par Elisabeth Brisson.
Une émission produite et réalisée par David Christoffel.
#BeethovenWed, 13 May 2020 - 1h 00min - 384 - Metaclassique #376 – Solsifier
«Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do» tient lieu de B.A.BA de la musique. Comme on apprend les 26 lettres de l’alphabet pour apprendre à lire, on parcourt les sept notes de la gamme «Do, ré, mi, fa, sol, la, si» comme la base du langage musical, au risque de croire que cette série de sept syllabes serait la base de toute musique. La gamme à sept tons pourrait d’ailleurs passer pour un marqueur de la musique occidentale. Et même si, en Occident, la gamme n’a pas toujours eu sept hauteurs de référence, il y a eu toute une période où on n’avait que Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La.
Ce numéro « Solsifier » de Metaclassique, se propose de retracer l’histoire de l’apparition de la septième note qui, avant d’être réellement une note, a d’abord été une septième syllabe dont on a longtemps dit qu’elle avait été inventée en 1666, justement l’année du millénaire qui avait le plus de fois le son Si pour comprendre pourquoi et comment la transition a opéré, nous allons passer une heure avec le musicologue Grégory Rauber, qui est l’auteur aux éditions Brepols du livre Chanté par le Si en France au XVIIe siècle.
Une émission construite et animée par David Christoffel.
Wed, 15 Apr 2026 - 1h 00min - 383 - Metaclassique #375 – Réhabiliter
Il y a quatre-vingt dix ans, en 1936, Marius Casadesus enregistrait Les Caquets, un rondo du Chevalier de Saint-George. ll y a soixante dix ans, en 1957, l’ensemble instrumental Jean-Marie Leclair enregistrait une Symphonie concertante du Chevalier qui avait compté parmi les élèves de Jean-Marie Leclair. Il y a cinquante ans, en 1976, Jean-Jacques Kantorow enregistrait les Concertos pour violon de Saint-George. Il y a trente ans, en 1996, Emil Smidak faisait paraître un livre intitulé Joseph Bologne, appelé Chevalier de Saint-George qui inaugurait un travail de réhabilitation dans lequel il a été suivi au cours des 30 dernières années : avec les livres d’Alain Guesdé, Claude Ribbe, Michelle Garnier-Panafieu, Gabriel Banat ou encore Pierre Bardin. Depuis, le Chevalier a aussi fait l’objet d’un documentaire de Martin Mirabel, d’un biopic produit par Disney… Au cours de ces nombreux travaux de réhabilitation, la question des origines du compositeur est discutée, nuancée, mise en perspective, jusqu’à se demander si elle ne devient parfois sur-déterminante de l’intérêt porté à un musicien dont le génie devrait suffire à susciter la curiosité.
Pour ce numéro « Réhabiliter » de Metaclassique, nous avons surtout interrogé les interprètes qui abordent l’oeuvre de Saint-George aujourd’hui et la manière dont ils peuvent négocier avec les questions de l’héritage guadeloupéen du compositeur. Au cours de cette émission, vous allez pouvoir entendre la pianiste Mylène Alexis-Garel qui participe à la redécouverte musicale de Saint-George, l’historien Luc Nemeth qui s’est intéressé à l’état civil du compositeur, le chanteur Fabrice di Falco qui répond aux de la chercheuse Christy Pichichero, le musicien Issa Drumy qui se demande si, au lieu de faire du reggae, il n’aurait pas fait de la musique s’il n’avait connu le Chevalier de Saint-George plus tôt. Et pour commencer, nous allons à la rencontre du pianiste Jens Barnieck et Elianne Schiedmayer qui a accueilli l’enregistrement d’un disque des pièces pour piano et violon de celui qui, au départ, s’appelait Joseph Bologne.
Une émission voulue et réalisée par David Christoffel.
#18ème siècle
Wed, 08 Apr 2026 - 1h 00min - 382 - Metaclassique #374 – Indexer
En remettant les noms, les mots clés, les notions, les idées dans l’ordre alphabétique, l’index donne l’impression de réinitialiser la lecture, en même temps qu’il brasse tout ça dans un sens aléatoire. C’est-à-dire que la remise en ordre alphabétique est aussi une mise en désordre qui peut s’entendre d’autant plus jubilatoire qu’elle est soigneuse. Et si, pour de vrai, on remettait en ordre alphabétique l’Avare de Molière, la Bible, La Recherche de Proust ou le Voyage d’hiver de Schubert. Tel est le programme de ce numéro « Indexer » de Metaclassique au cours duquel vous pourrez même entendre, en fin d’émission, une création mondiale de La Marseillaise alphabétique intégrale. D’ici là, vous allez pouvoir entendre six artistes, que je vais donc nommer dans l’ordre alphabétique : Orlando Bass qui a composé la Marseillaise remise en ordre alphabétique et la joue au piano avec Coline Infante. Nicolas Lelièvre qui a mis dans l’ordre alphabétique chez côté de Du Swann, le premier livre d’À du la perdu recherche temps de Marcel Proust, Franck Mas qui a eu l’idée de mettre en ordre alphabétique L’Avare de Molière, puis la Bible et enfin La Marseillaise, la poéticienne tendance critique créative Sophie Rabau qui a soumis l’idée de pratiquer l’index des noms de La Recherche de Proust comme une partition à Marianne Seleskovitch.
Une émission désassemblée et réassemblée par David Christoffel.
#jeuxWed, 01 Apr 2026 - 1h 00min - 381 - Metaclassique #373 – Couper
Dans le volume collectif The Arab Avant-Garde, Michaël Khoury consacre un article à Halim El-Dabh un musicien et créateur né au Caire en 1921 qu’il présente comme le créateur de « la première pièce dans le style de la musique concrète » – une pièce composée en 1944, soit quatre ans avant les Cinq études de bruits de Pierre Schaeffer. En utilisant des techniques radiophoniques pour produire des objets musicaux dès 1944, l’œuvre d’Halim El-Dabh vient donc troubler la généalogie de la musique concrète. Ce correctif porte à préciser les contours de ce qu’on appelle la musique concrète pour chercher de quel côté de ces contours les œuvres d’Halim El-Dabh peuvent se situer et peut-être plus urgemment encore à documenter plus à fond la démarche musicale d’Halim El-Dabh pour voir qu’elle se situe dans une autre histoire, entre le Caire et New York. En tous les cas, cela donne envie de faire plus ample connaissance avec l’œuvre d’Halim El-Dabh qui est mort aux Etats-Unis en 2017.
Installés à la Bibliothèque publique d’information, nous recevons l’ethnomusicologue spécialiste des musiques qui se pratiquent aujourd’hui en Egypte Séverine Gabry-Thienpont et l’anthropologue de la musique Nicolas Puig qui s’est entretenu avec Halim El-Dabh. Et puis nous établirons la liaison avec Jonathan Goldman, professeur-titulaire en musicologie à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.
Une émission préparée et menée par David Christoffel.
#radiophonie
Wed, 25 Mar 2026 - 1h 00min - 380 - Metaclassique #372b – Reprendre
« J’espère, que dis-je, je souhaite, non je suis sûr qu’on vous rendra hommage, en qu’ « hommage » ne soit sans pas le terme suffisant » – voilà une phrase qui a l’air de détricoter ce qu’elle a à peine avancer pour le reprendre en mieux, quitte à ne pas vraiment arriver à le dire. Qu’il aboutisse ou ne réussisse que plus ou moins, cette manière de reprendre en mieux, en tant que figure de style, porte le doux nom d’épanorthose. C’est une des choses que nous apprend Marianne Massin dans l’ouvrage collectif qu’elle co-dirige avec Gaëlle Périot-Bled intitulé Répéter, refaire, reprendre publié par les Presses Universitaires de Rennes.
Pour ce numéro « Reprendre » de Métaclassique, nous accueillons Marianne Massin, mais aussi Alban Framboisier qui a enquêté sur un facteur d’instrument, Auguste Tolbecque, qui cherchait à faire des instruments en mesure de jouer, à la fin du 19è siècle, de la musique du 18è siècle. Alban Framboisier qui a lui-même co-dirigé avec Florence Gétreau et Isabelle His le livre Le son des musiques anciennes (1880-1980) également publié par les Prennes Universitaires de Rennes.
Une émission montée et reprise par David Christoffel.
#18ème siècle
Wed, 18 Mar 2026 - 1h 00min - 379 - Metaclassique #372a – Vernir
The Pastness of the Present and the Presence of the Past, que l’on peut traduire par Le caractère passé du présent et la présence du passé est un texte écrit en 1988 par le musicologue américain Richard Taruskin qui jette un soupçon sur la musique dite « historiquement informé » : au lieu de restituer la musique du 18ème ou du 19ème siècle, les musiciens qui pratiquent sur instrument d’époque, mobilisent des traités anciens et des effectifs historiques, expriment plus encore le goût de leur modernité pour la clarté et une certaine objectivité sonore. Peut-être même que la musique dite « historiquement informé » est alors moins un projet scientifique et historique qu’un phénomène culturel tout ce qu’il y a de plus contemporain. Une quarantaine d’années après Taruskin, la question de l’authenticité pourrait être naturellement remplacée par celle de la sincérité, mais il reste que celles et ceux qui manipulent des enregistrements d’interprètes emblématiques du début du 20ème siècle ou des instruments d’il y a deux cents ans, l’espoir d’en tirer quelques informations sur le goût des anciens continue de planer et de déstabiliser le goût contemporain. Pour ce numéro « Vernir », Metaclassique va donc à la rencontre de deux personnalités qui grattent les certitudes associées auxdits vernis de l’historiquement informé : Antonio Somma qui a soutenu une thèse dans le cadre du Collegium Musicae sur la pratique musicale sur pianos historiques et pour commencer, la pianiste Laura Granero qui s’intéresse aux rouleaux des interprétations de Carl Reinecke et que nous avons interrogée dans le cadre des activités de l’association La Nouvelle Athènes.
Une émission poncée et lissée par David Christoffel.Wed, 18 Mar 2026 - 1h 00min - 378 - Metaclassique #371 – Parlonner
Les philosophes qui s’intéressent à la voix doivent questionner le continuum mythique entre la voix parlée et la voix chantée, tout en se rendant à l’évidence qu’une parole n’est pas un chant, quand bien même elle ne va pas sans quelques inflexions dans l’intonation qui, chez certains locuteurs, peuvent aller jusqu’à donner à certains discours des accents chantants. Et alors que certaines paroles se feraient volontiers passer pour des mélodies, une pratique s’est développée dans la seconde moitié du 20ème siècle sous le nom de speechmelody qui renvoie à une technique de composition qui prend la parole comme modèle de la partition musicale.
Ce numéro « Parlonner » de Metaclassique propose de faire l’histoire de ces musiques qui semblent vouloir parler, en procédant à reculons. Nous allons d’abord à la rencontre de la compositrice Felicity Wilcox qui a refait la bande son d’un film de Jean-Luc Godard en imitant les répliques des acteurs par des instruments de musique. Nous nous entretiendrons ensuite avec le trompettiste Jérémy Lecomte qui a signé plusieurs dizaines de vidéos virales où il reprend des paroles de personnalités dont il fait la double prosodique à la trompette, puis avec le guitariste René Lussier qui sortait l’album Le trésor de la langue incontournable dans cette histoire, pour terminer par nous demander avec le musicologue Nicolas Boiffin si le compositeur Hugo Wolf n’est pas une sorte de précurseur de la speechmelody en tant que ses lieder sont justement réputés et ont même pu être critiqués pour avoir des parties piano volontairement très ressemblante aux inflexions déclamatoires des poèmes qu’elles accompagnent.
Une émission animée et cousue par David Christoffel.
#écritureWed, 11 Mar 2026 - 1h 00min - 377 - Metaclassique #370 – Backlasher
En 1991, le Prix Pulitzert distinguait le livre Backlash. La guerre froide contre les femmes de Susan Faludi qui fait une histoire du féminisme américain du point de vue du « retour de bâton », du « backlash » qui a fait suite aux revendications d’autonomie portées par les féministes des années 1960 et 1970. Si Susan Faludi s’est concentrée sur les discours qui ont voulu dévaloriser les revendications d’émancipation, il y a un backlash musical qui consiste à ridiculiser et caricaturer les féministes en chansons.
Dans ce numéro « Backlasher » de Metaclassique, nous allons tenter de faire un backlash au backlash en procédant à une écoute critique de ces chansons misogynes, ouvertement anti-féministes, avec deux musicologues qui ont bien voulu tirer de leurs thèses respectives les quelques chansons misogynes qui partagent le point commun de vouloir recadrer des revendications féministes dans deux contextes distincts : Catherine Harrison-Boisvert a travaillé sur la façon dont la rhétorique politique des suffragettes a évolué en chanson et Maria Teresa Betancor Abbud qui s’est engagée dans une histoire sonore du mouvement féministe autonome italien (1968-1978) qui a dû faire face à quelques retours de bâton.
Une émission animée et envoyée par David Christoffel.Wed, 04 Mar 2026 - 1h 00min - 376 - Metaclassique #369 – Stéréotyper
Comme s’il voulait protéger son opéra Porgy and Bess de quelque sorte de blanchiment, George Gershwin a tenu à ce que son opéra soit toujours joué par des interprètes afro-descendants. Mais dans la mesure où le livret écrit par Ira Gershwin et DuBose Heyward, laisse passer quelques préjugés raciaux dans la construction de ses personnages, il pourrait être tentant et sûrement très légitime de vouloir de déraciser les personnages. C’est notamment ce qu’a proposé Solène Laurent dans un travail mené au CNSMD de Paris qui lui a valu de remporter en 2023 le Prix de la recherche artistique, un prix initié par Anne de Fornel, directrice de la recherche du CNSMD de Lyon, en partenariat avec le CNSMD de Paris, la HEM de Genève, l’HEMU de Lausanne et Metaclassique.
Pour ce numéro « Stéréotyper », nous recevons donc Solène Laurent avec qui nous convenu de co-inviter la chanteuse Marie-Claude Bottius qui a bien voulu se prêter au jeu de lire le mémoire de Solène Laurent et qui est elle-même engagée dans un projet à la découverte des personnages féminins noirs du répertoire lyrique.
Une émission échafaudée et orchestrée par David Christoffel.
Avec la participation du méthodologologue Aurélien Poidevin.Wed, 25 Feb 2026 - 1h 00min - 375 - Metaclassique #368 – Doucir
« L’image et celui dont elle est l’image son un, en tant que tels. » écrit Maître Eckhart, pour qui : « La raison de l’image est qu’elle soit expressive de tout son être pleinement, dont elle est l’image, non pas expressive de quelque chose détermine en son modèle ».
Quand il chante Guillaume de Machaut, le chanteur Michael-le Grebil Liberg se projette dans sa voix avec assez douceur pour pouvoir s’y contempler et faire un avec l’image qu’il est en train de produire de la ligne vocale qui est donc en train de l’acter en modèle.
Avant d’avancer plus loin, on peut d’ores et déjà comprendre que, pour rencontrer une justesse d’être en chantant Guillaume de Machaut, la lecture de Maître Eckhart peut donner des éléments de description de l’Ymage. L’Ymage est le titre du coffret que Michael-le Grebil Liberg a publié où l’enregistrement de son interprétation de Guillaume de Machaut s’articule avec un livret qui raconte le cheminement, les lectures, les émotions esthétiques qui se sont assemblées au fil de sa performance de l’œuvre de Machaut.
Au cours de cette émission, nous allons entendre Michael-le Grebil Liberg chanter Machaut, mais aussi revenir sur les références dont il a mûri son approche de l’œuvre de Machaut, dont la douceur manifeste pourrait devenir programmatique. C’est pourquoi, nous avons intitulé cet épisode de Metaclassique « doucir », pour sentir comme cette douceur de l’approche de Machaut par Michael-le Grebil Liberg est à son tour adoucie par les lumières qui surgissent de ses affinités avec la pensée de Georges Didi-Hubermann, Édouard Glissant, Georges Steiner ou encore de cinéastes comme Jean Epstein et Jean-Luc Godard.
Une émission assouplie et dépliée par David Christoffel.
Wed, 18 Feb 2026 - 1h 00min - 374 - Metaclassique #367 – Visibiliser
Depuis une quinzaine d’années, les publications se multiplient pour faire connaître le matrimoine musical. C’est comme ça que des noms tels que Elisabeth Jacquet de la Guerre, Armande de Polignac, Emilie Mayer, Lise Christiani ont fait l’objet d’enregistrements, de livres : autant de manières de faire circuler leur travail et de faire connaître leur nom. Mais au moment de chercher de l’iconographie pour ces publications, les éditeurs et éditrices ont souvent un peu de mal à en trouver et, quand ils en trouvent, les images reflètent souvent plus les stéréotypes de genre de l’époque que la personnalité des musiciennes en question. Dans Musiciennes. Enquête sur les femmes et la musique, Hyacinthe Ravet écrit qu’« une différence de valeur persiste au regard de la création artistique entre ce qui est connoté comme féminin ou masculin, voire ce qui est produit par une femme ou par un homme[1]. » C’est dire si la visibilité des compositrices ne saurait se promouvoir en quantité sans s’inquiéter de la manière dont elle est véhiculée. Et puisqu’il est bien entendu que la différence de genre entre un et une symphoniste ne s’entend pas à l’oreille, il peut être symptomatique que les enjeux propres de l’audibilisation ne peuvent venir à bout des biais de la visibilisation. Reste à préciser symptomatique de quoi. Pour ce faire, nous recevons Sarah Hassid et Amandine Lebarbier qui ont coordonné pour le 59è numéro de la revue Sociétés & représentations un dossier intitulé Figures de musiciennes. Mises en scènes, en images et en récits (xixe-xxie siècle).
Une émission voulue et cousue par David Christoffel.
#matrimoine
[1] Hyacinthe Ravet, Musiciennes. Enquête sur les femmes et la musique, Paris, Autrement, coll. « Mutations/sexe en tous genres », 2011, p. 251.Wed, 11 Feb 2026 - 1h 00min - 373 - Metaclassique #366 – Embraquer
Depuis une quinzaine d’années, des pianos sont installés dans les gares. On peut y entendre des pianistes confirmés faire des concerts impromptus en attendant leur train. On peut aussi entendre des pianistes débutants jouer en boucle la musique que Yann Tiersen a composé pour Amélie Poulain. Et puis, il y a des pianistes qui ne sont pas débutants, qui sont même très virtuoses, mais qui n’ont pas encore été dans les conservatoires. En complicité avec la Biennale du piano collectif, Metaclassique est allé à la rencontre de quatre pianistes qui ont commencé à faire de la musique en autodidacte pour ne se présenter au conservatoire qu’après avoir acquis un grand niveau technique et un intérêt prononcé pour Chopin, Liszt et Beethoven. Leurs témoignages seront commentés par le pédagogue du piano Paul Hoguet et le neuropsychologue Hervé Glasel. Un documentaire qui commence à la Gare de Marseille, avec Benoît Le Gall au piano et quelques auditeurs attroupés qui racontent leur histoire avec le piano et avec la musique.
Un documentaire conçu et manoeuvré par David Christoffel.Wed, 04 Feb 2026 - 1h 00min - 372 - Metaclassique #365 – Critiquer
En août 2025, dans The New Yorker, la journaliste Kelefa Sanneh se demandait pourquoi la critique musicale n’est plus aussi mordante. Plusieurs hypothèses sont possibles. Une hypothèse certainement pessimiste voudrait que les journalistes sont achetés ou attendent de lettres et ne soient donc plus devenus que des agents publicitaires. Une hypothèse peut-être plus optimiste voudrait que la presse musicale soit entrée dans une ère de bienveillance généralisée et a fini par s’être lassée de blesser les artistes. Alors qu’en disent les critiques, elles et eux-mêmes, celles et ceux qui prennent la plume pour parler des concerts et des disques ont-ils le sentiment de l’adoucir ? C’est à la médiathèque musicale de Paris Christiane Eda-Pierre, que nous recevons trois critiques. Membre de l’association Presse musicale internationale qui fête ses 40 ans en 2026, Gilles Charlassier, Jean-Guillaume Lebrun et Chloë Rouge pour leur soumettre quelques blind tests de critiques.
Une émission coordonnée et animée par David Christoffel.
#jeuxWed, 28 Jan 2026 - 1h 00min - 371 - Metaclassique #364 – Agrémenter
#grand siècle
Jouer les pièces de viole de gambe de Marin Marais pose aussitôt la question : faut-il y ajouter des ornements ? La violiste Florence Bolton dit que « c’est sur la musique de Marais que j’ai envie de rajouter le moins d’ornements » pour des raisons essentiellement historiques. Mathilde Vialle ne rajoute que très rarement des ornements pour des raisons plus esthétique, en disant qu’elle trouve cela « très beau comme ça ». François Joubert-Caillet fait même « une distinction entre Marais pédagogue, qui écrit des doigtés, des ornements et des doubles par pur sadisme pédagogique pour faire progresser ses élèves, et Marais “live” qui joue sa musique sur le moment. » – au point qu’il en joue même moins qu’il en est écrit.
Ces trois violistes ont été interrogé sur la question par la violiste Juliette Guichard : élève de Myriam Rignol au CNSMD de Lyon, son travail de master a été lauréat du Prix de larecherche artistique 2025 remis à l’HEMU de Lausanne, en partenariat avec Metaclassique. Et pour soupeser en grand les questions soulevées par son travail, c’est avec les violistes Vittorio Ghielmi et Jonathan Dunford que Juliette Guichard nous a rejoint au studio Alain Trutat de la SCAM pour enregistrer ce numéro « Agrémenter » de Metaclassique.
Une émission organisée et animée par David Christoffel.
#18ème siècle
Wed, 21 Jan 2026 - 1h 00min - 370 - Metaclassique #363 – Refléter
Quand la musique évoque l’eau, on y entend l’évocation de la nature et voilà qu’on en oublierait presque de répondre à l’invitation à s’y refléter. Faudrait-il être rappelé à l’ordre par les réflexions de Bachelard sur le poète qui regarde dans l’eau pour y trouver une forme littéralement fondamentale d’initiation musicale. Comme dit la musicologue Marie-Pierre Lassus : « Bachelard savait mieux que personne, qu’une musique, qu’un dessin d’enfant, ou même une démarche sentie, quand elle s’accompagne, chez certains êtres, d’un orchestre invisible, communique plus de vie que n’importe quelle analyse, impuissante à exprimer directement ces choses. » En répertoriant tous les noms de musiciens, musicologues et chanteurs cités dans ses livres, la musicologue a non seulement éclairé la sensibilité musicale de Bachelard, mais aussi montré qu’en lecteur des recherches ethnomusicologiques de ses contemporains, sa pensée tient d’une expérience de l’écoute, une manière d’apprendre à entendre. Pour faire un tour d’horizon des goûts musicaux du philosophe et envisager les endroits de sa pensée qui peuvent être travaillés par sa musique, Marie-Pierre Lassus a signé aux Presses du Septentrion, l’étude Gaston Bachelard musicien, et est l’invité de ce numéro « Refléter » de Metaclassique.
Une émission réfléchie et réfléchie par David Christoffel.
#pensées philosophiques de la musique
Wed, 14 Jan 2026 - 1h 00min - 369 - Metaclassique #362 – Interférer
#potentiel musicologique de la littérature
Il y a bien des raisons qui rendent si compliqué de parler de musique. Comme il y a des gens qui clament que la musique exprime l’inexprimable, tout ce qu’on pourrait chercher à en dire serait d’une pertinence d’avance très limitée ou d’une futilité sans nom. Mais comme il y a encore des gens qui ne s’en laissent pas compter et continuent de faire des émissions de radio bavardes sur des sujets musicaux, on pourrait avoir l’impression d’un faux problème puisqu’on a beau dire, on en parle quand même. Et parce qu’il y a bien des raisons qui rendent si compliqué de parler tout court, on va tenter une expérience : parler de musique depuis des romans où la parole sur les choses importantes n’arrête pas d’interférer avec un environnement très hostile à la parole articulée.
À l’invitation de Phonurgia Nova, Metaclassique est installé dans la librairie éphémère « Le Rayon Manquant » pour interférer avec Anne Savelli qui a publié Musée Marylin et Bruits aux éditions Inculte et tout d’abord Charles Coustille dont le premier roman Bilan de compétence est paru chez Grasset.
Une émission composée et conduite par David Christoffel.
#uchronies #jeux
Ce numéro de Metaclassique est dédié à la mémoire de Jacqueline Schaeffer qui nous a quitté dimanche 4 janvier et qui avait amicalement assisté à l’enregistrement de cette émission, le 1er décembre, à l’occasion de l’inauguration de la librairie éphémère « Le Rayon Manquant ».
Wed, 07 Jan 2026 - 1h 00min - 368 - Metaclassique #361 – Dispatcher
émission dédiée à la mémoire d’Albert Laracine
Dans le n° 4 du magazine Harmonie en février 1965, on pouvait lire un petit dialogue entre trois critiques musicaux à propos de la première production de Pelléas et Mélisande de Debussy en stéréo. Édith Walter disait que « La stéréophonie est l’un des attraits majeurs de cette nouveauté. » Gilles Cantagrel répliquait : « Et pourtant, elle n’est pas partout du meilleur effet : le côté spectaculaire de Golaud perdu dans sa forêt, cette acoustique de cathédrales des scènes intérieures… » Harry Halbreich complétait : « Alors que, malgré le son très médiocre des disques de 1942, l’orchestre était merveilleusement nimbé de mystère. » Ouvrant la conclusion à Gilles Cantagrel : « Il semble donc que la stéréophonie ne s’impose pas pour Pelléas : mais elle vient de mettre en vedette ce personnage principal : l’orchestre, dans une réalisation qui tient d’ailleurs plus du concert que de la scène. »
En changeant les rapports de plan, la stéréo pourrait donc bien changer la perception des ouvrages musicaux. Déplacer les goûts, renforcer l’attente de naturalisme qui, elle-même, ne se trouve pas toujours appropriés selon les répertoires et ne se veut même pas forcément cohérentes à toutes les oreilles. Pour faire cette histoire des débuts de la stéréophonie, titiller l’évolution des sensibilités entre les moments de l’expérimentation et le temps des standards qu’elle a finis par imposer, Metaclassique est installée à la Bibliothèque publique d’informations avec Azadeh Nilchiani qui est chercheuse affiliée à l’Institut ACTE, Luc Verrierqui est expert en numérisation et préservation numérique, en léger différé, Julien Ferrando qui est maître de conférence à Aix-Marseille Université et chercheur CNRS au laboratoire IDEAS.
Une émission pensée et menée par David Christoffel.
#radiophonieWed, 31 Dec 2025 - 1h 00min - 367 - Metaclassique #360 – Manger
Alexis Malbert aime faire la cuisine et aime produire du son par tous les moyens, sauf peut-être les moyens conventionnels que peuvent être, par exemple, le piano, la guitare, le trombone. Bref, il préfère produire des sons avec des courges, des tortillas, des emballages alimentaires ou des instruments de cuisine plutôt qu’avec des instruments de musique. Archéologue du son en acte, il organise la cantine orchestra, un jardin sonore ou encore des ateliers cacaophoniques. Pour ce numéro Manger de Metaclassique, nous invitions Alexis Malbert à replonger dans ses productions gastro-sonores et dans les trouvailles du blog Discuts dans lequel il a, pendant de longues années, tenu une veille très fouillée de tout ce qui ressemble à des gadgets sonores, dont certains peuvent justement se manger ou, du moins, se mettre dans la bouche.
Une émission cuisinée et réchauffée par David Christoffel.Wed, 24 Dec 2025 - 1h 00min - 365 - Metaclassique #358 – Fossiliser
#radiophonie
Depuis l’invention du phonographe, le disque a souvent été vanté pour ses vertus démocratisantes. L’adaptation des interprètes et des répertoires aux contraintes et opportunités apportées par l’enregistrement sonore a été amplement commenté. Mais l’effet sur l’imaginaire d’écoute des mélomanes garde encore des zones inexplorées. Dans le numéro 88 de la revue Histoires littéraires, à l’occasion d’un dossier « phonolittérature » qu’elle a elle-même coordonnée avec David Martens, Florence Huybrechts a publié une étude qui fait un « Portrait de l’écrivain en phonophile. » pour décrire comment, dans l’entre-deux guerres, une littérature s’est développée qui prenait l’expérience d’écoute spécifiquement offerte par les disques comme le stimulant d’une écriture volontiers spéciale. Pour explorer la poésie qui se dégage des voix et des musiques fossilisées par le phonographe, Florence Huybrechts est l’invitée de ce numéro « Fossiliser » de Metaclassique, enregistré dans les studios de l’ACSR – l’atelier de création sonore radiophonique – à Bruxelles.
Une émission ourdie et servie par David Christoffel.
Wed, 10 Dec 2025 - 1h 00min - 364 - Metaclassique #357 – Roumaniser
Alors qu’il s’est toujours défendu de citer la musique folklorique de son pays dans ses œuvres, alors qu’il a attendu d’avoir intégré le conservatoire de Paris pour, en 1898, assumer une œuvre symphonique comme opus 1 qu’il intitulait tout de même « Poème roumain », Georges Enescu est devenu à distance le compositeur roumain de référence pour plusieurs générations après lui. Mais alors que la génération qui l’a suivi revendiquait plus volontiers une avant-garde venue de l’Europe de l’Ouest que la roumanité, la vie musicale roumaine a autrement durci ses positionnements quand elle a dû faire face à la dictature de Nicolae Ceaușescu.
Pour enquêter sur la pensée de la roumanité en musique par Enescu et sur l’importance qu’elle a pu prendre dans sa descendance musicale en Roumanie, nous sommes allés à la rencontre d’Alina Pavalache qui organise les Rencontres musicales Georges Enesco à Paris et, dans le cadre du Festival Enesco à Bucarest, nous avons interrogés la musicologue Valentina Sandu-Dediu, le compositeur Dan Dediu et, tout d’abord, le directeur artistique du festival depuis 2021, le chef d’orchestre Cristian Măcelaru dont les propos seront traduits par son assistante Ghia Saouma Solkotovic.
Un documentaire cousue par David Christoffel.Wed, 03 Dec 2025 - 1h 00min - 363 - Metaclassique #356 – Véxer
Un soir, au conservatoire d’Amsterdam, un pianiste qui venait d’être acclamé, a répondu à l’appel au bis par les Vexations d’Erik Satie, œuvre qui consiste en la répétition 840 fois d’un même bref motif et qui, en fonction du tempo choisi, peut durer entre 14 et 35 heures. Au bout de 20 minutes, le public a commencé à quitter la salle et, peu de temps après, il ne restait plus que le pianiste et le concierge. De fait, la suite de l’histoire est revenue à l’initiative de qui a bien voulu la commenter sous la vidéo YouTube.
Alors qu’il a été sollicité par la revue Catastrophes pour intervenir dans un dossier consacré à l’avant-garde, le poète Antoine Hummel a livré « Vexations. Une expérience utilisateur. », un texte qui revient sur les souvenirs de quelques commentaires laissés sous la vidéo YouTube de l’événement qui, dans son éclat d’anecdote, donne une occasion au poète de mieux dire ce que peut être un fun fact. Si le fun fact est relativement nul du point de vue réflexif, Antoine Hummel a l’air d’en profiter pour faire une table rase et s’offrir une bonne occasion de faire de la narratologie à la main et de dévisager qui pourrait bien se vouloir narrateur d’une situation pareille. Et puisque les internautes commentateurs de vidéo YouTube finissent par se percevoir comme une communauté, il y a de quoi la redévisager grâce au livre Le Club qu’Antoine Hummel publie aux éditions Zoème, où Le Club est défini comme une « Expansion symphonique des raisons personnelles en vue de leur abolition comme entités séparées mais dans le respect de leurs êtres distincts. »
Une émission conduite et garée par David Christoffel.
|Lire le texte non-expurgé| d’Antoine Hummel pour la revue Catastrophes.
Wed, 26 Nov 2025 - 1h 00min - 362 - Metaclassique #355 – Eplorer
À la fois reine et compositrice, Hortense de Beauharnais a légué la romance En partant pour la Syrie que son fils Napoléon III a hissé au rang d’hymne officiel du Second Empire. Du point de vue de l’ensemble des dizaines et dizaines de romances composées par la compositrice-reine, le peu que l’on connaît de sa musique est focalisé sur son utilisation diplomatique et laisse dans l’angle mort les raisons intimes qui pouvaient motiver ses activités musicales. À l’heure où le Château de la Malmaison et l’association La Nouvelle Athènes se sont associés pour faire chanter et enregistrer ses romances, on se laisse prendre au jeu en se demandant si le roman des passions amoureuses n’était pas un peu plus qu’une mode. En racontant la jeunesse d’Hortense, nous allons à la rencontre d’une jeune fille qui n’arrive pas à aimer celui auquel son beau-père de Napoléon l’a contraint à se marier. Comme si certaines romances ont permis à Hortense de dévoiler les tourments que pouvaient lui causer les obligations que sa naissance est venue lui imposer.
Pour examiner l’hypothèse sous plusieurs points de vue, ce Metaclassique « Eplorer » est un documentaire où se rencontrent les analyses et témoignages de la musicologue Laure Schnapper, de la chanteuse Coline Dutilleul, de la directrice du Château de la Malmaison Elisabeth Caude et, pour commencer, de la biographie de la reine Hortense, Marie-Hélène Baylac. Une émission qui donne à entendre des romances d’Hortense grâce au disque publié par l’association La Nouvelle Athènes sur le label Paraty.
Une émission instiguée et cousue par David Christoffel.
#matrimoine #romances
Wed, 19 Nov 2025 - 1h 00min - 361 - Metaclassique #354 – Miraculer
Quand on veut prendre une décision importante, on peut toujours faire un tableau à deux colonnes et lister les « pour » et les « contre ». Et comme il y a certains « pour » plus gros que d’autres, ceux-ci pourraient contrebalancer plusieurs « contre ». Pour arriver à contenir ces déséquilibres dans les calculs, on pourrait aller jusqu’à mettre des coefficients à chaque élément porté au tableau. Comme la mise en équation peut aider à raisonner sur ses orientations existentielles, elle pourrait aussi aider à se représenter ses déboires de tous ordres. C’est à la suite d’une déconvenue amoureuse majeure que le mathématicien Laurent Derobert a inventé les Mathématiques existentielles dont il a accepté de chercher les conséquences musicologiques. Dans l’heure qui vient, Metaclassique reçoit donc Laurent Derobert pour un numéro intitulé « Miraculer ».
Une émission tramée et dressée par David Christoffel.
Wed, 12 Nov 2025 - 1h 00min - 360 - Metaclassique #353 – Extraire
Audionaturalisme, field recording, acoustémologie, écologie sonore… l’ouïe s’entend comme un sens privilégié pour aborder le paysage. Mais toutes les démarches qui entendent justement privilégier l’écoute de la nature sont-elles aussi écologiques les unes que les autres ? Les chasseurs de son ne seraient-ils, comme tout chasseur, protecteurs que de certaines espèces de vivants ? Sans doute y a-t-il l’indice de quelque chose dans le fait que le premier humain à avoir enregistré un oiseau, en 1889, Ludwig Koch a passé une grande partie de sa vie à enregistrer les animaux en se taisant, pour ne laisser aucune trace de sa présence sur ses enregistrements. En héritier de Koch, bien des audionaturalistes font encore attention à s’autoeffacer : est-ce à dire que leurs captations n’en sont que mieux des captures ? Quelles logiques extractivistes peuvent traverser les enregistrements de terrain ? Et leurs prétentions écologiques sont-elles alors si justifiées que ça ? Pour en parler, c’est à la Bibliothèque publique d’information que nous recevons Roberto Barbanti qui publie Les sonorités du monde aux Presses du réel et Pauline Nadrigny qui signe Sonder le monde aux éditions MF.
Une émission réfléchie et aménagée par David Christoffel.
#écologie sonore
Wed, 05 Nov 2025 - 1h 00min - 359 - Metaclassique #352 – Faire
Ecouter une œuvre, c’est en suivre les points de nervure, les balises, les manières d’avancer ou de reculer dans le discours, tout ce qui peut permettre de reconnaître l’écriture de tel compositeur ou telle compositrice. Mais dire les choses comme ça relègue l’engagement des interprètes, la perspective prise par qui écoute et tout ce tient du geste pour des éléments au service du texte. À l’encontre de cette hiérarchie qui met toujours le texte au-dessus de tout, Alvaro Oviedo explique que « la musique n’est pas ce que le compositeur écrit, ce n’est pas ce que l’interprète joue, ce n’est pas ce que l’auditeur perçoit, ce n’est pas non plus l’en-soi d’un ensemble organisé de sons : c’est tout cela à la fois ou plutôt ce qui se passe entre ces termes, termes qui sont eux-mêmes des nœuds de relations. » (p. 9) Cette affirmation est le point de départ de l’essai d’Alvaro Oviedo, Faire sensation paru aux Presses Universitaires de Rennes et qui explorent les œuvres et la pensée musicale de Luciano Berio, Helmut Lachenmann, Olga Neuwirth ou encore, pour commencer, de Gyorgy Kurtag. Alvaro Oviedo est l’invité unique de ce numéro « Faire » de Metaclassique.
Une émission menée et fabriquée par David Christoffel.
Wed, 29 Oct 2025 - 1h 00min - 358 - Metaclassique #351 – Fragmenter
Au lieu de penser la musique phrase par phrase ou seulement motif par motif ou juste par cellules mélo-rythmiques, on peut encore raccourcir le niveau de discrétisation et procéder par « point ». Mais alors qu’il se revendique pointilliste, le compositeur Steven Takasugi revendique aussi de faire passer dans sa musique hyperfragmentée un texte du poète romantique Leopardi. Si bien qu’il en ressort une version hyperfragmentée de la poésie et peut-être même de l’idée de la poésie face à un monde qui vient s’y refléter dans sa violence la plus éclatante au regard de ce qu’elle a pu éclater les formes qui viennent l’exprimer dans Il Teatro Rosso, un pièce d’une heure commandée par l’ensemble No Hay Banda à Steven Takasugi. Au lendemain de la création européenne d’Il Teatro Rosso au festival de Darmstadt, c’est à Darmstadt que Métaclassique a installé ses micros pour ce numéro « Fragmenter » avec le compositeur Steven Takasugi et la quasi-totalité des membres de l’ensemble No Hay Banda. Vous entendrez : la chanteuse Sarah Albu, le percussionniste Noam Bierstone, le tromboniste Felix Del Tredici, l’ingénieur du son Gabriel Dufour-Laperrière, le vidéaste Huei Lin et la violoncelliste Émilie Girard-Charest (qui, pour l’occasion de l’émission, est aussi la traductrice de Steven Takasugi).
Une émission animée, découpée et sculptée par David Christoffel.
Wed, 22 Oct 2025 - 1h 00min - 357 - Metaclassique #350 sud – Orchestrer
Choisir le nombre de violons que l’on va engager dans les longs accords qui tissent un tapis harmonique au-dessus duquel il reste à savoir si le thème serait plus éclatant ou mieux suave en le confiant aux bassons plutôt qu’aux trombones et s’il ne serait pas encore plus délicieux de les doubler avec des clarinettes basses… les choix d’orchestration font évidemment partie intégrante du travail de composition, tout en relevant d’une science en soi quasiment détachable. Ravel, Debussy, Rimsky-Korsakov, Jean Françaix, Mel Bonis sont autant de compositeurs et compositrices qui se sont illustrés dans cet art spécifique de l’orchestration et que nous croiserons au fil de ce numéro « Orchestrer » de Métaclassique enregistré en public à Médiathèque Musicale de Paris – Christiane Eda-Pierre. Nous recevons, par ordre d’apparition dans l’émission : Anthony Girard qui enseigne l’orchestration au CNSMD de Paris et qui publie Techniques d’orchestration aux Éditions Billaudot et la musicologue Nathalie Hérold qui enseigne à Sorbonne Université et développe l’analyse musicale par le timbre.
Une émission balisée et conduite par David Christoffel.Wed, 15 Oct 2025 - 1h 00min - 356 - Metaclassique #350 nord – Farcir
Autour de 1700, les interprètes jouaient couramment beaucoup plus de notes qui n’en étaient écrites. Mais au-delà des seuls ornements qui complétaient à vue les lignes mélodiques, il pouvait y avoir des ajouts de parties. Si bien qu’une partition écrite pour deux instruments pouvaient tout à fait être jouée par cinq instrumentistes. C’est comme ça que certains musicologues et instrumentistes se mettent aujourd’hui à « Farcir » les partitions de parties qui, sans être écrites, n’en étaient pas moins jouées par les musiciens de l’époque. D’une partition à deux voix, on peut passer à cinq selon des critères historiques scrupuleux ; d’une partie de viole, on peut ajouter une basse. Reste à déceler, dans ces pratiques, où finit la reconstitution ou commence la réécriture ? Quelle est la part de complétion et celle d’invention ? Pour ce numéro « Farcir » de Metaclassique, nous sommes installés dans la Bibliothèque La Grange-Fleuret, nous recevons le musicologue Thomas Leconte qui farci des partitions de Michel-Richard de Lalande et la violiste Noémie Lenhof qui, avec le claveciniste Guillaume Haldenwang, a farci des œuvres de Marin Marais.
Une émission mixée et assemblée par David Christoffel.
#écriture #18ème siècleWed, 15 Oct 2025 - 1h 00min - 355 - Metaclassique #350 est – Archer
L’archet du violon tire son nom de l’arc, tiré du mot latin arcus qui, de l’arc en ciel à l’arche, peut désigner tout ce qui prend la forme du bois d’un arc tendu, avant de servir à désigner les portiques voûtés, des arcades ou autre arc de triomphe. Mais comme il est parfaitement homophone avec le verbe « Archer », l’archet du violon pourrait se sentir pousser des vertus archéologiques et à se représenter le retour aux origines comme une manière de tendre une flèche, la fougue philologique pourrait se laisser encourager par les prolongations musicales qu’elle arche à son tour, peut-être que jouer d’un seul archet des partitions écrites pour les deux mains d’un clavier est une manière de bander comme un arc le propos musical et de lui donner une direction d’autant plus nette que ledit propos s’en trouverait alors comme réoriginé. C’est pour faire honneur à cette hypothèse que ce Métaclassique enregistré à la HEM de Genève reçoit les violonistes Tedi Papavrami et Pauline Klaus qui ont tous les deux enregistrés des transcriptions pour violon seul de pièces initialement composées pour le clavecin, le piano ou l’orgue.
Une émission organisée et ressourcée par David Christoffel.
#18ème siècle
Wed, 15 Oct 2025 - 1h 00min - 354 - Metaclassique #350 ouest – Réduire
Dans les entreprises, quand les temps difficiles de réductions de personnel, le plus évident pourrait consister à sauver d’abord les agents les plus efficaces pour sacrifier d’abord les éléments les moins productifs. Reste qu’entre les deux, il y a des demi-performants qui occupent des postes clés sans lesquels les équilibres généraux ne tiennent plus. Mais il suffit de se dire qu’un employé apparemment inutile pourrait être vital au groupe en ce que sa passivité même pourrait lui valoir d’occuper une fonction stratégique en tant que repoussoir potentiellement très rassembleur et pour la motivation globale, et voilà que la réduction de personnel s’avère d’office beaucoup plus délicat. Dit comme ça, on devine que l’art de la réduction musicale pour faire jouer par 10 ou 20 ce qui est écrit pour 80 ou 100 instrumentistes n’était pas beaucoup compliqué ?
Depuis le salon Mahler de la Bibliothèque La Grange Fleuret, Metaclassique en réunissant une musicologues et deux réducteurs, respectivement : Cécile Reynaud qui est directrice d’étude à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes spécialiste du piano au XIXè siècle, Benjamin Garzia qui dirige la Mahlerian Camerata pour laquelle il ramène des symphonies de Mahler à une vingtaine d’instruments et Robin Melchior qui a réduit de nombreuses partitions pour la Symphonie de Poche, que voici dans le début du 4è mouvement de la Symphonie Pastorale de Beethoven.
Une émission épluchée et ramassée par David Christoffel.Wed, 15 Oct 2025 - 1h 00min - 353 - Metaclassique – Adorer
Dans le spectacle Nexus de l’adoration, Joris Lacoste invente une religion qui consiste à adorer toutes les choses, qu’il s’agisse d’un Pokemon, d’une pâquerette ou d’une pensée de Cyril Hanouna. Dans Eternal Dawn (L’Aube éternelle), Alexander Schubert met en scène un transhumanisme dans lequel la technologie a phagocyté tout ce qui peut relier les êtres vivants au monde. Deux propositions présentées dans le cadre de l’édition 2025 du festival Musica qui peuvent s’entendre comme deux faces très différemment dystopiques d’une même préoccupation ou d’une même perplexité face aux futurs plus ou moins désirables de la spiritualité dans une société hyperconnectée. Dans le même temps, dans le livre Spiritualités radicales paru aux éditions divergences, l’essayiste Yuna Visentin montre comment, de l’astrologie aux croyances animismes en passant par les monothéismes, les religions consacrées ou inventées peuvent s’entendre comme des récits contre-hégémoniques, autant de manières de se représenter le monde, d’imaginer la liaison entre les êtres avec des systèmes de représentations alternatifs à l’injonction aux storytellings normatifs qui s’imposent aux individus que le capitalisme ne cesse de sur-individualiser ?
A l’occasion de leurs créations respectives au cours de l’édition 2025 du festival Musica à Strasbourg, Metaclassique a pu interroger les compositeurs Joris Lacoste et Alexander Schubert (qui sera traduit par Jules Paul) dont les réflexions seront prolongées par celles de Yuna Visentin.
Une émission tramée et agencée par David Christoffel.Thu, 09 Oct 2025 - 1h 00min - 352 - Metaclassique #349 – Allier
Composer de la musique électronique instrumentale au cœur même d’une composition musicale pour instrument acoustique, portent les créateurs de sonorités synthétiques dans une recherche conjointe de formes et d’alliages de timbre. Depuis cette conjonction, on peut toujours se demander comment la forme musicale répond à la recherche des alliages de couleurs et, de manière complètement simultanée, comment lesdits alliages répondent aux idées formelles avec lesquels les sculpteurs de son les abordent qu’ils aient un instrument acoustique en main ou des instruments à électricité. Au cours de ce Métaclassique « Allier », nous irons à la rencontre du clarinettiste Jean-François Charles qui entre en collaboration électronique avec des musiciens acoustiques comme le sétariste Ramin Roshandel. Dans le dernier tiers de l’émission, nous rentrerons dans l’atelier du compositeur Olivier Delevingne qui co-compose pour synthétiseurs modulaires des partitions en alliage avec Benoît Menut qui écrit, à la main, des fantaisies qui nous donnerons l’occasion d’entendre Lucile Boulanger à la viole et François Lazarevitch jouer différentes flûtes. Pour commencer, nous allons à la rencontre du pianiste-compositeur-improvisateur Patrick-Astrid Defossez dont on entendra les fruits de la collaboration avec Anne-Gabrielle Debaecker.
Une émission alambiquée et macérée par David Christoffel.
#écritureWed, 08 Oct 2025 - 1h 00min - 351 - Metaclassique #348 – Façonner
Les luthiers se transmettent les savoir-faires de génération en génération. Il n’empêche que leurs savoirs se formalisent par des écrits et des traités. Mais plus on remonte dans le temps, moins les sources ont de prétention théorique. Si bien qu’à vouloir faire une flûte ou un psaltérion de l’époque médiévale, ne reste plus pour modèle que des tableaux, des enluminures, des sculptures où paraissent des musiciens et musiciennes dont les traces iconographiques ne s’adressaient pas directement aux luthiers du xxiè siècle et ne cherchaient donc pas à avoir une cohérence organologique applicable pour qui veut aujourd’hui reconstruire les instruments de l’époque. Pour mieux saisir comment façonner un instrument de musique six ou sept siècles après son âge d’or, Métaclassique a été invité par le Centre International de Musiques Médiévales à sillonner les allées du salon d’archéo-lutherie à Saint-Guilhem-le-Désert à la rencontre de Gisèle Clément qui a fondé le CIMM il y a dix ans, du psaltériste Baptiste Chopin, de la chercheuse Laura de Castellet, des archéo-luthiers Olivier Féraud, de Lionel Dieu, Jeff et Jean Daniel Talma
Une émission promenée et cousue par David Christoffel.Wed, 01 Oct 2025 - 1h 00min - 350 - Metaclassique #347 – Pulser
Parmi les révolutions musicales que les ondes radio ont pu permettre, on pourrait compter les œuvres musicales créées à partir des sons captés par les ondes radio, des résonances de phénomènes astronomiques qui se sont produits il y a très longtemps très très loin dans l’espace et qui ont contribué à des découvertes astrophysiques majeures dans les dernières décennies. Mais pour combien est-ce que l’ampleur des phénomènes spatiaux auxquels renvoient ces sons donne un souffle plus ample aux œuvres musicales qu’ils ont pu nourrir ? Quelle différence de traitement musical y aurait-il si, au lieu des battements d’un pulsar, tel compositeur s’inspirait des battements d’un sismographe ou des pulsations cardiaques d’un batracien ?
Quand, en 1991, au festival Ars Musica à Bruxelles, les Percussions de Strasbourg ont créé Le Noir de l’étoile, une œuvre spectaculaire de Gérard Grisey pour six percussionnistes disposés autour du public, bande magnétique et transmission in situ de signaux astronomiques, le prologue de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet devait prendre sa part à la puissance de l’œuvre. Avec la complicité du festival Musica, Metaclassique propose de revenir sur Le Noir de l’étoile de Gérard Grisey avec le philosophe Lambert Dousson, l’astrophysicienne Kumiko Kotera et l’essayiste Ariel Kyrou, auteur aux éditions MF de Philofictions. Des imaginaires alternatifs pour la planète. Tout commence par un extrait du prologue de Jean-Pierre Luminet qui, la dernière fois où l’œuvre a été donné dans le cadre du festival Musica à Strasbourg, était dit par André Pomarat.
Une émission architecturée et mise en onde par David Christoffel.
Wed, 24 Sep 2025 - 1h 00min - 349 - Metaclassique #346 – Caractériser
Depuis que s’est développé le paradigme de l’autonomie de l’œuvre musicale, les compositeurs et compositrices s’emploient à mettre le maximum d’informations sur leurs partitions pour laisser un minimum d’ambiguïtés quant à la manière dont les interprètes doivent les exécuter. Les partitions ont beau être chargées d’indications de mesure très claires, de mentions de dynamiques des plus précises, de signes de modes de jeu dûment documentés, la manière de caractériser telle ou telle phrase musicale garde un panel de possibilités expressives encore assez large. Et quand un pianiste se lance dans la réalisation d’un disque, il doit passer par des déductions de cohérence stylistique entre les œuvres du corpus, des supputations psychologiques sur le compositeur ou la compositrice, des variations sur lesdites supputations en fonction des périodes de sa vie ou encore des tentatives et des contre-tentatives sur la place qu’il s’agit de laisser au silence au cours de telle ou telle pièce.
Pour donner à sentir le poids des incertitudes que le pianiste a dû traverser et pouvoir projeter dans une première partition l’ampleur des possibilités de caractère pour l’aborder quand on ne sait rien de qui l’a écrite, ce ne sera que dans trois minutes que nous révélerons avec le pianiste Nicolas Stavy, l’identité du compositeur auquel il consacre un disque monographique d’une œuvre pour piano qui, jusque-là, n’avait été que très peu, voire pas du tout jouée et enregistrée. Pendant qu’il préparait ce disque, Métaclassique a rendu visite à Nicolas Stavy à trois reprises avec onze mois d’écart entre le premier et le troisième entretien pour donner à entendre le spectre des hypothèses qu’il a dû explorer pour caractériser les différentes œuvres qu’il a enregistrées sur le label BIS et pour ajuster, par exemple, l’exact niveau de gravité qu’il pouvait faire porter à telle ou telle page selon les périodes de sa vie ou les familiarités que ledit compositeur entretenait avec tel ou tel autre.
Une émission cultivée et partagée par David Christoffel.
Wed, 17 Sep 2025 - 1h 00min - 348 - Metaclassique #345 – Déséparer
« L’être sincère serait alors celui qui obéit à la matière de sa forme. En même temps, il faut bien que chacun donne forme à la matière de son bouillonnement, de sorte que la sincérité est à la fois supposée et visée, comme on sait. Ce qui reste de la sincérité n’est que l’impossibilité de son hypothèse en vue de la possibilité de sa visée[1]. »
On peut comprendre dans ce développement de Philippe Beck que la sincérité bute sur un impossible, cela ne l’empêche pas d’être ressentie comme une nécessité. Et on comprend aussi qu’au lieu d’en rester à l’état d’injonction paradoxale, cette tension est donc bien inhérente à ce qui fait l’exigence de sincérité.
Il est récurrent dans la pensée et la poésie de Philippe Beck de défaire les fausses oppositions, de dé-séparer les dualismes et les polarisations, à ne pas laisser les choses à l’état de paradoxe et à tenir l’unité des contraires dans une tension dynamique qui a souvent plus fertile à dire que de simplement mimer un semblant de résolution. Pour ce numéro Dé-séparer de Metaclassique, nous allons revenir avec Philippe Beck sur les moments de dé-séparation rencontrés dans les pages liées à la musique dans son livre Documentaires paru aux éditions Le Bruit du temps.
Cet entretien est ponctué de lectures de poèmes extraits de recueils anciens tels que Rude merveilleux (éditions Al Dante, 1998) et Aux recensions (éditions Flammarion, 2002) et de son recueil le plus récent, Abstraite et plaisantine (éditions Le Bruit du temps, 2025).
Une émission conçue et animée par David Christoffel.
#pensées philosophiques de la musique
[1] Philippe Beck, Documentaires, Gouville-sur-Mer, Éditions Le Bruit du temps, 2025, p. 72.
Wed, 10 Sep 2025 - 1h 00min - 347 - Metaclassique #344 – Pincer
Les cordes pincées sont d’abord identifiées comme une famille d’instruments, parmi lesquels on compte les cithares, les luths, les guitares, les mandolines, ou encore les lyres, les harpes, les clavecins. Et quand on les met ensemble, il peut en ressortir un style assez sec à même de donner envie à qui écrit pour ces instruments de jouer des pincements par les effets de caractère qu’ils peuvent spécialement dédier à ces instruments. L’ensemble C-Barré fondé et dirigé par Sébastien Boin a pris l’habitude d’entamer sa relation avec compositeurs et compositrices d’aujourd’hui en leur commandant une pièce pour mandoline, guitare et harpe. À se demander alors combien la commande joue dans le style d’arrivée, combien les écritures se jouent du caractère posé par l’identité sonore si spécifique de cet attelage-là de cordes pincées.
Au cours de cette émission, vous entendrez la harpiste Eva Debonne, le directeur de l’ensemble Sébastien Boin, la mandoliniste Natalia Korsak et le guitariste Thomas Keck, ainsi que deux des compositeurs qui ont reçu commande de composer pour le trio de cordes pincées au coeur de C-Barré, dans l’ordre d’apparition dans l’émission : Frédéric Pattar et Mikel Urquiza. Nous évoquerons aussi Ratzfatz, le trio écrit par Birke Bertelsmeier, dont voici un premier extrait, enregistré par l’Ensemble C-Barré au GMEM de Marseille pour l’occasion de ce Metaclassique.
Une émission conçue et animée par David Christoffel.Wed, 03 Sep 2025 - 1h 00min - 346 - Metaclassique #343 – Encoder
Si, par fatigue ou envie de mêler leurs talents aux partitions qu’ils manipulent, les copistes du Moyen Âge peuvent couramment commettre des erreurs, il ne suffit pas toujours de recouper les versions pour les repérer et restituer l’original. C’est là que les outils développés dans le domaine des humanités numériques peuvent permettre d’avancer. En encodant les différentes sources des motets du poète et compositeur Philippe de Vitry, David Chappuis qui dirige l’Ensemble Arborescence et le chercheur en humanités numériques Olivier Bettens ont pu s’approcher de plus près de la fabrique de ce genre poétique et musical. En retrouvant les pratiques médiévales d’écriture et de lecture ; en déclamant les poèmes selon la prononciation historique supposée ; en explorant l’usage des voces — ces syllabes de solmisation — pour reconstituer les formules mélodiques et en plongeant dans les techniques contrapuntiques de l’Ars nova, l’esthétique propre du milieu du 14ème siècle de Philippe de Vitry.
Au cours de cette heure de ce Metaclassique « Encoder », enregistré à l’Abbaye de Royaumont, vous allez pouvoir entendre le chef d’orchestre et compositeur David Chappuis, mais aussi Olivier Bettens, le chanteur et chercheur Vincent Chomienne, l’historienne de la littérature Pascale Bourgain et le chanteuse Eugénie De Mey. Mais, avant d’entendre les versions enregistrées par l’Ensemble Arborescence des motets de Philippe de Vitry, nous allons commencer par écouter un de ces motets dans une version de l’ensemble Sequentia pour que David Chappuis nous explique ce qui l’attriste dans cette façon d’envisager cette œuvre.
Une émission conçue et réalisée par David Christoffel.
#écriture
Wed, 27 Aug 2025 - 1h 00min - 345 - Metaclassique #342 – Chorégraphier
Les chorégraphes peuvent se reconnaître à leurs outils. Mais elles et ils doivent aussi composer avec des cadres, des besoins, des héritages et les tenir pour des dettes. Au lieu de quoi, on les entend quelquefois préférer parler d’inspirations qui est aussi un mot qui revient quand on leur demande de commenter leur parcours du point de vue de leurs collaborations. Outils, dettes, collaborations et styles sont les quatre items sur lesquels la chorégraphe Dominique Brun a interrogé quatre autres chorégraphes dans un cycle de rencontres intitulées « Les Correspondances », proposé en avant-spectacle au Grand R, à l’occasion du 30eme anniversaire de la scène nationale de La Roche-sur-Yon. Vous allez pouvoir entendre, dans l’ordre de leur venue au Grand R : Rachid Ouramdane, Louis Barreau, Joanne Leighton et Nina Laisné. Un panorama de réflexions qui se fera à son tour réflexif par les réflexions en retour que Dominique Brun est venue livrer spécialement pour ce numéro « Chorégraphier » de Metaclassique.
Une émission présentée et montée par David Christoffel sur une proposition de Dominique Brun.
L’intégrale des rencontres est disponible sur le site du Grand R : https://www.legrandr.com/actualites/les-correspondances/Wed, 20 Aug 2025 - 1h 00min - 343 - Metaclassique #340b – Surjouer
Si, aujourd’hui, je parle en faisant bien attention de ne pas mettre un mot plus haut que l’autre, de maintenir ma parole dans des bornes qui la condamne à ne trouver aucun souffle expressif, c’est comme une manière en creux de venir faire la preuve que l’espace de parole qui est ici mis à ma disposition n’en est pas moins un espace borné qui serre mon expression et oblige ma parole à s’aplatir. Et voilà que j’exagère l’aplatissement pour mieux faire entendre qu’une expression fluide, naturelle, avec des reliefs conventionnels chercherait, elle, à faire diversion des bornes, à faire comme si elles n’étaient pas là. Dit comme ça, je me mets dans une forme de sous-jeu, mais surtout d’un surjeu du sous-jeu bien bourré d’apriori sur ce que le temps pris par cette prise de parole a beau prendre son temps, elle est tout de même un temps qui ne peut pas déborder et qui n’a pas beaucoup d’autre moyen pour faire entendre les contraintes de non-débordement qui pèsent sur elle que de surjouer son impossibilité à déborder. Pour ce Metaclassique « Surjouer », vous allez entendre un spectacle à rideau fermé enregistré au Théâtre Kantor de l’ENS de Lyon proposé par Amaryllis Coiffet, Arthur Coussement, Charlotte Guillaume, Cordelia Monge, Emma Fonfrède, Jeanne Wattrelot et Sandra Espinosa Valdès à l’issue d’une master class de création radiophonique dédié à la question du Surjeu. Un spectacle qui sera suivi d’un entretien avec le philosophe poète Filip Bernacik qui a écouté une vingtaine de fois la proposition des étudiant et étudiantes de l’ENS de Lyon et a offert à Metaclassique de redimensionner ses propres réflexions sur le surjeu à l’échelle de la création radiophonique que voici.
Une émission coordonnée et animée par David Christoffel.Wed, 06 Aug 2025 - 1h 00min - 342 - Metaclassique #340a – Romancer
#potentiel musicologique de la littérature
En même temps qu’elle peut donner envie d’y projeter des images et d’en faire des poèmes ou des romans, la musique de Chopin semble demander de ne justement pas trop la romancer. Dans Le mythe de Chopin paru aux éditions Classiques Garnier, Irène Calamai fait l’histoire des appropriations littéraires de Chopin : de Félicien Mallefille à André Gide en passant par Théophile Gauthier, l’idéalisation de la musique de Chopin ne va pas sans un effort stylistique spécial qui doit recourir à l’invention littéraire pour se mettre à la hauteur des émotions ressenties. Comme des répliques contemporaines des figures historiques citées par Irène Calamai, vous entendrez deux auteurs dont la pensée est inspirée, quand ce n’est déviée ou repoussée dans leurs limites par leur connaissance de l’œuvre de Chopin : Thierry Martin-Scherrer qui a signé aux éditions Lettres Vives Le fantôme de Chopin et Jean-Yves Clément, auteur d’un Le retour de Majorque paru chez Le Passeur où il se met à la place de Chopin pour évoquer chacun des 24 Préludes opus 28.
Une émission conduite et fabriquée par David Christoffel.
Wed, 06 Aug 2025 - 1h 00min - 341 - Metaclassique #339 – Frayer
Frotter, friser, fracasser, frouer, frire,… si tous les verbes qui commencent par le son « fr-« , ne disent pas la même chose, leur son d’attaque leur donne en commun une ambiance de fr- fr-… A se demander si au moment où il a choisi de prendre pour nom d’artiste Fred Frith, le guitariste, improvisateur compositeur a voulu jouer de tout ce que l’allitération en fr- venait lui offrir de frottement, de frisure, de fracassement… autant de mots en fr- qui vont guider la discussion et permettre de frayer un chemin d’écoute parmi les dizaines d’albums qu’il a enregistrés ces cinquante dernières années. Fred Frith est l’invité unique de ce numéro « Frayer » de Metaclassique.
Une émission fabriquée et frisée par David Christoffel.Wed, 30 Jul 2025 - 1h 00min - 340 - Metaclassique #338 – Fouiller
En 2011, alors que l’American Musicological Society fêtait ses 75 ans, elle invitait la musicologue féministe Suzanne Cusick qui constatait que la société savante était beaucoup plus inclusive des femmes qu’elle ne l’était à sa naissance, tout en restant toujours exclusive d’autres groupes minorisés. Mais en 2011, aucune recherche systématique n’avait été mené sur les activités musicologiques des femmes. Comme si les études de genre devaient prioriser les champs d’activité les plus visibles et s’inquiéter des musiciennes, des compositrices avant de fouiller dans les travaux des chercheuses. En 2025, paraît aux éditions Symétrie un ouvrage collectif intitulé : Femmes en musicologies francophones de Michel Brenet à Solange Corbin, dont Metaclassique reçoit les deux directrices, les musicologues Catherine Deutsch et Isabelle Ragnard.
Une émission conçue et réalisée par David Christoffel.
Wed, 23 Jul 2025 - 1h 00min - 339 - Metaclassique #337 – Batailler
Du duel de 1709 entre Haendel et Scarlatti au duel de 1799 entre Wolfl et Beethoven en passant par la joute Mozart/Clementi organisé par l’Empereur Joseph II pour le soir de Noël 1781, le 18è siècle est parsemé de ces duels musicaux qui laissent à penser que les nobles n’avaient rien de mieux à offrir aux talents musicaux de leur époque que de les mettre en compétition.
Les récits ont beau s’arranger avec les faits pour dire que les organisateurs de ces joutes n’allaient jamais jusqu’à les départager et finissaient toujours par tous les déclarer vainqueurs, la mise en compétition a quand même fait son œuvre puisque deux ou trois cents ans plus tard, Mozart a terrassé Clementi au jeu de la célébrité, Beethoven l’a très largement emporté sur Wolfl : on se laisserait presqu’à croire que tel vaut donc mieux que l’autre et que l’écoute, la réécoute et la réréréécoute de Mozart seraient toujours mieux que la redécouverte de Clementi.
Dans le cas de Haendel et Scarlatti, voilà des compositeurs qui disposent tous les deux d’une si haute renommée qu’on n’oserait s’amuser au moindre arbitrage. De leur duel de 1709, on a gardé l’habitude d’un vis-à-vis. C’est comme ça qu’il y a 24 ans, un musicien de 24 ans, Luca Guglielmi a enregistré pour le label Stradivarius le disque « Rome 1709. Haendel versus Scarlatti« , tandis qu’il y a quelques mois, un autre musicien de 24 ans, Cristiano Gaudio a fait paraître chez Encelade un disque Haendel versus Scarlatti. Pour ce numéro « Batailler » de Metaclassique, nous allons interroger ce que peut nous apprendre ce « versus » en recevant Cristiano Gaudio et Luca Guglielmi, que nous écoutons dans le Prelude en ré mineur HWV 564 de Haendel.
Une émission organisée et présentée par David Christoffel.
#18ème siècleWed, 16 Jul 2025 - 1h 00min - 338 - Metaclassique #336 – Huer
En 1674, Boileau prévient, dans l’Art poétique que « Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux, / Chez nous pour se produire est un champ périlleux. / Un auteur n’y fait pas de faciles conquêtes ; / Il trouve à le siffler des bouches toujours prêtes. » Trois-cents cinquante ans après ces vers de Boileau, leur actualité n’est que relative. Car il semble qu’au 21ème siècle, les huées attendent sagement la fin du spectacle pour se faire entendre, comme si la participation du public au spectacle s’était faite de plus en plus discrète au cours des trois siècles et demi derniers. Pour proposer une histoire des huées, Metaclassique réunit à la Bibliothèque La Grange Fleuret trois spécialistes : Julia Gros de Gasquet pour porter la voix du public sous l’Ancien Régime, Jean-Claude Yon pour entrer dans les huées du XIXè siècle et Étienne Jardin pour évoquer le procès des siffleurs dans les premières années du XXè siècle.
Une émission façonnée et animée par David Christoffel.Wed, 09 Jul 2025 - 1h 00min - 337 - Metaclassique #335 – Mouliner
À se laisser prendre dans une cascade de notes resserrées et régulières, la musique peut épouser le rythme d’un moulin à eau et le pianiste peut alors s’identifier au meunier ou à la rivière dont il tire force de la nature. Et comme la métaphore du moulin est la mieux placer pour donner du grain à moudre, la musicologie égrènera mieux encore si elle se met en dialogue avec d’autres voix qui abordent le moulin, et pourquoi pas les voix règlementaires qui régissent le cours de l’eau.
Pour ce numéro « Mouliner » de Metaclassique, nous allons mettre en dialogue la musicologue et femme de radio Hélène Pierrakos qui a publié aux éditions Fayard, L’ardeur et la mélancolie et le poète Grégoire Sourice qui signe aux éditions Corti, le poème essai Le cours de l’eau qui sillonne les cours d’eau avec le Code civil en tête et n’en finit de s’étonner tant, écrit-il, « On n’imagine pas, lorsqu’on se promène le long d’une rivière, entrer dans le champ d’application d’un article de loi. »
Une émission conçue et moulue par David Christoffel.
Wed, 02 Jul 2025 - 1h 00min - 336 - Metaclassique #334 – Pâturer
C’est l’histoire d’un troupeau de vaches qui va écouter un concert du Quatuor Lontano. Ou alors c’est l’histoire d’un compositeur qui a fait une partition pour cloches de vaches qui n’a encore jamais été donné en plein air. À moins que ce ne soit l’histoire d’une expérimentation scientifique dont les contours et le bienfondé restent soumis à l’expertise psychologique de l’instructeur. Ce qui est sûr, c’est que, dans cette histoire, tout est question de point de vue. Et d’autant plus qu’à partir de l’enregistrement du Quatuor Lontano au cours de la dernière édition en date des Musicales d’Assy, c’est en multipliant beaucoup les perspectives à son sujet que l’atelier de création radiophonique du Département ARTS de l’école normale supérieure PSL a imaginé, enregistré et monté ce numéro Pâturer de Metaclassique.
Une émission coordonnée par David Christoffel, montée par Mathieu Allag, assisté par Henri Le Goff, avec la participation, dans l’ordre d’apparition : de Pauline Klaus, Erasme Rouxel, Edouard Forster, Mathieu Alag, Henri Le Goff, Vega, Lou Bonkowski, Levana Bordas, Melina Malheurty, Lou Perrin, Mona Tchepiega, Matteo Joyce, Constantin Ory-Lavollée et Mathias Vigouroux.Wed, 25 Jun 2025 - 1h 00min - 335 - Metaclassique #333 – Stabiliser
À la sortie du Conservatoire et avant l’entrée dans la profession, il y a un sas dans lequel les chanteurs peuvent encore chercher leur voix, compléter leur formation, parfaire leurs aptitudes, explorer des répertoires encore mal maîtrisés et, au cours de toutes les dispersions nécessaires à la multiplication des opportunités, stabiliser une manière d’être, une certaine façon de timbrer. Ce numéro « Stabiliser » de Metaclassique entend étirer cette plage de temps où il s’agit d’affirmer sa voix au moment où on est tout juste en train de la trouver en allant à la rencontre d’un chanteur sur une plage de temps assez longue pour arriver à sentir sa stabilité s’instaurer. C’est en complicité avec l’Académie Philippe Jaroussky, nous avons interrogé le ténor Antonin Rondepierre à trois reprises avec 14 mois d’écart entre le premier et le troisième entretien. Une traversée au cours de laquelle on parle de ses progrès, on relève ses envies d’ouverture, ses stratégies de positionnement sur la scène lyrique, sa volonté de stabiliser sa voix et, pour commencer, sa propension à éclaircir ses aigus dans l’un des cours que lui a donné Philippe Jaroussky.
Une émission déstabilisée puis restabilisée par David Christoffel.
Wed, 18 Jun 2025 - 1h 00min - 334 - Metaclassique #332 – Résonner
Dans le livre Donner lieu au son paru aux Presses du réel, Alexandre Chévremont parle de la « condition architecturale » de la musique. Il retrace l’histoire de la musique occidentale du point de vue de ses interactions avec les lieux où elle résonne. Et pour déployer le thème de la résonnance qui passe volontiers pour scientifique, Alexandre Chévremont passe par la philologie, par la pensée stoïcienne de la sympathie, par la phénoménologie… Tout en retraçant les allers et retours entre connaissances acoustiques et conscience spatiale de la musique, le philosophe met en relation l’histoire de l’architecture des lieux d’écoute avec l’histoire de la pensée de la forme musicale, jusqu’à se montrer critique des soundmappings qui n’assument leur audio-naturalisme qu’à moitié en prétendant transporter tout un paysage par des cartographies sonores qui commencent par délocaliser l’écoutant dudit paysage. Alexandre Chévremont est l’invité de ce numéro « Résonner » de Metaclassique qui s’ouvre sur une de ces cantates dans laquelle Bach n’aurait sans doute pas ciseler la partie de violon s’il n’avait d’abord acquis confiance dans l’acoustique de l’église Saint-Thomas de Leipzig.
Une émission confectionnée par David Christoffel.
#écologie sonore
Wed, 11 Jun 2025 - 1h 00min - 333 - Metaclassique #331 – Grommeler
Pendant qu’il a longtemps été reproché à l’éducation nationale de ne proposer aux enfants pour seule pratique instrumentale que de faire de la flûte à bec, il a aussi été reproché aux conservatoires de ne former au seul répertoire de la musique savante occidentale. Et voilà que c’est dans la première classe de flûte à bec qui s’est ouverte dans un conservatoire national, en 1994, à Lyon que s’est développée une ouverture vers les autres formes de flûte et vers les musiques traditionnelles qui leurs sont attachées. C’est comme ça que, dans le cadre d’Erasmus, une étudiante du CNSMD de Lyon a pu aller étudier à Budapest un type spécifique de flûte hongroise, la furulya, le répertoire qui lui correspond, jusqu’à la manière de l’emboucher et même de grommeler dans la furulya, c’est-à-dire la flûte par les bergers des Carpates. Lisa Neffaria été lauréate du prix de la recherche artistique en 2024, un prix initié par Anne de Fornel, directrice de la recherche du CNSMD de Lyon, en partenariat avec le CNSMD de Paris, la HEM de Genève et l’HEMU de Lausanne, en partenariat avec Metaclassique qui accueille, pour ce numéro Grommeler, non seulement Lisa Neffari, mais aussi – en seconde partie d’émission – le fondateur de la classe de flûte à bec du CNSMD de Lyon, Pierre Hamon.
Une émission organisée et aménagée par David Christoffel.Wed, 04 Jun 2025 - 1h 00min - 332 - Metaclassique #330 – Snober
Le goût musical a rarement l’occasion de s’exprimer tout à fait naturellement. Chercherait-il à se dire de la plus simple des manières qu’on pourrait soupçonner qu’il se donne des airs plus ou moins spontanés. Bref, au moment de dire notre avis sur telle ou telle Sonate, on n’a pas encore fini sa phrase qu’on pourrait déjà se sentir guetter dans son snobisme. Est-ce un crime ? Et si oui, à qui profite-t-il ? Virginia Woolf disait que l’essence du snobisme est de vouloir impressionner les autres.
Pour ce numéro « Snober », nous sommes installés à la Faculté de musique de Montréal en compagnie de Mathilde Veilleux qui consacre un master à la question du snobisme en musique et Michel Duchesneau qui a enquêté sur un concert donné en 1911 où les œuvres étaient jouées sans que les compositeurs ne soient cités.
Une émission préméditée et menée par David Christoffel.Wed, 28 May 2025 - 1h 00min - 331 - Metaclassique #329 – Frotter
L’usage musical du verbe « frotter » est surtout consacré pour parler des sons émis par frottement par certains instruments à cordes, ceux-là même que l’on appelle les « cordes frottées ». L’acception (disons) technicienne du frottement réduit le « frotter » à un geste instrumental et pourrait rater tous les phénomènes musicaux que le verbe « frotter » peut désigner plus métaphoriquement, mais pas beaucoup moins concrètement. Quand la texture rythmique qui se dégage semble venir d’un frottement plus que d’un décompte des temps. Quand ledit frottement n’est peut-être plus un effet, mais de plus en plus le propos. Ou encore quand un phrasé a même l’air de frotter les limites de ce qu’il peut dire, au risque de limer sa propre consistance et d’abîmer la douceur qu’il pouvait vouloir au départ.
Pour tester jusqu’où le verbe « frotter » peut emmener la réflexion et la perception de musiques d’aujourd’hui, Metaclassique a proposé à trois compositeurs vivants de commenter leur musique du point de vue de ce qui frotte, pas seulement dans la production du son, mais aussi dans ce qui ne finit par s’exprimer que par frottements. Dans l’ordre d’apparition, vous entendrez la compositrice Manon Lepauvre et les compositeurs Demian Rudel Rey et Gérard Pape parler des frottements à l’œuvre dans leurs propres partitions et dans la musique des deux autres.
Une émission frottée et repassée par David Christoffel.
#écritureWed, 21 May 2025 - 1h 00min - 330 - Metaclassique #328 – Illustrer
En 1911, la revue Musica accueillait une enquête pour savoir « Sous la Musique que faut-il mettre ? De Beaux Vers, de Mauvais, Des Vers libres, de la Prose ? » Peut-être parce qu’elle était adressée à des compositeurs, la question supposait donc que la place de la littérature était bien sous la musique et devait donc orienter les réponses dans le pli de cette hiérarchie, même si les réponses étaient assez diverses. Alors surnommé « maître sorcier en musique » en référence à son poème symphonique « L’Apprenti sorcier », Paul Dukas disait pour l’occasion : « Si la musique est bonne, elle mange le vers, qui disparaît ; si la musique est mauvaise, le vers l’écrase et sauve seul, tant soit peu, la situation. » Peut-être que la réussite de L’Apprenti sorcier est d’arriver à illustrer le poème de Goethe par les seuls moyens de la musique, sans même le faire dire ou chanter. À moins que ledit poème symphonique ne raconte justement l’histoire d’un compositeur lui-même débordé par ses propres moyens techniques ?
Pour le numéro « Illustrer » de Metaclassique, nous allons évoquer pendant une heure l’œuvre d’une compositrice qui comptait parmi les élèves de Paul Dukas et qui a passé sa vie à faire des musiques d’illustration : Claude Arrieu. Née en 1903, elle a participé aux premières années des travaux du Club d’Essai de Pierre Schaeffer et a signé la musique de la première fiction radiophonique à recevoir un Prix Italia, Frédéric Général en 1948. Pour Claude Arrieu, une bonne musique dramatique, qu’elle soit composée pour un film ou une pièce radiophonique, remplit bien sa fonction si on ne l’entend pas. Pour l’évoquer, notre invitée est la chanteuse Françoise Masset qui a enregistré des mélodies de la compositrice après lui avoir consacré un mémoire de maîtrise en Sorbonne il y a une quarantaine d’années et n’avoir cessé depuis, de défendre la musique et la mémoire de celle qui, en plus de nombreuses musiques d’illustration pour la radio, a aussi signé beaucoup de musiques dites « de concert ».
Une émission potassée et fignolée par David Christoffel.
#radiophonieWed, 14 May 2025 - 1h 00min - 329 - Metaclassique #327 – Concerter
Le 17 mars 1725, on assistait à l’inauguration du Concert spirituel, une organisation fondée par Anne Danican Philidor instaure une nouvelle manière de donner la musique à entendre qui, à y regarder trois cents ans plus tard, passe pour une matrice de ce que nous entendons par « concert ». De l’histoire du mot à la pensée de la musique, de l’espace et du public que le « concert » implique, ce numéro « Concerter » de Metaclassique propose une histoire du concert du point de vue des trois siècles qui nous séparent de cette balise.
Réunis au Salon Marguerite Long de la Bibliothèque La Grange Fleuret, nous accueillons trois musicologues : Sarah Barbedette pour le xxè siècle, Inès Taillandier pour le xixè et, pour commencer, Bénédicte Hertz pour le xviiiè siècle.
Une émission préméditée et présentée par David Christoffel.
#18ème siècleWed, 07 May 2025 - 1h 00min - 328 - Metaclassique #326 – Fantasmer
Pour trouver un compositeur qui ferait la synthèse entre tous les autres, qui représenterait même un « en-soi » de la musique et qui, dans l’idéal, n’aurait pas une réputation polluée par des détails biographiques plus ou moins enthousiasmants, le plus sûr est peut-être de l’inventer. D’Alphonse Karr à Alessandro Baricco, en passant par Guy de Maupassant ou William Gaddis, les littérateurs ne se sont pas privés pour donner vie à des compositeurs fictifs qui s’appellent Conrad Krumpholtz ou bien David Barber, Saint-Landri ou encore Edward Blast. Pour autant, ces créateurs de fiction n’ont pas spécialement le profil du compositeur idéal. S’il doit bien y avoir un roman qui met en scène un compositeur inventé à la mesure des idéalisations musicales de l’auteur, c’est probablement Vinteuil dans A la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Reste à vérifier si la part d’idéal est si décisive dans les motivations de Proust et si Vinteuil n’est pas encore un peu trop inspiré de personnes réelles. Pour évoquer Vinteuil et écouter les musiques qu’il a pu inspirer, nous recevons Arthur Morisseau, qui est l’auteur d’un livre édité dans les Classiques Garnier sous le titre Les partitions de Proust.
Une émission conçue et aménagée par David Christoffel.
Autres émissions sur les compositeurs fictifs : Souffrir (n° 131 avec Etienne Barilier) et Pactiser (n° 283 avec André Hirt)
Et Versus-écouter avec Jérôme Bastianelli.Wed, 30 Apr 2025 - 1h 00min - 326 - Metaclassique #324 – Dénuder
Dans les débats sur les productions d’opéra, la question de savoir s’il était vraiment indispensable que la soprano soit toute nue ressemble au point de Godwin, le point de bascule irréversible du débat dans le non-débat. Voilà comment, dans les dix commandements de la mise en scène moderniste dénoncée par Jean Goury dans le livre C’est l’opéra qu’on assassine !, l’auteur place en cinquième : « Le nu, tu montreras. » Si la nudité sur scène devait être un gage de modernité aux yeux de ceux qui préfèrent le respect d’une tradition qu’ils semblent vouloir plus immobilisée qu’elle n’a jamais été, elle risque de ne jamais se trouver sérieusement instruite du point de vue des interprètes. Alors qu’il suffit d’ouvrir la discussion avec les artistes pour comprendre que la nudité sur scène ne peut pas rester une question isolée. Elle fait partie de ces options de mise en scène qui peuvent en effet donner lieu à négociation, à mise en difficulté et, de surcroît, à plus ou moins de justesse dramaturgique. Au point de retomber sur la question de savoir si la mise en scène sert l’ouvrage ou le dessert. Il faut donc élargir la question pour en arriver à se demander si les efforts physiques, les acrobaties, les situations gênantes viennent compliquer la performance vocale ou, au contraire, lui donner une sorte de stimulation. Metaclassique est parti enquêter à l’Opéra Bastille à Paris, au cours des répétitions du Falstaff de Verdi à la rencontre de la mezzo Marie-André Bouchard-Lesieur, du chef de chant Tanguy de Williencourt, de la contralto Marie-Nicole Lemieux pour, dans la deuxième partie de l’émission, interroger le ténor Cyrille Dubois qui, régulièrement, trouve un vrai plaisir à égratigner les mises en scène dites tapes à l’œil sur les réseaux sociaux.
Une émission préparée et réalisée par David Christoffel.Wed, 16 Apr 2025 - 1h 00min - 325 - Metaclassique #323 – Jalouser
Compositeur à très grand succès à son époque, Antonio Salieri est aujourd’hui le plus connu des compositeurs méconnus et le moins joué des compositeurs les plus joués de l’époque de Mozart. Là où Mozart est devenu le synonyme de génie, le nom de Salieri n’est pas loin d’être devenu le synonyme de musicien raté alors même que l’ampleur et la qualité de son œuvre sont largement indiscutables. Puisque c’est en France que Salieri a composé et créé des ouvrages qui ont fait date comme Les Danaïdes et Tarare, Metaclassique est allé au Centre de Musique Baroque de Versailles, à la rencontre de son directeur artistique, Benoît Dratwicki pour raconter le contexte dans lequel Salieri s’est trouvé comme propulsé par Gluck à l’Académie royale de musique. Et puisqu’à l’occasion du bicentenaire de la mort du compositeur, son ensemble Les Talens Lyriques fait paraître l’enregistrement d’un cinquième opéra de Salieri, nous avons interrogé le chef d’orchestre Christophe Rousset.
Une émission produite et réalisée par David Christoffel.
#18ème siècle
Wed, 09 Apr 2025 - 1h 00min - 324 - Metaclassique #322 – Evider
Quand Michel Foucault dit que « Le discours manifeste ne serait en fin de compte que la présence répressive de ce qu’il ne dit pas », entendait-il offrir un horizon d’écoute politique pour le 4’33’’ de John Cage ? Quand Ludwig Wittgenstein disait, à propos de ce dont on ne peut parler, qu’il faut garder le silence, programmait-il 4’33’’ à devenir une application de sa philosophie ? Depuis que John Cage a offert 4’33’’ de silence au public du récital du pianiste David Tudor le 29 août 1952, le silence a trouvé une sorte d’étalon, pour autant qu’aucun discours n’est sensé pouvoir en épuiser le sens, tant le silence serait inépuisable en signification. Aussi, pour recharger la réalité de son statut d’œuvre musical, le chanteur Pierre Girod s’est demandé quelle en était la meilleure version. Ou, pour être plus précis, il s’est dit que ce serait quand même bien qu’un Metaclassique soit consacré à comparer des versions pour chercher laquelle est la plus proche de la partition. C’est donc ce que nous allons faire aujourd’hui. Installés au conservatoire de Colomiers près de Toulouse, nous avons réunis Martin Feuillerac, Jésus Aguila, Catherine Schönestille et Pierre Girod pour comparer des versions enregistrées de 4’33’’. Une émission qui se terminera par un entretien synthétique avec Ange Ailli, spécialiste de musicologie étendue.
Une émission imaginée et fabriquée par David Christoffel.Tue, 01 Apr 2025 - 1h 00min - 323 - Metaclassique #321b – Confronter
En janvier 1984, l’Ensemble Intercontemporain créé par Pierre Boulez quelques années plus tôt, fait l’évènement en interprétant l’œuvre d’une rockstar, Frank Zappa. La presse est sceptique, du moins un critique de Libération, Philippe Olivier n’y voit jamais qu’un exercice de style. Il écrit « un zeste de Stravinsky, de Berg et de Varèse liés par une sauce néoclassique. Il n’y a pas là de quoi effaroucher le mélomane moyen. » Le journaliste va jusqu’à demander à Pierre Boulez si l’EIC qui joue Zappa, ce n’est pas pour lui un gadget. Boulez dit que pas du tout. Les œuvres de Zappa sont intégrées à un programme et il les prend très au sérieux. Et alors que Philippe Olivier demande au chef d’en définir les qualités, il répond « Tant qu’elles n’auront pas été jouées au concert du 9 janvier, je ne peux pas dévoiler leurs qualités. La surprise de l’audition ne doit pas être définie par anticipation. » À lire cette phrase, le critique et musicologue Christian Merlin considère que Boulez botte en touche en même temps que, dans la monographie de presque 700 pages que le critique musicologue consacre à Boulez aux Editions Fayard, un seul paragraphe est consacré à la collaboration entre Boulez et Zappa, qui botte en touche à son tour en résumant l’épisode par ces deux phrases échangées avec le journaliste de Libé. Bref, la collaboration entre Zappa et Boulez n’a pas été le choc des cultures qu’elle semblait annoncer et il semble y avoir à y revenir pour savoir qu’est-ce qui la motivait et quel fantasme a-t-elle réveillé et pour lequel des deux musiciens a-t-elle été si déterminante ou si leurs intérêts respectifs étaient à ce point asymétriques ? Pour cela, nous sommes installés à la Médiathèque Musicale de Paris pour recevoir le chef d’orchestre Daniel Kawka, qui a lui-même dirigé Zappa pour orchestre, et puis le compositeur zapophille Jonathan Pontier, pour qui Zappa n’est rien de moins qu’un musicien des plus inspirants.
Une émission pensée et animée par David Christoffel.Wed, 26 Mar 2025 - 1h 00min - 322 - Metaclassique #321a – Répondre
S’il fallait dire à quel point Boulez est une figure incontournable, on pourrait toujours dire qu’il a créé et animé le Domaine musical dans les années 1950 et 1960, fonder l’IRCAM et L’ensemble Intercontemporain dans les années 1970, dirigé le Ring de Wagner à Bayreuth dans la mise en scène de Patrice Chéreau en 1976, collecté des dizaines de Grammy Awards pour ses collaborations avec le Symphonique de Chicago ou le Philharmonique de New York, et qu’il a d’abord développé une œuvre musicale radicale en dialogue régulier avec des figures telles que Karlheinz Stockhausen, Bruno Maderna ou Luciano Berio. C’est-à-dire que, vu de haut et de loin, on ne peut que reconnaître que Pierre Boulez a changé la vie musicale française et défendu une ligne sans concession, avec une constance sans égale. Mais dans Metaclassique, on ne regarde jamais les choses seulement de haut, on cherche à mettre le haut en rapport avec le dessous et les à-côtés. Et pour ce numéro, nous allons prendre le temps de viser comment pour mener une vie aussi immense, Pierre Boulez s’adressait à ses complices à l’occasion du centenaire de sa naissance, les éditions de la Philharmonie de Paris font paraître le catalogue des œuvres de Boulez sous la direction d’Alain Galliari, en coédition avec Contrechamps, la correspondance que Boulez a entretenue avec Pierre Souvtchinsky, dont nous parlerons avec Gabriella Elgarrista. Et les éditions Contrechamps, font également paraître les correspondances entretenues sur plus de cinquante ans entre Pierre Boulez et Henri Pousseur. Une correspondance qui a été réunie par Pascal Decroupet. Autant de chantiers éditoriaux qui nous offrent une sorte d’observatoire tactique pour fouiller la dynamique créative et diplomatique de Boulez. Une émission enregistrée en public, dans le salon Marguerite Long de la bibliothèque La Grange Fleuret.
Une émission pensée et animée par David Christoffel.
Wed, 26 Mar 2025 - 1h 00min - 321 - Metaclassique #320 – Sympathiser
Il est certains instruments à cordes dont toutes les cordes ne sont pas directement manipulées par les instrumentistes et qui ne se donnent à entendre que “par sympathie”. La résonance d’une corde frappée ou frottée peut suffire à faire vibrer ces cordes dites “sympathiques” que l’on trouve sur des instruments comme la viole d’amour, le baryton ou encore le nyckelharpa. Volontiers associés à des moments émotionnels de tel ou tel opéra, les instruments à cordes sympathiques se sont attirés bien des… sympathisants : Johann Mattheson trouvait leur sonorité « languissante et tendre », Leopold Mozart « particulièrement charmante dans le silence du soir » et Hector Berlioz « séraphique ». Jusqu’à ce qu’une thèse soutenue en Sorbonne leur soit intégralement dédiée : une somme de 1306 pages que l’on doit à Louise Condi qui est l’invitée de ce Metaclassique “Sympathiser” auquel elle a voulu associer le multi-instrumentiste Colin Heller qui, au cours de cette émission, nous donnera à entendre certains de ces instruments : Une émission enregistrée à l’occasion de la Fête de la science, au Centre international de conférences de Sorbonne-Université, à l’invitation du Collegium Musicae.
Une émission conçue et animée par David Christoffel.
Wed, 19 Mar 2025 - 1h 00min - 320 - Metaclassique #319 – (Dé)coudre
Certaines avant-gardes poétiques ont exacerbé la musicalité du langage en voulant détruire tout ce qu’il avait de sémantique et triturer musicalement les mots pour mieux en découdre avec tout ce qui pouvait rester de signification à même telle ou telle lettre. Il reste qu’on ne saurait faire apparaître les coutures d’un langage sans s’engager dans un jeu de reprises et de contre-couture. C’est comme ça qu’un compositeur comme Frédéric Acquaviva n’en finit d’en découdre avec ce qu’on veut bien appeler une œuvre musicale au moment même où il ne cesse de coudre des manières très particulières alors que très évidentes de faire musique à vouloir l’épanouir à chaque situation, jusqu’à inventer la job music, la laugh music, la kiss music, la herpes music… Tout ce qui fait couture dans la vie peut donc faire de la musique de Frédéric Acquaviva. Ce qui explique en partie pourquoi une grande partie de ses productions sont éditées par un éditeur de poésie, Al Dante. Pour cet épisode « Coudre » de Metaclassique, nous allons donc à la rencontre de la musique de Frédéric Acquaviva et du compositeur lui-même, tout en commençant par nous entretenir avec Yoann Sarrat qui est l’auteur, chez Al Dante, d’une monographie : Phonosophie et corporalité compositionnelle, au sujet de L’art sonore de Frédéric Acquaviva dont nous entendons un premier extrait de l’œuvre Comma.
Une émission construite et tissée par David Christoffel.
Wed, 12 Mar 2025 - 1h 00min
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