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Reportage France

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RFI

Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats.

1071 - Un Karaoké géant pour célébrer le retour de Céline Dion a enflammé la scène du Grand Rex à Paris
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  • 1071 - Un Karaoké géant pour célébrer le retour de Céline Dion a enflammé la scène du Grand Rex à Paris

    Six ans qu’on l’attendait,  six ans d’absence marqués par la maladie. mais Céline Dion est de retour sur scène. La chanteuse québécoise, atteinte du syndrome de l’homme raide, donnera demain son premier concert parisien à la Plénitude Aréna, devant 40 000 spectateurs. Coup d’envoi d’un marathon avec seize concerts d’ici la fin de l’année. Pour les dix autres concerts prévus en mai 2027, les billets se sont arrachés en quelques heures. Les fans affluent du monde entier, avec des retombées économiques considérables. La chanteuse québécoise occupe une place unique dans le cœur des Français : ses chansons accompagnent leurs histoires d'amour, leurs fêtes ou leurs peines. Reportage à Paris, au Grand Rex, où un karaoké géant organisé cette semaine a réuni plusieurs générations de fans.

    Lire aussi notre dossier : Céline Dion, actualités, chansons et parcours d’une icône.

    Fri, 11 Sep 2026
  • 1070 - Bayeux privée de sa Tapisserie: «C'est comme si on perdait un membre de la famille»

    C'est un signe de confiance et d'amitié entre deux voisins : depuis ce 10 septembre 2026 et jusqu'en juillet 2027, la célèbre Tapisserie de Bayeux, qui raconte la conquête d'Angleterre par les Normands, est exposée à Londres. C'est la première fois que cette broderie traverse la Manche, un voyage rendu possible par un prêt consenti par le président français Emmanuel Macron. À Londres et dans les cercles diplomatiques, on se félicite que le projet ait abouti. Mais à Bayeux, habitants et commerçants se sentent dépossédés. 

    « Quand on est de Bayeux, la Tapisserie, on grandit avec, on va la voir à l'école, tout le monde en parle, et puis on voit les touristes défiler toute l'année. » C'est avec amertume et presque nostalgie que Mathis Laîné, salarié au sein du restaurant du Moulin de la Galette à Bayeux, parle de cette célèbre broderie millénaire. Profitant des travaux nécessaires au musée de la Tapisserie de cette cité normande de 13 000 habitants, le président françaisEmmanuel Macrona consenti un prêt historique au Royaume-Uni. Conclusion : voilà Bayeux privée de sa tapisserie… et de la précieuse manne financière qu'elle représente. 

    Des commerçants dépités 

    Le restaurant de Mathis Laîné est situé juste en face de la sortie du musée de la Tapisserie. À la fermeture de ce dernier, la sentence a été immédiate : « On a tout de suite constaté une baisse de la fréquentation. Le midi, cela représente 20% de chiffre d'affaires en moins, et le soir, on a une baisse d'au moins 10% », souligne avec inquiétude le jeune homme. Un manque à gagner à court terme, mais aussi pour le reste de l'année. « Depuis toujours, on vit l'hiver avec ce qu'on gagne l'été, soupire Mathis Laîné. C'est en ce moment que ça se joue, pour notre survie pour la suite » 

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    À quelques centaines de mètres de là, au bar-tabac et magasin de souvenirs le Balto, même bilan. « On voit bien qu'il y a moins de touristes que d'habitude !», déplore Marie-Laure Lamare, gérante depuis dix ans de cet établissement, et qui ne décolère pas. « D'habitude, sur les trottoirs, ça parle toutes les langues, l'anglais beaucoup, on se demande même si on est bien en France ! Depuis qu'il n'y a plus la Tapisserie, ça n'a rien à voir, c'est beaucoup plus calme... » Sur son comptoir, les cartes postales et autres magnets à l'effigie de la célèbre broderie prennent la poussière : « J'avais pourtant commandé très peu de souvenirs cette année et, malgré tout, je n'ai quasiment rien vendu. C'est simple : les touristes n'ont pas vu la Tapisserie, ils n'achètent pas ! » 

    Un symbole en moins pour la ville 

    Mais Bayeux sans la Tapisserie, ce n'est pas qu'un manque à gagner pour la ville : c'est aussi une part de son identité en moins. Dans le centre-ville, des dizaines de touristes écoutent la berceuse chantée par les cloches de la cathédrale. Un petit groupe d'entre eux se réunit devant Estelle Isidor-Leroux, guide-conférencière. « Si je vous dis Bayeux, à quoi pensez-vous en premier ? », interroge celle-ci. Comme de coutume, la réponse est évidente : « La Tapisserie !» 

    Pour cette native de Bayeux, voir ce morceau du patrimoine partir a été un vrai crève-cœur. « C'est comme si j'avais perdu un membre de ma famille », assume ce personnage pétillant. « Et puis, ajoute-t-elle, en tant que professionnelle du tourisme, il a vraiment fallu réfléchir à l'offre que l'on allait proposer en attendant le retour de la Tapisserie. ​​​​​​​»

    Comment faire vivre la grande absente ? À force de réflexion, une solution a été trouvée : Estelle Isidor-Leroux anime désormais des visites retraçant les pérégrinations de la Tapisserie dans la ville au cours de son histoire ; tandis qu'un des musées locaux propose une exposition sur sa conservation à travers les âges. D'ici l'hiver, la mairie prévoit même de lancer une « expérience immersive » destinée à faire plonger les visiteurs au cœur de la tapisserie. 

    Les institutions locales se montrent confiantes 

    Sourire ultra-bright et chemise impeccable, le directeur de l'office de tourisme intercommunal, Didier Llorca, se montre confiant et jovial. « Évidemment que la fermeture du musée de la Tapisserie a un impact sur les commerces. Et heureusement ! s'amuse-t-il. Sinon, cela voudrait dire que la fermeture d'un lieu qui fait 500 000 entrées par an n'a aucune influence sur la vitalité du centre-ville. Ce serait cela, la véritable anomalie. ​​​​​​​» Mais, pointe-t-il, « ​​​​​​​Bayeux n'a pas mis tous ses œufs dans le même panier. ​​​​​​​»

    Fait rare dans cette partie de la Normandie, son centre-ville a été totalement épargné des bombardements pendant le Débarquement, en 1944. Alors, raconte Didier Llorca, on vient à Bayeux « ​​​​​​​pour découvrir une ville médiévale d'époque ​​​​​​​», en plus de la tapisserie et de la cathédrale, mais aussi « ​​​​​​​et peut-être surtout ​​​​​​​» pour « se rendre sur les plages du Débarquement ​​​​​​​».

    Autant d'éléments qui rendent Didier Llorca serein : « On peut tout à fait supporter, même pendant une période longue de deux ans, la fermeture d'un musée comme celui de la Tapisserie. ​​​​​​​» D'autant que les chiffres avancés par la mairie semblent lui donner raison : d'après la ville, le musée de la Tapisserie ne représente que 20% du tourisme à Bayeux, contre 80% pour la cathédrale et les plages du Débarquement. 

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    Thu, 10 Sep 2026
  • 1069 - Agriculture et canicule: pour anticiper les fortes chaleurs, les céréaliers expérimentent [3/3]

    Les cultures de maïs européennes ont été ravagées par les sécheresses à répétition de cet été caniculaire. La France est loin d’être épargnée, d’après l’Association générale des producteurs de maïs, presque la moitié de la récolte de maïs en grain est inutilisable cette année. Alors pour anticiper les prochaines canicules, certains céréaliers expérimentent en apprivoisant une plante issue d’Afrique subsaharienne : le sorgho. Mais le chemin est encore long. 

    En Essonne, dans le sud de Paris, les champs de blé et de colza se succèdent presque indéfiniment. Pourtant au milieu des carrés jaunes et or, quatre petits hectares verts et rouges dénotent.

    « Nous voici au milieu d’un champ de sorgho, présente Eudes Coutté, l'un des rares cultivateurs de sorgho en France, on dirait des sortes de petits plants de maïs de 80 centimètres. La caractéristique du sorgho, c’est qu’on a un épi qui va faire des petites boules vertes qui vont rougir. C’est ces billes que l’on récolte entre septembre et novembre en fonction de la météo.»

    Le sorgho est une plante d’Afrique subsaharienne. Elle pousse dans les régions chaudes et sèches. Pour s'épanouir, la céréale a besoin d’une température comprise entre 25 et 35 degrés. S’il y a quelques siècles, elle avait du mal à pousser en France, ces quinze dernières années, de plus en plus de plantations de sorgho se développent. Eudes Coutté s’est intéressé à cette plante il y a 7 ans.

    Il raconte :  « Je me suis installée dans ma ferme il y a dix ans et je me suis dit avec le réchauffement climatique, si on ne prend pas des décisions dès maintenant, on va aller droit dans le mur, on ne pourra pas tenir une carrière de 42 ans sans changement. Donc, j'ai commencé à m'intéresser à certaines plantes, surtout des plantes venant d'Afrique et je suis arrivée sur le sorgho considéré par le WWF et par l'ONU comme une "plante du futur", donc écoresponsable ».

    En effet, le sorgho a besoin de 20 à 25 % d’eau en moins que le maïs et résiste très bien à la sécheresse. Cependant, ce n'est pas non plus une plante miracle et les trois mois complètement secs de cet été ont tout de même altéré certains épis jaunis et desséchés, selon Eudes : « Oui, le sorgho a une capacité à résister un petit peu plus à la sécheresse. Néanmoins, on voit quand même dans le champ qu'il y a certaines parties qui sont un peu plus jaunâtres et qui montrent les effets de la sécheresse et de la canicule successives. »

    Toute la société doit s’adapter

    Ludovic Joiris s’est associé à Eudes Coutté il y a trois ans. L’agriculteur cultive le lin et est très attentif à la culture d’avenir en général. Depuis près de vingt ans, il pratique l’agriculture de conservation des sols, une pratique qui permet de recréer la fertilité naturelle du sol.

    Il faut en général dix à quinze ans pour parfaitement apprivoiser une culture et les deux agriculteurs tâtonnent encore. «Il y a beaucoup d'apprentissage à faire, reconnaît Ludovic. C'est vrai que moi, je ne connais pas suffisamment donc on peaufine, on essaie d'améliorer. Cette année, j'ai eu quelques soucis parce que des limaces sont venues manger les pieds, mais quelque part la partie où il y a moins de pieds se comporte mieux que celle où il y a suffisamment de pieds parce qu'elles ont eu plus d'eau. »

    Mais le chemin est encore long, même une fois que la production sera stable, c’est toute la société qui doit s’adapter. Franck Laborde est agriculteur dans les Pyrénées-Atlantiques et président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) de la FNSEA, l'un des grands syndicats d'agriculteurs. Les syndicats regroupent aussi les cultivateurs de sorgho, beaucoup moins nombreux. Si le maïsiculteur trouve l’initiative intéressante écologiquement, il sait que, pour le moment, ce n’est pas viable.

    « Aujourd’hui, il y a 2,5 millions d’hectares de maïs en France et 35 000 hectares de sorgho. Même si le sorgho apparaît comme une bonne option face aux changements climatiques, si, derrière, le consommateur ne suit pas, les agriculteurs ne peuvent pas se permettre de produire plus d’hectares », affirme Ludovic. 

    Sans demande de la part des consommateurs (les éleveurs qui l’utilisent pour nourrir leur bête ou bien des particuliers), sans offre de la part des industriels, Eudes Coutté et Ludovic Joiris ne peuvent, pour le moment, pas vivre de la vente de sorgho. Tous les deux ont des activités alimentaires en parallèle.

    À lire aussiAgriculture et canicule: les éleveurs français face au risque de pénurie de fourrage [2/3]

    Wed, 09 Sep 2026
  • 1068 - Agriculture et canicule: les éleveurs français face au risque de pénurie de fourrage [2/3]

    En France, de nombreuses conséquences d'un été caniculaire se font sentir dans le secteur agricole. Après l'impact des vagues de chaleur sur les élevages de volaille, focus aujourd'hui sur le fourrage qui pourrait venir à manquer cet hiver. Face à des prairies brûlées et à des rendements de maïs en forte baisse, une grande partie des éleveurs ont entamé dès le début de l'été leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver, lorsque les animaux ne pâturent plus. Résultat : il va falloir s'adapter pour passer l'hiver. Reportage au sein d'une exploitation à Roy-Boissy, en Picardie. 

    À lire aussiAgriculture et canicule: après un été noir, les aviculteurs cherchent la parade [1/3]

    Tue, 08 Sep 2026
  • 1067 - Agriculture et canicule: après un été noir, les aviculteurs cherchent la parade [1/3]

    C’est une hécatombe silencieuse : des millions d’animaux sont morts en France en raison des canicules à répétition cet été. Les volailles, particulièrement sensibles à la chaleur, ont payé un lourd tribut : 2 % du cheptel national a été touché, notamment en Bretagne. Après cet été meurtrier, les aviculteurs réfléchissent déjà à des solutions d’adaptation pour l’année prochaine.

    « Ça, c’est un lot qui a subi de plein fouet la canicule », commente Antoine Chaumette en ouvrant la porte d’un des poulaillers de son exploitation bio située à Saint-Gildas-de-Rhuys, dans le département du Morbihan. À l’intérieur, une centaine de poules pondeuses délivrent un medleyde caquetages et de gloussements. « On en a retrouvé mortes dans le poulailler et sur le parcours, soupire l’aviculteur.Leur corps n’arrivait plus à réguler la température. »

    L’éleveur a perdu 110 volailles sur un cheptel d’environ 3 000. Du jamais vu pour celui qui exerce depuis neuf ans, dans un département – le Morbihan – jusqu’ici peu habitué aux chaleurs extrêmes. « Nos poulets sont régulièrement dehors et la proximité de la mer apporte régulièrement un vent frais, donc les canicules nous préoccupaient assez peu », admet l’exploitant, surpris par l’épisode de juin qui aura été le plus fatal à ses gallinacés. Un épisode qui lui aura toutefois permis « de mieux connaître désormais le seuil de tolérance des animaux par rapport aux fortes températures. »

    Pris de court et peu préparé, Antoine Chaumette a tenté de réagir. Il a opté pour la ventilation naturelle en ouvrant les trappes de ses poulaillers, notamment la nuit, mais au prix d’une surveillance renforcée pour éviter d’aiguiser l'appétit des prédateurs. L’aviculteur espère à terme pouvoir créer des zones d’ombre avec les jeunes pousses d’arbres plantés il y a quelques années sur son exploitation et qui, pour l’instant, n’ont pas atteint leur taille adulte. En attendant, il a fait avec les moyens du bord : « On a tendu deux bâches près des poulaillers pour créer des zones d’ombres. »

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    Des œufs plus petits

    Ces solutions d’appoint ont été efficaces puisqu’aucune perte n’a été enregistrée dans sa ferme lors des épisodes caniculaires suivants. Mais elles n’ont pas permis d’atténuer les conséquences identifiées sur la production. « Le calibre des œufs a diminué », constate Antoine Chaumette. Dans sa main droite, un œuf de taille classique, dans celle de gauche, un exemplaire d’un bon centimètre de moins. La taille de ses poulets a aussi rétréci. Il en pointe un du doigt : « Celui-ci, d’environ 1,2 kilogramme, doit normalement peser 1,5 kilogramme. Il y a jusqu’à un tiers de poids en moins sur certaines bêtes. La surconsommation d’aliment pendant la canicule leur a davantage permis de réguler la température que de produire de la viande », développe l’éleveur.

    Loin d’être résigné ou abattu, Antoine Chaumette perçoit l’été 2026 comme « une leçon » pour les années à venir. D’ailleurs, avec d’autres aviculteurs, il réfléchit déjà à des solutions d’adaptation pour l’été prochain. La priorité : ses poulaillers. Pourquoi pas installer de la ventilation dynamique couplée à des brumisateurs ou repeindre les toits en blanc, comme le font ses confrères maraîchers, pour réfléchir les rayons du soleil au lieu de les absorber et ainsi limiter la fournaise dans ses bâtiments. « Ce sont des investissements, mais ils seront amortis en évitant des pertes les années suivantes. »

    Des volailles sensibles à la chaleur

    La surmortalité des volailles durant l’été a atteint des niveaux records en France. Jusqu’à 2 % du cheptel national a succombé aux fortes chaleurs, soit entre 3 et 4 millions de poulets, « dont 2 à 3 millions pour la seule canicule du mois de juin », précise Yann Nédélec, directeur général de l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair. « La précocité de l’épisode, sa durée et le fait que les températures n’ont pas baissé la nuit, ont provoqué des ravages dans certains élevages. »

    Cette surmortalité s’explique par l’inadaptation de certaines fermes à des canicules dépassant les 40 degrés à l’ombre et par le fait que les volailles sont particulièrement sensibles à la chaleur. Elles ne transpirent pas, elles halètent pour réguler leur température. Résultat, leur rythme cardiaque s’accélère et elles meurent le plus souvent d’épuisement ou d’étouffement.

    C’est dans l’ouest de la France, dans les Pays de la Loire et en Bretagne, que cette surmortalité a le plus lourd impact. La région armoricaine représente à elle seule un tiers de la production nationale de volailles. La mortalité y est telle que les entreprises d'équarrissage se sont vite retrouvées débordées face à l’afflux de carcasses d’animaux morts. Au point que certaines préfectures ont exceptionnellement autorisé les éleveurs à enfouir leurs bêtes sur leurs exploitations.

    Brumisation et ventilation

    Si les canicules n’ont épargné aucune branche de l’aviculture, c’est bien dans les élevages intensifs que les pertes ont été les plus importantes. Mais les grosses exploitations sont aussi les mieux équipées. À une centaine de kilomètres plus au nord du Morbihan se trouve le petit village de Mauron, où se situe la ferme familiale de Clément Moy, jeune agriculteur de 27 ans. Ses cinq poulaillers géants sont parfaitement outillés : « Une brume envoie un spray d’eau et en parallèle des ventilateurs sortent l’air vers l'extérieur du bâtiment. Ce courant d’air permet de donner un ressenti de frais », développe l’éleveur au moment où les turbines se mettent justement en marche.

    Ce système lui a permis de passer l’été sans encombre. Aucune perte dans son poulailler qui compte pas moins de 24 000 volailles et où la température n’a pas dépassé les 30 degrés quand il en faisait dix de plus à l’extérieur. « Aujourd’hui, je peux dire que j’ai réussi à traverser cet été sans casse, mais il ne faut pas croire que cela va durer éternellement comme cela », tempère l’agriculteur.

    Un modèle à repenser

    Car Clément Moy en est conscient : plus les étés seront chauds et secs, plus il sera difficile de s’adapter. Il plaide pour des changements plus profonds : « Il ne faut pas davantage de brumisation et de ventilation. Il faut se demander pourquoi notre élevage est aussi sensible à la chaleur. Et là, on en vient à des solutions plus complexes qui demandent des investissements plus difficiles à mettre en place pour investir dans des poulets plus résistants, qui grandissent moins vite, et dans des densités d’élevages moins importantes. Le cœur du sujet, c’est de s'interroger sur notre modèle. »

    Avec ses 120 vaches laitières et ses cinq poulaillers géants, le jeune éleveur pourrait passer pour un ardent défenseur de l'agriculture productiviste. Il prône au contraire la transition agroécologique dans sa ferme. Mais repenser son modèle aura nécessairement un coût : « Un poulet qui grandit moins vite et des poulaillers avec moins d’animaux, c’est une bonne chose. Mais pour nous, les charges restent identiques. Il faudra donc vendre la viande plus cher et le consommateur devra l’accepter. » Mais Clément Moy le concède : sans accompagnement politique et économique, il ne pourra rien faire. La transition est l’affaire de tous, « de tous les acteurs de la filière », conclut-il.

    À écouter dans DécryptageLes droits des animaux, défi démocratique du XXIème siècle ?

    Mon, 07 Sep 2026
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