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Reportage France

- 1086 - France: les «re.traiteurs», des retraités qui cuisinent pour arrondir leurs fins de mois
En France, le gouvernement affiche sa volonté de « redresser » les finances publiques en présentant son projet de budget pour 2027, avec une série de mesures d'économies, notamment en voulant taxer les pensions de retraites. Dans le pays, ils sont 18 millions de retraités, et certains gardent un pied dans une activité professionnelle pour arrondir leur fin de mois. Cette jeune entreprise parisienne, Oma&Opa-Les re.traiteurs, a monté un service traiteur en employant uniquement des retraités. Une manière également de lutter contre l'exclusion des personnes âgées.
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Fri, 02 Oct 2026 - 1085 - Le remboursement de certaines protections menstruelles, une avancée jugée insuffisante [1/2]
Cela fait trois ans que la mesure était dans les tiroirs. À partir du jeudi 1er octobre, les protections hygiéniques réutilisables sont intégralement ou partiellement remboursées pour toutes les femmes de moins de 26 ans et pour les plus précaires. Près de 7 millions de personnes peuvent récupérer des culottes ou des cups menstruelles en pharmacie. Le gouvernement justifie le remboursement de ces produits par leur caractère « écologique ». Chez les étudiantes de l'université Paris Nanterre, la mesure convainc, mais pas totalement.
Tampons, serviettes, antidouleurs : avoir ses règles coûte cher. En France, une personne menstruée peut débourser 10 à 15 euros par mois. À l'université Paris Nanterre, l'épicerie solidaire offre une alternative aux étudiantes. « Ce qu'on propose aux bénéficiaires : on a des kits d'hygiène, des serviettes hygiéniques, des tampons, des culottes menstruelles... », égrène Yacinia, étudiante sur le campus mais aussi bénévole à l'épicerie. « On a des cups aussi ! Il ne nous en reste pas beaucoup, mais on en a », explique-t-elle.
Yacinia sait qu'ici, les prix défient toute concurrence. « C'est vraiment 20 centimes, 30 centimes… Par exemple, la boîte de tampons ou le paquet de serviettes hygiéniques, c'est 30 centimes, alors qu'en magasin, ça coûte beaucoup plus cher », détaille-t-elle.
Elle a appris que les culottes et les cups menstruelles seraient entièrement ou partiellement remboursées « sur les réseaux sociaux ». « Je trouve ça très intéressant et surtout très important, parce que vu le prix des culottes menstruelles et des cups, on ne peut pas se permettre de payer ça, encore moins quand on est étudiante », estime-t-elle. Avec la nouvelle mesure, Yacinia aimerait tester les culottes menstruelles, mais pas les cups, qu'elle ne sait pas utiliser.
Tout comme Isabel. « Moi, ce que j'avais entendu, c'est que c'était compliqué à gérer, la cup, quand on a une vie, entre guillemets, active, qu'on est étudiant ou qu'on travaille, etc., et que c'est bien quand on est à la maison », raconte-t-elle.
Pas convaincue par la mesure
Pendant leurs règles, les personnes menstruées utilisent encore largement des protections jetables. D'après l'association de lutte contre la précarité menstruelle Règles Élémentaires, les culottes et les cups représentaient moins de 10 % des produits utilisés en 2023. « C'est un réflexe d'aller à Carrefour et d'acheter un paquet de serviettes hygiéniques quand tu as tes règles, tu ne penses pas directement à prendre une cup ou une culotte menstruelle », reconnaît Isabel.
Catherine Athénaïs n'est pas convaincue par la mesure, qui ne la fera pas changer ses habitudes. « Je pense que c'est pas super super utile. Je vais majoritairement rester sur les tampons et les serviettes hygiéniques », tranche-t-elle.
Les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire pourront obtenir deux produits par an en pharmacie. « Deux protections par an, c'est pas des masses et ça ne va pas changer non plus grand-chose à notre vie. Moi, j'utilise pas de culotte ni de cup », juge-t-elle. Eya aimerait que la mesure aille plus loin. « Je pense qu'il devrait y avoir la gratuité de toutes les protections hygiéniques pour les femmes », plaide-t-elle.
En France, les associations de lutte contre la précarité menstruelle demandent un accès gratuit aux produits périodiques depuis plusieurs années. Pour l'heure, aucune mesure de ce type n'a vu le jour, ni en France ni ailleurs.
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Thu, 01 Oct 2026 - 1084 - La contestation s'organise contre le projet de centre de données géant de Google prés de Châteauroux
Ils sont essentiels au développement de l'intelligence artificielle (IA) : les data centers, ou centres de données, s'implantent désormais hors des grandes agglomérations, aux États-Unis mais aussi en France. Objectif : du foncier peu cher et un accès facilité aux infrastructures électriques. Google est actuellement en discussion pour installer son premier méga data center sur une commune rurale près de Châteauroux. Un projet piloté par la métropole, qui promet d'importantes retombées en termes d'emploi. Mais des élus de la petite ville d'Étrechet et un collectif citoyen s'inquiètent des conséquences environnementales. Ils dénoncent un projet qui se décide dans l'opacité.
De notre envoyée spéciale à Étrechet,
« On est exactement sur la zone qui devrait être vendue effectivement à Google », explique-t-il. Francis Martinet est l'un des membres du collectif Ozans dire non. Face à lui, à perte de vue, des terres agricoles, rachetées il y a plusieurs années par la métropole : l'équivalent de 300 terrains de football, où Google projette de construire huit à dix bâtiments alimentés par des pylônes électriques.
« C'est vrai que nous sommes dans un territoire agricole. Nous, les grands bâtiments, les grandes surfaces, c'est quelque chose que l'on ne connaît pas bien. Bien sûr, il y a des usines sur Châteauroux, mais cela n'a rien à voir avec ces dimensions », souligne Marie-Pierre Chabenat-Canals, adjointe à la mairie d'Étrechet depuis le mois de mars. « Vous allez avoir les pylônes qui vont passer ici, avec 80 décibels... 80 décibels, je rappelle que c'est une tondeuse à gazon en permanence », prévient-elle.
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Avec trois autres élus (dont la maire), elle a récemment claqué la porte du conseil municipal. Des élus qui n'ont aucun pouvoir décisionnel depuis le transfert de la compétence d'urbanisme à la métropole il y a plusieurs années, et qui affirment avoir découvert le projet après les élections municipales. « Il nous a fallu comprendre de quoi on parlait. On s'est mis en lien avec le Shift Project, et dans le quart d'heure suivant, ils nous ont répondu immédiatement. Monsieur Gieste, qui est chercheur, nous a dit immédiatement :''Je mets mes chercheurs à votre disposition'' », raconte-t-elle.
Selon les projections du groupe de réflexion français, le site représentera à terme « 63% de la puissance électrique des centre de données raccordée actuellement au réseau français ». Une puissance électrique pouvant aller, selon les projections, jusqu'à la consommation d'un réacteur nucléaire standard. Le projet prévoit également la création d'au moins une nouvelle ligne à haute tension.
Mais pour Gil Avérous, maire de Châteauroux et président de la métropole, ce gigantisme se justifie par des promesses d'emplois. « C'est a minima 1 500 emplois pérennes directs sur le site, qui s'ajoutent à ceux qui vont être liés à la construction pendant toute la phase chantier. Il y aura des emplois moins pérennes, mais qui seront en plus de ces 1 500 à terme, détaille-t-il. La référence, elle est assez simple : Google exploite déjà des centres de données en Belgique, à Charleroi, donc il suffit de voir quels sont les nombres d'employés là-bas, de ramener en proportion de ce qui va se faire ici pour avoir ce chiffre-là. On ne part pas de rien. Ce n'est pas une estimation au doigt mouillé. » Contactée par RFI, la filiale française de Google se refuse à confirmer ces chiffres.
Pour Marie-Pierre Chabenat-Canals, l'argument économique ne peut pas faire oublier les préoccupations environnementales. « On nous dit :''Vous devriez vous estimer heureux.''C'est la réponse qui nous a été faite en conseil, séance enregistrée. Eh bien non, j'ai beaucoup de mal à entendre cela et à me contenter de ce discours. On veut des études chiffrées et indépendantes », insiste-t-elle.
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Des études chiffrées et indépendantes concernant notamment la consommation en eau du site ou le risque de rejet de PFAS, des polluants éternels. Des questions qui seront posées lors de la réunion publique de la Commission nationale du débat public, prévue le 9 novembre.
Reste la question de la soutenabilité de ces centre de données géants face aux objectifs de sobriété énergétique. Jérémie Godet est vice-président écologiste de la région Centre-Val de Loire, en charge du climat : « La consommation énergétique totale, comprenant y compris les énergies fossiles, de la région en 2025, c'était 63 térawattheures. Juste le data center, ce serait 10 térawattheures, donc on est sur 1/6e. Moi, quand j'ai pris conscience de cette proportion-là, je me suis dit : en fait, on ne peut pas rester sans rien faire et sans rien dire, comme si ça allait créer quelques centaines d'emplois », s'alarme-t-il.
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Wed, 30 Sep 2026 - 1083 - Journée de grève dans la fonction publique: l'épuisement des enseignants d'une école de Pontoise
À deux jours de la présentation du budget pour 2027, plus de 150 manifestations sont prévues à travers la France ce mardi 29 septembre. Les défilés s'accompagneront de mouvements de grèves dans les services publics comme les établissements scolaires. À l'école élémentaire Paul Cézanne, à Pontoise, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris, la grève est particulièrement bien suivie. Elle illustre les effets d'un budget toujours revu à la baisse.
Dans cette école, au moins huit enseignants sur dix ont prévu de faire grève ce mardi. C’est le cas de cette institutrice qui presse le pas pour être à l’heure dans sa classe. Elle est déjà épuisée, moins d’un mois après la rentrée. « Personne ne réalise ce qui se passe dans une classe, c’est tellement difficile de faire classe, tout simplement. On ne demande même pas de salaire, juste des moyens pour bien faire notre travail,déplore l'enseignante. Et puis en plus, il y a un manque de volonté évident, je pense qu’ils n’en ont plus rien à faire. Je m’arrêterai là… »
Une rentrée particulièrement difficile dans cet établissement qui accueille depuis le début du mois dix enfants souffrant de troubles autistiques. Le dispositif Ulis a pour but d’inclure des élèves handicapés dans des classes ordinaires, mais les moyens n’ont pas suivi. « Nous ne refusons pas l’inclusion. Nous voulons simplement une inclusion de qualité,souligne Olivier Delouze, instituteur et représentant syndical. Alors, il y a un bon côté qui est affiché en termes de com' par un gouvernement où il nous faut une société inclusive. Ça, nous sommes tout à fait d’accord. Or, ça suppose des actes professionnels qui ne sont absolument pas ceux qui ont été mis en place. Et donc vous avez une explosion des souffrances au travail, par exemple pour les personnels. Et ici, c’est ce qui mobilise principalement pour la grève. »
Lisa fait partie des grévistes également. Elle n’est pas enseignante mais AESH, c'est-à-dire accompagnante des élèves en situation de handicap. C’est l’une des rares professionnelles de cette école à accompagner spécifiquement les élèves handicapés. « Avec ma collègue, on est deux pour dix enfants répartis dans plusieurs classes. En fait, on passe notre temps à courir et à essayer de parer l’urgence uniquement, entre celui qui va vous taper dessus, celui qui va s’enfuir parce que ça ne va pas non plus… Et donc du coup, on court de crise en crise pour essayer que ça ne déborde pas et que ça impacte le moins possible les autres,déplore-t-elle. On nous demandait d’accompagner les enfants, maintenant on nous demande juste qu’il n’y ait pas de conséquences sur les autres enfants ou sur les collègues. »
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« Je ne vous cache pas que c’est épuisant »
À l’entrée de l’école, la collègue de Lisa et une surveillante accueillent justement l’une de ces élèves autistes. La petite fille aux longues tresses semble calme, mais lorsqu’il est question de rejoindre sa classe, c’est la crise. Elle refuse d’être touchée. Des enseignants viennent à la rescousse. Une situation banale dans cette école. « Nous, on le voit au quotidien le manque de moyens pour pouvoir enseigner correctement auprès des élèves de cette école,explique Stéphanie Crislip, la mère de deux élèves. Et avec des promesses qui avaient été faites par l’inspection académique pour pouvoir implanter ce dispositif correctement et des promesses qui ne sont pas tenues. On a l’impression que constamment, il faut lutter pour obtenir des conditions d’enseignement dignes pour nos enfants. Et c’est… Je ne vous cache pas que c’est épuisant. »
Un avis partagé par les familles rencontrées devant les grilles de l’établissement, même si le mouvement pèse sur leur quotidien. « Ça va être un peu compliqué. J’ai trois enfants et il faudra pas que ça dure parce que beaucoup de choses seront vraiment bloquées »,dit l'une. « On reste à la maison, en télétravail par exemple, c’est pas forcément évident »,commente un autre. « C’est des compétences qui s’apprennent, ça fait des années avec le Covid et tout ça. On a à peu près l’habitude. Si c’est une journée comme ça, ça peut passer », précise l'un. « Ils sont mal payés, mal considérés, donc il y a que ça qui permet de faire bouger les choses », finit un autre.
En juin dernier, enseignants et parents de l’école Paul Cézanne se sont déjà battus pour éviter la fermeture d’une classe. Sans leur mobilisation, les effectifs seraient passés à 26, voire 27 élèves par enseignant au lieu de 24 aujourd’hui.
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Tue, 29 Sep 2026 - 1082 - Ligue des nations: Zinédine Zidane prend ses marques avec les Bleus
En football, l'équipe de France est à Bruxelles pour y affronter la Belgique. Match comptant pour la Ligue des Nations. Les Bleus de Zinédine Zidane tenteront de confirmer leur victoire obtenue en Turquie vendredi (1-0). Le nouveau sélectionneur commence à prendre ses marques. Il faudra du temps pour voir les conséquences sur le terrain, mais pour l'instant, tout va bien pour l'ancien numéro 10 des Bleus. Belgique - France, coup d'envoi ce lundi à 18h45 TU. Les Bleus affronteront ensuite l'Italie vendredi puis de nouveau la Belgique lundi prochain au Stade de France.
Izmit n'est pas la destination la plus accessible quand on vit en France : 3 000 kilomètres à peu près en partant de Paris. Mais ils étaient quelques centaines à avoir fait le déplacement vendredi pour soutenir les Bleus et leur nouveau sélectionneur, Zinédine Zidane.
« On était un peu haut, donc on l'a vu de loin. C'est le top du top. Zidane, ça fait toujours quelque chose. Il représente tout, 98, les deux buts en finale. Il représente aussi 2006, un magicien. On est tous fans depuis tout petit, donc c'est énorme », affirme Franck. « C'est clair que Zidane, ça représente énormément pour nous et pour le foot français. C'est quand même un moment très spécial…», ajoute Julie.
Ce match contre la Turquie, moment historique pour le champion du monde 1998 qui rêvait depuis longtemps de prendre en main les Bleus, en tant que sélectionneur. L'histoire retiendra que, pour sa première, Zidane et une partie du staff sont arrivés en retard au moment des hymnes. « Le protocole, ça a été plus vite que prévu, j'ai eu un petit retard à l'allumage. J'aurais préféré arriver avec le début», déclare Zinédine Zidane. Peut-être le signe d'une certaine nervosité, malgré le palmarès et l'aura de la star.
« Cette victoire est pour lui»
La France n'a pas été transcendante face à la Turquie mais elle s'est imposée 1-0 grâce à un but de son capitaine Kylian Mbappé. Et pour Rayan Cherki, titularisé au milieu, c'est l'essentiel. Il fallait bien lancer cette nouvelle ère. «Franchement, c'est un pur plaisir. Parce qu'on connaît son passé de joueur. On connaît son passé d'entraîneur. On avait à cœur de commencer cette nouvelle aventure avec une victoire. Commencer avec une victoire comme celle-ci, c'est vraiment bon à prendre. Parce que le match n'était vraiment pas facile au vu des circonstances. Donc, on est vraiment content. Cette victoire, elle est pour lui», raconte le joueur.
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Cherki partage avec son coach le goût pour l'art de la passe, du contrôle, et des espaces impossibles à trouver pour les autres. Mais il n'était pas né en 1998. Il a donc vu les exploits de Zidane joueur, sur des vidéos. Pour cette génération aussi, le Marseillais est une légende vivante, comme l'explique Adrien Rabiot :
« Je pense que c'est quand même un peu le cas. On connaît très bien l'importance qu'il a eue au niveau du foot français. En tant que joueur, maintenant en tant que coach, il était très attendu. Évidemment, du fait de son aura, il prend beaucoup de place. Les gens en attendent beaucoup et c'est normal. Je pense que lui, il essaie de se mettre en retrait le plus possible. Pour laisser cet aspect-là aux joueurs. Laisser les joueurs s'exprimer au maximum. »
Un entraîneur discret, malgré les succès
L'ancien numéro 10 succède à Didier Deschamps, qui aura passé 14 ans sur le banc tricolore. Et sa nomination était très attendue. Tous les regards sont donc tournés vers lui, il doit bien l'accepter. « Oui, ça m'agace,regrette Zidane.Je crois qu'il faut juste accepter comme les choses sont faites. Après, je ne cherche pas ça et je ne suis pas là pour ça. Je vais essayer de faire mon travail avec mes joueurs. Essayer de mettre quelque chose en place, qu'on puisse gagner des matchs. Et ça, c'est ce qui m'intéresse le plus…»
Tout au long de sa carrière de joueur, puis d'entraîneur du Real Madrid, avec qui il a gagné trois Ligue des Champions de 2016 à 2018, Zidane a cultivé l'art de la discrétion, malgré les succès. Et il n'entend pas changer de méthode. « Je ne le connaissais pas personnellement. Mais j'ai l'impression que c'était quelqu'un d'assez discret, assez réservé, qui se montre peu. Et qui aime garder les choses dans l'intime. C'est un peu ce qui se passe en équipe de France. J'ai l'impression qu'il est avec nous comme il est à l'extérieur…», souligne Adrien Rabiot.
C'est pour cette raison qu'il s'est entouré d'un noyau de fidèles, limitant au maximum les intervenants extérieurs. Et personne ne viendra le contester. Pour les supporters, il est l'homme de la situation. « C'est une légende. Maintenant, on attend la suite et on est confiant. Et puis on compte sur lui. Avec une belle équipe, du sang nouveau, ça va être bien », déclare Kaya, supporter.
Des choix forts, une identité de jeu plus assumée. La patte Zidane commence à s'exprimer. Son statut d'icône le rend intouchable. En tout cas, tant que les Bleus continuent à gagner.
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Mon, 28 Sep 2026 - 1081 - À Clichy-sous-Bois, des jeunes en pèlerinage se préparent à l'arrivée du pape [3/3]
Alors que le pape est attendu au Stade de France ce 25 septembre au soir, l'évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet, souhaite que cet événement ne soit pas une fête que pour les catholiques. Les jeunes de 17 à 35 ans seront à l'honneur pour une veillée de prière avec le souverain pontife. Le pèlerinage diocésain de Notre-Dame-des-Anges à Clichy-sous-Bois est un grand rendez-vous catholique de la Seine-Saint-Denis. Il a pour but de lancer la rentrée pastorale. Ce dimanche 14 septembre, ce pèlerinage avait une couleur particulière, les jeunes fidèles se préparaient à la venue du pape dans la joie.
Grand gabarit, col romain et croix sur la poitrine, le sémillant évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet, attend la venue du pape avec impatience. « Je crois que la venue du pape en Seine-Saint-Denis, au Stade de France, c’est une très grande fierté pour les gens,se réjouit-il. Moi, je l’entends : "Le pape vient chez nous ! Le pape vient chez nous !"»
La Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, plus de 130 nationalités différentes, forte présence musulmane, a du mal à se défaire de certains préjugés. Tresses rouges qui tombent sur les épaules, Ivana en est sûre, la présence du souverain pontife au Stade de France est un événement qui dépassera les seuls catholiques. « C’est hyper important qu’il vienne parce qu’il y a toutes les origines, toutes les religions. C’est cosmopolite. Du coup, qu’il vienne, c’est vraiment pour nous montrer que la jeunesse, on est aussi important que les autres et que la religion n’a pas de couleur,affirme la jeune fille.Le fait qu’il vienne, ça montre vraiment qu’il s’intéresse à nous, qu’on n’est pas mis de côté et que finalement, on est tous Français. Le fait qu’il nous accorde de son temps dans le 93, c’est beau. »
Le plus jeune évêque de France se démène justement pour qu’il y ait un dialogue entre les religions dans son département de Seine-Saint-Denis. « Ce n’est pas la guerre des religions. Ça ne veut pas dire qu’on est naïf, ça ne veut pas dire qu’on ne dit pas qu’il n’y a pas de problèmes. De temps en temps, il y en a et s’il y a des problèmes, il faut pouvoir le dire. Mais l’essentiel, c’est qu’on puisse vivre en paix et qu’on se reconnaisse,souligne l'évêque. Et il n’y a rien de tel que de se rencontrer. C’est pour ça que ce qui nous a paru important au Stade de France, c’est qu’aussi certains de nos jeunes invitent certains de leurs amis qui ne sont pas chrétiens. Il y aura des musulmans, il y aura des hindous, il y aura des bouddhistes, il y aura des sikhs, il n’y aura pas beaucoup de juifs parce que le vendredi soir, c’est shabbat. Et pour nous, c’était important qu’ils soient aussi présents, cette diversité de la Seine-Saint-Denis au Stade de France, parce que c’est ainsi que vivent tous nos jeunes. »
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Faire confiance à la jeunesse
Originaire du Cameroun, Marc, 28 ans, est venu en famille au pèlerinage de Clichy-sous-Bois. Il veut croire à un catholicisme vivant dans le 93. « On a l’impression que les jeunes ne vont plus à l’église, que c’est que des vieux et que les églises se vident. Mais on voit quand même que depuis à peu près cinq ou dix ans, des jeunes demandent de plus en plus le baptême, et je pense que c’est un signe,affirme-t-il. Et la venue du pape pourra aussi un peu redonner envie à ceux qui hésitent de pouvoir s’engager et servir le Seigneur. »
Dans le diocèse de Saint-Denis, l’Église de France ne recense pourtant qu’un peu plus de 1 % de catholiques pratiquants. Madeleine porte un foulard noué sur la nuque, des socquettes et des sandales. Elle commente la devise du pape. « Le thème, c’est :"Pour que le monde ait la vie", on voit bien ce que ça vient faire dans le contexte politique. Donc j’imagine qu’il va insister sur tout ce qui permet la vie, sur le fait que le Christ nous donne la vie, qu’il faut protéger la vie. Et effectivement, vu les événements récents en France, on comprend bien qu’il veuille appuyer là-dessus. Moi, ça me paraît aussi extrêmement important. »
Ivana se dirige vers la messe. Elle voudrait que le pape fasse confiance aux jeunes. « La jeunesse, on a tellement de trucs à dire, tellement de trucs à faire, on est tellement intelligents que ce serait beau qu’on fasse, je sais pas, un projet ou je sais pas. »
Alors pour rien au monde elle n’aurait cédé sa place au Stade de France.
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Fri, 25 Sep 2026 - 1080 - Visite du pape en France: ce que les victimes de violences sexuelles attendent de Léon XIV [2/3]
Le pape Léon XIV est attendu à partir de vendredi en France pour une visite officielle de quatre jours, la première d'un chef de l'Église catholique depuis celle de Benoît XVI en 2008. Il se rendra à Lourdes, dans le Sud-Ouest samedi et dimanche, où il rencontrera sept victimes de violences sexuelles commises au sein de l’Église. Une rencontre en petit comité avec des profils variés, des hommes et des femmes, mineurs et majeurs au moment des faits, et ce alors que Léon XIV a promis de mieux lutter contre le fléau des violences sexuelles. Mais alors qu’attendent les autres victimes de ce voyage en France du Pape, celles qui ne rencontreront pas Léon XIV ? Le témoignage de trois victimes.
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Thu, 24 Sep 2026 - 1079 - Léon XIV en France: à la maison Bakhita, la visite du pape «pourrait un déclic dans le parcours de vie» [1/3]
Alors que le pape Léon XIV arrive en France vendredi 25 septembre pour la première visite d'État d'un pontife dans l'Hexagone en 18 ans, sa venue abordera les domaines de la géopolitique mais aussi de la spiritualité, avec une journée dans la ville sainte de Lourdes, et une séquence solidarité. Pour cela, Léon XIV se rendra à la Maison Bakhita, une association catholique, lieu de ressource et d'accompagnement des exilés.
« Le pape arrivera par le haut de la rue, fenêtres fermées. Ce ne sera pas la papamobile et il rentrera directement dans la maison. Maison Bakhita, diocèse de Paris. » Dans un quartier populaire du nord de Paris, la Maison Bakhita accueille depuis cinq ans des exilés de façon inconditionnelle, quels que soient leur religion et leur statut administratif. Certains viennent y chercher un moment de convivialité, des loisirs, d'autres des cours de français, des formations aux métiers de la menuiserie, de la couture ou de la cuisine.
Valérie Moniot est la présidente de l'association : « Donc là, je pense que nous l'accueillerons avec Monseigneur Ulrich, l'archevêque de Paris ici, et il y aura un comité d'accueil avec différentes associations. Et nous allons prendre l'escalier parce que les ascenseurs pour les déplacements du pape, on n'aime pas trop ça, on ne sait jamais, un ascenseur reste coincé. »
Son équipe a eu à peine plus d'un mois pour préparer cette visite, qui ne doit durer qu'une demi-heure. Au détour d'un couloir, elle croise Thierry Desjuzeur.Il préside l'une des autres associations que Léon XIV vient rencontrer ce samedi. Tous les moments sont bons pour peaufiner les derniers détails : « Dans le mot d'accueil, je vais mettre des mots clés en décrivant un petit peu l'association et à la tienne et je ne sais pas quels mots :"Nos valeurs, c’est la gratuité, la fidélité, l’inconditionnalité" »
Son association « Aux Captifs, la libération » anime l'atelier couture au sein de la Maison Bakhita. L'ONG tend la main aux plus vulnérables, les personnes à la rue, les prostituées. Ce jour-là, cinq jeunes femmes nigérianes s'affairent sur des machines à coudre. Sunday assemble consciencieusement deux rectangles de tissu : « C'est un étui pour avoir vos lunettes toujours bien protégées. »
L'Atelier Bakhita répond à des commandes d'entreprises de particuliers. En retour, Sunday touche un petit pécule, mais cette activité lui apporte bien plus. « Tous les jours, je dois me préparer, venir travailler. Ça m'aide à être occupée. Je ne peux plus me permettre de dormir toute la journée. Cela a beaucoup changé mon quotidien. «
Sunday et les autres n'auront pas la chance de rencontrer le Pape. Seules quelques accueillies pourront s'entretenir avec Léon XIV. Une chance inestimable pour Thierry Desjuzeur : « Pour les personnes, cette rencontre peut vraiment être un moment de bascule et un déclic dans leur parcours de vie. »
Une visite vécue comme un honneur
Même pour les autres habitués de la Maison Bakhita, la visite du pape est vécue comme un honneur, une source de joie. Charlotte, une quinquagénaire originaire de Côte d'Ivoire, vient ici chaque semaine suivre des cours de peinture : « Le pape va venir à nous. Habituellement, c'est nous qui partons chercher le pape, mais il viendra à nous. Je vais voir ça à la télévision, mais ça me fait bien qu'il sera ici quand même. On va marcher sur ses pas. Sa bénédiction va nous contaminer. »
Des pas qui mèneront le pape jusque dans la salle de convivialité de la maison : « Qui est assez vaste, vous voyez ? Et là, il y aura une quarantaine de personnes, ajouteValérie Moniot. Mais lui-même fera une allocution pour le monde. Et là, j'imagine que son message sera d'oser la rencontre interpersonnelle avec l'étranger, avec le SDF dans la rue. Après les convictions politiques même de tout un chacun, reconnaissez en l'autre, non pas un problème social, mais un autre vous-même. »
Ce message accompagnera Léon XIV jusqu'à Lourdes ce dimanche où il rencontrera plus de 500 personnes en grande précarité.
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Wed, 23 Sep 2026 - 1078 - «C’est une logique de survie»: la consommation drogue dans les rues de Marseille en augmentation
À Marseille, la consommation de crack a fortement augmenté ces derniers mois avec de plus en plus de consommateurs dans la rue. Après un été caniculaire, les habitants du Ier arrondissement de la ville sont à bout, tous les jours témoins de prostitution et de consommation de drogue à ciel ouvert. Ils réclament l’ouverture d’une Halte soins addiction (HSA) pour prendre en charge les consommateurs qui vivent dans la rue, deux ans après l’abandon du projet.
De notre correspondante à Marseille,
En ce dimanche matin de septembre, les habitants du square Labadié ont décidé d’organiser un vide-greniers sur une place d’ordinaire plus utilisée pour la consommation de crack et le trafic de drogue. « Avec la canicule, on a dû ouvrir nos fenêtres et dormir les fenêtres ouvertes, avec des cris de douleur à toute heure de la nuit, soudains et brusques, des filles qui se font ramasser, qu’on retrouve en sang, sans les dents, des gens qu’on retrouve complètement inanimés sur le pas de nos portes, en plein soleil », déplore Jacques-Antoine, habitant du quartier.
Des exemples, Jacques-Antoine en a plein. À son stand d’information, il écoute patiemment les souffrances de ses voisins : « Ça tape aussi sur les nerfs de tout le monde. Je discute avec des gens qui sont au bord du burn-out. »
Le Sleep In, qui disposait de 15 places d’hébergement et proposait des consultations médicales dans le quartier de la gare, a fermé en mai pour travaux, sans offrir de solution alternative. Pour Josette, qui habite le quartier depuis 1974, cette fermeture a provoqué un déclic : « C’est le résultat de la fermeture. Donc, pour ceux qui ne veulent pas qu’il y ait des lieux comme ça, ils ont bien tort, parce que ça permet quand même de prendre en charge les personnes en très grande difficulté. Je ne voudrais pas de la répression, mais qu’on s’occupe de ces personnes, qu’on les accompagne, qu’il y ait d’autres Sleep In. »
Impuissants face à la situation, les habitants se sentent abandonnés. Ils subissent au quotidien des images violentes, des cris, et voient, sur le pas de leur porte, des personnes à la rue extrêmement vulnérables. Murielle milite pour l’ouverture d’une Halte soins addictions (HSA), une salle de consommation de drogues, et a décidé de s’engager dans une association qui effectue des maraudes : « Il y a un dispositif qui offre quelques logements, quelques hébergements, qui vient d’ouvrir, et on peut observer à quel point ça va vite, beaucoup mieux. J’en connais certains qui, en l’espace d’une semaine, se sont transformés et vont beaucoup mieux. Et ça, ça fait plaisir et ça démontre que l’accès au logement est la priorité. »
« Quand on vit dans la rue, consommer une substance qui va nous faire oublier cette situation, c’est une logique de survie »
De son côté, Hassin a été cantonnier dans le quartier. Lors de ses tournées, il collectait systématiquement des seringues et d’autres matériels usagés : «Quand j'étais au chômage, je ramassais une moyenne de 10 seringues par jour. C'est une catastrophe. Ce n'est pas passible de ne pas s'en occuper. Il faut protéger nos enfants et nos animaux. »
Les consommateurs de crack sont de plus en plus jeunes, avec de plus en plus de femmes,remarque Marianne Poisson, coordinatrice de Tempo pour Médecins du Monde, un dispositif qui vise à réunir et à coordonner toutes les structures d’aide socio-médicale : «La consommation de substances est une échappatoire, c’est une logique de survie, en fait, dans la rue. C’est totalement corrélé à la précarité, à la vulnérabilité croissante des publics concernés. Quand on vit dans la rue, qu’on n’a pas d’autre perspective que la rue, la débrouille, etc., ben honnêtement, consommer une substance qui va nous faire oublier cette situation, c’est une logique de vie. En fait, c’est une logique de survie. »
Le maire divers gauche de la ville, Benoît Payan, a saisi le Premier ministre avant l’été pour demander la mise en place d’un plan interministériel dédié à la prise en charge des scènes de consommation à Marseille… Une lettre restée, pour l’instant, sans réponse.
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Tue, 22 Sep 2026 - 1077 - «J'envoie jusqu'à cinquante demandes par jour»: la galère des étudiants pour trouver un logement
Trois millions d'étudiants font leur rentrée en France, dans l'enthousiasme, mais aussi dans le stress pour trouver un logement. Face à une demande croissante, l'offre ne suit pas et les prix ne cessent d'augmenter. Résultat : de nombreux jeunes peinent encore à trouver un logement abordable dans les grandes villes. Selon une étude de l’association de consommateurs Que choisir publiée en juillet 2026, les propriétaires de studio ou petit T2 reçoivent en moyenne entre 750 et 1 000 demandes. Cassiopée Etchevers a rencontré ces étudiants toujours à la recherche d’un appartement.
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Mon, 21 Sep 2026 - 1076 - À Paris, des balades dans les parcs pour identifier des plantes sauvages comestibles
Le week-end du 19 septembre, la France fêtera les Journées du patrimoine, l'occasion de découvrir ou redécouvrir des bâtiments historiques, mais aussi des jardins, des parcs et des forêts. Alors que, selon l'institut de statistiques Insee, environ 80 % des habitants en France habitent dans des espaces urbains, les visites guidées dans des espaces verts seront nombreuses cette année. À Paris, des balades sont organisées dans le parc des Buttes-Chaumont pour découvrir des plantes sauvages comestibles.
Autour d'un arbre, une vingtaine de personnes regardent avec intensité des petits fruits rouges. Ils écoutent Christophe de Hody, qui tient un fruit dans sa main. « La graine à l'intérieur, si j'en mange plusieurs, je meurs… La seule partie qui se mange, c'est la partie rouge qui entoure la graine, mais la graine est mortelle, vous avez compris les enfants ? » Les enfants, assis dans l'herbe, le regardent avec de grands yeux. Autour d'eux, le groupe est composé de personnes de tous âges. Ils sont venus l'écouter pour apprendre à identifier les plantes sauvages comestibles dans un parc au milieu de Paris.
La balade fait partie du programme gratuit du Chemin de la nature, l'entreprise de Christoph de Hody, qui propose des formations sur la biodiversité en France. Il y a seulement une ou deux générations, savoir reconnaître les plantes faisait partie du quotidien. « La transmission de génération en génération s'est un peu arrêtée, et c'est ce qui marchait le mieux finalement pour répandre la connaissance,pointe-t-il. C'est un savoir qui se perd de plus en plus au niveau de la population, de moins en moins de gens vont connaître des espèces, savoir les identifier, connaître leurs usages, les cueillir, les consommer. »
Et mieux connaitre peut aussi dire mieux savoir protéger notre environnement, poursuit Christophe de Hody. « Plus on connaîtra la nature – identifier les espèces, connaître leurs usages, et donc leur valeur directe pour l'humain, en plus de leur valeur pour les écosystèmes –, plus on la comprendra, plus on saura comment la protéger, comment l'utiliser sans l'abîmer,argumente-t-il.Toutes ces connaissances-là mèneraient forcément à vouloir la préserver, à vouloir qu'elle aille de mieux en mieux, parce que finalement, on en fait partie. »
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Cueillir des plantes sauvages
Au pied d'une petite colline baignée de soleil, Christophe de Hody montre des carottes sauvages puis fait passer une fleur. Lisa a 26 ans, elle découvre pour la première fois la flore sauvage àParis. « Moi, je trouve ça super génial de comprendre un petit peu plus le monde qui nous entoure, de voir que même en plein milieu de Paris, de voir qu'il y a quand même des plantes consommables, c'est surprenant », s'enthousiasme la vingtenaire.
Les plantes que l'on peut manger dans Paris, pour Kira aussi c'est une surprise. Mais en France, il y a plus de 6 000 espèces végétales. Alors pour éviter celles qui sont toxiques, il faut être sûr de soi quand on identifie une plante. Pour apprendre, Christophe de Hody a fait plusieurs formations de botanique. Mais une fois l'apprentissage effectué, il faut pratiquer sur le terrain. « Un bon lieu pour cueillir, c'est déjà un lieu où c'est autorisé : pas chez quelqu'un et pas dans les parcs de Paris. Et c'est un lieu qui n'est pas dans un endroit dont on sait qu'il est pollué. Pas au bord de la route, pas dans une décharge, pas autour d'une usine. pas trop dans les champs cultivés non plus,liste Christophe de Hody.Et donc c'est un endroit qui est éloigné de ces zones. »
Pour cet amoureux de la nature, le meilleur avantage de son métier, c'est son bureau au milieu des plantes. Aujourd'hui aussi la journée se termine sous les branches d'un grand arbre, avec une liqueur de camomille sauvage pour le groupe.
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Fri, 18 Sep 2026 - 1075 - Protoxyde d’azote: face à la hausse des intoxications, des adolescents sensibilisés aux dangers
Familièrement appelé proto, gaz hilarant ou ballon, le protoxyde d'azote fait des ravages en France. Sa consommation fait partie des infractions dites « du quotidien », contre lesquelles le gouvernement entend lutter avec son projet de loi RIPOST, adopté cet été. Son usage détourné sera davantage encadré et considéré comme un délit. Les mineurs représentent 10% des signalements alors même que la vente leur est interdite. À Paris, un centre de loisirs, géré cet été par des policiers dans le cadre des Journées républicaines de la jeunesse, a sensibilisé les adolescents à ces dangers.
Assis en demi-cercle, une vingtaine d’adolescents âgés de 12 à 17 ans écoutent avec un grand intérêt la présentation sur les dangers du protoxyde d'azote. Certains passent tous leurs étés dans ce centre gratuit où le directeur Zakaria Fosso, brigadier-chef de police, leur propose des activités sportives, des voyages, mais veut aussi les protéger des dangers comme le protoxyde d’azote. « On sait que c’est encore un peu tôt pour pouvoir consommer ce produit, mais le but pour nous, la prévention, c’est que si un jour ils sont amenés à le rencontrer, ils se disent : le policier qu’on connaît m’en a parlé. Je sais quel est le risque derrière,explique le directeur. On cherche à planter cette petite graine qui fait que plus tard, ils auront ce message-là. Quoi qu’il arrive. »
Attirés par les effets euphorisants du produit, les consommateurs s’exposent à d’autres effets moins désirables, comme un manque d’oxygène ou une perte de connaissance et, à plus long terme, des troubles de la mémoire ou encore une perte de sensibilité. Après avoir bien intégré ces risques, chaque enfant se munit d’un casque de réalité virtuelle immergé dans une soirée a priori banale. Ce garçon de quatorze ans est dans la peau d’un personnage. Il doit prendre des décisions : « Alors soit je reste à la soirée, soit je rentre. La personne, elle est bourrée, c’est elle qui conduit. Pour moi, c’est risqué, mais j’ai envie d’essayer pour voir ce qui se passe quand quelqu’un conduit avec du protoxyde. Et donc là, j’ai pris la voiture. Celui qui conduit, il est en train de prendre du protoxyde. »
Malheureusement, tous les choix mènent à une issue tragique : « On s’est fait écraser parce qu’il pouvait plus utiliser ses pieds. Il était complètement paralysé. Le camion nous a foncé dessus », poursuit l'adolescent.
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Un jeune sur dix a déjà inhalé du protoxyde
C’est Maxence Berthon, de la Fondation VINCI Autoroutes, qui propose cette expérience. Il insiste sur une réalité : un jeune sur dix parmi les moins de 35 ans a déjà inhalé cette substance. Et parmi eux, la moitié était au volant d’une voiture. « L'idée, c'était de pouvoir faire prendre conscience aux jeunes à travers ce film, de jouer un peu sur leurs émotions aussi et de faire en sorte que, en sept minutes top chrono, ce qu’est la durée du film, ils repartent vraiment avec le sentiment d’avoir été sensibilisés,insiste Maxence Berthon, et aussi peut-être qu'ils se sentent porteurs de message auprès d’autres camarades qui pourraient soit prendre du protoxyde d’azote, soit être tentés à l’occasion d’une soirée. »
L’atelier a convaincu ce groupe de filles. « Moi, je trouve que c’était bien, c’était bien fait et c’était vraiment réaliste,approuve l'une. Je n’ai jamais testé, ça m’a juste fait réaliser que c’est dangereux, on peut être paralysé, on peut mourir. » L'atelier l'a convaincue de ne jamais en prendre. « La ville où j’habite, par exemple, je vais passer le soir avec ma sœur en voiture vers 23 h et je les vois dans un coin, dans des parcs où il y a des enfants et tout,raconte une autre. Moi, ça me dégoûte, c’est dégueulasse. On les voit, ils marchent comme ça et tout. On dirait des zombies. »
Même si la vente est interdite aux mineurs, il est relativement facile pour n’importe qui de détourner l’usage de ce produit, que l’on trouve notamment dans les siphons de chantilly. En 2022, le nombre d’intoxications a triplé sur l’année et continue d’augmenter. Alors, la vigilance du directeur Zakaria Fosso ne s’arrête pas à cette matinée de prévention. « C’est un fléau où, pour certains, une fois qu’ils sont dedans, ils ne s’en rendent pas compte,souligne-t-il.Nous, notre rôle aussi, quelque part, c’est de dire : si jamais il y a des questions, si jamais il y a des interrogations, s’il y avait un problème, on est là pour vous. »
En cas d’urgence, il est crucial d’être pris en charge rapidement. Le gouvernement conseille de contacter les secours ou le numéro d’aide Drogues Info Service : 0 800 23 13 13. Le volet protoxyde d'azote de la loi RIPOST prendra effet le 1ᵉʳ février prochain.
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Thu, 17 Sep 2026 - 1074 - La fusée Vega-C envoie deux satellites dans l'espace pour analyser le changement climatique
C'est un lancement réussi pour la fusée Vega-C, au port spatial européen à Kourou, en Guyane française, un lancement qui a eu lieu dans la nuit du lundi 14 septembre. Vega-C emportait avec elle deux satellites. Le premier est chargé de surveiller la santé des plantes, l’autre doit observer les océans et les terres émergées.
De notre envoyée spéciale à Kourou,
Ces satellites sont désormais en orbite basse, à 815 km au-dessus de nos têtes. Alors que le changement climatique s’aggrave, les données fournies par les satellites sont devenues essentielles pour comprendre notre impact sur la planète et réagir face aux catastrophes qui se multiplient.
À quelques minutes du lancement, la tension était palpable sur la terrasse du centre de contrôle Jupiter. Et le ciel nocturne s’est soudain illuminé sous le feu du propulseur de la fusée. Vega-C s’est élancée au-dessus de la forêt tropicale. «La fusée a été tellement rapide ! Je ne m’attendais pas à ça !, s'exclame Marco Celesti, l’un des scientifiques de la mission. Et quand vous entendez"le bang sonique", là vous réalisez que ce n’est pas juste une lumière qui s’élève dans le ciel mais une fusée qui transporte des satellites tout là-haut ! C'est vraiment incroyable. Fabuleux.»
Cela fait 13 ans qu’il travaille sur ce projet et dans quelques jours, les satellites enverront les premiers relevés. «Et c’est là que commencera le vrai voyage pour les chercheurs : analyser les données et faire les découvertes scientifiques qu’on espère avec cette mission», s'enthousiasme le chercheur.
Les deux satellites vont voler en tandem. Si le premier est plus expérimental, le second, Sentinel 3-C, complète une série de satellites d’observation de laTerre déjà en orbite : les satellites du programme européen Copernicus, qui compte d’ailleurs déjà d’autres Sentinel-3.
Comprendre le changement climatique
Et c’est Eumetsat, aux côtés de l’Agence spatiale européenne, qui va opérer le satellite pendant tout son séjour dans l’espace et récupérer ses données, essentielles pour comprendre le changement climatique. « La série de satellites Sentinel-3 fournit des observations extrêmement utiles face au changement climatique et à ses conséquences. Cette année, les Sentinel-3 ont été très importants pour observer les feux de forêt,souligne Phil Evans, directeur général d’Eumetsat. Ils montrent où débutent les feux et leur intensité. Et plus tôt les services de secours peuvent détecter ces feux, plus vite ils peuvent déployer les moyens de les éteindre et donc éviter des catastrophes.»
Sentinel-3 est aussi un champion de l’observation de l’océan. « L’océan joue un rôle central par rapport au changement climatique. C’est lui qui entraîne les évènements météos, poursuit Phil Evans. El Niño, par exemple, est très fort cette année et sera peut-être le plus fort jamais enregistré. Et il se forme par un réchauffement de l’océan Pacifique qui va changer la météo partout sur Terre. Et comme Sentinel-3 mesure la température de l’océan, il peut directement mesurer El Niño. Et il est aussi équipé d’un altimètre, et cela peut être utilisé pour calculer très précisément les courants et les mouvements de l’eau. Sentinel-3 est donc un outil très important pour suivre le développement d’El Niño.»
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Une quantité énorme de données
Chaque jour, la dizaine de satellites du programme Copernicus fournit près de 25 térabits de données, toutes en accès libre et gratuit. « On a le système d'observation de la Terre qui est probablement le meilleur au monde, avec une quantité de données énormes qui sont générées par des satellites,se réjouitMauro Facchini, chef du programme Copernicus à la Commission européenne. C'est très important d'avoir une souveraineté en Europe parce que les choses peuvent changer très rapidement et on doit être maîtres de notre technologie et ne pas être dépendants des autres. Parce que celui qui est un ami aujourd'hui peut ne pas l'être demain. C'est bien de coopérer, mais en même temps, c'est important d'avoir nos capacités propres et une indépendance. »
Deux heures après leur lancement, les satellites sont arrivés en orbite et ont commencé à prendre le pouls de notre planète.
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Wed, 16 Sep 2026 - 1073 - Le projet d’un méga-incinérateur de déchets fait polémique à Vitry-sur-Seine
Le projet d’un méga-incinérateur de déchets, baptisé « Thermo-sur-Seine », suscite l’inquiétude des habitants et associations à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Le 16 juillet, ils ont manifesté devant l’Hôtel de Ville pour faire part de leur opposition. L’installation doit contribuer à alimenter en chaleur des logements et des établissements, notamment des hôpitaux, à Paris et en petite couronne. Ses défenseurs estiment que le projet participera « à la décarbonation du réseau de chaleur francilien ». Pour la mairie de Paris, à l'initiative du projet, c'est un « pilier de la transition énergétique du réseau », mais se pose la question de la santé et de l'environnement.
« C’est contre l’incinérateur qu’ils veulent construire… » Dans les rues de Vitry-sur-Seine, Lucie, membre du collectif ACID-Vitry, distribue des tracts aux passants sans relâche :« On souhaite que le maximum de personnes soit au courant, afin qu’elles s’expriment sur le sujet auprès de la mairie, car elle a mis en place une forme de concertation », explique-t-elle.
Le projet d'incinérateur, porté par la Ville de Paris, est présenté comme un moyen pour « verdir son réseau de chauffage urbain ».L'usine a pour but de produire de la vapeur en chauffant de l’eau pompée dans la Seine en brûlant notamment du bois faiblement traité et des CSR – des combustibles solides de récupération –, comprenez ici des déchets textiles, plastiques ou cartons. Pas de quoi rassurer cette autre habitante de Vitry nommée Lucie : « On ne peut pas me faire croire que les combustibles solides de récupération ne vont pas polluer », raconte-t-elle à la sortie de la gare du RER sur son vélo. « Cela n’a pas de sens, on peut très bien prendre le problème à la racine et réduire nos déchets. Je suis préoccupée par le projet, car cela va impacter la santé de ma fille, c’est sûr et certain ».
Ce projet d'incinérateur n'est pas le premier dans la région. Le département du Val-de-Marne en possède déjà trois, dont un qui a fait l’objet de plusieurs études et où la présence de PFAS – de polluants éternels – proche du site industriel a été notamment démontrée. « Pour certains habitants, c'est une injustice sociale et environnementale de plus », souligne ainsi Amélie, membre ducollectif 3R, qui a donné rendez-vous à RFI devant la gare RER des Ardoines. « Ici, c’est une ancienne zone industrielle en pleine reconversion urbaine. Vous pouvez voir les nouveaux bâtiments et également ceux en construction... Ce qu’on dénonce, c’est un phénomène cumulatif car les habitants de Vitry vont respirer non seulement l’air de l’incinérateur de Vitry, mais aussi la pollution de l’incinérateur d'Ivry qui est la ville juste à côté, et également celui de Créteil… »
« Nous sommes vraiment très inquiets par ces effets cocktails »
À ses côtés, Myriam Goujjane, co-présidente de l'association ACID-Vitry, acquiesce : « Ce projet veut se construire sur des terrains qui ont déjà extrêmement souffert, et qui sont déjà pollués. Nous avons peur de "l’effet cocktail", c’est-à-dire le fait de mettre de nouvelles pollutions qu’on ne connaît pas vraiment. On nous fait croire que l’on connaît tout ça, que tout ça est maîtrisé... Mais le CSR concerne des produits relativement nouveaux et il n’y a pas tant de retours d’expérience que ça, alerte-t-elle. Donc on ne sait pas exactement ce qu’on va brûler et ce que ça va faire de brûler ces produits. On va mélanger cette pollution à d’autres pollutions plus anciennes... Nous sommes vraiment très inquiets par ces effets cocktails. »
Depuis le début du mois de septembre, une période de consultation a été lancée jusqu'à fin octobre. Pour Benoît Guiblin, représentant du projet de Thermo-sur-Seine, cela va permettre de répondre aux inquiétudes des habitants pour « faire connaître le projet ». « D'abord, ce n’est pas un incinérateur d’ordures ménagères, c’est une chaufferie. Elle a pour vocation de produire de la chaleur et de l’eau chaude sanitaire, autrement dit de la vapeur. Deuxième élément : c’est un combustible normé. C’est-à-dire qu’il est trié et qu’il répond à des normes définies par des décrets », a-t-il répondu à RFI.« Donc la concertation est un ensemble de moments où on invite l’ensemble de la population, des citoyens, des parties prenantes et des entreprises à s’exprimer et à faire part de leurs questionnements pour donner toute l’information et toute la transparence sur le projet. Cela va se dérouler pendant les deux prochains mois, mais il y aura également un suivi derrière avec un bilan qui sera établi à l’issue de cette concertation. »Ce 15 septembre, une réunion publique a lieu à Vitry pour informer les riverains et répondre à leurs interrogations. Pas de quoi convaincre pour l'instant celles et ceux opposés au projet.
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Tue, 15 Sep 2026 - 1072 - L'engouement pour le sport de rue: derrière les muscles, une quête de bien-être physique et moral
À l'occasion de la fête du sport, RFI s'intéresse au « Street workout », une pratique qui connaît un vif succès dans le paysage urbain français. Cette discipline, venue des États-Unis, a permis aux sportifs de continuer à entretenir leur corps durant les confinements. Tout se passe dehors, en toute liberté et gratuitement dans des parcs. Les jeunes s'entraident et forment une communauté. Contrairement à ce qui se passe dans les salles de sport traditionnelles, dans lesquelles on soulève de la fonte, le « Street workout » est un mélange de musculation et de gymnastique. Les adeptes de la discipline font des figures spectaculaires avec le poids du corps. Qu'est-ce qui se cache derrière cet engouement ?
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Mon, 14 Sep 2026 - 1071 - Un karaoké géant pour célébrer le retour de Céline Dion a enflammé la scène du Grand Rex à Paris
Six ans qu’on l’attendait, six ans d’absence marqués par la maladie. Mais Céline Dion est de retour sur scène. La chanteuse québécoise, atteinte du syndrome de l’homme raide, donnera demain son premier concert parisien à la Plénitude Aréna, devant 40 000 spectateurs. Coup d’envoi d’un marathon avec seize concerts d’ici la fin de l’année. Pour les dix autres concerts prévus en mai 2027, les billets se sont arrachés en quelques heures. Les fans affluent du monde entier, avec des retombées économiques considérables. La chanteuse québécoise occupe une place unique dans le cœur des Français : ses chansons accompagnent leurs histoires d'amour, leurs fêtes ou leurs peines. Reportage à Paris, au Grand Rex, où un karaoké géant organisé cette semaine a réuni plusieurs générations de fans.
Dès les premières notes, toute la salle se lève et chante à pleins poumons. 2 600 fans réunis pour célébrer les grands tubes de Céline Dion dans le plus grand cinéma d’Europe. En robe de paillettes, Oriane, 32 ans, est venue avec ses copines. « Je suis fan de Céline Dion depuis que je suis dans le ventre de ma mère ! », rigole-t-elle. En soirée, ça cartonne toujours, tout le monde chante et danse, ça n’est pas démodé !»
Avec sa voix cristalline, Flora, micro à la main, passe le « casting » pour monter sur la scène du Grand Rex ce soir. « L'avantage, c'est qu'elle fait tous les registres. Elle chante depuis tellement d'années que chaque époque a sa chanson ! » Comme beaucoup de personnes venues participer à ce karaoké géant, elles n'ont pas réussi à décrocher de billet pour la tournée de leur idole. « On a essayé, on est restées 8 heures derrière un ordinateur, mais on n’a pas eu de chance. C’est injuste : on avait nos places pour la tournée en 2020, puis il y a eu le Covid, sa maladie… Ça a été reporté, puis annulé. Céline, si tu nous entends, ce n’est pas juste ! »
Animée par une maîtresse de cérémonie drag queen, la soirée retrace les grandes étapes de la carrière de Céline Dion depuis sa victoire, à 20 ans, de l’Eurovision. « Pendant que la France est en train de tomber peu à peu en amour pour elle, Céline voit plus grand, beaucoup plus grand. Et dans l'ombre, il y a un certain monsieur, René Angélil. Il a un plan très simple en tête : l'Amérique. Alors Céline, elle va bosser son anglais, elle va travailler comme une dingue. Jusqu'à ce qu'en 1993, elle sorte la chanson qui va tout faire basculer. Son premier numéro 1 aux États-Unis… Vous le connaissez ? » Et toute la salle de scander et d’entonner la chanson « The Power of Love ».
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40 ans de carrière et toujours la même ferveur
Pour Jeanne, la soixantaine, Céline est un modèle de résilience. « C'est quelqu'un d'abordable, de généreux, de simple malgré qu'elle s'habille en tenues haute couture. Mais elle reste proche de ses fans. Elle a un bon mental aussi. C'est quelqu'un de fort parce qu'avec la maladie qu'elle a, vraiment, ça donne du courage aux personnes malades. Comme quoi on peut se relever de tout. »
Son mari Jacques admire surtout sa voix d’or : « C'est quand même un mythe parce que c'est une voix qui est hors du commun. Céline Dion est un monument de la chanson. C'est incroyable tout ce qu'elle peut arriver à produire comme sons. Il y a du travail, c'est une perfectionniste, elle n’arrête pas. Parfois, il peut y avoir la technique mais pas l'émotion… Or elle, il y a les deux. Donc c'est vrai qu'il y a une émotion qui va se dégager… Ça relève un petit peu de la magie ».
Natacha Campana, fondatrice de L'Écran Pop qui organise ces soirées de karaoké géant, estime que Céline Dion est plus qu'une star : elle fait intimement partie de la culture populaire française. « Céline Dion arrive en tête des choix de chansons dans les karaokés… Comme ses chansons sont à peu près inchantables pour quelqu'un qui n'est pas chanteur, vu qu’elles partent dans les aigus et qu’elles requièrent de la puissance, il y a vraiment ce côté libérateur, je pense. On se lâche, on chante ! » Et d’ajouter : « Céline Dion est culte dans le sens où elle réunit plusieurs générations. Il y a au moins trois générations qui ont pu grandir avec elle. Elle fait partie de nos vies finalement. »
Chanteuse planétaire aussi célèbre en français qu'en anglais, Céline Dion a vendu plus de 20 000 000 d'albums dans le monde, dont 25 000 000 rien qu'en France.
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Fri, 11 Sep 2026 - 1070 - Bayeux privée de sa Tapisserie: «C'est comme si on perdait un membre de la famille»
C'est un signe de confiance et d'amitié entre deux voisins : depuis ce 10 septembre 2026 et jusqu'en juillet 2027, la célèbre Tapisserie de Bayeux, qui raconte la conquête d'Angleterre par les Normands, est exposée à Londres. C'est la première fois que cette broderie traverse la Manche, un voyage rendu possible par un prêt consenti par le président français Emmanuel Macron. À Londres et dans les cercles diplomatiques, on se félicite que le projet ait abouti. Mais à Bayeux, habitants et commerçants se sentent dépossédés.
« Quand on est de Bayeux, la Tapisserie, on grandit avec, on va la voir à l'école, tout le monde en parle, et puis on voit les touristes défiler toute l'année. » C'est avec amertume et presque nostalgie que Mathis Laîné, salarié au sein du restaurant du Moulin de la Galette à Bayeux, parle de cette célèbre broderie millénaire. Profitant des travaux nécessaires au musée de la Tapisserie de cette cité normande de 13 000 habitants, le président françaisEmmanuel Macrona consenti un prêt historique au Royaume-Uni. Conclusion : voilà Bayeux privée de sa tapisserie… et de la précieuse manne financière qu'elle représente.
Des commerçants dépités
Le restaurant de Mathis Laîné est situé juste en face de la sortie du musée de la Tapisserie. À la fermeture de ce dernier, la sentence a été immédiate : « On a tout de suite constaté une baisse de la fréquentation. Le midi, cela représente 20% de chiffre d'affaires en moins, et le soir, on a une baisse d'au moins 10% », souligne avec inquiétude le jeune homme. Un manque à gagner à court terme, mais aussi pour le reste de l'année. « Depuis toujours, on vit l'hiver avec ce qu'on gagne l'été, soupire Mathis Laîné. C'est en ce moment que ça se joue, pour notre survie pour la suite ! »
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À quelques centaines de mètres de là, au bar-tabac et magasin de souvenirs le Balto, même bilan. « On voit bien qu'il y a moins de touristes que d'habitude !», déplore Marie-Laure Lamare, gérante depuis dix ans de cet établissement, et qui ne décolère pas. « D'habitude, sur les trottoirs, ça parle toutes les langues, l'anglais beaucoup, on se demande même si on est bien en France ! Depuis qu'il n'y a plus la Tapisserie, ça n'a rien à voir, c'est beaucoup plus calme... » Sur son comptoir, les cartes postales et autres magnets à l'effigie de la célèbre broderie prennent la poussière : « J'avais pourtant commandé très peu de souvenirs cette année et, malgré tout, je n'ai quasiment rien vendu. C'est simple : les touristes n'ont pas vu la Tapisserie, ils n'achètent pas ! »
Un symbole en moins pour la ville
Mais Bayeux sans la Tapisserie, ce n'est pas qu'un manque à gagner pour la ville : c'est aussi une part de son identité en moins. Dans le centre-ville, des dizaines de touristes écoutent la berceuse chantée par les cloches de la cathédrale. Un petit groupe d'entre eux se réunit devant Estelle Isidor-Leroux, guide-conférencière. « Si je vous dis Bayeux, à quoi pensez-vous en premier ? », interroge celle-ci. Comme de coutume, la réponse est évidente : « La Tapisserie !»
Pour cette native de Bayeux, voir ce morceau du patrimoine partir a été un vrai crève-cœur. « C'est comme si j'avais perdu un membre de ma famille », assume ce personnage pétillant. « Et puis, ajoute-t-elle, en tant que professionnelle du tourisme, il a vraiment fallu réfléchir à l'offre que l'on allait proposer en attendant le retour de la Tapisserie. »
Comment faire vivre la grande absente ? À force de réflexion, une solution a été trouvée : Estelle Isidor-Leroux anime désormais des visites retraçant les pérégrinations de la Tapisserie dans la ville au cours de son histoire ; tandis qu'un des musées locaux propose une exposition sur sa conservation à travers les âges. D'ici l'hiver, la mairie prévoit même de lancer une « expérience immersive » destinée à faire plonger les visiteurs au cœur de la tapisserie.
Les institutions locales se montrent confiantes
Sourire ultra-bright et chemise impeccable, le directeur de l'office de tourisme intercommunal, Didier Llorca, se montre confiant et jovial. « Évidemment que la fermeture du musée de la Tapisserie a un impact sur les commerces. Et heureusement ! s'amuse-t-il. Sinon, cela voudrait dire que la fermeture d'un lieu qui fait 500 000 entrées par an n'a aucune influence sur la vitalité du centre-ville. Ce serait cela, la véritable anomalie. » Mais, pointe-t-il, « Bayeux n'a pas mis tous ses œufs dans le même panier. »
Fait rare dans cette partie de la Normandie, son centre-ville a été totalement épargné des bombardements pendant le Débarquement, en 1944. Alors, raconte Didier Llorca, on vient à Bayeux « pour découvrir une ville médiévale d'époque », en plus de la tapisserie et de la cathédrale, mais aussi « et peut-être surtout » pour « se rendre sur les plages du Débarquement ».
Autant d'éléments qui rendent Didier Llorca serein : « On peut tout à fait supporter, même pendant une période longue de deux ans, la fermeture d'un musée comme celui de la Tapisserie. » D'autant que les chiffres avancés par la mairie semblent lui donner raison : d'après la ville, le musée de la Tapisserie ne représente que 20% du tourisme à Bayeux, contre 80% pour la cathédrale et les plages du Débarquement.
À écouter aussiGéopolitique du tourisme
Thu, 10 Sep 2026 - 1069 - Agriculture et canicule: pour anticiper les fortes chaleurs, les céréaliers expérimentent [3/3]
Les cultures de maïs européennes ont été ravagées par les sécheresses à répétition de cet été caniculaire. La France est loin d’être épargnée, d’après l’Association générale des producteurs de maïs, presque la moitié de la récolte de maïs en grain est inutilisable cette année. Alors pour anticiper les prochaines canicules, certains céréaliers expérimentent en apprivoisant une plante issue d’Afrique subsaharienne : le sorgho. Mais le chemin est encore long.
En Essonne, dans le sud de Paris, les champs de blé et de colza se succèdent presque indéfiniment. Pourtant au milieu des carrés jaunes et or, quatre petits hectares verts et rouges dénotent.
« Nous voici au milieu d’un champ de sorgho, présente Eudes Coutté, l'un des rares cultivateurs de sorgho en France, on dirait des sortes de petits plants de maïs de 80 centimètres. La caractéristique du sorgho, c’est qu’on a un épi qui va faire des petites boules vertes qui vont rougir. C’est ces billes que l’on récolte entre septembre et novembre en fonction de la météo.»
Le sorgho est une plante d’Afrique subsaharienne. Elle pousse dans les régions chaudes et sèches. Pour s'épanouir, la céréale a besoin d’une température comprise entre 25 et 35 degrés. S’il y a quelques siècles, elle avait du mal à pousser en France, ces quinze dernières années, de plus en plus de plantations de sorgho se développent. Eudes Coutté s’est intéressé à cette plante il y a 7 ans.
Il raconte : « Je me suis installée dans ma ferme il y a dix ans et je me suis dit avec le réchauffement climatique, si on ne prend pas des décisions dès maintenant, on va aller droit dans le mur, on ne pourra pas tenir une carrière de 42 ans sans changement. Donc, j'ai commencé à m'intéresser à certaines plantes, surtout des plantes venant d'Afrique et je suis arrivée sur le sorgho considéré par le WWF et par l'ONU comme une "plante du futur", donc écoresponsable ».
En effet, le sorgho a besoin de 20 à 25 % d’eau en moins que le maïs et résiste très bien à la sécheresse. Cependant, ce n'est pas non plus une plante miracle et les trois mois complètement secs de cet été ont tout de même altéré certains épis jaunis et desséchés, selon Eudes : « Oui, le sorgho a une capacité à résister un petit peu plus à la sécheresse. Néanmoins, on voit quand même dans le champ qu'il y a certaines parties qui sont un peu plus jaunâtres et qui montrent les effets de la sécheresse et de la canicule successives. »
Toute la société doit s’adapter
Ludovic Joiris s’est associé à Eudes Coutté il y a trois ans. L’agriculteur cultive le lin et est très attentif à la culture d’avenir en général. Depuis près de vingt ans, il pratique l’agriculture de conservation des sols, une pratique qui permet de recréer la fertilité naturelle du sol.
Il faut en général dix à quinze ans pour parfaitement apprivoiser une culture et les deux agriculteurs tâtonnent encore. «Il y a beaucoup d'apprentissage à faire, reconnaît Ludovic. C'est vrai que moi, je ne connais pas suffisamment donc on peaufine, on essaie d'améliorer. Cette année, j'ai eu quelques soucis parce que des limaces sont venues manger les pieds, mais quelque part la partie où il y a moins de pieds se comporte mieux que celle où il y a suffisamment de pieds parce qu'elles ont eu plus d'eau. »
Mais le chemin est encore long, même une fois que la production sera stable, c’est toute la société qui doit s’adapter. Franck Laborde est agriculteur dans les Pyrénées-Atlantiques et président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) de la FNSEA, l'un des grands syndicats d'agriculteurs. Les syndicats regroupent aussi les cultivateurs de sorgho, beaucoup moins nombreux. Si le maïsiculteur trouve l’initiative intéressante écologiquement, il sait que, pour le moment, ce n’est pas viable.
« Aujourd’hui, il y a 2,5 millions d’hectares de maïs en France et 35 000 hectares de sorgho. Même si le sorgho apparaît comme une bonne option face aux changements climatiques, si, derrière, le consommateur ne suit pas, les agriculteurs ne peuvent pas se permettre de produire plus d’hectares », affirme Ludovic.
Sans demande de la part des consommateurs (les éleveurs qui l’utilisent pour nourrir leur bête ou bien des particuliers), sans offre de la part des industriels, Eudes Coutté et Ludovic Joiris ne peuvent, pour le moment, pas vivre de la vente de sorgho. Tous les deux ont des activités alimentaires en parallèle.
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Wed, 09 Sep 2026 - 1068 - Agriculture et canicule: les éleveurs français face au risque de pénurie de fourrage [2/3]
En France, de nombreuses conséquences d'un été caniculaire se font sentir dans le secteur agricole. Après l'impact des vagues de chaleur sur les élevages de volaille, focus aujourd'hui sur le fourrage qui pourrait venir à manquer cet hiver. Face à des prairies brûlées et à des rendements de maïs en forte baisse, une grande partie des éleveurs ont entamé dès le début de l'été leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver, lorsque les animaux ne pâturent plus. Résultat : il va falloir s'adapter pour passer l'hiver. Reportage au sein d'une exploitation à Roy-Boissy, en Picardie.
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Tue, 08 Sep 2026 - 1067 - Agriculture et canicule: après un été noir, les aviculteurs cherchent la parade [1/3]
C’est une hécatombe silencieuse : des millions d’animaux sont morts en France en raison des canicules à répétition cet été. Les volailles, particulièrement sensibles à la chaleur, ont payé un lourd tribut : 2 % du cheptel national a été touché, notamment en Bretagne. Après cet été meurtrier, les aviculteurs réfléchissent déjà à des solutions d’adaptation pour l’année prochaine.
« Ça, c’est un lot qui a subi de plein fouet la canicule », commente Antoine Chaumette en ouvrant la porte d’un des poulaillers de son exploitation bio située à Saint-Gildas-de-Rhuys, dans le département du Morbihan. À l’intérieur, une centaine de poules pondeuses délivrent un medleyde caquetages et de gloussements. « On en a retrouvé mortes dans le poulailler et sur le parcours, soupire l’aviculteur.Leur corps n’arrivait plus à réguler la température. »
L’éleveur a perdu 110 volailles sur un cheptel d’environ 3 000. Du jamais vu pour celui qui exerce depuis neuf ans, dans un département – le Morbihan – jusqu’ici peu habitué aux chaleurs extrêmes. « Nos poulets sont régulièrement dehors et la proximité de la mer apporte régulièrement un vent frais, donc les canicules nous préoccupaient assez peu », admet l’exploitant, surpris par l’épisode de juin qui aura été le plus fatal à ses gallinacés. Un épisode qui lui aura toutefois permis « de mieux connaître désormais le seuil de tolérance des animaux par rapport aux fortes températures. »
Pris de court et peu préparé, Antoine Chaumette a tenté de réagir. Il a opté pour la ventilation naturelle en ouvrant les trappes de ses poulaillers, notamment la nuit, mais au prix d’une surveillance renforcée pour éviter d’aiguiser l'appétit des prédateurs. L’aviculteur espère à terme pouvoir créer des zones d’ombre avec les jeunes pousses d’arbres plantés il y a quelques années sur son exploitation et qui, pour l’instant, n’ont pas atteint leur taille adulte. En attendant, il a fait avec les moyens du bord : « On a tendu deux bâches près des poulaillers pour créer des zones d’ombres. »
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Des œufs plus petits
Ces solutions d’appoint ont été efficaces puisqu’aucune perte n’a été enregistrée dans sa ferme lors des épisodes caniculaires suivants. Mais elles n’ont pas permis d’atténuer les conséquences identifiées sur la production. « Le calibre des œufs a diminué », constate Antoine Chaumette. Dans sa main droite, un œuf de taille classique, dans celle de gauche, un exemplaire d’un bon centimètre de moins. La taille de ses poulets a aussi rétréci. Il en pointe un du doigt : « Celui-ci, d’environ 1,2 kilogramme, doit normalement peser 1,5 kilogramme. Il y a jusqu’à un tiers de poids en moins sur certaines bêtes. La surconsommation d’aliment pendant la canicule leur a davantage permis de réguler la température que de produire de la viande », développe l’éleveur.
Loin d’être résigné ou abattu, Antoine Chaumette perçoit l’été 2026 comme « une leçon » pour les années à venir. D’ailleurs, avec d’autres aviculteurs, il réfléchit déjà à des solutions d’adaptation pour l’été prochain. La priorité : ses poulaillers. Pourquoi pas installer de la ventilation dynamique couplée à des brumisateurs ou repeindre les toits en blanc, comme le font ses confrères maraîchers, pour réfléchir les rayons du soleil au lieu de les absorber et ainsi limiter la fournaise dans ses bâtiments. « Ce sont des investissements, mais ils seront amortis en évitant des pertes les années suivantes. »
Des volailles sensibles à la chaleur
La surmortalité des volailles durant l’été a atteint des niveaux records en France. Jusqu’à 2 % du cheptel national a succombé aux fortes chaleurs, soit entre 3 et 4 millions de poulets, « dont 2 à 3 millions pour la seule canicule du mois de juin », précise Yann Nédélec, directeur général de l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair. « La précocité de l’épisode, sa durée et le fait que les températures n’ont pas baissé la nuit, ont provoqué des ravages dans certains élevages. »
Cette surmortalité s’explique par l’inadaptation de certaines fermes à des canicules dépassant les 40 degrés à l’ombre et par le fait que les volailles sont particulièrement sensibles à la chaleur. Elles ne transpirent pas, elles halètent pour réguler leur température. Résultat, leur rythme cardiaque s’accélère et elles meurent le plus souvent d’épuisement ou d’étouffement.
C’est dans l’ouest de la France, dans les Pays de la Loire et en Bretagne, que cette surmortalité a le plus lourd impact. La région armoricaine représente à elle seule un tiers de la production nationale de volailles. La mortalité y est telle que les entreprises d'équarrissage se sont vite retrouvées débordées face à l’afflux de carcasses d’animaux morts. Au point que certaines préfectures ont exceptionnellement autorisé les éleveurs à enfouir leurs bêtes sur leurs exploitations.
Brumisation et ventilation
Si les canicules n’ont épargné aucune branche de l’aviculture, c’est bien dans les élevages intensifs que les pertes ont été les plus importantes. Mais les grosses exploitations sont aussi les mieux équipées. À une centaine de kilomètres plus au nord du Morbihan se trouve le petit village de Mauron, où se situe la ferme familiale de Clément Moy, jeune agriculteur de 27 ans. Ses cinq poulaillers géants sont parfaitement outillés : « Une brume envoie un spray d’eau et en parallèle des ventilateurs sortent l’air vers l'extérieur du bâtiment. Ce courant d’air permet de donner un ressenti de frais », développe l’éleveur au moment où les turbines se mettent justement en marche.
Ce système lui a permis de passer l’été sans encombre. Aucune perte dans son poulailler qui compte pas moins de 24 000 volailles et où la température n’a pas dépassé les 30 degrés quand il en faisait dix de plus à l’extérieur. « Aujourd’hui, je peux dire que j’ai réussi à traverser cet été sans casse, mais il ne faut pas croire que cela va durer éternellement comme cela », tempère l’agriculteur.
Un modèle à repenser
Car Clément Moy en est conscient : plus les étés seront chauds et secs, plus il sera difficile de s’adapter. Il plaide pour des changements plus profonds : « Il ne faut pas davantage de brumisation et de ventilation. Il faut se demander pourquoi notre élevage est aussi sensible à la chaleur. Et là, on en vient à des solutions plus complexes qui demandent des investissements plus difficiles à mettre en place pour investir dans des poulets plus résistants, qui grandissent moins vite, et dans des densités d’élevages moins importantes. Le cœur du sujet, c’est de s'interroger sur notre modèle. »
Avec ses 120 vaches laitières et ses cinq poulaillers géants, le jeune éleveur pourrait passer pour un ardent défenseur de l'agriculture productiviste. Il prône au contraire la transition agroécologique dans sa ferme. Mais repenser son modèle aura nécessairement un coût : « Un poulet qui grandit moins vite et des poulaillers avec moins d’animaux, c’est une bonne chose. Mais pour nous, les charges restent identiques. Il faudra donc vendre la viande plus cher et le consommateur devra l’accepter. » Mais Clément Moy le concède : sans accompagnement politique et économique, il ne pourra rien faire. La transition est l’affaire de tous, « de tous les acteurs de la filière », conclut-il.
À écouter dans DécryptageLes droits des animaux, défi démocratique du XXIème siècle ?
Mon, 07 Sep 2026 - 1066 - La rentrée en France: le Porge, sous le signe de la solidarité [5/5]
Toute cette semaine, on vous a fait écouter la rentrée en France : celle des étudiants, des professeurs, des sportives... On finit cette série dans le sud-ouest de la France, au Porge, commune très affectée par les feux record qu'a connus la France cet été. Le réchauffement climatique augmente le risque d'incendies plus intenses et plus fréquents. La Gironde a vu brûler 42 000 hectares dans un mégafeu qui aura fait basculer la région dans un état de désolation. Rien que dans la commune du Porge, village le plus touché de 3 500 habitants, près de 183 maisons ont été détruites, et 7 000 hectares sont partis en fumée. En cette semaine de rentrée, rencontre avec les habitants du Porge, où la solidarité vue pendant les feux est toujours présente.
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Fri, 04 Sep 2026 - 1065 - Football féminin: au niveau amateur aussi, la pratique progresse [4/5]
Cette semaine de rentrée est marquée aussi par la reprise, ce vendredi 4 septembre, de l'Arkema Première Ligue, le championnat de France féminin de football. Au niveau amateur, la pratique attire aussi de plus en plus de jeunes filles. En 2025, la Fédération français de football recensait 250 000 joueuses, dirigeantes, éducatrices et femmes arbitres licenciées, un record. Mais l'institution sportive veut aller encore plus loin et doubler les inscriptions d'ici deux ans. Un objectif ambitieux qui passe par la visibilité des équipes féminines dès le plus jeune âge. Chaque année depuis dix ans, la Vinci Mixed Cup rassemble sur le terrain des jeunes joueuses et des jeunes joueurs pour un tournoi international mixte.
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Thu, 03 Sep 2026 - 1064 - Rentrée scolaire: les étudiants étrangers confrontés à une forte hausse des frais [3/5]
Troisième épisode de notre série consacrée à la rentrée en France. On s'intéresse aujourd'hui à la rentrée des étudiants étrangers, qui font face à une forte hausse de leurs frais. Depuis le début du mois de juillet, les aides personnalisées au logement (APL) ne sont plus versées aux étudiants étrangers non Européens. Seuls les boursiers et les étudiants en activité professionnelle continuent de les percevoir. Déjà affectés par la hausse des frais d'inscription à l'université, cette mesure compromet encore plus leurs possibilités de rester en France. Le reportage de Cassiopée Etchevers.
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À lire aussiRentrée scolaire: la charge mentale des femmes [2/5]
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Wed, 02 Sep 2026 - 1063 - Rentrée scolaire: la charge mentale des femmes [2/5]
En France métropolitaine, c’est la rentrée scolaire ce mardi 1er septembre pour plus de 11 millions d'élèves. Une période qui rime, pour beaucoup de mères de famille, avec explosion de la charge mentale. C'est-à-dire tout le travail de préparation, de planification et d'anticipation des tâches domestiques. Dans ce cas précis, des tâches relatives à la rentrée des classes. Achat de fournitures scolaires, de vêtements ainsi que les démarches administratives pour l’inscription à la cantine ou aux activités extra-scolaires de leurs enfants par exemple, tout repose quasiment sur les épaules des mères.
À quelques jours de l'ouverture des classes, cette mère de famille achète les fournitures de ses deux enfants. Une tâche qu'elle est la seule à effectuer dans son couple, et donc, la charge mentale, elle connaît bien : « Oui, au quotidien, c'est quelque chose qui est tout le temps constant chez une maman. J'ai envie de vous dire, particulièrement avant la rentrée scolaire où il faut tout acheter, il faut que tout soit prêt, il faut qu'ils aient toutes leurs affaires. Puis il y a aussi le stress de ne rien oublier ». À la question si elle est épaulée par le père, elle répond : « Pour ce qui concerne l'école, c'est moi qui gère tout toute seule. Voilà pour ce qui concerne la rentrée, les réunions de rentrée, la préparation et les devoirs aussi. C'est maman. »
Dans les allées de ce magasin spécialisé, les papas sont très peu nombreux. Mais ce père de quatre enfants tient à le dire : « Les papas sont aussi présents, ont la charge mentale. Elle est à la fois chez les mamans mais aussi chez les papas. Et d'ailleurs, j'en suis la preuve vivante parce que je fais les courses pour les enfants pour leur rentrée scolaire ».
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Pourtant les chiffres le montrent : malgré une amélioration, les femmes sont bien plus nombreuses à ressentir une surcharge mentale. Selon un sondage Ifop publié l'an dernier, 55 % des femmes disent que la charge familiale du quotidien repose essentiellement sur elles, contre 18 % pour les hommes. Et parmi les tâches qui incombent souvent aux mères : l'accompagnement scolaire. Quelques jours avant la rentrée, l'association Espoir de Femmes de la ville des Mureaux a organisé un atelier qui leur est dédié. Parmi les participantes, cette mère de 3 élèves :
« Il y en a en primaire, au collège, qui rentrent au lycée. Donc c'est vrai que c'est compliqué. Réussir à gérer tous les enfants, les devoirs, le stress. Ils ne sont pas dans les mêmes écoles, donc ce qui fait qu'ils réussissent à se diviser. Donc c'est vrai que la charge mentale est dure, et énorme ».
Mais Joanna Dubois, coach scolaire et animatrice de l'atelier, leur a prodigué quelques conseils : « Penser à soi, prendre du recul dans les moments où ça devient difficile. Demander de l'aide, c'est important. Elles ne sont pas toutes seules. Vous parliez de maman solo, mais il y a aussi des maisons comme ici, des personnes qui interviennent auprès des enfants qui peuvent être là pour les aider temporairement. Ça, c'est important, comme la famille. Quand ce ne sont pas les mamans solo, il y a le papa, c'est-à-dire qu'il a aussi son rôle à jouer dans l'accompagnement et l'éducation des enfants, ça c'est important ».
Plus de 80 % des femmes estiment que leur charge mentale est « élevée » en ce qui concerne le suivi de l’éducation des enfants, contre 66 % chez les hommes.
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Tue, 01 Sep 2026
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