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Livre international

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Tous les samedis, un journaliste de la rédaction rencontre un auteur de livre consacré à l’actualité internationale. L’occasion d’approfondir un sujet précis qui fait -ou non- la Une de l’actualité internationale.

289 - Masculinité, valeurs traditionnelles et LGBTQ+ en Russie: l’enquête de Lukas Aubin dans «Le sexe de Poutine»
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  • 289 - Masculinité, valeurs traditionnelles et LGBTQ+ en Russie: l’enquête de Lukas Aubin dans «Le sexe de Poutine»

    Dans la Russie de Vladimir Poutine, le pouvoir ne s'arrête pas aux portes de la chambre à coucher. Sexualité, famille, normes de genre : le Kremlin tente de contrôler l'intime au nom des valeurs traditionnelles. Dans son livre, Le Sexe de Poutine : genre, pouvoir et contre-culture en Russie(éditions Textuel), le chercheur Lukas Aubin décrypte cette guerre culturelle, devenue un véritable instrument de pouvoir et d'influence dans le monde entier. Sophia Khatsenkova l'a rencontré. 

    RFI : Je vais commencer en parlant du corps de Poutine lui-même. Le président russe a longtemps mis en scène un corps viril, sportif, parfois torse nu. Que voulait-il raconter à travers ces images ?

    Lukas Aubin :Déjà, Vladimir Poutine s'inscrit complètement en opposition vis-à-vis de Boris Eltsine. Boris Eltsine a laissé dans la mémoire de beaucoup de Russes une image plutôt négative, parce que c'est l'image, en fait, d'un pays meurtri par les crises économiques. Et au milieu de tout cela, on avait Boris Eltsine qui était régulièrement alcoolisé dans des séquences politiques importantes. Et donc, Vladimir Poutine arrive. Il dit : « Avec moi, ce sera le retour de la verticale du pouvoir, ce sera le retour de la force ». Vladimir Poutine pratiquant des dizaines de sports différents, se mettant en scène, c'est en fait l'archétype de la Russie qui se redresse et qui va revenir sur le devant de la scène internationale. Son projet, c'est de remettre la Russie au centre du grand jeu géopolitique mondial.

    Cette masculinité très démonstrative, très brute, traduit-elle une force réelle ou au contraire une forme de fragilité du pouvoir russe ?

    Pour moi, c'est les deux. Quand vous vous accaparez la plupart des instruments politiques de votre pays, que ce soit les médias, que ce soit la police, les services de renseignement, vous avez entre les mains un arsenal hyperpuissant qui vous permet d'agir très vite, de pouvoir prendre des décisions très importantes, etc. Mais pour autant, c'est aussi la plus grande faiblesse, parce que tout ce pouvoir, il est construit autour de votre personne, et votre personne, qu'on le veuille ou non, elle est mortelle. Depuis le 24 février 2022, on aurait pu imaginer que Vladimir Poutine allait multiplier encore un peu plus les mises en scène sportives pour se montrer fort, etc. Et en fait, c'est l'inverse qui se passe aujourd'hui. Vladimir Poutine est plutôt en retrait, il semble plutôt isolé. Et donc cet isolement, je crois, traduit aussi cette faiblesse. 

    Passons maintenant au thème de la sexualité. Vous en parlez beaucoup dans votre livre. À quoi ressemble la vie des personnes LGBTQ+ en Russie aujourd'hui ?

    Quand vous êtes LGBT+, quand vous êtes queer, vous êtes extrémiste dans le logiciel de Vladimir Poutine et des autorités russes. Alors aujourd'hui, vous avez trois possibilités. Soit vous continuez à essayer de vivre votre vie normalement, voire à militer, et auquel cas, vous rentrez dans un bras de fer directement avec l'État russe, soit vous vous cachez, vous supprimez cette partie de votre identité des réseaux sociaux et de l'espace public. Troisième possibilité, vous partez en exil, ce qui a été le cas de beaucoup de personnes LGBT+, de queers, de féministes depuis le début de la guerre évidemment, et même d'ailleurs avant.

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    Et pourquoi est-ce que la lutte contre les droits LGBTQ+ est-elle devenue un outil aussi efficace de politique étrangère notamment ?

    Je me suis intéressé à comment Vladimir Poutine utilisait cette rhétorique et comment il cherchait à l'exporter. Cette rhétorique, c'est quoi ? La Russie est la gardienne des valeurs traditionnelles. Elle est la gardienne de la famille nucléaire traditionnelle, de valeurs ancestrales, etc. Face à un Occident décadent, on dit en fait que cet Occident décadent est à combattre et qu'il faut justement trouver des relais à l'étranger pour pouvoir les combattre. Et donc ces relais, Vladimir Poutine les trouve notamment dans le « Sud global ». Ça peut être en Afrique, ça peut être en Amérique latine, ça peut être aussi en Asie. Le but de Vladimir Poutine, quand il fait ça, c'est de diviser. Et donc, diviser, ça suppose de diviser l'Otan et de diviser aussi l'Union européenne.

    En quoi cette guerre culturelle permet-elle au Kremlin de justifier la guerre menée contre l'Ukraine ?

    Vladimir Poutine, déjà, a cette idée très masculiniste. Il compare l'Ukraine à une femme à qui il faudrait imposer quelque chose. Donc il avait dit « que ça te plaise ou non, ma jolie, il faudra supporter. » Il dit ça deux semaines avant l'invasion russe de l'Ukraine. Il considère que l'Occident était en train d'avancer ses pions avant le 24 février 2022. En Ukraine, ses pions, ça passait par l'Otan. Il y avait un caractère militaire, mais qui avait aussi un caractère civilisationnel. Derrière cette guerre civilisationnelle, l'idée c'était que, globalement, l'Occident allait diffuser ses valeurs libérales pro-LGBT+ jusqu'en Ukraine. Un argument qu'il utilisait, en plus, pour justifier sa guerre et la vendre à sa propre population. Donc d'ailleurs, c'est pour ça qu'il dit toujours qu'il mène une opération militaire spéciale en Ukraine, mais qu'il fait une guerre politique à l'Occident. Et en fait, les mots sont très choisis et très importants. On est dans cette logique effectivement de civilisation et ça lui sert d'argument. La question LGBT+, ça lui sert d'argument pour attaquer l'Ukraine.

    Le Kremlin peut-il durablement contrôler l'intimité ou est-ce précisément ce genre d'espace qui finit toujours par lui échapper ?

    Je pense qu'à terme c'est toujours un espace qui échappe à n'importe quel dirigeant. Globalement, tous ces régimes autoritaires qui ont cherché à organiser l'intime, à contrôler les individus jusque dans la chambre à coucher, etc, tous ces régimes dans l'histoire, ils se sont effondrés. Quand on regarde les choses, parce qu'en fait, la plus grande force, c'est aussi la plus grande faiblesse de ces régimes. Vladimir Poutine, le jour où il cède le pouvoir, ou il meurt, ou pour X ou Y raison, bref, il n'est plus là, et bien c'est très délicat d'imaginer la suite. Donc on peut imaginer qu'il est en plein cœur de ce qu'on appelle l'hubris du pouvoir, que pour le moment, il s'accroche à cette guerre comme il s'accroche au Kremlin, à son poste. Et plus ça avance, moins il y a de successeurs potentiels. Donc on peut tout à fait imaginer que, à sa chute, il y aura de fortes turbulences en Russie et dans ce cas-là, peut-être que les corps reprendront leur liberté.

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    Sat, 26 Sep 2026
  • 288 - «Comprendre la question kurde», de Didier Billion

    Dans son livre, le spécialiste du Moyen-Orient Didier Billion tente de répondre à une large question : « Qui sont vraiment les Kurdes ? » Ce peuple, dont la population est estimée à environ 50 millions de personnes, est dispersé entre quatre États voisins : Turquie, Iran, Irak et Syrie. Que ce soit dans la construction de la Syrie post-Assad, dans la lutte contre le jihadisme, dans l'opposition au régime iranien ou aux autorités turques, ils sont acteurs d'importants sujets régionaux. Mais contrairement aux idées reçues, ils ne forment pas un bloc homogène. Oriane Verdier en discute avec Didier Billion, conseiller spécifique de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

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    Sat, 19 Sep 2026
  • 287 - «Vivre avec la surveillance numérique en Chine», d'Ariane Ollier-Malaterre

    En Chine, pays ultra-connecté, chaque paiement ou presque s'effectue en ligne, chaque échange passe par les réseaux sociaux, mais les communications sont censurées et scrutées de près par les autorités. Comment les 1,3 milliard de Chinois vivent-ils cette surveillance de leurs échanges, cette chape de plomb au-dessus de leur tête ? C'est la question que s'est posée la professeure de management à l'EDHEC Business School, Ariane Ollier-Malaterre. Dans son ouvrage publié aux éditions du CNRS, Vivre avec la surveillance numérique en Chine, l'autrice a multiplié les entretiens avec des Chinois pour comprendre quel est l'impact de la cybersurveillance sur leur état d'esprit. Une approche ouverte, loin des stéréotypes.

     

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    Sat, 12 Sep 2026
  • 286 - Céline Marangé explore «l'impérialisme et le revanchisme» russe dans «La guerre d'Europe a commencé»

    La guerre menée par la Russie contre l'Ukraine vise l'anéantissement d'un pays, la négation d'un peuple, mais aussi la révision complète de l'ordre de sécurité européen, selon l'essai percutantLa guerre d'Europe a commencé, publié aux éditions Les Arènes.

    Dans son ouvrage, Céline Marangé, chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire, revient sur les raisons profondes de la guerre en Ukraine et sur les menaces concrètes pesant sur le continent européen. La guerre a déjà commencé, sommes-nous prêts ? Une question centrale à laquelle l'autrice s'efforce de répondre.

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    Sat, 05 Sep 2026
  • 285 - Les écrivains aussi meurent en Ukraine dans «La guerre, ce sont les noms propres» d'Ariane Chemin

    Raconter la guerre en Ukraine en retraçant la trajectoire de deux écrivains morts tragiquement sous les balles et les missiles russes : c’est ce que fait Ariane Chemin dans son livre La guerre, ce sont les noms propres, publié aux Éditions du sous-sol. La journaliste du Monde, qui a effectué de nombreux reportages en Ukraine depuis le début de l’invasion russe, il y a 4 ans et demi, raconte la raison pour laquelle les histoires des victimes de la guerre « doivent être sauvées à tout prix ». 

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    Sat, 29 Aug 2026
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