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Géopolitique

Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.
- 542 - Israël peut-il tourner la page Netanyahu?
Le 27 octobre 2026, les Israéliens élisent leur Parlement pour la première fois depuis le 7 Octobre 2023. Benyamin Netanyahu, qui a fêté ses 77 ans en pleine campagne, brigue un nouveau mandat. Rien n’est joué.
Le Premier ministre israélien aborde ce scrutin en eaux troubles. Il cumule dix-neuf ans au pouvoir, il est jugé pour corruption depuis 2020, et le président Herzog a gelé en avril sa demande de grâce. La Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre lui. Le 7-Octobre, survenu sous son gouvernement, n’a jamais donné lieu à la commission d’enquête d’État que réclament les familles des victimes. La guerre à Gaza, plus de 73 000 morts selon le ministère de la Santé de l’enclave, a isolé Israël en Europe et abîmé son image aux États-Unis, et deux guerres contre l’Iran n’ont pas fait tomber le régime.
Il reste pourtant dans la course. Les derniers sondages placent Yashar, le parti de l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, devant le Likoud, mais aucun bloc n’atteint les 61 sièges nécessaires pour gouverner. Le camp de Netanyahu, allié à l’extrême droite d’Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich et aux partis ultraorthodoxes, tourne autour de 50 sièges. L’opposition fait à peine mieux, et refuse de s’appuyer sur les partis arabes. Donald Trump a apporté le 18 octobre son « soutien total » au Premier ministre sortant.
Qui est Benyamin Netanyahu, comment a-t-il tenu trente ans au centre de la vie politique israélienne, et qu’est-ce qu’une alternance changerait vraiment pour Gaza, l’Iran, les États-Unis et l’Europe ? À moins qu’un blocage ne le maintienne, une fois encore, à la tête du pays.
Invités :
Alain Dieckhoff, sociologue, directeur de recherche au CNRS, ancien directeur du CERI de Sciences Po, auteur notamment de L’invention d’une nation. Israël et la modernité politique Denis Charbit, politiste, professeur de science politique à l’Université ouverte d’Israël, auteur de Qu’est-ce que le sionisme ? Laure Foucher, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, autrice de la note « Les perceptions en Israël de l’avenir de la relation avec Washington » (octobre 2026).Sun, 25 Oct 2026 - 541 - Qui tient les rails tient-il le monde?
Le 13 septembre 2026, un drone russe a frappé la locomotive du train Kiev-Varsovie en gare de Yahodyn, à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Les 206 passagers avaient été évacués un quart d’heure plus tôt.
Depuis que le ciel ukrainien est fermé, le rail est la seule porte d’entrée du pays. Les armes, le blé et les dirigeants étrangers passent par là, et Moscou en a fait une cible : en septembre, les chemins de fer ukrainiens ont dû évacuer 5 831 trains. Loin du front, la fermeture du détroit d’Ormuz fin février 2026 a produit l’effet inverse. Le fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe a bondi d’un tiers en quelques semaines, et en avril un premier train direct a relié Wuhan à Bakou en dix-huit jours sans passer par la Russie.
Longtemps tenu pour une relique du XIXè siècle, le chemin de fer est redevenu un instrument de puissance. C’est la thèse de Claude Leblanc dans Géopolitique du train. La Chine n’avait aucune ligne à grande vitesse en 2007, elle en compte aujourd’hui plus de 50 000 kilomètres, et elle a construit ou modernisé 10 000 kilomètres de voies en Afrique. L’Inde pose ses rails jusqu’à la ligne de démarcation au Cachemire. Les pays baltes changent la largeur de leurs voies pour tourner le dos à Moscou. Washington finance le corridor de Lobito pour faire sortir le cobalt congolais par l’Atlantique. Pendant ce temps, l’Union européenne a perdu des kilomètres de voies, et il faut toujours huit heures pour aller de Paris à Berlin.
Reste à savoir si le train peut vraiment rivaliser avec la mer, par où transite toujours l’essentiel des marchandises, et si l’Afrique, à qui l’on promet des milliers de kilomètres de lignes, en sera bénéficiaire ou simple terrain de jeu.
Invité : Claude Leblanc, journaliste, éditorialiste à L’Opinion en charge des questions asiatiques, auteur de Géopolitique du train (PUF, collection « Géopolitiques », 2026).
Musiques : Les Rita Mitsouko, Le petit train ; Bob Dylan, Slow Train.
Sat, 24 Oct 2026 - 540 - L’Asie, moteur du monde… au prix de ses peuples?
L’Asie fabrique nos batteries, nos téléphones et une bonne part de la croissance mondiale. Mais derrière ce décollage, que deviennent ceux qui vivent loin des capitales ? Géopolitique s’intéresse au dernier dossier de La revue internationale et stratégique, consacré aux pouvoirs en Asie-Pacifique.
L’Indonésie produit près de 60 % du nickel mondial, un métal indispensable aux batteries des voitures électriques. Les complexes industriels se multiplient dans les Moluques et à Sulawesi, souvent au détriment des forêts et de ceux qui en vivaient. Fin août, à Jakarta, les manifestations devant le Parlement se sont soldées par plus de 300 interpellations.
En Inde, le redécoupage de la carte électorale voulu par le gouvernement de Narendra Modi inquiète les États du Sud. Au Bengale-Occidental, des millions de noms ont été rayés des listes électorales avant la victoire historique du BJP au printemps. Et entre la Thaïlande et le Cambodge, la frontière reste fermée depuis juin 2025, malgré le cessez-le-feu.
Frontières, ressources, électeurs : dans toute la région, les populations semblent devenues un enjeu de pouvoir à part entière. Contrôle des États ou résistance des peuples, qui est en train de l’emporter ?
Invités :
Coline Laroche, analyste au sein du programme Asie-Pacifique de l’Iris, spécialiste de l’Indonésie, codirectrice du dossier « Pouvoirs en Asie-Pacifique » de La revue internationale et stratégique (n° 142, été 2026) Christine Cabasset, docteure en géographie, associée à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec) et au programme Asie-Pacifique de l’Iris Guillaume Delacroix, journaliste, collaborateur de l’Observatoire géopolitique de l’Indo-Pacifique de l’Iris, coauteur de Dans la tête de Narendra Modi (Actes Sud, 2024)Sun, 18 Oct 2026 - 539 - Pétrole, gaz, blé: Moscou et Washington se partagent-ils les robinets du monde?
Le 12 octobre, la Marine nationale a arraisonné au large de La Réunion un pétrolier de la flotte fantôme russe. Trois jours plus tôt, Donald Trump levait les sanctions sur le gazole russe. Deux décisions qui en disent long sur la place qu’occupe aujourd’hui l’énergie dans les rapports de force mondiaux.
Le DF Peak naviguait sous un faux pavillon béninois. Jusqu’en 2024, il s’appelait le Kaliningrad. Comme des centaines d’autres vieux tankers, il permet à Moscou de continuer à vendre son pétrole malgré les sanctions européennes.
Mais au même moment, Washington prenait le chemin inverse. Face à des prix du diesel au plus haut à quelques semaines des élections de mi-mandat, l’administration Trump a autorisé jusqu’en avril 2027 l’achat de gazole russe. En échange, Kiev est priée de cesser ses frappes sur les raffineries russes.
L’Europe arraisonne, l’Amérique achète. Et pendant ce temps, la mer Noire reste une zone de guerre, où des cargos sont frappés au large de la Bulgarie. Le blé, lui aussi, est devenu un instrument de puissance.
Pour comprendre ce grand marchandage, Géopolitique s’appuie sur le rapport CyclOpe, référence sur les marchés des matières premières, qui publie cette année sa quarantième édition. Une aventure née en 1983 d’une chronique hebdomadaire sur l’antenne de RFI.
Invités :
Philippe Chalmin, professeur émérite d’histoire économique à l’université Paris-Dauphine-PSL, fondateur et directeur du rapport CyclOpe François Luguenot, ingénieur agronome, directeur de FL Consultant, auteur du chapitre céréales de CyclOpeÀ lire aussiFlotte fantôme : la France ouvre une enquête sur le pétrolier DF Peak après son arraisonnement
Sat, 17 Oct 2026 - 538 - Rivalités de puissances : la France face au grand jeu
Trump reçu à Pékin en mai, Xi et Poutine qui affichent leur entente fin août au sommet de Bichkek, un possible sommet à trois en novembre à Shenzhen, plus aucun traité qui limite les arsenaux nucléaires américain et russe, Ormuz et Bab el-Mandeb quasiment fermés. Washington, Pékin et Moscou se disputent le monde sans se faire la guerre directement. Dans cette partie à trois, la France est-elle encore un joueur ou déjà un terrain de jeu ?
Avec
- le vice-amiral Pascal Ausseur, directeur général de la FMES, ancien préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord ;
- Céline Bayou, chercheuse à l'INALCO, spécialiste de la Russie et des pays baltes ;
- Valérie Niquet, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste de la Chine et de l'Asie.
Émission enregistrée à Toulon, en marge des Rencontres stratégiques de la Méditerranée organisées par la FMES.
Sun, 11 Oct 2026 - 537 - Qui tient le ciel ?
Des drones à quelques milliers d'euros qui frappent les ponts de Kiev quatre jours de suite, y compris le jour de la visite de Friedrich Merz, des avions de l'OTAN qui décollent pour abattre un drone au-dessus de la Lituanie, des missiles qui frappent en deux minutes au Moyen-Orient, des ballons espions à trente kilomètres d'altitude. La guerre du ciel a changé de visage, du ras du sol jusqu'à l'espace.
On regarde ce que l'Ukraine, le Golfe et la mer de Chine nous apprennent, et si la France et son industrie sont prêtes.
Avec
- Malcolm Pinel, chercheur au Centre d'études stratégiques aérospatiales de l'armée de l'Air et de l'Espace, spécialiste de la puissance aérienne russe ;
- le colonel Yann Bourion, ancien pilote de chasse, aujourd'hui chez MBDA, le fabricant européen de missiles ;
- Pierre Razoux, historien des conflits, directeur académique de la FMES.
Émission enregistrée à Toulon, en marge des Rencontres stratégiques de la Méditerranée organisées par la FMES.
Sat, 10 Oct 2026 - 536 - La guerre hybride de Vladimir Poutine : la fuite en avant… jusqu’où?
Drone chargé d’explosifs sur l’aéroport de Leipzig en Allemagne, incendies d'usines d'armement en Bulgarie, en Italie et en Estonie, frappes sur le train Kiev/Varsovie dans une gare ukrainienne à 2 km de la frontière polonaise… Attribuées à la Russie, les attaques « hybrides » contre les pays européens soutiens de Kiev se sont multipliées ces derniers mois, qu’il s’agisse de drones, de sabotages, de désinformation ou de cyberattaques…
Que se passerait-il si, demain, une opération hybride russe faisait des victimes dans un pays de l’OTAN ? Comment les Européens doivent-ils répondre aux provocations du maître du Kremlin ? Que cherche Vladimir Poutine ? Que traduit cette fuite en avant et jusqu’où peut-elle aller ?
Trois invités :
- Christine Dugoin-Clément, chercheure à l’Observatoire de l’intelligence artificielle de Paris 1 – chaire risque, et au CRGN (Centre de Recherche de la Gendarmerie nationale). Autrice de Géopolitique de l’ingérence russe. La stratégie du chaos, paru aux PUF en 2025
- Paul Gogo, journaliste, ancien correspondant à Moscou, auteur de Moscou parano. La Russie de Poutine mise à nu, aux éditions du Rocher
- Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur chez Euro Créative.
Sun, 04 Oct 2026 - 535 - Présidentielle au Brésil : duel Lula-Bolsonaro, avec Washington en embuscade
160 millions d’électeurs brésiliens sont appelés à se rendre aux urnes ce dimanche. Dans un pays plus que jamais polarisé, les sondages prévoient pour le 1er tour de la présidentielle un duel serré entre le chef de l’État sortant de gauche Luiz Ignacio Lula da Silva, 80 ans, qui brigue un 4ème mandat et le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, candidat du parti libéral et fils de Jaïr Bolsonaro, l’ex-président d’extrême droite condamné en 2025 à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.
Quels sont les enjeux de ce scrutin ? Alors que l’insécurité semble être la 1ère préoccupation des Brésiliens, le bilan social du mandat de Lula fera-t-il le poids face à la politique répressive promise par Flavio Bolsonaro, inspiré par l’exemple du Salvador ? Faut-il craindre des ingérences de la criminalité organisée dans les élections ? L’arrivée au pouvoir de l’extrême droite mettrait-elle en péril la souveraineté du Brésil, comme l’affirme Lula, qui accuse les États-Unis de chercher à interférer dans le scrutin au profit de son rival Flavio Bolsonaro ?
Le Brésil restera-t-il un bastion de gauche dans une Amérique latine dont Donald Trump veut faire l’arrière-cour des États-Unis ?
Deux invités :
- Anaïs Flechet, professeur d’histoire contemporaine à Sciences Po Strasbourg
-Frédéric Louault, professeur de Sciences politiques à l'Université libre de Bruxelles.
Sat, 03 Oct 2026 - 534 - L’IA peut-elle échapper à tout contrôle?
Le 9 septembre 2026, une déclaration d’un jeune Britannique fait l’effet d’une déflagration. Jacob Coxon, chercheur chez Anthropique après être passé chez OpenAI annonce sur X qu’il démissionne par souci éthique. « Aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable. Elles foncent tout droit vers une superintelligence capable de s’améliorer elle-même et jouent avec nos vies. Les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie. »
Le débat sur l’IApocalypse est lancé… Scénario de science-fiction, risque réel ou coup marketing des entreprises de cybersécurité ? Chacun y va de ses arguments.
Alors doit-on s’inquiéter ? Faut-il ralentir la course folle à l’IA ou faire une pause ? L’Intelligence artificielle est-elle susceptible d’échapper un jour à tout contrôle ? Avec quelles conséquences ? Des IA rebelles pourraient-elles décider de détruire l’humanité ? Qui pour imposer un mécanisme de régulation ou des normes au niveau mondial ?
Trois invités :
- Jean-Gabriel Ganascia,professeur à la Faculté des sciences de Sorbonne Université et chercheur en intelligence artificielle au LIP6. Nouveau livre « Mythologies de l'IA »aux éditions du Seuil
- Sébastien Garnault, président du Paris Cyber Summit, spécialiste des enjeux de puissance technologique
- Tariq Krim,entrepreneur du web, ancien vice-président du Conseil national du numérique, créateur de Netvibes et de Jolicloud, a lancé le think tank Cybernetica et initié le mouvement Slow Web, qui prône un usage plus conscient des technologies.
Sun, 27 Sep 2026 - 533 - Quelle recomposition pour le Moyen-Orient déchiré par les guerres?
Depuis le 28 février 2026, et la guerre déclenchée par Donald Trump contre l’Iran, le détroit d’Ormuz est devenu un point central de la crise au Moyen-Orient. Aujourd’hui le détroit d’Ormuz est contrôlé par l’Iran qui en a fait un levier de négociation avec Washington. Résultat : les prix des carburants s’envolent, les échanges se raréfient et l’économie mondiale se fragilise. Selon le FMI, le choc énergétique pourrait se traduire par davantage d'inflation et moins de croissance.
Émission enregistrée aux Ecopol de Tours.
Alors comment sortir de cette impasse ? Quels sont les objectifs de guerre des États-Unis ? Comment expliquer l’étonnante résilience de l’Iran ? À quel point les monarchies du Golfe, victimes des représailles iraniennes aux frappes américaines, ont-elles perdu confiance dans la protection américaine ? Leur quête de nouveaux partenariats sonne-t-elle la fin de l’ordre américain au Moyen-Orient ? Combien de guerres Israël est-il prêt à mener pour assurer sa sécurité, au risque d’un isolement toujours plus grand au sein de la communauté internationale ? Quelle recomposition pour un Moyen-Orient déchiré par les guerres ?
Trois invités :
Fatiha Dazi Heni, politiste, spécialiste de la péninsule arabique à l'Irsem (Institut de recherche stratégique de l'École militaire) et à Science po Lille. Autrice de L’Arabie saoudite en 100 questions chez Taillandier, a dirigé L’Arabie saoudite dans le monde, ouvrage collectif à paraître en novembre aux éditions du CNRS. Chahir Zaki, professeur d'économie à l'Université d'Orléans, chercheur au LEO (laboratoire d’économie d’Orléans), travaille sur les économies du monde arabe. A publié Breaking or Building Bridges ? The Trade Story of the Mena Region chez Cambridge University Press. Myriam Benraad, politiste, spécialiste de l'Irak et du Moyen-Orient contemporain, professeur en relations internationales à l'Université d'Exeter au Royaume Uni. A publié L'Irak par-delà toutes les guerres aux éditions Le Cavalier Bleu.Sat, 26 Sep 2026 - 532 - Quel avenir pour l'Alliance de La Mecque?
Le 7 août 2026, à La Mecque, trois puissances du monde musulman ont signé un accord qui pourrait modifier l'équilibre stratégique du Moyen-Orient et, plus largement, celui du monde musulman. L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie se sont engagés, dans le cadre du « Mecca Joint Defence Agreement », à considérer une attaque contre l'un d'entre eux comme une attaque contre les trois. Une clause qui rappelle évidemment le fameux article 5 de l'OTAN.
Faut-il pour autant parler d'une « OTAN musulmane » ?
La comparaison est séduisante, mais elle est probablement trop simple. Car derrière cet accord, se trouvent trois pays aux intérêts très différents. L'Arabie saoudite est la grande puissance financière et énergétique du Golfe. Elle cherche, depuis plusieurs années, à diversifier ses partenariats et à ne plus dépendre exclusivement de la protection américaine. La Turquie est une puissance militaire majeure, membre de l'OTAN, dotée d'une industrie de défense de plus en plus autonome, notamment dans les drones. Elle cherche également à affirmer son rôle de puissance incontournable entre l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie. Et puis il y a le Pakistan : le seul État musulman doté officiellement de l'arme nucléaire, qui entretient des relations anciennes et particulièrement étroites avec l'Arabie saoudite, mais qui partage également une frontière avec l'Iran et tente de conserver un rôle de médiateur dans les crises régionales. Alors, que cherchent réellement ces trois pays ? Se protéger contre l'Iran ? Répondre à l'affaiblissement de la garantie américaine ? Construire une nouvelle puissance militaire du monde musulman ? Ou simplement mettre en commun des intérêts qui, pour l'instant, convergent ? La question est d'autant plus actuelle que l'accord est déjà confronté à une situation concrète : les attaques des Houthis, alliés de l'Iran, contre le territoire et les infrastructures saoudiennes. Islamabad a récemment précisé qu'aucune réponse militaire commune n'avait encore été envisagée. Alors, alliance militaire véritable ou démonstration de puissance ?
Invités :
Fatiha Dazi Heni, politologue, spécialiste des monarchies de la péninsule Arabique, chercheure à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École militaire, l’Irsem et enseignante « Monde arabe » à Sciences Po Lille Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie/Moyen-Orient de l’IFRI Gilles Bocquerat, spécialiste de l’Asie du Sud, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique.Sun, 20 Sep 2026 - 531 - France-Algérie : comment sortir du blocage?
La France est entrée en campagne électorale dans la perspective des présidentielles de 2027. Une élection pour laquelle l’Europe promet de prêter une attention particulière et elle n’est pas la seule. L’Algérie qui, après plus d’un siècle de colonisation française, est devenue indépendante le 5 juillet 1962, s’honore d’avoir gagné l’une des plus difficiles guerres de décolonisation et d’avoir imposé une défaite à la France et à l’OTAN.
La France et l'Algérie appartiennent à deux aires culturelles que tout oppose et dont la guerre d’indépendance et ses conséquences restent non soldées malgré des tentatives de réconciliation mémorielle ratée. L’Algérie se voit comme une puissance africaine non-alignée, proche de la Russie et de la Chine. Depuis 2024, un conflit asymétrique s’est engagé entre la France et l’Algérie : otages, rappels d’ambassadeurs, chute des échanges, crise des visas, reconnaissance par l’Élysée de la marocanité du Sahara occidental. Est évoquée la « plus grave crise » traversée par les deux pays depuis 1962 alors que sur le plan géopolitique, les deux pays auraient intérêt à trouver des points de convergence et que les Algériens constituent la première communauté étrangère migratoire en France.
Invités :
Pierre Vermeren, historien du Maghreb et du Moyen Orient, professeur des Universités à Paris 1 Panthéon Sorbonne. France-Algérie. De 1962 à nos jours. Histoire d’une relation pathologique, éditions Tallandier. Michel Duclos, ancien ambassadeur. Conseiller spécial géopolitique et diplomatie à l’Institut Montaigne. Coauteur de la note (Scénarios) « France-Algérie : sortir de l’émotion ».Sat, 19 Sep 2026 - 530 - Cuba : Trump joue-t-il avec le feu?
L’île de Cuba traverse aujourd’hui ce que plusieurs observateurs décrivent comme la crise la plus aiguë de son histoire moderne, bien au-delà de la « Période spéciale » des années 1990. Depuis janvier 2026, un tournant décisif a été pris : suite à l’intervention américaine au Venezuela et à la capture de Nicolás Maduro, Washington exerce une pression maximale et a imposé un blocus énergétique quasi-total à La Havane, coupant l’accès au pétrole vénézuélien qui sustentait l’économie cubaine.
L’administration Trump espère créer une situation visant à forcer le leadership cubain vers une ouverture politique et économique qui transformerait l’île en un partenaire dépendant des États-Unis. Voire une tutelle comme c’est le cas au Venezuela. Les conséquences sont visibles : des pannes de courant de 20 à 22 heures par jour à La Havane, des pénuries alimentaires et médicamenteuses critiques, et des tensions sociales avec des manifestations. De nombreux Cubains ont été renvoyés par Washington dans l’île et l’exode se poursuit, réorienté massivement vers l’Amérique Latine. La question de l’avenir de Cuba est, bien sûr, posée alors que les projets de Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio semblent diverger et que plane toujours l’éventualité d’une intervention américaine, laquelle toutefois ne manque pas d’obstacles. Certes isolée, Cuba n’en conserve pas moins des appuis, Chine, Russie, Iran.
Invités :
Janette Habel, politologue et chercheuse associée à l’IHEAL Jean Mendelson, ancien ambassadeur de France à Cuba Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du programme Amérique Latine/Caraïbes et membre de la rédaction du Monde diplomatique.Sun, 13 Sep 2026 - 529 - L’Europe sous pression russe
La Russie poursuit sa guerre d’Ukraine. Deux émissaires de Donald Trump étaient la semaine dernière à Moscou où ils ont rencontré Vladimir Poutine, avant de se rendre à Kiev. Aucune avancée concrète n’a été annoncée et les frappes ont repris dès leur départ.
Côté russe, dans la perspective du scrutin des 18 et 20 septembre 2026 visant à l’élection des députés de la Douma d’État, premières législatives en Russie depuis le début de la guerre, il y a quatre ans et demi, la rumeur court d’une nouvelle et importante vague de mobilisation post-électorale.
Durant la campagne précédant le scrutin, le chef du Kremlin a égrené des discours de plus en plus agressifs sur le plan militaire faisant craindre qu’en l’absence de victoire sur le terrain, la Russie envisage d’intensifier l’offensive, et en interne le régime ne cesse de se durcir. La rhétorique d’escalade se fait de plus en plus cohérente dans laquelle la guerre en Ukraine est replacée dans une confrontation plus large avec l’Europe.
Invitée :
Céline Marangé. Docteure en Science politique, spécialiste de la Russie et de l’espace post-soviétique, chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, La guerre d’Europe a commencé, éditions les Arènes, Prix du Livre Géopolitique 2026.
Sat, 12 Sep 2026 - 528 - La Terre brûle, la diplomatie ferme les yeux?
Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse, 99 départements en vigilance, la pire saison de feux en France depuis 2012, plus de 32 000 décès excédentaires en Europe, la COP17 sur la désertification s'est achevée le 28 août sans la moindre décision contraignante, et le traité sur le plastique est repoussé à 2027. La question n'est pas seulement de savoir pourquoi ça échoue, mais à qui profitent ces blocages. Et où la coopération continue malgré tout, à trois mois de la COP31 d'Antalya.
Avec :
Mathilde Jourde, chercheuse à l'Iris, responsable du programme climat, environnement, sécurité, co-directrice de l'Observatoire défense et climat Sébastien Treyer, directeur général de l'IddriSun, 06 Sep 2026 - 527 - IA, la diplomatie au bout du câble
On présente volontiers l'intelligence artificielle comme la nouvelle arme diplomatique, avec ses sommets, ses standards et ses alliances technologiques. Mais dès qu'on gratte, on retombe sur du très physique : des térawattheures, des semi-conducteurs, des terres rares. Point de départ, l'audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée nationale, où le patron de Mistral a résumé son métier d'une phrase : transformer de l'électricité en tokens ; et la question devient : peut-on prétendre à une souveraineté numérique quand on ne maîtrise pas ses électrons ?
Émission enregistrée lors de la Fabrique de la diplomatie.
Avec :
Camille Boulenguer, économiste, chercheuse à l'Iris, directrice de l'Observatoire géopolitique du numérique et des technologies émergentes Francis Perrin, directeur de recherche à l'Iris, chercheur associé au Policy Center for the New South (Rabat), spécialiste des questions énergétiquesSat, 05 Sep 2026 - 526 - Les ruptures technologiques désormais au cœur des rapports de puissance
Depuis 1945, la puissance se mesurait à l’aune de la capacité de projection : dollars, porte-avions, bases militaires. Aujourd’hui, ce paradigme s’effondre. Les États-Unis, hyperpuissance incontestée, échouent à imposer leur volonté, en Irak, en Afghanistan, et peinent à contenir l’Iran. À l’inverse, des puissances régionales, voire des acteurs non étatiques, parviennent à tenir en échec les géants traditionnels. La puissance a-t-elle simplement changé de nature ?
Ne résiderait-elle plus dans la capacité de construire, mais dans celle de détruire, de nuire, de bloquer ? L’exemple du détroit d’Ormuz, où l’Iran transforme un goulot d’étranglement maritime en arme de dissuasion massive, illustre ce basculement vers une « puissance de nuisance ».
Enfin, dans la course à la puissance, un nouvel élément est désormais à prendre en compte : l’intelligence artificielle. La maitrise des algorithmes, des données et des semi-conducteurs redéfinit la hiérarchie des nations. La puissance de demain se mesure désormais en téraoctets et en capacité de calcul plutôt qu’en nombre de divisions blindées. Les ruptures technologiques rendent les hiérarchies économiques et militaires instables et en permanence susceptibles d’être renversées par la percée novatrice d’un adversaire.
Invités :
Sabine Jansen, rédactrice en chef de Questions internationales, professeure des universités au CNAM et chercheuse associée à Paris Cité Frédéric Ramel, professeur des universités en science politique à Sciences Po, coordinateur du réseau thématique du Groupe de recherche sur l’action multilatérale au CNRS Guillaume Heim, haut fonctionnaire à la direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances, spécialiste des enjeux technologiques et de leur dimension stratégique. Enseignant à l’université Paris-Panthéon-Assas.Édition en partenariat avec la revue Questions internationales : « Les empires contre-attaquent. La puissance au 21ᵉ siècle ».
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Sun, 30 Aug 2026 - 525 - Trump, Kim Jong-Un et les alliances américaines: comment la Corée du Nord modifie les rapports de force en Asie
Donald Trump affirme vouloir rencontrer Kim Jong-un plus tard dans l’année. Pyongyang n’a toutefois pas confirmé l’existence d’un véritable échange entre les deux dirigeants : le leader nord-coréen reconnait la qualité de leur relation personnelle tout en rejetant l’idée que cette relation puisse modifier les intérêts stratégiques nord-coréens.
Le geste américain récent et concret a été la réduction des exercices militaires avec la Corée du Sud, lesquels ont été raccourcis de onze à cinq jours, tandis qu’un autre exercice prévu en septembre a été annulé, Washington invoquant notamment les contraintes liées à la guerre avec l’Iran. L’hypothèse d’un succès diplomatique après l’Iran doit être accueillie avec prudence. Kim Jong-un dispose aujourd’hui de marges de manœuvre plus importantes qu’en 2018-2019. La Corée du Nord s’est rapprochée de la Russie, notamment par une coopération militaire liée à la guerre en Ukraine, tout en maintenant ses liens économiques fondamentaux avec la Chine. Que cherche Washington et que peut obtenir Pyongyang ? Vers une Asie plus autonome militairement ? La Corée du Nord modifie-t-elle les rapports de force en Asie ?
Invité :
Pierre Grosser, historien, professeur à Sciences Po et membre du centre d’histoire de Sciences Po. « Histoire mondiale des relations internationales » chez Bouquins et « États-Unis/Chine, l’autre guerre froide » aux CNRS éditions.À lire aussiÉtats-Unis: le président Donald Trump déclare qu'il rencontrera Kim Jong-un cette année
Sat, 29 Aug 2026 - 524 - Canicules, guerres et exodes : le visage incertain de 2026
Le monde a rarement vécu dans un environnement aussi hostile. Guerre commerciale; conflit en Iran dont personne ne voit l’issue ; deux front ouverts par Trump. Et pourtant le commerce mondial ne cesse de croître. Les échanges se réorientent ; de nouvelles alliances se nouent. Tout cela consacre par ailleurs la super puissance de la Chine. Car les droits de douane ont jeté nombre de pays dans les bras de l’ogre chinois, dont les produits inondent la planète et dont la balance commerciale bat tous les records. La réalité du monde, c’est aussi le Moyen Orient en feu, et le climat en rage, témoignant d’un grand désordre mondial.
Invité :
Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po. Auteur d’une trentaine d’ouvrages. Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale chez Odile Jacob est le dernier.
Mon, 24 Aug 2026 - 523 - Espagne : climat politique sous forte tension
Il y a quatre-vingt dix ans, l’Espagne basculait dans la guerre civile. Le 17 juillet 1936, le pays entrait dans l’une des tragédies majeures du XXè siècle, une guerre qui a brisé durablement la société espagnole et dont les mémoires restent, aujourd’hui encore, profondément disputées.
Et si l’Espagne regarde encore autant son passé, c’est aussi parce qu’elle est traversée, au présent, par de fortes tensions politiques : sur la mémoire, sur les autonomies, sur le rapport à l’opposition, sur la place du pays en Europe et dans le monde. Que nous dit encore 1936 de l’Espagne d’aujourd’hui ?
Dans un contexte assombri par les scandales de corruption qui planent sur son entourage et l’orbite du PSOE, comme du gouvernement, Pedro Sanchez conduit un pays toujours travaillé par de fortes crispations.
Invités :
Amalio de Marichalar y Saenz de Tejada,coordinateur d’« Espagnol à Espagnol pour la Constitution » et de 33 associations de la société civile de toute l’Espagne Miguel Angel Garcia Carrasco, chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique Benoît Pellistrandi, historien, spécialiste de l’Espagne. Les fractures de l’Espagne. De 1808 à nos jours, collection Histoire chez Folio.Sun, 02 Aug 2026 - 522 - Vladimir Poutine : vers l'escalade?
Le monde occidental vit une crise civilisationnelle et politique qui exprime tout à la fois un vertige sur l’état des lieux, une perte de sens, un doute sur ses capacités, une haine de soi et une peur de la disparition qui se traduit aujourd’hui par la gigantesque insurrection antisystème qui secoue les démocraties d’Occident. Cette crise est une crise majeure faite de critiques en tous genres qui viennent saper les bases de notre civilisation au risque de la détruire.
À quoi s’ajoute l’autoritarisme qui s’affirme sur la scène politique trumpienne. Autre réalité, elle aussi destructrice. Affaibli par ses doutes et le schisme apparu brutalement entre l’Europe et l’Amérique de Donald Trump, l’Occident est par ailleurs confronté à une coalition dont la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping sont les leaders incontestés liés par un ressentiment historique qu’ils nourissent vis-à-vis de l’Occident et par la peur de l’attraction que la liberté occidentale pourrait susciter chez leurs peuples. Ils voient l’Occident comme l’ennemi à abattre et mènent contre lui une guerre hybride à grande échelle, qui connecte tous les théatres d’opérations.
Invité :
Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Français de Géopolitique, directeur de recherche à l’Institut Thomas More et collaborateur de Desk-Russie. Dictionnaire Géopolitique du Monde Occidental, Presses Universitaires de France.
Sat, 01 Aug 2026 - 521 - Les États fantômes: un monde où exister est un combat de tous les instants
Sur une carte du monde officielle, on compte 193 États membres de l’ONU. Pourtant, il en existe bien d’autres, invisibles ou presque, qui défient les frontières tracées par le droit international : la Palestine, la Transnistrie, Taïwan, le Somaliland, l’Abkhazie, le Haut-Karabakh… Ils sont plus d’une centaine à défier les règles du jeu. Ces territoires, que Lukas Aubin qualifie d'« États fantômes », ne sont pas reconnus par la communauté internationale, ou seulement par une poignée de pays.
Pourtant, ils exercent une influence croissante sur la scène géopolitique, bousculant les équilibres régionaux, alimentant les conflits, et remettant en cause l’ordre mondial tel qu’on le connaît.
Pourquoi ces entités persistent-elles malgré leur statut ambigu ? Comment survivent-elles économiquement, politiquement, voire militairement ? Et surtout : que nous disent-elles des failles du système international ?
Invité :
Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie et membre associé du Centre de recherches pluridisciplinaires et multilingues à l’université Paris Nanterre.
Sun, 26 Jul 2026 - 520 - Le discours antidémocratique peut-il encore être combattu?
La « guerre de l’information » est sur toutes les lèvres. Depuis la crise sanitaire et plus encore avec le conflit en Ukraine, cette guerre qui n’est ni militaire, ni sociale, ni économique, déchire le débat public. Chacun veut imposer sa manière de raconter le monde, on peine à se mettre d’accord sur un récit commun. La vérité est devenue un champ de bataille. Et cette bataille – narrative et sémantique – a renforcé les dictatures en sapant la confiance de l’opinion publique envers les démocraties. Comment expliquer une telle victoire du discours antidémocratique, tant sur le plan géopolitique que dans nos sociétés ? Et surtout peut-on encore le combattre ?
Invitée :
Marie Peltier, historienne, essayiste et chercheuse. Elle est spécialiste des questions de propagande des régimes autoritaires, de manipulation des médias et du conspirationnisme contemporain. La bataille des récits. Comment la propagande antidémocratique a mis à mal nos sociétés aux éditions Stock.
Sat, 25 Jul 2026 - 519 - Géopolitique du tourisme
Les congés payés fêtent cette année leurs 90 ans en France. Mais sommes-nous tous égaux dans le monde face aux vacances ? Qui part, qui ne part pas, et où ? Du poids des passeports aux stratégies de soft power des États, quelles particularités selon les pays ? Et comment les affres de la géopolitique (tensions commerciales, conflits, boycotts, climat) reconfigurent-elles notre manière de voyager et de nous reposer ?
Avec :
Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), directeur de la collection « Géopolitique » aux éditions Eyrolles Saskia Cousin, anthropologue, professeure de sociologie à l'Université Paris Nanterre, co-autrice de Sociologie du tourisme (La Découverte) Marie-Laure Desmet, experte du développement touristique, co-autrice de Géopolitique du tourisme (Eyrolles/IRIS, juin 2026).Sun, 19 Jul 2026
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