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Géopolitique

Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Mathias Golshani. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. *** Diffusions le samedi et le dimanche à 17h10 TU vers toutes cibles.
- 529 - L’Europe sous pression russe
La Russie poursuit sa guerre d’Ukraine. Deux émissaires de Donald Trump étaient la semaine dernière à Moscou où ils ont rencontré Vladimir Poutine, avant de se rendre à Kiev. Aucune avancée concrète n’a été annoncée et les frappes ont repris dès leur départ.
Côté russe, dans la perspective du scrutin des 18 et 20 septembre 2026 visant à l’élection des députés de la Douma d’État, premières législatives en Russie depuis le début de la guerre, il y a quatre ans et demi, la rumeur court d’une nouvelle et importante vague de mobilisation post-électorale.
Durant la campagne précédant le scrutin, le chef du Kremlin a égrené des discours de plus en plus agressifs sur le plan militaire faisant craindre qu’en l’absence de victoire sur le terrain, la Russie envisage d’intensifier l’offensive, et en interne le régime ne cesse de se durcir. La rhétorique d’escalade se fait de plus en plus cohérente dans laquelle la guerre en Ukraine est replacée dans une confrontation plus large avec l’Europe.
Invitée :
Céline Marangé. Docteure en Science politique, spécialiste de la Russie et de l’espace post-soviétique, chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, La guerre d’Europe a commencé, éditions les Arènes, Prix du Livre Géopolitique 2026.
Sat, 12 Sep 2026 - 528 - La Terre brûle, la diplomatie ferme les yeux?
Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse, 99 départements en vigilance, la pire saison de feux en France depuis 2012, plus de 32 000 décès excédentaires en Europe, la COP17 sur la désertification s'est achevée le 28 août sans la moindre décision contraignante, et le traité sur le plastique est repoussé à 2027. La question n'est pas seulement de savoir pourquoi ça échoue, mais à qui profitent ces blocages. Et où la coopération continue malgré tout, à trois mois de la COP31 d'Antalya.
Avec :
Mathilde Jourde, chercheuse à l'Iris, responsable du programme climat, environnement, sécurité, co-directrice de l'Observatoire défense et climat Sébastien Treyer, directeur général de l'IddriSun, 06 Sep 2026 - 527 - IA, la diplomatie au bout du câble
On présente volontiers l'intelligence artificielle comme la nouvelle arme diplomatique, avec ses sommets, ses standards et ses alliances technologiques. Mais dès qu'on gratte, on retombe sur du très physique : des térawattheures, des semi-conducteurs, des terres rares. Point de départ, l'audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée nationale, où le patron de Mistral a résumé son métier d'une phrase : transformer de l'électricité en tokens ; et la question devient : peut-on prétendre à une souveraineté numérique quand on ne maîtrise pas ses électrons ?
Émission enregistrée lors de la Fabrique de la diplomatie.
Avec :
Camille Boulenguer, économiste, chercheuse à l'Iris, directrice de l'Observatoire géopolitique du numérique et des technologies émergentes Francis Perrin, directeur de recherche à l'Iris, chercheur associé au Policy Center for the New South (Rabat), spécialiste des questions énergétiquesSat, 05 Sep 2026 - 526 - Les ruptures technologiques désormais au cœur des rapports de puissance
Depuis 1945, la puissance se mesurait à l’aune de la capacité de projection : dollars, porte-avions, bases militaires. Aujourd’hui, ce paradigme s’effondre. Les États-Unis, hyperpuissance incontestée, échouent à imposer leur volonté, en Irak, en Afghanistan, et peinent à contenir l’Iran. À l’inverse, des puissances régionales, voire des acteurs non étatiques, parviennent à tenir en échec les géants traditionnels. La puissance a-t-elle simplement changé de nature ?
Ne résiderait-elle plus dans la capacité de construire, mais dans celle de détruire, de nuire, de bloquer ? L’exemple du détroit d’Ormuz, où l’Iran transforme un goulot d’étranglement maritime en arme de dissuasion massive, illustre ce basculement vers une « puissance de nuisance ».
Enfin, dans la course à la puissance, un nouvel élément est désormais à prendre en compte : l’intelligence artificielle. La maitrise des algorithmes, des données et des semi-conducteurs redéfinit la hiérarchie des nations. La puissance de demain se mesure désormais en téraoctets et en capacité de calcul plutôt qu’en nombre de divisions blindées. Les ruptures technologiques rendent les hiérarchies économiques et militaires instables et en permanence susceptibles d’être renversées par la percée novatrice d’un adversaire.
Invités :
Sabine Jansen, rédactrice en chef de Questions internationales, professeure des universités au CNAM et chercheuse associée à Paris Cité Frédéric Ramel, professeur des universités en science politique à Sciences Po, coordinateur du réseau thématique du Groupe de recherche sur l’action multilatérale au CNRS Guillaume Heim, haut fonctionnaire à la direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances, spécialiste des enjeux technologiques et de leur dimension stratégique. Enseignant à l’université Paris-Panthéon-Assas.Édition en partenariat avec la revue Questions internationales : « Les empires contre-attaquent. La puissance au 21ᵉ siècle ».
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Sun, 30 Aug 2026 - 525 - Trump, Kim Jong-Un et les alliances américaines: comment la Corée du Nord modifie les rapports de force en Asie
Donald Trump affirme vouloir rencontrer Kim Jong-un plus tard dans l’année. Pyongyang n’a toutefois pas confirmé l’existence d’un véritable échange entre les deux dirigeants : le leader nord-coréen reconnait la qualité de leur relation personnelle tout en rejetant l’idée que cette relation puisse modifier les intérêts stratégiques nord-coréens.
Le geste américain récent et concret a été la réduction des exercices militaires avec la Corée du Sud, lesquels ont été raccourcis de onze à cinq jours, tandis qu’un autre exercice prévu en septembre a été annulé, Washington invoquant notamment les contraintes liées à la guerre avec l’Iran. L’hypothèse d’un succès diplomatique après l’Iran doit être accueillie avec prudence. Kim Jong-un dispose aujourd’hui de marges de manœuvre plus importantes qu’en 2018-2019. La Corée du Nord s’est rapprochée de la Russie, notamment par une coopération militaire liée à la guerre en Ukraine, tout en maintenant ses liens économiques fondamentaux avec la Chine. Que cherche Washington et que peut obtenir Pyongyang ? Vers une Asie plus autonome militairement ? La Corée du Nord modifie-t-elle les rapports de force en Asie ?
Invité :
Pierre Grosser, historien, professeur à Sciences Po et membre du centre d’histoire de Sciences Po. « Histoire mondiale des relations internationales » chez Bouquins et « États-Unis/Chine, l’autre guerre froide » aux CNRS éditions.À lire aussiÉtats-Unis: le président Donald Trump déclare qu'il rencontrera Kim Jong-un cette année
Sat, 29 Aug 2026 - 524 - Canicules, guerres et exodes : le visage incertain de 2026
Le monde a rarement vécu dans un environnement aussi hostile. Guerre commerciale; conflit en Iran dont personne ne voit l’issue ; deux front ouverts par Trump. Et pourtant le commerce mondial ne cesse de croître. Les échanges se réorientent ; de nouvelles alliances se nouent. Tout cela consacre par ailleurs la super puissance de la Chine. Car les droits de douane ont jeté nombre de pays dans les bras de l’ogre chinois, dont les produits inondent la planète et dont la balance commerciale bat tous les records. La réalité du monde, c’est aussi le Moyen Orient en feu, et le climat en rage, témoignant d’un grand désordre mondial.
Invité :
Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po. Auteur d’une trentaine d’ouvrages. Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale chez Odile Jacob est le dernier.
Mon, 24 Aug 2026 - 523 - Espagne : climat politique sous forte tension
Il y a quatre-vingt dix ans, l’Espagne basculait dans la guerre civile. Le 17 juillet 1936, le pays entrait dans l’une des tragédies majeures du XXè siècle, une guerre qui a brisé durablement la société espagnole et dont les mémoires restent, aujourd’hui encore, profondément disputées.
Et si l’Espagne regarde encore autant son passé, c’est aussi parce qu’elle est traversée, au présent, par de fortes tensions politiques : sur la mémoire, sur les autonomies, sur le rapport à l’opposition, sur la place du pays en Europe et dans le monde. Que nous dit encore 1936 de l’Espagne d’aujourd’hui ?
Dans un contexte assombri par les scandales de corruption qui planent sur son entourage et l’orbite du PSOE, comme du gouvernement, Pedro Sanchez conduit un pays toujours travaillé par de fortes crispations.
Invités :
Amalio de Marichalar y Saenz de Tejada,coordinateur d’« Espagnol à Espagnol pour la Constitution » et de 33 associations de la société civile de toute l’Espagne Miguel Angel Garcia Carrasco, chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique Benoît Pellistrandi, historien, spécialiste de l’Espagne. Les fractures de l’Espagne. De 1808 à nos jours, collection Histoire chez Folio.Sun, 02 Aug 2026 - 522 - Vladimir Poutine : vers l'escalade?
Le monde occidental vit une crise civilisationnelle et politique qui exprime tout à la fois un vertige sur l’état des lieux, une perte de sens, un doute sur ses capacités, une haine de soi et une peur de la disparition qui se traduit aujourd’hui par la gigantesque insurrection antisystème qui secoue les démocraties d’Occident. Cette crise est une crise majeure faite de critiques en tous genres qui viennent saper les bases de notre civilisation au risque de la détruire.
À quoi s’ajoute l’autoritarisme qui s’affirme sur la scène politique trumpienne. Autre réalité, elle aussi destructrice. Affaibli par ses doutes et le schisme apparu brutalement entre l’Europe et l’Amérique de Donald Trump, l’Occident est par ailleurs confronté à une coalition dont la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping sont les leaders incontestés liés par un ressentiment historique qu’ils nourissent vis-à-vis de l’Occident et par la peur de l’attraction que la liberté occidentale pourrait susciter chez leurs peuples. Ils voient l’Occident comme l’ennemi à abattre et mènent contre lui une guerre hybride à grande échelle, qui connecte tous les théatres d’opérations.
Invité :
Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Français de Géopolitique, directeur de recherche à l’Institut Thomas More et collaborateur de Desk-Russie. Dictionnaire Géopolitique du Monde Occidental, Presses Universitaires de France.
Sat, 01 Aug 2026 - 521 - Les États fantômes: un monde où exister est un combat de tous les instants
Sur une carte du monde officielle, on compte 193 États membres de l’ONU. Pourtant, il en existe bien d’autres, invisibles ou presque, qui défient les frontières tracées par le droit international : la Palestine, la Transnistrie, Taïwan, le Somaliland, l’Abkhazie, le Haut-Karabakh… Ils sont plus d’une centaine à défier les règles du jeu. Ces territoires, que Lukas Aubin qualifie d'« États fantômes », ne sont pas reconnus par la communauté internationale, ou seulement par une poignée de pays.
Pourtant, ils exercent une influence croissante sur la scène géopolitique, bousculant les équilibres régionaux, alimentant les conflits, et remettant en cause l’ordre mondial tel qu’on le connaît.
Pourquoi ces entités persistent-elles malgré leur statut ambigu ? Comment survivent-elles économiquement, politiquement, voire militairement ? Et surtout : que nous disent-elles des failles du système international ?
Invité :
Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie et membre associé du Centre de recherches pluridisciplinaires et multilingues à l’université Paris Nanterre.
Sun, 26 Jul 2026 - 520 - Le discours antidémocratique peut-il encore être combattu?
La « guerre de l’information » est sur toutes les lèvres. Depuis la crise sanitaire et plus encore avec le conflit en Ukraine, cette guerre qui n’est ni militaire, ni sociale, ni économique, déchire le débat public. Chacun veut imposer sa manière de raconter le monde, on peine à se mettre d’accord sur un récit commun. La vérité est devenue un champ de bataille. Et cette bataille – narrative et sémantique – a renforcé les dictatures en sapant la confiance de l’opinion publique envers les démocraties. Comment expliquer une telle victoire du discours antidémocratique, tant sur le plan géopolitique que dans nos sociétés ? Et surtout peut-on encore le combattre ?
Invitée :
Marie Peltier, historienne, essayiste et chercheuse. Elle est spécialiste des questions de propagande des régimes autoritaires, de manipulation des médias et du conspirationnisme contemporain. La bataille des récits. Comment la propagande antidémocratique a mis à mal nos sociétés aux éditions Stock.
Sat, 25 Jul 2026 - 519 - Géopolitique du tourisme
Les congés payés fêtent cette année leurs 90 ans en France. Mais sommes-nous tous égaux dans le monde face aux vacances ? Qui part, qui ne part pas, et où ? Du poids des passeports aux stratégies de soft power des États, quelles particularités selon les pays ? Et comment les affres de la géopolitique (tensions commerciales, conflits, boycotts, climat) reconfigurent-elles notre manière de voyager et de nous reposer ?
Avec :
Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), directeur de la collection « Géopolitique » aux éditions Eyrolles Saskia Cousin, anthropologue, professeure de sociologie à l'Université Paris Nanterre, co-autrice de Sociologie du tourisme (La Découverte) Marie-Laure Desmet, experte du développement touristique, co-autrice de Géopolitique du tourisme (Eyrolles/IRIS, juin 2026).Sun, 19 Jul 2026 - 518 - Trump au Moyen-Orient : un jour sans fin?
Alors que la guerre menée au Moyen-Orient par Donald Trump semble s'enliser depuis plusieurs semaines et que le cessez-le-feu durement négocié est tombé à l'eau : la séquence géopolitique semble recommencer chaque jour de manière identique. Des annonces américaines, démenties par les annonces iraniennes (et l'inverse). Un détroit d'Ormuz ouvert, fermé, ouvert, fermé... alors comment comment analyser et comprendre les atermoiements diplomatiques et guerriers ? Quels signes d'une reprise massive du conflit ?
Avec :
Karim Émile Bitar,chercheur associé à l'IRIS Thierry Coville, chercheur à l’Institut des Relations internationales et stratégiques et auteur de L'Iran, une puissance en mouvement, édition Eyrolles.Sat, 18 Jul 2026 - 517 - Sommet de l'Otan Ankara 2026, l'amour et la colère de Donald Trump
La réunion de famille ne s’est pas super bien passée, mais au moins, personne n’a claqué la porte ! Voilà comment résumer le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Ankara mardi 7 et mercredi 8 juillet 2026. Entre grosse colère de Donald Trump à l’arrivée, aide à l’Ukraine, investissement dans l’armement européen et rappel de l’article. Analyse, réactions des meilleurs chercheurs français sur l'Alliance Atlantique.
Avec
Amélie Zima, docteure en science politique, responsable du programme sécurité européenne et transatlantique de l'Ifri David Cadier,chercheur « sécurité européenne » à l'Irsem. Spécialiste des politiques étrangères des pays européens, notamment à l'égard de la Russie et des États-Unis, il enseigne les relations internationales à Sciences Po Paris et au Collège d'Europe à Bruges.Sun, 12 Jul 2026 - 516 - Coupe du Monde 2026 : le nouvel ordre mondial s'invite sur le terrain
La Coupe du Monde 2026 n’est même pas encore terminée, mais elle est déjà la plus géopolitique de toutes. Des pays organisateurs qui ne s’entendent pas, un carton rouge annulé directement par Donald Trump. Le meilleur arbitre africain renvoyé chez lui, faute de visa. Le nouvel ordre mondial s’est invité sur le terrain.
Avec
Pim Verschuuren, chercheur associé à l’IRIS, spécialisé sur la gouvernance, l’intégrité et la géopolitique du sport. Maître de conférences à l’Université Rennes 2 Stéphane Floccari, philosophe, auteur de Pourquoi le football ?, aux éditions des Belles Lettres Olivier Pron, reporter au service Sports de RFI.Sat, 11 Jul 2026 - 515 - Qui s’intéresse encore à la Corée du Nord ?
Guerre en Ukraine, conflit au Moyen Orient… plus personne ou presque n’a les yeux sur Pyongyang et sa bombe atomique…. Alors qu’il y a encore quelques années l’arrêt du programme nucléaire Nord-Coréen semblait une priorité pour la communauté internationale. Un désintérêt qui n'est pas sans conséquences... Partenariat magazine Questions Internationales.
Avec :
Théo Clément, chercheur associé à l’École des Hautes études en Sciences sociales, il enseigne dans plusieurs universités françaises et étrangères, dont l’Université pour la Science et la Technologie de Pyongyang en Corée du Nord. Il retourne en Corée du Nord en septembre. (Téléphone, enregistré en son propre depuis Dar Es Salaam) Nicolas Rocca, reporter au service International de RFI, ancien correspondant à Séoul. Spécialiste de l'Asie. (En studio à Paris). Serge Sur, rédacteur en chef du magazine Questions Internationales, professeur émérite de l'université Panthéon-Assas. (En Studio à Paris).Sun, 05 Jul 2026 - 514 - Nouvelle-Calédonie après les provinciales : quelle politique française dans le Pacifique Sud ?
Le Territoire français stratégique est en crise depuis les révoltes de 2024. Des élections locales viennent de se tenir. Elles devaient tout arranger. C’est raté : le scrutin reproduit les mêmes équilibres qui ont conduit à l'échec des dernières négociations. Nouméa reste dans l’impasse.
Avec :
Pierre-Christophe Pantz, chercheur associé au LARJE (UNC) en géopolitique. Il est docteur et spécialiste de la Nouvelle-Calédonie, du processus référendaire et de la géographie électorale de l'archipel. (Depuis les studios de Nouvelle-Calédonie La Première à Nouméa) Elise Barandon, doctorante en Science politique à l’Université Paris Panthéon-Assas (Centre Thucydide). Spécialiste des stratégies de sécurité des États insulaires océaniens (Fidji, Vanuatu, Papouasie Nouvelle-Guinée et Iles Salomon). Elle revient tout juste d'un long terrain en Pacifique Sud. (En studio à Paris).Sat, 04 Jul 2026 - 513 - USA 250 : l'Amérique en tension
En marge de la Coupe du Monde de football, les États-Unis de Donald Trump préparent d’immenses célébrations en l’honneur des 250 ans du pays, 250 ans de la déclaration de leur indépendance signée le 4 juillet 1776 à Philadelphie. Les 13 colonies d’Amérique du Nord marquaient ainsi une rupture d’avec la Couronne Britannique, aidées dans cette démarche par la monarchie française de Louis XVI.
Depuis le début de l’année et jusqu’à l’automne 2026, les Américains célèbrent leur histoire et son exceptionnalisme : pour la première fois, un pays était créé de toutes pièces selon des principes démocratiques. L’évènement inspire beaucoup Donald Trump qui veut faire de cette commémoration un moment qui « ravivera le patriotisme, la fierté et l’esprit pionnier de l’Amérique », à quelques mois des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, le premier scrutin national depuis son installation à la Maison Blanche en janvier 2025. On l’aura compris, l’évènement est très politique. Donald Trump et ses fidèles ont ainsi entrepris d’expurger le récit national de ses aspects moins héroïques, de l’extermination des populations indigènes à l’esclavage, qui a perduré officiellement jusqu’en 1863. Il n’empêche, les États-Unis célèbrent cette année une révolution audacieuse contre l’Empire britannique ainsi que le début d’une épopée sans précédent : en seulement deux siècles et demi, une poignée de colonies sont devenues la première puissance mondiale, économique, militaire et culturelle.
Invités :
Emilie Mitran, docteure en études anglophones et histoire moderne. Spécialiste des révolutions française et américaine. Des Américains en France, Nouveau Monde Éditions. Romuald Sciora, essayiste, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’Iris, auteur de America 250, une histoire graphique des États-Unis. Richard Werly, éditorialiste International au quotidien suisse Blick «Cette Amérique qui nous déteste, Éd. Nevicata.Sun, 28 Jun 2026 - 512 - Territoires empêchés: quand la recherche se heurte aux frontières
Il y a encore quelques années, la recherche de terrain reposait sur un principe simple : aller voir, enquêter, observer, comparer. Aujourd'hui, dans un nombre croissant d’États, ce geste élémentaire devient impossible. Certains territoires sont fermés pour des raisons de sécurité, d’autres parce que le pouvoir veut contrôler le savoir, limiter les enquêtes, ou empêcher que certaines réalités soient documentées.
Dans ces contextes, le terrain n’est plus seulement difficile : il devient interdit. Alors comment continuer à produire de la connaissance quand l’accès direct disparait ? Quelles méthodes de contournement, quelles précautions éthiques, quelles sources alternatives permettent encore de travailler ? Et que nous apprend cette nouvelle géographie de l’interdit sur l’état du monde et sur la liberté de recherche elle-même ? Pour cette dernière émission d’une série proposée en partenariat avec l’INALCO, l’Institut national des langues et civilisations orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.
Invités :
Delphine Alles, professeure des universités en sciences politiques, vice-présidente de l’INALCO et directrice scientifique du programme DÉCRIPT. La part des dieux : religion et relations internationales, CNRS éditions et dans une co-écriture avec Bertrand Badie et Stéphane Paquin : Les mots du nouveau monde, CNRS éditions Kevin Limonier, professeur à l’Institut français de Géopolitique et directeur adjoint du centre GEODE, spécialisé dans l’étude des enjeux stratégiques et géopolitiques de la révolution numérique.Sat, 27 Jun 2026 - 511 - Après le G7, la Russie sous pression?
Le conflit en Ukraine reste enlisé. Mais Volodymyr Zelensky a reçu à Evian, à l’occasion du sommet du G7, un soutien renouvelé de ses alliés européens et de Donald Trump qui a promis de faire tout ce qu’il peut pour mettre fin à la guerre, estimant que la Russie devait conclure un accord. Surfant sur l’action diplomatique entreprise avec l’Iran, Donald Trump se voit en faiseur de paix.
La distance qui sépare les positions de Vladimir Poutine et de Volodymyr Zelensky et ses alliés européens rend toutefois la perspective encore lointaine. L’évolution au Moyen-Orient peut-elle servir de modèle pour relancer les négociations entre l’Ukraine et la Russie. Ou bien les dynamiques sont-elles trop différentes ? Trump montre-t-il la voie à la Russie ? Envoie-t-il un message à Moscou ?
Invité : Dimitri Minic, historien des relations internationales et de la Russie. Responsable scientifique de l’Observatoire Russie, Europe orientale, Caucase et Asie centrale au Centre Russie-Eurasie de l’Ifri. Auteur de Pensée et culture stratégiques russes : du contournement de la lutte armée à la guerre en Ukraine (Maison des sciences de l’homme, avril 2023), livre tiré de sa thèse pour lequel il a reçu le Prix Albert Thibaudet 2023. Bientôt publié en poche chez Perrin, collection Tempus, et en anglais chez Bloomsbury Academic.
Sun, 21 Jun 2026 - 510 - Moyen-Orient : l'impossible prédilection
Depuis le 28 février 2026, le Moyen-Orient est secoué par une guerre ouverte entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Après 108 jours de conflit, la tension reste palpable. Israël, qui a participé aux frappes initiales contre l’Iran, maintient ses troupes au Liban, et le sort de 400 kilos d’uranium enrichi iranien reste en suspens. Les divergences entre Donald Trump et Benyamin Netanyahu, ainsi que les revendications de victoire de chaque camp, rappellent la fragilité d’un éventuel équilibre.
Invité : Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique et conseiller géopolitique à l’Institut Montaigne. Spécialiste des questions de défense, de prolifération nucléaire et de relations internationales. Géopolitique de comptoir. Comment répondre aux idées reçues, fantasmes et clichés sur le monde, aux éditions Eyrolles.
Sat, 20 Jun 2026 - 509 - Le G7 sert-il encore à quelque chose?
Les chefs d’État du G7 se réuniront du 15 au 17 juin à Evian, en Haute-Savoie. Créé en 1975, ce club des pays riches qui compte aussi l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, a vu son poids décliner. Il ne représente plus que 30% du PIB mondial contre 68% en 1992. Malgré ce déclin, aucun des pays émergents comme le Brésil, l’Inde ou l’Afrique du Sud ou anciennement émergents, cas de la Chine, n’y a été admis.
Ces derniers ont donc créé des Forums concurrents : Coopération économique Asie Pacifique qui regroupe une vingtaine d’États ou les BRICS composés des principales économies émergentes. Inde, Kenya, Brésil, Corée du Sud et quelques autres ont été invités comme observateurs. Il faut dire qu’il va beaucoup être question d’économie durant ces deux jours. Donald Trump va concentrer toutes les interrogations sur le registre du « que fait-on maintenant avec Ormuz » ? L’idée du sommet est de plancher sur les grands déséquilibres mondiaux. Les déficits commerciaux avec la Chine ne cessent de s’envoler, le déficit courant américain continue de se creuser. Et entre les deux, l’Europe qui n’investit pas suffisamment. Maintenir l’unité du G7 est un combat de tous les jours. La survie de ce club est-elle menacée ?
Invités :
Bertrand Badie, professeur émérite des Universités à Sciences Po. Auteur d’une trentaine d’ouvrages Par delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale, Odile Jacob, est le dernier. Pierre Grosser, spécialiste des Relations internationales au Centre d’Histoire de Sciences Po. Auteur de plusieurs ouvrages, Pierre Grosser a aussi dirigé une Histoire mondiale des relations internationales parue aux éditions Bouquins.Sun, 14 Jun 2026 - 508 - La stratégie comme art de l'anticipation
Le général Vincent Desportes est notre invité, figure majeure de la pensée stratégique française, auteur de l’ouvrage Stratégie. Les essentiels. La pensée et l’action, aux éditions Odile Jacob— un livre qui, à l’heure où les équilibres mondiaux vacillent, nous rappelle que la stratégie n’est pas seulement l’art de la guerre, mais aussi celui de la paix, de la dissuasion, et de la vision à long terme.
Vincent Desportes, professeur à Sciences Po et HEC. Docteur en histoire et expert en géopolitique. Ancien directeur de l’école de guerre, spécialiste des Affaires militaires.
Sat, 13 Jun 2026 - 507 - La guerre des systèmes ou l'ère de l'interdépendance fragile
Dans notre monde, tout est désormais lié. Un peu comme un échiquier où chaque pièce, au lieu d’être indépendante, serait liée à des dizaines d’autres par des fils invisibles.
Déplacer un pion en Ukraine ferait trembler les marchés en Asie, perturberait les chaînes d’approvisionnement en Europe, et déclencherait des cyberattaques en Amérique. La sécurité ne peut désormais plus être pensée en silos. La guerre des systèmes nous force à repenser notre rapport au risque, à l’interdépendance et à l’innovation. Les conflits ne s’inscrivent plus dans des frontières claires, mais dans des réseaux complexes où tout est interconnecté : l’énergie, l’économie, la technologie et même le climat. Ainsi la guerre en Ukraine n’est pas seulement un conflit militaire. Elle est aussi une guerre énergétique, une guerre économique, une guerre informationnelle et une guerre écologique avec l’impact des bombes sur les sols et le risque nucléaire. Sommes-nous condamnés à une propagation des crises, voire à une polycrise ? Sommes-nous préparés ou, au contraire, totalement dépassés pour avoir trop tardé à accepter de voir nos fragilités ?
Invités :
Julia Tasse, directrice de recherche à l’Iris, directrice du dernier numéro de la Revue Internationale et Stratégique, intitulée « Guerre des systèmes. Un abécédaire de la résilience » Yann Briand, capitaine de vaisseau et sous-directeur Affaires Internationales, à la Direction des Affaires Internationales, Stratégiques et Technologiques au Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDN) Emmanuel Hache, adjoint scientifique à la Direction Économie et Veille à IFP Énergies nouvelles, directeur de recherche à l’IRIS, chercheur associé à Economix-CNRS Université Paris Nanterre.Émission en partenariat avec la Revue Internationale et Stratégique.
Sun, 07 Jun 2026 - 506 - Le TNP à l’épreuve de la fragmentation mondiale
La 11è Conférence d’examen du Traité sur la Non-Prolifération s’est achevée, il y a quelques jours, à New York sans accord final, pour la troisième fois consécutive, après 2015 et 2022.
Ce traité vieux de 50 ans n’a pourtant jamais été aussi crucial : guerre d’Ukraine, tensions avec l’Iran, course aux armements en Asie, et même les menaces de retrait de certains États -comme l’Iran qui s’interroge publiquement sur son adhésion- remettent en cause l’équilibre nucléaire mondial. À New York, les discussions sur le traité de non prolifération ont non seulement pas abouti, mais elles se sont aussi déroulées dans un contexte accusatoire et conflictuel. Tout se dérègle et la menace nucléaire est revenue à la Une de l’actualité mondiale. La Russie ne cesse d’agiter le chiffon rouge du nucléaire, notamment lorsqu’elle est en difficulté sur le front. L’Iran a franchi toutes les lignes rouges et la Corée du Nord fait d’incroyables progrès balistiques et nucléaires s’appuyant sur son nouvel allié russe. Le désarmement est en péril. La menace nucléaire grandit aussi vite que le désir de protection nucléaire augmente. Jamais autant de pays ne s’étaient intéressés à cette arme de dissuasion massive. Le TNP est-il encore un rempart ou s’est-il transformé en château de cartes, prêt à s’effondrer ?
Invités :
Emmanuelle Galichet, enseignante chercheur en Sciences et Technologies Nucléaires au CNAM Jean-Marie Collin, directeur pour la France de la Campagne Internationale pour abolir les Armes Nucléaires, ICAN France. Campagne ICAN qui a reçu le Prix nobel de la paix en 2017.Sat, 06 Jun 2026
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