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Être en bonne santé est un besoin universel. Caroline Paré reçoit en direct des spécialistes pour faire le point sur l’actualité médicale dans le monde, faire de la prévention auprès du grand public, l’informer sur ses droits, sur les traitements et les moyens d’y accéder. *** Diffusions du lundi au vendredi vers toutes cibles à 09h10 TU (rediffusion à 01h10 TU). Tous les jours, posez vos questions par WhatsApp au + 33 7 61 18 46 41, par téléphone au + 33 1 84 22 75 75 ou par mail à priorite.sante@rfi.fr. Réalisation : Victor Uhl. Coordination : Ophélie Lahccen, Thalie Mpouho, Louise Caledec.
- 1220 - Questions de femmes : comment lutter contre les mutilations génitales féminines ?
Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Cette semaine, nous consacrons l’émission à la journée mondiale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines.
La date du 6 février a été placée en 2012, par l'Assemblée générale des Nations Unies sous le signe de cette Journée mondiale de la Tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (désignées par l'OMS par les initiales MGF).
Parmi ces mutilations, l’excision, un acte d’une violence inouïe contre le corps des fillettes, une blessure indélébile, qui d’après l’Unicef concerne plus de 230 millions de femmes et de filles dans le monde.
Risques pour la santé physique et mentale
Ces mutilations menacent la vie, par hémorragie ou par infection, et peuvent entraîner des complications majeures pour la santé des femmes, lors de l’accouchement, lors des relations sexuelles.
Prévention, accompagnement, réparation
Pour les survivantes de l’excision, l’ablation partielle ou totale des organes génitaux, entraîne des douleurs physiques et psychiques.
Face au fardeau des MGF, les réponses sont multiples :
lutter, prévenir, en informant, en sensibilisant, en faisant évoluer les lois et en abandonnant ces pratiques.
prendre en charge : l’écoute, l’accompagnement, le soin et si nécessaire, en fonction du souhait des femmes et des possibilités offertes par le système de santé, la réparation…
Avec :
Oumou Koïta, présidente du Gams, le groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles féminines, des mariages forcés et autres pratiques néfastes pour la mère et l’enfant
Dr Maëlle Silvestre De Sacy, gynécologue à l’Unité de prise en charge des femmes victimes de mutilations sexuelles féminines de l’hôpital de Montreuil, en région parisienne
La palabre de Charlie Dupiot
Programmation musicale :
► Salif Keïta - Moussolou
► Jill Scott – Pressha
Fri, 06 Feb 2026 - 1219 - Sexualité : comment nourrir ou raviver le désir ?
Comme chaque premier jeudi du mois, nous consacrons notre émission à la sexualité. Ce mois-ci, la sexologue de l’émission répond à toutes les questions que se posent les auditeurs sur le désir. Que faire quand il se tarit ? Quelles peuvent être les causes d’une absence de désir ? Comment entretenir le désir dans le couple ?
Le désir sexuel n’est ni constant, ni automatique et encore moins obligatoire. Différent de l’excitation ou du sentiment amoureux, le désir est tributaire de différents paramètres qui vont provoquer ou éteindre l’attirance à l’égard de l’autre : émotions, éloignement, variabilité des sentiments peuvent avoir une incidence sur la libido.
Il faut également tenir compte des problèmes de santé comme la dépression, la fatigue, ou certaines douleurs qui peuvent momentanément ou durablement faire obstacle au désir.
Et au-delà du degré d’intensité du désir, se pose aussi la question de l’harmonie entre les partenaires, une question centrale : s’accorder sur son propre désir, respecter le rythme et les envies de l’autre.
Avec:
Noëlle Cayarcy, sage-femme, sexologue, oncosexologue, membre de l’Association inter-disciplinaire post-universitaire de sexologie, directeur de projets en prévention de santé, experte à la Haute Autorité de santé et présidente de la Communauté pluriprofessionnelle de santé de Paris XVIe.
Programmation musicale :
► Fridayy – Baddest in the room
► Misié Sadik, Mathieu White – Tèlman dou
Thu, 05 Feb 2026 - 1218 - Pourquoi certains cancers sont-ils plus difficiles à traiter que d’autres ?
À l’occasion de la journée mondiale du cancer, qui se tient tous les ans le 4 février, nous répondons à des questions fréquentes : comment expliquer que certains cancers soient plus difficiles à traiter que d’autres ? Qu’est-ce qui détermine le pronostic d’un cancer ? Chaque année, des millions de personnes sont confrontées au diagnostic du cancer.
Ces pathologies provoquant une prolifération de cellules anormales a entrainé, selon l’OMS, près de 10 millions de décès en 2020 ; ce qui en fait l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Or, on sait que selon l’organe touché, le taux de survie diffère, même si cette notion de pronostic est directement associée à la qualité du système de soins, à l’accès aux traitements innovants ou non, à la formation des spécialistes comme au financement des différentes prises en charge.
Dans quelle mesure la recherche a-t-elle permis une meilleure prise en charge de certains cancers ? Est-ce qu’une prise en charge précoce reste le facteur le plus important lorsqu’on parle de guérison ? Pour quels types de cancers, le taux de survie s’est-il amélioré de façon notable ces dernières années ?
Parler du cancer donne l’occasion d’aborder des thèmes extrêmement différents, qui témoignent à la fois de la complexité des prises en charge, comme des nombreux retentissements de la maladie sur la vie des patients : traitements, annonce du diagnostic, conséquences pour l’entourage, tabous entourant la maladie.
Aborder ce thème du pronostic de la maladie, c'est évoquer les différents types de cancer (solide, liquide ou diffus), les différents stades de la maladie en fonction de l'avancée et de l'évolution. Un pronostic également lié à la localisation de l'atteinte, puisqu'aujourd'hui, rémission et taux de survie sont également dépendants, dans de nombreux cas, à l'organe ou au liquide biologique concerné.
Un pronostic conditionné également par l'accès aux soins, tant au niveau de la disponibilité des différentes lignes de traitement, du niveau du plateau technique, de la qualification des personnels soignants que de la capacité à financer les soins d'oncologie.
Face à ces multiples conditions qui vont définir le pronostic des cancers, s'impose l'importance de la prévention et du dépistage, pour diagnostiquer au stade le plus précoce.
Intensifier la sensibilisation et la prévention est une priorité d'autant plus pertinente au moment où est publiée l'estimation de l'Agence contre le cancer de l'OMS (dans la revue Nature), et qui estime que près de 40% des nouveaux cas de cancer identifiant 2022, était lié à des causes évitables : à savoir le tabac, les infections, l'alcool ou encore la pollution de l'air.
Avec:
Pr Laurence Albigès, cheffe du département de Médecine oncologique de Gustave Roussy, 1er centre de lutte contre le cancer en Europe
Dr Régis Ferrand, chef de département adjoint d'oncologie radiothérapie et chef du service de physique médicale à l’Institut Curie
Dr Fatma Guenoune, présidente de la Ligue Sénégalaise contre le Cancer (LISCA)
► En fin d’émission, nous faisons un point sur la situation humanitaire en Haïti, alors que les affrontements armés continuent de paralyser une grande partie de Port-au-Prince. Ces deux dernières années, face à l’insécurité, 60% des structures de santé haïtiennes ont fermé, poussant la réponse humanitaire à s’appuyer exclusivement sur des cliniques mobiles. Or, l’ONG médicale ALIMA annonce relancer progressivement des structures de santé fixes, y compris dans des zones longtemps considérées comme inaccessibles. Interview de Virginie Vialas, cheffe de mission ALIMA Haïti.
Programmation musicale :
► Boddhi Satva, Bria 83 Orchestra, Abdul Champion– Les gens changent
► Chappell Roan –Good luck, babe.
Wed, 04 Feb 2026 - 1217 - L’andropause : peut-on parler d’une ménopause au masculin ?
Moins connue que la ménopause, l’andropause est une période au cours de laquelle la sécrétion de testostérone diminue chez l’homme. Baisse de la libido, fatigue, augmentation du risque cardiovasculaire, irritabilité, augmentation du tour de taille… Les symptômes de l’andropause sont nombreux. Contrairement à la ménopause qui touche toutes les femmes, l’andropause n’affecte qu'une faible proportion d'hommes âgés. Comment se fait le diagnostic ? Quelle prise en charge existe ?
Si, du côté des femmes, les effets et ressentis associés à la ménopause sont abordés plus ouvertement qu’il y a quelques années, chez les hommes, l’andropause reste encore largement méconnue et rarement évoquée publiquement. Pourtant, les changements hormonaux liés au vieillissement impliquent un certain nombre de conséquences pour la santé et le bien-être des hommes. La baisse du taux de testostérone peut entraîner de multiples symptômes.
Andropause : ménopause au masculin ?
Certains spécialistes (urologue, endocrinologue, andrologue...) peuvent orienter le patient vers des analyses pour évaluer le taux de testostérone sanguin. La chute des androgènes peut provoquer une série de symptômes tels que des troubles de la fonction érectile, une baisse de la libido, une prise de poids, des troubles de l’humeur et du sommeil… Alors si certains symptômes se retrouvent chez l’homme et la femme, passé un certain âge, ménopause et andropause se distinguent par un simple fait : son caractère systématique chez la femme, autour de la cinquantaine (avec l’arrêt des règles, qui annonce la fin de la fonction reproductrice), quand, chez l’homme, ce déficit d’hormones sexuelles mâles lié à l’âge n'est pas systématique.
En finir avec le non-dit
La prise en charge de l’andropause repose sur des mesures hygiéno-diététiques : activité physique, alimentation équilibrée, baisse de la consommation d’alcool... Pour certains hommes, une supplémentation en testostérone pourra être prescrite, associée à un suivi médical. D’où l'importance de dépasser le tabou : oser en parler, pour trouver, si besoin, des solutions auprès d’un spécialiste.
Avec :
Pr François Desgrandchamps,chef du service d’Urologie de l’Hôpital Saint-Louis de Paris, et professeur d’Urologie, à l’Université Paris Cité.
Dr Oumar Gaye,urologue-andrologue au Centre Hospitalier National Dalal Jamm, à Dakar, au Sénégal.
Un reportage de Raphaëlle Constant.
► En fin d’émission, nous faisons un point sur l’étude de l’Inserm à Paris, publiée dans The Journal of the American College of Cardiologyqui fait état du fardeau que représente l’hypertension artérielle en Afrique subsaharienne. Interview du Dr Aboubakari Nambiema,chercheur en Santé publique à l’Inserm au Centre de recherche cardiovasculaire de Paris et au sein de l'Unité de Recherche en Santé des Populations (URESAP) à Lomé au Togo.
Programmation musicale :
► Olivia Dean -Man I need
► Lëk Sèn - Shine.
(Rediffusion)
Tue, 03 Feb 2026 - 1216 - Diabète : comment le soigner en zone de crise ?
D’après l'OMS, on dénombrerait plus de 24 millions d’adultes atteints de diabète, pour la région Afrique. Près de la moitié d’entre eux l'ignorent, et faute de diagnostic, ces personnes qui vivent avec un excès de sucre dans le sang (une hyperglycémie chronique) sont exposées aux complications du diabète : atteintes cardiovasculaires, rénales, oculaires ou nerveuses.
En République Démocratique du Congo, ce sont entre 7 et 10% de la population qui seraient concernés par le diabète de type 2, soit près de 3 millions de personnes au total.
Au-delà du nécessaire dépistage des populations, se pose également la question cruciale de l’accès au traitement, et en particulier à l’insuline. Un diabète équilibré repose également sur l’information et l‘éducation thérapeutique des patients.
Aujourd’hui, dans certaines régions congolaises, l’insécurité complique l’accès aux traitements et la question de l’accès matériel et financier à l’insuline se pose de manière critique. Un médecin du Sud-Kivu, alerte sur cette situation et nous le recevons dans Priorité Santé.
Le diabète constitue en 2026 un problème de santé publique à l’échelle planétaire. D’après l’OMS, la région Afrique compte plus de 24 millions d’adultes atteints de diabète. Et, près de la moitié d’entre eux l’ignorent, faute de diagnostic. En RDC, entre 7 et 10% de la population seraient concernés par cette maladie chronique, cela représente près de 3 millions de Congolais.
Une prise en charge plurielle
Le diabète peut entraîner de multiples complications si le taux de glucose n’est pas équilibré par un accompagnement : l'éducation thérapeutique du patient va permettre de dispenser des conseils en matière d'alimentation et d'insister sur l'importance de l'activité physique et d'un traitement si besoin.
Soigner une maladie métabolique au long cours, soit acquise dès la naissance comme le diabète de type 1, ou qui a pu se développer à l’âge adulte comme le diabète de type 2, implique des obstacles très différents en fonction de notre environnement, de nos moyens, des infrastructures sanitaires et dans certains cas, tout simplement, de notre sécurité.
Témoignage d'un spécialiste de Bukavu
Nous donnons la parole au Dr Albert Kalehezo, fondateur du Centre de diabétologie du Kivu, une structure dédiée à l’accompagnement des enfants et jeunes vivant avec le diabète de type 1. Le témoignage de ce spécialiste du diabète qui exerce dans cette ville de la République Démocratique du Congo passée, il y a près d’un an, sous le contrôle de l'AFC M 23, nous permet de comprendre très concrètement comment ce contexte d’insécurité globale (physique, mentale, sanitaire et financière) va directement fragiliser les populations, et davantage compliquer la prise en charge des patients.
Avec:
Dr Albert Kalehezo, médecin fondateur et directeur du Kivu Diabetes Center à Bukavu en RDC, une structure dédiée à l’accompagnement des enfants et jeunes vivant avec le diabète de type 1 dans l’est du pays. Membre de la Société Francophone du diabète et de l'International Society for Pediatric and Adolescent (ISPAD)
Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur général de l’ONG Santé Diabète, à Bamako au Mali.
► En fin d’émission, nous faisons le point sur une nouvelle piste thérapeutique dans la prévention du choc anaphylactique, complication de l’allergie qui peut constituer une urgence médicale absolue. Des chercheurs de l’Inserm à Toulouse et de l’Institut Pasteur à Paris sont sur la piste d’un vaccin pouvant protéger, de manière durable, les personnes allergiques contre l’anaphylaxie. Interview du Dr Laurent Reber, directeur de recherche à l’Inserm.
Programmation musicale :
► Ampire Joven’s – Kabumbu
► Dowdelin – Do you.
Mon, 02 Feb 2026 - 1215 - Vaccination et maladies infantiles : vos questions sur le suivi médical des enfants
[Émission Questions de femmes/questions de parents] Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Maladies infantiles, vaccination… Cette semaine, nous parlons du suivi des tout-petits. Quels sont les vaccins à faire ? Quels peuvent être les effets indésirables du vaccin chez le bébé ? Quelles sont les maladies fréquentes chez l’enfant et comment les reconnaitre ? Quels sont les symptômes qui doivent pousser à consulter ?
Les maladies infantiles sont un sujet de préoccupation majeure pour les parents : savoir réagir à ses pleurs et en cas de fièvre, adopter les bons gestes, évaluer quand il est nécessaire de consulter.
Au-delà des bonnes réactions, l’objectif reste avant tout de protéger les enfants des maladies, surtout au cours des premières années de vie, où ils peuvent être particulièrement vulnérables. Une prévention qui s’appuie sur des recommandations en termes d’alimentation, d'hygiène, de sommeil.
Vigilance sans angoisse
Se soucier de la santé de son enfant, c’est aussi parfois se poser des questions : réussir à faire la part des choses entre l’anxiété et l’insouciance, parce que très naturellement, on ne dispose pas toujours du savoir, des bons réflexes ou de la capacité à interpréter certains symptômes, d'autant plus quand l’enfant ne parle pas encore.
Être parent, ce n’est pas une évidence, surtout lorsque l’on est tiraillé entre les conseils des tantes, des voisines et les vidéos sur Internet.
Les outils de la prévention
Alors, à qui se fier, à l’heure où les fake news en Santé ont alimenté la défiance, y compris pour des outils de prévention qui, chiffres à l’appui, ont fait leurs preuves depuis des dizaines d’années, les vaccins ?
À côté des recommandations du quotidien, les vaccins vont protéger les enfants de maladies infectieuses potentiellement sévères : rougeole, diphtérie, tétanos, coqueluche, tuberculose, méningite...
Quand on parle de la santé des enfants et des bébés, le programme élargi de vaccination constitue un pilier, un rempart pour les protéger contre des risques infectieux toujours présents : la diphtérie, le tétanos, la polio, la rougeole...
Dans les régions où le paludisme est présent, la prévention repose également sur la lutte antivectorielle et les dispositifs comme les moustiquaires imprégnées.
Avec:
Dr Cheikh Diouf, pédiatre à Dakar au Sénégal.
La palabre au féminin de Charlie Dupiot.
Programmation musicale :
► Youssoupha – Gigi
► Coupe cloue, Ensemble select– Mon compte/Ti bom.
Fri, 30 Jan 2026 - 1214 - Maladies tropicales négligées : quelles atteintes de la peau ?
Lèpre, pian, ulcère de Buruli... À la veille de la Journée mondiale des Maladies Tropicales Négligées (MTN), qui se tient le 30 janvier, nous parlons des atteintes dermatologiques de ces maladies. Provoquées par différents agents bactériens, elles peuvent entraîner des déformations cutanées visibles, des surinfections et des lésions invalidantes, voire des handicaps physiques. Souvent fortement stigmatisées, les personnes touchées peuvent souffrir de discriminations.
Quelles sont les causes de ces différentes maladies ? Quels sont les traitements ?
On dénombre une vingtaine de maladies tropicales négligées, ces infections qui concernent selon l'OMS, près d'un milliard de personnes à l’échelle planétaire, surtout dans les pays du Sud, au sein des populations les plus précaires. Près de la moitié de ces maladies de la misère présente des atteintes dermatologiques et 40% des cas se concentrent en Afrique subsaharienne.
Maladies stigmatisantes
Parmi ces atteintes cutanées des MTN (bactériennes ou parasitaires), on recense des maladies connues comme la lèpre et la gale, mais aussi d‘autres qui le sont beaucoup moins, comme le pian, l’ulcère de Buruli ou la leishmaniose. Transmise par un insecte, le phlébotome femelle, cette MTN présente, elle aussi, une forme à expression cutanée. Autre parasitose : la tungose est provoquée par la puce chique et affecte particulièrement les pieds des jeunes enfants qui vivent dans des conditions précaires.
Ces maladies entraînent lésions, ulcérations et cicatrices sur la peau, ayant pour conséquence une forte stigmatisation des patients.
Améliorer le diagnostic
Dans les pays où ces affections sévissent encore, c’est surtout en milieu rural, dans les zones reculées, que les populations subissent ce péril infectieux, qui mobilise peu la recherche, et très peu les grands laboratoires pharmaceutiques… Cet éloignement a également pour conséquence un retard du diagnostic et des prises en charge, et ce d’autant plus qu’un certain nombre de croyances locales sont associées aux symptômes de ces infections.
Avec:
Pr Arezki Izri, maître de conférences universitaires, professeur émérite en Parasitologie-Mycologie au Service de parasitologie à l'Hôpital Avicennede Bobigny
Dr Lanciné Kaba, maître-assistant en Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Chef d’Antenne et chirurgien résident de l’Institut Raoul Follereau Centre Manikro
Dr Sara Eyangoh, directrice scientifique du Centre Pasteur du Cameroun. Coordonnatrice du Réseau de laboratoires de l'OMS en Afrique pour le diagnostic des MTN cutanées.
► En fin d’émission, nous faisons le point sur les conséquences de la baisse de financement de l’aide publique au développement sur la santé à Madagascar, notamment sur la santé des femmes et des enfants. Interview du Dr Niry Ramaromandray, médecin de santé publique et directrice de Santé Sud à Madagascar.
Programmation musicale :
► Liniker – Tudo
► Oxmo Puccino – Plus loin que soi.
Thu, 29 Jan 2026 - 1213 - Santé mentale : doit-on être heureux tout le temps ?
Comptes Instagram multipliant les clichés du bonheur, livres de développement personnel pour accéder à la béatitude... La recherche du bonheur est partout, dans la vie personnelle comme professionnelle, au point que les chercheurs et professionnels de la santé mentale parlent d’injonction au bonheur. Alors faut-il chercher à être heureux en tout temps ? Le bien-être peut-il être permanent ? Que reflète cet affichage du bonheur formaté sur les réseaux sociaux ?
Les réseaux sociaux regorgent de ces contenus qui affichent du bonheur à plein temps, en images et mises en scène, à travers des conseils, avec à la clé une pression psychologique et beaucoup de culpabilité. Des recettes, des conseils, des livres, des comptes d’influenceurs… et un seul et même objectif : accéder au bonheur et pas simplement à des moments heureux, mais à une sorte de béatitude, d’optimisme illimité que l’on pourrait désigner finalement comme une forme d’injonction au bonheur !
Accepter nos émotions dans leur variété
Cette quête, qui peut prendre des formes diverses (le confort, la réussite, la richesse...) est entretenue par des « vendeurs » de bonheur : influenceurs, coachs et autres « consultants bien-être ». Cela conduit à s’interroger sur cette idée et peut-être cette illusion, « du bonheur permanent » :
Quelles peuvent être les conséquences (et même les risques) de cette idée du bonheur à tout prix ?
Qu’est-ce que le refoulement des autres émotions et l’affichage du bonheur disent de notre époque ?
Et comment apprendre à vivre et avancer avec notre palette émotionnelle : le bon comme le compliqué ?
C’est au contraire, la variété des émotions, agréables comme pénibles, qui permet de faire la part des choses, de faire face aux difficultés… D’où l’importance d’accepter ses émotions, tout en essayant de construire son propre chemin, sans se comparer, sans vouloir imiter et ramener le bonheur, à ce qu’il est : un état parmi d’autres…
Avec:
Alice Boudon, psychologue clinicienne spécialisée en thérapies comportementales et cognitives. Auteure du livre illustré Mon psy et moi, aux éditions DE BOECK SUP
Dr Jocelyn Ovono Engoang, psychologue, enseignant-chercheur, Psychocriminologie et Victimologie.
Programmation musicale :
► Bobby Mc Ferrin – Don't worry be happy
► Tanya, Zougnazaguemda, Nana Bibata - Rakiré.
Wed, 28 Jan 2026 - 1212 - Les vertiges : un trouble de l’équilibre fréquent
Causés par un trouble de l’équilibre, les vertiges donnent l’illusion que l’environnement se met à bouger. Les causes des vertiges sont multiples et il est important de les distinguer d’une syncope. Associés à d’autres symptômes, comme une perte de la vision ou des troubles de l’élocution, certains vertiges doivent inciter à consulter en urgence. Par quel praticien les vertiges sont-ils pris en charge ? Quels sont les traitements possibles ?
Le vertige est un trouble de l’équilibre assez fréquent, qui donne la sensation que le décor se met à tanguer, à tourner et peut être associé à des vomissements.
Des causes bien distinctes peuvent être à l’origine de ces vertiges : névrite vestibulaire, maladie de Ménière, vertiges paroxystiques positionnels bénins, effets secondaires d’un médicament... Parmi ces différentes causes, les trois premiers troubles sont à l’origine de plus de la moitié des cas de crises vertigineuses diagnostiquées. Grâce à l’interrogatoire du patient, éventuellement des examens complémentaires, en identifiant les causes du vertige et leur localisation (oreille interne, nerf vestibulaire, cerveau et système nerveux central…), un diagnostic pourra être posé.
Des symptômes associés à surveiller
Dans certains cas, les vertiges sont associés à d’autres symptômes qui vont par exemple avoir des conséquences sur l’élocution, la vision et parfois provoquer des nausées.
Ces troubles de l’équilibre qui peuvent également entraîner une forte anxiété, d'où l'importance d’en identifier rapidement l’origine et d’envisager une prise en charge, généralement confiée à un oto-rhino-laryngologiste (ORL), qui peut être appuyé par un kinésithérapeute spécialisé en rééducation vestibulaire.
Avec:
Dr Gérald Fain, chirurgien oto-rhino-laryngologiste à Paris. Auteur de De l'équilibre au déséquilibre, aux éditions Le Pommier
Loïc Vest, kinésithérapeute spécialisé en Rééducation Vestibulaire et rééducation des commotions cérébrales, à Paris
Pr Med Elmokhtar Dahi, médecin spécialiste en ORL, professeur agrégé à la Faculté de médecine PU-PH au Centre hospitalier national de Nouakchott, en Mauritanie.
Programmation musicale:
► Ricky Rich - Wenki
► Flox – Out of orbit.
Tue, 27 Jan 2026 - 1211 - Arthrose : mieux la comprendre pour mieux la traiter
Chez les personnes de plus de 40 ans, l’arthrose et les douleurs associées à cette forme de rhumatisme représentent le premier motif de consultation médicale, après les maladies cardiovasculaires. Maladie articulaire la plus répandue, elle peut à terme entraîner un réel handicap. Quels sont les symptômes de l’arthrose ? Quelle prise en charge est possible ? Quelle alimentation privilégier ? Existe-t-il des traitements non médicamenteux ?
Genou, hanches, vertèbres ou mains : nos articulations peuvent toutes, un jour ou l’autre, être concernées par l’arthrose, le rhumatisme le plus fréquent qui résulte en partie d'une dégradation du cartilage, d'une inflammation, de petites déformations osseuses. À l’échelle de la planète, l'arthrose concernerait un adulte sur six.
Un rhumatisme douloureux
Les douleurs associées à l’arthrose peuvent freiner la mobilité et altérer la qualité de vie, d’où l’importance d’en comprendre l’origine, les mécanismes, et de savoir qui est particulièrement concerné. Ainsi, les femmes sont presque deux fois plus touchées que les hommes. Ce rhumatisme, qui peut apparaître sans cause identifiée ou à la suite d'un événement (infection, maladies chroniques fracture), est lié à trois grands facteurs : vieillissement, sédentarité et surpoids.
Prise en charge plurielle
En termes de prise en charge, traiter l’arthrose, ne se limite pas – loin de là – à prendre des médicaments… Il s'agit de :
Trouver le soulagement, en faisant des exercices appropriés
Changer certaines habitudes alimentaires, pour mieux se porter
Limiter les poussées douloureuses, en comprenant la maladie, et les facteurs d’aggravation
Une approche plurielle permet de définir les solutions les mieux adaptées à chacune, à chacun.
Avec:
Pr Francis Berenbaum, professeur de Rhumatologie à Sorbonne Université, chef du service de Rhumatologie à l’Hôpital Saint-Antoine, APHP, et enseignant chercheur à l’Inserm. Co-auteur de l’ouvrage Le Grand Livre de l’arthrose, aux éditions Eyrolles
Jérôme Auger, kinésithérapeute du sport, expert de l’arthrose. Co-auteur de l’ouvrage Le Grand Livre de l’arthrose, aux éditions Eyrolles. Fondateur d’IK, réseau de cabinets de kinésithérapie
Pr Landry Missounga, professeur de Rhumatologie à l’Université des Sciences de la Santé de Libreville. Rhumatologue au CHU de Libreville au Gabon.
Programmation musicale :
► Alabama Shakes– Hold on
► Erik Pedurand – Cinema
Mon, 26 Jan 2026 - 1210 - Accidents domestiques : comment réagir lorsqu'ils surviennent ?
Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Cette semaine, nous parlons des accidents domestiques. Étouffement, chute, intoxication, brûlure, électrocution… Comment réagir lorsque son enfant est victime d’un accident domestique ? Quels conseils pour prévenir leur survenue ?
Pour beaucoup, la maison est un lieu sécurisant où l’on se retrouve, où l’on se repose, où la famille se construit et parfois se chamaille. Mais un certain nombre de risques – et même de dangers – peuvent se produire entre les murs ou dans le périmètre du domicile. Ces accidents de la vie courante qui, dans l’essentiel des cas, peuvent être évités, d’où l’importance d’insister en particulier sur le volet prévention des accidents domestiques !
Anticiper les risques et adapter l'environnement
Observer, repérer, identifier les risques potentiels pour mettre en place des solutions simples, qui vont correspondre aux différents âges de la vie : en particulier pour les jeunes enfants et les personnes âgées.
Faire le tour du domicile en observant et anticipant, pour mettre en place des réponses adaptées : des aménagements parfois temporaires, des stratégies d’évitement.
Conseils pratiques
Des mesures simples : comme, par exemple, ne pas transvaser les produits ménagers, souvent toxiques, dans des bouteilles non identifiées, placer les produits et objets dangereux hors de portée des enfants, éviter les obstacles pour prévenir les chutes.
Des conseils souvent peu coûteux qui, dans la plupart des cas, peuvent permettre d'éviter des risques aussi variés que nombreux : chute, brûlure, coupure, électrocution, intoxication ou noyade et étouffement après une fausse route.
Savoir comment réagir
Ces accidents, quand ils surviennent, nécessitent dans la plupart des cas une réaction rapide : dans cet esprit, effectuer une formation – même brève – en premiers secours, peut faire la différence, pour apprendre les gestes qui sauvent, avant l’arrivée des secours ou de pouvoir consulter un médecin.
Avec:
Dr Massamba Sassoum Diop, médecin urgentiste et président de SOS-médecin à Dakar au Sénégal. Médecin urgentiste au SAMU de l’Essonne, en région parisienne.
La palabre au féminin de Charlie Dupiot.
Programmation musicale:
► Singuila – L'enfant du pays
► Cycy Rock, Bazzarba – Makambu ya kala.
Fri, 23 Jan 2026 - 1209 - Les risques et les dangers de l’automédication
Par difficulté à avoir un rendez-médical ou pour tout simplement pour gagner du temps, on peut être tenté par l’automédication, c’est-à-dire le fait d’avoir recours à des médicaments sans avis médical. Il s’agit parfois de soigner de petits maux, tels que le rhume, une migraine ou des troubles digestifs passagers… L’automédication peut aussi consister à la prise d’antibiotiques sans prescription, au recours à des médicaments périmés ou contrefaits.
Surdosage, antibiorésistance, interactions médicamenteuses... Quels sont les risques de l’automédication ?
En cas de céphalées ou de maux de gorge, le réflexe est d'aller rechercher dans sa propre armoire à pharmacie le cachet ou le sirop, qui permettra de trouver le soulagement. L’automédication, acheter ou s’administrer un traitement, sans consultation médicale, est une pratique courante. Mais à côté de l’automédication responsable, attention aux imprudences dommageables pour la santé, d’où l'importance d'identifier les situations à risque qui peuvent entraîner plusieurs complications ou effets indésirables.
Les limites de l’automédication
Pour certains profils de patients, l’automédication est à éviter. C’est le cas pour l'enfant de moins de six ans, les personnes âgées de plus de 70 ans, chez la femme enceinte ou encore les malades chroniques, qui suivent déjà au long cours un traitement médicamenteux.
Chez ces derniers, la prise simultanée de plusieurs médicaments sans avis médical peut entraîner des interactions indésirables.
Il faut également mettre en garde contre l’utilisation de produits dits naturels (huiles essentielles, compléments alimentaires, remèdes traditionnels...) qui peuvent interagir avec d’autres préparations et/ou être mal tolérés.
Identifier les risques
L’automédication peut aussi exposer à une réaction allergique, car de nombreux médicaments sont désignés par des noms ou des marques qui ne permettent pas forcément d'identifier la molécule active.
Même s’ils sont en vente libre, certains médicaments présentent davantage de risques que d’autres, comme l'aspirine, de certains traitements du rhume, des anti-inflammatoires et du paracétamol. L’automédication peut également poser un véritable problème en termes de surdosage, de consommation de substances (alcool).
Les mises en garde concernant l’automédication visent également la prise d’antibiotiques, y compris lorsque l’on termine une boîte entamée pour des symptômes a priori voisins. Ce recours abusif aux antibiotiques est l’un des facteurs majeurs de l’antibio résistance, qui expose au développement de bactéries ultra-résistantes.
Et dans certains contextes, l’achat de médicaments sur internet ou sur la voie publique, expose aux contrefaçons et à l’absence de composé actif. Ces médicaments non sécurisés potentiellement falsifiés constituent en eux-mêmes un problème de santé publique.
Avec:
Pr François Chast, président honoraire de l’Académie nationale de Pharmacie, ancien pharmacien des hôpitaux de Paris
Dr Cédric Ouanekpone, néphrologue et directeur médical du premier Centre de dialyse à Bangui, le Centre national d’hémodialyse (CNH) au sein du centre national hospitalier universitaire de Bangui
Dr Valérie Gbonon, maître de recherche en Bactériologie-Virologie, responsable de la Plateforme de Génétique moléculaire de l’Institut Pasteur en Côte d'Ivoire et responsable adjointe de l’Unité des antibiotiques du Centre National de Référence de la résistance des antimicrobiens en Côte d’Ivoire.
Programmation musicale :
► Diodo Strausz – Montanha magica
► Mouyanga –Ba mambangue
Thu, 22 Jan 2026 - 1208 - Soigner les soignants
La pandémie de Covid-19 a constitué une épreuve inédite pour les professionnels de santé. Cette crise sanitaire a mis en évidence l'engagement, mais aussi la vulnérabilité des soignants ; tant sur le plan de l'exposition aux risques physiques que psychiques.
Les métiers de la santé sont caractérisés par l'intensité des charges émotionnelles et horaires, combinés pour certains au ressenti de manque de reconnaissance institutionnelle ; autant de facteurs de vulnérabilité propres à ces professions. La santé des soignants constitue un enjeu particulier, dans la mesure où ces professionnels ne sont pas des patients « ordinaires »; leurs connaissances et compétences peuvent constituer à la fois un atout, mais aussi un frein, lorsque le soignant confronté à la maladie, change de statut. La santé des soignants pose également la question-clé de la souffrance au travail, dans un secteur soumis à une pression intense.
Une étude conduite par l'Institut ODOXA en mai 2025 démontrait que 1 soignant sur 3 déclarait être en mauvaise santé mentale en France, une situation particulièrement alarmante du côté des infirmiers et aides-soignants, exposés à l'anxiété, une détérioration du sommeil…
Perte de sens, surmenage ; comment se préserver lorsque les conditions de travail se détériorent ? La prévention et la formation dédiée à la santé des soignants sont-elles à la hauteur des enjeux ? Dans quelle mesure la santé des soignants a-t-elle une influence sur la qualité des soins fournis ?
La pandémie de Covid-19 a constitué une épreuve inédite pour les professionnels de santé. Cette crise sanitaire a mis en évidence l'engagement, mais aussi la vulnérabilité des soignants, tant sur le plan de l'exposition aux risques physiques que psychiques.
Ces métiers de la santé sont caractérisés par l'intensité des charges émotionnelles et horaires, combinés pour certains au ressenti de manque de reconnaissance institutionnelle. Autant de facteurs de vulnérabilité propres à ces professions.
Risques de surmenage
Les conditions vont varier en fonction du lieu d’exercice du soin, mais de multiples témoignages attestent d'un retard de prise en charge de diagnostic en raison de la surcharge de travail.
Une étude conduite par l'institut ODOXA en mai 2025 démontrait que 1 soignant sur 3 déclarait être en mauvaise santé mentale en France. Une situation particulièrement alarmante du côté des infirmiers et aides-soignants, exposés à l'anxiété ou à une détérioration du sommeil par exemple.
Reconnaître et prévenir la souffrance des soignants
Parmi les invités de l’émission, le professeur Thibaud Damy, cardiologue à l’Hôpital Henri Mondor de Créteil et président du collectif Les Survivants, qui a conduit une étude auprès de 384 soignants hospitaliers dans différentes régions du pays : il ressort de ce rapport national que l’essentiel (93% des professionnels interrogés) n’ont reçu aucun enseignement adapté sur la façon de faire face au décès en milieu médical. Ce vécu émotionnel lié à la mort des patients peut considérablement fragiliser, entraîner une perte de repères et un épuisement professionnel. L’étude montre également que 41,5% des soignants présente des symptômes propres au stress post-traumatique, images intrusives et hypervigilance.
La santé des soignants constitue un enjeu particulier dans la mesure où ces professionnels ne sont pas des patients « ordinaires ». Leurs connaissances et compétences peuvent constituer à la fois un atout, mais aussi un frein, lorsque le soignant confronté à la maladie change de statut. La santé des soignants pose également la question-clé de la souffrance au travail dans un secteur soumis à une pression intense.
Dr Théo Korchia, psychiatre, enseignant, maître de conférences des Universités, et coordonnateur du Centre expert sur la schizophrénie à l’AP-HM. Lauréat de nombreux prix nationaux et internationaux, notamment le premier prix de recherche du congrès français de psychiatrie et le prix UNAFAM du ministère de la santé en 2025
Pr Thibaud Damy, cardiologue et coordonnateur du Centre de référence national des Amyloses Cardiaques au CHU Henri Mondor à Créteil en région parisienne. Président du Collectif Les Survivants
Angélique Dusabe, psychologue clinicienne au service d'Hépato Gastro Entérologie du CHU Campus à Lomé. Chercheure dans le champ de la Psychologie Clinique et de la Psychopathologie. Membre de la Société Africaine de la Santé Mentale, de l’Association des Psychologues Praticiens du Togo et de l’Association des Psychologues Cliniciens Hospitaliers du Togo.
Programmation musicale:
► Thee sacred souls – Easier said than done
► Xolario – Tu risa.
Wed, 21 Jan 2026 - 1207 - Psychologie et parentalité : je ne comprends pas mon enfant
À cause de différences générationnelles ou encore culturelles, des incompréhensions peuvent s’immiscer dans les relations parents-enfants. Ces incompréhensions peuvent être génératrices de tensions et même de conflits. Que faire pour éviter qu’une distance ne s’installe ? Comment expliquer que la communication puisse être si difficile ? Quand demander de l’aide à un professionnel ?
La communication entre parents et enfants passe par des périodes d’incompréhension voire carrément de disputes ou de silence prolongé. Les changements inhérents à la période de l’adolescence peuvent alors affecter les relations de manière ponctuelle, mais dans certains cas, les problèmes peuvent s'inscrire dans la durée.
Le chemin vers l’indépendance
Se pose alors la question de trouver des pistes pour recréer du lien, en réinstituant un climat de compréhension mutuelle.
Chacun doit prendre conscience de la différence de l’autre, de ses expériences, de ses émotions, certains de ces comportements, mais aussi ses peurs. Mais cette amélioration passe par une phase de mise à plat, pour prendre des distances afin d’essayer d'identifier ce qui favorise et, à l’inverse, ce qui nuit à l’entente d’une génération à l’autre.
Différences & reproches
Certains facteurs se retrouvent d’une famille à l'autre : la critique des fréquentations, des priorités différentes, des reproches liés à l’ambition, la transgression de certains tabous ou interdits et au-delà, les changements d’une génération à l’autre : dans les modes d'expression, les comportements ou les usages. Dans certains contextes, les schémas d’éducation peuvent également creuser la distance, lorsque l’incompréhension débouche sur une crise qui va se traduire par des propos ou actes violents.
Dans certains cas, une médiation extérieure peut se révéler pertinente afin de sortir de cette impasse familiale.
Avec:
Jean-Oscar Makasso, docteur en Psychopathologie clinique et Psychanalyse. Ethnopsychologue, expert auprès des tribunaux de Paris. Co-fondateur de l'Association maison Sunjata KEITA, Centre de Médiations culturelles et d’Aide Psychologique aux familles migrantes.
► En fin d’émission, nous faisons le bilan, un an après le gel des financements américains dans l’aide internationale, sur leurs répercussions dans la riposte contre le VIH, au niveau mondial. Coalition PLUS et ses partenaires (Sidaction, Frontline AIDS et Aidsfonds) ont mené une enquête auprès de 79 organisations communautaires dans 47 pays et tirent la sonnette d’alarme. Interview de Vincent Leclercq, directeur général de Coalition PLUS.
Programmation musicale :
► The Strokes – The adults are talking
► Nelson Tivane, Makhadzi – Mama's baby
Tue, 20 Jan 2026 - 1206 - Activité physique: vos questions à un médecin du sport
Réduire les risques de développer certaines maladies, lutter contre le stress, tonifier son corps et ainsi éviter certaines douleurs… Les bienfaits de l’activité physique pour la santé sont multiples. Alors comment choisir un sport adapté à sa condition physique ? Que faire en cas de blessure ? Les auditeurs de Priorité Santé posent toutes leurs questions à un médecin du sport.
Réduire les risques de développer certaines maladies, lutter contre le stress, tonifier son corps et ainsi éviter certaines douleurs… Les bienfaits de l’activité physique pour la santé sont multiples. Alors comment choisir un sport adapté à sa condition physique ? Que faire en cas de blessure ? Les auditeurs de Priorité Santé posent toutes leurs questions à un médecin du sport.
Quelle que soit la spécialité médicale, tous les soignants recommandent la pratique d’une activité physique régulière : dans un souci de prévention, mais aussi, en soutien à une prise en charge, lorsqu'une personne présente un trouble ou a été diagnostiquée pour une maladie.
Faire du sport, c’est lutter contre la sédentarité, sécréter des hormones qui font du bien, mobiliser des organes, des muscles. Désormais, on parle même de « sport santé », qui contribue au maintien de sa santé, que l’on soit bien portant ou que l’on se remette d’un accident, avec la question-clé de la motivation et du choix de la pratique.
Attention aux promesses
Quand on se pose des questions sur l’activité physique et la santé, il faut se montrer prudent à l’égard des réseaux sociaux, surtout s’ils promettent des résultats miracles, et encore davantage lorsqu’ils incitent à interrompre un traitement médical. L’activité physique est un soutien, un accompagnement, une composante d’une prise en charge, mais ne remplace en aucun cas une consultation ou une recommandation médicale.
S’écouter et récupérer
Faire du sport, oui, mais en respectant son rythme et surtout en prenant compte du temps de récupération, de la progression, sans s’imposer une cadence qui pourrait provoquer des douleurs, voire même un accident. Pour cela, il est indispensable de rester attentif aux signaux que nous adresse notre corps : rester bien hydraté, s’entraîner progressivement et se reposer après l’effort. Se fixer des objectifs réalistes, par exemple, en matière de perte de poids, démêler le vrai du faux. Par exemple, il est impossible de choisir l’endroit où l’on maigrit, muscler ses abdominaux ne va pas faire fondre la graisse abdominale !
Avec:
Dr Jean Marc Sène, médecin du sport et auteur de Le sport : je me lance, aux éditions In Press.
Programmation musicale:
► Anoop, OGI – Running in place
► Wande coal – Dem go pay.
Mon, 19 Jan 2026 - 1205 - Produits éclaircissants: pourquoi les utilise-t-on et comment arrêter?
[Questions de femmes] Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Cette semaine, nous parlons de dépigmentation et de la pression sociale qui est exercée sur les femmes pour avoir un teint plus clair. Quels peuvent être les risques pour la santé ? Comment aider les femmes à arrêter cette pratique préjudiciable pour leur santé ?
Vouloir changer quelque chose dans son apparence, ça peut sembler à la fois légitime et naturel, surtout lorsque l'environnement y incite, et que l'on est persuadé que les produits employés sont inoffensifs, sur le plan de la santé. La dépigmentation volontaire est une pratique fréquente, dans certaines régions du monde. Une étude de l'OMS montre ainsi que près de 77% des femmes utiliseraient régulièrement ces produits éclaircissants au Nigeria, 66% au Congo-Brazzaville ou encore 50% au Sénégal.
Brûlures, infections, boutons ou vergetures
Derrière une pratique qui peut sembler à première vue inoffensive, existent en réalité de multiples risques pour la santé associés à l'usage de certains produits : des complications dermatologiques, mais aussi à long terme, un risque accru de maladies comme certains cancers ou le diabète…
Valoriser les peaux au naturel
Une pression sociétale incite les femmes à ces usages : une représentation de la réussite sociale, une valorisation de modèles importés, et une forme de dépréciation de la peau noire ou naturelle, associée à des normes héritées de la colonisation.
Le cercle vicieux de la dépigmentation
Cette pratique dangereuse pour la santé est d'autant plus problématique qu'y mettre fin présente plusieurs difficultés. On associe ainsi la dépigmentation à une dépendance, très complexe à arrêter : dans un premier temps, la peau peut présenter des tâches et imperfections qui vont conduire les personnes à reprendre cet usage. Certains dermatologues comparent les produits éclaircissants à une drogue.
Responsabilité publique
Il faut donc envisager la sensibilisation d'un point de vue global, qui exclut la culpabilité des usagers et intègre la complexité de l'arrêt de la pratique, dans un environnement propice. La lutte contre la dépigmentation est donc non seulement l'affaire des soignants, des patients, mais aussi des pouvoirs publics, des médias et des supports de communication qui continuent de tolérer ou de faire la promotion de ces cosmétiques néfastes en particulier pour la santé des femmes.
Avec:
Ismahan Soukeyna Diop, maîtresse de conférences au Département de Psychologie et docteure en Psychologie clinique à l’Université de Cheikh Anta Diop à Dakar au Sénégal
Dr Elena Bougaire, dermatologue, activiste féministe, co-fondatrice de la Kimpavita, initiative culturelle féministe et éco-responsable.
La palabre au féminin de Charlie Dupiot.
Programmation musicale :
► Asa – Jailer
► Zily – Mamio.
Fri, 16 Jan 2026 - 1204 - Hausse des maladies cardiovasculaires en Afrique subsaharienne: comment mieux les prévenir?
Si les maladies infectieuses demeurent une cause majeure de mortalité dans la région africaine, les décès dus aux maladies chroniques sont en constante augmentation. Ce changement s’explique par la modification des habitudes telle que les habitudes alimentaires, la sédentarité et le vieillissement des populations. Parmi ces maladies chroniques, on compte les maladies cardiovasculaires.
Comment mieux prévenir ces maladies ? Comment atteindre toutes les populations, même les plus reculées ? Quels sont les enjeux en matière d’accès aux soins de pointe en cardiologie ? Deux spécialistes mauritaniens partagent leur expérience.
AVC, infarctus, atteinte des valves cardiaques : ces maladies constituent, d’après l’OMS, la principale cause de décès au niveau mondial. Longtemps considéré comme un risque sanitaire majeur réservé aux pays développés, ces atteintes cardiovasculaires dépassent désormais les maladies infectieuses comme principale cause de mortalité dans la région Afrique.
Facteurs de risques évitables
Derrière cette tendance - la transition épidémiologique - on retrouve comme explication l'incidence croissante de maladies chroniques, de l’hypertension artérielle, du diabète ou du surpoids, associés à l'urbanisation, aux changements d'alimentation et à la sédentarité conjugués.
Améliorer la prévention
Si ces modifications en termes de mode de vie expliquent, en partie, la croissance du risque cardiovasculaire à l'échelle de l'Afrique, un certain nombre d’insuffisances viennent encore majorer ce fardeau : pas assez de sensibilisation, pas assez de dépistage et de diagnostic précoce et pas suffisamment de suivi et de spécialistes, pour les patients chroniques, pour stabiliser et contrôler les symptômes.
Cette question de la prévention cardiovasculaire en Afrique, constitue donc un enjeu majeur à l’échelle du continent. Un enjeu, et même une priorité !
Avec:
Pr Sirakhé Camara, cardiologue à Nouakchott. Directeur du Centre National de Cardiologie et président de la Société mauritanienne de cardiologie
Dr Fatimata Gatta Ba, cardiologue, cheffe de service des Urgences du Centre National de Cardiologie de Nouakchott en Mauritanie.
Programmation musicale :
►Innoss’B - Love Ya Rs
► JAZZWRLD, MaWhoo, Thukutela, Gi-Ceejay – Uzizwa Kanjan.
Thu, 15 Jan 2026 - 1203 - La rate : un organe qui protège notre santé des virus et des bactéries
Organe méconnu, la rate à un rôle important puisqu’elle protège la santé de l'individu et en particulier son organisme des virus et des bactéries. Elle ne pèse que 200 grammes et se situe dans la partie supérieure gauche de la cavité abdominale, juste sous le diaphragme. Lorsque la rate augmente de volume, on parle alors de splénomégalie, décelable à la palpation ou à l’échographie. En augmentant de volume, la rate peut provoquer une anémie sévère.
Pour les patients drépanocytaires et en particulier les enfants, ce symptôme constitue une urgence absolue. Comment la rate nous protège-t-elle ? Quelles sont les différentes pathologies pouvant l’affecter ?
La rate est un organe du système lymphatique, localisé dans l'appareil digestif et situé à gauche de l’abdomen, sous le diaphragme. Pesant environ 200 g et dont la forme peut rappeler celle d’un haricot, il reste assez méconnu, en dépit de ses multiples fonctions pour notre santé, puisque la rate joue un rôle important pour l'immunité, et assure également un rôle clé dans le filtrage et le nettoyage du sang.
Système immunitaire
Si vivre sans rate est possible, c’est un facteur de fragilité, notamment pour se défendre contre les risques d’infections. La plupart des affections qui la concernent avancent à bas bruit et le dysfonctionnement de la rate est le plus souvent secondaire d'une autre maladie : atteintes du foie, de l'hémoglobine, des infections bactériennes, parasitaires, virales…
Hypertrophie de la rate
En contexte tropical, un dysfonctionnement ou une hypertrophie de la rate (ou splénomégalie) peuvent être particulièrement associées à des maladies comme la drépanocytose, le paludisme ou les hépatites. Dans certains cas, l'atteinte nécessite une opération chirurgicale totale ou partielle, appelée splénectomie.
Avec:
Pr Marika Rudler, hépato-gastroentérologue à l’Institut du Foie et responsable de l'Unité de soins intensifs d'hépato-gastroentérologie de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris
Pr Alexis Elira Dokekias, professeur titulaire d’hématologie, Chef du service Hématologie du CHU de Brazzaville au Congo, directeur général du Centre National de Référence de la Drépanocytose et des Maladies rares « Antoinette SASSOU NGUESSO ». Président émérite de la Société Africaine d’hématologie.
Programmation musicale :
► TML Vibez, Ruger - Body Tuff
► Bopol Mansiamina, Lucas Silva, Rafael Cassiani –Esta tierra no es mia.
Wed, 14 Jan 2026 - 1202 - Psychologie du soldat : ce que la guerre fait aux hommes qui la font
Dans les médias, on parle souvent des guerres, de l’aspect géopolitique aux conséquences pour les populations de ces conflits. On traite moins souvent de l’impact de la guerre sur les soldats eux-mêmes. Gestion des émotions, peur, indifférence au mal, expérience de la mort, suicides... La guerre a évidemment des conséquences directes sur la santé mentale de ceux qui sont envoyés au front. Quelles émotions traversent les soldats lors de cette expérience de la guerre ?
Comment vivent-ils l’après ? Que font-ils de leurs souvenirs ?
Sur les sites d’information, à l’écoute des journaux, les comptes-rendus de conflits occupent la Une. Du Soudan à l’Ukraine, de Gaza à l’Est de la RDC, affrontements prolongés ou ponctuels, menaces d’embrasement alimentent l'actualité. Nous donnons aujourd'hui la parole à un psychiatre militaire, le Pr Patrick Clervoy, dont le dernier livre, L’Homme en guerre – psychologie du soldat, est publié aux éditions Odile Jacob. Cet ouvrage éclaire sur la compréhension des changements induits par la guerre sur le plan de la santé mentale : cerner certaines des étapes et conditions qui font passer de l’état d’homme à celui de Soldat, puis à celui de Vétéran.
« Tuer, c’est franchir une ligne rouge »
Un environnement guerrier bâti sur des constantes : l’obéissance, la troupe, le patriotisme, mais aussi la mort et la violence. L’engagement militaire, la confrontation avec l’ennemi et la mort bouleversent les valeurs, avec, à la clé, un impact sur le psychisme des combattants, qui voient leurs repères remis en cause.
Refaire la paix avec soi-même
À côté des discours belliqueux et patriotiques, la guerre transforme l’individu, abîme, traumatise y compris après le retour parmi les siens, avec des blessures profondes et silencieuses qui peuvent survivre à la cicatrisation des lésions physiques : prostration, fragilité, anxiété, dissimulation, insomnie, conduites addictives, dépression et geste suicidaire.
« La guerre qui transforme l’individu, sa personnalité. Avoir tué laisse une marque psychologique indélébile. Le seul objectif possible est d’en réduire la brûlure », écrit le Pr Patrick Clervoy.
Avec:
Pr Patrick Clervoy, psychiatre, ancien titulaire de la chaire de Psychiatrie et de Psychologie médicale du Val-de-Grâce à Paris. Auteur de l’ouvrage L’homme en guerre. Psychologie du soldat, aux éditions Odile Jacob
Dr Serigne Ndiaye, psychiatre expert en psycho-trauma. Coordinateur du Programme de soutien psychologique des armées du Sénégal. Praticien au service de Psychiatrie de l’Hôpital Principal de Dakar au Sénégal.
► En fin d’émission, nous parlons des résultats de l’étude menée par une équipe de recherche d’INRAE, du CNRS et de l’Université de Lille sur l’impact des nanoplastiques sur la santé digestive en fonction du régime alimentaire. Interview de Chloé Liebgott, chercheuse et membre de l’équipe de recherche d’INRAE qui a travaillé sur cette étude.
Programmation musicale:
► Alabama Shakes –Hold on
► Bianca Costa, Aupinard – Belle âme.
Tue, 13 Jan 2026 - 1201 - Déserts médicaux: patient recherche médecin désespérément
Partout dans le monde, les systèmes de santé font face à la même problématique : les déserts médicaux. Les capitales et grandes villes captent ainsi la majorité des médecins et laissent des zones complètement dépourvues de professionnels de santé. Les pays tentent de trouver des stratégies pour pallier ce problème et contrôler le lieu d’installation des médecins. Quelle répartition des soignants sur le territoire ? Quelles spécialités et quelles disponibilités ?
En termes d’accès aux soins, la démographie médicale constitue une question centrale. Les déserts médicaux, cette pénurie de soignants en fonction des zones géographiques se distingue en fonction des systèmes de santé et des pays. Mais, y compris au sein d’un même État, certaines régions peuvent se trouver sous-dotées, ce qui va compliquer le fait d’obtenir un rendez-vous et va éloigner le patient de l’équipe médicale. Cette conjonction d’obstacles peut constituer, un facteur très important de perte de chance.
Une réalité internationale
Fossé entre les métropoles et les zones reculées, manque de spécialistes et plateau technique insuffisant, surcharge de travail, pour les soignants en zone rurale... Ces réalités très variables d’une latitude à l’autre ont un impact certain sur la santé des populations.
À lire aussiDéserts médicaux: diagnostic en Belgique, en Malaisie, aux États-Unis et au Maroc
Certains pays ont engagé des réformes pour essayer d’atténuer les effets de ces déséquilibres territoriaux. Au Venezuela, en Inde ou au Mexique, il existe pour les nouveaux médecins un « service obligatoire » à rendre pour une durée donnée. En Allemagne, les autorités limitent l’arrivée de nouveaux médecins dans les zones du territoire les mieux dotées. C’est vers cet exemple que la France semble se diriger avec la proposition de loi Garot qui a été adoptée en première lecture en mai dernier.
« Zones rouges »
Quelles sont les autres pistes pour permettre un meilleur accès aux soins et promouvoir les soins de proximité ? En octobre 2025, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé vouloir bâtir d’ici à 2027 un réseau de soins de proximité, en labellisant des maisons « France santé », après une précédente proposition de médecin volontaire dans les 151 territoires médicalement en « zone rouge ».
Avec:
Dr Anaïs Werestchack, médecin généraliste. Créatrice du compte Instagram anaiswerestchack. Co-auteure de l’ouvrage Urgent ! Recherche médecin aux éditions Marabout
Brice Philippon, kinésithérapeute. Co-auteur de l’ouvrage Urgent ! Recherche médecin aux éditions Marabout
Gwendolina Duval, correspondante pour RFI au Mexique
Dr Elisabeth Bachelard, médecin généraliste à Massat, dans l’Ariège.
Programmation musicale :
► Kali Uchis – Endlessly
► 2B Francky – MGBEL
Mon, 12 Jan 2026 - 1200 - Questions de femmes: les fibromes utérins
Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Cette semaine, les auditrices de l’émission posent toutes leurs questions concernant les fibromes, également appelés myomes. Quelles en sont les causes ? Quelle prise en charge existe-t-il ? Peut-on les prévenir ?
De taille et de quantité variables, les fibromes ou myomes peuvent provoquer des gênes ou douleurs pelviennes, des pertes de sang abondantes, de l’anémie, et, dans certains cas, l’infertilité. En revanche, pour certaines femmes, leur développement et leur présence n’entraînent aucun symptôme particulier et les fibromes peuvent être diagnostiqués à l'occasion d'un examen gynécologique de routine ou pendant la grossesse.
Il s'agit d'un trouble gynécologique fréquent, puisque ces grosseurs concernent près du tiers des femmes de 35 à 50 ans.
Des symptômes variables
Du côté des facteurs de risque, on retrouve la concentration hormonale, le surpoids, l’absence de grossesse et l’hérédité, avec une plus forte prévalence chez les femmes afro-caribéennes.
Les options de prise en charge
Le traitement des fibromes, lui, tient compte de multiples facteurs : l’âge de la femme et avec lui, ses projets de grossesse. La prise en charge tient compte aussi de l’évolution des tumeurs, comme de leur nombre, de leur volume et de l’intensité des symptômes, car si les fibromes utérins peuvent être traités de nombreuses manières (de la simple surveillance à la chirurgie), tout dépendra des cas. Médicaments, dispositif intra-utérin ou opération, de nombreuses réponses sont possibles, même s’il faut rappeler que les fibromes sont en France la première cause d’ablation de l’utérus des femmes en âge de procréer.
Avec :
Dr Abdoulaye Diop, gynécologue obstétricien à la Clinique Bellevue à Dakar au Sénégal.
La palabre au féminin de Charlie Dupiot.
Programmation musicale :
► Tracy Chapman - Bang Bang Bang
► Charlotte Dipanda, Davido – Survivor
Fri, 09 Jan 2026 - 1199 - Sexualité: connaître son corps
Comme chaque premier jeudi du mois, nous consacrons notre émission à la sexualité. Ce mois-ci, la sexologue de l’émission répond à toutes les questions que se posent les auditeurs sur leur anatomie, leur intimité, les zones érogènes ...
La connaissance de son propre corps, tout comme l'exploration de celui de son/sa partenaire, constituent des éléments clés de la sexualité. Cette connaissance inscrit la relation dans le partage, afin de guider l'autre dans sa quête de bien-être et de plaisir.
Zones érogènes
Pour une sexualité épanouie et satisfaisante, connaître son corps passe par la découverte et l’identification des zones de plaisir, dites « érogènes ». Il s’agit de parties de l’anatomie, différentes d'une personne à l'autre, parfois inattendues, comme le creux des genoux ou le lobe des oreilles, les pieds etc...
Faire preuve de curiosité, oser poser toutes les questions et connaître son corps, c’est aussi cerner et formuler ses limites en termes strictement physiques, mais aussi psychiques et sensoriels : de quoi avons-nous envie ? Quelles sensations peuvent se révéler désagréables, douloureuses ou simplement indésirables ?
Sources de blocage
Il n'est donc pas question de performance, mais bien de désir, d'adaptation, de consentement et cela permet à chacun d'identifier si un changement survient, face notamment à certains symptômes repérés au cours de l’acte sexuel (sécheresse vaginale, grosseur ou écoulement au niveau mammaire en dehors d'une grossesse ou accouchement, augmentation d'un testicule ou brûlure mictionnelle...) s'il y a matière à consulter.
Avec:
Noëlle Cayarcy, sage-femme, sexologue, oncosexologue, membre de l’Association inter-disciplinaire post-universitaire de sexologie, directeur de projets en prévention de santé, experte à la Haute Autorité de santé et présidente de la Communauté pluriprofessionnelle de santé de Paris XVIe.
Programmation musicale :
► Nathi ft. Kayla - Decisão
► VJ, Sidiki Diabaté - Toi et moi
Thu, 08 Jan 2026 - 1198 - L'impact de l’alimentation sur le cerveau
L’alimentation a un impact direct sur notre cerveau et nos capacités cognitives. Comme le reste du corps, le cerveau a besoin de nutriments pour fonctionner. C’est particulièrement vrai pour le cerveau des enfants qui a des besoins énergétiques très élevés. Quand ces besoins ne sont pas comblés, on peut observer des conséquences sur la croissance. Comment l’alimentation influence-t-elle l’activité du cerveau et de la mémoire ? Est-ce que certains aliments sont plus bénéfiques pour le cerveau ? Y-a-t-il des aliments à bannir ? Quelles peuvent être les conséquences d’une mauvaise alimentation sur le cerveau ? Peut-on ralentir le déclin cognitif lié à la vieillesse en surveillant son assiette ?
Une alimentation saine et équilibrée présente des bienfaits reconnus en matière de prévention des maladies et troubles cardiovasculaires, d’affections chroniques comme l'hypertension et le diabète et dans la lutte contre le surpoids ou l’obésité. Quel que soit l’âge, l'alimentation joue un rôle fondamental pour la santé du cerveau.
Besoins énergétiques des enfants
Au cours de la grossesse, l'alimentation de la future mère va favoriser le développement du fœtus. Le développement cérébral du bébé traverse une phase clé au cours des premiers mois de vie, et là encore, son alimentation va contribuer à son développement psychomoteur : pendant les six premiers mois, l’Organisation mondiale de la santé recommande l’allaitement maternel exclusif.
La prévention par l’assiette
À l’adolescence, une alimentation équilibrée (ni trop grasse, ni trop sucrée), va permettre d’éviter une vulnérabilité sur le plan inflammatoire, tout comme la survenue d’un surpoids – facteur d’obésité.
Des études scientifiques s’intéressent également à la dimension préventive de l'alimentation pour certaines maladies neurodégénératives du grand âge et/ou troubles psychologiques chez l’adulte. Le régime méditerranéen (riche en fruits, légumes, poissons et huiles végétales dont huile d'olive) pourrait ainsi diminuer le risque dépressif.
Avec :
Dr Jacques Fricker,médecin nutritionniste. Auteur de l’ouvrage Manger intelligent. Éloge de l'omnivore, aux éditions Odile Jacob.
Dr Hervé Kouame Micondo, pédiatre, endocrinologue, nutritionniste à Abidjan en Côte d’Ivoire.Programmation musicale :
► Ari Lennox – Whipped cream
► Melissa Laveaux –Salt water so sweet
Wed, 07 Jan 2026 - 1197 - Les héros et héroïnes de la médecine qui ont changé nos vies
Avicenne, Babinski, Charcot, Galien, Koch, Laennec, Pasteur... Ces personnalités ont marqué durablement l’histoire de la médecine. Quelles sont les autres figures, moins connues du grand public, qui ont su influencer le monde médical ? Nous parlons de leurs parcours et de leurs avancées, qui peuvent parfois, aujourd’hui, être remises en question. [Rediffusion]
Certains ont donné leur nom à des rues, à des stations de métro, ou à des vaccins. D’autres, connus de leurs seuls contemporains, sont aujourd’hui complètement tombés dans l’oubli. Quant aux derniers, ils n’ont jamais connu la célébrité, alors qu’ils ont sauvé d’innombrables vies. Eux, ce sont les héros de la médecine.
Leur héritage scientifique reste d’actualité, que ce soit pour lutter contre les infections, mettre des enfants au monde, combattre le cancer, soulager la dépression ou diagnostiquer une maladie génétique.
Yersin, Hippocrate et Marie Curie
Itinéraires d'hommes célèbres (Alexandre Yersin, Hippocrate ou Zénon Drohocki) et de femmes, dont la détermination et l’énergie ont eu raison des obstacles et des préjugés, faisant d’elles de véritables pionnières dans le domaine de la santé (comme Madeleine Brès ou Marthe Gautier), et pourtant, la renommée de ces dernières a rarement atteint celle de leurs confrères, exception faite bien sûr, de la double nobélisée, Marie Curie.
Parcours de vie et découvertes scientifiques
Les travaux de ces aventuriers de la santé sont toujours à l’ordre du jour pour soigner, partout dans le monde et leurs parcours parfois inattendus, se racontent comme un roman…
Des personnalités qui ont tracé leur sillon en apportant de nouveaux savoir-faire, de nouvelles techniques, en créant des outils ou une compréhension, qui ont bouleversé la pratique de la médecine : césarienne, conseils pour l’allaitement maternel, électroconvulsivothérapie (les électrochocs), découverte de la Trisomie 21, du Bacille de la peste, culture du quinquina contre le paludisme... Évoquer le parcours et les découvertes de ces héros de la médecine, c’est aussi souligner l’importance de la recherche scientifique et d'avancées parfois anciennes, qui ont toute leur place, aujourd’hui encore dans la pratique médicale et continuent de sauver des vies.
Avec:
Pr Gilles Pialoux, chef du Service des Maladies Infectieuses et Tropicales à l’Hôpital Tenon (APHP) et professeur à Sorbonne Universités à Paris. Auteur de l’ouvrage Admirations : Sept héros de la médecine, aux éditions Perrin
Pr Fatimata Ly,dermatologue et vénérologue, professeur à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Médecin-chef du service de Dermatologie de l’Institut d’Hygiène Sociale de Dakar. Présidente de la société sénégalaise de dermatologie vénéréologie. Co-auteure de l’ouvrage Elles étaient là, les pionnières de la santé !, aux éditions Nara
Thanh-Hà Tran, journaliste au service vietnamien de RFI.
Programmation musicale :
► Michael Kiwanuka – Hero
► Trio Mocotó – O xangô.
Tue, 06 Jan 2026
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