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Revue de presse internationale

- 1528 - À la Une: le coup d'envoi du sommet des Brics+ à New Delhi
C'est l'Inde qui accueille cette édition, regroupant une dizaine de pays au total : les pays fondateurs des Brics, et les membres du groupe élargi. Parmi les invités qui seront reçus par le Premier ministre indien, Narendra Modi, on compte le président russe, Vladimir Poutine, mais aussi le dirigeant chinois, Xi Jinping, et c'est tout sauf anecdotique.
La dernière venue du président chinois en Inde remonte, en effet, à il y a sept ans, «quelques mois avant que l'affrontement militaire dans l'est du Ladakh ne porte les relations bilatérales à leur point le plus bas depuis des décennies », rappelle le journal indien Hindustan Times, qui se demande à cette occasion « où en sont les relations indo-chinoises aujourd'hui », car « bien que les deux parties aient depuis pris des mesures en vue d'une normalisation, le différend frontalier et un important déficit de confiance continuent de peser sur leurs relations. » Le journal poursuit en citant une analyse de Reuters, selon laquelle «les entreprises des deux pays continuent de se heurter à des obstacles liés aux autorisations d'investissement, aux visas et aux restrictions sur les équipements industriels. »
Mais l'espoir d'un dégel final des liens entre les deux puissances «offrirait des opportunités pour mieux aligner les intérêts politiques et économiques », selon le quotidien, qui rappelle que «les deux pays sont confrontés aux pressions commerciales américaines. »
Même son de cloche dans les pages du China Global Times, pour qui la rencontre entre Narendra Modi et Xi Jinping sera «au centre de l'attention» durant ce sommet. C'est le signe d'«une dynamique positive et stimulant leur développement continu », veut croire le journal, avant de citer les propos d'une chercheuse spécialiste des relations entre Pékin et New Delhi : «Si l'Inde et la Chine peuvent parler d'une seule voix, le monde sera obligé d'écouter. »
Le début du marathon de concerts de Céline Dion à Paris
L'incontournable diva québécoise fait son retour sur scène après six ans d'absence, et n'y va pas de main morte pour sa reprise : une série de 26 concerts au total programmés dans la capitale française qu'elle affectionne tant. Toutes les dates sont complètes depuis longtemps, et plus de 800 000 billets ont été vendus, ce qui devrait générer «environ 200 millions d'euros», estime Libération, qui s'intéresse aux concerts de la star, «un écosystème bien huilé qui rapporte gros», car il faut ajouter aux billets les sponsors et les produits dérivés de la résidence.
Ce modèle de plusieurs concerts au même endroit, n’est d'ailleurs «pas seulement une bonne affaire pour la"résidente". La venue de Céline Dion à Paris devrait générer entre 500 millions et un milliard d’euros de retombées économiques en France ». «Ce sont d’abord les hôtels qui bénéficient de "l’effet Céline" », renchérit Le Monde : «aux dates des concerts, les taux d’occupation progressent de 10 à 15 points», et Libérationa observé une hausse des tarifs jusqu'à 50 pour cent dans certains établissements. Autant dire que «les admirateurs de Céline Dion devraient mettre largement la main à la poche", prévoit Le Monde,ils viennent de nombreuses villes françaises et, pour 30 % d’entre eux, de l’étranger. »
Parmi les fans internationaux, certains viennent du Québec, d'où la star est originaire
Pas question de manquer cela même si il faut traverser l'océan, assure une journaliste québecoise dans les pages du Journal du Québec. Et ne lui parlez pas de la chasse aux billet pour Céline Dion, pour elle, «ça a commencé par un sprint. C’est devenu un marathon». Dans une tribune elle fait le récit de sa recherche frénétique d'un précieux sésame, de l'échec des préventes et des courses aux loteries qui offraient un forfait de 25 000 dollars pour assister au show parisien. Après plusieurs échecs, elle s'est résolue à casser sa tirelire, et elle sera là «pour le retour de la reine. Et j’aurai des étoiles dans les yeux, confie-t-elle, comme des milliers de fans». Une preuve de plus, s'il en manquait, que les fans de Céline iront où elle ira, qu'importe la place, qu'importe l'endroit.
Sat, 12 Sep 2026 - 1527 - À la Une: il y a 25 ans jour pour jour, les attentats du 11 septembre 2001
« Certains moments restent à jamais gravés dans la mémoire collective » et « un quart de siècle plus tard, des souvenirs surgissent et ressurgissent dans l'Hudson », le fleuve qui traverse la métropole américaine, frappée le 11 septembre 2001, par le plus grave attentat de l'histoire des États-Unis, se remémore un journaliste duNew York Times. « Vingt-cinq ans plus tard, des souvenirs fugaces et des images indélébiles hantent encore ceux qui ont vécu les attentats et leurs conséquences. »
Au milieu des souvenirs de la catastrophe, une question, à la une du journal : « Le 11-Septembre a-t-il vraiment tout changé ? » s'interroge le quotidien, se rappelant « l'image caricaturale du monde d'avant le 11-Septembre : un monde de soleil et de tranquillité, où personne ne se rend compte de sa chance et du désastre qui l'attend ».
« Notre réalité actuelle découle bien trop des attentats[...]pour que quiconque puisse nier leur importance historique », poursuit le journal, citant « l'omniprésence des technologies de surveillance, le caractère flou et incertain des opérations militaires américaines, et la généralisation des mesures de sécurité dans la vie quotidienne. »
« Au final, les États-Unis n'ont acquis ni conscience de soi ni épanouissement personnel, constate amèrement leNew York Times. Ce qu'ils ont obtenu, quinze ans plus tard, c'est Donald Trump dont le parcours de star de télé-réalité à président a été marqué par la fièvre islamophobe de la droite post-11-Septembre. »
Un constat loin d'être partagé par l'ensemble de la presse outre-Altantique
« Malgré les affirmations contraires de certains, les États-Unis n'ont pas sacrifié leurs libertés pour renforcer leur sécurité », objecte le Washington Post, qui tient à saluer « le fait que les Américains n'aient pas blâmé les musulmans ou les Arabes dans leur ensemble ».« Plutôt que de ressasser le passé », le quotidien juge plutôt qu'« il est essentiel de se demander si le pays a la force et les moyens de prévenir la prochaine attaque. Cela implique de reconnaître que le territoire américain n'est plus un refuge géographique. »
« Nos adversaires peuvent mener des cyberattaques et ils le font, s'alerte le journal.Ils peuvent mettre en péril nos satellites, nos centrales électriques et nos réserves d'eau. » « Nous devons investir, même imparfaitement, dans la défense contre les missiles, les armes biologiques et désormais les agents d'intelligence artificielle », plaide le Washington Post, avant de conclure qu'« il est essentiel de rendre hommage aux pompiers, aux policiers et à tous ceux qui ont donné leur vie le 11-Septembre. Mais il faut aussi honorer les morts en se souvenant de l'horreur de cette journée et en prenant la résolution de faire le nécessaire pour que cela ne se reproduise plus ».
Les Houthis s'emparent de la ville yéménite de Mokha, port stratégique de la mer Rouge
C'est « une victoire majeure » pour les rebelles soutenus par l'Iran qui sont à présent « en position de force pour attaquer les navires dans une voie navigable cruciale pour le commerce mondial », estime le New York Times. Cette prise devrait leur permettre de « renforcer leur contrôle » sur la mer Rouge et d’« accentuer les tensions sur les marchés de l’énergie », sans oublier que la milice chiite progresse donc vers le détroit clef de Bab el-Mandeb, a affirmé une source gouvernementale yéménite.
Car, on le sait, « ce passage reliant l'Asie à l'Europe via la mer Rouge et le canal de Suez a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient avec le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique », rappelle l'Orient-le-Jour. Pour le Guardian, la prise de contrôle du littoral de la mer Rouge par les Houthis « constituerait un désastre stratégique pour l’Arabie saoudite et les États-Unis ».
Une menace aussi pour le Yémen qui. « après des années d'accalmie, [...]a replongé dans la guerre en juillet, rappelle l'Orient-le-Jour, etles affrontements depuis la semaine dernière ont jeté sur les routes près de 20 000 personnes ».
Le pays « n'est plus seulement un théâtre de guerre local mais une menace stratégique capable d’influencer l’ensemble de l’équilibre de la région », analyse le journal israélien Haaretz avant de prévenir que « toute nouvelle escalade au Yémen, a fortiori si elle débouche sur une guerre terrestre de grande ampleur et implique d’autres acteurs, pourrait rapidement dépasser les limites du conflit local et devenir l’étincelle d’un nouveau conflit régional ».
Fri, 11 Sep 2026 - 1526 - À la Une: l’intelligence artificielle est-elle un danger pour l’homme?
Un progrès, sans doute, mais aussi un danger ? Vraiment ? Eh bien, il y a des risques de dérapages. Et des incidents se sont déjà produits. « Chaque jour qui passe révèle une nouvelle faille au sein des intelligences artificielles, relève Le Figaro, à Paris. Le géant de l’IA, Anthropic [la firme qui a créé Claude, NDLR], a publié hier soir une nouvelle étude dans laquelle il révèle de nouveaux comportements inquiétants chez ses modèles. » Au total, « quatre incidents dans lesquels ses modèles se sont échappés et ont enchaîné des actions malveillantes ».
Voici l’un de ces incidents, pointe le journal : « La firme californienne avait donné pour mission à l’une de ses IA, le surpuissant Claude Mythos 5, de pirater une entreprise fictive dans le cadre d’une opération virtuelle. Mais le modèle a découvert rapidement qu’il pouvait accéder au véritable Internet, alors qu’il était censé rester dans sa simulation. Il s’est échappé et a commencé donc à agir en dehors du cadre prévu », créant notamment des logiciels de piratage.
« Là où l’affaire devient très intéressante, poursuit Le Figaro, c’est que Claude Mythos savait pertinemment qu’il enfreignait son "alignement". Pour rappel, précise le journal, l’alignement désigne le phénomène par lequel une intelligence artificielle poursuit des objectifs en phase avec les valeurs humaines. »
Le syndrome Frankenstein…
Inquiétant également, pointe pour sa part Libération, le piratage cet été de la plate-forme franco-américaine Hugging Face par des IA incontrôlées d’OpenAI, la firme de Sam Altman.
Encore plus inquiétants, ces propos tenus par un chercheur d’Anthropic qui a décidé de démissionner : « Les gens qui construisent l’IA, a-t-il dit, croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie. Ce n’est pas un coup marketing ».
Et Libération de s’interroger : « L’IA a-t-elle atteint le moment redouté où la technologie échappe au contrôle de son créateur, se retournant contre lui ? Comme dans Frankenstein ? » On en n'est pas là, veut croire le journal. « On a envie de miser sur l’équipage. Avec ceux (chercheurs, ingénieurs), qui claquent la porte ou qui résistent de l’intérieur. Sinon, il restera la mutinerie ».
Contrôler… ou pas ?
« Le flot de prédictions apocalyptiques concernant l’intelligence artificielle atteint des sommets », constate le Washington Post. Mais pour le quotidien américain, pas question d’imposer des réglementations publiques : « L'avènement de l’ère de l’IA appelle à l’humilité et à la patience. Les responsables politiques ne devraient pas chercher à réglementer une technologie en constante évolution qu’ils ne comprennent pas, affirme le journal. Une législation inadaptée risque de compromettre les nombreux avantages potentiels de l’IA, comme le développement de médicaments révolutionnaires ».
C’est aux dirigeants des laboratoires de pointe de prendre leurs responsabilités, estime le Washington Post : « La perspective de poursuites, d’injonctions et de dommages-intérêts devrait inciter les entreprises spécialisées en IA à redoubler de vigilance afin d’éviter que leurs prochaines expériences ne tournent mal ».
Non, rétorque la Repubblica, à Rome : « Il nous faut des tiers de confiance, extérieurs aux entreprises, capables d’autoriser ou de refuser le développement ou la commercialisation de l’IA. Ces autorités ne devraient pas exiger la participation des géants de la tech, comme ils le réclament. En bref, poursuit le quotidien italien, il faudrait s’inspirer d’autres secteurs industriels, comme l’industrie pharmaceutique, où les entreprises ne décident pas seules de ce qu’elles vendent. Il existe des contrôles indépendants, des autorisations à plusieurs niveaux et une supervision gouvernementale ».
L’Ukraine se prépare à un 5e hiver de guerre…
À la Une également, « l’Ukraine se prépare à affronter un nouvel hiver effroyable, faute d’une défense anti-aérienne suffisante » : un constat établi par Le Monde à Paris. « Hormis Donald Trump, qui assurait hier, devant les journalistes, que Poutine "voulait un accord", aucun analyste et nul diplomate n’imagine que Moscou puisse envisager sérieusement un règlement du conflit ni même une simple trêve dans les mois à venir. »
Et « voilà les Ukrainiens à l’aube d’un cinquième hiver de guerre, épuisés, lassés, fatigués, relève Le Soir à Bruxelles, avec si peu d’espoir auquel se raccrocher encore. Et les derniers signaux venus d’Europe n’ont rien pour les rassurer : les partis ouvertement pro-russes y décrochent des victoires, comme en Allemagne, ou caracolent en tête des sondages préélectoraux ailleurs. Poutine n’a peut-être pas besoin de gagner vite, conclut Le Soir, amer. Il lui suffit que les autres se fatiguent avant lui ».
Thu, 10 Sep 2026 - 1525 - À la Une: la dégringolade du niveau scolaire
En France, en Europe, et même quasiment partout dans le monde, c’est la chute libre… C’est ce qui ressort du classement PISA, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans, développé, tous les 3 ans, par l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Les résultats de cette étude mondiale ont été dévoilés hier et ils sont donc particulièrement alarmants…
« Si le classement PISA 2025 inquiète doublement, pointe Le Monde à Paris, c’est qu’à l’exception d’une partie de l’Asie, il révèle une diminution globale des capacités cognitives des jeunes. L’édition réalisée en 2022 avait invoqué la pandémie de Covid-19 pour expliquer la dégradation des scores de systèmes scolaires habituellement cités en exemple, en Allemagne ou en Norvège. Cette cassure continue de marquer une génération, mais le problème va au-delà. Il touche aux effets de la révolution numérique en cours. »
En effet, précise Le Monde, « PISA établit que les élèves ne sont plus que 20 % à 30 % à ne pas recourir à l’intelligence artificielle. Les bons scores en sciences sont corrélés à une moindre utilisation de l’IA et à un emploi maîtrisé des appareils numériques à des fins d’apprentissage. La recherche éclairera mieux la nouvelle donne des écrans et des réseaux sociaux, mais il apparaît déjà que les réformes ayant prouvé leur efficacité sur les savoirs des élèves – meilleure formation des enseignants, aide aux élèves en difficulté – ne suffisent plus. »
Les écrans et les réseaux sociaux dans le collimateur…
Pour Le Figaro, c’est clair : « À ceux qui en doutaient encore, le classement Pisa montre, à l’échelle planétaire, les terribles ravages des écrans, des réseaux et de l’intelligence artificielle sur les jeunes cerveaux. »
Et Libération renchérit : « impossible, au risque de paraître un peu technophobe, de ne pas corréler les mauvais résultats des adolescents français, notamment en lecture, au développement de la consommation des écrans et des réseaux sociaux. A la culture du tout image face au temps long de la lecture. A force de vivre perfusés à Instagram et TikTok, où une vidéo de trois minutes est déjà un format “long“, la capacité d’attention collective s’est réduite. »
Libération qui s’interroge : « faut-il déjà se résigner ? Ou croire encore que la révolution de l’IA, dont l’ampleur est comparée à l’invention de l’imprimerie, ne sera pas le fossoyeur définitif de notre appétit pour la lecture ? Comment continuer à faire vivre le miracle étrange qui donne le goût de lire à un enfant ? C’est notre défi collectif. »
Lire comme remède
En effet, complète Die Welt à Berlin, « l’avenir n’appartient pas seulement à ceux qui ont accès à l’information, mais à ceux qui savent l’interpréter, la relier et en tirer des enseignements. Certains pays prennent déjà ce constat au sérieux. (…) À Singapour, malgré des équipements de pointe en classe, les élèves consacrent encore beaucoup de temps aux textes imprimés. La Suède a mis en place des campagnes nationales de promotion de la lecture. Dans ce contexte, certains experts plaident pour que les écoles privilégient la lecture d’œuvres complètes plutôt que d’extraits, comme c'est souvent le cas. »
« Le déclin n’est pas une fatalité, veut croire Le Soir à Bruxelles. L’Estonie, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni restent parmi les plus performants. Malgré leurs différences, les élèves y suivent plus longtemps le même cursus, l’orientation intervient plus tard et le redoublement est rare. Les difficultés y sont traitées par du soutien plutôt qu’en faisant recommencer l’année ou en séparant les parcours. »
Retour aux fondamentaux ?
En Suisse, les élèves restent parmi les meilleurs d’Europe. Mais « pas de quoi fanfaronner », s’exclame Le Temps à Genève. « Le niveau des jeunes s’érode année après année dans les compétences fondamentales. » Et « la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique le martèle : lire, écrire, calculer doivent (re)devenir des priorités. Il ne suffit pas de le dire. Le message doit arriver jusque dans les salles de classe, s’exclame Le Temps. Non pas pour grimper dans les classements PISA. Simplement parce que ce socle de base est essentiel pour l’avenir de nos jeunes. De bonnes compétences scolaires à la sortie de l’école obligatoire augmentent fortement les chances d’obtenir un diplôme. Et l’obtention de ce diplôme réduit fortement les risques de chômage. Un cercle vertueux qu’il est temps de remettre en place. »
À lire aussiEducation: les résultats des élèves français en baisse selon le rapport PISA
Wed, 09 Sep 2026 - 1524 - À la Une: la progression de l’extrême droite en Europe
« Trente-sept ans après la chute du premier mur, un autre s’est effondré en Allemagne », constate le Timesà Londres, avec « la victoire écrasante » du parti d’extrême droite AfD avant-hier en Saxe-Anhalt. « Le centre politique, tant au niveau local que fédéral, est désormais devenu un terrain mouvant,relève le quotidien britannique. Et pas seulement en Allemagne. En Italie, la coalition nationaliste de Giorgia Meloni, au pouvoir depuis près de quatre ans, se considère comme une pionnière en Europe. En France, le Rassemblement national de Marine Le Pen, parti populiste, se voit favori pour remporter l’élection présidentielle de l’année prochaine. Dans ces deux pays, la droite populiste est encouragée par le succès de l’AfD. »
Et il n’y a pas que la France, l’Allemagne et l’Italie… Le Guardian, toujours à Londres, pointe les manifestations anti-immigration qui ont eu lieu ce week-end dans le sud de l’Angleterre. Manifestations à l’initiative du mouvement d’extrême droite Patriota Platform, « qui prétend “stopper les bateaux“ si les autorités ne le font pas. (…) Partout en Europe, l’extrême droite ne cesse de gagner du terrain,constate également le quotidien britannique.(…) De Douvres à la Saxe-Anhalt, les extrémistes prospèrent lorsque les électeurs estiment que les partis traditionnels ne sont plus en mesure de garantir sécurité, prospérité et changement. »
Les partis traditionnels en échec…
En effet, constate Le Figaro à Paris, « comme ailleurs en Europe, le national-populisme fait désormais figure, outre-Rhin, d’alternative aux partis traditionnels et à leurs échecs : immigration, déclassement, crise économique. Contrairement au RN en France, l’AfD ne peut toutefois prétendre demain gouverner l’Allemagne. Le parti est encore loin de la majorité absolue au niveau fédéral. Et ses sympathies néonazies lui ferment les portes du jeu des coalitions, qui gouvernent le pays depuis l’après-guerre.Mais après-demain », s’interroge Le Figaro. « Le séisme de Saxe-Anhalt est d’autant plus préoccupant,poursuit le journal,que l’AfD y a fait le pari inverse de la “dédiabolisation“. Elle propose de supprimer le droit fondamentalà l’asile, de réécrire les manuels d’histoire pour en finir avec le “masochisme national“… Plus le parti se radicalise, plus il engrange électoralement. Comme si les Allemands voulaient s’affranchir de façon spectaculaire de décennies de culpabilité. »
Le Monde renchérit : « Quand un parti de cette nature recueille près de la moitié des voix en défendant un programme aussi radical, xénophobe et nationaliste, tandis que le principal parti de gouvernement s’effondre, ce n’est pas un accident local : c’est un modèle politique, celui de l’Allemagne d’après-guerre, fondé sur le rejet des extrêmes et le primat du consensus, qui vacille. Et donc l’Europe tout entière qui doit s’inquiéter. »
Une Europe trop divisée…
D’autant, analyse le Wall Street Journal, que « les tendances électorales en Allemagne et en France interviennent au moment où les menaces qui pèsent sur la prospérité et la sécurité de l’Europe s’intensifient. Or, au lieu de s’unir pour lutter contre ces problèmes,constate le quotidien américain,les pays européens semblent se diviser. La solidarité européenne s’affaiblit alors même que l’Europe subit des pressions plus fortes et plus diverses qu'elle n'en a connu depuis des décennies. »
Et le Wall Street Journal de prendre notamment l’exemple de l’immigration : « la politique migratoire en Europe reste un véritable chaos. L’Espagne régularise les sans-papiers ; l’Italie souhaiterait les expulser. Et la France et le Royaume-Uni consacrent au moins autant de temps à se quereller sur la responsabilité des traversées illégales et massives de la Manche qu’à prendre des mesures concrètes pour y remédier. »
Enfin, « que se passe-t-il quand on laisse grandir la bête ? », s’interroge El Pais à Madrid. « Il existe des situations, et pas seulement en Europe, qui rappellent ce qui s’est passé dans les années 30,pointe le quotidien espagnol :la stigmatisation des peuples et des religions, la violence déchaînée contre des civils sans défense en toute impunité, les discours de haine et la déshumanisation d’autrui, la manipulation du passé. Le racisme et le suprémacisme ne devraient tolérer aucun compromis. L’histoire,conclut El Pais, nous enseigne clairement que lorsque le mal n’est pas maîtrisé, il finit par tout détruire. »
À lire aussiPourquoi le Rassemblement national en France a rompu ses liens avec l'AfD allemand
Tue, 08 Sep 2026 - 1523 - À la Une: le choc en Allemagne après la victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt
« Choc, gravité, détresse… » C’est par ces mots que le quotidien Die Zeit exprime son émotion après la victoire dimanche de l’AfD aux élections régionales dans le land de Saxe-Anhalt. Cette victoire était prévisible, tous les sondages l’annonçaient, mais la presse allemande est en état de sidération ce matin.
« La première réaction est l’horreur, pointe Der Spiegel. Comment est-ce possible en Allemagne, quelque 80 ans après la dictature nazie, responsable de la Seconde Guerre mondiale, de l’Holocauste et d’autres atrocités ? Comment est-ce possible qu’en 2026, un parti qui refuse de se démarquer clairement de l’Allemagne nazie, remporte une victoire écrasante aux élections ? »
Le magazine faisait il y a quelques semaines encore sa Une sur « l’homme le plus dangereux d’Allemagne » : Ulrich Siegmund, le candidat victorieux et potentiel chef du gouvernement du Land. « La campagne électorale avait clairement révélé son vrai visage, soupire Der Spiegel. Ulrich Siegmund n’a jamais pris ses distances avec les sympathisants de l’AfD qui harcelaient les journalistes ou faisaient le salut hitlérien. Cela l’a rendu, et le rend encore, extrêmement dangereux pour la démocratie libérale. »
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Quelle majorité ?
« Et maintenant, gouverner, mais comment ? », s’interroge le Süddeutsche Zeitung. « Un obstacle crucial sépare actuellement Siegmund du poste de ministre-président : l’obtention d’une majorité parlementaire » : en effet l’AfD a obtenu 44 % des suffrages, mais ça n’est pas suffisant pour gouverner. Elle pourrait s’allier à la gauche populiste pro-russe du BSW, qui a obtenu un peu plus des 5 % nécessaires pour entrer au Parlement. Les deux partis pourraient ainsi parvenir à un total de 44 sièges. Soit « autant que la CDU, les sociaux-démocrates, les Verts et Die Linke réunis, calcule Die Zeit. La bataille s’annonce très, très serrée. »
« Quel que soit le dénouement, pointe le Süddeutsche Zeitung, aucun homme politique de l’AfD avant lui n’avait été aussi près du pouvoir. Durant la campagne électorale, Ulrich Sigmund a réussi à créer un véritable engouement autour de sa personne. Les gens faisaient la queue pour se faire photographier avec lui, arborant des T-shirts à son effigie. Sa campagne s’appuyait sur un programme particulièrement radical, relève encore le quotidien munichois, même pour l’AfD, avec des soutiens ayant un passé trouble au sein d’organisations néonazies, et sur des messages privilégiant l’émotion au détriment du fond. Il répétait sans cesse vouloir retrouver “l’ancienne Allemagne, sûre et paisible“. Mais, s’interroge le journal, que signifie exactement cette phrase ? »
« Le choc fasciste »
Dans la presse européenne, c’est la consternation… « Le retour des heures sombres », souffle Le Soir à Bruxelles. « Un message inquiétant », souligne la Repubblica à Rome. « Le choc fasciste », s’exclame Libération à Paris en première page. Pour le politologue Benjamin Höhne, de l’université de Chemnitz, en Saxe, interrogé par le journal,« ce scrutin représente une rupture. Le fait que près d’un électeur sur deux ait voté pour l’AfD est un séisme politique, affirme-t-il. Le fait que l’extrême droite organisée soit si près de prendre les rênes du pouvoir régional est une situation totalement inédite en Allemagne. À l’échelle européenne également, c’est un cas extrêmement rare avec un mode de scrutin proportionnel. Ce système électoral favorise en règle générale la modération et la recherche de consensus au centre. »
La peur du changement ?
Enfin, dans les colonnes du Washington Post,Yascha Mounk, professeur de relations internationales à l’université Johns Hopkins de Baltimore, explique pourquoi les électeurs allemands ont adhéré à un parti aussi radical :« L'économie du pays est dans un état catastrophique, affirme-t-il. (…) Les industries dans lesquelles l’Allemagne a traditionnellement excellé, comme la construction automobile, ne sont plus à la pointe de la technologie. (…) La cohésion sociale dans le pays est à un niveau dangereusement bas. Le sentiment d’insécurité s’est considérablement dégradé. (…) Trouver un modèle de remplacement est une tâche ardue. Mais le plus frappant, pointe Yascha Mounk, c’est que l’Allemagne ne fait quasiment aucun effort. Les principaux responsables politiques sont en proie à des luttes intestines et semblent, pour la plupart, ignorer la gravité de la crise. Parallèlement, les intellectuels allemands déplorent la situation désastreuse du pays, mais se montrent étonnamment réticents à envisager une véritable alternative. »
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Mon, 07 Sep 2026 - 1522 - À la Une: vers une nouvelle crise des Malouines entre l'Argentine et le Royaume-Uni
C'est une actualité qui peut faire revivre à certains des souvenirs de 1982, année où ce petit archipel a été le théâtre d'une guerre d'un peu plus de deux mois, entre l'Argentine et le Royaume-Uni. Ces îles, appelées Malouines à Buenos Aires et Falkland à Londres, sont aujourd'hui britanniques, mais ont toujours été revendiquées par les gouvernements argentins successifs, et Javier Milei, l'actuel président d'extrême droite du pays, ne déroge pas à la règle : il a déclaré cette semaine que l'Argentine devait récupérer ces îles « comme une question d'importance nationale », raconte le quotidien argentin La Nacion.
Mais tout ceci est « un virage calculé », pour le journal conservateur : « Ce qui n'a jamais été une préoccupation centrale dans sa vie personnelle et politique, bien au contraire, est devenu le point d'orgue d'une sorte de relance de l'administration présidentielle de Javier Milei. » En effet, si l'on regarde le calendrier du pays, l'élection présidentielle aura lieu en octobre 2027, ce qui n'a rien d'anodin. La réaction de Javier Milei intervient « à un moment où son gouvernement est désapprouvé par plus des deux tiers des Argentins, notamment en raison des conséquences de sa politique économique sur la vie quotidienne », souligne d'ailleurs La Nacion.
Le contexte est donc primordial, car il permet au gouvernement de « reprendre la main sur l'actualité », tout en mettant sous le tapis les problèmes économiques. C'est même une volonté explicite de Javier Milei, qui « a appelé à mettre de côté tout autre débat et à abandonner les points de vue divergents, observe le quotidien,ce n'est pas le moment de discuter de certaines questions. Une cause nationale l'exige. »
Les réactions ne se sont pas fait attendre au Royaume-Uni
« Ces îles sont britanniques et le resteront », une réponse sans équivoque du chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband. Le célèbre tabloïd anglais The Sun adresse quant à lui un avertissement encore plus clair au président argentin, en une de son site internet : « Hands off », que l'on pourrait traduire par « Bas les pattes », en français.
« La revendication argentine est une imposture flagrante », juge le Times, pour qui Javier Milei ne dispose d'aucune option militaire. « Sa marine est moribonde après des années de négligence et son armée de l'air commence à peine à se reconstruire », raille le journal britannique, qui s'alerte néanmoins de potentielles « actions de nuisance » de la part de Buenos Aires.
Un point de vue partagé par le Daily Telegraph, qui considère que « la Grande-Bretagne doit se tenir aux côtés des Malouines », et qui appelle dans ses colonnes « à résister à l'agression argentine, et à respecter la volonté du peuple », évoquant le droit à l'autodétermination des habitants de l'archipel.
Un droit payé « au prix d'un immense tribut en sang en 1982 », selon le Times, qui conclut que « le meilleur moyen d'éviter que cela ne se reproduise est une position totalement claire de la part du Royaume-Uni. Cela implique un renforcement proportionné de ses défenses. »
L'AfD en tête des sondages d'une élection régionale dans l'est de Allemagne
« Comment peut-on voter pour l'AFD ? » se demande le site d'information allemand Der Spiegel. « Pour la première fois depuis 1945, un parti minimisant l'importance de la période nazie est sur le point de prendre le pouvoir dans un Land allemand. Cela risque d'avoir un impact considérable sur la réputation de l'Allemagne à l'étranger », craint le média en ligne.
Pas de doute en revanche dans les pages du Suddeutsche Zeitung. « Il est temps d'abandonner le principe de l'espoir, tranche amèrement le quotidien national, L'AfD devrait remporter les élections régionales avec une large majorité. La question est de savoir si elle sera capable de gouverner. » Si c'est le cas, « le parti d'extrême droite disposerait alors de ressources financières et structurelles considérables pour sa guerre culturelle, dont l'objectif est l'instauration d'un régime différent, autoritaire », redoute le journal.
Même constat outre-Rhin : une région gouvernée par l’AfD « en ferait un laboratoire pour les projets du parti le plus radical des droites européennes », note l’historienne Hélène Miard-Delacroix dans une tribune au quotidien français Le Monde, prédisant même que « son arrivée au pouvoir dans l’une de ces régions pourrait faire basculer le pays dans une crise sécuritaire et économique majeure. »
À lire aussiLe président argentin durcit le ton sur les Malouines tandis que Londres réaffirme sa souveraineté
Sat, 05 Sep 2026 - 1521 - À la Une: la crise de Ceuta continue de peser sur le gouvernement espagnol
Convoqué en session extraordinaire devant le Parlement, jeudi, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a défendu la gestion de l’afflux massif de migrants, fin juillet, tout en reconnaissant des défaillances du côté marocain de la frontière. « S’il a de nouveau écarté une implication du Maroc dans l’organisation de cet afflux, le dirigeant socialiste a légèrement nuancé sa position, estimant qu’après les événements la coopération entre les deux pays devait être différente », relate le journal français Le Monde.
C'est précisément ce que demande une tribune dans les colonnes du quotidienEl Pais : « Il n'y a plus de temps à perdre, interpelle le journal espagnol,la solution à la crise humanitaire et politique exige l’engagement total de l’État et une redéfinition des relations avec le Maroc. La collaboration entre voisins pour garantir la stabilité des frontières communes est essentielle entre pays amis, comme cela est censé être le cas ici. Mais cette confiance et la relation, renforcées par de nombreuses concessions à Rabat, se sont révélées totalement insuffisantes, poursuit le média, pour quila souveraineté européenne est également en jeu sur les plages de Ceuta. »
Mais la crise n'est pas seulement géopolitique, elle est aussi humanitaire, ajoute El Pais : « Il est indispensable de déployer immédiatement des effectifs et des ressources suffisants pour prendre en charge chaque migrant errant dans les rues et sur les plages de Ceuta. » Un appel partagé par le titre de presse espagnol Publico, qui s'indigne quant à lui que les migrants soient devenus « une arme politique, un pion de plus dans la géopolitique, et que leurs droits, voire leur humanité, soient remis en question ».
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L'ONU met en garde contre un épisode record d'El Nino
Le phénomène météorologique est un cycle climatique naturel, qui revient tous les deux à sept ans, et qui entraîne une hausse de la température des océans et de l'atmosphère. Mais ce phénomène atteint des proportions anormalement élevées, du fait du réchauffement climatique. Et à présent, « El Nino prend une ampleur considérable », a déclaré l'ONU.
« Cet événement sera probablement le plus important depuis au moins mille ans et accentuera la crise climatique mondiale, s'alarme le Guardian, avant d'ajouter que cette hausse des températures liée à El Nino a déjà des conséquences, qui se propageront à l'échelle mondiale, avec un risque accru d'incendies en Australie et des inondations plus intenses en Amérique du Sud », dans un épisode qui devrait durer jusqu'en février 2027, selon l'Organisation météorologique mondiale.
En Amérique du Sud, justement, le journal argentinLa Nacions'attend à un risque d'inondations accru dans le pays, d'ici la fin de l'année, et répertorie les mesures prises par ses voisins du continent pour se préparer aux conséquences du phénomène : le Panama et le Salvador ont déclaré l'état d'urgence, tout comme le Pérou. Les pays sud-américains tentent ainsi d'anticiper les conséquences de cet épisode climatique extrême, conséquences qui, on le sait, se font déjà ressentir à travers le monde. Car, « à moins de réduire rapidement les émissions et de renforcer la résilience, l'impact du changement climatique continuera de s'aggraver », rappelle le Guardian.
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La mort d'une figure du féminisme aux États-Unis
Gloria Steinem est décédée à l'âge de 92 ans et le Washington Post rend hommage à « une figure emblématique et voix puissante du mouvement féministe américain des années 60 et 70, et fervente défenseure de l'égalité tout au long de sa vie». Elle s'est fait connaître dans les années 1960, non pas comme militante, mais d'abord comme journaliste. « Par sa détermination, Steinem a surmonté les préjugés professionnels qui limitaient la plupart des femmes journalistes à des sujets comme la mode et les relations amoureuses », poursuit le journal.
« Pendant des années, elle fut la porte-parole la plus en vue du mouvement féministe, et on lui attribue le mérite d'avoir contribué à le rendre plus représentatif des femmes pauvres et issues des minorités, dont beaucoup se sentaient exclues de la cause », ajoute le Washington Post dans le portrait qui lui est consacré, avant de conclure par une citation de Gloria Steinem, à la fin de sa vie, quand on lui demandait son avis sur le féminisme actuel : « Je suis vieille, avait-elle répondu, mais le mouvement est jeune. »
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Fri, 04 Sep 2026 - 1520 - À la Une: que doit faire l’Europe face à la Russie?
« L’accusation est lâchée : "Terrorisme d’État",s’exclameLe Soirà Bruxelles. Le crime, que l’Allemagne a très officiellement attribué à la Russie avant-hier, a dominé la "rentrée diplomatique" de l’Union européenne.Cette tentative d’attentat perpétrée le mois dernier contre des avions-cargos sur l’aéroport de Leipzig, une plate-forme logistique utilisée pour le soutien militaire à Kiev, place les Européens au pied du mur face à une Russie qui conteste son implication, tout en redoublant ses frappes sur des cibles civiles en Ukraine. L’épineuse question est (donc): "Que faire ?", a reconnu hier la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas. »
Alors « à ce stade, pointeLe Soir, dans ce dossier complexe qui exige partage de renseignements et protection des infrastructures critiques, l’UE a mis en œuvre la riposte diplomatique classique : dénonciation fracassante des agissements de Moscou, convocation du représentant russe auprès de l’UE. Et, "dans le pipeline", l’adoption de nouvelles sanctions (…) : plus de 1 600 individus et entreprises impliqués dans la production de missiles russes devraient rejoindre les quelque 3 000 autres déjà placés sur la "liste noire" de l’UE. »
Comment écraser « la mouche » ?
« La riposte est compliquée », pointe Libération à Paris. « Telle la mouche du coche (ou plutôt le taon,la mouche qui pique), Poutine pousse ses services à s’agiter, laissant planer l’ambiguïté sur l’origine de ce drone explosif découvert à l’aéroport de Leipzig en Allemagne, ou de cette attaque informatique dans une entreprise de défense, ou de cette incursion aérienne soi-disant accidentelle. L’idée est de semer le doute,relève le journal,de diviser les Européens, de renforcer l’extrême droite partout où elle a des chances de percer (par exemple en Saxe-Anhalt, en Allemagne, le week-end prochain), de créer de la paranoïa, bref de jouer avec le feu. Jusqu’à l’explosion ? Cette interrogation-là fait précisément partie de la menace. Et c’est ce qui rend(donc)la riposte compliquée,constate Libération. Comment lutter contre un ennemi de l’ombre sans prendre le risque de déclencher une riposte encore plus forte ? C’est ce qui paralyse pour l’instant les Européens dont les ministres des Affaires étrangères étaient réunis hier à Dublin. Ils sont tous d’accord pour condamner la Russie, c’est déjà ça. Mais ils n’ont pas encore trouvé le bon moyen d’écraser la mouche (ou le taon). »
Rechercher une trêve ?
Pour Le Figaro, « la fatigue et la déprime à Kiev, la lassitude et l’anxiété à Moscou ne rapprochent personne de la victoire. À ce stade, un sentiment d’épuisement mutuel peut mener à deux conclusions,pointe le journal : soit qu’il faut prendre encore plus de risques militaires et stratégiques, soit qu’il est temps de négocier un arrêt des combats. Pour l’heure,constateLe Figaro, c’est la guerre qui gagne du terrain : Moscou multiplie les "attaques hybrides" contre les alliés occidentaux de l’Ukraine. (…) Côté ukrainien, la menace de "fermer le ciel russe" au trafic aérien civil a aussi le potentiel d’une escalade. Ces expédients, dans un affrontement qui a pratiquement épuisé ses autres voies, ne suffiront pas à briser le moral d’une nation. Le danger de voir le conflit s’étendre n’en est que plus grand. D’où,martèleLe Figaro, l’urgence d’une trêve, telle que la propose Volodymyr Zelensky, pour arrêter la fuite en avant. »
En France : « sombre atmosphère… »
Et puis autre sujet… À lire dans le Guardian à Londres, cet éditorial sur la France et les Français intitulé « les Français extrêmement pessimistes quant à leur avenir : la course à la succession d’Emmanuel Macron se profile, mais,constate le quotidien britannique,rarement l’atmosphère n’a été aussi sombre et l’attrait des solutions extrémistes aussi alarmant.(…) Si le vote avait lieu aujourd’hui, la populiste anti-immigration Marine Le Pen aurait de fortes chances d’accéder à l’Élysée,note leGuardian, surfant sur la vague de désillusion des électeurs envers l’ensemble de la classe politique et sur le sentiment que "tout a été essayé". Mais,tempère le journal,beaucoup de choses peuvent se produire d’ici le 18 avril 2027, date du premier tour de la présidentielle. La France est aussi un pays sujet aux bouleversements soudains. »
Thu, 03 Sep 2026 - 1519 - À la Une: la fuite en avant de Poutine
1652ᵉ jour de l’invasion russe en Ukraine, ce mercredi. Et, constate Libération à Paris, « contrairement aux attentes de Vladimir Poutine et aux affirmations de sa propagande, l’Ukraine tient toujours, même meurtrie par des frappes russes s’intensifiant de jour en jour, notamment sur la capitale Kiev. La Russie subit elle aussi des dommages considérables dans un duel de drones et de missiles acharné : des raffineries de pétrole et des entrepôts de commerce en ligne prennent feu presque tous les jours, aussi loin qu’Omsk, en Sibérie, à 2 500 km de la ligne de front. Le secteur du carburant est en crise, les caisses de l’État se vident, les ménages peinent à joindre les deux bouts. Les pertes sur le front sont vertigineuses, plus de 1 000 soldats par jour, selon les Ukrainiens. »
Et pourtant, s’exclame Libération, « rien n’indique que Vladimir Poutine soit prêt à reculer ni même à ralentir sa coûteuse aventure. (…) La fuite en avant semble l’option toujours privilégiée par le Kremlin. Dimanche, le ministère de la Défense a annoncé "la préparation de frappes massives contre les installations du secteur énergétique de l’Ukraine en réponse aux attaques continues du régime de Kiev contre les infrastructures civiles et le complexe pétrolier et énergétique de la Russie". Plus encore, pour se sortir de l’impasse, Poutine pourrait être tenté par une escalade dans son conflit avec l’Europe et l’intensification de la guerre hybride qu’il mène aux alliés de l’Ukraine. »
Berlin accuse Moscou
Une guerre hybride officiellement dénoncée par l’Allemagne… Berlin a en effet formellement accusé Moscou hier d’avoir envoyé un drone chargé d’explosifs début août à l’aéroport de Leipzig et a annoncé des mesures de rétorsion contre la Russie.
Commentaire de la Süddeutsche Zeitung : « Cette position ferme de l’Allemagne – et les sanctions annoncées – ne manqueront pas d’attiser les tensions diplomatiques. Mais Berlin n’a guère d’autre choix. En ces temps incertains, la clarté est essentielle. (…) Poutine et ses services de renseignement mènent depuis longtemps une guerre de l’ombre contre l’Allemagne. (…) Et notre pays,poursuit la Süddeutsche Zeitung, ne peut tolérer ces attaques hybrides, qui mêlent méthodes criminelles, terroristes et paramilitaires. L’Allemagne impose donc, à juste titre, de nouvelles sanctions : elle prendra des mesures plus fermes contre la flotte de l’ombre de Poutine, fermera la Maison russe à Berlin ainsi que le consulat général à Bonn. Ces mesures témoignent d’une certaine prudence,pointe encore le quotidien munichois :elles expriment la désapprobation sans provoquer d’escalade militaire. En effet, ni la République fédérale ni ses alliés n’ont intérêt à une guerre directe avec la Russie. »
Les atermoiements de Trump
« La question est de savoir ce que fera l’Occident au-delà de la dénonciation,relève pour sa part leWall Street Journal. Certes, les armées occidentales ont besoin de meilleures défenses anti-drones, mais l’Otan ne peut pas protéger toutes les cibles vulnérables en Europe et devra s’appuyer sur la dissuasion. »
Et, « il est particulièrement regrettable,souligne le quotidien américain, que l’administration Trump ait invité le ministre russe des Finances au sommet du G20 en Caroline du Nord cette semaine.
Poutine tirera profit de la légitimité internationale de cette visite et poursuivra ses bombardements terroristes contre des civils à Kiev. Le président Trump ferait mieux de s’employer à faire adopter par la Chambre des représentants le projet de loi sur les sanctions contre la Russie, présenté par feu le sénateur Lindsey Graham, projet de loi dont le sort cette semaine est incertain. »
Frapper au portefeuille
En attendant, pointe la Repubblica à Rome, « les 27 États membres de l’UE envisagent sérieusement de s’attaquer de front aux avoirs russes gelés, d’une valeur de plus de 200 milliards d’euros. La question a non seulement été inscrite à l'ordre du jour des contacts initiés hier par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, mais a également été abordée lors du Conseil informel des ministres des Affaires étrangères qui se tient actuellement en Irlande. Cette mesure, qui avait échoué en décembre dernier, principalement en raison du veto belge, devient, souligne le quotidien italien, le seul outil capable de mettre Moscou dans l’embarras : frapper Poutine là où ça fait le plus mal. » Au portefeuille…
Wed, 02 Sep 2026 - 1518 - À la Une: la rentrée des classes
Les élèves reprennent le chemin de l’école ce mardi, 1er septembre en France. Ils sont un peu plus de 11 millions et demi. Programmes, organisation des examens, règles de vie scolaire… Plusieurs nouveautés cette année. Le Figaro en fait l’énumération. En voici quelques-unes : « annoncée à la toute fin de l’été, l’interdiction des téléphones portables entre officiellement en vigueur à la rentrée dans les lycées. (…) À partir de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année aux élèves. (…) Le Concours général des collèges, largement inspiré du Concours général des lycées, verra le jour lors de cette année scolaire.(…)Autre nouveauté,poursuit le journal :le passeport d’Éducation économique, budgétaire et financière. Cette formation, lancée dans certains établissements en 2019, sera généralisée à toutes les classes de 4e.(…) L’orthographe devrait être davantage prise en compte cette année dans la notation du brevet et du bac. (…) Enfin,note encoreLe Figaro, cette dernière résolution adoptée pour faire face aux coups de chaleur : les examens seront organisés uniquement le matin. »
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Cyberattaques
Une rentrée assombrie par les cyberattaques, relève pour sa part Le Monde : « Révélé fin juillet par le ministère, ce piratage a conduit à la suspension préventive de nombreux outils numériques. Si un retour à la normale a été annoncé dans 28 des 30 académies, celles de Toulouse et de Nantes restent fortement perturbées. “Nous ferons l’appel à partir de listes papier. C’est Retour vers le futur“, ironise un enseignant. Les personnels doivent encore composer avec l’absence d’accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives. »
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Moral des profs en berne
Libération consacre son dossier d’ouverture à cette rentrée… Et le quotidien de gauche ne ménage pas ses critiques envers Emmanuel Macron : « Après dix ans au pouvoir, Macron en échec scolaire », s’exclame Libé. « Les résultats des élèves restent décevants, le moral des profs, qui font part de leur "amertume" vis-à-vis du chef de l’État, demeure en berne. La place réservée à l’école dans le débat politique national continue de s’atrophier année après année. Bien sûr, depuis une dizaine de jours, la rentrée politique est l’occasion pour les candidats à la prochaine présidentielle, ou pour ceux qui le seront peut-être, de multiplier les promesses, notamment autour de la question du salaire des enseignants. Il est anormalement bas. Augmenter les profs est indispensable,affirmeLibération. C’est un des leviers qui contribuera à les remettre au cœur du village, qui aidera à restaurer cette confiance qui s’est peu à peu délitée entre l’école et les citoyens. »
Pas mieux chez nos voisins…
En Espagne, c’est la rentrée également. Dans un climat morose. « L’année scolaire commence dans un contexte de système éducatif au bord du gouffre,constate El Paisà Madrid: grèves, manifestations d’enseignants et conflits dans neuf communautés autonomes. »En cause : « des classes de plus en plus hétérogènes, des ressources insuffisantes pour répondre aux besoins changeants des élèves, un taux très élevé de contrats temporaires des professeurs et une érosion de leur pouvoir d’achat. »
En Belgique, les élèves sont rentrés depuis une semaine déjà. Et le débat enfle sur la gratuité scolaire. C’est ce que pointe Le Soir à Bruxelles. Les fournitures scolaires sont gratuites en principe pour certaines classes de primaire. Mais, constate le journal, « les moyens dédiés sont fortement réduits. Sur le terrain, les écoles doivent procéder à des arbitrages, et le respect des prescrits légaux en est fortement impacté. »
19 000 enfants privés d’école au Népal
Enfin pas d’école au Népal… C’est ce que relève la Repubblica à Rome. Après la terrible coulée de boue, « les autorités ont ordonné la fermeture immédiate des écoles et des universités dans tout le pays pour plusieurs jours. L’ONG Save the Children estime qu’au moins 69 écoles ont été détruites ou endommagées dans la région, mettant en péril l’éducation d’environ 19 000 enfants. »
La Repubblica prend l’exemple de l’école Galchhi de Dhading, dont le directeur a pu évacuer les élèves quelques minutes avant le drame. « Aujourd’hui, une centaine de personnes, des bénévoles, des parents et des membres du personnel scolaire, sont sur place pour déblayer l’épaisse couche de boue qui recouvre les cours de récréations, les bureaux et les salles de classe. Et personne ne sait quand les élèves pourront revenir… »
Tue, 01 Sep 2026 - 1517 - À la Une: Poutine va-t-il attaquer l’Europe?
LaRussie hausse le ton contre l’Europe. Le Monde à Paris rapporte ces propos tenus avant-hier par Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin : « je ne vois aucune raison d’espérer une amélioration de nos relations avec l’Europe. Les dirigeants actuels (…) sont belliqueux, non seulement en paroles mais en actes. Ils mobilisent pleinement le potentiel militaire européen et le dirigent contre notre pays, participant directement à des opérations militaires contre nous ».
La Russie qui dénonce l’aide militaire et opérationnelle que les Européens apportent à l’Ukraine. La Russie qui a décidé de pratiquer une « politique de terreur » vis-à-vis des Européens, pour reprendre les termes d’El Paísà Madrid.
Terroriser et tester
El País qui pose donc cette question : « Poutine a-t-il décidé d’attaquer l’UE ? (…) Comme l’Ukraine le sait pertinemment, il est désormais évident que l’attitude provocatrice de Moscou met en péril la sécurité du reste du continent,relève le quotidien espagnol,que ce soit par des drones chargés d’explosifs à l’aéroport de Leipzig, des cyberattaques contre des systèmes critiques, des incendies et des explosions dans des centres logistiques et des usines d’armement, des campagnes de désinformation visant à influencer les élections, des survols d’avions de chasse violant l'espace aérien des 27 États membres , ou des incursions de navires de toutes sortes dans leurs eaux territoriales. Ce sont là, à tout le moins,s’exclameEl País, des actes hostiles caractéristiques d’une stratégie hybride qui cherche simultanément à déceler les vulnérabilités de ses voisins et à évaluer leurs capacités techniques ainsi que leur volonté politique de répondre à chaque nouvelle provocation ».
En fait, constate le quotidien espagnol, « il est clair que la Russie terrorise une grande partie du reste de l’Europe par des actes qui ne sauraient être considérés comme des accidents, ni comme de simples représailles à de prétendues attaques (un argument russe récurrent pour justifier les sanctions infligées à l’Ukraine). Il s’agit d’actions préméditées, destinées à convaincre les Européens que leur soutien à Kiev est non seulement vain, mais les expose également à des attaques russes. (…) Et la question est donc de savoir quelle réponse apporter au défi que représente cette stratégie ».
Négocier ?
Justement, à la question de Die Welt : « que devrait faire l’Occident ? », voici la réponse du chercheur britannique Mark Galeotti : « Outre son soutien indéfectible à l’Ukraine, l’Europe aurait dû reprendre le dialogue avec Poutine depuis longtemps,affirme l’expert britannique. Dialoguer n’implique pas automatiquement l’apaisement, ni des concessions au dirigeant du Kremlin. (…) Des négociations débuteront tôt ou tard, dès que les deux parties auront reconnu que ce conflit ne peut se prolonger indéfiniment. Or, actuellement, aucune diplomatie n’est engagée. Bruxelles et Londres devraient donc ouvrir un canal de communication avec la Russie ».
La Grande-Bretagne dans le collimateur russe
En attendant, c’est une nouvelle guerre froide. La Grande-Bretagne est particulièrement visée par Moscou. C’est ce que pointe Le Figaro à Paris : « La Russie a toujours eu besoin d’un ennemi extérieur pour cimenter sa société autour de ses despotes successifs et justifier la guerre. Aujourd’hui, en dehors de l’Ukraine, terre supposée “d’ukronazis“ qu’elle rêve d’absorber, c’est l’Angleterre qui détient la palme du pays le plus haï entre les murs du Kremlin, même si la France est aussi en bonne place. (…) Un acharnement compulsif qui n’a rien d’étonnant,relève Le Figaro, vu le rôle clé que les Britanniques, fidèles à leur tradition de soutien à la cause de la liberté, jouent depuis 2022 dans l’aide à l’Ukraine agressée. (…) Le nouveau Premier ministre britannique Andrew Burnham avait franchi un pas concret important la semaine dernière,rappelle le journal,en annonçant un accord qui permettra le transfert d’informations technologiques britanniques pour aider l’Ukraine à produire ses propres missiles longue portée. Le Kremlin avait immédiatement réagi en l’accusant d’être un "représentant emblématique du parti de la guerre" et avait menacé de frapper des sites militaires britanniques en Ukraine et ailleurs ».
Mon, 31 Aug 2026 - 1516 - À la Une: au Népal, les témoignages de femmes endeuillées par la catastrophe
Le Guardian publie un reportage photo montrant des femmes éplorées, soutenues par leurs proches. Le quotidien britannique raconte ce qu’a vécu l’une d’entre elles, Sangke Dolma Tamang, 61 ans. Lorsque la coulée de boue a déferlé, « toute la famille a couru vers les hauteurs pour se mettre à l’abri, mais alors qu’elle tentait de retenir son mari, celui-ci lui a échappé et a été emporté par les eaux sombres et tumultueuses ».
« Il ne reste plus rien de son village », ajoute cette femme, « dont les larmes coulent sur les joues burinées », précise le Guardian. « Elle a passé la nuit réfugiée sur les hauteurs, pour se mettre à l’abri, jusqu’à l’arrivée d’un hélicoptère qui l’a emmenée en sécurité dans une caserne ». « Maintenant, je n’ai plus aucune raison de vivre », dit-elle.
Pendue à un arbre
Ce n’est pas la première fois que le Népal est aussi durement touché. Il y a dix ans, en 2015, la région a été frappée par un séisme qui a fait des milliers de morts. Et parmi les femmes que le Guardian a rencontrées, l’une d’entre elles explique justement, que son mari est mort lors de ce tremblement de terre de 2015. Mercredi, elle-même « a été retrouvée pendue à un arbre», avant d’être secourue.
« Elle attend désespérément des nouvelles de son fils, qui se trouvait dans leur village au moment des inondations, et qui est porté disparu ». « Les inondations m’ont enlevé mon seul fils,dit-elle, je suis complètement seule. Quel est le sens de la vie maintenant ? »
Un mariage en perspective ?
Pour ou contre un rapprochement avec l’Union européenne : c'est en substance le sens du référendum organisé ce 29 août en Islande. « Les Islandais,explique le journalle Temps, décident ce samedi s’ils veulent relancer les négociations en vue d’une adhésion à l’UE. Un vote crucial sur fond de quotas de pêche, de souveraineté et d’identité nationale, qui divise profondément la société ».
Le quotidien suisse a notamment rencontré Haraldur Olafsson, un professeur de physique, président d’un mouvement souverainiste, pour lequel, « l’Islande est "trop différente" des grands pays européens, pour se plier à un cadre législatif commun. » « Si on entre dans l’UE,ajoute-t-il, on perdra du pouvoir ».
« Le camp du oui veut croire à sa bonne étoile », annonce de son côté le Figaro. « Il est crédité d’une courte avance sur les partisans du non, avec 51,3%. » Selon le quotidien français, les pro-UE estiment notamment que « l’adhésion à l’Union européenne offrirait des bénéfices réels à l’un des pays les plus riches de la planète, en particulier une stabilité monétaire retrouvée en cas d’abandon de la couronne islandaise au profit de l’euro ».
Quant à la Première ministre de centre gauche Kristrun Frostadottir, elle estime que « les bouleversements, alimentés notamment par les agitations de Donald Trump à propos du Groenland voisin, rendent le contexte particulièrement favorable à un rapprochement avec l’Union européenne.»
Une star à Paris
C'est une star populaire, de celles qui s’arrêtent pour saluer leurs fans, au lieu de s’engouffrer précipitamment dans leur hôtel. Céline Dion est donc arrivée hier à Paris. On la voit en Une du Parisien, le visage en partie caché par d’imposantes lunettes de soleil, mais souriante. Elle fait un geste de la main, à ses fans, venus l’attendre devant son hôtel.
La star québécoise est en France pour une série de concerts exceptionnelle. Elle devrait se rendre à la Plénitude Arena (la plus grande salle couverte d’Europe, où elle se produira) « la semaine prochaine pour ses premières répétitions grandeur nature, avec ses musiciens, sur scène. » Le premier concert de Céline Dion aura lieu le 12 septembre, « devant plus de 30 000 fans venus du monde entier ». Une victoire pour celle qui, il y a cinq ans, rappelle le Monde, « était terrassée par la maladie ».
Sat, 29 Aug 2026 - 1515 - À la Une: l’effroi et la peur après la coulée de boue au Népal et en Chine
Avant d'évoquer l'effroi, un miracle tout d’abord, le sauvetage d’une vieille dame de 94 ans qui, nous dit le Times, est « la seule survivante d’une maison de retraite de Rasuwa, emportée par la vague ». On la voit, toute petite et couverte de boue, dans les bras du secouriste qui la porte et qu’elle regarde. Une femme, nous dit encore le Times, « qui a été transportée en lieu sûr, à travers les eaux, dans le godet d’une pelleteuse ».
« C’est l’une des images emblématiques de la catastrophe au Népal », précise le quotidien britannique. Mais pour beaucoup de Népalais, l’heure est à l’inquiétude, à la recherche des proches et parfois au désespoir. Le journal Le Monde a réussi à joindre Pema Lama, un commerçant tenant une boutique « épargnée car située en amont de la catastrophe ». Il raconte : « Mes beaux-parents, mon beau-frère, mon cousin et son épouse sont décédés. Je ne sais même pas combien de membres de ma famille sont morts, j’ai réussi à joindre quelqu’un du village qui m’a dit qu’ils avaient été emportés par les flots ».
Torrent de boue
Nombre de quotidiens s'interrogent sur la cause de cette coulée de boue meurtrière. C'est le cas du Guardian, qui explique « qu’un effondrement glaciaire, enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 s’est produit près de la frontière mercredi matin. « Un glissement de terrain composé de glace et de roches, explique le quotidien britannique, a provoqué un torrent de boue, d’eau et de débris… qui a débordé de la rivière Trishuli, qui coule entre la Chine et le Népal ».
Selon des experts de Katmandou, ajoute le Guardian, « le niveau de la rivière Trishuli est monté de neuf mètres en une demi-heure ». Le Wall Street Journal, parle lui aussi « d’une immense quantité de roches et de glace qui s’est détachée d’une hauteur d’environ 4 800 mètres, probablement d’un glacier, et a plongé d’une hauteur de 1 200 mètres dans la vallée en contrebas ».
Le Washington Post, lui, s’appuie sur des images satellites, « qui montrent, avant et après, un glacier qui rétrécit et une rivière qui gonfle ». « Les secousses provoquées par le cataclysme ont été si puissantes,précise le quotidien américain, qu’elles ont d’abord été prises pour un tremblement de terre (…) avant qu’une enquête de l’Institut géologique américain« conclue finalement à un événement sismique de 5,2 dû à un effondrement glaciaire et à une coulée de débris ».
Nouveau risque
La peur reste à l'ordre du jour en raison de l’éventualité d’une nouvelle coulée de boue. « Le risque d’une seconde inondation menace le Népal et le Tibet », titre El Païs. « La Chine et le Népal sont engagés dans une course contre la montre face à la montée des eaux,explique le quotidien espagnol.L’important glissement de terrain qui a provoqué une crue éclair dévastatrice dans ces vallées a accumulé des tonnes de boue et de sédiments dans plusieurs cours d’eau de part et d’autre de la frontière, ces barrages naturels ont formé deux lacs (…) ». Deux lacs, dont l’un aurait déjà cédé, annonce ce matin la police népalaise.
Les Alpes sous surveillance
Une telle catastrophe peut-elle survenir ailleurs, en Europe par exemple ? C’est la question que se pose le Figaro. « De tels phénomènes pourraient-ils se produire en France, dans les glaciers très surveillés des Alpes, eux aussi fragilisés par le changement climatique ? ».
En réalité, c’est déjà arrivé, rappelle le quotidien français. En juin 2024, notamment, un hameau du massif des Écrins a été dévasté par une crue torrentielle, sans faire de victime, les habitants ayant été préalablement évacués. « Depuis, les glaciers des Alpes sont surveillés de près », préciseLe Figaro. Le glaciologue Olivier Gagliardini est toutefois prudent : « On sait,dit-il, que ça va être compliqué dans les années à venir, à cause du réchauffement climatique ».
Fri, 28 Aug 2026 - 1514 - À la Une: la vague de boue meurtrière au Népal
Les photos et les vidéos de la catastrophe sur les sites internet des journaux ce matin sont terrifiantes. On voit cette immense vague de boue, de roche et de glace tout emporter sur son passage : immeubles, routes, ponts, balayés comme des fétus de paille. Et le plus terrible : ces personnes impuissantes qui tentent un bref instant de fuir, avant de disparaître dans un déluge de terre et de débris.
Le drame est bien sûr à la une du Kathmandu Post : « Une avalanche survenue du côté chinois de la frontière a déclenché un mur d’eau, déferlant sur les sentiers de randonnée et les villes le long de la rivière Bhotekoshi, provoquant l’une des catastrophes les plus meurtrières qu’ait connues le Népal depuis des décennies ».
Le bilan, pour l’instant, pointe Le Monde à Paris, est « d’au moins 165 morts et plus d’un millier de disparus, dont des centaines de touristes étrangers. Quelque neuf infrastructures hydroélectriques, 19 ponts, 40 kilomètres de route ont été détruits, selon des estimations préliminaires publiées dans la presse locale.
Un bloc de glace de 600 mètres de long
Tandis que les secours s’organisent pour venir en aide aux survivants, les scientifiques cherchent à comprendre les causes de ce drame,relève encoreLe Monde. Ce dernier aurait pu être “déclenché par une avalanche de glace et de roches provenant d’une zone de haute altitude" du côté du Tibet, selon le Centre international pour le développement intégré des montagnes, basé àKatmandou ».
Une explication reprise par le New York Times : « une première analyse d’images satellites suggère qu’une avalanche de glace provenant d’un glacier de haute altitude a provoqué une gigantesque cascade dans la vallée en contrebas ».
En fait, précise le journal, « un bloc de glace d’environ 600 mètres de large s’est détaché net du glacier, projetant un mélange de glace et d’eau dans la vallée.C’est du moins ce qu’avance Daniel Shugar, géologue à l’Université de Calgary au Canada, qui a examiné les images satellites. Selon son estimation,poursuit leNew York Times, le bloc de glace est tombé d’une altitude d’environ 5 200 mètres, soit une chute de près de 1 200 mètres. (…) Ce qui a provoqué une véritable explosion ainsi qu’un tremblement de terre de magnitude 4,4, selon les relevés de l’Institut d’études géologiques des États-Unis. La rupture du glacier s’est produite à environ 65 kilomètres au nord de Katmandou, et le flux de glace s’est donc déplacé vers le nord-ouest, le long de la vallée en direction de la rivière Bhotekoshi, à la frontière entre le Népal et le territoire chinois du Tibet ».
Le rôle probable du changement climatique
« Cette première avalanche pourrait cependant n’être qu’une partie de l’explication,pointe pour sa partLe Figaroà Paris. Plusieurs chercheurs étudient l’hypothèse selon laquelle la masse de glace et de débris aurait temporairement obstrué la rivière, créant un barrage naturel. L’eau se serait alors accumulée en amont avant de rompre brutalement cet obstacle et de déferler vers l’aval. (…) Une rupture de lac glaciaire n’est par ailleurs pas exclue. La région compte plusieurs lacs d’altitude et a déjà connu un phénomène similaire. En juillet 2025, une crue soudaine dans la même zone avait été attribuée par les autorités à la rupture d’un lac glaciaire ».
De plus, relève encore Le Figaro, « les scientifiques s’interrogent sur le rôle probable, mais indirect, du changement climatique. Ce dernier accélère depuis plusieurs décennies la fonte des glaciers himalayens et fragilise certains versants et lacs glaciaires. Selon des statistiques de l’ONU, le Népala perdu près d’un tiers de sa glace en un peu plus de trente ans, tandis que la fonte des glaciers y a été 65% plus rapide au cours de la dernière décennie que pendant la précédente ».
Les Alpes aussi sous la menace
Enfin, une telle catastrophe serait-elle possible dans les Alpes en Europe ? Oui, répond Giovanni Crosta, professeur de géologie appliquée à l'université de Milan dans les colonnes de La Repubblica à Rome : « Nos glaciers souffrent eux aussi énormément du réchauffement climatique. Dans les Alpes, les situations d'instabilité sont nombreuses,affirme-t-il. On se souvient tous de l'effondrement de la Marmolada en 2022. L’année dernière, en Suisse, un éboulement a provoqué le détachement d’un glacier qui s’est effondré sur le village de Blatten. La situation était surveillée depuis un certain temps et les habitants ont été évacués rapidement. Aujourd'hui, une menace similaire plane sur le glacier suspendu du Weisshorn, dans le canton du Valais. Et dans la vallée d’Aoste, le glacier instable du Planpincieux, dans le val Ferret, est surveillé depuis des années ».
Thu, 27 Aug 2026 - 1513 - À la Une: un monde de moins en moins démocratique
Le Soir à Bruxelles a fait les comptes : « Une dizaine d’élections à venir dans le monde risquent de détricoter la démocratie. (…) De Tel-Aviv en octobre à Washington en novembre, en passant par Paris, Rome ou Madrid courant 2027, les prochaines élections risquent de perturber encore davantage l’équilibre mondial. L’extrême droite jouant à chaque fois un rôle décisif ».
Le Soir s’appuie sur deux rapports qui « donnent le ton » : les rapports de l’institut suédois V-Demet de la Freedom House, deux instituts de recherche indépendants. Deux rapports qui constatent qu’à la fin de l’année dernière, « le nombre d’autocraties était en augmentation tandis que les régimes démocratiques s’effritaient. "La menace pour la démocratie s’est transformée", explique la géopolitologue et prospectiviste Virginie Raisson-Victor. "La tenue d’élections libres ne suffit plus pour garantir la démocratie". Le danger vient maintenant des vainqueurs des urnes qui utilisent leur mandat non pas pour gouverner mais pour changer les règles du jeu à leur avantage ».
De la démocratie libérale à la démocratie électorale…
« Les États-Unis de Donald Trump empruntent déjà ce chemin,pointe le quotidien belge : selon V-Dem, l’Amérique est passée du statut de démocratie libérale à celui de démocratie électorale. Les élections de mi-mandat, prévues en novembre, seront un test pour mesurer la capacité du pays à rééquilibrer le pouvoir du président. Avec un impact sur l’ordre mondial actuel, où la primauté du droit est de plus en plus menacée. (…) Cette montée de dirigeants détricotant la démocratie via les urnes s’explique par plusieurs facteurs,précise encoreLe Soir : la perte d’efficacité des institutions démocratiques, la crise de la représentation avec une population qui voit un décalage avec les élites, un bouleversement du débat lié à l'arrivée des réseaux sociaux et des algorithmes, un enchaînement de crises qui pousse à gouverner dans l’urgence et une crise de la promesse démocratique elle-même ».
Six milliards de personnes vivent dans des autocraties…
« La démocratie continue de reculer dans le monde entier », déplore également le Washington Post. « Si les soldats ne prennent plus d’assaut les palais présidentiels et n’imposent plus de régime militaire, les dirigeants autoritaires ont de plus en plus recours à des lois sécuritaires répressives et à des enquêtes fiscales pour harceler et emprisonner leurs opposants, fermer les médias indépendants et étouffer toute dissidence. Et bien trop souvent, les citoyens ne descendent pas dans la rue pour protester contre l'érosion de leurs libertés. L’autoritarisme se heurte à l'indifférence et provoque parfois même des applaudissements. (…) Les populistes autoritaires, de gauche comme de droite, ont su exploiter cette brèche. Les politiciens et partis traditionnels, la justice indépendante et les médias sont tous considérés comme faisant partie d’une même élite corrompue. Seul un homme fort peut balayer d’un revers de main les institutions bien ancrées qui, soi-disant, font obstacle au changement nécessaire – pourvu que quelques subtilités juridiques, comme les libertés individuelles, soient temporairement mises de côté ».
Et le Washington Post de citer également l’institut suédois V-Dem, selon lequel, « 74 % de la population mondiale, soit environ 6 milliards de personnes, vivent aujourd’hui dans des autocraties, contre seulement 7 % dans des démocraties libérales
De la déférence à la défiance…
Reste que l’autocratie a ses limites… Témoin : les revers qui se multiplient pour Donald Trump… « En Amérique, comme ailleurs, la déférence envers Trump se transforme de plus en plus en défiance », constate le New York Times. « Le scénario était classique : le président Trump formulait des exigences. Face au refus de ses interlocuteurs, il intensifiait la pression en proférant des menaces de sanctions dévastatrices. Et l'autre camp capitulait ».
Eh bien c’est terminé, pointe le quotidien américain.On l’a vu récemment avec « Mark Carney, le Premier ministre canadien, qui refuse de céder à l’ultimatum commercial de Trump, même au prix de droits de douane punitifs. L’ère de la capitulation qui a marqué le retour au pouvoir de Donald Trump semble toucher à sa fin. Les dirigeants mondiaux et les institutions nationales se montrent moins enclins à se soumettre à sa volonté ».
Et le New York Times de citer pêle-mêle « les dirigeants européens qui ont refusé de se joindre à sa guerre contre l’Iran. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui a catégoriquement rejeté son plan pour Gaza. Les États arabes du Golfe qui l’ont contraint à renoncer à son projet d’instaurer un péage maritime dans le détroit d’Ormuz ». Et puis aux États-Unis même, « les universités et les cabinets d’avocats qui rejettent ses directives. Ou encore les marchés obligataires se rebellent contre sa politique budgétaire ».
Wed, 26 Aug 2026 - 1512 - À la Une: l’offensive économique contre l’Iran
« Après six mois de bombardements intermittents en Iran, ponctués d’efforts futiles pour négocier un accord global avec le régime, changement de stratégie,s’exclame leWashington Post : l’asphyxie économique. Plutôt que de miser sur une percée militaire, ce qui nécessiterait probablement l’envoi de troupes américaines au sol en Iran, l’administration Trump a donc décidé de faire pression sur les mollahs en les coupant du reste du monde ».
Toutefois, il y a plusieurs hic, souligne le quotidien américain : tout d’abord l’attitude de la Chine qui achète beaucoup de pétrole iranien. « Le président chinois Xi Jinping est attendu à Washington le mois prochain pour un sommet. S’il ne s’engage pas concrètement à limiter ses achats de pétrole iranien, la menace de Trump d’asphyxier l’économie iranienne sera vaine ».
Qui plus est, pointe encore le Washington Post, « les sanctions économiques n’ont pas forcément un grand impact en matière de changement de régime. Leur application intégrale est difficile à mettre en œuvre et l’Iran est passé maître dans l’art de les contourner, une stratégie qu’il a perfectionnée depuis des décennies ».
Une option choisie par défaut ?
Certes, relève Le Monde à Paris, « la pression économique sur l’Iran est une stratégie moins risquée et moins coûteuse, mais sa finalité demeure confuse. "Cette option semble choisie par défaut, souligne Charles Lichfield,interrogé par le journal,expert au cercle de réflexion Atlantic Council. Cette administration a une capacité extraordinaire à affermir sa foi dans la dernière mesure trouvée,affirme-t-il. Un truc ne marche pas, on passe à autre chose, dans l’auto-conviction. Àson retour au pouvoir, Donald Trump doutait pourtant de l’efficacité des sanctions prises contre la Russie, sous Joe Biden" ».
Le Monde pointe aussi le fait que « cette même souplesse ne permet pas d’écarter, dans un avenir plus ou moins lointain, un retour à l’option militaire. Surtout si l’Iran, acculé économiquement, choisissait d’accentuer le coût de cette pression pour les États-Unis, en provoquant de nouvelles disruptions sur le marché de l’énergie ».
En tout cas, poursuit le quotidien français, « Donald Trump a affiché sa confiance habituelle. "[Les Iraniens] n’ont pas d’argent. Ils n’ont pas de marine. Ils n’ont pas de force aérienne. Ils ne paient pas leurs soldats. Ils ne paient pas leur police. Ils ont une inflation de 350%. Donc, on va juste voir ce qu’il se passe“. Selon le Fonds monétaire international, l’inflation en Iran devrait s’élever à près de 70% pour 2026. Un chiffre en soi hors norme,souligne Le Monde,qui indique l’ampleur du choc subi par la société, avec une monnaie nationale en plein effondrement. Mais il n’existe aucun exemple récent d’un régime répressif tombant sous le coup de pressions économiques ».
Les dirigeants iraniens inquiets ?
Pour sa part, le Wall Street Journal estime que cette stratégie d’asphyxie économique de l’Iran peut porter ses fruits. Le quotidien financier américain en veut pour preuve l’inquiétude, du moins affichée, des responsables politiques iraniens : « Vendredi, le président Massoud Pezeshkian a insisté,relate le journal: "la guerre doit bien finir par se terminer", tout en reconnaissant les difficultés économiques de l’Iran. La veille, Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement et principal négociateur iranien, avait déclaré : "quelle que soit notre puissance militaire, si la population souffre de la faim et que nous manquons de liquidités, de croissance économique et de production nationale, nous ne pourrons pas survivre" ».
Les Américains sur la corde raide ?
Enfin,Le Temps à Genève est plutôt circonspect… Le quotidien estime que les américains aussi sont sur la corde raide : « quoi que fasse l’administration Trump, la réalité est la suivante,affirme le quotidien suisse :depuis le début de la guerre en Iran, Donald Trump et les Américains sont dans une moins bonne position économique et politique qu’il y a six mois. L’essence est plus chère, les stocks de munitions sont en chute libre et Téhéran exerce un contrôle sur le détroit d’Ormuz qui n’existait pas auparavant. Les chances que cette situation s’améliore de manière significative d’ici le début du mois de novembre,(période électorale cruciale aux États-Unis) semblent quasiment inexistantes ».
Tue, 25 Aug 2026 - 1511 - À la Une: la bataille des gauches irréconciliables
À huit mois de l’élection présidentielle en France, les grandes manœuvres ont débuté à gauche. Les principaux ténors « n’ont pas attendu la rentrée des classes pour relancer les hostilités,constate Le Monde. Dimanche, 10 000 militants "insoumis" se sont pressés à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, pour écouter le discours de Jean-Luc Mélenchon, qui clôturait l’université d’été de La France insoumise. "La victoire est possible", a scandé le candidat à la présidentielle de 2027 devant une foule en liesse. Dimanche également, le coprésident de Place publique, Raphaël Glucksmann, a officialisé sa candidature au journal télévisé de TF1. Le scénario des gauches irréconciliables, cauchemar de la secrétaire nationale du parti Les Ecologistes Marine Tondelier, qui réunissait les siens à Grenoble pour son université d’été, paraît plus concret que jamais,constateLe Monde. Et ce n’est qu’un avant-goût de la bataille qui s’annonce. François Hollande, qui sort un livre le 3 septembre, compte bien entrer dans le jeu ».
Mélenchon : plusieurs coups d’avance…
Libération passe en revue les forces de gauche et leurs chefs… « Ce n’est pas le tout d’être candidat. Il faut un programme, des troupes, un engagement,s’exclame le quotidien de gauche. Et, de ce côté-là, Mélenchon l’emporte largement car il y travaille depuis plus longtemps et avec un socle de soutiens bien plus soudés. Glucksmann, lui, va partir en campagne avec un PS divisé et un François Hollande qui n’attend que sa chute pour foncer ; des Verts qui ne savent plus vers quel leader se tourner ; un programme en construction et un électorat qui attend de lui, vu l’état du pays, qu’il renverse la table sans pour autant mettre trop de désordre.Sa force, pointeLibération, ce sont ses valeurs, européennes et sans aucune concession face aux régimes autoritaires contrairement au leader insoumis. C’est énorme mais cela ne suffira pas. Comme ne suffira pas le plaidoyer climatique, impératif après l’été que nous venons de subir. Glucksmann devra aussi incarner. Jean-Luc Mélenchon est un tribun qui enflamme une partie de la jeunesse, Raphaël Glucksmann ne l’est pas encore. Pour lui, le plus difficile commence ».
Exigence de « radicalité » ?
Pour Le Figaro,avantage à Mélenchon… « D’abord,explique le quotidien de droite,parce que la détermination est du côté des mélenchonistes quand la nébuleuse sociale-démocrate reste habitée par le doute. (…) Ensuite, la gauche sociale-démocrate a perdu son argument principal, celui du “vote utile“. Mélenchon au second tour, c’est l’assurance d’une victoire de Marine Le Pen, disait-elle. Et, au regard des derniers sondages, c’est plus vrai que jamais. Mais derrière Glucksmann ou Hollande, aucune victoire ne se profile non plus. (…) Enfin, et là est l’essentiel,pointe encoreLe Figaro : la gauche “modérée“ a cru que la brutalité insoumise condamnait Mélenchon et les siens à la marginalité ; ou, du moins, l’empêcherait de progresser. Or, après tant de faillites gouvernementales, dont le décennat macroniste n’est que le dernier avatar, l’exigence de radicalité n’a jamais été aussi forte. Y compris à gauche ».
Second tour : Mélenchon vs Le Pen ?
Et le leader Insoumis semble avoir le vent en poupe dans les sondages… C’est ce que rapporte notamment Le Parisien. D’après une étude Harris interactive-Toluna publiée ce lundi, « sur cinq configurations de premier tour envisagées, Jean-Luc Mélenchon se hisserait au second tour face à Marine Le Pen dans trois cas de figure, et ferait jeu égal avec Édouard Philippe dans un autre.Des résultats qui marquent une nette progression pour le quadruple candidat à la présidentielle, crédité de 12 % d’intentions de vote en avril par cet institut et naviguant désormais entre 16 % et 17 % ».
En tout cas, relève encore Le Parisien, « dans ce sondage, Marine Le Pen caracole en tête, avec entre 35 et 38 % des intentions de vote. Surtout, la figure de proue du RN l’emporterait quel que soit son adversaire au second tour, qu’il s’agisse de Jean-Luc Mélenchon (68 %-32 %), Gabriel Attal (57 %-43 %) et même Édouard Philippe (55 %-45 %), alors que le maire du Havre paraissait jusqu’ici être le postulant le mieux à même de battre Marine Le Pen ».
Mon, 24 Aug 2026 - 1510 - À la Une: les enfants exposés à la menace des réseaux sociaux
TikTok, le réseau social d’origine chinoise, nous explique le Washington Post, vient de « conclure un accord à l’amiable de 400 millions de dollars avec le département de la justice américain, concernant la protection de la vie privée des enfants ».
« La dernière plainte,explique le quotidien américain, porte sur des allégations selon lesquelles TikTok et sa société mère chinoise ByteDance auraient enfreint une loi fédérale exigeant que les applications et sites web destinés aux enfants obtiennent le consentement parental avant de collecter des informations personnelles sur des enfants de moins de 13 ans ».
Des enfants soumis à des contenus parfois dangereux, comme le raconte le Times, qui a rencontré les parents de Blake Gallier, une adolescente de 13 ans, qui s’est suicidée le 19 octobre dernier. « En quête de réponse,poursuit le quotidien britannique, sa famille a fouillé son téléphone. C’est alors seulement qu’elle a découvert que les réseaux sociaux "bombardaient" l’adolescente de contenus suicidaires ».
Vidéos publiées notamment sur TikTok, alors que Blake Gallier paraissait équilibrée et heureuse. Sa mère précise qu’elle ne présentait pas « de signe de trouble mental ». Elle s’est engagée avec d’autres familles endeuillées pour, notamment, « sensibiliser » les jeunes aux dangers des réseaux sociaux.
Mettre à genoux l'économie de la Cisjordanie
En Israël, le journal d’opposition Haaretz s’attaque une nouvelle fois à la politique du gouvernement envers la Cisjordanie. « Il n’y a pas que la violence, Israël détruit aussi l’économie palestinienne » titre Haaretz qui précise : « Le ministre israélien des finances, Bezalel Smotrich, (ministre d’extrême droite) mène discrètement une campagne visant à mettre à genoux l’Autorité palestinienne et l’économie de la Cisjordanie ».
Selon le quotidien israélien, « l’objectif de Smotrich, avec le consentement tacite voire explicite du Premier ministre Benyamin Netanyahu, est de provoquer l’effondrement de l’économie de la Cisjordanie, en ruinant l’Autorité palestinienne. Face à des attaques violentes d’une part, et à la pauvreté et au désespoir de l’autre, le raisonnement est le suivant : les Palestiniens se soulèveront, Israël écrasera cette nouvelle intifada et de ses cendres renaîtra l’annexion ».
Pour provoquer « cette ruine », Bezalel Smotrich envisage notamment de rompre les liens entre les banques israéliennes et les banques palestiniennes, ce qui empêcherait les Palestiniens de « commercer avec les clients et fournisseurs israéliens ». Seraient visées, notamment, les transactions concernant « le paiement de l’eau, de l’électricité et du pétrole ». « L’Autorité palestinienne,poursuitHaaretz, aurait alors des difficultés à importer des produits de première nécessité comme les médicaments ». « En bref, conclut le quotidien israélien, l’activité économique de la Cisjordanie serait paralysée ».
Animaux sauvages en danger
En France, après la canicule et les incendies qui ont ravagé des milliers d’hectares de forêt, se pose désormais la question de la chasse. C’est le quotidien Libération qui s’est penché sur cette question et nous explique « qu’à quelques semaines de la réouverture de la saison, associations et citoyens réclament la suspension de la chasse dans les territoires concernés ». En illustration, la photo d’un petit oiseau, posé sur une branche calcinée.
« Une pétition pour interdire la chasse dans les forêts où le feu a fait des ravages parmi la faune sauvage a recueilli 450 000 signatures en un mois », précise Libération. Mais les chasseurs ne sont pas de cet avis. L’un d’eux assure « qu’il n’ont à recevoir de consignes de personnes ». D’autres semblent plus compréhensifs. La Fédération nationale des chasseurs « défend des discussions au niveau local et au cas par cas».
Quant au gouvernement, « il renvoie la balle aux préfets » explique Libération. De son côté, Bruno Valentin, l’auteur de la pétition aux 450 000 signatures, attend toujours une réponse du gouvernement, « et voit dans ce silence "de l’irrespect pour les citoyens français qui ont signé" ».
Sat, 22 Aug 2026 - 1509 - À la Une: Interrogations sur le retour d’Harry et Meghan au Royaume Uni
C'est une question hautement délicate et politique, à la Une du Times. Le vénérable quotidien britannique s’étonne que le roi Charles n’ait été informé du retour d’Harry au Royaume-Uni, que dimanche, en même temps qu’il était « informé de l’inscription des enfants d’Harry dans une école britannique ». Mais surtout, le Times se pose des questions, notamment celle-ci : « Pourquoi maintenant ? »
En préambule, le quotidien rappelle « qu’Harry n’occupera aucun poste officiel au sein de la famille royale », et qu’Harry et Meghan « ne recevront aucun financement royal, qu’il soit public ou privé ». Selon le Times, « le retour d’Harry est plutôt perçu comme une décision prise par le jeune couple pour des raisons professionnelles et scolaires ».
Mais, pour le quotidien britannique, ce n’est pas aussi « simple ». Le retour d’Harry et Meghan « exige une clarification de leur rôle ». Et pour « William, en particulier, ce retour complique les "choses". « William et Kate voudront protéger leurs enfants à tout prix », estime le Times. Il est vrai que les relations entre les deux frères sont plus que glaciales.
Mauvaises affaires
Le Wall Street Journal s’intéresse également au couple Harry-Meghan, mais plutôt sous l’angle du business. AuxÉtats-Unis, Harry et Meghan ont gagné beaucoup d’argent. « Le couple a décroché un contrat de 100 millions de dollars avec Netflix et un autre d’environ 20 millions de dollars avec Spotify ».
Hormis ces contrats, liés à la mise en scène de leur vie privée, ils n’auraient pas réussi à accomplir « les grandes ambitions qu’ils nourrissaient dans le divertissement ». Selon le Wall Street Journal, la production « d’une série documentaire sur le polo et d’un podcast sur les femmes entrepreneures ont suscité moins d’enthousiasme ». Sous-entendu, il était peut-être temps pour le jeune couple de quitter les États-Unis.
« L’autre facteur déterminant et plus inavouable,estime de son côtéle Parisien, est la santé du roi Charles. » À 77 ans, il est « atteint d’un cancer ». Selon le journaliste Jérôme Carron, spécialiste de la couronne royale, « Harry revient pour passer du temps avec son père. Cela aurait été problématique de le voir revenir pour le décès du roi, à côté d’un frère qu’il n’aurait pas vu depuis des années. »
Après la canicule
C'est une question qui intéresse particulièrement les Français, mais qui n'est pas la seule : « Après un long épisode de canicule… Peut-on vraiment savoir dès maintenant quel temps il fera cet automne ? » Question posée par le journal La Croix, qui s’interroge : « La canicule à peine terminée, certains s’inquiètent déjà de températures automnales au-dessus des normales, quand d’autres évoquent de fortes pluies ».
Pour en savoir plus, La Croixnous invite à faire la différence entre les prévisions météorologiques « qui pourront dire s’il y aura de la pluie ou du soleil le lendemain ». « Mais pour avoir une idée de l’automne à venir,explique le quotidien français, il faut plutôt s’intéresser aux prévisions saisonnières. Par exemple, les chercheurs suivent avec attention les épisodes du phénomène El Niño, qui réchauffe la température de l’océan Pacifique équatorial ».
En France, Météo France établit des prévisions saisonnières tous les trois mois. Alors quels sont ses pronostics pour l’automne ? « Les chercheurs,nous ditLa Croix, penchent plutôt pour un automne chaud, avec 60 % de chance que les températures dépassent les normales de saison ».
Fri, 21 Aug 2026 - 1508 - À la Une: la guerre des drones
De simples gadgets à armes fatales, les drones ont envahi les champs de bataille aux confins de l’Ukraine et de la Russie et leur rayon d’action n’a cessé de croître ces derniers mois pour atteindre parfois des milliers de kilomètres. Les drones, les Ukrainiens s’en sont fait une spécialité et ils sont désormais au cœur de leur stratégie de harcèlement.
Ainsi, pointe Libération à Paris, « au cœur de l’été, les frappes ukrainiennes en profondeur se sont considérablement intensifiées sur le territoire russe, conformément à la doctrine de "sanctions à longue portée"mise en place par l’exécutif de Kiev. Outre les entrepôts de e-commerce de la société russe Wildberries, plusieurs cibles militaires et logistiques de premier plan ont été ciblées : raffineries, centrales électriques, infrastructures gazières, infrastructures de transport et de logistique, systèmes de défense aérienne et postes militaires de commandement. »
Une inventivité permanente
Et les Ukrainiens ne manquent pas d’imagination et de créativité en matière de drones. Témoin, ce drone kamikaze, rapporte Libération, le MICH 2000, copie conforme d’un drone chinois, lui-même copié sur le Shahed iranien. « Un appareil de 2 mètres 50 d’envergure, volant à 160 km/h et pouvant transporter jusqu’à 60 kilos d’explosifs, qui ne frappe plus seulement des coordonnées fixes, mais qui, piloté à distance, est capable de fondre comme un prédateur sur des cibles mobiles. »
Et puis « toujours plus haut », s’exclame Le Parisien : « des pilotes ukrainiens viennent de battre un nouveau record, selon les médias ukrainiens. Un équipage de la Garde nationale ukrainienne a réussi à détruire un appareil russe à 7 472 m d’altitude grâce à un drone intercepteur Sting(la guêpe en anglais…). Ce drone, qui ressemble à une bouteille thermos volante, est dirigé par un pilote avec un casque de réalité virtuelle. Un autre opérateur radar est chargé d’identifier la position de l’appareil adverse. Ce drone Sting illustre parfaitement la méthode de fabrication ukrainienne,note encoreLe Parisien : dépenser moins pour intercepter plus. Chaque appareil coûte environ 2 500 dollars, soit un peu plus de 2 100 euros. »
Ces derniers jours, relève le Washington Post, « les forces ukrainiennes ont lancé l’une de leurs plus importantes attaques de drones contre la Russie depuis le début de l’invasion, avec près de 800 tirs, dont 600 ont survolé la région de Moscou, 180 ont été abattus. »
Le Post qui constate également que « l’Ukraine a conçu et déployé, au cours de l’année écoulée, des drones à longue portée de fabrication nationale pour des frappes en profondeur sur le territoire russe. Sa technologie en matière de drones a impressionné les gouvernements et les fabricants d’armements du monde entier. »
Piqures de guêpes ?
Question : les vagues de drones ukrainiens vont-elles influencer le cours de la guerre ? Réponse du Süddeutsche Zeitung à Munich : pas vraiment. Certes, « Kiev porte la guerre jusqu’à Moscou, mais rien de plus. (…) Parler d’une défaite russe imminente, voire d’une victoire ukrainienne, serait une simplification excessive », affirme le quotidien allemand. Certes, poursuit-il, « il est fort possible que l’Ukraine, grâce à ses drones, tue chaque mois plus de soldats russes que le Kremlin n’en recrute. Toutefois, une fois la mascarade électorale de cet automne terminée, Poutine pourra, si nécessaire, annoncer une mobilisation partielle, voire générale. Les réserves russes en hommes en âge de combattre restent considérables, contrairement à celles de l’Ukraine. »
Et puis, pointe encore le Süddeutsche Zeitung,la Russie ne manque pas non plus d’argent : « la Russie engrange tout de même plus de 700 millions de dollars par jour grâce à la vente de pétrole, de gaz et de charbon. »Ce qui lui permet de continuer à financer son « opération spéciale ».
Bref, résume le quotidien allemand, « l’Ukraine riposte effectivement et frappe son ennemi là où ça fait mal. Mais les ressources de Poutine restent considérables. »
Thu, 20 Aug 2026 - 1507 - À la Une: l’Europe en panne sèche
« La grande sécheresse ravage le cœur de l’Europe » : c’est le grand titre d’El Paisà Madrid. « La grande sécheresse européenne n'a pas seulement transformé une nature autrefois luxuriante en désert aride. Elle a déclenché une série complexe de crises aux multiples effets domino touchant d’innombrables secteurs, des prix alimentaires au transport de marchandises, en passant par la production d’énergie et les prévisions de croissance des principales économies, menaçant le PIB du continent : le choc économique à court terme,estime le quotidien espagnol,sera d’au moins 50 milliards d’euros ».
El País donne des exemples : « l’Italie demande de l’eau à la Suisse afin de prévenir la destruction des rizières. La Hongrie a définitivement fermé sa seule centrale nucléaire qui était refroidie par les eaux désormais asséchées du Danube. Les péniches transportant des biens essentiels vers Rotterdam via le Rhin ne naviguent qu’à 30 % de leur capacité pour éviter de s’échouer. La production de blé au sein de l’Union européenne devrait chuter de 24 % cette année, ce qui représente un manque à gagner d’environ deux milliards d’euros pour les agriculteurs. »
Les cours d’eau au plus bas…
Le Temps à Genève publie une carte des cours d’eau en Europe. Tous les fleuves et rivières sont en rouge ou orange… Et le « rouge foncé couvre une très large part du continent,pointe le quotidien suisse,de la Loire au Pô en passant par le Rhin et le Danube. Signe d’un étiage – le plus bas niveau atteint dans l’année – sans équivalent depuis au moins trois décennies. »
Le Temps qui relève aussi que « le château d’eau de l’Europe, la Suisse, est quasiment à sec, avec 83 % du réseau hydrographique en sécheresse sévère ou extrême. »
Libération à Paris prend l’exemple des maraîchers bretons, « frappés de plein fouet par la sécheresse » : « certains n’ont pas d’autre choix que d’abandonner certaines parcelles pour en favoriser d’autres. » C’est le cas dans cette exploitation du Morbihan : « Un verger planté en agroforesterie, où les pommiers alternent avec des rangées de légumes, n’a pas reçu une goutte d’eau depuis des semaines. Sur les 2 000 salades que les maraîchers y avaient plantées, à peine 150 ont pu être sauvées. Le reste, invendable, est parti à la poubelle. Les autres légumes, courges, betteraves et carottes seront perdus. »
Promesses gouvernementales
« L’agriculture souffre et s’inquiète pour son avenir », soupire Le Monde.« Chute de production pour les légumes et les grandes cultures céréalières, manque de fourrage pour le bétail… L’ensemble des filières agricoles traversent un été catastrophique, dont les conséquences pourraient être sans précédent. Face à leur désarroi, le gouvernement promet une réponse"rapide et forte", (…) avec des"enveloppes ciblées"laissées"à la main des préfets"pour"soutenir les trésoreries et la remise en production", des fonds pour le dispositif public d’indemnisation des pertes, une baisse de la taxe foncière et de cotisations sociales pour les exploitations"les plus fragilisées"et enfin des mesures de soutien et d’investissement dans le projet de budget pour 2027, qui sera présenté fin septembre. »
En attendant, pointe encore Le Monde, « après cet été historique, les agriculteurs savent qu’ils vont devoir adapter leurs modes de production ou d’élevage face à un climat qui s’annonce de plus en plus extrême."Il faut travailler sur les fourrages, des variétés qui poussent plus tôt ou plus tard dans la saison et plus résistantes à la chaleur", avance l’un d’entre eux."Plutôt que des carottes, peut-être qu’on fera des olives ou de la pistache dans la Manche d’ici quelques décennies", hasarde un autre. Tous savent aussi que l’irrigation sera un sujet, ce qui posera inévitablement le débat brûlant de l’accès à l’eau et de son partage. »
Sombre constat
Enfin, ce qui était une prédiction devient certitude, grimace la Repubblica à Rome : « D'ici 30 ans à 50 ans, les températures extrêmes et la sécheresse rendront une grande partie de la planète inhabitable. Il ne s’agit pas d’une simple prophétie apocalyptique de plus, mais d’un constat établi à partir d’études sérieuses, dont le nombre ne cesse de croître. » Déjà, pointe le quotidien italien, « l’ensemble du monde riche ferme ses frontières. Que se passera-t-il lorsque des milliards de personnes se déplaceront pour survivre ? »
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Wed, 19 Aug 2026 - 1506 - À la Une: la colonisation israélienne s’intensifie en Cisjordanie
L’envoyée spéciale du quotidien italien la Repubblica raconte les neuf jours de siège dans le village palestinien de Qusra en Cisjordanie occupée. « Le 9 août, il y a neuf jours donc, des colons israéliens sont descendus de Tel Talpiot, leur avant-poste situé à l’ouest du village, un avant-poste illégal même au regard du droit israélien : ils s’y étaient installés six mois auparavant en occupant cinq maisons palestiniennes inachevées, y apportant des tentes, des réservoirs d’eau et des troupeaux. (…) Le 9 août donc, ces colons ont dressé une tente, bloqué la route qui mène vers Qusra et ont coupé l’eau et l’électricité de trois maisons,poursuitla Repubblica. Depuis, les 15 membres des familles Hassan et Abu Rida sont coincés chez eux. »
« Au début, les familles palestiniennes assiégées ont demandé la protection de l’armée israélienne. Les caméras de surveillance ont montré les soldats qui arrivaient, saluant familièrement les colons et se joignant à leurs prières. Finalement, la tente des colons a été démantelée, mais des échauffourées ont éclaté entre eux et les militaires israéliens et la zone a été bouclée par l’armée. »
« Depuis,pointe encore le quotidien italien, personne n’a pu atteindre les trois maisons de Qusra, ni les quitter. Le siège de neuf jours imposé par les colons s’est ainsi soldé par un nouveau blocus, cette fois-ci imposé par l’armée. »
Vers une annexion ?
En fait, rapporte Libérationà Paris, « les violences des colons se sont intensifiées de manière spectaculaire depuis le 7 octobre 2023 et le massacre commis par le Hamas en Israël. Depuis, des raids et des attaques sont menés quasi quotidiennement contre des villages palestiniens. Dans le même temps,pointe le journal,la colonisation s’est poursuivie à une allure inédite en Cisjordanie au cours des deux dernières années, jusqu’à atteindre 146 implantations illégales ainsi que près de 400 avant-postes(des installations de taille réduite - NDLR), selon l’organisation israélienne la Paix maintenant. (…) Le “soutien économique, administratif et militaire du gouvernement israélien aux colons" a été souligné dans un rapport d’Amnesty International publié en juin dénonçant un “nettoyage ethnique" en Cisjordanie en vue de son annexion. »
Et dans son éditorial, Libération s’insurge : « Pendant combien de temps encore les Occidentaux et les pays arabes vont-ils abandonner la Cisjordanie à la terreur des colons ? Car ce sont bien à des actes de terrorisme que se livrent les colons israéliens sur la population et les terres palestiniennes, sous le regard impavide, voire complice, de l’armée israélienne. (…) Qui aura le courage de bloquer ce projet mortifère qui contribue à déstabiliser le monde ? Pour l’heure, personne.
L’armée israélienne passive et même complice ?
Le Temps à Genève dénonce également la complicité de l’armée israélienne. « Plus que d’impuissance, il s’agit de complaisance. Elle n’est ni nouvelle, ni étonnante,relève le quotidien suisse. À de rares exceptions, l’armée israélienne a accompagné et protégé la colonisation de la Cisjordanie dès ses débuts en 1967. C’est qu’étendre la présence juive dans les zones peuplées d’Arabes faisait partie intégrante de la stratégie sécuritaire de l'État. Dépendants d’un gouvernement tenu par les religieux, les militaires affichent ouvertement leur soutien à la judaïsation des territoires palestiniens. Plus encore après l’attaque du 7 octobre 2023. »
Un large consensus au sein de la société israélienne ?
Une colonisation que stigmatise le quotidien israélien de gauche Haaretz : « le colonialisme qui se répand en Israël est l’antithèse de la démocratie. Il perpétue et renforce un régime militaire violent et oppressif sur un peuple qui n’a aucun contrôle sur sa propre vie et qui est privé du droit de vote et de la possibilité de façonner son avenir. Le gouvernement actuel a mis en œuvre une politique globale de colonisation, de violence et de fragmentation de l’espace palestinien en Cisjordanie,dénonce encoreHaaretz. Il cherche à restreindre l’espace vital des Palestiniens, à s’emparer de leurs terres et à les confiner dans de petites enclaves isolées les unes des autres. Les prochaines élections israéliennes seront cruciales pour le bloc d’opposition “tout sauf Bibi". Mais la colonisation fait l’objet d’un large consensus au sein de la société israélienne, un consensus partagé même par ceux qui se prétendent une alternative au gouvernement actuel »,soupireHaaretz.
Tue, 18 Aug 2026 - 1505 - À la Une: notre planète dans le rouge
« La terre brûle de mille feux », soupire Libération à Paris. « Du rouge partout. En ouvrant la carte interactive du système Firms de la Nasa, qui détecte par satellite les incendies actifs à partir des anomalies thermiques qu’ils génèrent, le constat est accablant,pointe le journal. En France, mais aussi au Canada, aux États-Unis, en Croatie, en Allemagne et même dans les forêts tropicales d’Indonésie, l’agence spatiale américaine donne à voir un monde en proie aux flammes. Depuis plusieurs semaines, les vagues de chaleur répétées et les épisodes de sécheresse extrême qui sévissent un peu partout sur la planète s’accompagnent, parfois, de feux ravageurs ».
Et Libération de faire les comptes… 95 000 hectares brûlés en France, 82 000 hectares en Italie, 284 000 en Espagne… Et le reste de l’Europe n’est pas épargné : Grèce, Croatie, Serbie, Portugal, Royaume-Uni, et Belgique… « Depuis vendredi, la Belgique lutte contre un brasier dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, à la frontière avec l’Allemagne, qui a déjà parcouru 3000 hectares – l’un des pires incendies de l’histoire du pays ».
« Le climat change plus vite que notre organisation collective… »
Le Soirà Bruxelles dresse un triste constat :« un espace naturel en feu, un paysage de désolation, des habitants évacués, des pompiers épuisés et obligés de s’organiser tant bien que mal, parfois avec l’aide bienveillante d’agriculteurs… Ces images, que l’on avait associées à la Gironde fin juillet, on les a désormais vues chez nous,s’exclame le quotidien belge,dans des proportions heureusement sans commune mesure. Le temps de quelques jours, les Fagnes sont devenues "notre Gironde". Cet incendie historique à l’échelle de la Belgique au sortir d’une troisième vague de chaleur, actée elle-même quasiment dans l’indifférence générale à la veille du 15 août, doit nous interpeller. Une évidence s’impose,relève Le Soir : le climat change plus vite que notre organisation collective. Et lorsque nos services de secours sont déjà sous tension au point de devoir recourir à des moyens de l’armée et étrangers, il est trop tard pour se rappeler qu’avoir des capacités de réaction suffisantes ne se décrète pas, mais se développe de manière proactive. Gouverner, c’est anticiper loin des sirènes, pas seulement lorsqu’elles retentissent ».
Inaction gouvernementale…
La Repubblica à Rome hausse le ton : « que faisons-nous pour le climat ? Rien. (…) La sous-estimation flagrante de la crise climatique par une grande partie de la classe dirigeante et par le grand public est manifeste. En effet, les experts alertent depuis longtemps sur le risque d’un été exceptionnellement chaud (…). Mais, préoccupés par d’autres crises et d’autres priorités (réelles ou supposées), nous avons préféré hausser les épaules, nous contentant de maudire la chaleur étouffante. (…) Ce qui est le plus désolant,fulmine encore le quotidien italien, plus encore que la gravité de la crise, c’est notre incapacité à sortir de notre torpeur ».
« Ne pas se préparer aux sécheresses nous coûtera cher », renchérit le Timesà Londres.« La Grande-Bretagne est confrontée à un immense défi environnemental et économique, conséquence de températures record et d’une sécheresse prolongée » constate le quotidien britannique qui pointe tout particulièrement le manque d’eau dans le pays. « La plupart des feux de forêt ont été maîtrisés, mais la Grande-Bretagne risque des pertes considérables,relève leTimes, si des mesures visant à prévenir de futures pénuries d’eau ne sont pas mises en œuvre immédiatement ».
Enfin, le Süddeutsche Zeitung à Munich dénonce également l’inaction gouvernementale… « Au lieu d’élaborer une stratégie, le gouvernement allemand cède au fatalisme. (…) On ne peut pas influencer la météo ? Si,on le peut,s’exclame le journal.(…) Les vagues de chaleur plus fréquentes et intenses, ainsi que les sécheresses plus longues, sont une conséquence directe des fortes émissions de gaz à effet de serre et du retard pris dans la protection du climat – en Allemagne notamment, retard imputable à nos dirigeants ».
Mon, 17 Aug 2026
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